Sommaire
Revue de presse 4
30 jours 5
Débats/Courriers 6
Débat/opinion 8
• Comment évaluer les enseignants ?
Le point de vue de Philippe Tournier secrétaire général adjoint du SNPDEN et de Frédérique Rolet cosecrétaire générale du SNES
Actualités 10
• Les derniers jours du CPE
• Les responsabilités nouvelles du syndicalisme
• Fonction publique : premier recul du ministre sur son projet de loi
• Le SNES s’adresse au ministre de l’Éducation nationale
• Conseil pédagogique : débattre des modalités d’action
• Circulaire ZEP : la nouvelle architecture
Eco/social 16
• Emploi public : ce que disent les sondages
• Angleterre : les “trust schools”
• Santé au travail : nouvelle enquête
• Patriotisme économique et intérêt général
• Directive Bolkestein :
premier recul de la commission
Dossier 19
• Quelles politiques pour l’emploi
19
L’Université Syndicaliste, hebdomadaire du Syndicat national des enseignements de second degré (SNES, 46, avenue d’Ivry, 75647 Paris Cedex 13.
Tél. standard : 01 40 63 29 00). Directeur de la publication :Gérard Anthéaume, Tél. 01 42 80 91 04. Rédacteurs en chef :Serge Chatelain et Alexis Chabot. Secrétaire de direction :Thérèse Bara. Collaborateurs permanents :Nicolas Béniès, Fabrice Giovanazzi, Matthieu Leiritz. Régie publicitaire : Com d’habitude publicité, Clotilde Poitevin, tél. : 05 65 11 00 79. Photocomposition et photogravure :C.A.G.Imprimerie : RPN, Livry-Gargan (93). C.P.
N° 0108 S 06386. I.S.S.N. N°0751-5839. Dépôt légal à parution. Conception: Voltaire & Associés, 15, rue de la Banque, 75002 Paris.
Photos de Une : Thierry Nectoux. Prix du numéro : 1,30€. Abonnement : 1) Personnels de l’Éducation nationale: France 26€; étranger et DOM-TOM: 40€. 2) Autres, France : 37€; étranger: 51€. Publicité: GMF (p. 2), CGU (p.7), Didacthèque de Bayonne (p.32), Athéna (p. 46), Arvel (p. 46), Microsoft (p. 47), MAIF (p. 48).
Entretien avec Jean-Yves Rochex Socle commun : faut-il viser un minimum,
pour faire réussir un maximum ?
10
Dossier
Quelles politiques pour l’emploi ? Modèle Français ? Modèle nordique ? Flexibilité ? Sécurité ?
Débats et pistes de réflexion
Droits et libertés 27
• Lutte anti-CPE et représailles judiciaires
• Contre l’immigration jetable
Métier 28
• Les «bonnes pratiques» du ministre de l’Éducation : l’exemple des SES et de l’apprentissage de la lecture
• Classes prépa et BTS : projet de décret
• SMS
Catégo 30
• Hors-classe : chronique des inégalités annoncées
• CO-Psy : répertoire interministériel
Portrait 33
• Têtes Raides : artistes engagés
Fenêtre sur 34
• La blogosphère
International 36
• Les enjeux du forum social européen d’Athènes
• Après les congrès des syndicats d’enseignants britanniques
Culture 38
•Livres-revues
•Cinéma/Théâtre/Spectacles/Expositions
•Multimédia
Entretien 44
• Jean-Yves Rochex sur le socle commun
44
Édito
C’est possible !
On a gagné ! En entendant, le 10 avril, Chirac, Villepin et Accoyer annoncer la fin du CPE après tant
d’atermoiements, c’est bien ainsi qu’ont réagi les millions de manifestants qui depuis 2 mois sont à la pointe de la bataille contre le CPE.
Sentiment partagé par les dizaines de millions de nos concitoyens qui ont soutenu ce combat à leur manière, comme n’ont cessé de nous le dire les sondages.
Gagné contre l’arrogance
d’un gouvernement qui a eu l’aplomb de prétendre répondre à la crise des banlieues par une loi qui, sous couvert d’« égalité des chances », ne faisait, avec le CPE et l’apprentissage à 14 ans, que renforcer encore la stigmatisation et la précarisation de la jeunesse.
Gagné contre l’entêtement démesuré d’un Premier ministre qui n’a pas réussi à convaincre qu’il n’était préoccupé que par l’intérêt général.
Gagné contre les outrances d’un ministre de l’Éducation qui s’est permis de laisser entendre, à partir des 3 cas qu’il disait avoir recensé sur 550 000 ( ! ), que c’était en fait les enseignants qui poussaient les lycéens dans la rue.
Gagné aussi, et ce n’est pas le moins important, contre le sentiment d’échec dans lequel s’était progressivement installé le
mouvement social depuis le printemps 2003 et l’échec sur les retraites.
Pourtant, avoir gagné ne doit pas nous empêcher de garder la tête froide. Si le CPE a bien disparu, la loi sur l’égalité des chances, le CNE, les choix profondément libéraux du gouvernement sont toujours là.
Comme sont toujours là les problèmes de fond qui pèsent sur notre société : discriminations, inégalités sociales, précarité et chômage,
notamment pour les jeunes.
C’est dire combien de batailles il nous reste à mener.
Ce sera vraisemblablement sous d’autres formes et avec d’autres rythmes. Mais depuis le 10 avril, une chose est sûre : gagner, c’est possible ! Actualités
Les responsabilités nouvelles des syndicats après le retrait du CPE
Bernard Boisseau cosecrétaire général
REVUE DE PRESSE
LES LEÇONS DU CPE
Réformer est possible
16 mars 2006
L’affrontement autour du CPE en dit long sur notre société de défiance
Par Alain Etchegoyen 11 mars 2006
CRIMINELS AU BERCEAU
Déceler, dès le plus jeune âge, celui qui représentera un danger pour la société. L’idée n’est pas tout à fait nouvelle. Nous avons déjà eu l’occasion de remarquer ici qu’elle était vieille comme Hérode. Cependant, le ministre de l’Intérieur a promis de mettre en œuvre une politique de rupture. Appuyé sur un rapport considéré comme scientifique, il envisage de prévenir la délinquance dès l’âge de 3 ans. Il serait même question d’un carnet de suivi, sorte de passeport de l’élément dangereux. [...]
Comment peut-on seulement penser à un passeport du mal délivré au vu du comportement à l’école maternelle ? On y pense.
Tant pis pour la vieille idée selon laquelle tout individu a droit à ce que les croyants nomment
« rédemption », et que les humanistes appellent
« réhabilitation ». Réduit au minimum, en langue politique et administrative, cela devient la « réinsertion ». Ce n’est malheureusement pas une science absolue.
18 mars 2006
EN FRANCE, LA RUE A TOUJOURS 20 ANS
En France, comme ailleurs dans le monde, les universités ont longtemps été la caisse de résonance privilégiée des débats politiques. Avant-guerre, l’Action française recrutait dans les facs et, plus tard, les facs
manifestaient contre la guerre en Algérie, rappelle l’historien Jean-François Sirinelli. C’est sur les campus américains que s’est épanouie la mobilisation contre la guerre au Vietnam.
