A NNALES DE L ’I. H. P., SECTION B
M. L EDOUX
Théorème limite central dans les espaces l
p(B)(1 ≤ p < ∞)
Annales de l’I. H. P., section B, tome 19, n
o4 (1983), p. 393-411
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Théorème limite central
dans les espaces lp(B) (1 ~ p ~)
M. LEDOUX
Département de Mathématique, Université Louis-Pasteur, 7, rue René-Descartes, F-67084 Strasbourg Cedex
Ann. Inst. Henri Poincaré, Vol. XIX, n° 4-1983, p. 393-411.
Section B : Calcul des Probabilités et Statistique.
SUMMARY. - The
relationships
between the central limit theo-rem
(CLT)
in Banach spaces and thecotype
andtype properties
are wellknown: in the Banach spaces of
cotype 2,
andonly
inthem,
a randomvariable satisfies the CLT if and
only
if it ispregaussian
and in Banach spaces of type2,
andonly
inthem,
a squareintegrable
random variable satisfies the CLT. This paper studies the CLT in the spaceslp(B)
in thevarious cases and B is of cotype 2 or type 2.
As a
result,
a random variable Xtaking
values inIp(B)
with 2 ~ p o0and B of
cotype
2 verifies the CLT if andonly
if it ispregaussian
andlim the
contrary,
thèse two conditions are not sufficient for the CLT when 1 2 and B is not ofcotype
2. The mainargument
used inproofs
is aninequality by
J.Hoffmann-Jørgensen
whichallows also to
study
the law of the iteratedlogarithm
forpregaussian
randomvariables
taking
values in the spaceslp(B) (1 p oo ).
Les liens entre le théorème limite central
(TLC)
et lespropriétés
decotype 2 et de type 2
d’espaces
de Banach sont bien connus : dans lesespaces de Banach de cotype
2,
et seulement dans ces espaces, une variable aléatoire vérifie le TLCsi,
et seulementsi,
elle estprégaussienne,
alorsque dans les espaces de type
2,
et seulement dans ces espaces, une variable aléatoire de carré sommable satisfait au TLC. Parexemple,
dans les espacesl p (1
poo) qui
sont decotype
max(2, p)
et de type min(2, p),
la carac-Annales de l’Institut Henri Poincaré-Section B-Vol. XIX, 0020-2347/1983/393 $ 5.00
394 M. LEDOUX
térisation des vecteurs aléatoires
prégaussiens
de N. V. Vakhania fournit pour 1 p 2 une condition nécessaire et suffisante pour le TLC. Pour 2 p ~c, le résultat des espaces de type 2 seprécise puisque
G. Pisieret J. Zinn ont montré
qu’une
variable aléatoire X à valeursdans lp
vérifiele TLC
si,
et seulementsi,
elle estprégaussienne
et lim . ~Cette
équivalence
s’étend aux treillis de Banach p-convexes, p >2,
etq-concaves, q oo, mais ne se
généralise
pas à tous les espaces detype
2comme le montre
l’exemple
de12(lp),
2 p oo, mis en évidence par J. Zinn.Ces diverses observations
suggèrent
une étude de lapropriété
de limitecentrale dans les espaces de Banach
(1
p suivant que 1 p - 2ou 2 p oc et suivant que B est de
cotype
2 ou detype
2. Nous démon-trons en
particulier
que si B est decotype 2,
une variable aléatoire X à valeurs danslp(B)
vérine le TLCsi,
et seulementsi,
elle estprégaussienne
et lim
t2p { Il
XIIp
>t}
= 0. Ceci prouve par la même occasion quel’équi-
valence
précédente
nepeut
engénéral impliquer
aucune autrepropriété
de
cotype
et detype
que lapremière super-propriété
nontriviale,
à savoir’
la non-finie
représentabilité
de co,puisqu’il
est bien connu en effet que dans tout espace danslequel
co est finimentreprésentable
il existe unevariable aléatoire
prégaussienne
bornée ne vérifiant pas le TLC. En outre,cette
équivalence
a lieu dans des treillis detype
2qui
ne sont pas nécessai- rement p-convexes pour un p > 2.Nous examinons
parallèlement
la loi dulogarithme
itéré(LLI)
pour les variables aléatoiresprégaussiennes
dans les espaceslp(B). Lorsque
B est de
cotype 2,
pourqu’une
variableprégaussienne
X à valeurs danslp(B)
vérifie laLLI,
il faut et il suffit queE { Il X Il
cetteéquivalence généralisant
la relation entre le TLC et la LLI.Cette étude est menée dans le cadre des espaces
lp(B)
mais les différents résultats s’étendent aisément au cas des espacesLp(S, L, J1 ; B),
où(S, X, Il)
est un espace mesuré
a-fini,
avec les modifications évidentes à apporter dans certaines notations et démonstrations.1 .
