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Les valeurs temporelles et modales du verbe dans la langue Arabe: Perspectives comparatives

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Texte intégral

(1)

Tradtec

5

I

2006

Les''tsieurs tewporeiies et modales u verbe dsns lu langue Arabe : Perspectives comparatives

ùuahmiche Ghania, Uran

Résumé:

It is commonly known that Arabic

morphology

is

non-conctenative.

In thig

gensq

lvqrd fqrm$

are composcd

of interwoven

mqrphemeç. Thcy are based

orl a

consonantal

root that

carries

a

semantic

load,

a vocalic pattern which conveys a syntactic function and a skeletal morpheme

with

a canonical shape that reveals a particular meaning to fulfil

a

grammatical function.

In this research work we focus only on the perfective and imperfec,tive as well as their particularities within the Arabic morphologicnl system. A great attention is given to the values ofboth tenses. This mechanism has been tackled ltom a comparative perspective where two diù'erent languages (Arabic and French) are subjected to analysis. Ttre resultetl dillèreno.es wfll serve for a thporetioal framework within a general theory of

translation.

Introduction

Lalangue

Arabe est une Iangue Sëmitique. Sa

morpho[ogie

est

non'

concaténatîve, ette se base prtncîpalement sur

b prtncipe

de racînes consonantiques composëes ùes

raùicaux.

Contraïrement uux langues Indo-européennes

les voyelles s'y ajoutent au

radiculpourformer

Ies dïlferentes unitës morphologiques,

I'

Arabe

olfre un

système

d'insertion

au moyen

d'inftxation

et

/ou d'alternance

vocaliqae.

La

rucine

Arabe

est

(2)

Tradtec 5

12006

I'ensemble des consonnes trilitères ou quadrilitères, porteuses d'une charge sémantique.

Elle

représente une notion défïnie, et les voyelles ne sont,que des éléments de dérivation (vocalic patterns) : la racine

(qr?),

par

exempie, exprime

I'idée

de

'lire'

:

I'insertion

du schème vocalique a-a génère la forme canonique

lqara?al'Il

a

lu'r.

Cela signifie que la racine Arabe se distingue nettement de la racine en langues Indo-européennes qui se présente sous une forme syllabique, où les flexions jouent un rôle primordial.

Meiliet &

Vendryes expiicitent ces notion afïn d'élaborer une théorie de construction propice à la morphologie flexionnelle du Français, ils proposent que :

'Le

mot Indo-européen est analysé comme construit de trois unités : racine, suffixe et désinence, concaténées dans cet ordre.

L'afftxation

est réddite

ici

à la suffrxation : les préfrxes

n'ont

pas de place dans la morphologie des mots Indo-européens parce que les éléments liés au verbe sont identifiés comme des 'préverbes' et ceux qui sont liés au nom comme des

prépositions' (

Meillet &

Vendryes 1924

(i968) :

153, 574).

Les Grammairiens Arabes ont érigé que la racine Arabe est

principalement

trilitère. Il

parlaient donc du verbe de types

lf alal.al, lf af.iJ.alet ifalula/.

La matrice de consonnes et des voyelles engendre ce qu'on appelle

'le

thème'2,ce thème acquiert sa pertinence de

I'application

d'une gamme de procédés sur la forme nue,

il

sert à décrire une langue basée sur les unités dérivationnelles dont les marques sont

essentiellement non-linéaires

privilégiant

le model auto-segmental (the auto- segmental model propo.sé par Goldsmith

)

.

Ces remarques générales sur la morphologie Arabe peuvent expliquer les propriétés et les nuances du système verbal Arabe. On s'abstient dans ce

travail

d'étudier le fonctionnement des deux systèmes

(l'Arabe

et le Français) afin de désambiguiser les irrégularités des correspondances systémiques.

1 Pour plus de détâil sur la structure morphologique de l'Arabe Cf . Ouahmiche , G ( 2003) 'The Czstle

of

Beni Rachid: linguistic zmd historicail perspectives', The Algerian Review of Mzrnuscripts, Ed Arrachad.