Sans surprise, l’archétype du mouvement étudiant reste Mai 68, véritable coup d’État
générationnel, rite initiatique national dont est demeurée, diffuse mais prégnante, l’idée qu’une génération peut se faire sa place au soleil en défilant dans la rue.
Le dessin du mois
Le Monde, 17 mars 2006
27 mars 2006
CPE, LE BONAPARTISME EN CREUX
Par Zaki Laïdi
Croire ou faire croire que la démarche du gouvernement relève d’une vision réformiste que la société et les syndicats refuseraient est un contresens absolu. L’affaire du CPE montre non seulement que les gouvernements de droite – comme de gauche, d’ailleurs – n’ont qu’une idée pour le moins imparfaite de ce qu’est le réformisme, mais que, circonstance aggravante, le recours au bonapartisme social, qui est la marque de fabrique de ce gouvernement, asphyxie encore plus l’espace du réformisme. [...] Dans une société démocratique,
le réformisme suppose la réunion de quatre conditions : une certaine vision du monde, un diagnostic largement partagé sur la réalité des blocages qui freinent un changement indispensable, une implication réelle constante d’amont en aval de tous les acteurs concernés, une prise en compte du temps long dans la résolution des problèmes. [...] C’est d’ailleurs un des traits de la culture politique française que de croire que le fait d’être élu vous confère une légitimité sans limite et que la démocratie sociale ne peut être octroyée que par la démocratie politique. Certes, on entend les arguments du gouvernement : les syndicats seraient faibles, incapables d’avancer vite face à l’urgence des problèmes et soucieux, pour les plus réformistes d’entre eux, de se refaire une santé à la veille de leur congrès. Mais là encore, on est dans la négation du réformisme. Chercher à humilier les syndicats pour leur montrer qu’ils ne sont rien n’est pas le meilleur moyen de renforcer les médiations sociales qui font si cruellement défaut à la France.
T
oute l’histoire du droit du travail s’est fondée sur un principe explicite et une évidence incontestée : les rapports de travail sont des rapports de force ; le droit a pour mission de les réguler. Le célèbre adage de Lacordaire, « entre le fort et le faible, c’est la loi qui protège et la liberté qui opprime », prend tout son sens dans une construction juridique qu’il conviendrait plutôt de simplifier que de compliquer. [...] Rarement dans notre histoire récente, l’occasion s’est offerte d’évoquer les préjugés de classe. Ce lexique, d’apparence archaïque, retrouve une nouvelle vigueur. Premier préjugé quasi- ment explicite dans le discours officiel : les patrons sont tous des hommes bienveillants et justes, ce qui n’est pas le cas des salariés.Dominique de Villepin exprime ainsi ce truisme: en quoi le CPE serait- il dangereux pour le salarié ? [...] Deuxième préjugé plus implicite : la question de l’emploi se résout uniquement par le droit du travail.
[...] Ni le droit, ni l’absence de droits n’ont jamais engendré la crois- sance. De plus, le CPE va entraîner des effets collatéraux qui ne cor- respondent ni aux intérêts de notre société, ni à ses exigences de modernisation. [...] Troisième préjugé encore plus implicite : avec le CPE, il s’agit de donner envie d’embaucher et non de donner envie de travailler. L’envie d’avoir envie est un problème fondamental de notre société et de notre économie ; de partout fusent les plaintes : les Français ne veulent plus travailler. Les en convaincra-t-on en leur pro- posant une situation précaire et en les soumettant à l’arbitraire ?
Presse.
Les journalistes deFrance Soir en grève contre le projet des repreneurs désignés par le tribunal de commerce de Lille.avril
14
L’après Sharon.
Les électeurs israéliens accordent une victoire étriquée au parti Kadima créé par Ariel Sharon.Trois millions de manifestants contre le CPE.
mars
28
« Immigration choisie ».
Nicolas Sarkozy présente en Conseil des ministres le projet de loi visant à contrôler les flux migratoires.mars
29
Dilemme.
La Commission européenne décide de suspendre son aide au gouvernement palestinien dirigé par le Hamas.avril
7
Économie.
Le président chinois en visite aux États-Unis d’Amérique.avril
19
avril
20
Proche Orient.
Attentat meurtrier à Tel Aviv, le premier depuis l’installation du nouveau gouvernement palestinien.Emprise.
L’Iran décide de soutenir financièrement le gouvernement palestinien.avril
17
30 JOURS
Latinos.
À Los Angeles, 500 000 manifestantscontre le projet de loi sur l’immigration qualifié de « raciste ».
mars
25
Rase campagne.
Dominique de Villepin annonce le « remplacement » du Contrat Première Embauche.avril
10
Fuori Berlusconi !
Romano Prodi remporte les élections législatives italiennes.avril
10
Paix dans le monde.
Le président iranien affirme que son pays dispose du nucléaire.avril
12
Après le retrait.
L’Assemblée nationale vote le dispositif en faveur des jeunes en difficulté, destiné à se substituer au CPE.Fronde.
Plusieurs généraux américains en retraite appellent à la démission du secrétaire à la défense, Donald Rumsfeld.avril
13
Trois millions de manifestants contre le CPE, bis.
avril
4 ITALIE
Victoire de l’Union de la gauche
S
ilvio Berlusconi, le patron de forza italia espérait un second tour judiciaire pour invalider le verdict des urnes.Après vérification des bulletins de vote contestés, les juges de la Cour de cassation ont définitivement confirmé la victoire de l’Union de la gauche en Italie avec 24 755 voix d’avance.
Ils ont, par ailleurs, rejeté le recours présenté par l’ex-ministre des réformes Calderoni, représentant la Ligue du Nord, qui contestait la prise en compte des 45 000 voix obtenues par l’Alliance lombarde, apparentée à l’Union. Romano Prodi est donc le nouveau chef du gouvernement italien. Il devra se passer des encouragements du cavaliere qui refuse toujours, pour l’instant, conformément aux traditions républicaines, de féliciter son adversaire. Il a préféré lui déclarer, par médias interposés, une impitoyable « guerre de tranchée ». En attendant, il semblerait bien que, pour la plupart des dirigeants européens, la défaite relative du populisme médiatique de Berlusconi, souvent jugé « amoral, vulgaire, cynique et ultra-démagogique »,
soit accueillie par un grand « ouf » de soulagement.
Cocoricac
L
’usine Peugeot de Ryton, près de Coventry, sera fermée en juillet 2007.La production sera délocalisée en Europe de l’Est.
Production plus facile et moins chère selon Jean-Martin Folz, président-directeur général.
Aucune consultation avec les 2 300 salariés.
Pas de grève en vue : les années Thatcher sont passées par là.
Quant à Tony Blair, à la Chambre des Communes : « Il est inévitable qu’il y ait des pertes.».
Soyons justes : le bénéfice net du groupe a été en 2005 de un mil- liard d’euros, en recul de 37,5 % sur 2004, quand Renault a dégagé 3,4 milliards, en progression de 18,7 %.
Chiffres d’un article du Monde (17 mars 2006) consacré au niveau record des entreprises françaises du CAC 40 : 84 milliards d’euros, en hausse de 30 %.
À Sochaux, les 142000 salariés Peugeot seraient inquiets : Ryton était l’usine la plus chère en Europe.
Et maintenant ? Matthieu Leiritz
BILLET D’HUMEUR
©AFP/Ph.Hertzog
J -50.