NOTATION, DÉFINITIONS, PREMIÈRES PROPRIÉTÉS
Un espace de Banach
{E, [ [ . [ [ )
est decotype q
E[2,
oo]
s’il existe une constantepositive
finie C telle que, pour toute suite finie(~ 1, ... , xn)
d’éléments de
E,
onait :
Poincaré-Section B
THÉORÈME LIMITE CENTRAL DANS LES ESPACES lp(B) (1 p ce) 395
où
désigne
une suite de variables de Rademacherindépendantes.
E est de type pe
[1, 2 s’il
existe une constantepositive
finie C telle que, pour toute suite finie(xi,
...,xn)
d’éléments deE,
on ait :Tout espace de Banach est de cotype infini et de type un.
Tout au
long
de cetravail,
Bdésignera
un espace de Banach réelsépa-
rable muni de sa
norme ) ) .
.~~.
Pour toutréel p
de[1, oo),
nous noteronslp(B) l’espace
de Banach(séparable)
des suites x = d’éléments de Bv /v~ 1/p
telles oo ; sa norme
est !! x~p
=~p)
et sia = est une suite de
scalaires,
on notera de la mêmefaçon :
Les
propriétés
decotype
et detype
sont stables par formation delp-somme
au sens suivant
[19 ] : lp(B)
est decotype q
pour p qsi,
et seulementsi,
B est de
cotype q
etlq(B)
est detype p
pour q > psi,
et seulementsi,
B estde
type
p.Si X est une variable aléatoire à valeurs dans un espace de Banach réel
séparable (E, [ [
. nousdésignerons
par(Xn)nEN (N
l’ensemble des entierspositifs)
une suite decopies indépendantes
de X et parSn(X)
lasomme
partielle Xi
+ ... +Xn .
On dit alors que X vérifie le théorème limite central(TLC)
si la suite converge en loi dans E. On dit que X vérifie la loi dulogarithme
itéré(LLI)
si la suite est presque sûrement(p. s.)
relativement compacte dans Eoù an
=2nL2n
(n
EN)
etL2t
=Log (max (e, Log t)) (t
>0).
Une variable aléatoire X à valeurs dans
E,
faiblement centrée et fai- blement de carréintégrable (i.
e. pour tout élémentf
du dual E’ deE, E ~ f (X) ~
= 0 etE ~ .f’2(X) ~ oo),
est diteprégaussienne
s’il existe dans Eune variable aléatoire
gaussienne G(X)
de même structure de covariance.Une variable vérifiant le TLC est évidemment
prégaussienne ;
le carac-tère
prégaussien
n’est par contre pas nécessaire engénéral
pour la LLI.Rappelons
par ailleurs que si G est un vecteurgaussien
dans E tous ses4-1983.
396 M. LEDOUX
moments sont
équivalents
et enparticulier
il existe pour tout r > 0 des constantes cr etC~
nedépendant
que de r telles que :où
A(G) = (sup G Il
>t})1/2.
Ceséquivalences
s’obtiennent parexemple
àpartir
del’inégalité
de X.Fernique ( [6 ], 1. 3).
La
proposition
suivante regroupequelques
argumentsgénéraux
sur leTLC dans les espaces de Banach
[1 ] [12 ] [20 ] [21 ].
Commeprécédem-
ment, si X est à valeurs dans
(E, ~ ~ . ( ~ ), A(X) = (sup X ~ ~
>t ~ ) 1 ~ 2 .
t>o
PROPOSITION 1.1. - Soit X une variable aléatoire à valeurs dans un
espace de Banach réel
séparable (E, Il
.i )
Si Xvérifie
leTLC,
on a :ii)
Pour que Xvérifie
leTLC,
ilfaut
et ilsuffit qu’il existe,
pour tout réelE >
0,
une variable aléatoire Y(que
l’on peut choisirétagée) satisfaisant
anTLC,
telle que :En résumé
donc,
si X vérifie le TLC nécessairement X estprégaussienne
et lim X
Il
>t ~
= 0. Dans cetravail,
nous nous intéresserons essentiellement aux espaces danslesquels
ces deux conditions sontéga-
lement suffisantes pour assurer la validité de la
propriété
de limite cen-trale. La
proposition
suivante les caractérise et prouve quel’implication
considérée est une
super-propriété
au sens de~13 ].