2 Le thème esl 'la partie du mot qui précède la désinence et à laquelle est âtrâché le sens'. En d'autæs termes, le thème est 'la forme qui sert de base à la flexion du mot....' ( Meillet & Vendryes 1968, 150 ).

(3)

Tradtec

5

I

2006

I-R.ernarqlres préliminaires sur ie verbe Arabe

:

Le verbe Arabe exhibe un

système assez

complexe. ii

présente une simpiicité au niveau de la conjugaison . deux temps sont seuiement utiiisés à ia base de

i'affixation afin d'exprimer

ies difTérentes mo<iaiités

; i'accompii

et I'inaccompii.

Si on compare i'Arabe aux iangues

lndo-Er"rropéennes

et

pius

particuiièrement ie Français, on remarque que

i'aoriste

et ie prétérit dont ies manifestations sont

tantôt ie

passé, présent

et futur et tantôt le parfait

et

i'imparl'ait

se réduisent en Arabe.à I'opposition accotttplii inaocompli.

L'usage

de ces paradigmes verbaux précise

ia particularité du

système Arabe.

L'accompli

possède une seule modaiité,

I'inaccompii

en a cependant trois, qui se distinguent par ieurs désinences.

La

première modalité est appelée en Arabe

'Ai mudhari' Ai marfu'.

C'est

l'équivalent de I'indicatif en

Français.

Elle peut être utiiisée dans

une

proposition

principale

ou

isolée. Morphologicluernent,

elle

est caractérisée

par ia marque {u} et des flexions

longues.

La

deuxièrne

fle peut

être

erhployée qu'en proposition subordonnée, eile

corespond

au

subjonctif

du Français.

Eile

est carctérisée par la désineqce

{aiet

des tlexions

courtes'Ai mudhari' Ai

mansub'.

La troisième

est caractérisée

par la

clésinence zéro (i'absence cie ciésinence) et des flexions courtes.

Meillet

énonce cette notion de désinence

Z&o

en disant .

.' Dans ie systèrns compiexe qui résuitait du Jeu

cle

ces movens d'expresslon

(ies unités de la morphologie, il faut faire une piace

ar"r degre

Zûo.

L'absence de suffixe, de

désinence,

I'atonie

caractérisent certains mots, cians certains empiois.

Ii

ne faut pas ciire que le mot est dépourvu cie suffrxe ou de désinence ou de

ton,

mais

qu'ii est

le suffixe Zéro, la désinence Zéro ou ie ton

Zéro' (luleillet ;,

&.Vendrves 1968

:

152 ).

L'équivaient

de

I'inac.ornpH

apocopé en Français

(ie

conditionnei) ne

lui

convient que très partiellement car ies vaieurs de

i'inaccompii

apocopé

'Al mudhari' Al

madjzum'

diffèrent

de celies exprimées par le conditionnel

en Français

Le verbe

Arabe'possède

d'autres

mocies

clui sont

usilées uniquement dans des serments et des affirnrations

intenses. l,'emploi

des

llexions {an}

et

{anna}

dans

ie

cas des verbes énergiques

iliustre

son aspect emphatique.

(4)

l'r'irtllt'c

5

/

?()(X'

z\

|

rrrstlrr rlt.

l'l\r;rlrt:,

lcr lirançais évoclue d'autres procédéS morphoiogiques

t't

sy r rt ir x ir lt rrrs it l j n d' c:xpri mer l' énergiclue'lourci'

ou'

iéger'.

l,'orrrploi

syntaxique de la passivation est distinct dans ia iangue Arabe c:l la langue Française. Le verbe Arabe a certainement une

voix

passive mais elle n'a guère

d'impératif.

Mais le Français est pauvre en terrne de plocédés qui.expriment ies mocialités verbales, à

i'exception

du passif

qui

se construit

à ia

base

de I'auxiliaire''être'et ie réfléchi qui emploie le pronom'se'.

Contrairement au

Français"

I'Aiabê a r.ln

système

iiérivationei

eompiei capabie

d'exprimer le factiû le réfléchi, ie passii; ie but, I'intensité et

la réciprocité. De nornbreuses lbrmes dérivées al'ijrrnent cepcnciant ie caractère

synthétique de I'Arabe, eiles expriment ies valeurs

'syntaxiques synthétiquement

que ie Français énonce

séparément

en priviiégiant

ia composante anai ytique.

