Du corbeau à l’aigle
Ravenwater. Une grande ville fondée il y a près d’un siècle maintenant. Des premières cabanes en bois construites par les premiers colons, il ne reste rien. La grande plaine ceignant la Manokit River est devenue méconnaissable. La nature y est progressivement bannie. Ici, tout n’est que brique, métal et fumée. La ruée vers l’or est terminée et la civilisaion dans la plaine sauvage de l’ouest commence à se stabiliser. Le bandiisme se fait plus rare, le chemin de fer relie peit à peit les aggloméraions et la loi est désormais respectée. Respectée ou crainte avec la muliplicaions des armes à feu fournis aux agents de la loi.
Le soleil est levé depuis peu et Summer se dirige vers l’entreprise Paws and Cows Logisics pour prendre son poste. Elle est vêtue d’une chemise rouge, d’un manteau couleur sable et d’un pantalon ajusté parfaitement, d’une paire de botes grise et d’un chapeau à large bord qui a déjà du vécu tant il est usé. Elle doit conduire une diligence privée afrétée spécialement par… elle ne sait pas mais c’est sûrement quelqu’un d’assez riche et inconscient. C’est peu commun ce genre de voyage. Avec le chemin de fer en expansion partout dans la région, les voyages en diligence
coûtent de plus en plus cher. Elle coninue son chemin à pate et passe devant la Ravenwater Bank.
Des ouvriers s’afairent à remplacer plusieurs fenêtres et à appliquer un enduit pour cacher des impacts de balle. Il y a deux nuits, un voleur, seul vraisemblablement, a réussi à entrer par efracion et à dérober plusieurs lingots d’or qui n’étaient pas encore dans un cofre. Un incident gênant pour cete banque dont le directeur, un corbeau sénile, ventait la sécurité absolue de ce bâiment conçu pour résister à un siège. La bonne blague.
Un peit sourire persistant au visage, Summer traverse la rue principale et arrive devant les box où sont entreposées les diligences en atente de transfert. Elle fait un signe au gardien, un fourmilier
‘je-m’en-fouiste’ , qui lui répond en agitant son journal et en faisant un ‘trois’ avec ses grifes. Elle répond d’un signe de tête et coninue sans s’arrêter. Le vent iède qui s’engoufre dans la ruelle soulève légèrement son manteau et fait inter sa carabine accrochée en bandoulière dans son dos.
Un modèle iable avec plusieurs cartouches prêtes à l’emploi pour un ir soutenu et précis. Le top.
Arrivée devant le box numéro trois, elle écarte le grand panneau qui sert à cacher l’entrée et contemple la diligence du jour. Un modèle à deux tracteurs, tout peit, pour deux passagers maximum mais avec de la place pour pas mal de bagages. Liant ses longues oreilles de lapine au dessus de sa tête tête avec un ruban, elle se met au travail.
Pendant ce temps, dans les locaux de la Paws and Cows logisics, la récepionniste lémurienne peine à faire comprendre à sa cliente qu’un garde du corps est indispensable pour traverser les plaines de Nestlands :
« Madame Kéopte, je comprend très bien votre posiion mais c’est pour votre sécurité.
- Vous êtes bien aimable mais je refuse. Je suis assez grande pour me débrouiller seule. De plus, je suis arrivé jusqu’ici, seule là encore, et je n’ai pas eu le moindre soucis. N’avez vous pas coniance en vos agents de la loi ? S’enquit la dutch angel dragon dont la queue commence à s’agiter.
- Bien sûr que si madame. Mais en dehors des villes ce n’est pas aussi calme. Vous avez eu de la chance c’est tout. Et ici la chance tourne vite. Explique la lémurienne qui commence à manquer d’arguments.
- Inuile d’insister, non c’est non. »
La récepionniste soupire. Efecivement c’est inuile d’insister et elle inscrit en toute letre dans le dossier : ‘refuse tout garde du corps’. Kéopte retourne s’asseoir pour atendre sa diligence qui ne devrait plus tarder. Elle ramasse sa robe ample et bleue pour éviter qu’elle ne traîne au sol et en proite pour épousseter ses boines marron. Chose diicile à faire avec un corset malgré le fait qu’il ne soit pas trop serré. Elle doit rallier Eagle’s Cove avant demain et le seul moyen était d’afréter elle-même un transport. La diligence régulière suivante n’arrivant que dans six jours.
Impossible d’atendre. Le coût est exorbitant mais pour une marchande étrangère et fortunée comme elle ce n’est qu’un simple contre-temps. Quelques minutes plus tard, un fourmilier habillé d’un simple pantalon élimé et d’un chapeau râpé pénètre dans la pièce et chuchote quelques mots à la lémurienne. Cete dernière, en colère par ce qu’elle vient d’apprendre, sort de la pièce
rapidement en s’excusant auprès de sa cliente. « M’dame » dit le fourmilier en pinçant son
chapeau de ses grifes et en suivant l’hôtesse. Kéopte répond avec un hochement de tête. Elle pose sa pate droite sur son chapeau blanc et jaune chichement décoré de fausses plumes posé à côté d’elle qui menace de tomber de la chaise.
Quelques instants plus tard, la riche marchande, qui commence à trouver le temps long, se lève et regarde par l’une des deux fenêtres donnant sur la rue principale. Un élément reient son
atenion : le saloon. Elle n’avait jamais remarqué que le toit semble être plat. C’est clairement visible maintenant en voyant aterrir un pygargue a tête blanche équipé de plusieurs sacoches sur les lancs. Le service postale probablement. Elle n’a pas coniance en ce système. Rien ne vaut les ibis messagers de son pays natale. Elle soupire en faisant un peu de buée sur la vitre poussiéreuse.
L’Égypte lui manque. Elle et son compagnon sont venus de très loin pour faire des afaires et plusieurs contrats commerciaux intéressant ont été signés. Mais le mal du pays commence à lui tordre le cœur. Elle est sori de sa torpeur par le bruit de la porte d’entrée. Elle se retourne et voit une pie, de dos, penchée sur le tableau des horaires de diligences. Elle ne fait jamais la diférence entre mâles et femelles chez les oiseaux… c’est tellement compliqué de voir la diférence chez certaines espèces. Dans le doute elle ne dit rien.
« Quoi ? Six jours ? Oh non c’est pas vrai ! » Mâle. Cete fois c’est sûr.
« Bonjour monsieur. La récepionniste ne devrait plus tarder. Elle est sorie un moment.
- Hein ? Oh oui merci. Répond le nouveau venu visiblement afolé. Désolé d’être entré aussi brusquement Mais où sont mes manières devant une femelle ! Mon nom est Albaï.