DÉBAT Courriers
Pour le plaisir Lucile B., Paris
Presse syndicale
J
e souffre d’un cancer de la plèvre dû à l’amiante. J’ai vraisemblablement contracté cette maladie au lycée de l’académie de Créteil où j’ai exercé 30 ans, dont 20 années dans des locaux préfabriqués et vétustes, plaqués à l’amiante, comme c’était le cas dans les années 60-90.Malgré un début de structures rectorales mises en place pour répondre aux demandes, je me heurte à l’inertie totale de la commission de réformes qui refuse de traiter ma demande d’IPP – recevable pour ce type d’affection, qui se déclare une trentaine d’années après exposition. On me répond que je dois faire la preuve de l’amiante, or cet établissement a été démoli en 1990, soit 7 ans avant l’obligation de recherche d’amiante (février 1997).
Cette inertie de l’administration a aussi d’autres conséquences : elle exclut toute possibilité de prévention des collègues qui ont pu aussi être exposés à l’amiante au lycée ; or, dans ces pathologies, seule action médicale précoce peut limiter les dégâts.
J
’ai toujours été syndiquée au SNES depuis 1955. Mais je dois avouer que je n’étais pas une lectrice passionnée de la presse syndicale tout au long de ses multiples mutations. Or, je tiens à vous dire l’intérêt croissant avec lequel je parcours, puis lis à présent L’US Mag.Merci en particulier pour l’ouverture européenne. Les comparaisons sont vitales. Il faudrait d’ailleurs qu’elles aillent au-delà des chiffres, explorant l’histoire culturelle et les structures sociales
et institutionnelles qui les sous-tendent. Je lisais toujours
les entretiens, je ne les abandonne pas. Enfin les notes de lecture sont très intéressantes, très utiles. Il n’est pas dit qu’on écrive à son journal que pour se plaindre : merci donc, courage ! Continuez !
D
ans la région Rhône-Alpes, l’ANPE signe des conven- tions avec des chefs d’éta- blissement à qui elle demande de suivre durant trois semaines un demandeur d’emploi dans l’enseigne- ment. Il s’agit d’une évaluation in situ par l’ANPE d’un stagiaire « préformé » dont le « conseiller » désigné par le chef d’établissement doit « vérifier les compétences et capacités profes- sionnelles pour exercer cet emploi» et faire « préciser le projet professionnel en découvrant les conditions d’exer- cice de ce métier ». L’ANPE demande ainsi au conseiller de terrain : 1. d’évaluer selon trois niveaux des« compétences techniques et asso- ciées » : le stagiaire sait-il concevoir et préparer le travail à réaliser en classe, transmettre un savoir théo- rique et donner des méthodes pour l’acquérir, évaluer le niveau d’acqui- sition des connaissances des élèves, animer des projets d’actions éduca- tives avec d’autres professeurs et des partenariats extérieurs ? 2. d’évaluer des capacités liées à l’em- ploi : sait-il adapter son enseignement à la diversité des publics scolaires, traduire sous forme de leçons, exer- cices, un savoir théorique, appréhen- der des techniques, des formules ou des méthodes d’enseignement, trans- poser les connaissances de la psy- chologie de l’adolescent à la pédago- gie ? On appréciera la phraséologie qui amène à reprendre dans un deuxième point ce qui a été énoncé dans le pre- mier. Les conclusions de l’évaluation sont sans appel : le demandeur d’em- ploi peut (ou ne peut pas) présenter sa candidature à un poste d’enseignant, peut (ou ne peut pas) s’orienter vers ce métier. Comprenons bien, après trois semaines en établissement, muni (pour l’instant) d’une licence et de ce viatique, il pourra se présenter à un chef d’établissement pour être recruté
en face d’eux et les parents n’auront rien à redire !
Une collègue de Lettres, sollicitée pour accueillir une « stagiaire » a mis fin à l’expérience quand elle a compris ce que l’on attendait d’elle. Elle l’a fait parce qu’elle croit au service
public d’éducation, à un recrutement national par concours d’enseignants titulaires, à une formation initiale et continue de qualité, assurée par des formateurs qualifiés. Je témoigne ici de notre indignation commune.
comme vacataire ou comme contrac- tuel. Et voilà comment le ministère de l’Éducation (nationale ?), avec l’aide du service public qu’est l’ANPE, se prépare un vivier de candidats qui pourront postuler à un CDI, s’ils don- nent satisfaction à leur hiérarchie et enchaînent suffisamment de contrats précaires ; Mieux (ou pire), dans le cadre du Plan d’Aide au Retour à l’Em- ploi (PARE), tout chômeur titulaire d’une licence pourra être contraint à s’inscrire dans ce dispositif et à accep- ter un poste de contractuel ou vaca- taire de l’Education nationale, s’il ne veut pas être radié des listes de chômeurs.
Pourquoi remplacer les départs mas- sifs à la retraite en recrutant massi- vement par concours des fonction- naires qui seront protégés par un statut ? Pourquoi grever le budget de l’État avec des recrutements de per- sonnels à qui il faudra assurer une carrière et qui, en plus, se mobiliseront pour des revendications de salaires, de moyens et de qualité pour le service public d’éducation ? Pourquoi garder un corps de titulaires pour assurer les remplacements ? Pourquoi former une année entière à l’IUFM des pro- fesseurs stagiaires alors que l’ANPE peut fournir une nouvelle génération d’enseignants, des précaires ‘’pré- formés’’ avec l’aide éventuelle d’en- seignants fonctionnaires ?
A l’Isle d’Abeau, dans le Nord Isère, une entreprise informatique floris- sante, anciennement HP, puis SAN- MINA, a décidé de délocaliser en Pologne. Avant la fermeture de l’usine, la direction a demandé à ses person- nels d’y former des cadres ingénieurs informaticiens polonais appelés à les remplacer dans leur pays.
L’Éducation nationale n’a donc rien inventé. Mais quoi, ne vaut-il pas mieux gérer et encadrer la précarité ? Les élèves après tout auront des adultes
Inertie Claude A., Saint-Ouen (93)
Amiante
C
onsterné, je le suis moi aussi mais pas par la photo que vous avez publiée dans le n° 633 de L’US – je n’y avais même pas prêté attention, je viens de la revoir et elle ne me choque pas, au contraire ! – je suis consterné... par la consternation de mon collègue découvrant sur L’US la photo « d’une jeune fille avec la tête en partie voilée de noir ». Cachez ce voile que je ne saurais voir…Pourquoi ne pas comprendre la leçon toute simple que nous donnent ces quatre jeunes filles (car elles sont quatre, l’avez-vous remarqué ?) unies sans arrière-pensées dans la même protestation
De grâce, ouvrez les fenêtres !
J. A., Créteil (94)
Voile noir...
LA MAL INFO
Ce livre est le fruit d’une enquête conduite par l’Observatoire du débat public sur la façon dont les Français consomment l’infor- mation. Il montre comment l’individu cherche aujourd’hui à s’in- former, moins pour comprendre le monde que pour calmer une peur permanente, dans un environnement qu’il perçoit de plus en plus anxiogène. À l’heure des médias omni-
présents et de l’info en continu, le
« médiaconsommateur » absorbe les nou- velles partout et tout le temps, au plus vite et au plus simple. Mais derrière l’abondance, il sent bien que ce qu’il ingurgite compulsivement ne suffit pas à le nourrir. On est entré dans l’ère de la
« mal info ».
