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L'exploration du monde minéral à l'aide des rayons X

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publics ou privés.

L’exploration du monde minéral à l’aide des rayons X

W.L. Bragg

To cite this version:

(2)

LE

JOURNAL

DE

PHYSIQUE

ET

LE RADUIM

L’EXPLORATION DU MONDE

MINÉRAL

A L’AIDE DES RAYONS X

Par W. L. BRAGG.

Professeur à l’Université de Manchester

(1).

SÉRIE

VII.

TOME VII.

N° 8. AoûT

1936.

1. Monde minéral et structure cristalline.

-Le monde minéral nous a fourni en

grand

nombre les

plus

beaux

exemples

de structure cristalline Les cris-taux se

développent

au mieux

quand

ils le font dans des conditions stables et

constantes,

conditions

qui,

dans la

nature,

se trouent réunies d’une manière et

dans une mesure contre

lesquelles

on ne

peut

pas lutter au laboratoire. Les cristaux ont de tout

temps

attiré notre attention par leur

grande

beauté ;

certains d’entre eux, les

plus

rares et les

plus

durables,

les

pierres

précieuses,

sont considérés

parmi

tous les

ob-jets

naturels,

comme ceux

qui

ont le

plus

de valeur. Le réseau cristallin

toutefois,

ne se confine pas à

quelques

spécimens

particulièrement

bien

développés

tels que nous les admirons dans les collections de mi-néraux.

Ruskin,

dans son «

Ethique

de la

poussière

» tire une

leçon

morale des dessins ravissants que nous

pourrions

admirer dans le moindre

grain

de

poussière

si nous

pouvions

le

grossir

suffisamment. L’oeuvre de Ruskin forme une série de conférences dont le thème repose sur les différentes

espèces

de minéraux et sur

l’arrangement systématique

des atomes

qui

les

compo-sent. Ruskin

imagine

que ses auditeurs

possèdent

un don de double vue

qui

leur

permet

d’étudier ce

réseau,

sur la nature

duquel

il fait ensuite toute une série

d’hy-pothèses.

Maintenant que nous

possédons

réellement ce don de vision autrefois

imaginaire,

maintenant que

nous pouvons étudier les cristaux au moyen des rayons

X,

nous sommes

frappés

de voir

combien,

dans

son

imagination

non entravée par la

prudence

scienti-fique,

Ruskin s’est souvent

approché

de la vérité. La nature nous procure, pour exercer notre

tech-nique,

des matériaux de tout

premier

ordre. On fit tout

d’abord

l’analyse

de

minéraux

tels que le sel

gemme,

le

diamant,

la

fluorine,

la

blende,

les

pyrites,

la

calcite.

(1) Conférence faite devant la Société française de Physique, le 21 avril493û.

On

peut

dire

qu’à

l’heure actuelle tous les

principaux

types

de minéraux ont été

analysés

aux rayons X. On a

poursuivi

ces

analyses pendant quelque

vingt

ans et

depuis

celle du

feldspath

faite tout

récemment,

on

peut

les considérer comme achevées dans leur en-semble. Sans doute il nous reste encore à

explorer

un

grand

nombre de

points

de détail extrêmement

inté-ressants mais nous pouvons maintenant résumer les lois

générales qui

gouvernent

les différentes structures

qui composent

l’écorce solide de la terre.

On se demandera comment il se fait que nous

puis-sions

parler

des minéraux comme groupe restreint de

composés chimiques.

Les éléments

chimiques

peuvent

donner naissance à un nombre infini de

composés.

Toutefois le nombre des

espèces

minérales est

restreint;

si l’on en

excepte

les variétés rares que l’on ne trouve

que dans certaines

régions

où elles se sont

développées

dans des conditions

spéciales,

ce nombre est même très

restreint,

si bien que cette branche de la

minéra-logie

se rattache à l’art du collectionneur. Le

plaisir

du collectionneur serait

complètement

gâté

si la nature

sans cesse

produisait

des variétés nouvelles de

miné-raux, de même que celui que nous

prenions,

dans notre

enfance,

à collectionner les

timbre-poste

a

été,

pour nos

enfants,

complètement gàté

par le nombre énorme de timbres émis par les différents pays.

Les minéraux sont peu nombreux car ils sont les derniers à avoir survécu à l’usure des

temps.

Ils

repré-sentent la matière dans son état

d’équilibre suprême.

Leur

énergie

potentielle

a sombré dans un abime si

profond,

elle est tombée à un niveau si bas que rien ne

peut

l’induire à en sortir.