Avant d'exposer les différentes valeurs cle

l'accompii

et

l'inaccompli, ii

est nécessaire de préciser les types de verbes en Arabe .

. i,es

yerbcs quul.ita.tifs.'

les

verbes

qualitatifs expriment ia

qualité physique

ou moraie du sujet pariant. La lbrme lfatulal---lj aftului

erprime une quaiité durabie /hæsunai 'être treau' qui se diffère

des

formes lîat:J-al-ijaflalu/ qui indiquent une quaiité instable ou

un cievenir ; i

f arlha l--

I

iaf rahui

'être

joyeux'

. Les

verbes

uctifs.'ies

verbes

actifs

indiquent que

le

sujet participe activement

et d'une

manière

effective

dans i'accomplissement de 1' action.

Par contre, dans les verbes quaiitatifs le suiet n'intervient pas

dans

i'acquisition

de

ia

quaiité

qu'il

possède.

Donc,

les verbes actif's ne sont ni

quaiitatifs ni à ia voix

passive. ex

: I ?ai<ala lwalaclui ' l'enfant

a

mangé' .

c Las

verhes

réfléchies.' l'Arabe

ciifJërencie entre les cieux

types

de réfléchi

; ie réfléchi et ie réfléchi intérieur.

Contrairement

à i'Arabe,

ie Français désigne sous cette appellation les verbes pronominaux'' indiquant trois valeurs :

e Un réfléchi

quand

l'action

retombe sur ie

u.n couteau

sujet

: ll

s'est blessé par

'

-Lcs .,,crbes prorrorninaux sont ccuy qui sonL accompagnés dcs pron<.rrns illç . ic. se.

nous. vous, désignant lc mômc ôtre ou objct, lcs mômcs ôtrcs ou objcts quc lc sujet :

.je nre cacire. eiie se tait

'

Grevisse

(

i987)

'

Précis de grummuire Frunçoise'

Entrcprisc natiomlc du livrc, Alger.

(5)

Tradtec

5

I

2006 IU

o Un réfléchi-intérieur quand I'action fait parrie du zujet,

elle s'exerce en

lui

:

il

se tait.

o Un réfléchi-passif

.'on

emploi

généralement

la forme

pronominale dans

le

sens

réfléchi

lorsque

I'action vient d'un

tiers non désigné et elle est subie par le sujet :

Il

se nomme Mohammed.

En Arabe, le réfléchi est formé à la base d'un verbe actif suivi

généralement par le mot

inafsui

:

Il

frappa sa tête

/ {ar'aba ra?sahu/

(

ll

se frappa la tête ) .

11 a opprimé

son

âme

/{aloma nafsahu/ (Il

s'est porté préjudice à

iui

même ).

Avec ies verbes d'estimation, le réflêchi pronominal à la première personne prend le pronom

aflixe

à la place de

/ nafsl/

ainsi qu'avec le verbe

i

raTal

Ex: I ?ara: ni ?aôrifu datan/ '

Je me vois en train de verser des larmes'

Le réfléchi intérieur se forme par les formes réfléchies

(

la forme

V,laforme W,la forme WI,

la forme

VIII,

et la forme

X )

:

It aî aSgaba/'s'

étonner'

/ta{o: rqba/

'se battre les uns contre les autres' i

?lnqotqta/

'être coupé'

/?

i gt amat

a"/'se réunir' /?

i st aslama/'se

soumettre'

L'opposition

réfléchi/ réfléchi-intérieur est constante en Arabe :

/?igtamatu waqarraru ?an j ussalimu ?anfusahum/ 'Ils

se sont réuni et ils ont décidé de se soumettre'.

