ETUDE DES ANOMALIES DE LA CRUE DU NIGER

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Texte intégral

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Professeur Jean GALLAIS

Univenité de Rouen

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Q"R-8,T.O,M,

Etude des anomalies de la crue du Niger

RAPPOR T

Professeur Jean GALLAIS Université de Rouen Section de .Géographie

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Ce rapport est une première contribution de la section de géographie à l'étude des anomalies de la crue du Niger. Il a été rédigé après une première mission sur le terrain

10- 29 novembre 1977 et un premier travail de photo-interprétation. La mission a eu pour but de réunir des observations en période de hautes eaux sur le Lac Débo, ses émis- saires, la bourgoutière au Sud du lac La région plus en aval, de Niafounké à Gourma-Rharous, sera étudiée au cours de la seconde mission.

Leprogramme proposé par la section de géographie (3 août 1977) prévoyait la véri- fication sur le terrain d'un certain nombre d'hypothèses de départ, relevant des domaines morphologique, botanique ou agricole, explicatives des anomalies observées. Parmi: ces hypo- thèses un certain nombre observables plus en aval n'ont pas été vérifiées au cours de cette pre- mière mission: remaniements dunaires entre Tombouctou et Tosaye - aménagements hydro- agricoles et dégradation du bourgou dans cette même région, Elles le seront au cours de la seconde mission. Le présent rapport traite de l'évolution des bourgoutières du Lac Débo, de l'évolution morpho-hydrographique observable des émissaires du lac, de l'évolution des systèmes de culture liés à la crue dans les dernières années, Il s'agit d'une première analyse à confirmer utlérieurement, aucune conclusion défmitive n'étant possible au stade actuel de l'étude.

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EVOLUTION MORPHOLOGIQUE DU LAC DEBO ET DE SES EMISSAIRES :

ISSA-BER, BARA-ISSAR, KOLI-KOLI

Au départ du Lac Débo une reconnaissance a été faite sur chacun des émissaires.

Les photograplues aériennes de 1952 1969, 1974 (cette dernière campagne ne couvre pas malheureusement la partie de l'Issa~Ber qui nous intéresse) ont été comparées

L'évolution générale du Lac Débo est la suivante. Il subit une réduction progressive qui va dans le sens général de son évolution depuis le Quaternaire ancien. Grâce aux systè- mes de levées anciennes formant les paléo-deltas Dialloubé et Dintaka datant respectivement de l'avant-dernier et du dernier Pluvial on peut reconstituer les «Débo» anciens, lacs plus étendus que l'actuel et dont les rivages étaient sensiblement plus au Sud Le Débo actuel recouvre les premieres dunes arasées de l'erg, ce qui explïque les caractères dunaires du ma- tériel sableux constituant la plus grande partie du plancher lacustre. La réduction actuelle du Débo se fait selon les processus suivants,

1) Aux débouchés des divers bras du Niger et du Diaka les charriages de fond sableux sont ralentis par suite de la réduction des pentes au long, Sur ces éléments sablo-limoneux des levées plus fines s'édifient pénétrant le lac en pointes ou en pattes d'oie, Le déplacement des bouches assure un certain étalement frontal de cet alluvionnement, La sédimentation est facilitée par la colonisation végétale en cycle de crues fortes (voir supra).

2) Aux hautes eaux les émissaires du lac Débo font goulot d'étranglement et la crue remonte d'aval en amont inondant à partir du lac les bourgoutières de la rive méridionale Ce mouvement des eaux s'accompagne d'une sédimentation fine de ces bourgoutières et particulièrement de leur front, La partie Sud du lac est ainsi en cours d'alluvionnement > Le Lac Ouallado est en voie de colmatage bien observable par la colonisation végétale réalisée entre 1952 et

1969 Au Sud des bouchés du Diaka des vasières étendues garnissent le cul de sac méridional. Entre le Ouallado et le Débo le marigot Tialdé traverse une

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bande élargie de bourgou. Fragmentation et réduction des nappes d'eau libre résultent de la sédimentation fine réalisée sur le rivage Sud du Débo.

Processus accéléré par la colonisation végétale lors des crues fortes, mais indépendant de celle-ci dans ses causes premières

3) La partie Nord du lac est occupé par le haut fond de Sambéri, constitué par des sables en tout point semblablesàceux des dunes constituant le rivage Nord (étude granulométrique et morphoscopique . Gallais 1967, b, p 136) A ce haut fond s'accrochent des bancs de sable qui transitent le long du chenal et qui réduisent celui-ci en étiage à un étroit met de vingt à trente mètres de largeur Le matériel de ces bancs est comparable à celui observé dans les seuils sableux du Niger pour la partie amont et moyenne du lac, Les bancs accumulés dans l'entonnoir d'embouchure de l'Issa-Ber, entre Youwarou et Sobé, sont par contre plus grossiets et leur matériel comporte une part de sable arraché au haut fond de Sambéri Ceci prouve une reprise érosive de fond et en bordure de chenal pour la partie Nord-Est du lac

Au total le lac Débo évolue sous trois processus principaux:

- colmatage par alluvionnement de la partie Sud,

- accumulations sableuses transitant lentement dans la partie centrale,

- érosion de fond et de rive de chenal dans la partie Nord-Ouest,à proximité de l'embouchure de l'Issa-Ber.

Un chenal continu tend à s'organiser d'amont en aval, simple lit mineur en travers des plaines faiblement submergées du plancher lacustre.