Ce

degré

si bas

d’énergie potentielle

est un état d’ordre et non pas de désordre. Un cristal est

plus

stable

qu’un

fouillis d’atomes.

L’arrangement

géomé-rique parfait

du cristal

représente

la matière sous son

aspect

le

plus inerte,

le

plus

mort;

on ne

peut

plus

en

(3)

322

attendre aucun

changement,

de même que les différents

plans

de société nouvelle et

parfaite

qui

nous sont

suggérés

de

temps

à autre

représentent

les conditions

d’existence les

plus

mornes

qui

se

puissent

imaginer

Le cristal est t en

quelque

sorte «

l’Utopie

o de la

ma-tière.

Ainsi,

le monde que nous allons étudier sera gou-verné par les lois de la

géométrie.

Nous

parlerons

de

tétraèdres,

d’octaèdres,

d’angles,

de surfaces et d’arêtes. Afin de

l’apprécier,

ce monde, il nous faudra ressem-bler aux

géomètres

grecs lavis par la bf auté des formes solides

géométriques

Ces formes

géométriques

ne

jouent

un rôle aussi

important

dans aucune autre

science ;

elles sont le propre de la

cristallographie.

Bien que tous les cristaux soient construits sur un dessin

géomé-trique,

les formes

géométriques

les

plus simples

et les

plus régulières

sont d’une

importance

extrême en

miné-ralogie

par le fait même que les minéraux sont d’une inertie totale.

L’obligntion

dans

laquelle

ils sont de ne

posséder

d’énergie potcn tit’Ile

qu’à

un

degré

extrême-ment bas

impose

à leur

configuration

certaines

exigences géométriques auxquelles échappent

les

com-posés

éphémères préparés

en laboratoire.

2. Rôle des différents éléments et atomes dans

les structures des cristaux. --Huit éléments

compo-sent les 98 pour 100 de l’écorce solide de la terre. Dans cette étude

générale,

nous laisserons de côté les autres éléments dont la

plupart

n3 se trouvent

que çà et

là dans cel’taines

fissures

oÙ 11 est très

difficile

de les ¡>elrouver. Les éléments communs sont

l’oxygène,

le

silicium,

le

fer,

le

calcium,

le

potassium,

le sodium. et

le

magnésium.

La

figure

1 illustre leurs

proportions.

~ig. 9 .

La masse de l’écorce terrestre est

composée

d’oxy-gène. L’oxygène

n’est pas seulement l’élément le

plus

commun mais aussi celui

qui

tient le

plus

de

place.

Les rochers sont

composés

d’atomes

d’oxygène

cimentés par le

silicium,

l’aluminium et

quelques

autres élé

-ments. Ces éléments se divisent en trois

catégories

selon la manière

dont,

avec l’aide de

l’oxygène,

ils forment les structures. Nous aurons l’occasion de revenir

sou-vent sur ces

catégories.

a)

Eléments

formant le centre d’un groupe

tétraé-dral. -

Quatre

atomes

d’oxygène

sont

groupés

aux coins d’un tétraèdre dont le centre est

occupé

par

l’élé-ment. Tout le silicium se trouve

placé

de cette

manière,

de même que la

plus grande partie

de l’aluminium.

b) Éléments

formant le centre d’un groupe

octaé-dral. - Six atomes

d’oxygène

sont

groupés

aux coins

d’un octaèdre dont le centre est

occupé

par l’élément.

C’est là la

position caractéristique

du

magnésium,

du

fer et de ce

qui

reste de l’aluminium.

L’aluminium,

et ceci lui est

particulier,

peut

jouer

un double ôle. Il se

place généralement

avec le silicium mais il se conduit aussi comme un métal : fer ou

magnésium.

c) É

éments volumineux :

sodium,

calcium et

po-tassium. - Ces éléments sont

trop

volumineux pour

se

placer

dans les groupes tétraédraux. Ils sont

logés

dans de

larges

trou~,

souvent

irréguliers

de la struc-ture

Fig. 2.