PROPOSITION 1. 2. - Soit un espace de Banach réel
sépa- rable ;
pour que dans E toute variable aléatoireprégaussienne
X telle que limt2P ~ Il
X[[
>t ~
= 0vérifie
leTLC,
ilfaut
et ilsuffit qu’il
existe deuxconstantes
positives finies
c et C telles que, pour toute variable aléatoireétagée
centrée Y à valeurs dans E de
gaussienne
de même covarianceG(Y),
on ait :Démonstration de la
proposition
1. 2.L’inégalité
degauche
est satisfaitedans tout espace de Banach et par toute variable aléatoire vérifiant le TLC
THÉORÈME LIMITE CENTRAL DANS LES ESPACES (1 p oo) 397
(et
même par toute variable aléatoire si E ne contient pas decopie isomorphe
de co
[21 ]).
En cequi
concernel’inégalité
dedroite,
en vertu de la pro-position
1.1 et d’unargument
degraphe fermé,
il suffit de se convaincre que pour toute variableprégaussienne
X degaussienne
associéeG(X)
telle que lim
t2p { Il X I > t}
=0,
il existe une variable aléatoireétagée
Yrendant
petites
lesquantités A(X - Y)
etA(G(X - Y)).
A ceteffet,
onpeut
par
exemple
se ramener d’abord à une variable bornéecompte
tenu du fait que :Ensuite,
on construit unemartingale
formée de variablesétagées qui
converge p. s. vers X de sorte que limA(X - X(N))
= 0. En notantY(N)
=X(N
+1 )
-X(N),
on vérifie sur la covariance que(avec
les nota-tions
correspondantes) G(Y(N)) a même loi que G(X)
et l’intégrabilité
NE~I
gaussienne implique
alors:d’où le résultat.
Les
propriétés
decotype
2 et detype
2peuvent s’interpréter
defaçon simple
en termed’intégrabilité
de variablesprégaussiennes
et de gaus- siennes associées(voir
parexemple [3 ], 3 . 8,
exercice8).
Ces caractéri- sations s’étendent aux espaces(1
pce)
enenglobant
le théo-rème de N. V. Vakhania sur les covariances
gaussiennes
dans leslp [22].
Si X =
(Xk)kEN
est une variable aléatoire à valeurs dans à compo- santes de carrésommable, {E ~ ~ ~ X ~ I 2 ~ ) 1 ~2 désignera
la suite réelle((E { Il Xk ~~2 1 )1/2)kE~ ,
p est un réel fixé de[1,
PROPOSITION 1. 3. - Pour que B soit de cotype 2
(resp.
de type2),
ilfaut
et il
suffit qu’il
existe une constantepositive finie Cp
telle que, pour toutevariable
prégaussienne
X à valeurs dans degaussienne
associéeG(X),
on ait :
Comme corollaire immédiat de cet
énoncé,
notons que si B est un espace deHilbert,
une variable aléatoire centrée X à valeurs danslp(B)
estpré- gaussienne si,
et seulementsi, Il (E { Il ~X~2})1/2~p ~
cequi
estpréci-
Vol.
398 M. LEDOUX
sément le résultat de N. V. Vakhania si B est la droite. A titre de compa- raison on peut
également
observer que :Signalons
en outre que cetteproposition
segénéralise
sanspeine
au casdes espaces ...
(lpi(B))
...)),
1 _ p 1, pz, ..., pi ~ ; avec les nota- tionscorrespondantes,
laquantité qui
intervient alors est :Démonstration de la
proposition
1.3. - Nous établissons l’assertion concernant lecotype,
celle relative autype
se démontrant defaçon
ana-logue.
L’existence d’une constante C telle que pour toute variable aléatoireprégaussienne
Y à valeurs dans B degaussienne
de même covarianceG(Y) :
est une condition nécessaire et suffisante pour que B soit de
cotype
2[3 ].
Supposons
alors B decotype
2 et considérons une variable aléatoirepré- gaussienne
X =(Xk)kEN
à valeurs dans sagaussienne
associéeG(X)
est de la forme
(G(Xk))kEN où,
pour toutentier k, G(Xk)
estgaussienne
dans B de même covariance que
Xk.
