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COMPOSITION MATHÉMATIQUES CONCOURS GÉNÉRAL
CORRECTION, Session 2021
Concours Général Maths 2021 : Correction
Auteur du document : Gilbert JULIA, professeur agrégé honoraire Ancien préparateur au concours du CAPES de Mathématiques
Problème 1 : Le début justifie la fin
1. Soit u
x une suite appartenant à S, n un nombre entier naturel quelconque et un
x le terme de rang n de la suite u
x . La fonction exponentielle étant une fonction strictement positive sur R, le terme de rang n1 de la suite u
x ,
1 exp
1
n
x x u
un n , est strictement positif en tant que quotient de deux nombres strictement positifs : quel que soit le signe de un
x , son suivant est strictement positif.C’est ainsi que, quel que soit le signe de son premier terme u0
x , le terme u1
x puis tous les autres termes de la suite u
x sont strictement positifs. Toute suite de S est strictement positive à partir du rang 1.2. Soit
un n0 une suite de S. Supposons qu’il existe un entier N2 tel que uN 1.Commençons par démontrer par récurrence que, à partir de l’indice N, tous les termes de la suite
un n0sont inférieurs ou égaux à 1. Pour démontrer par récurrence cette propriété, supposée être initialisée au rang N, il reste à en vérifier l’hérédité.
Soit un certain entier nN pour lequel l’inégalité un 1 est vérifiée.
Alors, au rang suivant, en vertu de la croissance de la fonction exponentielle :
1
1 1
n n
u n
u n
e
e puis
3 1
1 1
e e
un n car n1N13. L’hypothèse d’hérédité est vérifiée, on peut conclure : si l’inégalité
1
un est vérifiée pour un entier au moins égal à 2, elle l’est aussi pour tous les suivants.
Etant acquis que à partir de l’indice N, tous les termes de la suite
un n0 sont inférieurs ou égaux à 1, pour tout entier nN1 :n u nn
u n
e
e
1 . La suite positive
un n0 est majorée, à partir de son terme de rang1
N , par une suite qui converge vers zéro : elle converge elle-même vers zéro.
3. En contraposant la propriété que nous venons de démontrer, si la suite positive
un n0 ne converge pas vers zéro, alors pour tout entier n2 : un 1. Un tel entier n étant donné, il en est notamment ainsi du terme de rang n1, ce qui permet d’écrire : eun
n1
un1n1 et en conséquence : un ln
n1
. Lasuite
un n0 est minorée par une suite qui diverge vers plus l’infini : elle diverge elle-même vers plus l’infini.4. Soit ici
un n0la suite de S de terme initial zéro. Etudions-en les premiers termes :
4 3 exp 2 exp 0 3 ;
exp 2 0 2 ; 0
; 1 0
; 0
0 1 2 3 4
0
e e
e0 u e u u
u u
Le recours à une calculatrice montre que
0 0,92 14
u
Le terme de rang N4 de cette suite vérifie le critère de convergence de la question 2 :
La suite
un
0
converge vers 0, elle appartient à E05.a. Pour montrer que, pour chaque entier naturel n, l’application xun
x est croissante, il s’agit de montrer que, pour chaque indice n, l’inégalité x y implique l’inégalité un
x un
y .Cette implication est vraie lorsque n0 puisque dans ce cas, la fonction xu0
x est la fonction identique, qui est une fonction strictement croissante.Supposons que, pour un certain indice n, l’application xun
x soit strictement croissante. C’est-à-dire, supposons que, pour cet indice, l’inégalité xy implique l’inégalité un
x un
y .Alors, elle implique l’inégalité eun x eun y par stricte croissance de l’exponentielle, et donc elle implique
La fonction xu0
x est strictement croissante. La croissante stricte de la fonction xun
x implique la croissante stricte de la fonction d’indice suivant xun1
x .Par récurrence, nous avons démontré que pour tout entier naturel n, la fonction xun
x est une fonction strictement croissante.5.b. Supposons que x appartienne à E0 et soit z un nombre réel tel que zx quelconque.