Les

types

de groupes sont

représentés

dans la fi-gure 2. Les groupes tétraédraux et octaédraux forment les unités fondamentales du

dessin,

les

points qui

sou-tiennent tout le tissu minéral. Tous les

minéraux,

quelle

que soi t la

complexité

de leur

dessin,

sont

composés

de ces groupes tétraédraux et octaédraux. Il faut bien se

rappeler

que ces groupes ne sont pas en

général

des unités distinctes car il

n’y

a pas suffisamment

d’oxy-gène

pour que

chaque

atome central

possède

un groupe

complet

à lui seul. Les atomes

d’oxygène

d’un groupe

appartiennent

aussi au groupe voisin. Dans la

descrip-tion des structures il est extrêmement commode de se servir de tétraèdres et d’octaèdres mais il faut se

rap-peler

que ces unités ont en commun des

coins,

des arêtes et même des surfaces parce

qu’un

atome d’0 de l’un

appartient

aussi à l’autre de sorte que la structure

entière se trouve ainsi étroitement liée.

3.

Principaux

types

de minéraux. - Les miné-raux communs se divisent en certains groupes

impor-tants.

Jusqu’à

présent

pour faire cette classification les

minéralogistes

se

guidaient

sur les

propriétés physiques

plus

que sur les

propriétés

chimiques

et l’étude de la

structure minérale a

amplement justifié

cette

règle.

On sait maintenant que cette classification repose sur la

structure minérale dans son

état squelettique, squelette

composé

des groupes tétraédraux enchaînés les uns aux

autres. Ces liens sont

plus

solides que les liens

(4)

323

lui

qui

a l’influence décisive sur la forme de la

struc-ture.

L’abondance relative des minéraux les

plus

communs

est illustrée par la

figure

3. Les minéraux sont le

quartz

Fig. 3.

le

feldspath,

le

mica,

les

pyroxènes

et les

amphiboles.

On

peut

aussi y ranger les silicates

basiques

de fer et

de

magnésium

tels que l’olivine. Ces

grandes

divisions naturelles des minéraux

présentent

des traits

physiques

étonnamment différents les uns des

autres ;

elles sont bâties de la

façon

suivante :

a)

divine

(1B1g, Fe)

SiOl. - Les tétraèdres

_5i0’~

ne

sont pas liés directement les uns aux

autres ;

ils le sont seulement par des groupes octaédraux intermédiaires

autour de

Mg

ou de Fe

(figure 4

a).

Fig. 4.

b)

Pyroxènes

et

amphiboles. MgCa (§10~)2, :BlgûCa2

(~1~0~1)2

(OH)2.

-

Les groupes tétraédraux sont liés en chaînes infinies par les coins. Ces chaînes sont cimen-tées par les octaèdres de

magnésium

et de fer

(figure 4 b).

c)

Micas. K

(AI,, Mg3) (AISia01o)(0IIt~. - Les groupes

tétraédraux

qui

contiennent Si et Al sont liés les uns aux autres en feuilles infinies. Ces feuilles sont

super-posées

comme les pages d’un livre et reliées de diffé-rentes

façons

(figure

4

c).

d) Feldspaths. 10,

aiBlSi30x,

CaAI,Si,O,.

-Les tétraèdres forment un cadre à trois dimensions et

sont liés les uiis aux autres par

chaque

coin. Le radre a la

composition

(Al, Si)O,.

Les irons volumineux

Ii, Na,

Ca se trouvent à l’intérieur dans les espaces vides.

(figure 4 d).

e)

Quartz

Si02. -

Cetle structure est entièrement

composée

de tétraèdres

qui

contiennent Si et

qui

sont

partout

liés coin par coin.

Le

type

de structure

correspond

il la

composition

tlu

ininéral,

il

correspond

tout

particulièrement

à lu

pro-portion

du

premier

groupe

d’éléments,

ceux

qui

se

trouvent à l’intérieur des

tétraèdres,

par

rapport

à

l’oxygène disponible.

Par

exemple

s’il existe

quatre

oxygènes,

ou même

davantage,

pour

chaque

silicium

nous

avons des groupes

S10

,~

séparés.

S’il

n’y

a que

deux

oxygènes

pour

chaque silicium,

il faut que les tétraè1 1 cs

partagent

chaque

coin de sorte que

chaque.

Si

puisse

avoir

quatre

oxygènes

autour de soi ce

qui

donne comme résultat lmtructnre du

quartz.

Les

types

intermédiaires de liaison

représentent

les

proportions

intermédiaires.

4. -

Nous pouvons maintenant considérer

quelques-unes des

propriétés

que ces formes

caractéristiques

de

groupement

confèrent aux minéraux.

u)

Olivine. - Dans l’olivine les tétraèdres

séparés

sio~

sont liés les uns aux autres par les octaèdres Fc et

Mg. Géométriquement

parlante

cela

peut

se faire d’une manière extrêmement

compacte

sans

gâcher d’espace.