Par suite :Tous les moments d’une
gaussienne
étantéquivalents, l’inégalité
de laproposition
s’ensuit. Laréciproque
est immédiatecompte
tenu de l’inclu- sion B clp(B)
et du résultatrappelé
ci-dessus.2. LE TLC DANS
lp(B) ( 1 p ~ 2)
Dans tout ce
paragraphe
1 p 2. Les deux théorèmes suivant étendentaux espaces
lp(B)
le TLC dans les espaces decotype
2[4 ] [12 ] [20 et
detype
2[11 et complètent
l’étudeentreprise
dans[15 ].
Le caractèrepré-
gaussien
s’évalue àpartir
de laproposition
1.3.THÉORÈME LIMITE CENTRAL DANS LES ESPACES (1 p oc) 399
THÉORÈME2.1. - Lés assertions suivantes sont
équivalentes : i )
B est de cotype2 ;
ü)
toute variable aléatoireprégaussienne
à valeurs dansvérifie
le
TLC ;
iii)
toute variable aléatoireprégaussienne
X à valeurs dans telle que limX~ jp
>t}
- 0véri, fie
le TLC.THÉORÈME2.2. - B est de type 2
si,
et seulementsi,
toute variable aléa- toire centrée X à valeurs dans telleque ~(E{~ X~2})1/2~p
~vérifie
le TLC.
Démonstration du théorème 2 .1.
L’équivalence
entre{i )
et(ii)
découledu fait que est de
cotype
2 si B l’est et de l’inclusion B ce[4 J [12 ] [20 ].
Pour(iii),
il suffit de prouver que si B n’est pas decotype 2,
il existe dans une variable aléatoireprégaussienne
X telle que :ne vérifiant pas le TLC. Nous montrons à cet effet que
l’exemple
cons-truit par E. Giné et J. Zinn
[7] (voir
aussi[23 ])
dans12(B)
se modifie defaçon
élémentairequand
1 p 2 pour fournir la variablecherchée ;
nous incluons
quelques
détails pour la commodité du lecteur et en vuede
développements
ultérieurs.Comme dans
[7],
si B n’est pas decotype 2,
il existe une suite(Yk)kE
de variables aléatoires
indépendantes prégaussiennes symétriques
degaussiennes
associées(G(Yk))kE (que
l’onpeut
choisirindépendantes)
telles que :
Soit à
présent
une variable aléatoire à valeurs entières Nindépendante
de tout le reste définie par :
,
nous notons pour ce
qui
suit : (Xk =P {N2
k N2 + N}.
Définissons alors une variable X =(Xk)kEN
à valeurs dans enposant,
pour tout k :X~ Clairement [[
= N etdonc,
par définition de N.lim
t2p { Il
X~p
>t}
=0 ;
X estégalement prégaussienne
degaussienne
Vol. 4-1983.
400 M. LEDOUX
de même covariance
G(X) =
Pour montrer que X ne vérifie pas leTLC,
il suffit de prouver que :comme on
peut
le constater parexemple
àpartir
del’inégalité
de J. Hoff-mann-Jørgensen (lemme
3.3ci-dessous). Or,
si(N)jEN désigne
une suitede
copies indépendantes
de N, en vertu del’inégalité
deLévy,
pour tout entier n :telli montrent
que, k
étant fixé :Il s’ensuit que :
qu’à
vérifier que le membre de droite tend vers l’infinilorsque
1 p 2.REMARQUE
2 . 3. -Quand
1 p2,
et cette dernière restriction sur pne
peut
êtrelevée,
la variable N de la constructionprécédente peut
être définie par :THÉORÈME LIMITE CENTRAL DANS LES ESPACES ~l p 401
la variable X est alors
prégaussienne
de carréintégrable
en norme et nevérifie pas le TLC. Il est aisé de constater, en outre, que la suite
n’est pas bornée en
probabilité
de sorte que X ne vérifie pas nonplus
la LLI.Démonstration du théorème 2 . 2. Soit X = une variable aléatoire centrée dans
Ip(B)
télleque Il (E ~ ~ ~ X ~ ~ 2 ~) 1 i2 ~ ~p
oo et supposons B detype
2 ; alors,
pour tout entier n :Choisissant
alors,
pour tout ~ >0,
un entierko
telque (E{~Xk~2} )p/2~p
puis
des variables aléatoiresétagées ko ,
telles que :l’inégalité précédente appliquée
à X - Y fournit :d’où la conclusion en vertu de la
proposition
1.1.Réciproquement,
commeB c
lp(B),
si toute variable centrée et de carré sommable dans B vérifie leTLC,
nécessairement B est detype
2[11 ].
3. LE TLC DANS
(2
poc)
Les théorèmes suivants
correspondent
aux deux énoncés duparagraphe précédent.