D’après la question 5.a, pour tout entier naturel n : un
z un
x . La suite
un
z
n0 est une suite positive majorée par une suite qui converge vers zéro : elle converge elle-même vers zéro. Autrement dit, si x appartient à E0, il en est de même de tout réel z de l’intervalle
, x
: cet intervalle est inclus dans E0.6. a. Notons f la fonction définie sur
2,
par :f
x exp
x x x1
.Une étude sommaire de cette fonction montre que sa dérivée seconde est positive sur
2,
; sa dérivée première y est croissante à partir d’une valeur positive, elle y est donc positive.La dérivée de f étant positive, cette fonction f est croissante sur
2,
à partir d’une valeur strictement positive. Il s’agit par conséquent d’une fonction strictement positive sur
2,
.Le résultat de cette question 6.a permet de justifier que l’inégalité ex x
x1
est vérifiée pour tout réel x appartenant à
2,
.6.b. Nous allons démontrer par récurrence que, s’il existe un entier N tel que uN N1, alors pour tout entier nN : un n1. Pour démontrer cette propriété, supposée être initialisée au rang N 1, il reste à en vérifier l’hérédité.
Supposons que pour un certain entier nN1 l’inégalité un n1 soit vérifiée.
Alors, au rang suivant :
1
1
1 1
eun n n
n
u u u
n n
(ceci en vertu du 6.a) puis
1
1 1 1
n
1
n n
u n
(en
vertu de notre supposition) c’est-à-dire : un1n2. L’hypothèse d’hérédité est vérifiée. On peut conclure : si l’inégalité un n1 est vérifiée pour un rang, elle est vérifiée pour tous les suivants.
Etant acquis que pour tout entier nN : un n1, la suite
un n0 est minorée par une suite qui diverge vers : elle diverge elle-même vers .6.c. Supposons que
un n0 soit la suite de S de terme initial 1. Etudions-en les premiers termes :
1 1; 1
1 20 u e
u . Le terme de rang 1 de cette suite vérifie le critère de divergence de la question 6.b.
Cette suite diverge vers . Elle appartient à E.
7. Soit x un réel appartenant à E. D’après la stricte croissance des fonctions xun
x , pour tout réel y tel que yx : un
y un
x quel que soit l’indice n.Pour tout yx, la suite
un
y
n0 est minorée par une suite qui diverge vers : elle diverge elle-même vers . Tout réel y de l’intervalle
x,
appartient à E. L’intervalle
x,
est inclus dans E.8.a. Il résulte de la définition de ces suites que la suite
an n0 est une suite de termes appartenant à E0 tandis que la suite
bn n0 est une suite de termes appartenant à E. De ce fait, pour tout entier n : an bn (une inégalité contraire ne peut avoir lieu : si un réel appartient à E0, comme c’est le cas de an, tout réel qui lui est inférieur ou égal appartient aussi à E0).Nous allons démontrer que ces suites sont adjacentes.
La suite
an n0 est une suite croissante puisque pour tout entier n, ou bien an1an 0 ou bien 2 01 2
n n
n n n n
n
a a b
b a a
a .
La suite
bn n0 est une suite décroissante puisque pour tout entier n, ou bien bn1bn 0 ou bien 2 01 2
n n
n n n n
n
b b a
b b a
b .