Cet ouvrage ne s’arrête pas au dia- gnostic. Parce qu’il s’agit là d’un enjeu démocratique majeur, il vise aussi, en ouvrant quelques pistes, à repérer com- ment chacun de nous cherche à sortir de la « mal info ».
Évaluation in situ M.-Odile B., Grenoble
Précarité
et qui semblent bien se ficher de ce qu’elles portent – ou ne portent pas – sur la tête !
Pourquoi ces jugements, ces soupçons, ces exclusions ? Pourquoi cette image étouffante de la laïcité ? De grâce, ouvrez les fenêtres ! J’ai envie de respirer l’air du large !
Lettre au président du jury
Pierre B., Villeurbanne (69)
Concours de la Résistance et de la Déportation
L
e vendredi 24 mars, l’une de mes classes aurait dû composer pour le concours national de la Résistance. Ce projet a tourné court et je tiens à vous expliquer dans quelles circonstances. Je ne porterai pas ici de jugement sur le désormais célèbre CPE, mais je dois constater que cette mesure octroyée par les plus hauts responsables de l’État a entraîné une vague de révolte de nos jeunes lycéens qui ont décidé de « bloquer » l’établissement. Je souligne qu’ils l’ont fait pacifiquement, pour se faire entendre, et qu’ils ont d’ailleurs, avec un grand esprit de responsabilité, empêché des bandes extérieures à leur établissement de commettre des dégradations. Vendredi 24 mars, dans la matinée, à l’heure où aurait dû se dérouler l’épreuve du concours, des faits graves se sont déroulés devant les grilles du lycée. [...]Avec nombre de collègues et de membres du personnel de l’établissement, nous avons essayé de nous interposer entre les policiers qui intervenaient et nos élèves qui se tenaient aux grilles du lycée. Je dois dire que j’ai été bousculé sans ménagement malgré mon âge et qu’à la suite de mes protestations à la vue de l’un de mes jeunes collègues enseignant traîné à terre, j’ai été apostrophé sans aucun respect par l’un des officiers de la police nationale qui commandait l’intervention. Je ne parlerai pas ici de ce qu’il est advenu des élèves, un journaliste du Progrès l’évoque. À la suite de ces graves incidents, je me pose des questions qui ne sont pas étrangères à ce que l’on appelle les « valeurs de la Résistance ». Que serait-il arrivé aux jeunes gens qui nous ont été confiés dans cet établissement, si nous les enseignants, n’avions pas été là ?
Qu’est-ce que le « devoir de désobéissance » ? Où se trouve
la dignité des uns et des autres, en particulier celle des responsables de l’intervention policière ? Je ne peux m’empêcher de songer qu’à deux pas de l’endroit où s’est réalisée cette opération policière, rue Frédéric-Faÿs, un jeune résistant est tombé dans les combats en 1944. La spéculation immobilière a fait disparaître sa place. Répression, spéculation, oubli, mépris des êtres humains. Ce n’est certainement pas à ce genre de société qu’ont rêvé les Résistants.
Les locaux du lycée Frédéric-Faÿs en 1944 ont abrité un groupe de la Main- d’œuvre immigrée (MOI), Carmaniole-Liberté, qui a joué un rôle majeur dans la libération de Villeurbanne. C’est un de nos motifs de fierté d’enseigner dans cet établissement qui accueille de nombreux élèves issus de l’immigration.
Je regrette beaucoup de n’avoir pu faire composer mes élèves alors que j’entre dans mes dernières années d’enseignement. Je vous présente donc mes excuses pour cette non-participation. Je souhaiterais que les responsables au plus haut niveau de cette situation en fassent de même.
C
onsternée, je le suis, à la réaction de J.-L. F. de Fleury-les-Aubrais, parue dans L’US Mag supplément au n° 633 du 2 mars 2006.Que signifie ce ton aux accents indignés et qui a des relents d’ex- clusion (exclusion que, par ailleurs, vous semblez combattre) à la vue de la photo d’« une jeune fille avec la tête en partie voilée de noir… » (sic) en première page de L’US Mag illustrant les manifs anti-CPE ? Le choix de ce cliché aurait offusqué votre soi-disant défense de la liberté des femmes?
Toutes les femmes et jeunes filles, voilées ou non, sans hiérarchie aucune, ont le droit de participer aux cortèges anti-CPE en pro- vince comme à Paris (nous ne sommes pas dans une salle de classe !). D’ailleurs, dans la manif parisienne du 7 mars j’ai croisé des jeunes filles « voilées », concernées comme tous leurs
camarades par cette lutte légitime et je m’en suis réjouie : elles sont citoyennes à part entière et, à ce titre, sont des nôtres. Ne l’oubliez pas ! Des réactions comme les vôtres sont dangereuses : elles stigmatisent et excluent.
Le combat pour la laïcité oui, mais pas de cette façon ! L’ana- thème (« la photo d’une jeune fille voilée à la UNE de mon jour- nal syndical préféré, quelle hor- reur! ») et la ségrégation ne feront jamais éclore les prises de conscience et resplendir les lumières de la Raison !
La FSU n’a pas fait d’erreur en choisissant cette photo ! L’erreur, c’est vous – du reste – qui la faites en prenant pour un « voile » ce qui n’en est pas un ! Lisez donc ce que cette jolie blonde arbore ostensiblement sur son macaron
« Retrait du CPE » ! N’est-ce pas là l’essentiel ? Et, couvert ou non, allez manifester !
« Cachez ce voile
que je ne saurais voir... »
M. B., Drancy (93)
ALAIN ROZE NOUS A QUITTÉS Alain venait tout juste de prendre une retraite qui promettait d’être riche en activités pas- sionnantes. Il avait déjà repris des études de philosophie ! Hélas, la maladie l’a brutalement emporté après une résistance admirable.
Alain a milité au S3 de Créteil où il fut res- ponsable du secteur corporatif. Au sein du secrétariat national, il a animé le secteur de l’emploi au temps où le mouvement était encore national, puis le groupe lettres, avant de prendre la responsabilité du secteur des lycées. Très à l’écoute des syndiqués qui appréciaient sa convi- vialité, son amour de la vie qu’il savait faire partager, son sens de l’humour, sa passion pour l’enseignement et la littérature, sa liberté d’esprit, il a constamment défendu une conception exi- geante de l’enseignement et du métier.
Frédérique Piel, Yves Baunay
©Thierry Nectoux
Publicité
L
a quasi-totalité des acteurs de l’école ont cette caractéris- tique commune qu’ils n’ont pas connu d’autres mondes professionnels que scolaire. Ainsi, là où devraient être des relations entre adultes, reproduit-on inlassablement les rela- tions entre maîtres et élèves : les professeurs sont « notés », comme leurs élèves.La raison en est assez simple : la notation sert d’abord à gérer des flux de promotions. Le positionnement relatif dans l’échelon compte plus que la mesure d’une quelconque valeur profession- nelle. Le tout doublé d’illusoires protections : une notation tordue éclairée d’une appréciation sournoise est finalement sans recours et des distorsions anormales ont été mises en valeur touchant, notamment, les femmes.
On peut allonger la liste des aberrations, des frustrations ou du formalisme de la notation.
