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Le cinéma fait son cinéma ?

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Academic year: 2022

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Appel à contribution pour un numéro thématique de la revue Réseaux

Le cinéma fait-il son cinéma ?

Coordonné par Philippe CHANTEPIE

La revue Réseaux prépare un numéro thématique portant sur le cinéma et ses mutations contemporaines. Toujours dominant dans les pratiques culturelles le plus répandues, toujours croissant à l’échelle mondiale, combinant productions internationales et productions locales, le secteur du cinéma et les usages du cinéma connaissent cependant des évolutions fortes. Elles peuvent être assez rapides, comme la numérisation des salles, l’arrivée de nouveaux acteurs mondiaux de la distribution qui ont commencé à s’installer en amont, à travers le financement massif d’acquisition de droits (Netflix, Amazon, Apple,…) face aux acteurs les plus traditionnels et apparemment les mieux établis (les studios hollywoodiens et des producteurs et distributeurs en Europe) des industries culturelles et médiatiques. Elles peuvent être plus lentes, comme les usages du cinéma en salle, l’hybridation des formes, la « démocratisation » des modes de production, la pluralité des écrans d’accès, etc. Dans les deux cas, « le cinéma » se donne à voir comme une industrie culturelle plutôt étanche aux mutations qui ont traversé la plupart des autres, ainsi de la musique, de la presse, par exemple. Jamais présenté dans les numéros précédents de la revue Réseaux comme un thème en soi, le cinéma se trouve pourtant à la croisée de nombreuses transformations (technologiques, sociales, économiques,…) analysées dans la plupart.

Le numéro qui y sera dédié entend mettre à jour et dresser un état des lieux des travaux scientifiques récents qui abordent cet objet culturel massif, apparemment inébranlable, sous l’angle de disciplines variées (sociologie, économie, sciences de gestion, d’information et de communication ou de marketing, voire juridiques tant ce secteur est régulé, le cas échéant esthétique). Sans hiérarchie entre les thématiques, l’appel à papier suggère pourtant quelques mutations ou domaines de nature à exprimer des lieux de tensions et d’évolution. Ils sont souvent partagés avec d’autres secteurs et dans bien des cas alors, parfois emblématiques ou paroxystiques (marketing, notoriété, mondialisation,…), comme ils peuvent être spécifiques (distribution numérique en salle, 3D, billetterie), justifiant d’une forme d’exceptionnalité du genre artistique et industriel. Pour ouvrir quelques perspectives, il est possible d’observer notamment et sans exclusive :

- les phénomènes d’hybridation du genre, que ce soit avec les jeux vidéo, la bande dessinée, plus largement l’importance acquise par le cinéma d’animation, mais aussi les liens avec le développement et le succès des séries qui renouvellent des pratiques plus classiques de sequels, remake et se traduisent en détournements, mêmes,… tout autant qu’en logiques de transmédia ou ;

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- le déploiement d’un renouvellement des techniques du cinéma, principalement du fait du numérique (images de synthèse, effets spéciaux, filière technique numérisée,...) avec des effets puissants de libération d’accès à la création cinématographique ou filmique (films en amateur, films pour téléphonie mobile, facilité du court métrage, production web, etc.) ;

- des formes de « banalisation » et d’appropriations nouvelles de consommation du cinéma ou du film, dont les modes d’accès suivent un mouvement de fragmentation et de multiplication des écrans, désacralisant la salle qui cherche à se renouveler du côté d’une offre d’expérience, comme elle devient le relais d’expression spectaculaire (opéra, théâtre, e-sport, conférences,…) ;

- des tendances d’usages du cinéma paradoxales dans un univers d’hyper-offre, entre des constructions identitaires, individuelles, générationnelles, communautaires… et des relations aux films et au cinéma transformées en termes d’attachement, de perception, de modes d’informations (critiques, blogs, prescriptions numériques, algorithmique et big data…), de fidélité, de consommation.

- des dynamiques paradoxales de convergence ou de divergence économiques et industrielles comme sociales au sein du secteur entre un oligopole qui se resserre et une multitude de producteurs, voire d’auto-producteurs, entre des blockbusters et du cinéma dit d’art et d’essai, mais aussi des lieux de production renouvelés (Chine, Nigéria, Inde…), dynamiques qui favorisent une désegmentation, fragmentation et différenciation des genres comme de l’objet-film ou bien des polarisations irréversibles ;

- les modèles de financement privé et public du cinéma traversé qu’il est par ces mutations puissantes, mais aussi plus sourdes, qu’ils soient chahutés par une concurrence mondiale et des tendances à déréglementation laissant un espace croissant à ne nouvelles formes de financement des films et du cinéma (économie sociale et solidaire, crowdfunding).

Calendrier

Les propositions d’articles d’une à deux pages indiquant le terrain d’enquête retenu devront être adressées à Aurélie BUR : [email protected], d’ici le 1er septembre 2018 et seront soumises aux procédures d’évaluation habituelles (en double aveugle).

Les auteurs dont les propositions seront retenues devront fournir une première version de leur article pour le 1er janvier 2019.

La sortie du numéro est prévue au second semestre 2019.

Plus d’informations sur la revue Réseaux

Références

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