Le réfléchi- passif est rendu par ia forme (V

)

et constamment pat la forme

(VID

:

/larrafal'faire connaître' /talarrafa/'s'informer'

(6)

Tradtec

5

I

20Ob

l1

Las yerhes

impersonnels.' Ce sont les

verbes

qui expriment

une

çbligrtion,

ung oonvenance, une possibilité ;

ils

ont pour zujet un nom ou un nragdar4, soit unê proposition verbale au subjonctif :

/xutiba lalajkum ?an tapumu/--- / kutiba lalajkum

SSr

j j

aam/ ( c'est un devoir pour vous de faire le carême

)

'

Plusieurs thèmes

d'allure

verbale peuvent ôtre considérés comme verbes impersonnelles, entre autre les verbes figés à la 3è"'* pers.mas' de

I'accompli

suivis des particules :

/?an/,

lmaal

et l6aal

:

ftabbaôal

combien aimable est....'.. !

/laa habbaôa/

combien détestable

est"'....

!

ilo: 1a

ma

a/

comme

il y'a

longtemps que.... !

/kaOura

maa/ combien fréquent ... !

iqalla

maa"/ combien rare...'. !

Les thèmes

d'allure

verbale parfois perdent leur sens exclamatif, surtout les deirx derniers ; et changent fénéralement leur signification en engendrant un autre sens:

'il

arrive souvent que'.

Les verbes

inchoatifs.. Les

verbes

inchoatifs

sont

à la

forme nue et s'emploient toujours à

l'accompli

:

lçoara/

'se mettre

à'

.

ftatal-al

'se mettre

à' lqaamal

'se disposer à'

/?aqbala/

'se dispose à'

Le verbe

qui

suit

I'inchoatif

sera un inaccompli de valeur durative car

I'inchoatif *urqu.

un procès ( action ou état

)

qui va se

poursuivre

t'l

(Français, c'est

l'infinitif )

:

/lcada?tu ?atasaa?alui

'

je

commence à me demander'

Cet emploi est particulier car

oes

tournures s'emploient à l'accompli

et

I'inaccompli

en dehors de ce contexte :

a Le Français utilise

la

catégone du substantif afin d'exprimêr une notion verbale d'une manière abstraite sous le nom de

I'infinitf.

L'Arabe emploi 'Al mapdar' pour désigner 'le nom verbal'.

(7)

'fradtec

5

I

2006 12

/ra?aj tu manaaman/ 'j'ai

vu un songe'.

/j aquumu bi Îæmalihi/ 'il fait

son

travail'

Lps verbes

d'immînence :

Les verbes d'imminence indiquent la réalisation prochaine

d'un

procès exprimé par une subordonnée verbale au subjonctif avec

l?anl.

V-oici quelques formes productivgs.dans le.systèpe Arabe

. '"

lkaadal

---

lj akaadu/' 'failli;,

être sur le point dql

imaa labi0a ?atV

/?awJaka ?an/

'ne pas tarder à ' 'être sur le point de'

Les

verbes

qui

énoncent

une probabilité

sont. aszujettis

au

même

principe, ils sont

généralement

frgés à la

3"n'* pers.mas.sing. de

l'accompli

(en Français, on

dit

peut être que

) comme /Îæsa ?anl

et /hæra ?an/.

Ex

:

/Îæsa ?an j akuuna Xabii0an/

'peut être est-ii rusé'

.

Les verbes d'existence

Blachère

définit

les verbes d'existence comme

suit

:

'Les verbes d'existence ne sont pas simplement des copules verbales unissani le sujet à

I'atnibut.Ils

peuvent introduire aussi dans

la

phrase une notion de temps situé, de durée,

de

'devgnir'.

L'attribut

qu'ils

introduisent, se met au cds direct. Cet

attribut

peut être aussi un verbe ù un mode personnel qui prend alors une valeur temporelle

neiie'

Les grammairiens Arabes les nomment 'Kân wa

akhawâtuha'

ba;tal , I ?amsa /, / ?a{hal, I ?açbaha/s, ils

expriment

primitivement

1'existence.

II-Les vûleurs syntuciques du verbe Arabe :

En

générale dans

les

langues Indo-européennes,

l'aspect du

verbe est

bien défini. Cela signifie que les notions du temps et de

modes

ont

un emploi très particulier : généralement en Français un seul et même temps ou même

un

seul

et

même mode peut exprimer plusieurs valeurs. Ces formes syntaxiques sont en revanche

moins

productifs dans les langues sémitiques

5 Pour plus de détails sur les verbes d'existence Cf. M.Cohen ( 1924)'Le verbe, le système verûal semitique et I'expression du temps', Paris.

