Productions Liber S.A., Fribourg, Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sans l'autorisation expresse des Productions Liber SA

Texte intégral

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Conception et réalisation : PRODUCTIONS LIBER S.A.

© Productions Liber S.A., Fribourg, 1983 Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sans l'autorisation expresse des Productions Liber SA

Crédits : Archives : 4a 7 Archivio B/Ricciarini : - ^ 13

— Bavaria : 57 — Braun/Zefa . 51 /Vloo • 24 68a - Bulloz : 4b, 7b, 8a, 49c - Ceyrae/Vloo ..24 - Chappe/Pix : 68c - Ciriani/Rieciarini . 73d

- 72a, 73a, b - Cubitt/Coleman . 62c - Damm/Zefa : 60a, 61a, b, - Deere-Jones/Coleman : 75a - Didier/Vloo : 68d, 69 - Dumas/Fotogram . 50b - - b 6a, b, 7a, 9b, 10b, 15, 18a, 19b, 21b, 43a, b, c, 44, 58c, 59a, 60c, 62a, b, 64b, 67a, c, 76a, 77a, b, 78a - Forman : 45b - Freeman/Coleman : 11c - Fry/Coleman " Goebel/

11b - Gemini : 54a, b - Giraudon . 2b - Goebel/

Zefa : 5a - Haekenberg/Zefa : 64c, 65a - HeUer Atlas • 31 - Hirsch/Coleman : 74c, 75b - Horold/

Vloo : 78b - Hrdlicka/Zefa • 64a - Hutchison : l i a d 63a, 65b, 76b, 51c - Janoud/Zefa : 74a Keystone : 79a, b, c - Klein/Pix : 66a - Lenars/

Atlas : 23a - Leprohon : 23c, 27c, 28a, 56 Mangia/Vloo : 32a - Mathé : endpapers, 18b, 19a, d, 20b 23b, 26a, 27a, b, 29a, b, 30a, 32b, 33a, b, ç, 34a, b 35a, b, c, 36a, b, 37a, b, c, d, 38a, b, c, d, 39a, b' 40a b 41a, b, 45c, 46a, 47, 48a, c, 49a, b, 52a b c 53i, b, 70a, b, 72b, 73c - M.S./Zefa : 63b - Navarrini/Coleman : 80 - Pate/Hutehison : 46c - Pélissier/Vloo - 70c - Petit/Atlas : : 16b -

Pizzi/Gemini -

19c -

-

Stiegler/Vloo : 71b - Tomalin/Coleman : 74b - To msich/ Ricciarini : 59b - Tourisme égyp ^ ^ b, 16a - Unedi : 58a, b - Viollet : 12c, 20a, 55a, b

— Wiesner/Zefa : 42b.

Achevé d'imprimer le 10 Octobre 1983 par Printer industria gràfica, s.a.

Provenza, 388 Barcelona-25 Sant Vicenç dels Horts D.L.B. 33342-1983 N° d'éditeur : 1104 ISBN : 2-263-00785-7 Printed in Spain

BABYLONE

Au commencement de 1 épopée babylo- nienne, il y avait la plaine torride, désolée et inhospitalière de basse Mésopotamie. Mor- ceau de désert brûlant et venté, où la vie se recroquevillait sur les berges privilégiées des deux fleuves rois, le Tigre et l'Euphrate.

Dès le sixième millénaire, apparurent dans cet environnement hostile, domestiqué à force d'intelligence et d'efforts, d'incroya- bles civilisations qui furent la lumière de l'humanité : El Obeid, Eridu, Uruk, Larsa, Nippur, Lagash, Ur ; cités-états morcelant le désert, désormais irrigué et fertile, en mi- cro-royaumes rivalisant pour une hégémo- nie toujours éphémère.

Au cours du III millénaire, des sémites commencent à infiltrer le pays de Sumer. L'un d'eux, Sargon, fonde le petit royaume de Kish, avant de devenir le maî- tre absolu d'Akkad, près du site de la future Babylone. Ce fut la chute de la troisième dy- nastie d'Ur, apogée et chef-d'œuvre de la ci- vilisation sumérienne, qui permit l'essor de la nouvelle capitale, peu à peu suzeraine in- contestée des anciens territoires des cités- états. C'était chose faite en 1782 avant J.-C., avec la première dynastie sémite babylo- nienne du prestigieux Hammourabi. Il par- vint, grâce à une diplomatie brutale, mais aussi à un rare génie de l'organisation légis- lative, à maintenir sa domination culturelle, économique et territoriale, jusqu'à l'inva- sion des Kassites, en 1595 avant J.-C.

