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Contributions de l’ESS aux transformations sociales dans les territoires : leviers ou freins ?

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Academic year: 2022

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1 L’innovation sociale ; leviers et freins pour le territoire ?

Par Valérie Billaudeau et Caroline Dewynter

Le contexte de crise porte sur le devant de la scène l’innovation même si elle est mise à mal par les contraintes économiques. Malgré les baisses de financement dans les services de recherche et développement ou dans les aides à l’innovation, tous les acteurs (entrepreneurs, collectivités territoriales, politiques) fondent des espoirs pour trouver des solutions nouvelles permettant de développer l’activité ; ils espèrent que l’innovation apporte les idées qui pallieront à leurs problèmes.

En ce sens, l’innovation est un concentré de paradoxes : différente d’une invention, elle porte cependant les nouveautés qui font écho aux besoins de la société. Depuis la fin du 19ème siècle l’innovation a surtout été développée par les industries dans le but d’une meilleure rentabilité.

L’innovation a ainsi contribué à un meilleur être des salariés et de la société toute entière. L’exemple de la machine à laver le linge est une innovation technologique ayant eu une incidence sur le travail des femmes, en les soulageant d’une tâche ménagère contraignante. Le déploiement des innovations technologiques, souvent associées au progrès, a gommé les risques que toute innovation peut faire prendre. Ainsi, si les innovations permettent à la société des facilités de condition de vie, elle a également des effets pervers, voir néfastes. Pour reprendre l’exemple de la machine à laver, certes, la programmation électronique d’une lessive est une innovation mais rend l’outil plus fragile et difficilement réparable par les détenteurs de l’objet. Paradoxe à nouveau quand une innovation s’inscrit dans une optique d’obsolescence programmée nuisible à long terme et à l’échelle de la planète dans le but d’un développement commercial. Devant les impasses échafaudées par les entreprises les plus innovantes depuis plus d’un siècle, l’apparition du terme l’innovation sociale se profile comme une fenêtre ouverte oxygénante mais reste encore très floue. De quoi s’agit-il lorsque l’innovation sociale est abordée ? En quoi est-elle différente de l’innovation tout court ? Un état des lieux des différentes approches de l’innovation sociale permettra d’être une première réponse avant de révéler la perception d’un échantillon d’acteurs de terrain. Enfin, nous proposerons des exemples d’innovations sociales (ou identifiées comme telles) en Pays de la Loire pour illustrer cette notion mais aussi pour pointer ses difficultés et les besoins sur un territoire donné.

Innovation sociale : des approches multiples

L’innovation au sens historique du terme (Dandurand, 2005) a une finalité économique ; l’innovation est développée pour contribuer à la croissance (Schumpeter, ). Le manuel d’Oslo, référence internationale des activités d’innovation dans l’industrie, fait évoluer sa définition pour y introduire en 2005, la notion d’innovation non technologique (Richez-Battesti, 2009) : « c’est la mise en œuvre d’un produit (bien ou service) ou d’un procédé nouveau ou sensiblement amélioré, d’une nouvelle méthode de commercialisation ou d’une nouvelle méthode organisationnelle dans les pratiques de l’entreprise, l’organisation de travail ou les relations extérieures ». La notion d’innovation organisationnelle ouvre la voie à un autre type d’innovation purement technologique.

Quelques années avant que le manuel d’Oslo n’ouvre cette piste, des chercheurs au CRISES (Centre de recherche sur les innovations sociales) au Canada travaillent et développent le concept d’innovation sociale comme « une intervention initiée par des acteurs sociaux, pour répondre à une aspiration, subvenir à un besoin, apporter une solution ou profiter d'une opportunité d'action afin de modifier des relations sociales, de transformer un cadre d'action ou de proposer de nouvelles orientations culturelles »

(http://www.crises.uqam.ca/upload/files/rapports-annuels/Rapport_annuel_08-09.pdf [archive)

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2 Cette définition insiste sur une initiative provenant de la base, c’est-à-dire par les acteurs directement impliqués qui identifient un besoin auquel ils vont essayer de trouver des solutions pour répondre. Cette approche aborde également la notion de transformation des relations sociales ou d’actions qui ne sont pourtant pas spécifiques, ainsi mentionné, à l’innovation sociale dans la mesure où ces changements sont également présents avec tout type d’innovation.