En prononçant son nom, il exécute une subile révérence devant Kéopte. Typique des aviaires les peites parades et pour toutes les occasions.
« Je ne suis pas une femelle cher monsieur. Répond la dutch angel dragon avec amusement.
- Je ne comprend pas…
- Mon espèce n’a pas de genre comme vous, ni d’organes génitaux d’ailleurs. Mais vous pouvez m’appeler madame si vous voulez.
- Euh…
- Les habits locaux pour femelles me plaisent alors je les portent voilà tout. Et j’adore les révérences également. Hi hi. »
Elle proites de la confusion de son interlocuteur pour le détailler. Pantalon élégant en issus gris à rayures, fourreau à grife en toile grise un peu plus sombre, boucle de ceinture discrète et une redingote d’une couleur étrange, mélange de gris et de vert, qui met en valeur sa longue queue eilée bleue avec des relets vert. Avec un chapeau de ville à calote ronde. Une tenue bien choisie qui tranche avec le trio habituel : Chapeau à bord large, pantalon et veste quelconque. À peine les présentaions terminées, que Kéopte et Albaï entendent deux femelles arriver et en pleine
conversaion houleuse :
« … prévu et vous le savez ! Rentrez chez vous, vous n’êtes pas de service ! Proteste la lémurienne en tentant d’accrocher le regard de Summer qui avance tranquille dans la pièce, vers le bureau.
- Et qui va conduire la diligence hein ? ? Rétorque Summer les mains sur les hanches. Vous peut- être ?
- Ne faites pas l’enfant ! Nous avons un autre cocher de prévu pour ce voyage.
- Vous parlez duquel exactement ? Celui qui cuve dans l’arrière bouique du saloon ou celui qui est en tôle pour avoir tabasser un client de l’épicerie ? »
La récepionniste est courroucé. Mais après un moment de rélexion elle sort un document dans une pile sur son bureau, raye un nom et le remplace par celui de Summer. Elle place le document dans une pochete en issus, la roule et la tend à son cocher. Qui l’accepte en ajoutant un « merci » un peu trop appuyé. « Partez dès que possible. » Ajoute la lémurienne avant de s’asseoir à son bureau.
« Bonjour monsieur, je peux vous aider ? Demande-t-elle en se tournant vers Albaï.
- Bonjour. Dit-il en ajoutant une peite révérence, ayant ini de digérer le discours curieux de Kéopte. J’espère que vous pourrez m’aider oui. Vous n’avez aucun transport pour Eagle’s Cove de prévu plus tôt ? Je dois être sur-place pour un nouveau poste et je ne veux pas être en retard : je dois commencer dans trois jours.
- Navré monsieur mais nous n’avons aucun transport régulier de prévu pour cete desinaion en si peu de temps.
- Même pas un convoi de marchandises ? Peu m’importe vous savez.
- Monsieur je suis déso...
- Je me rend également à Eagle’s Cove et ce, dès aujourd’hui. Souhaitez-vous m’accompagner ? Intervient Kéopte.
- Je croyais qu’il n’y avait aucun convoi de prévu… S’étonne Albaï.
- J’ai afrétée une diligence privée, je dois y être moi-même rapidement.
- Votre ofre est généreuse… mais je n’ai pas assez d’argent pour un voyage privé…
- Inuile puisqu’il est déjà payé. Cocher, est-il possible d’ajouter mon ami à ce voyage ? Demande Kéopte à Summer.
- Bien sûr, pas de problèmes. Ce sont vos afaires là dehors m’sieur ? Je vous les mets dans la diligence, elle vient juste d’arriver. Venez donc que je vous présente mes deux tracteurs. A très bientôt Solina. Dit-elle en sortant de la pièce en faisant signe à ses deux passagers de sorir. » La diligence s’arrête doucement devant l’entrée du bureau, irée par un couple de chevaux. Stelios et Ehiponia, c’est leur nom, saluent tout le monde et enlève leur harnachement pour aider
Summer à charger les bagages. L’unique bagage d’Albaï, une valise massive, est sanglée à l’arrière.
Pour les afaires de Kéopte… c’est plus compliqué. La diligence est peite et pour placer deux valises, trois sacs et une malle… Impossible. Du moins impossible de tout metre à l’extérieur. La grosse malle restera dans l’habitacle, posée au sol. Les passagers seront obligés de garder leurs pates arrières à l’horizontale, posées sur la malle.
Tout est en place. Les tracteurs se posiionnent de par et d’autre de la grande barre en bois reliée à la voiture et se sanglent à l’avant de la diligence. Ils portent une sorte de harnais avec des boucles métalliques de chaque coté du corps et celles de l’arrière sont plus large. Ehiponia explique à kéopte, qui s’était rapprochée pour voir de plus près, que ça améliore la répariion du poids en insistant au niveau des épaules. Une fois atachés, ils atrapent fermement les poignées de la barre transversale, elle même raccordée à celle plus épaisse qui les sépare. Les passagers montent dans l’habitacle et s’assit tant bien que mal avec ce bagage encombrant. Summer ferme la porte, jete un dernier coup d’œil à l’atelage et s’installe à son poste. Elle réajuste son chapeau pour bien se protéger du soleil. Tout le monde est prêt. La diligence se met en route. Direcion la sorie est de Ravenwater et terminus à Eagle’s Cove.
La foule et le bruit de la ville s’éloigne progressivement, remplacez par le raclement régulier des roues en bois sur la terre sèche. La région est plutôt boisée avec des arbres un peu partout comme si la forêt avait soudainement eu trop chaud et avait décidé d’espacer ses arbres pour laisser passer l’air. Au loin, vers le nord, Albaï aperçoit quelques montagnes sans neige avec ses plateaux couvert de végétaion. Il regarde le sommet avec envie et décide qu’il ira au sommet. La vue doit être imprenable sur la vallée. Bien que la civilisaion progresse rapidement, la nature semble avoir encore son mot à dire. Côté sud, Kéopte sent la fraîcheur d’un cours d’eau proche. La Manokit River coule paisiblement dans son lit à une dizaine de mètres de là. Elle entend d’ailleurs le clapois de l’eau provoqué par quelques poissons. Elle mangerait bien du poisson ce soir pense-t-elle. Elle est irée de sa rêverie par Albaï :
« Madame, puis-je vous demander d’où vous êtes originaire ? Vous semblez venir de loin car je n’ai jamais vu un autre de vos semblables. Et… Est-ce normal si je puis dire de n’avoir aucun… euh…
sexe ?