Ilsgénéralisent plus particulièrement
la forme queprend
leVol.
402 M. LEDOUX
TLC dans les espaces
lp (2
poo) [21 ].
Dans cette sectiondonc, 2p ~C.
THÉORÉME3.1. - Si B est de cotype
2,
toute variable aléatoireprégaus-
sienne X à valeurs dans telle que lim
t2P { Il
X~p
>t}
= 0vérifie
leTLC.
THÉORÈME 3 . 2. - B est de type 2
si,
et seulementsi,
toute variable aléa-toire centrée X à valeurs dans telle que
Il (E ~ Il
X~~2 ~ )1~2 f~p
Go etlim >
t }
- 0vérifie
.le TLC.x
Démonstration du théorème 3 .1. - L’outil essentiel de cette preuve est
une
inégalité
due à J.Hoffmann-Jørgensen [10 ] que
nousrappelons
pourla commodité du lecteur.
LEMME 3 . 3. - Soit
(Yl,
...,Yn)
unefamille finie
de variables aléa-toires
indépendantes symétriques
à valeurs dans un espace de Banach)
et soit
(b ~ ,
...,bn)
une suite décroissante de réelspositifs ; alors,
pour toutréel r > 0 tel que =
1,
..., n :ou
Ce lemme est
généralement
énoncélorsque
lesb~
sontidentiquement égaux
à 1. On l’obtient sous cette forme suivant leslignes
de[7~] en
seplaçant
surI~(E)
et enappliquant
le résultat habituel aux variables à valeurs dans1~(E) : Yj
=(0, ..., 0, bj+1Yj,
...,bnY),j
=1,
..., n.Nous démontrons maintenant le théorème 3.1 à l’aide de ce lemme.
Considérons une variable aléatoire
prégaussienne
X à valeurs danslp(B)
telle que
lim t}
=0 ; quitte
àremplacer
X par X - X’où X’
désigne
unecopie indépendante
deX,
nous pouvons supposer sansperte
de lagénéralité
Xsymétrique.
Parailleurs, p peut
être choisi >2, si p
= 2 nous sommes ramenés au théorème 2.1. Lagaussienne G(X)
associée à X =
(Xk)kEN
est de la forme(G(Xk))kE où,
pour tout entierk, G(Xk)
estgaussien
dans B de même structure de covariance queXk.
CommePoincaré-Section B
THÉORÈME LIMITE CENTRAL DANS LES ESPACES
Ip(B)
(1 p ~G~ 403B est de
cotype 2,
il existe une constantepositive
finie C telle que, pour tout k :puisque
etXk
ont même covariance. Pour tout réel t >0,
tout entier n ettout j n,
notons alors :et ses
composantes
dansPour k, n
~N nous évaluonsE{~ / f
à l’aide del’inégalité précédente
et du lemme 3.3. Le j=iprincipe
de contraction dans un espace auxiliaire de variables de Rade- macher montre que, parsymétrie:
Par
suite,
pour tout réel u > 0 :Dans le lemme
3.3,
Mo ==uo(k) peut
alors êtremajoré
par :de sorte que, pour une certaine constante
positive
finieCp
nedépendant
que
de p :
Vol.
404 M. LEDOUX
Par
suite,
pour tout entier n :Or par un calcul
direct,
on voit que : 1En
regroupant
nos estimations nousobtenons,
pour tout réel t >_A(G(X))
et tout entier n :
où
Cp
est une autre constante. Finalement :d’où l’on conclut à la
propriété
de limite centrale par laproposition
1.2.Démonstration du théorème 3 . 2. Elle
reproduit
la démonstrationpré- cédente,
nous ne faisons donc quel’esquisser.
Lapartie
nécessaire du théo- rème découle d’uneapplication
du lemme 3 . 3 en utilisant cette foisl’inégalité
de
type 2,
pour tout k :Des calculs
analogues
à ceux de la preuve du théorème 3 .1 fournissent alors :et la conclusion s’ensuit par
approximation
par des variablesétagées.