En France, l’AVISE (Agence d’ingénierie et de services pour entreprendre autrement) reprend la définition du CSESS (Conseil Supérieur de l’Economie Sociale et Solidaire) pour définir l’innovation sociale de la façon suivante :

" L’innovation sociale consiste à élaborer des réponses nouvelles à des besoins sociaux nouveaux ou mal satisfaits dans les conditions actuelles du marché et des politiques sociales, en impliquant la participation et la coopération des acteurs concernés, notamment des utilisateurs et usagers. Ces innovations concernent aussi bien le produit ou service, que le mode d’organisation, de distribution, dans des domaines comme le vieillissement, la petite enfance, le logement, la santé, la lutte contre la pauvreté, l’exclusion, les discriminations… Elles passent par un processus en plusieurs démarches : émergence, expérimentation, diffusion, évaluation."

Cette définition, issue de la réflexion d’acteurs de terrain de l’économie sociale et solidaire, insiste sur le caractère novateur de réponses à des besoins sur le marché et met en valeur la place des utilisateurs et des usagers pas seulement dans l’identification des problèmes mais également dans les réponses apportées. Par ailleurs, cette définition souligne l’étendue du champ d’action de l’innovation sociale et un processus déjà identifié se rapprochant de l’innovation technologique. Pour être plus précis encore, la CRESS PACA structure sa conception de l’innovation sociale en cinq points : c’est d’abord (1) une finalité avec une réponse aux besoins sociaux et environnementaux. Ensuite (2) des usages et processus par pratiques sociales et/ou organisationnelles, voire des mouvements sociaux. (3) La dimension collective est fondamentale avec un modèle de gouvernance multi parties prenantes et des réseaux. (4) La coordination comme médiation permet de faire bouger (traduction) les représentations et donc d’innover. (5) L’ancrage territorial est une caractéristique forte de l’innovation sociale.

Les acteurs de l’économie sociale et solidaire, du fait de leur statut valorisant le fonctionnement démocratique, ont une place privilégiée pour identifier les projets d’innovation sociale. C’est pourquoi, la loi-cadre 2013 devenue loi ESS en 2014 sur l’économie sociale et solidaire aborde cette question dans l’Article 86 qui s’intéresse aux dispositions relatives au développement des entreprises concourant à l’innovation sociale. Il résume les deux définitions évoquées précédemment : «I.

L’innovation sociale est caractérisée par le projet d’une entreprise ou l’une de ses activités économiques, qui est d’offrir des produits ou services : 1° Soit répondant à une demande nouvelle correspondant à des besoins sociaux non ou mal satisfaits, que ce soit dans les conditions actuelles du marché ou dans le cadre des politiques publiques; 2° Soit répondant par un processus de production innovant à des besoins sociaux déjà satisfaits. » La loi française intègre le fait que l’innovation sociale est portée par une entreprise qu’elle soit associative, coopérative ou autre et ayant des difficultés à financer ses projets innovants. C’est pourquoi, un volet est consacré au financement : « II. Pour bénéficier des financements publics, le caractère innovant de son activité doit, en outre, engendrer, pour cette entreprise, des difficultés à en assurer le financement intégral aux conditions de marché condition ne s'applique pas aux financements accordés au titre de

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3 l'innovation sociale par les collectivités territoriales. » Mais la difficulté d’identifier un projet d’innovation sociale reste entier car la loi prévoit en « III. Un conseil supérieur de l'économie sociale et solidaire (qui) définit des orientations permettant d'identifier un projet ou une activité économique socialement innovant au sens du I.» Ainsi, il est intéressant de souligner que le législateur prend en compte les structures de l’ESS comme des entreprises à part entière bien que le contenu de l’article 2 de la loi Economie Sociale et Solidaire montre qu’elles ne sont pas les seules à générer de l’innovation sociale. En effet, cette dernière pose la définition d’une entreprise recherchant une utilité sociale : « considérées comme recherchant une utilité sociale au sens de la présente loi les entreprises dont l'objet social satisfait à titre principal à l'une au moins des trois conditions suivantes : (1) ont pour objectif d'apporter, à travers leur activité, un soutien à des personnes en situation de fragilité, soit du fait de leur situation économique ou sociale, soit du fait de leur situation personnelle et particulièrement de leur état de santé ou de leurs besoins d'accompagnement social ou médico-social. Ces personnes peuvent être des salariés, des usagers, des clients, des membres ou des bénéficiaires de cette entreprise; (2) ont pour objectif de contribuer à la préservation et au développement du lien social, à la lutte contre les exclusions et inégalités sanitaires, sociales et économiques, ou au maintien et au renforcement de la cohésion territoriale;

(3) concourent au développement durable, sous réserve que leur activité soit liée à l'un des objectifs mentionnés aux (1).»