Les observations faites en crue aux embouchures des trois émissaires ont été les sui- vantes:

- Issa-Ber

Entre Akka, et Attara la coupe observable des hauts de berge atteste généralement une érosion vigoureuse. Les affouillements sont très vigoureux tant dans le matériel sablo-limoneux des levées anciennes insubmersibles, que dans celui limoneux des levées fonctionnelles. La com- paraison entre les photos de 1952 et 1969 ne révèle aucun développement particulier des sys- tèmes de levée, ni rétrécissement du lit en étiage, ni accumulation renforcée de seuils en

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- 5 -

aval du goulot Ombolloré-Akka La berge de la levée ancienne sur laquelle se trouve Imguem a subi de 1952 à 1975 une certaine régularisation preuve d'efficacité érosive

- Bara-Issar

Un affouï1lement de rive vigoureux s'observe au niveau de Gourao-Marka dont les habïtants renforcent la berge par des claies sommaires. Un peu plus en aval jusqu'à Avoye des alluvions de crue sont en cours de colonisation végétale Sur la rive gauche de Ouoro à Doma, la dune est précédée d'une banquette en pente douce colonisée par des Cypéracées

, KoH-KoH

Le KoU-KoH a été remonté de Sendégué au lac de Korientzé La bourgoutïere parcou- rue qui sépare les lacs Débo et Korientzé s'est densîfïée entre les photos de 1952 et celles de

1969 Un écran de bourgou nous a empêché d'aborder à Bokoré, en 1977, alors que cela était possible en 1960, Cependant plus à l'Est, de Kérétogo à Tiékouraré,la bourgoutière s'est rétrécie dans les vingt dernières années Au total il ne semble pas y avoir de modifications im- portantes dans l'embouchure du KoH-KoU

Les photographies aériennes de la campagne Mali, 1974-1975, permettent une excellente observation de la situation aux basses eaux (prise de vue en mars et avril) en particulier de l'état des lits mineurs,

Pour l'Issa-Ber, les photos manquent d'Aoré à Attara. Mis à part cette section dont on ne peut rien dire, l'écoulement n'est entravé par des seuils importants qu'en un seul endroit (3 km en amont de Doua) Sur le reste du chenal le Ht mineur demeure bien calibré, Par contre le bras d'Ambiri, défluent de l'Issa-Ber sur la rive droit, est colmaté par de nombreux seuils,

Le Barra-Issar est tronçonné en mouilles d'Awoye à Margou. Plus en aval la décrue des cuvettes parcourues par le Koli-KoH, le Mayo Doyo et le Kundarawol soutient l'écoulement A partir d'avril un seuil interrompt l'écoulement du KoH-Koli vers le Bara-Issar au niveau d'Oré Aya,

Le Koli-Koli n'a pas d"écoulement continu à partir de mars Le lac Korienzé est réduit à une nappe d'eau résiduelle coupée du chenal encore en eau qui ne commence qu'au niveau de Korienzé, Celui-ci est interrompu d'Obom à Oré Séno Dara, puis par plusieurs seuils jus- qu'au confluent avec le Bara-Issaro

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Conclusion

Observations de terrain et sur photographies aériennes permettent d'estimer qu'une redistribution importante des débits entre les trois émissaires du Débo au départ du lac est improbable L'Issa-Ber demeure le bras le plus puissant et rien n'indIque entre le Débo et Issa Fay (confluent de l'Issa, Ber et du Bara·Issar) un glissement de l'écoulement au profit des bras plus onentaux CeCI !Efume l'hypothese de Iecherche que j'avançais dans le programme rédIgé le 3 aout 1~77

Le rôle du marigot de Binga Ganya dans un éventuel détournement d'une partie des débits de crue n'est icI pas discuté faute d'observatIOns sur le terraill (celles~cI auront lieu dans la seconde mission) On peut cependant. faire les observatiOns suivantes ~

1) SI le Bmga Ganya écoule davantage,cette augmentation des débits ne sem- blant pas provenir d"une prise plu~ importante du Bara-Issar au niveau du lac Débo, il faudrait la recheIcher plus en aval dans des modifications d'écou- lement àtravers les plaines Inondables de l'erg de Niafounké au Nord de la latitude de Saraféré

2) Les modifications de tracé du BingaGanya indiquées dans le Rapport «Déter- mmation des causes des anomalies de la crue du NIger, Rapport de synthèse 1975-1977 üRSTOM octobre 1977» à partir des images satelhtes sont à vérifier de façon très attentive grâce à la couverture aérienne Mah 1975 qui apporte une informatïon beaucoup plus précise que l'image-satellite.

Une rapide observation des clichés ne m'a pas permIS de retrouver ces mo- difications de tracé par rapport àla carte IGN faite sur couverture aérienne de 19520 L'acquisition des photos de la campagne Malt 1974-1975 et de celles de 1952 permettra ùne mdispensable et minutIeuse comparaison.

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L'EVOLUTION DES BOURGOUTIERES DES LACS DEBO ET OUALLADO

Celles-ci sont en continuelle évolution suivant les cycles hydrologiques de crues fortes ou de crues faibles Sur cet équilibre biologique interfère l'exploitation des pâturages par le bétail qui, au-delà d'une certaine limite, est un agent très actif de dégradation ou de modifi- cation floristique Une carte morpho-botanique à l'échelle du 1/50 000 a été rédigée.

De 1952 à 1960, les bourgoutières du Débo s'étendent et se densifient La colonisation végétale colmate toute la partie méridionale du lac Débo de deux manières : le long des

affluents des lacs - sur tout le front de la prairie au Sud du lac Débo

La colonisation végétale le long des affluents est observable surtout à l'entrée princi- pale du lac entre Sendégué et Gourao (Mayo Sagof - Airé Kadié) au débouché du Diaka dans le Ouallado, A Mayo Sagoï la pointe du bourgou a progressée de 250 metres entre 1948 et

1960

La barrière végétale qui limite la surface d'eau libre au Sud du Débo s'épaissit et se ré- gularise J'expliquais (Gallais 1967) ce phénomène par une sédimentation fine localisée sur le rive Sud du lac du fait d'un mouvement de masse des eaux en crue qui, bloquées vers l'aval par l'étroitesse des bouches des émissaires s'épandent vers le Sud dans le Ouallado

De 1960 à 1969, entre mes observations de 1960 et la couverture aérienne de 1969-1970 de sensibles différences apparaissento A l'entrée du lac certains bourrelets de rive ont progressé (Mayo Sagoi} Par contre, le rocher d'Afré Kadied entouré de bourgou en 1960 est dégagé en 1969 L'embouchure comprise entre Roundé Afal et Déo Tuondoï a progressé mais celle de Déo Tuondof a régressé, De Déo Tuandoï à Tialdé (débouché de marigot reliant le Ouallado au Débo) le front du bourgou s'est densifié et régularisé,