Enfin : 1 1
2 2
n n n n
n n n
a b b a
b a b
ou bien 1 1
2 2
n n n n
n n n
a b b a
b a a
. Autrement
dit : 1 1 2
n n
n n
b a b a
quelles que soient les circonstances. On en déduit que pour tout entier n :
0 0 1
2 2
n n n n
b a
b a
, ce qui établit que la suite
an bn
n0 converge vers zéro.Les suites
an n0 et
bn n0 sont des suites adjacentes, elles convergent vers une limite commune .8.b. Soit x un élément quelconque de l’intervalle ouvert
,
, c’est-à-dire tel que x . Puisque la suite
an n0 converge vers en croissant, il existe un rang n1 tel que x a n1
. Le nombre an1 appartient à E0. En vertu de la question 5.b, x appartient aussi à E0 . Tout élément de
,
appartient à E0.Ainsi, l’intervalle ouvert
,
est inclus dans E0.Soit maintenant x un élément quelconque de l’intervalle ouvert
,
, c’est-à-dire tel que x . Puisque la suite
bn n0 converge vers en décroissant, il existe un rang n2 tel que
bn2 x. Le nombre2
bn appartient à l’ensemble E. En vertu de la question 6.b, x appartient aussi àE . Tout élément de
,
appartient à E. Ainsi, l’intervalle ouvert
,
est inclus dans E.9. Ces nombres ck sont fabriqués de telle sorte que, pour tout entier k2, le terme de rang k de la suite
un ck
n0 prenne exactement la valeur 1 (vérification laissée au lecteur). De ce fait, le critère de convergence de la question 2 à propos de la suite
un
ck
n0 se trouve vérifié par ce terme de rang k.Chacune de ces suites est une suite convergente. Pour tout entier k2, le nombre ck appartient à E0.
10. Etudions le sens de variation de la suite
ck k2. Soit k un entier tel que k2 quelconque et proposons- nous de comparer ck avec ck1.D’après la remarque faite dans la question précédente :
1
1
1
1 k
k k k
c u
c
u . Or, nous avons montré que, pour de
telles suites, lorsqu’un terme était inférieur ou égal à 1, il en était de même de tous ses suivants. Par conséquent : uk1
ck 1 ce qui nous conduit à l’inégalité : uk1
ck uk1
ck1 .Mais la fonction xuk1
x est une fonction strictement croissante (voir question 5.a). Si
1
11
k k k
k c u c
u , c’est que ck ck1 et ceci quel que soit k 2. La suite
ck k2 est une suite croissante. Cette suite est en outre majorée par n’importe quel nombre strictement supérieur à (dans le cas contraire, il y aurait des suites
u cn
k
divergentes). Etant croissante et majorée, cette suite converge.11. Supposons que appartienne à E0 . Sous cette hypothèse, la suite
un
n0 converge vers 0. Il existe un entier N tel que, pour tout entier kN :
2
1
k
u (on peut y remplacer 2
1 par tout autre nombre strictement plus petit que 1). Ce qui implique que pour tout entier kN : uk
uk
ck . C’est donc que, toujours sous cette hypothèse, pour tout entier kN : ck. Il existerait des réels strictement supérieurs à qui appartiendraient à E0. Mais la question 8.b a montré que c’était impossible. L’hypothèse appartient à E0 conduit à une contradiction. Nécessairement, n’appartient pas à E0. S’il n’appartient pas à E0, alors il appartient à E.
Conclusion. En résumé, ce nombre constitue un seuil critique. Si la valeur initiale est strictement plus petite que , la suite va converger. Si la valeur initiale est supérieure ou égale à , la suite va diverger.
Sur la copie d’écran ci-contre, nous voyons à gauche la suite générée par la valeur initiale 0,3132 (qui va converger, le dernier terme affiché est plus petit que 1) et à droite la suite générée par la valeur initiale 0,3134 qui va diverger.
Le nombre est situé entre 0,3132 et 0,3134
Ainsi, au voisinage du seuil critique, une petite différence sur le choix du premier terme a des conséquences inattendues. Un «effet papillon » en quelque sorte. Ou de quoi nous faire réfléchir sur la notion de « seuil critique » dans notre monde contemporain.
Problème 2 : La loi du milieu
Partie I : Etude de petits cas
1. Lorsque n1, le sac contient trois boules numérotées 0, 1 et 2. La boule numéro 1 est nécessairement la dernière boule restante. D1 ne prend que la valeur 1 avec la probabilité 1.