Mais la montée de l'Assyrie, civilisation guerrière et conquérante, imposa bientôt son joug à tout le sud de la Mésopotamie.

Il fallut attendre l'alliance avec les Mèdes, pour abattre enfin la cruelle Ninive, en 612.

Ce fut le départ d'une nouvelle mais ultime période de gloire, qui porta Babylone au sommet de son génie créateur.

Nabuchodonosor marqua de sa renom- mée universelle cet âge d'or fabuleux (604-561 avant J.-C.). De son règne datent les seules ruines encore visibles de la légendai- re cité. C'est devant ses portes qu'Alexandre le Grand, après l'intermède perse, du VIe au IVe s. vint mourir (en 323) avec son grand rêve d'alliance gréco-orientale.

Etat dominateur et théocratique, elle de- vait assurer sa paix par la guerre. D'où la formidable enceinte corsetant la ville, et précédée d'un fossé mis en eau. Deux mu- railles concentriques de 10 m de large et 30 m de haut, ménageant entre elles un espa- ce-souricière, étaient percées de huit portes monumentales ayant le nom d'un dieu. Elles donnaient accès à la cité. A la porte d'Ishtar commençait la majestueuse avenue proces- sionnelle longue d'un kilomètre et au quar- tier religieux. Elles subsiste, superbement dallée sur 300 m, et borde les imposantes ruines du palais royal, dont un angle était occupé par les fameux "jardins suspendus"

de la reine Sémiramis. Au-delà, l'avenue sa- crée débouchait sur l'esplanade de la Iggou- rat Etéménanki, universellement connue comme la mythique tour de Babel.

Pages de garde : Aspect des ruines antiques de Hiérapolis. Page de titre: Le théâtre antique d'Ostie. Sur cette page : à gauche, reconstitution d'une des portes de la ville de Babylone ; bas-relief montrant des porteurs nus qui offrent des fruits à une déesse (Bagdad, Musée Irakien). A droite : détail d'une harpe sumérienne ; au-dessous, bas relief de briques moulées; il figurait dans la rue dite des processions.

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CITÉS DE M É S O P O T A M I E

Lorsqu'en août 1933, des villageois sy- riens, procédant à une inhumation dans les flancs du "Tell Hariri", mirent à jour une statue décapitée de type sumérien, ils ne se doutaient pas qu'ils venaient de retrouver une des plus importantes cités de l'ancienne Mésopotamie. De cette colline d'argile, do- minant de 15 m la rive occidentale du moyen Euphrate, aux confins de l'Irak, An- dré Parrot exhuma en vingt ans les fastes d'une civilisation admirable qui reste une des lumières du monde antique. Structurée dès le IVe millénaire en cité-état indépen- dante de celles de Sumer, mais en étroites relations commerciales avec elles, c'était le point de départ des caravanes vers la Phéni- cie, à travers le désert syrien et un relai in- dispensable entre le golfe persique et la Mé- diterranée. D'où une prospérité et une ri- chesse considérables, génératrices d'une puissance politique à l'origine des difficultés de la ville avec les royaumes voisins et ri- vaux de Mésopotamie.

Au III millénaire, la période archaïque dite pré-argonique, contemporaine d'Ur, est caractérisée par une architecture en briques crues séchées au soleil et par une abondan- te statuaire à la gloire des grands intendants de l'Etat, véritables premiers ministres.

Ces grandes statues, en fin albâtre, étaient toutes revêtues d'une sorte de pagne recouvert d'écaillés. Leurs yeux étaient ma- térialisés par des lapis-lazuli importés d'Af ghanistan.

Cette ère de propérité fut brutalement in- terrompue, vers 2500 avant J. C., par un raid dévastateur du roi d'Uruk, Lugalzaggisi.

Mais la ville se releva vite, d'abord sous la suzeraineté de Sargon, le nouveau maître sémite de Babylone, puis sous le régime se- mi-colonial des "gouverneurs" que lui impo- sèrent Ur et Uruk.

Bientôt, les rois de Mari, profitant des ri- valités opposant les royaumes sumériens cherchant à obtenir l'hégémonie en basse Mésopotamie, devinrent indépendants. Ce fut l'âge d'or de la ville, capitale désormais incontestée du moyen Euphrate, l'Epoque

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grands souverains, dont Langi-Mari est

"M me et le plus fastueux représentant.