(8)

Tradtec

5

I

2006 13

et partioulièrement en Arabe vrre la

richesse

et la flexibilité de

son

système dérivationnelG.

Généralement

|e

verbe

en fuabe ne

se présente pas sous

forme d'un

aspect

défini, il

énonce essentiellement

le

degré

de réalisation du

procès (aôtion

ou

état)

et n'exprime point le

temps

se localise

un procès

,par rapport à un

autre

moment du temps

se situe

le

zujet parlani.

l'Arabe

en revanche

précise le moment où se déroule l'âstion. Cela illustre

une

fondamentale nuance d'aspect dans

le

système verbal

Arabe: I'opposition

accompli/inaccompliT

met en exergue la différence entre une

action considéiéé comme

finie

et une action non-conduite à son terme,

i'e,

en cours

de réalisation .

'Ôette'distinction,.byntaxiqùe Se'

,réafise.par,'le'biais de la distribution morphologique des malques de

oonjugaison

: suffixée

dans

I'accompli

et préfixée dans I'inaccompli.

Les notions d'aspect et du temps sont très

révélateurs dans toute

tentative de distinguer les valeurs de l'accompli et I'inaccompli.

Fleisch

énonce ces concepts :

'Avec

I'inàccompli

les choses sont plus simples

:

Ia lungue Arabe dissocie temps el qspect, le procès est uniquement situé

wr

le

plan

de

I'aspecl, le temps ressort de la phrase et le temps à considérer

ici

est

d'abord

le présent et

Iefutur'.

Examinons les valeurs de 1'accompli et

I'inaccompli

:

Les valeurs absolues, non-conditionnées de l'ac--compli sont intimement

liées à la notion du

passé,

n'importe quel

passé (passé composé, passé

simple,

passé antérieure.

L'inaccompli se

présente

par contre en

rapport

avec le

présent

et le futur. L'emploi de I'accompli et I'inaccompli

est contextuèllement

déterminé et se conjugue avec I'usage des

particules adverbiales et verbales

1.

Valeurc d.e

l'accompli :

u I'Arabe engendre des formes dérivées du verbe trilitère ou quadrilitère, selon sa nratière consbnantque souple (les radicales), par maints processus: l'alternance vocalique, la réduplication, le redoublement par adjonctiorL intercalation' et par modification d'afixes.

? plusieurs appellations ont été proposees pour désigner

''Al

Maadhi'

et 'Al

Mudhari'. W.ReuSchel

(

1968

) 'studia

Orientalia

in

Memoriam Garoli

Brockelmarur] propose les notions de 'constatif et 'cursif pour la 'perfeldform' et

'f

imperfekdorm' en se bzs:rnt sur I'Arâbische in 'Gramrnatik' de Brockelmarm.

(9)

Tradtec

5

I

2006

l4

l,'accompli Arabe peut

se tqaduire en Français

par n'importe quel

passé, parfois par

un

conditionnel

ou

même

un indicatif

présent,

futur ou

par un

subjonctif Il

est évident que les correspondances de

l'accompli

en Français

ne sont guère

des équivalents

de ce temps mais elles

correspondent au résultat d'une action achevée dans le passé.

. A-Liemploi gfnéral de I'accompll i:

, ,

les valeurs absolues

o L'accompli

exprime un procès aohevé dans ie passé.

Il

équivaut ie passé simple ou le passé cq$posé.

It,qlcba minni ?an ?uhædiOaha]

'I1 me dqmanda de

iui

parler'

f{oroba $aqiiqatahu] 'Il

a frappé sa sæur'

o Concernant les

verbes

qui expriment une

sensation,'un désir

ou

une constatatiorq

I'accompli

exprime

le

résultat actuel de plusieurs

faits qui

se sont déroulés dans le passé. Son équivalent en Français ne peut

jamais

être

un présent-futur,

'[?aradtu tawdiilæka qabla rrahill]

J_ar_voulu_te

dire

adieu avant ton départ'

[?amaa 9ærafta ?anna

mort est réelle'

'Je veux te ...

l-mawta haqq] 'N'as {u

pas su que la

'Ne

sais-tu pas....'