La surface d'eau libre dans le lac Ouallado a subi une sensible réduction sous une coloni- sation végétale considérable, tant au Sud qu'au Nord du Bébouché du Diakao

Le bourgou des bourrelets de rive du Diaka qui avait progressé d'environ 2 kilometres entre 1904 et 1952, s'est étiré d'un kilomètre supplémentaire entre 1960 et 1970. Au total la période enregistre :

- dans le détail des modifications en sens opposé dû à l'instabilité du réseau hy- drographique, caractéristique des deltas littoraux ou intérieurs, en particulier

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certains chenaux affluen1$ au lac disparaissent, d'autres prennent de l'im- portance,

- Dans l'ensemble, le renforcement de la colonisation végétale sous la forme bourgou, c'est-à-dire l'association Echinochloa stagina - Echinochloa pyrami- dalis - Polygonum lanigerum

Sur la rive Nord du chenal le haut fond de Sambén, matériel sableux étalé horizonta- lement, provenant de l'arasement des dunes submergées qUI constituent le plancher lacustre, semble s'être renforcé par des accumulations sableuses formant guirlande et qui sont des bancs de chenaux maténel provenant d'amont,

De 1969 à 1977, les observations ponctuelles réalisées en pirogue n'ont pu être reliées par l'observation aénenne, le vol prévu a dû être annulé pour vent de sable Elles permettent cependant de penser à un recul sensible du bourgou

- Airé Kadied est abordable directement côté Nord,

- La butte d'Afre Sorcba permet d'observer une nette dégradation du bourgou ; au Nord-Ouest et à l'Est de vastes surfaces d'eau libre ou de prairies disconti- nues s'étendent en place de la prairie aquatique dense

- Les levées alluviales anciennes situées au Sud de Soroba (Delta ancien Dialloubé, Delta ancien Dintaka) constituées< de bourrelets de rive non submergés, ou tres faiblement submer~s, ,portent de vastes surfaces dénudées au détriment de la savane à vétivert qui les occupait,

'Les bourrelets de rive actuels de Memaré, Mayo-Sagoï à l'extrémité Est du lac Débo sont par plages dénudés,

r Une des formes les plus spectaculaires et les plus néfastes au point de vue agrostologi-

~..rA (\t'},~ue

est la diffusion d'une mimosée,CeDe-ci.est appelée Gandiandji par les Peul ce qui correspon-

\J,",.~

1( drait à Acacia nilotica variété tomentosa d'après la florule de Boudet, La terminologie ver-

;) naculaire étant approximative il n'est pas certain que l'identification de Boudet s'applique aux mimosées observées, Une identification antérieure donnait Mimosa asperata L (Gallais 1967, a, p, 71) et les agrostologues de l'ODEM (Office de développement de l'élevage de la région de Mopti) le confirment sous l'équivalent Mimosa pigra. L Cet arbuste est abondant sur les rives du Bani et plus généralement sur la berge des bourrelets de rive dans l'ensemble du Haut et Moyen Delta,

Dans le Delta aval il a été observé dans les années 1960 couvrant une partie du haut fond de Samberi et sur l'ile de Roundé Akka dans le Débo, où ilconstitue un boisement

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affleurant aux hautes eaux, découvert à partir de février et si dense qu'il est impénétrable, Sa propagation récente semble rapide sur les bourrelets de rive dénudés en particulier entre Sendégué et le lac Débo depuis une dizaine d'années. Une enquête auprès des éleveurs de Sendégué à révélé que sur 48 bourgoutières 24 sont envahies par le Gandiandji".

Cette invasion de Mimosa asperata est incontestablement liée aux conditions hydrologlques qui ont prévalues depuis 1969 Cà Niamey modules inférieurs à 1 000 m3/s de 1969 à 1977 mis à part 1970). La faIble submersion des bourrelets de rive et le sur- pâturage par les troupeaux contraints à une descente précoce dans le bourgou par la dispa- rition des paturages sahéliens, se sont combinés pour dégrader le bourgou, Les «dalé» bourrelets de rive asséchés plus vite que les cuvettes, sont utilisés par les troupeaux pour la pénétration et comme lieu de repos nocturne dans le bourgou Ils furent dénudés et sur le. matériel de limons grossiers qui constitue la sédimentation des sommets de rive, les graines de Mimosa asperata transportées par le courant s'accrochent, L'arrachage de l'arbuste est difficile et la coupe doit etre fai.te annuellement si on veut éviter une propagation. Le Gandiandji n'a d'intérêt fourrager que pour le petit bétail et les dromadaires Sa propagation a donc des conséquences pastorales fàcheuses

Conclusion

Il ressort de ces diverses observations que les bourgoutières du lac Débo évoluent selon les cycles hydrologiques précis. Depuis 1969 la tendance est à la dégradation de la savane inon- dée Cependant le phénomene, s'il a une portée économique évidente pour l'élevage, ne semble pas une ampleur suffisante pour avoir des conséquences hydrologiques et contribuer aux anoma- lies dont la cause est recherchée Lors de la prochaine mission les observations porteront sur l'état des bourgoutières de Niafounké àTombouctou et sur celles de la Boucle en aval de Tombouctou .

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SITUATION DES SYSTEMES DE CULTURE HYDRAULIQUES EN CYCLE DE CRUES FAIBLES

Les premieres observations faites au cours de la tournée aux environs du lac Débo, la photo-interprétation des clichés Mali 1974-1~7S, les discussions menées avec des experts travaillant à l'OpératIOn nz MoptI, permettent de dresser un tableau sommaire de la situa- bon agncole dans les plaines d'inondatIon de MoptI àTombouctou dans le cycle actuel de crues faIbles (1 'J71-1977)

1 - LA RIZICULTURE PLUVIO-FLUVIALE EN AMONT DU DEBO

Il s'agit de la riziculture pratiquée par semIS au début de la saison des pluies et dont les plants terminent leur cycle végétatif grâce à la crue, En cycle de crues faibles les rendements peuvent etre abaissés pour différentes raisons.