Tout le monde, ou à peu près, en conviendra. Les opinions divergent sur la suite : les uns pensent qu’il faut passer à autre chose ; les autres que mieux vaut conserver un statu quo médiocre car, dans le monde où nous sommes, toute alternative ne peut être que pire. Et ils entrevoient déjà des hordes de petits chefs ivres de pouvoir ou de managers cyniques et optimisateurs s’abattre sur eux. Pourtant, il ne faut pas désespérer que la
voie de l’intelligence puisse aussi exister. Elle a été explorée par feu le regretté Hcéé (Haut conseil de l’évaluation de l’école) qui était un des rares lieux de débat constructif dans notre institution ce qui rendait sans doute urgent sa suppression par la loi
« Fillon »… En février 2003, il adoptait unanimement son avis n° 6 sur l’évaluation des enseignants. Que ne le met-on en œuvre ! (http://cisad.abc.education.fr/hcee/index.html)
D’abord, abandonnons l’infantilisante notation annuelle à deux vitesses dont on ne sait plus très bien, surtout pour l’administra- tive, ce qu’elle recouvre au juste : qu’est-ce que ce mystérieux
« rayonnement » généralement « très bien » ? Une évaluation 8
DÉBAT opinion
périodique, contradictoire, transparente et conduite par plusieurs évaluateurs serait plus gratifiante, y compris pour les personnels.
Le Hcéé ajoutait, avec raison, que l’évaluation devrait avoir « une base plus objective » ce qui passe par la nécessité de « formaliser ce que sont aujourd’hui les fonctions enseignantes ».
« Nous y voilà ! » penserez-vous, mais comment évaluer équita- blement l’exercice d’un métier dont les contours sont devenus incertains ? Plus que des batteries de « fourchettes », c’est une claire définition de ce qui est attendu qui protège le plus efficace- ment les individus.
Un autre aspect est qu’un professeur exerce au sein d’une collec- tivité qui ne le résume pas mais dont il ne peut s’abstraire ce dont il faut prendre acte dans l’évaluation, même si elle reste indivi- duelle.
Enfin, passer de la notation annuelle à une évaluation globale et périodique rend possible plus de lisibilité sur les évolutions profes- sionnelles. À moins de considérer qu’enseigner est une activité invariable de quarante annuités durant lesquelles on ne vieillirait pas, les longues carrières qui s’annoncent nécessitent de mieux les penser et de les construire avec les intéressés que ce soit en termes de poste, de formation, parfois de fonction. Une évaluation bien admise peut jouer un rôle de conseil et d’accompagnement que la notation est bien incapable d’assumer.
Certes, sous la douce musique du consensus peuvent toujours se tapir des intentions moins pures et il ne faut pas mésestimer les difficultés, techniques ou politiques, qui peuvent surgir en phase de finalisation. Cependant, toute évolution n’est pas fatalement une dégradation et remettre à plat l’évaluation des professeurs ne sera pas nécessairement une agression contre leurs statuts si leurs représentants contribuent à une construction alternative où la protection, légitime, des individus retrouve l’intérêt général. Le syndicalisme, aujourd’hui, doit aussi contribuer à reconstruire un avenir crédible pour les personnels et à renouer avec l’idée, perdue, de progrès.■
La question de l’évaluation des enseignants est remise sur le tapis chaque fois que l’on parle de réformer l’éducation. Ministre après ministre, la même antienne est resservie d’une évaluation qui devrait devenir plus discriminante, récompensant les meilleurs et châtiant les « mauvais », outil pour encadrer fermement nos professions. Au fil des rapports d’« experts » (rapport Pair en 1998, Monteil en 1999, Thélot en 2004) se développe ainsi l’idée d’une évaluation contractualisée, dépendante des objectifs locaux et pilotée essentiellement par le chef d’établissement.
«Il faut mettre en œuvre les sages préconisations
du Hcéé.»
Philippe Tournier
Secrétaire général adjoint du SNPDEN
Comment les évaluer?
L’évaluation des
Cependant, toute évolution n’est pas fatalement une
dégradation et remettre à plat l’évaluation des professeurs ne sera pas nécessairement une agression contre leurs
statuts si leurs représentants contribuent à une construction alternative où la protection, légitime, des individus retrouve l’intérêt général.
©DR
Les bouleversements introduits dans la gestion des hors-classes, sont parfaitement cohérents avec cette orientation. Nul ne s’y trompe, c’est autour de la conception même du métier que se joue le débat sur l’évaluation. C’est ce que montrent les contributions ci-dessous de Philippe Tournier et Frédérique Rolet. Elles montrent aussi que, pour autant, personne n’est satisfait de la situation actuelle, à commencer par les collègues. Les enquêtes menées par le SNES le montrent d’évidence. Le travail pour faire avancer nos propositions sur ce dossier doit donc se poursuivre.
enseignants
Savoir ce qu’on évalue, reconnaître les spécificités de nos métiers.
D
e quoi parle-t-on quand on évoque l’évalua- tion des enseignants ? Immédiatement se superposent les termes de notation, d’avan- cement, de gestion des carrières ; immédiatement aussi, à l’insatisfaction des enseignants vis-à-vis du système actuel, des réponses sont avancées par l’administration, fondées sur la promotion « d’un investissement professionnel » éloigné de la réalité des métiers.Or le problème fondamental réside bien dans le double objectif assigné à l’évaluation : en faire une des composantes de la gestion et un moyen de classement (avancement, promotion de grade et de corps), tout en même temps qu’un outil d’amélio- ration du système éducatif. Si le système a perduré sans trop de contestation plusieurs décennies, le sens de l’évaluation individuelle a évolué ces dernières années : la première raison tient à la raré- faction et à l’irrégularité des visites, des perspec- tives de carrière rendues aléatoires, l’absence de
transparence, la dégradation des conditions d’exercice, tout cela exacerbant le sentiment d’injustice.
La deuxième raison pourrait résider dans les évolutions mêmes du métier d’enseignant, un métier de plus en plus déstabilisé, deman- dant un investissement accru, exercé dans le cadre d’une équipe.
C’est ainsi que l’ensemble des réponses apportées à l’enquête effec- tuée par le SNES en 2005 (cf. supplément à l’US n°
611 du 6/12/2004 et supplément à l’US n° 621 du 20/6/2005), 1 221 enquêtes dépouillées, laissent pointer une insatisfaction diversement transposée, vis- à-vis du système actuel d’évaluation-notation, notam- ment pédagogique. Cette dernière suscite des décep- tions par rapport à une attente vivement présente, celle d’une aide à la réflexion sur l’activité professionnelle, peu opératoire dans les conditions actuelles ; elle
souligne aussi de ce fait l’attachement des enseignants au cœur de leur métier : le travail sur les apprentissages disciplinaires et le souhait d’un renforcement de la qualification professionnelle ; elle requiert l’intervention de corps d’inspection spécifiques pour chaque discipline.
Les appréciations sur la notation administrative disent aussi, à leur façon, cet attachement des professeurs aux idées d’égalité, de clarté des missions, de respect du métier. Bien sûr, le manque de réflexion
de l’institution sur un métier en pleine recomposition se fait sentir et la notion d’« obligation professionnelle » – champ d’exercice de la notation administrative – peut être vécue comme plus ou moins extensive mais, très majori- tairement, à travers l’attachement à la double évaluation, c’est la spécificité du métier que revendiquent nos collègues.