Le ininéi’al est d’une texture uniforme

puisqu’il

n’existe aucun lien

exceptionneMemont

solide,

pas

plus

dans une direction que dans

l’autre,

d’où un minéral

lourd,

compact,

et d’une texture

transparente.

b)

Pyroxènes

et

amphiboles. -

Les

pyroxènes

et les

amphiboles

sont

composés

de cordons tétraédranx liés de côté par les octaèdres Fe et

Mg.

Comme il fal(ait

s’y

attendre,

les

pyroxènes

et

amphiboles

sont de nature fibreuse et se fendillent tirés tacitement

te long des

chaînes mais non pas au travers des chaînes. L’amiante est un

exemple

très connu de cette sorte déminerai. Les fibres sont vraiment

remarquable.

Avec une fibre d’amiante on

peut

faire un noeud très serré sans la casser,

exacte-ment comme avec un brin de coloii. L’habitude amortit

notre

étonnement,

mais en vérité il est

surprenant

que l’on

puisse

nouer une

pierre

aussi aisément. Cette

pro-priété

est due aux liens extrêmement solides

qui

se

trouvcnt dans les groupes tétraédraux et aux liens rela-tivement

fragile

qui

relient les chaînes.

Ces minéraux se divisent en deux

grandes classes,

les

pyroxènes

et les

amphibole.

Leur

clivage

les

dis-.

(5)

am-324

phiboles.

Warren découvrit laraison de cette différence

et la

figure

5 illustre son

explication.

Fig, 5.

Tous les

pyroxènes

sont basés sur des chaînes

simples

de

tétraèdres,

toutes les

amphiboles

sur des chaînes

doubles,

deux chaînes étant

jointes

de côté pour former comme une sorte de ruban. Sur la

figure

nous voyons la chaîne par son

extrémité;

les chaînes

amphiboles présentent

une forme

plus

ovale. En

con-séquence,

les fentes de

clivage,

qui

ne

peuvent

couper les

chaînes,

s’entrecroisent

plus obliquement

dans les

amphiboles.

c)

Mica. - Les couches de mica se clivent très

aisé-ment. On

peut, semble-t-il,

diviser à l’infini une couche de mica en lamelles de

plus

en

plus

minces.

Le modèle de mica que nous avons sous les yeux

(’)

montre sa structure

qui

fut tout d’abord

analysée

par

Pauling.

Ce

qui

la caractérise c’est une série de couches

tétraédriques,

chaque

tétraèdre étant lié par trois coins au tétraèdre

voisin,

formant ainsi un réseau

hexagonal.

Deux de ces feuilles sont donc cimentées par les octaèdres

Al,

Mg,

ou Fe

pour former

une feuille

composée.

Ce sont ces feuilles doubles

qui

sont

extraor-dinairement résistantes et

qui permettent

au mica de se cliver si facilement parce que

chaque

feuille n’est liée à la feuille voisine de

chaque

côté que par les attractions faibles des atomes de

potassium qui

se trouvent entre elles. La

perfection

du

clivage

du mica

est un

phénomène

vraiment

remarquable.

Il suit le

plan

où se trouvent les atomes de

potassium.

Il

peut

(1)

L’auteur présentait ce modèle.

suivre ce

plan

sur une distance d’un centimètre et même

davantage

sans

qu’aucun

atome

puisse

le faire

dévier de car

plan.

Nous pouvons le démontrer comme Friedel fut le

premier

à le faire remarquer, ea

greffant

des cristaux de

(NH,)I

sur le mica. Les atomes d’ammonium dans

NHJ

se trouvent

précisément

avoir le même réseau que les atomes K dans le mica tant en forme

qu’en

dimen-sion. Par

conséquent,

tous les cristaux de

11H~I

se

développent

dans une direction

parallèle

à celle du mica. Le

grain

du dessin dans les couches moléculaires successives du mica se

dirige

alternativement à

gauche

puis

à droite du

plan

de

symétrie ;

d’où il suit que les

petits

cristaux de

NH~I

eux aussi se

dirigent

à

gauche

ou à droite selon le

type

de feuille

qui

forme la surface

supérieure

du mica. S’ils sont

dirigés

tous du même

côté,

c’est que la couche

superficielle

du mica doit être la même sur toute la surface. On

peut

trouver des

surfaces où effectivement tous les cristaux de

NH*1

sont orientés de

façon

identique ;

on trouve aussi des surfaces où ils sont orientés en certaine direction à un endroit

et dans la direction inverse à un autre

endroit;

au

milieu (lu mica existe alors une marche

épaisse

d’une feuille élémentaire.