2. Lorsque n2, le sac contient cinq boules numérotées 0, 1, 2, 3 et 4. Il y a 10 3 5
premières sélections
différentes. Il reste ensuite trois boules, la dernière boule restante est déterminée. Nous pouvons à l’aide d’un tableau décrire en détail le déroulement de l’expérience.
Première sélection Boules éliminées Boules restantes Dernière boule
0, 1, 2 0 et 2 1, 3, 4 3
0, 1, 3 0 et 3 1, 2, 4 2
0, 1, 4 0 et 4 1, 2, 3 2
0, 2, 3 0 et 3 1, 2, 4 2
0, 2, 4 0 et 4 1, 2, 3 2
0, 3, 4 0 et 4 1, 2, 3 2
1, 2, 3 1 et 3 0, 2, 4 2
1, 2, 4 1 et 4 0, 2, 3 2
1, 3, 4 1 et 4 0, 2, 3 2
2, 3, 4 2 et 4 0, 1, 3 1
Il résulte de cette étude que D2 prend les valeurs 1, 2 et 3 avec les probabilités :
10 2 8
2
D
P et
10 3 1
1 2
2 P D
D
P .
Partie II : Valeurs extrêmes et symétrie
3. La boule numéro 0, au moment où elle est tirée, est nécessairement la boule de plus petit numéro et elle est éliminée. L’évènement
Dn 0
est l’évènement impossible, sa probabilité est nulle.Symétriquement, Dn ne prend pas non plus la valeur 2n. On note que la variable aléatoire Dn prend concrètement les valeurs 1, 2,....,2n1.
4. La boule numéro 1 est la dernière boule restante si et seulement si elle figure dans la dernière sélection en même temps que la boule numéro 0. Ce qui signifie que ces deux boules n’ont pas été sélectionnées au cours des
n1
premiers tirages. Délibérément, nous détaillons ce qu’il se passe. Lors du premier tirage, il y a
3 1 2 1 2 3
1
2
n n n n
sélections différentes dont
3
1 2 3 2 1 3
1
2
n n n n
ne contiennent ni la boule 0 ni la boule 1. La probabilité que les boules 0 et 1 ne figurent pas dans la sélection est le quotient des deux nombres.
Lors du deuxième tirage, sachant que les boules 0 et 1 sont toujours dans le sac, il y a
3
1 2 3 2 1 3
1
2
n n n n
sélections différentes dont
3
3 2 5 2 2 3
3
2
n n n n
ne contiennent ni la boule 0 ni la boule 1. La probabilité conditionnelle que les boules 0 et 1 ne figurent pas dans la sélection est le quotient des deux nombres.
…
Lors du tirage numéro
n2
, il reste 7 boules dans le sac. Sachant que les boules 0 et 1 sont toujours dans le sac, il y a3 5 7 3 3
7
sélections différentes dont
3 3 5 2 3
5
ne contiennent
ni la boule 0 ni la boule 1. La probabilité conditionnelle que les boules 0 et 1 ne figurent pas dans la sélection est le quotient des deux nombres.
Lors du tirage numéro
n1
, il reste 5 boules dans le sac. Sachant que les boules 0 et 1 sont toujours dans le sac, il y a3 3 5 2 3
5
sélections différentes dont
3 1 3 1 3
3
ne contiennent
ni la boule 0 ni la boule 1. La probabilité conditionnelle que les boules 0 et 1 ne figurent pas dans la sélection est le quotient des deux nombres.
La probabilité de l’évènement
Dn 1
est le produit de ces probabilités. On note qu’il y a une élimination deux à deux en « effet domino » des facteurs intermédiaires. Il reste :
2 1
2 1
3 3
1 2 1 1
n n n n
D
P n
NB. Si Tm désigne l’évènement « après la me sélection, les boules 0 et 1 sont toujours dans le sac », nous avons calculé la probabilité
1
2
1
1 1 n
m
m T
n PT P T
D
P m . Rien de plus, rien de moins.