Sous son règne, la ville se couvre d'édifices - P prestige, symboles de son extraordinaire opulence. Le palais royal en est le plus re- marquable fleuron. Il occupait près de trois hectares endos dans une enceinte et ne comportait, pour des raisons défensives, qu'une seule porte.Les fouilles le mirent à un état de conservation excellent à des murs qui avaient encore plus de six m haut. On y découvrit les preuves d'un raffinement insoupçonné avec ses trois Cambres, ses cours ombragées de palmiers, ses salles d'école où l'on formait ' c'était le centre vital du royau- les scr u de sites ont livré autant de trésors : « plus de vingt mille tablettes, un monde déli- cat réaliste d'admirables statues, des mar- quetteries de nacre et d'ivoire encore plus celles dUr. Au ne millénaire, vraiment l'expression parfaite et rayonnante de la civilisation mésopotamien- C'est vers avant J.-Ç. que, l'orgueil- leux Hammourabi, puissant souverain de Babylone, fit anéantir la ville, devenue sa ri- f ' Les édifices sont saccagés, les statues fracassées , roi et tous les habitants massa- crêt ou déportés. Jamais Mari ne se relèvera . de ce cataclysme. Elle sera oubliée près de quatre mille ans, ensevelie sous le sable, au

bord du fleuve qui avait fait sa gloire.

Reconstitution d'une vue d'ensemble Au-dessous •' à Uruk, mosaïque murale en trois couleurs; bas-relief en terre cuite, e n 1 amnt J.-C.- (Musée de Ci- contre ' tablette de cristal, datant d'environ sept siècles avant J.-C. (Musée de Bagdad).

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A gauche, en haut : Statuette en ivoire (Musée Archéologique de Nimrud). Au-dessous : Représen- tation de taureaux sur un mur de briques du Palais de Shalmanasser. A droite, en haut : à Nimrud, la Porte des Taureaux. A droite : Décor de briques émaillées du Palais de Darius Ier évo- quant des archers (Musée du Louvre) et statuette de femme en albâtre, provenant d'Ur (Musée de Bagdad). -

CITÉS D'ASSYRIE

Au III millénaire, au nord du pays de Su- mer, dont la magistrale civilisation illumi- nait la basse Mésopotamie existait, sur les rives du Tigre, un petit royaume portant le nom de sa capitale : Assour. Copié sur les ci- tés-états de Sumer, dont il était le vassal, il jouait le rôle de comptoir commercial, ser- vant de relai entre le monde mésopotamien et l'Égée, ce qui l'enrichit au point d'en faire un état concurrent de la Babylone d'Ham- mourabi.

L'invasion des montagnards Kassites, (1792 avant J. C.), coupant les routes com- merciales, et bouleversant l'équilibre politi- que de la région, amena sa récession.

Mais à partir du XIVe siècle avant J. C., les rois d'Assour, de plus en plus indépen- dants vis à vis de la Babylone kassite, entre- prirent une spectaculaire expansion vers la Méditerranée, créant les bases d'un nouvel Empire, appelé "l'Assyrie".

Chaque souverain de cette période eu- phorique choisit sa propre capitale, y cons- truisant les plus beaux palais, et les plus im- posantes ziggourats, pour rivaliser avec ses prédécesseurs et porter très haut l'image d'un Empire basé sur la force. Après Kalakh (Nimrud), puis Khorsahad, ce fut Ninive qui resta jusqu'à sa destruction (612 avant J. C.), la métropole prestigieuse et redoutée de l'Assyrie. Elle occupait un emplacement pri- vilégié, baigné par les eaux tumultueuses mais bienfaisantes du Tigre.