- Appelez-moi Kéopte voulez-vous. Pour commencer, oui mon espèce est asexuée, c’est comme ça.
L’avantage c’est que nous avons un plus grand choix de garde-robe. Déclare-t-elle d’un air songeur.
- Mais alors euh… Comment faites vous pour… et bien…
- Nous reproduire ?
- Oui… Désolé si je pose trop de quesions indiscrètes. S’inquiète Albaï en rosissant des joues à travers ses plumes ines et noires.
- Oh ça ne me dérange pas, au contraire. Vous au moins ça vous intéresse. Malheureusement c’est un secret de notre espèce. Tout ce que je peux dire c’est que nous naissons dans des œufs.
- D’accord… »
Encore un peu perturbé par ces étranges informaions, Albaï tente de changer de sujet. Ne
trouvant aucune transiion, il abandonne la subilité et demande tout simplement ce qui à poussé sa partenaire de route à entreprendre ce voyage :
« Je suis ici pour afaire : je suis marchandes et je viens d’Egypte dans le but de conclure quelques contrats commerciaux. Cete terre est en pleine croissance et c’est une grande opportunité que nous, mon compagnon et moi-même, ne voulons pas laisser passer. Une aubaine pour nous et notre pays. Je dois rejoindre mon compagnon à Old Pasa Hyena, Eagle’s Cove est sur la route. Et vous ?
- Je suis naif de la région et je suis pianiste. Vous venez de si loin… Je ne sais même pas où se situe l’Egypte. Je n’en ai même jamais entendu parlé, navré.
- Personne ici ne sait vraiment où c’est et j’imagine que si je vous dit que ma terre natale est accolée à la mer Méditerranée ça ne vous dit rien non plus ?
- Et bien… non. Répond Albaï un peu honteux de son ignorance.
- Ce n’est pas grave, vraiment. C’est un très beau pays avec un leuve magniique qui le traverse de part en part : le Nil. Nous avons aussi des monuments anique magistraux appelés pyramides. Des immenses colosses de pierres taillées à l’image des sphinx. Un phare tellement majestueux que le monde enier nous l’envie… C’est à voir au moins une fois dans sa vie.
- Je vous crois sur parole, ça a l’air magniique.
- Vous êtes pianiste donc. Je ne connais pas grand-chose en maière de musique.
- Une fois arrivé je serais ravi de vous jouer quelques morceaux de mon répertoire. Ce sont des mélodies locales pour saloon mais j’espère que ça vous plaira.
- Sans doute, oui. Répond Kéopte avec un sourire sincère. »
Elle a déjà entendu de la musique de saloon… de loin car il est hors de quesion qu’elle pénètre dans ces repaires à voyous et ivrognes. Mais si l’opportunité se présente, elle fera un efort pour
son compagnon de voyage qui est loin d’être un rustre sans éducaion. Quant à Albaï, il essai d’imaginer à quoi pouvait ressembler une pyramide. Il n’ose pas demander exactement ce que c’est de peur de paraître vraiment inculte… même si c’est l’impression qu’il a en ce moment. Et un sphinx c’est quoi ? Une race de furry locale peut-être… un colosse de pierres taillées ça doit valoir le détour rien que pour le voir ça c’est sûr. Le tout avec un immense leuve qui traverse le pays…
Plus grand que la Werewolf River au sud ? Ça paraît impossible...
Le voyage coninue dans un silence qui ne dérange personne : il y a tant à regarder, le paysage est splendide. Arrivé au sommet d’une peite colline, la plaine de Nestlands paraît s’étendre à l’ininie avec cete verdure et ces arbres à pertes de vue. Quelques énormes rochers apparaissent de temps en temps le long du chemin. Summer, devinant la quesion de ses passagers, leur dit que c’est un repère visuel pour les voyageurs sans cartes, ni boussole. Chaque rocher étant diférent, il est facile de se situer. Même si personne ne sait comment ils sont arrivés là étant donné qu’il n’y a ni
carrières ni montagne proche.
La diligence traverse tranquillement un peit bosquet d’arbres plus resserrés. La lumière du soleil, désormais au zénith, perfore la canopée en laissant de muliples rais mis en valeur par l’humidité omniprésente. Kéopte entend au loin des éclats de voix, en direcion de la rivière. Ces bruits suivent l’atelage jusqu’à la sorie du bosquet. Un coup d’œil en direcion de la rivière et elle aperçoit un groupe de lézards afairés avec des tamis et des seaux : des orpailleurs. Deux d’entre- eux suivent du regard la diligence et ses occupants d’un air méiant. Ils sont armés mais ne sont pas agressifs. Après de longue minutes pesantes avec ces regards perçant scrutant le moindre mouvement, les orpailleurs sont hors de vue. Au loin, Albaï revoit les mêmes montagnes que tout à l’heure et… Il voit quelque chose au loin qui vol. Il interpelle Summer par la fenêtre :
« Madame Summer, quel est ce furry au loin dans le ciel ? Au dessus de la montagne qui vol en cercle ? Serait-ce un grifon ?
- Hmm… oui s’en est un efet. Répond Summer après un regard rapide. Que savez-vous des grifons Albaï ?
- Pas grand-chose… J’ai toujours vécu en ville et je n’en ai jamais vu de près. Vous savez quoi sur eux ?
- Les grifons sont les peuples primiifs de ces terres. Ils vivent en clan, réparis un peu partout.
Enin… ils étaient réparis un peu partout. Les premiers colons les ont massacrés pour s’emparer de leurs terres. Tous les clans, un par un. Ils ne pouvaient rien faire avec leurs lances et lèches face à la poudre à canon. Après plusieurs années de massacres méthodiques, nos alphas se sont dit que c’est peut-être pas très sympa de faire ça. Alors du coup, au lieu de les tuer, on se contente de les déplacer… de force, là où ça ne nous gêne pas. Comme par exemple cete chaîne de montagnes, les Beak Break Mountains. Je vous déconseilles d’y aller au passage : ils n’hésitent pas à tuer tous ceux qui tentent de passer sans leur aval. »
Cete déclaraion refroidit la pie de poser plus de quesions. Ce sujet est encore brûlant dans la région. Il regarde cete créature majestueuse voler paisiblement tout en sachant que s’il init entre ses serres s’en ai init de lui. Kéopte a tout écouté mais ne dit rien. Elle ramène dans ses bagages quelques pièces d’arisanat des grifons alors elle préfère ne pas relever. Elle détourne le regard d’Albaï pour scruter l’horizon par sa fenêtre. Le décor ne change pas vraiment et commence à devenir lassant : de l’herbe, des arbres et des rochers. Son pays lui manque vraiment avec ses
palmiers, sa chaleur et les grands marchés à ciel ouvert. Elle caresse son collier en forme de croix de vie en soupirant. Après deux heures de voyages, Summer déclare :
« Nous arrivons sur le Bad Badger’s Bridge qui traverse la Manokit River. Il ne nous reste qu’une heure de trajet environ. »
Cete déclaraion redonne le sourire à Kéopte qui passe la tête par l’ouverture pour apercevoir le pont. Il est plutôt peit mais avec une structure imposante toute en bois : il a été conçut pour durer. La diligence arrive sur le pont et les sabots des chevaux claquent sur les planches. Avant de rentrer dans l’habitacle, elle aperçoit une sorte de levier vers le siège de Summer et demande à cete dernière à quoi il sert.