5. Imaginons que les boules soient numérotées non seulement de 0 à 2n, mais aussi de 2n à 0, chaque boule étant dotée de deux numérotations, i et 2ni. On note D’n la variable aléatoire égale au numéro auxiliaire de la dernière boule du sac. D’une part le protocole de l’expérience n’est pas modifié par une numérotation
« descendante », D’n suit la même loi que Dn : P
Dn'i
P
Dn i
pour tout i de 0 à 2net d’autre part les éventualités qui réalisent l’évènement
Dn'i
sont les mêmes que celles qui réalisent l’évènement
Dn 2ni
, c’est-à-dire que P
Dn'i
P
Dn 2ni
.On en déduit que P
Dn i
P
Dn 2ni
pour tout i de 0 à 2n.6. La variable aléatoire Dn prend les valeurs entières allant de 1 à 2n1. L’espérance mathématique de Dn est :
2 1
1 n
i
n i P i
D
E
Effectuons le changement d’indexation :2nii :
2 1
1
2 2
n
i
n n i P n i
D E
En raison de la symétrie des probabilités, aussi bien :
2 1
1 n 2
j
n n i P i
D
E . En ajoutant membre à
membre ces deux expressions de l’espérance, nous pouvons regrouper les termes homologues des deux sommes dans une seule somme : E
D
i
n i
P
i n n P
i nj n
j
n 2 2 2
2 2 1
1 1
2
1
.
Par conséquent : E
Dn n.Partie III : Comportement limite
7. On note que la suite
un n0 peut aussi bien être définie par la donnée de son premier terme u0 1 et par la relation de récurrence : n unn
u n
2 2
1 2
1 (pour tout entier naturel n).
Démontrons par récurrence l’inégalité
1 3
1
un n . (Initialisation). u0 1 et quand n0, 1
1 3
1
n . L’inégalité
1 3
1
un n est donc vérifiée au rang 0.
Supposons qu’elle soit vérifiée pour un certain rang n0. C’est-à-dire supposons que
1 3
1
un n .
Alors, au rang suivant n1 :
1 3
1 2 2
1 2 2
2 1 2
1
n n
u n n
un n n Comparons ce nombre avec
4 3
1
n Ou, ce qui revient au même, comparons leurs carrés respectifs
1 3
1 2 2
1 2
n n
n et
4 3
1
n . Un calcul, que le lecteur détaillera lui-même, montre que
1
3 1
3 4
4 4 3
1 1 3
1 2 2
1 2
2
n n n
n n
n n
n . C’est donc
que pour tout entier naturel n : 0
4 3
1 1 3
1 2 2
1
2
n n
n
n .
Le plus grand des carrés est celui de
4 3
1
n . Ainsi, l’inégalité
1 3
1
un n implique l’inégalité
1
13 1
1
n
un , la propriété d’hérédité de cette inégalité est vérifiée.
Pour tout entier naturel n :
1 3
1
un n
8. En raison de la symétrie de l’expérience par rapport à n, il n’est pas utile d’envisager toutes les valeurs de pj pour 0 j2n mais seulement pour 0 jn. En effet : p2nj pj pour tout indice j.
Notons une fois pour toutes qu’il y a
2 1 2 1 2 1
3 3
n n n n
façons de choisir les trois boules de la
première sélection. On désignera le cas échéant par Fn ce nombre.
La probabilité pj se calcule de façon quelque peu différente suivant la valeur que prend j.
Si j0 : La boule numéro 0 est éliminée d’office si elle figure dans la première sélection. Il y a
2 1
2
2
n n n
façons de choisir les deux autres boules. La probabilité p0 est le rapport de ce
nombre au nombre Fn. Donc :
1 2
3
0
p n . C’est aussi la valeur de p2n.