Réciproquement
B est detype
2 dès que toute variable de carré sommable satisfait au TLC.Annales de l’Institut Henri Poincaré-Section B
THÉORÈME LIMITE CENTRAL DANS LES ESPACES Ip(B) (1 ~7 ce) 405
4. LA LLI DANS
lp(B) (1
poo )
Nous étudions dans ce
paragraphe
la LLI pour les variablesprégaus-
siennes dans les espaces
lp(B)
dans le but d’un renforcement du théorèmegénéral
de liaison entre le TLC et la LLI. Nousrappelons
pour commencerune
proposition
bien connue[14] ] [2~] ] qui
estl’analogue
pour la LLI de laproposition
1.1. Si X est une variable aléatoire à valeurs dans(E, ~ ~ . ~ ~ ),
~.(X) désignera
la limitesupérieure (p. s.)
non aléatoire lim supSn(X)
n~ oc
PROPOSITION 4. 1. - Soit X une variable aléatoire à valeurs dans un espace de Banach réel
séparable
i )
Si Xvérifie
laLLI,
on a :ii )
Pour que Xvérifie
laLLI,
ilfaut
et ilsuffit qu’il existétpour
tout réelE >
0,
une variable aléatoire Y(que
l’on peut choisirétagée) satisfaisant
à la
LLI,
telle que : .-ît(X - Y) ~ .
Nous
rappelons
àprésent
la relation entre le TLC et la LLI due à V. Good- man, J. Kuelbs et J. Zinn[8 et
B. Heinkel[9 ]
à la suite de travaux de G. Pisier[20 ].
THÉORÈME 4.2. Soit X une variable aléatoire à valeurs dans un espace de Banach réel
séparable satisfaisant
auTLC ;
Xvérifie
la LLIsi,
et seulement
si,
oo.Dans les espaces
lp,
1 p l’étude des théorèmes limites aprouvé
que ce résultat
pouvait
être amélioré en substituant àl’hypothèse
de TLCcelle
plus
faible de variableprégaussienne.
Pour 1 p _2,
ceci découle du fait quelp
est decotype
2 etqu’une
variable aléatoireprégaussienne
dans un espace de cotype 2 vérifie le TLC et est de carré
intégrable
ennorme
[4 ] [12 ] [20].
Pour 2 p ~, c’est uneconséquence
du théo-rème suivant
[2 ] [17 ].
THÉORÈME 4.3. Soit X une variable aléatoire à valeurs dans E =
lp (2
_ p Xvérifie
la LLI si, et seulementsi,
elle estcentrée,
E{ Il
XIl
X oc et lafamille
de variablesaléatoires {f2(X),
Il
_1 ~
estuniformément intégrable.
Ces divers résultats ainsi que ceux des sections
précédentes
invitent à406 M. LEDOUX
une étude de la LLI dans les espaces
lp(B) (1
p~ )
pour des variables soitprégaussiennes (B
de cotype2),
soit tellesque Il (E { Il I X ~ ~ 2 ~ ) 1 ~2 ~ ~ p
oc(B
detype 2).
Dans cette direction seul vraiment intéressant est le cas2 p oo
puisque
si 1 p 2 les théorèmes 2.1 et 2. 2 fournissent des conditions suffisantes pour la LLI àpartir
du TLC par l’intermédiaire du théorème de liaison 4.2. Nous supposons donc dans toute la suite 2 _ p 00.THÉORÈME 4.4. - Si B est de cotype
2,
toute variable aléatoireprégaus-
sienne X à valeurs dans telle que
X X vérifie
la LLI.
THÉORÈME 4. 5. - Si B est de type
2,
toute variable aléatoire centrée X àvérifie
la LLI.Nous nous limitons à la démonstration du théorème 4.4
qui
suit celledu théorème 3.1.
Démonstration du théorème 4.4. Soit X une variable
prégaussienne
à valeurs dans
lp(B),
B decotype 2,
telle queE ~ ~ ~ X Il X
00 ;nous supposons, sans
perte
de lagénéralité,
Xsymétrique et p
> 2. Dansun espace de
cotype
2 une variable aléatoireprégaussienne
vérine la LLI.Il existe
donc,
en vertu du théorème dugraphe fermé,
une constante Ctelle que, pour toute variable
prégaussienne
Y à valeurs dans B de gaus- sienne associéeG(Y) :
en
particulier
cetteinégalité
est satisfaite pour lescomposantes (Xk)kEN
de X. Pour tout entier n notons :
n
et
(2Jn)kE~! ,
leurs composantesrespectives
dansl p(B).
Pour toutréel u > 0 et tout
entier k,
un argument desymétrie identique
à celui uti- lisé dans la preuve du théorème 3.1(mais
dansl’espace l,x(B) !)
etl’inéga-
lité
précédente
fournissent :THÉORÈME LIMITE CENTRAL DANS LES ESPACES
Ip(B)
(1 p 00 ) 407de sorte que dans le lemme 3. 3 avec r = p, uo =
uo(k) peut
êtremajoré
par 8 C. 3P
E { Il }. Ainsi,
pour tout k et une certaine constanteCp :
Il s’ensuit que :
Un calcul direct montre que :
En
conclusion,
par uneapplication
du lemme de Borel-Cantelli etd’après
les estimations ci-dessus :
Une
approximation
par des variablesétagées
et laproposition
4.1 ter-minent cette démonstration.