1/ Les années de crue faible ayant en général une pluviométrie régionale déficitaireJes semIS dOlvent être répétés, le développement de la plante se fait mal avant l'arnvée de la crue

2/ La crue n'attein t pas ou trop tardivement les rizières élevées, le riz s'assèche des la fin de la saison des pluies,

3/ Pour les riziëres submergées la submersion est de durée insuffisante. Si la décrue est trop rapide au moment de l'épiaison le rendement est affaibli.

L'expérience des années dernieres montre que ces risques ne sont pas écartés dans les caSIers aménagés ou réaménagés depuis 1970 dans le cadre de l'Opération Riz Mopti (ORM).

Celle·ci couvre en 1977 dix casiers, La mise en exploitation de ceux-ci a été fortement ralentie par les crues msuffisantes ~ l'aménagement maitrise l'entréedela cruemais ne peut ni l'accélérer, ni J'élever par rapport au plan d'eau hors casier

Certains casiers situés dans des plaines hautes comme Sarantomo n'ont pas été submer- gés D'autres comme Soufourlaye, Mopti-Sud ne l'ont été que très partiellement. Les surfaces effectivement semées en 1974-1975 sont éloignées des objectifs prévus en 1977.

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- Il -

~

1974 - 1975 en ha, 1977 en ha.

,1

~

!

Surfaces attribuées semées prévues

,

"

'.

î~ Mopti-Sud , 4 ')40 3 168 4720

~~ Mopti-Nord 3234 2880 5798

1.

1

li Ibitérni

~

259 227 297

~

! Soufourlaye

~

2438 2349 5777

il Il

" Sarantombo 1 944 1 055 4422

1\

~:1

!i Sofara 666 499

li "

li Ténenkou 1. 072 2 071. 3 225

li'1

Il DIa ~07 907 1 420

li

jl Karbaye 566 386 710

~

Diambakourou 577 319 572

Sources pour 1974-1975 : Opération Riz Mopti. Rapport sur l'enquête agro socio-économique 1974-1975

SCET International, p. Il,

prévisions 1977 : Rapport de factibilité Opération Riz tome I,p.29.

Bien que je ne dispose pas des surfaces cultivées en 1977, la situation semble pour certains casiers pire qu'en 1974-1975. A Mopti-Sud on signale un abandon accentué des surfaces en casier pour causes de non-submersion, mais également d'infestation par les riz sauvages.

Ceci est confmné à l'observation par la densité des barbes et panicules légères d'O. barthü et

o

breviligulata donnant un reflet rouge à la surface de la rizière Cependant, il faut tenir compte dans l'indice d'exploitation des casiers des données humaines, en particulier de l'im- portance de la main-d'oeuvre agricole régionale, Il est évident que la population effective des

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villages entourant la plame de Sarantombo ne permet qu'une mise en valeur très partielle (S vIllages groupant 2 500 habitants, soit 700 actifs, pouvant cultiver environ 1 500 ha., ce qui correspond à peu près aux attributlOns)·Cette sous exploitation de Sarantombo a été prévue dès le premier aménagement réalisé en 1962 (Gallais 1967, a., p. 250). Par contre la bonne utilisation des casiers de Ténenkou, Diambakourou s'explique largement par l'im- portance de la population locale de riziculteurs Autrement dit l'ignorance des facteurs humains demeure, aujourd'hui comme hier, une cause flagrante d'échec.

Dans les environs du lac Débo la riziculture plUvlO-fluviale semble avoir nettement régressé, depuis 1970·1971 du fait des crues faibles et de la pluviométrie insuffisante A Sobé les nzieres sont situées le long du lac et comportent trois soles disposées en bandes paralleles au rivage) mises en culture selon la hauteur de la crue. En 1977; méme la sole la plus basse na pas été suffisamment submergée. La dernière récolte satisfaisante date de

1971 Des troïs variétés utilisées en 1957, on ne conserve que la plus tardive «mobéri», A Wangara, sur les bords du lac Korientzé, même abandon des variétés hâtives, ici le «témo», pour «malo mango», nz tardif Ces choix sont logiques: la riziculture est pratiquée lors du cycle de crues faibles, dans les plaines profondes où traditionnellement on sème des riz tar- difs, bien adaptés aux fonds de cuvette à décrue

Les rendements de la nziculture pluvio-fluviale sont, on le sait, très variables selon les conditions c1imato-hydrologiques

Le rapprochement peut-être fait:

1973 1974

Module m 3/s 694 573

Niamey

Pluviométrie 326 mm 409 mm

Mopti

Rendement moyen 804 1235

casiers Kg/Ha,

(SCET international, p. 69)

Le rendement moyen en 1974 est majoré par la mise en exploitation pour la premiere fois du casier de Sofara où les rendements furent de 2 431 kilogrammes. Cepen- dant, l'augmentation de rendement entre les deux années successives est réelle dans la plupart des casiers

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- 13 -

1 Rendement Kg/Ha"

~

1 1973 1974

~

1

1Mopti Sud 815 426

r

1Mopti-Nord 1 877 1 761

: Ibltéml 233 1 447

i

1Soufourlaye ~ 523 997

Il

Sarantombo

!

893 1843

Il

Sofara

-

2431

Il

~ Ténenkou 797 1836

IDm

1 123 , 1 613

IlKarbaya 607 1 310

Diambakourou 1141 869

Cette amélioration montre qu'en cycle de crues faibles la protection du casier joue moins que les conditions pluviométriques, celles-ci étant plus favorables en 1974 qu'en

1973 La chute de rendement à Mopti-Sud est inquiétante car elle révèle la faiblesse du sys- tème d'exploitation actuel en casier: culture continue appauvrissant le sol, insuffisance de la fumure animale dùe à l'exclusion des troupeaux transhumants, valeur économique du riz trop faible pour rendre rentable l'utilisation d'engrais chimiques, difficulté de lutter contre l'infestation progressive du riz sauvage après quelques années de mise en culture

Après deux années de conditions améliorées la situation en 1977 est d'après la simple appréciation des gens, désastreuse, Les conditions furent exceptionnellement mauvaises, crue la plus faible depuis trente ans, pluviométrie annuelle à Mopti la plus basse depuis 20 ans mis àpart 1973,