Si j1 : La boule numéro 1 est éliminée si elle figure dans la première sélection et si aucune des deux autres boules n’est la boule 0. Il y a
1
2 1
2 1
2
n n n
façons de choisir ainsi les deux
autres boules. La probabilité p1 est le rapport de ce nombre au nombre Fn. Donc :
2 1
1 3
1
n n
p n .
C’est aussi la valeur de p2n1.
Si 2 j2n : La boule numéro j est éliminée si elle figure dans la première sélection et si les deux autres boules ont des numéros ou bien tous deux plus petits que j ou bien tous deux plus grands que
j. Il y a
2 1 2 1 2
2 2 1
22 2 2 2
j n j j j n j n j
n n j j
façons de
choisir ainsi les deux autres boules. La probabilité pj est le rapport de ce nombre au nombre Fn.
Donc :
2 21
21 1
2
3 2 2
n n n
j j n
pj n . C’est aussi le nombre p2nj.
9. Suivant l’expression de pj, étudions la différence pj n
2
1 et son signe.
Lorsque j0 ou j2n : 2
2 1
1 4 2
1 1 2
3 2
1
0
n n
n n
n
p n . La différence est positive pour
1 n .
Lorsque j1 ou j2n1 :
2
2 1
7 4 2
1 1 2
1 3 2
1
1
n n
n n n
n n
p n . La différence est positive
pour n2.
Dans les autres cas :
2 1
2 1
2
2 7 2 2 3 6
1 2 1 2 2
1 4 1 2 12 6
2 1
2 2
2
n n n
n n
j n
n n
n n
n j j
pj n . Cette
différence est supérieure ou égale à 2
2 1
2 1
2 7 2 2 3
2
n n
n n
pour toute valeur de j et est positive pour
tout entier n3 (car le trinôme
2 7 2 2 3
2
x est positif pour tout réel supérieur ou égal à 2
7 3
; le premier entier supérieur à ce nombre est l’entier 3).
Nous avons démontré que, lorsque n3, pj n
2
1 quelle que soit la valeur de j de 0 à 2n.
10. L’intérêt de la minoration pj n
2
1 est qu’elle est indépendante de j, elle ne dépend que du nombre de boules en jeu. Elle implique une majoration de la probabilité qj que la boule j ne soit pas éliminée à la première sélection :
n n qj n
2 1 2 2
1 1
Plus généralement, pour 1kn1, sachant que la boule j est toujours présente au moment où il reste
2n32k
en jeu (après k1 sélections), la probabilité pour qu’elle soit éliminée à la k e sélection estk n 2 2 2
1
. La probabilité conditionnelle, sachant qu’elle n’est pas encore éliminée à la k e sélection, qu’elle ne le soit toujours pas à la sélection suivante est donc majorée par :
k n
k n k
n 2 2 2
1 2 2 2 2 2 1 1
Désignons par E
k,j l’évènement « la boule j est éliminée au tour numéro k ».L’évènement « Dn j » est l’intersection
nk11E
k, j . La probabilité P
Dn j
de cet évènement est le produit, pour k allant de 1 à n, des probabilités évoquées ci-dessus. Ce produit est majoré par
n
k n k
k n
12 2 2
1 2
2 c’est-à-dire par
2 ... 1 2 2
3 2 2
1
2
n n n
n . Ce produit, pourvu que n3 et d’après la
question 7, est majoré par
1 3
1
n .