« Ça c’est le premier de mes devoirs en tant que conductrice. Un levier de chaque côté et je peux faire pivoter les roues de droites et de gauches, en foncion du levier, pour aider mes tracteurs dans les virages et les routes pentues. Ça sert à freiner en cas d’urgence aussi.
- Oh je vois. Et le deuxième devoir ?
- Ça. Répond simplement Summer en présentant sa carabine. On n’a jamais assez de fusil pour se défendre, surtout dans cete région où les bandits sont certes rares mais plutôt audacieux. Il faut bien ça pour les calmer ces imbé... »
BOOOOM ! Une explosion retenit juste devant eux avant de inir de traverser le pont.
« On ne bouge plus ! »
Quelques heures plus tôt, le soleil se lève à peine sur la rive de la Manokit River où, plus en aval, un campement de fortune a été dressé. Trois sacs de couchages sont disposés en cercle autour d’un feu de camp éteint. L’un est grand, troué aux deux extrémités et noir, vide. Un autre est vert forêt et semble n’avoir que très peu servi, vide aussi. Le dernier est un patchwork mulicolore, visiblement cousu main à la hâte et qui abrite encore un manokit assoupi. Un cofre monté sur un peit chariot et posé à côté du grand sac noir. Sur ce cofre, une carte de la région est dessinée à main levé et n’est pas à l’échelle.
Un singe à la fourrure blanche et bleue, vêtu d’un gilet bleu à rayures avec le col en ‘V’ sur laquelle est posé un double holster accroché sur ses épaules, s’approche. Il porte également un pantalon en toile fait sur-mesure ainsi qu’un bandana rouge. Il avance doucement sur ses botes noires pour s’accroupir près du dernier sac.
« Debout là-dedans ! »
Il secoue le sac patchwork pour faire sorir son occupant. Ce dernier grogne et ouvre un œil.
Enlevant la mèche de cheveux noir qui lui tombe devant les yeux, il essai de bafer son agresseur.
« Va falloir faire mieux que ça Naoko si tu veux que je te prenne au sérieux un jour.
- T’es méchant Mongo… Pourquoi tu me réveilles ? Soupire le manokit encore somnolent.
- Parce que le soleil est levé depuis un bon moment et qu’on a une rude journée pardi. Tu te rappelle au moins pourquoi tu es là ? Un indice : ça n’a rien à voir avec des vacances. Répond Mongo avec agacement.
- Oui oui ça va je me lève... »
Naoko s’exirpe de son sac maladroitement et se relève. Il s’éire en faisant craquer ses
ariculaions. Ensuite il passe un coup de grife dans sa crinière pour la remetre en place. Il aurait préféré une vrai brosse mais ça fera l’afaire. La fraîcheur du main le pousse à eniler rapidement sa chemise à carreaux blanche et noire qu’il a lui-même cousue. Avec un pantalon en velours côtelé, retenue avec des bretelles, avec une large ouverture à l’arrière pour faire passer son immense queue de requin. Sans oublier son bandana noir autour du cou. Des bruits de pas lourds approchent du camp et un immense loup noir et blanc s’avance s’adresse à Naoko d’une voix grave et puissante :
« Enin debout, c’est pas trop tôt.
- Oui ça va, je suis désolé Spiky. Déclare Naoko d’une peite voix.
- Maintenant que tout le monde est réveillé on va pouvoir parler sérieusement. Annonce Mongo d’un air déterminé. J’ai trouvé ces baies pas trop loin et je vois que notre grand méchant loup a du poisson. Parfait ! On va manger tranquillement pendant que tu nous explique le plan Spiky. Depuis le temps que tu nous fait atendre. Toi et tous tes mystères… j’espère au moins que ça vaut le coup.
- Tu parles trop. Dit Spiky en déposant un saumon déjà vidé sur le sac vert, celui de Mongo. Naoko, refait nous un feu et cuit ça. Ça sera pour t’excuser d’avoir trop dormi. »
Le manokit n’ose pas contrarier le grand loup noir et s’exécute. Il rallume le foyer et commence à cuir le poisson. Il en impose vraiment ce loup avec sa longue veste en cuir noir, rapiécée à plusieurs endroit à cause d’impact de balles. Il porte également un pantalon en jean indigo, une paire de botes noire ainsi qu’un chapeau marron, cabossé et troué… par des balles aussi sûrement.
Pendant ce temps, chacun range son couchage dans un sac en toile. Le singe blanc a placé ses baies dans un bol qui circule entre chaque pate pour picorer dedans. Spiky sort du cofre sur le chariot un fusil à canon scié pour faire une dernière inspecion. Une vieille habitude qui ne l’a jamais quité : toujours vériier son équipement deux fois. Les deux autres font pareil avec leurs armes : une paire de colt pour Mongo et une carabine à levier… peinte en blanc, rouge et noir avec un emblème en forme de poisson sur la crosse.
« C’était vraiment nécessaire toutes ces couleurs ? Tu veux faire peur à qui avec ça ? Demande le singe blanc en désignant la carabine du canon d’un de ses colts.
- Bah quoi ? C’est ma carabine et j’avais envie de la personnaliser. Tout le monde sait qu’elle est à moi comme ça.
- Justement, c’est ça le problème. Comment veux-tu que personne ne te reconnaisse si ton arme est aussi bariolée ?
- Pourquoi je voudrais me cacher ?
- Mais… Je comprend pas, pourquoi t’es là ? T’as l’air de débarquer de nul part avec ta dégaine de poney. Retourne donc jouer dans ton conque ! C’est bien de là que viennent les manokit non ? - Chui pas un poney, peit ouisii ! Et c’est quoi un conque ? Moi je viens d’une noix de coco.
- Et regarde ça comme tu es habillé… sérieux, on est sensé être des brigands viriles et toi tu
ressembles même pas à un mâle. Atends, quoi ? Noix de coco ? Bafouille Mongo qui commence à perdre le il.