1975 1976 1977

Mopti

Hauteur du maximum de crue

Total pluies/mm 561 511 357

Nom1:>re de jours pluvieux 56 57 44

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II - LE SYSTEME DE CULTURE DE DECRUE OU PLUS PRECISEMENT

«HYDRû-PLUVIAL» EN AVAL DU DEBO

Ce systeme de culture n'est pas le système de décrue parfaitement désaisonné observé dans la Vallée du Sénégal (culture oualo) ou sur les rives du Logone et du Nil : semis ou repiquages sur laisses de décrue en octobre-novembre, récolte en fin de saison froIde (janvier). Dans le Delta intérieur du Niger ces cultures de décrue ne s'observent qu'entre Moptï et Konna sur d'étroites surfaces Les cultures de décrue les plus étendues sont en fait semi-désaisonnées ~ mise en place sur les plages de décrue découvertes jus- qu'en janvier-mars selon les lieux, floraison et épiaison en saison des pluies

Ce systeme hydro-pluvial est la base de la vie agricole en aval du Lac Débo : erg de Nlafounké, région lacustre, Boucle du Niger de Tombouctou à Gao. C'est une polycul- ture ; le sorgho occupe les surfaces les plus importantes et l'étage moyen, l'~tage inférieur est occupé par des riz de mare (riz caca ou cobé), l'étage supérieur par l'arachide, les pata- tes, le manioc .. La situation de ces cultures est très différente selon les cycles de crue

a) Cycle de crues fortes et de pluviosité favorable

Les cultivateurs jouent sur la triple possibilité : culture à sec (cultures strictement

pluviales), riziculture de crue (riziculture pluvio-fluviale), cultures de décrue. Ainsi dans les années pluvieuses 1952-55 je planimétrais les surfaces suivantes pour certaines unités du Sud de

l'erg de Niafounké (Gallais, 1957).

- Vallée du Soméré (jusqu'à Déri) défluent du Koli-Koli

· surface totale 22 500 ha

surface inondée (crues fortes 1952-1955) 10 500 ha

· population totale 2 313 hab.

surfaces cultivées: . pluviales 3 050 ha

· riziculture de crue 610 ha

· cultures de décrue 740 ha

- Vallée du Koli-Koli, entre le lac de Korientzé et le Sornéré surface totale 37 600 ha

· population totale 5 091 ha (Korientzé exclu)

· surfaces cultivées· . pluviales 3 300 ha

· riziculture de crue 1 300 ha

· cultures de décrue 1 300 ha

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;;-15 -

Les cultures pluviales sont pratiquées en années pluvieuses sur les sols sableux des pieds de dune. Ces sols sont perméablesetlespluies y entretiennent un horizon humide à quelques déc,mètres de profondeur dont les petits mils à variété hâtives tirent le maximuml - On a pu observer des champs de culture pluviale à une latitude très élevée; 160 20 lieu-dit Dara sur la bordure Est des plaines d'inondation : il s'agit de champs ouverts par les Iklan des tribus nomades Irreganaten et Kounta, 160 la dune de Dougouradji-Minnesangué rive droite de l'Issa-Ber. La pluviosité moyenne sur ce front des cultures pluviales est de l'ordre de 300 m en 2S jours (Station d'El Oualadji)

La riziculture de crue occupe les sites que l'inondation recouvre dès la fin des pluies en septembre Dans cette section de la vallée du Niger seules les rives des bras principaux et les plaines inondables voisïnes bien reliées aux lits mineurs répondent à cette condition. A la riziculture deI' crue se substitue progressivement au fur et à me8ure qu'on s'éloigne des lits mineurs la rizIculture de mare rIZ cobé ou riz caca qui est une culture de décrue.

Les cultures de décrue sont bien étendues sur les laisses fluviales et dans les cuvettes bien reliées aux lits mineurs, là où la décrue n'est pas trop tardive. Par contre dans les lacs isolés, la décrue en cycle de crues fortes se fait tardivement et ne découvre que des surfaces réduites avant les pluies : les cultures de décrue sont de ce fait limitées.

En fait chaque mare, chaque lac présente une situation particulière du fait de son régime, de la pente de ses rives, des types de sol découvertso Ainsi entre 1954 et 1956 la situation était la suivante pour les lacs rive droite :

- Lac Haribongo vastes surfaces cultivées de bonne qualité

. Lac Kabougo cultures importantes en sorgho, niébé, pastèques - Lac Titolaouin cultures très réduites

- Lac Gakorey faible mise en culture en mais, sorgho - Lac Niangaye cultures très réduites

- Lac Korarou environ 1 000 ha cultivés en culture de coton, sorgho, arachide, petit mil en culture sous pluie sur laisses de décrue.

(17)

b ) Cycle de crues faibles et de pluviosité médiocre

Le paysan sahélIen ne peut plus jouer sur la triple possibilité précédente.

Les cultures pluviales pratiquées sur dunes sont condamnées BIen qu'il faille tenu compte de l'extrême irrégularité spatiale des pluies on peut estimer que la limite des cultures pluviales se balance de pres de 2,0 de latitude > en 1977 les 357 mm réalisés à Mopti ( 140 30) représentent approximativement le mimmum requIs Au Nord du lac Débo les paysans tentent leur chance en localisant leurs champs dans les fonds de mare asséchés à la recherche de sols plus humides, là ou en cycle de crues fortes ils pratiquent les cultures de décrue On a pu observer une telle pratique au Nord-Est du lac de Konentré . mare au Nord de Sounteye. A l emplacement des jachères dunaires la repnse herbacée se fait mal et des remaniements éohens se remarquent Amsi au Sud du lac Aoungoundou des rides Vives Nord-Nord-Est-SudSud Ouest sont modelées au sommet des dunes Est-Nord-Est-Ouest-Sud- Ouest. De toute façon les cultures pluviales deviennent d'un apport tres médIOcre dans ces circonstances à partu de la latitude du lac Débo.

La riziculture de crue subit également un recul considérable du fait d'une submersion tardive ou du défaut de submersIOn Elle est pratïquement inexIstante, le~ cultivateurs misant sur les riz de. mare.