Quand il s'agit d'aotions

acquises

définitivement, I'accompli

est favorisé en Arabe ; surtout dans les maximes et les sentences :

/ ?inna flo:ha ka:na raqi :ba/'Allahfut (est)

omniprésent'.

Dans les phrases

optatives, I'Arabe

emploie

I'accompli pour

indiquer un engagement solennel

négatif ou le

souhait

du sujet parlant

est considéré

comme déjà réalisé. A la difftrence de l'Arabe, le

Français

emploie

le subjonctif présent ou

l'indicatif

futur.

kemples

.

/laa rahimahÛm llaah/ 'Qu'Ailah

ne leur fasse pas miséricorde

!'

ilaa qalættu hætta tugaawibani/

'Je ne prendrai pas place tant

que vous me répondiez pas'.

(10)

Tradtcc 512006

l)

passé, le présent ou le futur. Dans ces cas, un ensemble de particules partioipe clans <;ette vnriation syntaxique que le Français les rendent pars divers temps :

l?a ?atayalla Îænhu balda ?an saagædani/ 'le

laisserai-je tomber après

qu'il m'a

aidé' .

Dans cet énoncé,

isaalædani/

est une action qui précède celle énoncée par

/?a?ataXalla/.

D'autres nuances temporelles seront examinées :

La particul e

I qad/note

deux valeurs de

l'accompli, l'une

exprime le pdssé'et

I'autiè

iridiqub'un passé prochê"exprinié en Français par ld f,ormule

'

venir de....,' .

/qad galalnaaka fi l?qrd.i Xallifa/ 'Onafaitdetoiun

lieutenant surterre'

i qad qultu laka ?anni raahl]a /

'Je viens de te dire que

je

parte'.

Parfois aussi,

le

Français rend les verbes en proposition çommencée par la particule

/qad/

par un plus-que-parfait

ou

un passé antérieur :

I balavtu. muna:ia wa qad salabani ?iiiaahu ?a1batd. /

'J'avais atteint mon objectif que me

l'avait

privé les+rns'.

Devant un verbe de constatation ou d'estimation, cette particule attribue au verbe le sens de plus-que-parfait .

/wagadnaahu qad Taadari '

Nous constatâmes

qu'il

avait quitté...'

L'accompli

est souvent

utilisé

dans des phrases

complexes qui

expriment

I'hypothétique ou un éventuel. Ces propositions commencent par

les

particules: l?iôl, l?iôaal, lmaal, lmanl, llawl, l?inl et lmataa/.

Comme

la phrase optative, le sujet parlant dans ce cas

tient

déjà pour réalisé

l'action qu'il

émet. En Français,

il

existe des procédés

qui lui

sont propres qui expriment I'hypothétique..

Dans cette partie, nous n'allons pas

examiné

toutes les valeurs

de

I'accompli

et les notions

qui ont

été mentionnées ne sont que des exemples

illustratifs

afrn de soulever la problème de la

traduisibilité

et

I'intraduisibilté

des

systèmes

linguistiques. Les valeurs

colrespondantes

à I'accompli

en

(11)

Tradtec 512406 l6

tirançais

avec /lamnal, lI<aana/ et les significations

exclamatives des tlrèmes

d'allure

ver$ale seront analysées en détail subséquemment.

2-Valeurc dc

l'inaccompli

:

En générale,

I'inaccompli

de

I'indicatif

énonce un procès en cours de réalisation ou qui se répète en un tgmps vague. Ces indications mènent à le traduire en Français pe,r un présent de

liipdicatif, imparfait

ou

futur,,p&t;!nr

,, r

conditionnel présent ou par un

subjonctif

A-L'emploi général de I'inaccompti : valeursaôsolues

L'inaccompli indicatif

énonce

un

procès

qui

pe déroule

au

moment où

l'on

parle (le présènt réel) ou une constatation à un

fait qui

se reproduit dans un temps vague :

/limaa ?anta hæziinu---?agaabat ?ibnatahu/

'Pourquoi

es-tu aussi

triste' lui réplique

sa

fille. ( c'est le

présent

réel I I'action

se déroule à

I'instant

).