L’innovation sociale se caractérise par une finalité d’utilité sociale (à l’inverse d’une innovation technologique dont la finalité est principalement économique) qui peut être portée par des structures classiques comme par des structures de l’économie sociale et solidaire. Mais l’innovation sociale s’identifie également par un processus participatif. Son envergure est donc large et donne lieu à plusieurs approches.

Innovation sociale : choix d’une posture ?

L’Institut Jean Baptiste Godin (GUYON Thibault et BESANÇON Emmanuelle, Janvier 2013) ont fait la synthèse des différentes approches avec le schéma suivant.

L’innovation sociale par la finalité

Modernisation des politiques

publiques

L’IS comme nouvelle modalité d’action pour

dépasser les limites de

l’action publique

Entrepreneuriat social (Approche anglo-saxonne)

Ecole des recettes marchandes

L’IS portée par une activité économique marchande au

profit d’une Ecole de

l’innovation sociale

L’IS portée par un entrepreneur au

service d’une finalité sociale

- Logique de marché - Nouveauté - Besoin sociaux (finalité)

Entreprise sociale(Approche

européenne)

L’IS issue d’un processus ascendant, basé sur

une organisation démocratique et non lucrative

- Economie plurielle - Nouveauté/rupture (changement

institutionnel)

- Besoin et aspiration sociales, avec accent mis sur le processus

-Perspective et temporalité Approche institutionnaliste

L’IS comme co- construction démocratique d’acteurs multiples en rupture dans un

contexte et un territoire donné

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4 Cette conception aborde l’innovation sociale à travers deux aspects : son caractère de nouveauté et sa finalité sociale. Elle a été développée à travers (a) les transformations des politiques publiques et (b) l’entrepreneuriat social.

Dans le premier cas (a), l’innovation sociale va venir pallier une défaillance, un manquement de l’action publique. Le secteur privé et la société civile sont encouragés et valorisés à travers les initiatives mises en place. Relais de l’état, elles viennent corriger, voir remplacer, les manquements de l’action publique. Les gouvernements, administrations nationales ou organisations supranationales vont particulièrement s’inscrire dans cette approche de l’innovation sociale.

Aujourd’hui, c’est un moyen de faire face aux nouvelles problématiques économiques et sociales émergentes : réduction des budgets, méthodes et processus issus du secteur privé, être réactif face à la demande et aux besoins des usagers. Ce positionnement s’inscrit dans une perspective de compétitivité et d'attractivité des territoires. Si l’engagement de la société civile se fait sous forme collective (rassemblant les usagers, des habitants, etc.), alors l’initiative est le plus souvent représentée et analysée à travers l'entrepreneuriat social (b). D’origine anglo-saxonne, ce dernier apparait dans les années 80 au sein des cercles du patronat et des grandes écoles de gestion et se scinde en deux écoles : l’entrepreneuriat porté par un entrepreneur dans lequel l’accent est mis sur l’individu et sur la finalité de son action (la réponse à un besoin ou un problème social), ainsi que sur l’échelle de ses impacts. La deuxième école appréhende les recettes marchandes comme moteur de l’innovation. Elle souligne les moyens financiers de produire l’innovation sociale, entendue comme une réponse à un besoin social et met en avant la fonction entrepreneuriale, en insistant sur les motivations philanthropiques et les opportunités de marché. C’est donc une activité rentable, marchande qui financera l’innovation sociale.

La modernisation des politiques publiques et l’entrepreneuriat social se révèlent complémentaires : elles fonctionnent comme une réponse à des besoins sociaux face auxquels l'action publique se révèle relativement inefficace. Cette réponse est portée par des entrepreneurs sociaux, financée soit d'une manière classique pour les activités rentables, soit à partir de financements privés philanthropiques et d'aides d'Etat pour les projets ne pouvant se financer par les seules activités marchandes.

L’innovation sociale par le processus

Cette seconde conception se positionne davantage sur la nature collective des processus et des produits de l'innovation sociale. Cette conception a été principalement développée en Europe par le réseau européen EMES (Emergence des Entreprises Sociales en Europe) et au Québec.

En Europe l’entreprise sociale est rapidement associée à l’économie sociale et solidaire et vient renouveler cette tradition séculaire sur le continent. L’esprit entrepreneurial de cette approche est caractérisé par une double dimension collective et démocratique, absente dans l’approche anglo- saxonne plus individualiste et philanthropique. Le réseau EMES a établi un « idéal-type » de l’entreprise sociale composée de 3 catégories d’indicateurs : économique, sociale et sur la structure de gouvernance, se déclinant en trois éléments descriptifs/de lecture.