Spécificité d’un métier complexe, rétif à l’encadrement, au contrôle prescriptif, à la mesure (au référentiel de métier, évaluation par compétences...) du fait de la nature de l’activité professionnelle elle-même, exercée dans la classe, impossible à penser en termes de « rendement ».
Spécificité exigeant le maintien de la double évaluation, celle exercée par l’IPR, qui vérifie le travail avec les élèves des savoirs disciplinaires, dans le cadre des objec- tifs nationaux, celle effectuée par le chef d’établissement, s’assurant du respect des obligations réglementaires tout au long de l’exercice dans l’établissement.
C’est sur ces bases qu’il faut réfléchir à une évolution de l’évaluation des enseignants pleinement respectueuse de la nature de notre métier, ne décentrant pas l’acte d’enseignement au profit de tâches périphériques plus facilement mesurables. La condi- tion première de cette évolution serait d’augmenter les connais- sances sur l’activité, de favoriser les recherches sur ce travail que l’on prétend mesurer ; la seconde, de renoncer à penser la carrière des enseignants à l’aune d’une réduction de l’emploi et de la
dépense publics, impliquant des ajustements aux contraintes locales (et non une prise en compte de celles-ci dans le cadre d’objectifs nationaux ambitieux). Alors, il sera possible de reprendre sereine- ment le dossier de l’évaluation, de tirer cette dernière vers l’aide et le conseil, en déduire des propositions de formation, de mise en commun des réflexions et pratiques, de développement du travail en équipe, de reconnaissance des étapes de la carrière ; au sein d’un service public qui gagnerait en efficacité.■
Tirer l’évaluation vers l’aide et le conseil, en déduire des propositions de formation, de mise en commun des réflexions et pratiques, de développement du travail en équipe, de reconnaissance des étapes de la carrière.
À travers l’attachement à la double évaluation, c’est la spécificité du métier que revendiquent
nos collègues.
Frédérique Rolet
Co secrétaire générale du SNES
©DR
Solidaritéi
Brésil
« La CNTE (Confédération nationale des travailleurs de l’Éducation), organisation qui regroupe 35syndicats et 2500000 personnels de l’Éducation au Brésil apporte un soutien sans restrictions au combat des étudiants et des travailleurs français contre le CPE. Elle soutient la mobilisation des étudiants et des syndicats comme notre organisation sœur, le SNES, dans les rues de Paris et des autres villes de France. »
Brasilia, le 5 avril 2006
Lendemainsi
Élégance
Le ministre de l’Éducation nationale, au lendemain de la crise du CPE déclare : « Je pense que les universités peuvent vraiment supporter le coût (des occupations)...
Ce serait vraiment injuste de déshabiller des formations nouvelles et des chances nouvelles pour des jeunes pour payer des dégâts qu’ont fait d’autres jeunes ailleurs. »
Le 19 avril
ACTUALITES
10
Les événements se sont donc précipités après le 4 avril, nouveau sommet du mouvement contre le CPE, avec plus de 3 millions de manifestants dans toute la France.
L
es parlementaires de l’UMP« assistés » des ministres Borloo et Larcher recevaient les 5 et 6 avril les organisations professionnelles.
Pour ce qui les concerne, les douze organisations de l’inter- syndicale étudiants-lycéens-sala- riés, et parmi elles la FSU, ont toutes tenu le discours qui avait été arrêté en commun lors de la réunion de l’intersyndicale du 5 : retrait, avant toute autre discus- sion, du CPE et cela avant la date de début des vacances parle- mentaires, le 17 avril. Faute d’as- surances suffisantes dans ce sens, il était prévu que l’intersyndi- cale du 10 avril déciderait de nouvelles initiatives. La force du mouvement a été telle que l’exé- cutif et les parlementaires n’ont finalement pas eu d’autre choix que de s’inscrire dans ce
« timing ».
Le 10 avril au matin, après un week-end de tractations mani- festement très compliquées dans le gouvernement et le parti majoritaire, mais avant la réunion de l’intersyndicale pré- vue pour 16 h 30, le président de la République, puis le Premier ministre et les parlementaires UMP annonçaient les uns après les autres le « remplacement » de l’article 8 de la loi sur l’éga- lité des chances et donc du CPE par un dispositif renforçant le plan de cohésion sociale déjà mis en place depuis plusieurs mois.
C’est une incontestable victoire pour le mouvement social dont tous les observateurs soulignaient régulièrement les difficultés depuis le printemps 2003 et l’échec subi sur les retraites.
Pour la première fois, il s’est trouvé en mesure, le CPE jouant le rôle d’un véritable catalyseur, de donner un coup d’arrêt à la politique gouvernementale et de
faire enfin déboucher sur un résultat concret le rejet des options libérales qui s’est exprimé avec beaucoup de force
à l’occasion de chacune des échéances électorales interve- nues depuis 2003. ■
Bernard Boisseau
CPE (16 JANVIER-10 AVRIL 2006)
LES DERNIERS JOURS
A
nnoncées dans la journée du 11 avril par l’exécutif et par les par- lementaires UMP, les mesures suivantes ont été adoptées définiti- vement par le Parlement le 12 avril.Il s’agit pour l’essentiel du renforcement et de l’extension de certains des dispositifs déjà mis en place par le Plan de cohésion sociale, se tradui- sant pour l’essentiel par une augmentation des aides à l’employeur.
• Le « Contrat jeune en entreprise » (CJE) concernait les jeunes de 16 à 25 ans d’un niveau de formation inférieur au bac, ou résidant en zone urbaine sensible ou au chômage depuis plus de 6 mois au 16/1/2006 et embauchés avant le 31/12/2006. Il est maintenant étendu aux 16-25 ans titulaires d’un CIVIS (voir ci-dessous).
L’aide à l’employeur était :
– de 300 euros/mois pendant deux ans et de 150 euros/mois la 3eannée pour les non-diplômés;
– de 150 euros/mois pendant deux ans et de 75 euros/mois la 3eannée pour les diplômés
Cette aide est désormais portée à 400 euros/mois la 1reannée et à 200 euros/mois la 2eannée.
• Le contrat de professionnalisation prévoyait une exonération des coti- sations patronales de Sécurité sociale pour les 16-25ans. Désormais en cas d’embauche en CDI, un soutien spécifique est apporté à l’em- ployeur: 200 euros/mois la 1reannée et 100 euros/mois la 2eannée.
• CIVIS (contrat d’insertion dans la vie sociale) ne concernait jusqu’ici que les jeunes d’un niveau de formation inférieur à bac+2. Il s’adresse désormais à tous les jeunes rencontrant des difficultés particulières d’insertion sociale et professionnelle.
Le CIVIS qui prévoyait un accompagnement personnalisé, renforcé pour les non-qualifiés, comprend désormais l’élaboration d’un Parcours d’accès à la vie active. À cette fin, chaque jeune bénéficiera d’un réfé- rent qui lui proposera l’une des quatre voies suivantes :
• un emploi, notamment en alternance, précédé, si nécessaire, d’une période de formation préparatoire;
•une formation professionnalisante, pouvant comporter des périodes en entreprise, dans un métier pour lequel des possibilités d’embauche sont repérées;
•une action spécifique pour les personnes connaissant des difficultés par- ticulières d’insertion;
•une assistance renforcée dans sa recherche d’emploi.