La majoration étant indépendante de j, elle vaut aussi bien pour la plus grande des probabilités P
Dn j
:1 3
1
Mn n . La suite de termes positifs
Mn étant majorée par une suite convergeant vers 0, elle converge elle-même vers 0.Partie IV : Résultat le plus probable
11. Si Pn est vraie : P
Dn 0
P
Dn 1
...P
Dn n1
P
Dn n
. De plus, d’après les propriétés de symétrie de ces probabilités, pour tout entier i tel que 0in1 :
D n i
P
D i
P n 2 n . C’est donc que les probabilités
D n
P
D n
P
D n
P n 1 , n 2 ,..., n 2 prennent les mêmes valeurs que, respectivement,
Dn n1
, P
Dn n2
,...,P
Dn 0
P . Ces probabilités, à partir de P
Dn n
sont rangées dans l’ordre décroissant et la plus grande de toutes est P
Dn n
.12. La propriété P1 consiste à énoncer que : P
Dn 0
P
Dn 1
. Il n’y a aucun doute à ce sujet vu que l’évènement
Dn 0
est l’évènement impossible.NB. Dans la suite de ce problème, nous allons devoir étudier ce qu’il se passe après la première sélection et nous utiliserons le procédé que voici et que nous désignerons par « Réindexation » (décrit ci-dessous une fois pour toutes) :
Soit a, b, c les numéros des boules figurant dans la première sélection avec a b c . Les boules a et c sont éliminées. Pour les tirages suivants, imaginons une réindexation des boules restantes. Soit x le numéro d’une boule restante.
Si x a 1, on conserve le même numéro.
Si a 1 x c 1, on diminue d’une unité l’ancien numéro (les boules concernées seront nouvellement numérotées de a jusqu’à c2)
Si c 1 x 2n, on diminue de deux unités l’ancien numéro (les boules concernées seront nouvellement numérotées de c1 jusqu’à 2n2)
Les nouveaux numéros dépendent donc de la position de x par rapport aux deux boules éliminées : rien de changé avant le plus petit numéro éliminé, une unité de moins entre les deux éliminés, et deux unités de moins au delà du plus grand éliminé.
De la sorte, pour les tirages suivants, les conditions de l’expérience décrite par l’énoncé sont fidèlement reconstituées, mais avec deux boules de moins. C’est ce qui nous permettra d’obtenir quelques formules de récurrence et de rattacher des probabilités liées à Dn à d’autres probabilités liées à Dn1.
13. Si les trois boules sélectionnées sont les boules l, k, k1, deux cas de figure se présentent :
Ou bien kk1l : les boules l et k sont éliminées et la boule numéro k1, en tant que « boule du milieu » est conservée (cas étudié au 13.a).
Ou bien lkk1 : les boules l et k1 sont éliminées et la boule numéro k, en tant que « boule du milieu » est conservée (cas étudié au 13.b).
13.a. Si lk1, les boules k et l sont les boules éliminées à la première sélection. L’évènement
D k
Xl n est l’évènement impossible : PXl
Dn k
0.Sachant l’évènement Xl réalisé, appliquons la « Réindexation ». La boule de numéro initial k1 ayant pour nouvel index k, PXl
Dn k1
P
Dn1 k
13.b. Lorsque lk, les boules l et k1 sont les boules éliminées à la première sélection. L’évènement
1
D k
Xl n est l’évènement impossible : PX
Dn k1
0l .
Sachant l’évènement Xl réalisé, appliquons la « Réindexation ». La boule de numéro initial k ayant pour nouvel index k 1, PX
Dn k
P
Dn1 k 1
l
13.c. Les probabilités conditionnelles PX
Dn k
et PX
Dn k1
sont, respectivement, les quotients
X Pk D X
P n
et
X Pk D X
P n 1
, elles sont rangés dans le même ordre que les probabilités des intersections figurant aux numérateurs.
Considérons les évènements X
Dn k
et X
Dn k 1
D’une part : X
Dn k
lk
Xl
Dn k
comme il est expliqué en 13.b D’autre part : X
Dn k1
l
k1
Xl
Dn k1
comme il est expliqué en 13.aExprimons et comparons les probabilités de ces évènements, qui sont des réunions d’évènements disjoints.
On note au passage que, quelle que soit la troisième boule l,
l 2 1 2 3 1 1
nP X n n n F
puisqu’il
s’agit de distinguer un ensemble particulier de trois boules choisies parmi 2n1.