Une dernière approche appelée « institutionnaliste » insiste sur la dimension collective du processus d’innovation sociale et met en exergue le processus collectif ascendant qui prend forme sur les territoires à partir de la participation d’acteurs multiples, créant ainsi les conditions d’ « un système d’innovation localisé, au sens d’organisation des coopérations entre acteurs sur un territoire donné » (Richez-Battesti et al., 2012, p.

22) ou encore d’un « développement territorialement intégré » (Hillier et al., 2004). Dans cette perspective,

« l’innovation sociale est une intervention initiée par des acteurs sociaux pour répondre à une aspiration, subvenir à un besoin, apporter une solution ou profiter d’une opportunité d’action afin de

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5 modifier des relations sociales, de transformer un cadre d’action ou de proposer de nouvelles orientations culturelles » Bouchard (2011). Cette définition met en avant la volonté de transformation sociale, d’aspiration au changement, qui peut être au fondement de l’action portée par des « acteurs sociaux », et qui prend de ce fait une tournure politique plus forte que dans les approches précédentes.

Dans l’approche institutionnaliste et de l’entreprise sociale, le principe de nouveauté est dépassé par celui du changement avec une discontinuité des pratiques habituellement mises en place. C’est davantage l’idée de rupture avec l’existant qui est utilisée (la nouveauté étant relative au contexte et à l’environnement). Par ailleurs, le principe de finalité sociale, répondant à un besoin statique du territoire, est remplacé par le processus ascendant et démocratique, par lequel les différents acteurs vont co-construire la réponse à leurs besoins. Le moyen est mis en exergue plus que le résultat pour une transformation sociale. Sa portée va au-delà de la simple amélioration de l'efficacité d'une organisation, de l’augmentation de l'attractivité d'un territoire, de la limitation des externalités négatives ou de l'augmentation de la soutenabilité du développement économique ; l’innovation sociale dans le sens de transformation sociale mise sur sa capacité à promouvoir d'autres formes de coordination et de coopération que les relations marchandes, voire à participer à un processus de ré- encastrement de l'économie dans un projet politique et démocratique.

Cette posture à la fois complète et ambitieuse est un terrain d’analyse et de développement extrêmement riche car elle repose sur un processus, des résultats, une diffusion et des impacts induisant des changements de fond. Ainsi, par exemple, « les associations situées en territoire rural proposant un service de portage de repas à domicile auprès de personnes âgées de la localité sont innovantes socialement dans la mesure où leur activité ne se résume pas au seul portage du repas.

Leur spécificité réside dans l’idée d’en faire un support afin de mieux comprendre les besoins des personnes âgées. L’objectif se déplace ainsi du portage de repas à tous ce que ce service peut procurer au quotidien, en termes de lien social pour des personnes isolées et en termes de sécurité pour la famille éloignée. Si le portage est interrompu pour des raisons d’hospitalisation, les visites peuvent se poursuivent à l’hôpital. L’impact et le changement d’usage se positionne, porté par une structure démocratique, à l’opposé d’une logique de bien qui, dans le cas présent, aurait conduit la structure à maximiser le nombre de repas portés et à minimiser le temps passé sur place. » (BESANÇON Emmanuelle « Les principales approches de l’innovation sociales » L’innovation sociale en pratiques solidaires. Emergence, approches, caractérisation, définition, évaluation. Contribution de l’Institut Jean-Baptiste Godin, Janvier 2013)

Innovation sociale en Pays de la Loire ?

Devant la prise de conscience de l’importance de l’innovation sociale, les régions et notamment celle des Pays de la Loire essaie de les identifier. Une équipe d’experts en réseaux sociaux, la coopérative WISSE, à la demande du Conseil Régional, a réalisé un travail de recensement des initiatives innovantes. Les résultats ont été publiés sur Social Planet en 2013 via le petit traité de l’innovation sociale mettant en lumière 100 initiatives en Pays de la Loire. A partir du travail de cartographie des initiatives innovantes initié par Social Planet, nous avons sélectionné un échantillon de structures afin de recueillir leur témoignage sur les freins et leviers à l’innovation ; en essayant qu’il soit représentatif des dynamiques existantes, à la fois du point de vue territorial mais également du point de vue économique avec la prise en compte des secteurs d’activités. Sur les dix structures sondées, la moitié ont répondu afin de tenter de comprendre : (1) en quoi leur structure est innovante, (2) quels sont les freins et leviersrencontrés et (3) le lien avec leur territoire.