- Normal j’en suis pas un, mangeur de bananes.
- J’aime pas ça. Ah ! J’étais sûr que tu étais une gonzesse en vrai ! - Ni l’un ni l’autre andouille. Airme Naoko en irant la langue.
- Tu commences à me gonler, ça n’a aucun sens ton truc et tu…
- SILENCE ! »
La voix du grand loup noir résonne dans les oreilles des deux autres et dans la vallée. Le silence retombe brutalement avec les bruits légers de masicaion des baies et des braises inissant la cuisson du saumon. Chacun prend une part et commence à manger. Naoko avait ajouté quelques herbes aromaiques de sa réserve personnelle pour rehausser le goût. Seul Mongo aime le
poisson, d’ailleurs il se propose pour inir les restes au cas-où : « Pour ne pas gâcher, c’est par pure abnégaion bien entendu » Personne n’est dupe : c’est juste un goinfre. Spiky reprend la parole :
« Le moins on en sait les uns sur les autres et mieux ça sera. Qu’importe vos moivaions, Nous sommes ici pour remplir un contrat et ensuite on se sépare. On n’est pas là pour papoter sur nos vies.
- D’ailleurs, si tu nous en disait un peu plus sur ce coup. Ça serait pas mal que l’on soit au courant, monsieur mystère. Dit mongo on pointant du doigt Naoko et lui-même.
- C’est ce qui était convenu. Venez vers la carte. »
Tout le monde se lève avec son restant de poisson dans la pate et se place devant la carte posée sur le cofre. Un pont dessiné grossièrement y est entouré avec ce qui semble être la Manokit River qui passe en dessous. On y voit l’inscripion « 3B » écrite en rouge sous le pont. Un « D » avec une croix noire est visible sur le chemin crayonné, devant le pont. Sur ce même pont, un carré avec écrit « PB », est entouré en rouge.
« Notre objecif c’est la diligence privée qui va passer dans l’après midi sur le Bad Badger’s Bridge.
A l’intérieur il y aura une boite que nous devons voler.
- Quoi ? C’est tout ? Une boite ? Il y a quoi dedans ? Demande Mongo.
- Tu parles trop. L’objecif c’est la boite. Point.
- C’est une diligence privée Mongo, réléchis. Dit Naoko. Ça veut dire qu’elle a été afrété par quelqu’un de riche.
- Et ? S’impaiente le singe blanc.
- Et ça signiie que cete diligence ne fera pas le voyage à vide avec seulement une boite dedans.
Ses passagers transporteront sûrement des objets de valeurs que nous pourrons récupérer. J’ai une belle collecion à remplir moi et j’espère trouver quelques trésors. S’enthousiasme le manokit en se frotant les pates.
- Ah pas bête…
- Le contrat est clair. Reprend Spiky. L’objecif est la boite. La boite et pas de morts ni de blessés.
Après, rien n’a été précisé au sujet des extras que nous pourrions récupérer dans le même temps.
- Parfait ! Un dernier coup et je disparaît de la région avec les poches pleines ! Ricane Mongo.
- Il vaut mieux pour toi oui. Coninu le loup. Qu’elle idée stupide d’ataquer, seul, la banque de Ravenwater ! Pour ne rien voler en plus ! Tout le monde te reconnaîtra.
- Et après c’est moi qui manque de discréion… Ronchonne Naoko.
- Ouai c’était audacieux et ça s’est pas passé comme prévu mais personne n’a été blessé et grâce à moi ils connaissent les failles de leur système de sécurité. Hé hé.
- Bref, retour au plan. Nous allons ataquer quand ils seront sur le pont : pas de fuite possible, ni de planques. Ils se rendront sans résister s’ils ont un minimum de bon sens. Si ce n’est pas le cas, ne irez pas pour tuer. Viser à côté ou au pire les pates si vraiment ça devient chaud mais pas de ir létal. C’est clair ?
- Comprit. Dirent en chœur les deux autres, très atenif.
- Je vais placer des explosifs ici. Il pointe le « D » d’une grife. Je déclencherais la dynamite juste devant eux. L’explosion c’est pour l’efet de surprise. On en proitera pour les braquer car ils n’auront pas le temps de dégainer. Une fois en joue, Mongo tu fouilleras sous le siège du cocher et l’intérieur de la diligence. Naoko tu regardes à l’extérieur. D’après le commanditaire, cete boite sera bien cachée.
- Qui est le commanditaire ?
- Tu poses trop de quesion Mongo. Pour les détails, tu te placeras sous le pont et tu les prendras à revers dès que l’explosion retenira. Naoko, tu seras caché sur la droite et tu les braqueras sur le pont. Je serais à ton opposé pour déclencher la dynamite et je bloquerais la fuite en avant.
- Et moi qui pensait que tu étais un bourrin sanguinaire… j’aime bien ton plan ! S’exclame Naoko. » Spiky se tourne vers lui, soupire et retourne sur la carte.
« Une fois la boite retrouvée, je la garde avec moi pour la remetre au commanditaire. On se séparera et on se retrouvera dans la Black Goose Farm, ici. Il pointe un symbole en forme de tête d’oie en amont de la Manokit River. Le lendemain au couché du soleil.
- Qu’est-ce qui nous prouve que tu ne vas pas te barrer avec la prime ? Demande Mongo avec un air suspicieux.
- Parce que je n’ai qu’une parole et que je supporte ton caractère arrogant et narquois sans avoir envie de te descendre. Réplique le loup noir en regardant Mongo droit dans les yeux.
- Tu m’as convaincu ! De toute façon, vu ta dégaine, tu ne pourras pas te cacher bien longtemps.
- Parfait. On lève le camp et on se met en route. »
Spiky roule la carte et la range dans un étui en bois sculpté accroché à sa ceinture. Naoko troine jusqu’à son sac de couchage en patchwork et le roule délicatement pour ensuite le iceler avec un joli ruban blanc et rouge. Mongo ronchonne à la vue des tâches de poisson sur son sac vert et tente de l’essuyer avec un coin de son gilet bleu. Peine perdue : ça a séché. Tant pis ! Il roule son sac et l’atache avec une corde tressée. Au pire il s’en achètera un autre avec l’argent de ce coup.
Spiky fait de même avec son couchage trop peit. Obligé de trouer l’autre extrémité pour pouvoir tenir dedans tellement il est grand. Chacun refait son paquetage, on disperse les braises et on grate le terrain pour laisser le moins de traces possible. Ceci fait, le groupe se dirige vers le fameux pont. Le chariot, qui conient les explosifs, est iré par Spiky.