Il reste au paysan les cultures de décC\le Celles-ci sont généralement étendues pendant les prenueres années du cycle Lacs et mares sont en phase de vidange progressive ; chaque année la décrue découvre des surfaces plus étendues sur des sols enrichis par une submersion prolongée, et bien reposés. Les photographies aériennes de 1974-1975 révelent effectivement une mise en culture étendue de~ fonds de lacs pour la plupart désséchés

Nota ' la photo-mterprétation suivante donne des ordres de grandeur. Les surfaces doivent être appréciées à 10%près, La situation du lac Korarou est celle d'avril 1974. Celle des autres lacs date de mars (du 9 au 14) 1975

Lacs rive droite Lac Aoungoundou

. surface maximum en crue forte 7 700 ha

" en mars 75, 11 est coupé de son affluent le Lopérou (Mayo Dolo sur la carte IGN)

- surface d;eau résiduelle 2 760 ha - surface cultivée 990 ha.

(18)

... 17 -

Lac Nyangaye :

- surface maximum en crue forte 35 400 ha

- en mars 75 il est relié au précédent mais ses affluentsleKundarawol et le Lopérou sont taris. (Seuil de Tounkararou sur le Kundarawol) ..

L'idée esstmtielle d'un aménagement éventuel du lac pourrait être la suivante l'utilisation des terres lacusues et maximum en cycle de crues faibles, les cultures de mil, arachide mais, riz de mare som éœndues par les cultivateurs de Kanloumé, Guelavel, Daka Kandya, Daka Koro.

- surface d·'eau résiduelle ~ 7 960 ha - surface cultivée . l 030 ha

Lac Korarou :

- en avnl ln4, il est completement asséché, et son émissatre. le Koradou, est à sec depuis sa d'éfluence avec le Koli-KolI à Saraféré-Merynan

- la surface cultivée est de 604 ha localisée sur la rive Est autour de Diona Les cultures sont moins étendues qu'en cycle de crues fortes car celles-ci permettent en décrue la culture hydro-pluviale du sorgho à fort rendement Le lac étant très isolée du Koli-KolI la décrue ne commence qu'en février et se fait principalement par évaporatlOn le Koradou étant coupé. de nombreux seuils. Les semis sont effectués en mars profondément dans l'horizon humide.

En cycle de crues faIbles n'assurant pas la submersion, les cultures de sorgho sont tres réduites et le paysan pratique au fond de lac des cultures pluviales de petit mil de médiocre rendement et n'offrant pas au bétail des tiges aussi abondantes. Par ailleurs, une végétation parasite extrèmement dense se développe aux étages agricoles et doit être arrachée à la daba dans des sols argileux compacts,

Lac Do 0

- il est complétement asséché ainsi que son émissaire de Bambara-Maoundé. Au Nord-Ouest du lac un modelé éolien réapparait sur le fond lacustre.

- les surfaces cultivées sont importantes 3 325 ha

Lac Gakorey

- en mars 1975 il est complétement asséché - en mars 1~75 aucune culture

(19)

Sur le fond lacustre le modelé dunaire réapparait.

D'après les témoignages le début des cycles de crue faible est favorable aux cultures de mais, mil, blé. Après 4 à 5 années d'assèchement les cultures sont abandonnées.

Lac Garou:

- surface maximum en crue forte 10 600 ha - en mars 1975 surface en eau 1 100 ha - en mars 1975 surface cultivée 1 285 ha Lac Titolaouin :

- en mars 1975, assèchement complet - surface cultivée 232 ha

Lac Haribongo

- assèchement complet - aucune culture

Lac Kabongo

- assèchement complet - aucune culture

Lacs rive gauche Lac Tanda

- surface en eau 3 300 ha - aucune culture

Lac Kabara

- surface en eau 2 620 ha - surface cultivée 80 ha

Lac Oro

- surface en eau 880 ha - surface cultivée 2 400 ha Le lac Oro est aménagé

(20)

- 19 -

Lac Fati

- surface en eau 5 900 ha - surface cultivée 790 ha

Lac Télé et Takara

- surface en crue forte 16 000 ha

- en mars 1975 assèchement complet, les deux émissaires qui le relient au Niger ont un cours interrompu : le marigot de Bourem sur la quasi totalité de sa longueur, le Tassakan est à sec de Djindjin à Douétiré, sur 25 kilomètres.

- surface cultivée 1 180 ha Lac Faguibine

- surface maximum en crue forte 50000 ha - surface en eau 34 500 ha

- surface cultivée 5 860 ha

Lac Gouber

- surface en eau 1 000 ha - surface cultivée 344 ha

Lac Kamango

- surface en eau 130 ha - surface cultivée 1 100 ha

On sait que les lacs Télé, Faguibine, Gouber et Kamango constituent une chaîne de lacs dont le remplissage et la vidange se font par déversement d'un lac dans l'autre jusqu'à la côte des~eui1s qui interrompt à une certaine date l'écoulement dans les marigots de jonction. Ces déversements successifs retardent les maxima et minima de plus en plus dans la chaîne des lacs ,ainsi le maximum qui est en décembre à Diré est en mars au Figuibine.

En mars 1975, le Télé est déjà coupé du Niger, la crue de 1974-1975 ayant été faible.

Le cycle de crues faibles qui a commencé en 1970-1971 a vidé progressivement le Télé.

La superficie totale cultivable est maximum (13 000 ha)dans ce lac en cas de crue moyenne

(21)

Les crues très faibles du cycle 1970-1975 permettent un indice d'utilisation encore élevé 7 180 ha.

Le Faguibine est probablement le lac le plus étudié de la cuvette lacustre (Viguier 1949). Son remplissage obéit à des cycles de crues excédentaires. Le lac se remplit d'année en année davantage réduisant les terres de décrue ou à des cycles de crues déficitaires. Le lac reçoit peu et il s'assèche progressivement jusqu'à la découverte complète de son fond. Ainsi les remplissages totaux eurent lieu en 1894, 1917, 1930, 1956 et les assèchements totaux en 1910, 1924, 1941.