Par ailleurs, le gouvernement, pour permettre la mise en place de ces nou- velles dispositions, s’est engagé à débloquer 50000 places de stage dans les métiers « en tension » (avec des offres d’emploi non satisfaites).
Le coût total de ces nouvelles dispositions est estimé à 150 millions d’euros pour 2006 alors que l’intégralité du plan de cohésion sociale dans sa version initiale était prévue pour un montant de 450 millions d’euros. Une charge supplémentaire pour le budget de l’État, essen- tiellement au bénéfice des entreprises dont celles de l’hôtellerie et de la restauration pour lesquelles le gouvernement n’a pu tenir sa promesse
de baisse de la TVA... ■ Bernard Boisseau
Jean-Claude Millecamps nous a quittés
Jean-Claude Mille- camps, secrétaire départemental du Pas-de-Calais est décédé brutalement le 6 avril. Tous les témoignages soulignent l’osmose entre l’homme et le militant, la véra- cité, la détermination de l’engage- ment, et surtout la chaleur, la joie de vivre et l’enthousiasme qu’il y mettait.
Jean-Claude était avant tout ensei- gnant, comme il se plaisait à le rap- peler, parfois de façon vive, lorsque les activités syndicales et notam- ment les mutations prenaient trop de temps à ses yeux. Professeur de philosophie au lycée d’Avion depuis près de 20 ans, au cœur de ce bassin minier qui l’avait vu grandir, auquel il était viscéralement attaché, c’était un professeur exigeant, dont le parcours personnel était un modèle, lui, le fils de prolétaires pour lequel « service public », « Éducation nationale » et
« ascenseur social » n’étaient pas de vains mots. Le conflit anti-CPE le rendait inquiet pour ses Terminales, mais il était en même temps telle- ment fier de la responsabilité dont ses élèves avaient fait preuve en menant et en organisant la lutte.
Très investi dans son SS1, secrétaire départemental depuis 1999, ancien secrétaire national de catégorie pour les adjoints d’enseignement, véri- table militant de terrain, il a suscité de nombreuses vocations militantes parmi ses jeunes collègues.
Avec sa disparition, le SNES de Lille ne perd pas seulement un bon mili- tant et un ami, mais un homme bien.
REMPLACEMENT DU CPE
LE DISPOSITIF ADOPTÉ
PAR LE PARLEMENT
11
LE SYNDICALISME APRÈS LE CPE
DES RESPONSABILITÉS NOUVELLES
Le résultat obtenu est
évidemment très appréciable. Il nécessite cependant, le premier moment d’euphorie passé, d’y revenir du triple point de vue des raisons qui l’ont rendu possible, de ses limites et des responsabilités nouvelles qu’il donne au mouvement social et tout particulièrement au syndicalisme.
Les raisons du succès
Le plus décisif a sans doute été l’appui de l’opinion. Les son- dages ont montré qu’après une première hésitation, le ralliement à la cause anti-CPE avait été mas- sif à plus de 70 %, ne s’était jamais démenti tout au long des deux mois de conflit et que les symptômes de lassitude, ne se sont jamais produits.
La convergence entre jeunes et salariés, générationnelle, mais aussi sociale puisqu’elle a réuni sous une forme organisée les salariés et la jeunesse scolaire et universitaire.
Les jeunes ont su réagir immédia- tement à une mesure à laquelle ils ont fait le reproche principal de les stigmatiser encore un peu plus alors qu’ils sont déjà les premières vic- times de la précarité et du chô- mage. Mais ils ont su comprendre en même temps qu’ils ne gagne- raient pas seuls et réussi à faire partager l’idée qu’au-delà du CPE, c’était l’ensemble des garanties qu’apporte le Code du travail aux salariés qui étaient menacé. C’est ce contexte qui a permis que se réalise une unité syndicale sans précédent depuis très longtemps et qui ne s’est jamais démentie.
L’intersyndicale des 12, étudiants- lycéens-salariés, rassemblant UNEF, Confédération Étudiante, UNL, FIDEL, CGT, CFDT, FO, CFTC, CGC, FSU, UNSA et Soli- daires s’est révélée un très bon outil de pilotage du conflit per- mettant d’articuler au mieux les initiatives spécifiques des jeunes et les grandes initiatives « tous ensemble », ce qui n’allait pas for- cément de soi, du fait des formes et des rythmes différents de mobili- sation. Ce qui ne signifie pas qu’il n’y ait eu aucun problème, même si la volonté d’unité a toujours fini
par l’emporter. Les initiatives prises délibérément et à plusieurs reprises (lettre à de Villepin par exemple) par le groupe des cinq confédéra- tions dites représentatives (CGT, CFDT, FO, CFTC et CGC), sans la moindre concertation avec le reste de l’intersyndicale, ont souligné une fois de plus que la question des critères actuels de reconnais- sance de la représentativité restait un facteur majeur de division et
donc de paralysie du syndicalisme français.
Enfin le gouvernement lui-même a fortement contribué à son échec : autoritarisme, refus de tout dia- logue social, recours au 49.3, entê- tement extrême du Premier ministre, rivalités internes au gou- vernement et à la majorité, MEDEF surtout préoccupé par l’impact de la crise sur la situation économique, tout aura contribué à progressivement isoler le gouver- nement et son Premier ministre, l’intervention du Président accé- lérant encore le processus.
Les limites
Ce que le mouvement vient d’ob- tenir, c’est de contraindre le gou- vernement à renoncer à une mesure qui aurait encore aggravé la situa- tion, notamment en ce qui concerne l’emploi des jeunes. Il n’a pas obtenu pour autant ce qui permet-
trait de l’améliorer. Ce qui pose aussi comme le mouvement l’a bien mis en évidence des questions directement liées au CPE : le CNE, la loi sur l’égalité des chances avec notamment l’apprentissage à 14 ans et la précarité.
Les suites
L’intersyndicale des 12 réunie le 10 avril s’est d’abord félicitée du succès acquis le matin même. Elle
a confirmé par ailleurs son soutien aux manifestations que les étu- diants et lycéens avaient prévu pour le 11. La FSU a défendu l’idée d’être auprès des jeunes dans la phase toujours délicate où un tel mouvement change de rythme. Elle a aussi, avec d’autres comme l’UNSA et les Solidaires, proposer que l’intersyndicale poursuive son travail commun pour prendre de nouvelles initia- tives et aborder ensemble la phase de discussions annoncées par le gouvernement. Cette idée n’a pas été retenue par les 5 confédéra- tions « représentatives », la CFDT tenant le discours le plus tranché.
Pour elles, l’intersyndicale des 12 avait épuisé sa mission et n’avait plus besoin de se réunir puis- qu’elle avait obtenu satisfaction sur le CPE. Par ailleurs FO, la CGC ont refusé la proposition avancée par tous les autres d’un
grand 1ermai unitaire organisé en commun avec l’idée d’en faire ensemble et avec la jeunesse, une forme de « réplique » au 1ermai 2002.
Ces dernières péripéties n’empê- cheront pas que le SNES et la FSU soient partie prenante des 1er mai unitaires qui s’organiseront mal- gré tout partout en France. Rien n’empêchera non plus que ce 1er mai 2006 ait une saveur particulière
et marque une nouvelle étape vers les prochaines batailles.