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6 Le retour d’expérience des structures, à ne pas généraliser vue le nombre de réponses, montrent cependant que les principaux leviers se révèlent être des opportunités de marché qui correspondent souvent au contexte socio-économique. C’est d’abord le constat d’un manque ou d’un besoin issus de bénéficiaires pour lesquels la structure a été mise en place. Par ailleurs, l’évolution des usages, le changement des mentalités amènent à des pratiques nouvelles auxquelles les innovations sociales vont répondre. Elles peuvent être de nouvelles façons de consommer, de se soigner, d’échanger ou même de se rencontrer. La dimension financière via les subventions et aides à la création d’entreprises sont également être déterminantes lors de la création d’un projet. Notamment pour ce qui est du financement d’un emploi. Les freins, eux, sont paradoxalement plus difficiles à identifier par les structures sondées. Il faudrait sûrement s’intéresser à des structures qui n’ont pas pu aller au bout de leur projet pour davantage appréhender les difficultés rencontrées. Le rapport aux collectivités locales ou aux réseaux locaux sont primordiaux et sont souvent les principaux freins à la mise en place d’un projet. Les représentations sont aussi un facteur de difficulté. Toute innovation comprend un risque qu’il est difficile d’assumer pour un financeur du fait des changements de représentations que cela implique. Enfin, l’ancrage territorial est une priorité à part entière dans chacune de ces innovations : au cœur des principes de l’économie sociale et solidaire, la notion de proximité et de retour au développement économique local fait écho auprès des porteurs de projets et des bénéficiaires.

Conclusion

Même si l’innovation sociale demeure une notion très vague, elle est pressentie comme importante et à soutenir. La Région Pays de la Loire ainsi que d’autres institutions comme la Fondation du Crédit Coopératif qui prime depuis plus de 20 ans des projets innovants, s’intéresse à l’innovation sociale.

Par ailleurs, un fonds de dotation créé récemment à Angers, choisi les projets à financer à travers le prisme de l’innovation sociale. Dans tous les cas, le débat sur les contours de l’innovation sociale reste entier tant qu’une posture n’est pas prise par ceux qui s’y intéressent. Dès lors, il ne s’agit pas d’un simple a priori positif comme le souligne Y. Bonny mais d’un véritable choix que les collectivités publiques, notamment, peuvent réaliser. En effet, l’innovation sociale ne peut se développer sans soutien qu’il soit institutionnel ou financier. Les entreprises privées ont compris que le mode de

Structures Départements Secteurs d’activités

Croquinelle 44 Consommer

Green Raid 44 Consommer

Joo Sport 44 S’évader

GMB 49 49 Mutualiser/coopérer

Siel Bleu 49 49 Aider/soigner

Le Bastringue 49 Culture

Brasserie Associative

de Montflours 53 Consommer

Mayenne Bois Energie 53 Préserver

Com 3 Pom 72 Travailler

Clef de sol 85 Culture

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7 gouvernance démocratique était un facteur favorable à l’émergence de l’innovation. L’innovation sociale peut donc apporter des pratiques à l’innovation technologique, tout comme l’innovation technologique peut aider à structurer les organisations qui créent de l’innovation sociale. Un projet de recherche appelé ISTESS (Innovation Sociale et Technologique dans l’Economie Sociale et Solidaire), croisant les deux approchent, est financé par les Pays de la Loire afin de développer toutes les chances d’innovation dans l’économie sociale et solidaire en région. Les points de convergence et de différenciation de l’innovation sociale et technologique offrent des perspectives d’optimisation des savoir-faire des deux pratiques et proposent une lecture plus précise des périmètres de chacune.

L’enjeu est de proposer une démarche pour faciliter l’innovation qu’elle soit sociale et/ou technologique en faveur des projets sur un territoire qui se veut dynamique.

Bibliographie

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Dandurand Louise, Réflexion autour du concept d’innovation sociale, approche historique et comparative, Revue Française d’administration publique, n° 115, 2005, p. 377-382.

GUYON Thibault et BESANÇON Emmanuelle « Les principales approches de l’innovation sociale » L’innovation sociale en pratiques solidaires. Emergence, approches, caractérisation, définition, évaluation. Contribution de l’Institut Jean-Baptiste Godin, Janvier 2013

Hillier Jean, Moullaert Franck, Nussbaumer Jacques. « Trois essais sur le rôle de l’innovation sociale dans le développement territorial » [En ligne]. Géographie, économie, société. 19 juin 2004, vol. 6, no 2, p. 129-152. Disponible sur : URL <

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Schumpeter Joseph Alois. « Capitalisme, socialisme et démocratie » éd. Payot, 1990, 451 p.

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