En mars 1975, le Faguibine est au maximum de sa crue annuelle. Tout en tenant compte de ce fait son remplissage semble important pour les conditions hydrologiques de l'année : le cycle de crues faibles prévaut depuis 1970-71.

Les surfaces cultivées observables en mars 1975 sont en fait des cultures de frange humide plus que de décrue, celle-ci n'ayant pas encore commencé. Les surfaces cultivées en décrue vont s'étendre progressivement entre mars et la saison des pluies en juillet.

En particulier le riz cobé ou riz de mars, sera replanté en suivant la baisse du plan d'eau pour une récolte en septembre-octobre. Le sorgho est semé de mars à fin de juin. La situation apparait relativement favorable dans la mesure où la décrue en cycle de crues faibles découvre l'horizon des terres limoneuses. Par contre en cycle de crues fortes la décrue ne découvre que l'horizon supérieur des terres siliceuses.

Bien qu'il soit impossible de préciser l'étendue des terres cultivées à la décrue 1975 à partir de la situation existante en mars on peut estimer que les surfaces cultivées seront de l'ordre de 10 000 ha.

La surface totale cultivable est maximum au Faguibine, 22 000 ha, en cas de crue très faible correspondant à un remplissage insignifiant et à un assèchement total en fin de décrue.

Ce maximum cultivable est théorique dans la mesure où la main-d'oeuvre disponible limite les emblavures. En 1974-1975, la main-d'oeuvre régionale est probablement réduite par l'émigration provoquée par la grande sécheresse du Sahel. Quoiqu'il en soit on peut

penser que les surfaces cultivées sont comparables à celles réalisées en 1941 (lac assèché totale- ment) 9 100 ha. Par contre en 1956 année de remplissage maximum les surfaces cultivées ne furent que 3 500 ha.

Pour le lac Faguibine la situation agricole en cycle de crues faibles est donc favora- ble par la combinaison de trois facteurs.

- extension considérable des surfaces cultivables

(22)

- 21 -

- implantation des cultures sur les sols limoneux

- répartition des cultures favorisant certaines cultures de vente: mais, blé, pastèques.

(23)

CONCLUSION

La mission réalisée en novembre 1977 a été écourtée et n'a pu couvrir; l'ensem- ble de la région du Moyen-Niger pour différentes raisons: difficulté avec un seul véhicule de visiter à la fois la rive droite et la rive gauche, en période de crue il faut revenir à Bamako pour passer de l'une à l'autre. troubles de santé après une première tournée, vents de sable n'ayant pas permis le survol prévu. Par ailleurs la complexité des problè- mes reliés à l'hydrologie dans le Moyen-Niger est telle qu'une mission de courte durée, même si elle est appuyée par une bonne connaissance antérieure de la région, ne permet pas des conclusions défmitives. Cependant la mission m'a permis un certain nombre d'obser- vations de terrain autour du lac Débo, des discussions instructives avec des experts et techni- ciens deïa région, la consultation de documents rapports, photographies aériennes qui ne se trouvent réunis qu'au Mali.

Dans l'état actuel de mes observations il s'agit moins de èonclusion gue d'un état de mes opinions, que le travail ultérieur peut modifier et que la discussion avec les différents spécialistes pourra infléchir.

1) Un premier groupe d'observations peut être centré sur la situation résultant du cycle de crues faibles connu entre 1971 et 1977. Ce cycle de crues faibles a incontestablement provoqué une dégradation du milieu végétal si original du Delta intérieur.

Le bourgou est dégradé plus nettement que je ne le pensais à la lecture de certains rapports d'agrostologues. Ceux-ci n'ayant fait leurs observations près de Mopti,je pensais que le désurpaturage et la coupe d'herbe expliquaient localement la dégradation et que les grandes bourgoutières du Débo pouvaient résister aux conditions climatiques et hydrologiques de la grande sécheresse. En réalité, ces bourgoutières sont nettement dégradées. Les observations plus anciennes ont permi la mise en évidence de cycles de progression ou de dégradation démar- quant les cycles hydrologiques. Problème pastoral grave. La diminution des troupeaux

récente permet encore un certain équilibre avec ces pâturages amaigris. Mais la substitution durable d'espèces sans valeur fourragère au bourgou qui a été observée est inquiétante pour l'avenir car l'ubiquité des mimosées conquérantes leur permettra de tenir en cas de crue forte.

Le troupeau en cours de reconstitution trouvera un potentiel fourrager diminué lorsqu'il aura atteint ses effectifs d'avant la sècheresse.

(24)

- 23 -

Les problemes liés à l'utilisation agricole du sol ne sont pas moindres. Les opé- rations de développement de la riziculture inondée subissent le contre temps classique.

J'évoquais dans mon ouvrage sur le Delta intérieur (Ga1lais, 1967, a., p. 247) le fait suivant:

.--" les aménagements mis en place sur FIDES dans les années 1950 furent conçus à la suite du cycle de crues faibles de 1945-1950 : on se préoccupa d'accélérer la submersion et de contrôler celle-ci par des petits travaux en particulier la mise en place de grilles à poisson.

Le cycle de crues fortes qui commença en 1952 rendit ces aménagements inutiles et en 1960 la plupart étaient abandonnés et détruits.

Le méme contre-temps, mais en sens opposé, pèse sur les aménagements actuels.

Les casiers furent conçus pour assurer la sécurité dans les conditions de forte hydraulicité qui prévalurent entre 1960 et 1968. Leur mise en place depuis 1970 se fait en cycle de crues faibles où ils ne sont que partiellement opérants. Le bilan pour la crue faible de 1977 n'a pu être fait, la moisson n'étant pas encore achevée dans les rizières. La comparaison des ren- dements casiers-hors casiers serait intéressante à effectuer.

Dans ces conditions de crue faible la situation des cultures de décrue est souvent favorable. La photo-interprétation a permis une planimétrie révélant une exploitation très inégale mais relativement importante de la plupart des lacs. 11 serait intéressant de comparer les surfaces cultivées en fonction de l'hydraulicité sur un certain nombre d'années-témoins aux caractéristiques différentes. Cela permettrait de connaître les conditions optimum pour chacun des lacs et de définir les objectifs d'un aménagement hydraulique. De telles études ont été réalisées à propos du Faguibine mais à ma connaissance pas pour les autres lacs. En particulier les conditions d'utilisation agricole des lacs rive droite sont quasi-inconnues.