Par ailleurs nous avons fait la pro- position que les pouvoirs publics organisent à tous les niveaux des États généraux pour l’avenir de la jeunesse en y associant les princi- paux intéressés (cf. dernière US). Si nous devions ne pas être entendus, nous proposerions à la FSU de les organiser elle-même avec notam- ment les organisations étudiantes.
C’est enfin le moment où jamais d’interpeller le gouvernement sur les questions qui font conflit au niveau de la Fonction publique comme de l’Éducation nationale.
L’intersyndicale de la fonction publique vient de demander à C. Jacob d’ouvrir une nouvelle dis- cussion sur la résorption de la pré- carité. Pour l’Éducation, le SNES vient de s’adresser publiquement à G. de Robien (cf. p. 13). ■
Bernard Boisseau
©Thierry Nectoux
Nous avons fait la proposition que les pouvoirs publics organisent à tous
les niveaux des États généraux pour l’avenir de la jeunesse en y associant
les principaux intéressés.
12
ACTUALITES
L’ENJEU DES GARANTIES COLLECTIVES
A
vec le projet de loi sur la fonction publique, le gouvernement poursuit son entreprise de démolition des statuts et des garanties collec- tives. Sous couvert d’élargir les viviers de recrutement et de valo- riser l’expérience professionnelle, il s’en prend aux diplômes et concours qui fondent, en premier lieu pour nos catégories, la qualité de la fonction publique et son indépendance.Tutelles
Loin de permettre la prise en compte des acquis profession- nels sur la base de critères objec-
tifs, toutes les modifications proposées donnent dans les faits aux autorités de tutelle les moyens de peser sur les carrières des fonctionnaires et de porter atteinte aux droits collectifs tels que nous les avions conquis. Ce projet est à mettre en relation avec les multiples remises en cause que nous connaissons dans notre secteur : dilution des statuts et des qualifications discipli- naires, encouragement à la biva- lence avec les affectations en lycée professionnel des TZR ou des PLP en collège ; affectations individualisées, telles celles préconisées pour les EP1.
Promotion
En matière de promotion – chan- gements de corps ou de grade – le projet de loi ne tient aucun compte des aspirations des personnels et laisse toute latitude aux minis- tères et administrations pour opé- rer des choix discrétionnaires. Il légitimerait ainsi a posteriori les modalités qu’on veut nous impo- ser depuis l’an passé pour l’accès à la hors-classe : disparition des critères transparents tels l’ancien- neté de carrière, le concours et les titres, soumission aux autorités hiérarchiques et rupture d’égalité de traitement. Ce projet de loi est irrecevable en l’état.
Amendements
Avec la FSU, nous avons déposé plusieurs amendements : d’une part pour que soient reconnues de façon incontestable les quali- fications exigées dans le cadre d’un changement de corps et d’autre part pour que l’ancien- neté de carrière soit le critère retenu dans la gestion des avan- cements de grade.
N o u s s o m m e s l à e n p l e i n e cohérence avec notre engage- ment dans l’action aux côtés des jeunes et des salariés contre le démantèlement du Code du travail. ■
Nicole Sergent
L
e projet (voir le contenu précis du projet de loi ainsi que les amendements dépo- sés par la FSU dans le Courrier de S1 n° 9, disponible sur le site du SNES : www.snes.edu) propo- sait que des fonction- naires puissent « être nommés dans des emplois permanents à temps non complet cumulés ».L’exposé des motifs disait les choses crûment : « Dans le cadre de la rationalisation des moyens humains de l’État dans les zones les moins peuplées, il est utile de permettre aux agents publics de rendre des services ne relevant pas strictement de leur domaine d’activité initial. (…)
Cette introduction du temps non complet constituera un important levier de redéploiement des agents ».
Tous les syndicats s’y opposant, l’unanimité a fait céder le ministre. Mais le sujet pourrait revenir car CFDT, UNSA et CFTC ont proposé une expéri- mentation.
confirmer une politique que nous combattons : dispense d’épreuves des concours au vu de l’expérience professionnelle, inscription des
« acquis de l’expérience profes- sionnelle » parmi les critères de changement de corps et de grade.
La question essentielle de savoir qui évalue cette expérience, qui décide de sa prise en compte et comment, est renvoyée aux textes d’application. Les orientations actuelles, tant sur le recrutement que sur la gestion de nos carrières laissent craindre le pire.
La création du droit individuel à formation donnerait lieu à contre- partie : toutes les actions de for- mation(2)pourraient « avoir lieu, en tout ou en partie, en dehors du temps de travail ».
La FSU a contesté ces orientations tant pour les carrières que pour la formation. Le ministre a pu se pré- valoir du soutien de la CFDT, de l’UNSA et de la CFTC. ■
Anne Féray (1) Validation des acquis de l’expé- rience.
(2) Au-delà du DIF (Droit individuel à formation).
Formation professionnelle
C’est un chapitre essentiel du pro- jet de loi. Il reconnaît enfin aux fonctionnaires des droits inscrits
depuis des mois dans le code du travail : congé pour VAE(1), pour bilan de compétences. Mais le gou- vernement saisit l’occasion pour
TRAVAIL DE SAPE
CGT, FO, UNSA, FSU, CGC s’adressent au ministre :
« Le Premier ministre a annoncé lundi 10 avril qu’il proposait « d’enga- ger une discussion sans a priori », en particulier sur la précarité et l’in- sertion des jeunes dans l’emploi.
Une récente note de la DARES a mis en évidence que la proportion de contrats courts dans le secteur public était plus importante encore que dans le secteur privé. Pour nos organisations, la loi du 26 juillet 2005, créant le CDI dans la fonction publique ne règle pas la question de la pré- carité. Aucune organisation syndicale ne s’était d’ailleurs prononcée en sa faveur lors de son examen par les conseils supérieurs.
Le dispositif du PACTE, promulgué au sein des ordonnances du 2 août 2005, n’avait pas davantage recueilli l’assentiment de nos organisations.
Les agents de la fonction publique se sont mobilisés massivement ces der- nières semaines au côté des lycéens, des étudiants et des autres sala- riés. Ils ont exprimé fortement leur refus de la précarité.
C’est pourquoi, nous vous demandons d’ouvrir des négociations dans les meilleurs délais sur la résorption de la précarité dans la fonction publique.
Elles devraient permettre d’aborder :
• le bilan des mesures prévues par la loi du 3 janvier 2001, et un recen- sement exhaustif des situations de précarité ;
• les modifications législatives nécessaires pour stopper le recours à des agents non titulaires ;
• les mesures de titularisation à programmer. » Précarité et insertion professionnelle des jeunes
FONCTION PUBLIQUE
Le projet de loi sur l’avenir de la fonction publique vient d’être examiné par le Conseil supérieur de la fonction publique de l’État.
À cette occasion, le ministère a dû procéder à de premiers reculs.
Ecrit dans la précipitation, ce projet, censé transposer des mesures en vigueur pour le privé, entérine une nouvelle étape de sape des fondements de notre FP, des modes de recrutement à la gestion des carrières. La qualification, les garanties collectives sont fortement minorées au profit d’une subordination de l’agent à sa hiérarchie, d’une individualisation de traitement. La FSU continue à peser pour combattre ces orientations. Le projet sera examiné par le Parlement à partir du mois de juin et à l’automne.
www.snes.edu