5.
QUELQUES
COROLLAIRESNous
énonçons
àprésent
en les commentantquelques
corollaires immé- diats des théorèmesprécédents.
Lepremier
contient une caractérisation des espaces de Hilbertqui
découle aisément du théorème de S. Kwa-Vol. XIX, n° 4-1983. 17
408 M. LEDOUX
pien [1~ ]
déterminant ces espaces par la doublepropriété
decotype
2et de
type
2.COROLLAIRE 5.1. B est
isomorphe
à un espace de Hilbertsi,
et seule-ment
si,
pour tout p E[1, ~)
et toute variable aléatoire centrée X à valeurs danslp(B),
il y aéquivalence
entre les assertions suivantes :i )
Xvérifie
leTLC ;
ii )
X estprégaussienne
et limX f p
>t ~
=0 ;
Pour énoncer le
prochain
corollaire nous dironsqu’un
espace de Banach est strictement decotype
q(resp.
strictement detype p)
s’il est decotype q
sans être de
cotype q’
q(resp.
detype
p sans être detype p’
>p).
COROLLAIRE
5.2.
- Pour tout q E[2,
tout p E[1, 2 ], il
existe unespace de Banach
(E, Il
. strictement de cotype q et strictement de type p tel que toute variable aléatoire X à valeurs dans Evérifie
le TLCsi,
et seu- lementsi,
elle estprégaussienne
etlim
>t}
= 0. Il t en existeun autre
possédant
les mêmespropriétés
de cotype(avec toutefois
q >2)
et de type dans
lequel
une telleéquivalence
est endéfaut.
Il suffit en effet de
prendre
successivementlq(lp)
etlp(lq)
etd’appliquer respectivement
les théorèmes 3 .1 et 2.1. Dans sapremière partie
lecotype
infini est exclu du corollaire 5.2puisque
dans tout espace strictement decotype infini,
c’est-à-dire danslequel
co est fini mentreprésentable [19 ],
il existe une variable aléatoire
prégaussienne
bornée ne vérifiant pasle TLC
[5].
Ainsidonc,
pour un espace de Banach la pro-priété d’équivalence
entre le TLC et les conditions Xprégaussienne
etlim
X~
>t}
= 0n’implique
engénéral
rien deplus
que la pre- mièresuper-propriété :
co n’est pas finimentreprésentable
dans E. Enrenforçant
la condition limX Il
>t}
= 0 par X de carré som-mable en norme, la remarque 2.3 met de
plus
en évidence des espaces de Banach où co n’est pas fini mentreprésentable
et danslesquels
onpeut
trouver une variable
prégaussienne
de carréintégrable
ne vérifiant pas leTLC. On
peut
se demander si un tel choix restepossible lorsque
l’onimpose
à la variable d’être bornée.
Des remarques
analogues peuvent
être faites en cequi
concerne la LLIpour les variables
prégaussiennes :
la conditionE { Il X )P/L~ )! [ X ~ ~ ~
cr~est nécessaire et suffisante pour
qu’une
variable aléatoireprégaussienne
Xà valeurs dans
lq(lp) (q
E[2, ce),
p E[1, 2 ])
vérifie la LLI mais n’estplus
Annales de l’Institut Henri Poincaré-Section B
THÉORÈME LIMITE CENTRAL DANS LES ESPACES
Ip(B)
(1 p 00~ 409suffisante dans
lp(lq) (q
E(2,
E[l, 2)).
Le théorème de liaison entre TLC et LLIpeut
donc à l’occasion sepréciser
même dans des espacespossédant
peu depropriétés
de cotype et detype,
ce renforcement étant toutefois limité.Parmi les résultats des
paragraphes précédents,
le théorème 3.1 pour le TLC et les théorèmes 4.4 et 4.5 pour la LLI necomportent
pas deréciproques
caractérisant lapropriété géométrique
deB,
lecotype
2 ou letype 2,
àpartir
de la loi limite. Enfait,
de tellesréciproques
n’ont pas lieuen
général
comme le montre l’étude du TLC et de la LLIrespectivement
dans les treillis de Banach et les espaces lisses.