Dans les micas

(brotite, phlogopite)

de formule

K(Mg,Fe)3 (AISi,Oio)

(OH)2

le

grain

est moins

marqué

que dans les muscovites de formule

KA12

(AISi,010)

(OH)2.

Par

conséquent

dans le

premier

cas les cristaux de

NH~I

sont orientés indifféremment dans l’une ou l’autre direction. Des feuilles semblables à celles du mica forment aussi la base des minéraux

argileux.

Ce sont

des feuilles

simples

de trétraèdres avec un côté actif de sommets et un côté inactif de bases. Les minéraux

argileux

sont de

petites paillettes

hexagonales,

une

sorte de minéral moulé en

feuilles,

formé par la des-truction des autres roches. Leurs

propriétés chimiques

et

physiques

très curieuses et

qui importent

tant à la fertilité du

sol,

sont dues à leur caractère.

Feldspath. -

Le

feldspath

est le

plus important

des minéraux

qui

forment l’écorce terrestre. Il nous est

familier comme l’un des

composés principaux

du gra-nit. Il est formé de tétraèdres Si et Al. Ces tétraèdres

sont liés les uns aux autres par

chaque

coin dans toutes les directions et forment un réseau de tétraèdres à trois dimensions. Les atomes volumineux

Na,

K,

en

occu-pent

les interstices.

Nous ne pouvons

parler

ici que de deux de ses inté-ressantes

propriétés.

Tout t d’abord si nous édifions une structure de tétraèdres

qui

soient liés par

chaque

coin de cette

manière,

il est

impossible

de fixer un octaèdre sur ces tétraèdres. Par

conséquent

le

magné-sium et le fer dont la

présence

est

caractéristique

dans les groupes

octaédriques

d’atomes

d’oxygène

sont

exclus des structures de

feldspaths

Nous ne trouvons

jamais

ces métaux dans les

feldspaths.

Deuxièmement, les

feldspaths

se divisent en deux

(6)

symé-trique

est

caractéristique

d’une

catégorie;

l’albite et

l’anorthite, NaAlSi30~

et

CaAI2Si2n~,

moins

symé-triques,

le sont de l’autre

catégorie.

Cette différence

provient simplement

du volume du

grand

catioit. Le

potassium

est si volumineux que

lorsqu’il

est inséré dans le

cadre,

il le dilate en une forme

symétrique

tandis que les cations

plus petits

Na ou Ca

permettent

à celui-ci de fléchir et de

prendre une

forme

qui

penche

plus

d’un côté que d’un autre et

qui

n’est pas

symné-trique.

Nous devons cette

explication

à

Taylor

qui

fut le

premier

à

analyser

les

feldspaths.

5. Densité des minéraux. - Je voudrais pour terminer

parler

d’une autre

particularité

générale

des minéraux : leur densité.

Ici encore la densité

dépend

largement

de considéra-tions

géométriques.

Si nous

mélangeons

des tétraèdres isolés à des

octaèdres,

comme dans l’olivine

l’espace

peut

être utilisé de la

façon

la

plus

économique.

Géo-métriquement parlant,

on

peut

arranger une structure de sorte

qu’un

maximum d’atomes avec leurs cations

voisins,

soient inclus dans un volume donné. D’autre

part,

si l’on arrange une structure en attachant des tétraèdres coin par

coin,

on

gaspille

de la

place,

en

produisant une

structure dilatée et contenant de

grands

espaces vide.

Par

conséquent

nous devons constater que, de tous les minéraux communs, l’olivine est le

plus

lourd,

le

feldspaths

et le

quartz

les

plus légers,

les autres miné-raux

occupant

une

position

intermédiaire. Plus l’en-chaînement

tétraédrique

est

étendu,

plus

la structure est

légère

comme le prouve la liste suivante.

Il s’ensuit naturellement que l’écorce terrestre est

surtout

composée

de ces

minéraux,

le

feldspath

et le

quartz

y

prédominant, justement

parce

qu’ils

sont les

plus

légers

et ainsi flottent à la surface. Suivant les

principes

de’l’isostasie,

les

feldspaths légers

flottent sur les silicates

ferro-magnésiens plus

lourds

qu’eux

et ces

silicates,

à leur

tour,

flottent

probablement

sur les sulfures

métalliques

et sur les métaux

qui

sont beau-coup

plus

denses. De nouveau la Géométrie

triomphe.

L’existence

opportune

d’un radeau de roches sur

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