Ils évitent les routes pour des raisons évidentes et traversent les plaines verdoyantes des
Nestlands. Le paysage est relaivement plat avec quelques collines pour seuls reliefs. Au loin, les Beak Break Mountains se dressent ièrement en déchirant l’horizon de leurs arrêtes acérées. Un grifon vol en cercle au dessus de la montagne la plus proche. « L’un des derniers encore en vie…
Mais pour combien de temps ?» Commente Naoko avec un peit air triste. « S’adapter ou mourir, c’est la règle ici. » Répond Spiky d’un ton froid et cinglant. Mongo reste silencieux en observant le majestueux volail. Il s’en iche personnellement : cete histoire ne le concerne pas après tout. Ils coninuent à avancer dans un silence pesant. Ce sujet rend tout le monde mal à l’aise, y comprit les hors-la-loi.
Après deux heures de marche, accompagnés par le roulement incessant des roues du chariot en bois, les trois compères arrivent en vue du Bad Badger’s Bridge. Un rapide coup d’œil sur la route conirme qu’il n’y a personne et ils approchent du pont.
« La diligence n’arrivera pas avant au moins une heure. annonce Naoko en regardant l’heure avec sa montre à gousset sorie d’une poche intérieur.
- Depuis quand tu as une montre ? S’étonne Mongo
- Depuis tout le temps. Mais je te l’ai pas dit pour pas que tu me la piques.
- Crainte jusiiée…
- Suit vous deux. Grogne Spiky. Mongo, va sous le pont pour vériier que tu pourras bien agir à parir de là. Naoko, prend un peu de hauteur sur cete colline et viens nous prévenir si la diligence arrive. Je vais préparer le peit cadeau... »
Tout le monde acquiesce va à son poste en laissant ses afaires derrière un buisson. Le grand loup noir sort un bâton de dynamite du cofre ainsi qu’une bobine de câble et le détonateur à levier. Il atache un câble d’amorce à l’explosif et creuse un peit trou pour l’enterrer devant le pont comme convenu. Il place la dynamite à la verical, amorce vers le haut, et recouvre l’engin. Il déroule la bobine à bonne distance hors de la route, coupe le câble et le relie au détonateur. Il soulève le levier : la bombe est prête. Le singe blanc revient vers lui et conirme qu’il peut se placer sous le pont. Adossés à un arbre hors de la route, ils atendent le signal de Naoko.
Moins d’une demi-heure plus tard, Ce dernier galope en leur direcion en pointant de sa grosse pate blanche et noire l’autre côté du pont. Mongo se précipite à son poste avec agilité tandis que les deux autres se placent de part et d’autre du pont mais à bonne distance de l’explosif. Spiky, le levier du détonateur dans la pate, reste calme et froid au contraire de Naoko qui trépigne sur place. Le singe blanc, adossé à une poutre sous le pont, vériie une dernière fois si ses colts sont bien chargés et ils le sont bien entendu. Un instant plus tard, il entend un bruit de roue gratant la terre et les cailloux de plus en plus clairement ainsi que des voix. Agrippant une poutre plus proche du bord du pont il parvient à entendre ce qui se dit :
« … se défendre, surtout dans cete région où les bandits sont certes rares mais plutôt audacieux. Il faut bien ça pour les calmer ces imbé... »
BOOOOM
Mongo bondit de sa poutre, atrape au vol le bord du pont et d’un saut agile aterrit dessus. Une odeur de soufre embaume l’air saturé de poussière. Sans atendre il grimpe sur le toit de la diligence et vise Summer, le cocher, qui vient tout juste d’empoigner sa carabine, les tracteurs équidés ont soris leurs revolvers également. Le temps semble se iger quand tout le monde se met en joug. Le vent balaie doucement la poussière et la fumée tandis que les passagers toussent. Les yeux rivés sur leur mire, chacun des furry armé semble atendre un mouvement des autres pour réagir. Les cœurs batent fort. La tension est palpable. Les canons alignés avec le visage de leurs opposants. Spiky brise le silence d’une voix lourde :
« On ne bouge plus ! Toujours en pointant son fusil vers la diligence. Posez vos armes, vous êtes encerclés. Nous ne voulons tuer personne. Ne résistez pas et tout le monde inira cete journée en vie.
- N’insistez pas sinon ça va inir en bain de sang. Renchérit Mongo. Et comment tu comptes nous calmer maintenant miss lapine ? »
Son intervenion fait sursauter Summer qui ne l’avait pas entendu monter derrière elle. Les dents serrées, elle lève sa pate gauche, lâchant le canon de sa carabine, ainsi que sa pate droite tenant son arme. Mongo la lui arrache des mains et lui ordonne de descendre pour se placer à gauche du pont, mains levées.
« Il paraît que les lapins aiment bien les carotes. J’en ai une belle à te proposer… Susurre le singe à la lapine.
- Vraiment ? J’ai hâte d’y goûter dans ce cas. Répond-elle en exhibant ses incisives ruilantes.
- Ha ! Tu me plais toi. »
Naoko désarme les tracteurs mais les laisse atachés à l’atelage. Il fait également sorir les passagers un à un, bras levés. Il commence également une fouille rapide des passagers pour conirmer qu’ils ne sont pas armés en commençant par Albaï
« whoa ! J’adore ta tenue monsieur pie ! S’exclame Naoko en triturant le gilet d’Albaï.
- Oh euh… merci. La votre n’est pas mal non plus. Répond-il en reculant devant le canon de la carabine du manokit qui s’approche doucement de sa tête.
- Super couleurs en tout cas, jolie queue aussi hi hi.
- Euh…
- Là-bas avec la lapine s’il te plaît. Dit-elle on pointant la lapine du doigt. A toi maintenant la dutch angel dragon.
- Je m’appelle Kéopte, odieux personnage.
- Je ne m’en souviendrait pas, désolé. Mais… j’ai l’impression de te connaître, c’est bizarre non ? - J’ai cete impression aussi… mais ça m’étonnerai. Je me souviendrais d’un énergumène comme vous.
- T’es pas genille. Là-bas avec le autres ! Ordonne Naoko après avoir efectué une fouille rapide. » Tout le monde dans la diligence est maintenant en rang, dos à la rambarde du pont avec un canon de carabine qui les regarde tour à tour dans les yeux. Naoko garde un œil sur tout le monde pendant que Mongo commence à chercher la boite. En premier lieu sous le siège de la conductrice.
« Vous cherchez quoi ? Demande Summer à Naoko
- Lui dit pas, inuile. Intervient Spiky toujours planté au milieu de la route avec son fusil à canon scié.