/?inna tharba ?awwaluha nagl,tla wa?awBoluha !akwa wa?aaXlruha na3wal 'La

guère

n'est

au debut

qu'un

mystère,

en

son

milieu c'est une plainte, à la fîn une calamité' ( c'est un

proverbe

qui

exprime un présent vague'.

B-L'emploi particulier de I'inaccompli; les valeurs conditionnées

De

nombreuses valeurs sont attribuées à

l'inaccompli,

elles présentent des nuances

intimement liées au

contexte.

Mais

nuances'existent surtout dans les traductions de

l'Arabe

au Français à cause des différences des deux systèmes.

. L'inaccompli

énonce

un fait

dans

le futur

quand

il est suivi d'un

terme adverbial ou d'une négation cCImme

lLaal,lsal etlsawfa/.

Exemples:

/jusaafiru

muhammadu

ilaa ?ulli naa huwwa

ce qui m'appartient '.

xadaa/

'Muhammed voyagera demain'

li ?abadaa/

'Je ne donnerai iamais

(12)

17

Tradtec

5

I

2006

/sawfa tallamuunai 'Vous

saurez''

l?anaa ?uxbirukum kaj fa i ustalmal I

'Je vais vous

faire

savoir

comment

il

fonctionne'.

. t-. nrançais rend souvent l'inaccompli d'un verbe qui signifie

'désirer'

par le conditionnel présent :

/juriidu law jalruduunahu/ 'Il

aimera

(il aimerait ) s'ils

le

renvolent'.

.

Si le verbe à

l'inaccompli

eist précédé par la particule

/j akuunu/, il

exprime le descriPtif :

lhætta takuÙnu ^

?ainta'r t,aglnalÛ/' "r

oJusqtr'à

ce que tu

trouve

travailler'.

Dans cet énoncé, la particule

ij akuunu I

n',a pas la fonction

d'un

exposant temporel mais elle décrit une aptitude à accomplir un fait.

I /qad/ sert parfois à marquer I'aspect itératif du procès

dans un

contexte précis. Employé devant un présent vague' elle peut servir

à renforcer

I'action

'-oo,

Trzrnâ

hi hn I tatrifuuna /llmaaôaa taftaluuna biha $arraa

vraqac

?annaha iatiima/ 'Pourquoi iui faites-vous.du mal

alors que vous savez

qu'elle

est orPheline'.

; - 'L'opposition ur"o*pli/

inaccompli dans

la

même phrase renforce la valeur du Présent réel ou vague :

/karihtu dawman man laa ialtarifuuna bllgamiil/

.J'ai toujours détesté ceux qui ne sont pas reconnaissants'.

Conclusion

-

Lalangue Arabe est une langue

dérivationnelle

et non pas une langue à

flexions comrhe i'impo'saient plusieurs linguistes non-Arabes'

Sa

particutarité réside dans la ,o,rplttt" de son sYstème,1Îf}Î91::

ilIéanmoins, sa morphologie non-ôoncaténative

explique

piusieurs

d'ordre

phonologique et même temporel'

L'Arabe utilise pour ia

conjugâison du verbe des marques d'aspect,

temps , de p"iro*., de genre et de nombre' L'opposit

(13)

'lradtec

5

I

2006

l8

nooompii/inaccompli rend

la

conjugaison dans

le

système Arabe très simple nrais cette simplicité cache une complexité morphologique.

La racine

ô"".rp"

une paie assez importante dans

la

morphologie Arabe, elle est purement consonantique et diffère par ce caractère des langues

Indo-

curopéennes.

La

structure syllabique des

mots

est

différente de celle

des mots Indo-européens caractérisée par la

variabilité

Ce travail qst uq essai qui peut

servir

à décrire leq

n$canis*t: * l?

,,,,,

construcriori niorptiôtogique bn Arabe. Nous avpns focalisé essentielfèniéitTi : sur les vaieurs de ltacôornpli et

f

inaccompli afin de leVer

i'ambigutté

sur les équivalences entre

I'Arabe

et le Français dans tout travail de traduction.

i

Références

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Références

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