2) La recherche des causes des anomalies de la crue du Niger a engagé un certain nombre d'observations sur le terrain. Celles-ci n'ont pu couvrir l'ensemble des hypothèses de travail avancées dans le programme.

Le rôle des aménagements agricoles? Si l'anomalie se situe effectivement entre Niafounké et Tosaye ce sont les aménagements de cette section qu'il convient d'observer. Cela sera un des objectifs de la seconde mission. De Ké-Macina au Débo je ne crois pas que les aménagements réalisés aient une incidence sur le régime du Niger étant donné le rapport des surfaces en casiers aux surfaces inondables hors-casiers, approximativement 30 000 ha sur 2 000000 ha.

(25)

La dégradation de la végétation des plaines d'inondation ? On conçoit aisément qu'une plaine dénudée pondère moins le régime de la crue qu'une savane dense inondée, Là encore les observations font défaut pour la partie aval. Pour la section amont du Débo la dégradation abservée, bien que très notable, ne me semble pas suffisante pour modifier le rythme et les volumes de l'écoulement fluvial.

Les remaniements dunaires? Certains ont été signalés tant sur les zones d'anciens champs sur les dunes que sur les fonds lacustres sous forme de remaniements éolien du matériellimono-sableux. Cependant le problème se pose surtout en aval de Tombouctou, là où les dunes subvives constituent un des él6ments de l'immédiat cadre morphologique de la crue. Les observations seront faites dans cette région.

Les observations réalisées dans le domaine morphologique au niveau du

lac Débb ne révèlent pas de modification sensible dans le partage des eaux entre les trois principaux émissaires. L'Issa-Ber semble doué d'une force érosive sur les berges plus

vigoureuse aux hautes eaux que le Bara-Issar: Observation qui doit être complétée en étiage et qui, de toute façon, demeure qualitative. Les couvertures photographiques récentes 1969-

1970 confirment l'évolution du Débo que des observations en 1960 m'avaient permis

d'évoquer: remblaiement par colmatage du fond lacustre, érosion régressive à partir du chenal de l'Issa-Ber dans la partie Nord-Ouest du lac, Là encore l'observation en étiage est indispensa- ble. Dans l'état actuel de mes observations morphologiques je ne dispose pas d'indice d'un glissement des débits "Vers les émissaires orientaux au niveau du lac Débo . Dans ce cas et s'il y a effectivement court-circuitage de Diré par défluence vers l'Est, la prise de défluence aurait lieu plus en aval et les modifications seraient à rechercher dans le triangle Issa-Fay (confluence Bara-Issar, Issa-Ber), Saré Yamou, Koryoumé. Les photos aériennes d'avril 1975 montrent un incontestable «engorgement» des mares et marigots de cette région.

Suggestions en ce qui concerne les études d'images-satellites

Les études de progression de la crue et de la décrue me semblent les plus utiles.

C'est dans ce genre de phénomène évoluant rapidement que le caractère répétitif des images est, en dépit de la petite échelle, le plus utile. Un suivi systématique de la mise en eau et de la décrue pour les années 1973-1974 (crue très faible) 1974-1975 (crue faible) serait inté- ressant à condition de disposer d'un nombre d'images suffisants pour les zones Diaka-Mopti, Nord-Ouest Débo,Nord-Est Débo, Tombouctou. L'imagerie acquise ne me semble pas suffisante pour effectuer ce suivi.

L'étude de l'évolution du bourgou entre deux dates correspondant à la même hauteur

(26)

- 25 -

de crue et séparées par au moins trois années de crue faible, me semble également intéres- sante. Le secteur à étudier pourrait être la rive Sud du lac Débo entre Airé Soroba et Tialdé (voir la carte morpho-botanique jointe à ce rapport).

Une étude morphologique très précisé sur l'évolution des lits mineurs et lits ma- jeurs pourrait être menée sur le triangle de' défiuenœ éventuel (Issa-Fay, Bara-Issar, Issa-Ber) par comparaison minutieuse de la couverture 1952, des images de 1972-1973, de la couverture

1975. La difficulté est que l'état de la crue n'est pas le même aux prises de vue 1952 (23 février pour la feuille Débo, 5m62 à l'échelle de Niafounké) qu'à celles de 1975 (9 mars lm03 à l'échelle de Niafounké). On pourrait dédoubler la comparaison:

- photo février 1952 - image satellite de 1975 la plus proche des conditions d'hydraulicité du 23 février 1952.

- image satellite 1972 la plus proche des conditions d'hydraulicité du 9 mars 1975 - photo mars 1975.

Etant donné les conditions de l'agriculture régionale je ne pense pas que les images satellites puissent apporter des informations valables sur l'utilisation du sol et comparables à celles obtenues grâce àla photo-interprétation par quelqu'un qui connait àl'avance parfaitement la région. Le fréquent morcellement des surfaces cultivées, l'éxiguité des parcelles sont telles qu'elles échappent à l'image. Par ailleurs, l'interprétation de la réflectance serait extrêmement délicate étant donné que les surfaces cultivées sont, selon les profondeurs, dans des états très variés : maturité plus ou moins avancée, récolte faite ou non.

Rouen, le 9 décembre 1977 J. GALLAIS

(27)

GALLAIS, J. 1957

Références bibliographiques utilisées dans le texte

La vie agricole dans la zone Sud-sahélienne

Rapport Mission d'Etude et d'Aménagement du Niger.

Service de l'Hydraulique - Dakar.

GALLAIS, J. 1967 a. Le Delta intérieur du Niger - étude de géographie régionale Mémoires de l'LF.A.N. - 2 tomes

GALLAIS, J. 1967 b. Le Delta intérieur du Niger et ses bordures - étude morpholo- gique. Mémoires et documents du C.N.R.S.

VIGUIER, P. Le lac Faguibine. Rapport 1949.

(28)

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