- C’est bon j’allais rien dire de toute façon ! Soule le manokit
- Rien sous le siège, je regarde à l’intérieur. Annonce Mongo en se balançant dans l’habitacle depuis le toit par la porte ouverte pour aterrir sur la malle posée au sol.
- Atenion à mes afaires, rustre simiesque ! Rugit Kéopte, toujours les pates en l’air.
- Y a quoi dedans ? Demande le singe en commençant à forcer le cadenas de la malle.
- Arrêtez ça, malotru ! Ça ne vous regarde pas !
- Hou ! Ça semble intéressant ce qu’il y a dedans. Je vais quand même regarder.
- Stop !
Sur ces mots, Kéopte bondit en bousculant Naoko malgré son fusil. Ce dernier recule par surprise et percute la roue avant de la diligence. Mongo parvient tout juste à briser le cadenas quand la passagère ulcérée lui saute dessus. Le manokit coninu de braquer les quatre restant : ce singe bavard devrait sans sorir tout seul. Et efecivement ce dernier prend vite l’avantage car son adversaire ne sait pas du tout se batre. D’une violente ruade, le singe éjecte son opposante hors du véhicule et tombe sur les planches du pont sur le dos, lourdement. Il empoigne l’un de ses colt et vise Kéopte avec le visage déiguré par une grimace de tueur et…
PAN
La dutch angel dragon ient son épaule gauche avec sa pate tout en regardant son agresseur sorir de la diligence avec une blessure ouverte à l’épaule gauche. C’est Albaï qui avait iré grâce à un revolver de poche dissimulé dans la doublure de sa veste.
« Vous devriez avoir honte de faire du mal à une femelle, monstre ! »
Un deuxième coup de feu retenit suivit d’un cri de douleur plutôt aigu. Le temps d’un cliqueis d’un rechargement de carabine au levier plus tard, Summer se précipite sur Albaï qui avait reçu la deuxième balle, dans la pate postérieure droite seulement. Ça aurait pu être bien pire. Le sang commence à poisser son plumage noir tandis que la lapine le fait s’allonger. Mongo cède à la rage et prend son deuxième revolver.
BOOOM
Un coup de tonnerre retenit. Tellement puissant que les planches en ont vibrées. Tellement puissant que tout le monde a les tympans bouchés. Spiky venait de irer en l’air l’une de ses deux cartouches. Il s’avance.
« Ça suit ! Hurle-t-il d’une voix lourde. Pourquoi tu joues au héros toi ? Tu iens si peu à ta vie ? Et toi le singe tu vas me bander ça un peu plus loin. Et vériie si la balle est sorie. Naoko, init
l’inspecion, trouves-moi ce truc et vite ! Toi le faux dragon, retourne à ta place ! »
Tout le monde s’exécute. Un loup noir immense armé d’un fusil encore fumant c’est toujours très persuasif. Kéopte n’ose rien dire et se relève péniblement pour porter assistance à Albaï qui lui a vraisemblablement sauvé la vie. Summer demande au grand loup de lui donner la boite de soin sous son siège. Après en avoir vériié le contenu, ce dernier la lui envoi. Elle conient le nécessaire pour enlever la balle encore logée dans sa pate et pour praiquer les premiers soins. Dans tous les cas il va falloir un médecin et vite. De son côté, Mongo est pari en chancelant pour récupérer de quoi faire un bandage dans le cofre toujours dans le chariot. Les bandages sont posés des deux côtés, juste à temps pour entendre : « Je l’ai trouvé ». Prononcé par un manokit brandissant ièrement une peite boite en métal vert foncé qui était placée dans un compariment caché sous l’habitacle.
« Qu’est-ce que c’est que ça ? Qu’est-ce que ça fout dans ma diligence ? S’étonne Summer.
- Ne cherche pas à savoir, ça vaut mieux. Répond calmement Spiky tout en prenant la boite que lui tend Naoko. Maintenant vous allez atendre tranquillement que nous soyons pari. Vous
compterez jusqu’à deux cents avant de reprendre votre route. Pas moins. Inuile de me la faire à l’envers : nous avons été bien clément avec vous jusqu’à présent. Mongo, tu peux bouger ? - Ouai ouai ça va ! Tirons-nous !
- On suit le reste du plan comme prévu. Ajoute le grand loup d’une voix toujours aussi oppressante. »
Chacun des bandits partent dans des direcions diférentes, laissant le groupes de cinq seul sur le pont. Albaï ne va vraiment pas bien : il saigne encore malgré le garrot et les bandages. Summer et Kéopte le portent pour le réinstaller dans la diligence. Heureusement, Eagle’s Cove est à moins d’une heure à parir de là. Stelios et Ehiponia, les chevaux tracteurs, ne sont pas blessés même si le mâle semble être en état de choc. Rassuré par sa compagne, les deux airment pouvoir
coninuer. Kéopte restera près de la pie blessée et Summer reprend son poste, et sa carabine.
Personne n’avait compté jusqu’à deux cents alors peu importe. Tout le monde est en place, la diligence reprend à vive allure.
Environ une heure plus tard, le groupe arrive à Eagle’s Cove à vive allure. Le cocher aux longues oreilles fait de grands mouvements de bras pour éloigner tout le monde de sa route. La maison du médecin est dans le centre, vers le bureau du shérif. Un nuage de poussière se forme autour de l’atelage quand les deux chevaux freinent de toute leurs forces à desinaion. Le shérif de la ville, un dragon bleu, sort à toute allure, une grife sur son revolver, et s’adresse à Summer, qui a déjà bondit de son poste pour ouvrir la porte de la diligence :
« Qu’est-ce qui se passe ici ?
- On a un blessé shérif, une ataque de bandit.
- Appelez le médecin où qu’il soit, c’est une urgence. » Rugit le responsable de la loi à ses subordonnés.
Un atroupement de curieux commence à se former autour du véhicule tandis qu’Albaï est exirpé hors de l’habitacle. Il a perdu connaissance durant le trajet. Il est emmené a l’intérieur de la maison de soin et allongé sur un lit libre. L’assistante du médecin le prend en charge
immédiatement et demande à tout le monde de sorir. « Oh non, ils m’ont esquinté mon pianiste ces salauds ! » Grogne méchamment un crocodile, patron du saloon, avant de reparir dans son établissement en fendant la foule brutalement. Kéopte a entendu et commence à lui foncer dessus mais est retenu par Summer qui fait « non » de la tête.
« Dispersez-vous maintenant, il n’y a plus rien à voir ! Ordonne le shérif d’une voix puissante. Toi, le cocher, dis-moi ce qu’il s’est passé.