Le TLC dans les treillis de Banach a été étudié successivement par G. Pisier et J. Zinn
[21 ] et
E. Giné et J. Zinn[7]. Rappelons (voir [18 pour
une référence
générale) qu’un
treillis de Banach E est p-convexe, 1 p oo, s’il existe une -constantepositive
finie M telle que l’onait,
pour toute suite finie(x 1, ... , xn)
d’éléments de E :et p-concave si les
inégalités
inverses sont satisfaites. Parexemple,
les espaceslpI(lp2 (... (lpt) ... ))
sont min et max(p1,p2,...,pi)-
concaves. Notons que si E est p-convexe
(resp. p-concave)
il estp’-convexe
pour
tout p’ P (resp. p’-concave
pour toutp’
>p)
etqu’un
treillis deBanach est de
type
2si,
et seulementsi,
il est p-convexe pour un p >_ 2et q-concave pour un q oo.
Le résultat de
[21 et [7] (démontré
directement dans[21 et
à l’aidede la loi faible des
grands
nombres dansl’espace
des carrés dans[7])
s’énonce alors comme suit.
THÉORÈME5.3. - Soit
(E,(~
.Il)
un treillis de Banach p-convexe, p >2,
et q-concave, q oo .; toute variable aléatoire
prégaussienne
X à valeursdans E telle que lim
t2P{ Il
XIl
>t}
= 0vérifie
le TLC.En choisissant par
conséquent lp(lq)
avec pet q
tels que 2 p, q o0nous voyons que le
cotype
2 de B n’est pas nécessaire dans le théorème 3.1.Mais concernant les treillis de
Banach,
le théorème 3.1(ou
le corollaire5.1)
nous
renseigne
defaçon
différente. Il est demandé dans[7] quels
sont,Vol. XIX, n° 4-1983.
410 M. LEDOUX
parmi
les treillis detype 2,
ceux danslesquels
uneimplication
comme celledu théorème ci-dessus est satisfaite. Le choix de
Ip(12)’
2 p oo,qui
est2-convexe et p-concave montre que la convexité ne peut suffire à une telle caractérisation.
Un espace de Banach E est 2-uniformément lisse s’il
peut
être muni d’une normeéquivalente [ [ . [
pourlaquelle
son module de lissité :vérifie
Ct~ (t
>0)
pour une certaine constante C. Les espaceslp
(2
poo)
sont 2-lisses et le résultatprincipal
de[17]
assure que le théorème 4.3 est encore satisfait dans les espaces 2-uniformément lisses.Pour contredire une éventuelle
réciproque
au théorème 4.4 il suffit alors de constater parexemple
que tout treillis de Banach detype
2 est 2-uni- formément lisse[18 ].
En cequi
concerne le théorème4 . 5,
G. Pisier[20 ] a
montré
qu’il
existe des espacesqui
ne sont pas detype
2(mais
nécessaire- ment detype
p pourtout p 2)
danslesquels
la condition de carré som-mable est suffisante pour la LLI.
REMARQUE
5.4. - L’étude de lapropriété
de limite centrale danslp(B) (1 _ p oo) peut
êtrecomplétée
par celle de la bornitude en pro- babilité de la suite associée defaçon
naturelle aux condi-tions
A(X)
oo etA(G(X))
oo . Divers énoncés desparagraphes pré-
cédents se transcrivent dans ce cadre.
REMARQUE
5.5. - Dans les espacesl2(lp) (2
poo)
où les condi- tions nécessairesclassiques
pour le TLC ne sontplus suffisantes,
E. Ginéet J. Zinn
[7] ]
ont donné des conditions nécessaires et suffisantes faisant intervenir les coordonnées des variables étudiées.RÉFÉRENCES
[1] A. DE ACOSTA, A. ARAUJO, E. GINÉ, On Poisson measures, Gaussian measures and the central limit theorem in Banach spaces. Dekker, New York, Adv. in Probability,
t. 4, 1978, p. 1-68.
[2] A. DE ACOSTA, J. KUELBS, Some results on the cluster set
C({ Sn/an})
and the LLI.Ann. Probability, t. 11, 1983, p. 102-122.
[3] A. ARAUJO, E. GINÉ, The central limit theorem for real and Banach valued random variables. Wiley, New York, 1980.
[4] S. A. CHOBANYAN, V. I. TARIELADZE, Gaussian characterization of certain Banach spaces. J. Multivariate Anal., t. 7, 1977, p. 183-203.
Annales de l’Institut Henri Poincaré=Section B