Le site se présente actuellement sous la forme de deux tells : Le plus grand,

"Kouyoundjik", contient les restes des palais et des temples de la capitale d'Assourbani- pal, désormais situé à plus d'un kilomètre du fleuve qui jadis battait ses remparts. Le tertre herbeux, dont on peut suivre parfaite- ment les contours, domine de 30 m une plaine qui n'avait pas besoin d'irrigation pour être fertile. Les fouilles, pour imparfai- tes et parcellaires qu'elles aient été, ont re- trouvé deux palais royaux : celui de Senna- chérib, (704-681), si gigantesque qu'on n'a pas encore atteint ses limites ; et celui d'As- sourbanipal, sans doute le plus magnifique de l'Empire assyrien. Ils ont livré près de 4000 m2 de bas-reliefs, dont une partie fut perdue au cours de leur transport sur le Ti- gre, au siècle dernier. Par contre les 25.000 tablettes de la formidable bibliothèque d'As- sourbanipal représentent une source unique pour la connaissance du Proche-Orient sous la domination assyrienne. Entre ces deux palais, on a identifié les débris des temples d'Ishtar et de Nabu. Ainsi qu'une monu- mentale voie sacrée que le roi, monté sur son char, empruntait lorsqu'il venait véné- rer les dieux ; car la religion, au même titre que l'armée, était un des leviers essentiels du pouvoir assyrien. Il semble en outre, que le reste de l'espace contenu entre les puis- sants remparts de Ninive, n'ait pas été cons- truit mais occupé par des jardins et des parcs, servant peut-être de réserve de gibier pour les célèbres chasses royales.

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Ci-dessus : A Suse, détail d'un bas-relief dit du Griffon, époque Achemenide (Musée du Louvre).

A droite, en haut : Ruines de la ziggourat de Cho- ga Zanbil ; au-dessous, hiéroglyphes assyriens ornant une stèle royale (Musée de Badgad).

SUSE

A l'extrême sud-ouest de l'Iran, l'antique Susiane, l'Elam de la Bible, apparaît comme le prolongement géographique de la plaine désertique de basse Mésopotamie.

De 8000 à 5000, cette micro-région (l'ac- tuel Khouzistan) vit se constituer les premiè- res communautés paysannes de pasteurs, structurées en petits villages agricoles. Entre 5000 et 4000, apparaît par unification politi- que de ces "villages", une organisation ur- baine, dépendant désormais d'une métropo- le, la "ville". Après avoir été une des pre- mières bourgades agricoles sédentarisées de l'Elam, Suse en devint la capitale. D'emblée elle entra en compétition avec les cités-états de Sumer qui étaient en pleine expansion.

Florissante et créatrice, elle fut, dès le IVe millénaire, la civilisation la plus inventive et la plus raffinée du Proche-Orient. En parti- culier, son admirable poterie chamois, or- née de dessins stylisés (oiseaux-peigne et cornes de bouquetins en volutes) ne fut ja- mais égalée, sur le plan de la finesse techni- que et de l'extraordinaire élégance décorati- ve. Elle reste d'un stupéfiant modernisme.

Autour de l'an 4000 avant J. C., les potiers

de Suse étaient bien les plus doués du mon- de antique. A l'orée du IIe millénaire, l'inva- sion sumérienne oblige le roi de Suse et sa cour à se réfugier dans les monts Bakhtaris, le pays d'Ashan, qui sera le premier habitat des Perses Achéménides, refoulés par les Mèdes. La chute de la IIIe dynastie d'Ur ren- dra son autonomie à Suse. Untash-Gal est le plus célèbre souverain de cette époque d'ex- pansion qui verra l'édification de presti- gieux monuments ; tandis que des expédi- tions militaires de représailles ramèneront de Babylone un riche butin et la fameuse stèle du code d'Hammourabi, vers 1200 avant J-C.. Au VIIIesiècle avant J. C., l'instal- lation des Perses en Elam, suivie par les dé- vastateurs raids assyriens contre Suse, bou- leverse l'équilibre politique de la région et aboutit en 559, à la disparition de la civilisa- tion élamite ; Suse devenant la capitale ad- ministrative de l'Empire achéménide. Elle le restera jusqu'à l'arrivée d'Alexandre le Grand, avant de sombrer dans le déclin sous les Sassanides, puis dans l'oubli avec la conquête islamique.

Le site est bien décevant pour les ama- teurs de belles ruines. Il se résume à trois

gros tells informes brûlés de chaleur, boule- versés par un siècle de fouilles. Pourtant ils cachent dans leurs flancs d'argile treize vil' les superposées en 5000 ans de civilisation ininterrompue. Du tell de l'acropole, il ne reste aucune trace parlante. C'était le siège de la capitale royale élamite. Le tell de l'Apadana conserve les murettes dessinant le plan du palais de Darius (560 avant J.-C.)> <

incendié accidentellement. Il a livré deux admirables tablettes de fondation en or' gravées en sumérien et en élamite. Quant au tell de la ville achéménide, il a offert une remarquable coupe stratigraphique, ayant permis de retrouver depuis le sol vierge tou- tes les couches d'occupations successives:

de la première agglomération élamite (5000 j avant J .-C,) à la grande ville perse de Darius. ;

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Figure

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Références

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