- ils étaient trois : un loup, un singe et un manokit. Ils nous ont ataqués et après un échange de coup de feu, Albaï, la pie, a été blessé. Le singe a pris une balle également.
- Ils ont pris quelque chose ?
- Non. Tout est allé très vite et ils ont pris la fuite après l’échange de ir. Je peux y aller maintenant ?
- Oui mais ne quitez pas la ville. Vous tous également ! Dit le shérif en désignant d’une grife chacun des membres du voyage. On se reparlera plus tard. »
La diligence reprend sa route pour s’arrêter deux rues plus loin, dans le dépôt prévu. Après avoir aidé Stelios et Ehiponia a se décrocher, Summer et Kéopte restent pour décharger les bagages sur des chariots.
« Pourquoi avoir meni au shérif ? Demande la dutch angel dragon.
- Cete boite n’était pas sensé être là. Quoi qu’il y a dedans je ne veux pas y être mêlée.
- C’est le shérif, il doit savoir. Si ça se trouve c’est dangereux.
- Ce trajet n’était prévu que depuis deux jours et ces abruis savaient parfaitement le chemin emprunté, l’heure et connaissaient l’existence de cete boite. Très peu de personnes étaient au courant de ce voyage. Quant à ce… truc, je ne sais pas qui l’a mis là et pour qui.
- Vous pensez que le shérif est coupable ?
- Moins fort et non je ne pense pas. Mais ça fait trop de coïncidences. Je ne veux pas parler de cete boite à quiconque et je vous invite à faire de même. J’espère qu’Albaï ne dira rien non plus.
Pour mes tracteurs, je leur ai conseillé de ne rien dire également. On ne sait jamais... »
Elle termine sa phrase en soulant : elle n’aurait peut-être pas dû prendre la place d’un de ses collègues. Peut-être que l’un d’eux étaient au courant pour cete boîte d’ailleurs… Beaucoup de quesions se bousculent dans sa tête tandis que le chariot se rempli des afaires de Kéopte. Sa malle qui était à l’intérieur est tachée de sang. Elle mord sa langue verte pour ne pas vomir : ça fait beaucoup d’émoions pour une seule journée. Toutes ses afaires chargées dans la chariot, elle se dirige vers l’hôtel de la ville, escortée par la lapine. Tout le monde est faigué et il est temps de se reposer. Avec une pensée pour Albaï qui lui a sauvé la vie en risquant la sienne…
Quelques heures plus tard, à l’extérieur d’Eagle’s Cove, une silhouete atend paiemment adossée à un arbre. Ses ailes membraneuses dépassant de chaque côté du tronc comme deux longues cape accrochées aux épaules. Le dragon bleu fume un calumet en soulant de peites lammes à
l’intérieur, libérant une fumée verte qu’il inspire immédiatement. La lumière verte relète
étrangement sur les troncs d’arbres maintenus dans l’obscurité toute relaive d’une nuit avec une demi-lune. Tout juste peux-t-on entendre le bruit des insectes dans ce silence de mort. Ainsi que des bruits de pas léger...
Clic
« Inuile de pointer sa sur moi et tu le sais très bien. Dit calmement le dragon bleu en irant une nouvelle fois sur son calumet sans se retourner.
- Je ne fais coniance à personne et encore moins aux shérifs corrompus. Répond l’arrivant en pointant un revolver en direcion du dragon toujours adossé à un arbre.
- ‘corrompu’, quel vilain mot. Je préfère l’expression ‘souple avec la loi’. Et ça te va bien de dire ça vu ton pédigrée mon cher Spiky. Un grand agent de la loi qui devient fou et se met à tuer au hasard. « Le démon » qu’on t’appelle plus à l’est. Ici tu n’es rien. Dit-il en se retournant en prenant bien soin de faire racler ses piquants du dos contre l’écorce.
- C’est plus compliqué que ça et je n’ai pas le temps pour les mondanités. J’ai ce que tu veux SaPhiron. Déclare le loup en montrant la boite dans sa pate gauche.
- Oui tu as raison, revenons aux afaires. Toujours avec son calumet coincé dans la gueule, le dragon bleu sort une chemise en cuir contenant plusieurs documents ainsi qu’une liasse de billets.
Procédons à l’échange en main propre, comme des gentlemen. Nous ne sommes pas ‘tous’ des barbares ici.
- Tiens ! Grogne Spiky après avoir rangé son revolver et fait l’échange. Pourquoi le cocher n’était pas au courant ?
- J’ai apprit qu’elle avait remplacé au dernier moment le cocher qui était prévu. Problème d’alcool sûrement… Elle m’a airmé que vous n’avez rien volé. Bien droit dans les yeux. Quel cran ! Quel panache ! »
Le loup ouvre la chemise et commence à lire la première page sous la lumière de la lune. Tout en déchifrant son contenu il ne peut réprimer un sourire sadique et murmure : « je vous iens bande de salauds ! » SaPhiron reprend :
« Quoi que tu veuilles leur faire, fait-le hors de ma juridicion je te prie. Les meurtres de masse j’aime pas trop ça. »
Spiky range soigneusement les documents. Il les lira plus en détail plus tard. Et commence à compter les billets de la liasse. Une fois terminé, il la range également, relève les yeux vers le dragon bleu et s’avance d’un air menaçant. Arrivé à son niveau, au point de toucher son museau fumant avec le sien, il montre ses crocs.
« J’avais dit trois milles, enfoiré !
- J’avais dit pas de blessés, espèce de bourrin. Soule SaPhiron après une autre boufée de son calumet au visage de son interlocuteur, sans bouger. Maintenant tu devrais parir et vite. Mes subordonnés vont se lancer à ta poursuite dès l’aube. »
Spiky serre les poings très fort, se retenant de frapper cet espèce de dandy énervant, et s’éloigne rapidement dans les ténèbres, à pate. SaPhiron contemple sa boite en métal vert et fait glisser une grife dessus d’un air saisfait. Il reprend le chemin d’Eagle’s Cove en laissant derrière lui un peit nuage de fumée verte.
FIN
Crédits :
Texte de SaPhiron
Beta lecteurs : Asgoras et Skellio Casing (nom FB) :
Albaï, passager de la diligence, apparient à Alex Van Lochem Kéopte, passagère de la diligence, apparient à Pascaline Bouchez Summer, cocher, apparient à Naomie Sebire
Mongo, bandit, apparient à Rova Fur
Naoko, bandit, apparient à Pascaline Bouchez Spiky, bandit, apparient à Spiky
SaPhiron, shérif, apparient à Florian Lapierre