1
0 1
1
0 1
0
1 1 2 1 2
3 k
l n
k
l l X n
k
l l n
n P D k
n n k n
D P X P k
D X P k
D X
P l .
On obtient :
2 1
2 1
13 1
n n n
k D P k k
D X
P n n
n
k
l n
n
k
l l X n
n
k
l l n
n P D k
n n k n
D P X P k
D X P k
D X
P l
2
2 1
2
2 2
2 2 1 2 1
1 3 1
1 .
On obtient :
2 21
2 1
2
1 3 1
n n n
k D P k k n
D X
P n n
Vu que 0kn1, 2n
n1
22nk22n2, c’est-à-dire : n12nk22n2. Ainsi, quel que soit k tel que 0kn1, l’inégalité k2nk2 est vérifiée.D’autre part, d’après l’hypothèse de récurrence forte Pn-1, l’inégalité P
Dn1k1
P
Dn1k
est elle aussi vérifiée.Il en résulte que l’inégalité 3kP
Dn1k1
3 2nk2
P
Dn1 k
est vérifiée, et les probabilités des intersections sont rangées dans le même ordre : P
X
Dn k
P
X
Dn k1
En conclusion, PX
Dn k
PX
Dn k1
14. L’évènement Y est l’évènement selon lequel « une des boules k ou k 1est éliminée à la première sélection ». L’évènement X est l’évènement « les deux boules k et k1 figurent dans la première sélection ».
L’évènement Y\X est donc l’évènement « une et une seule des deux boules k ou k1figure dans la première sélection et elle est éliminée ». Il est la réunion des deux évènements :
Ak : « La boule k figure dans la première sélection et est éliminée, la boule k 1 n’y figure pas ».
Ak+1 : « La boule k1 figure dans la première sélection et est éliminée, la boule k n’y figure pas ».
14.a. La situation est comparable à celle de la question précédente :
Y X
P
k D X Y k P
D
PY X n n
et
Y X
P
k D X Y k P
D
PY X n n
1 1
Y X
Dn k
Ak Ak1
Dn k
Ak1
Dn k
Y X
Dn k1
Ak Ak1
Dn k
Ak
Dn k1
Les probabilités de ces intersections sont égales, respectivement, à P
Ak1
PAk1
Dn k
et à
A P
D k1
P k A n
k
L’évènement Ak est réalisé si la boule k est sélectionnée et si les deux autres boules ont des numéros ou bien tous deux strictement plus petits que k ou bien tous deux strictement plus grands que k1.
L’évènement Ak+1 est réalisé si la boule k1 est sélectionnée et si les deux autres boules ont des numéros ou bien tous deux strictement plus petits que k ou bien tous deux strictement plus grands que k1.
Les deux évènements ont donc la même probabilité, puisque les conditions sur les deux autres boules sont identiques :P
Ak1
P Ak .Par ailleurs, les probabilités conditionnelles PA
Dn k
k1 et PA
Dn k1
k sont aussi égales car, une fois l’un des deux évènements Ak ou Ak+1 réalisé, on reconstitue pour les sélections suivantes la même expérience En-1, il reste une et une seulement des deux boules k ou k1, peu importe son numéro.
Donc : P
Ak1
PAk1
Dn k
P Ak PAk
Dn k1
Les probabilités des intersections sont égales : P
Y X
Dn k
P
Y X
Dn k1
Et en conséquence : PYX
Dn k
PYX
Dn k1
,14.b.
Y Pk D Y k P D
PY n n
et
Y Pk D Y k P
D
PY n n 1
1
L’évènement Y est la réunion de l’évènement X et de l’évènement Y\X, deux évènements disjoints.
Y D k
P
X
D k
P
Y X
D k
P n n n et de même :
Y D k 1
P
X
D k1
P
Y X
D k1
P n n n
Nous avons vu l’inégalité P
X
Dn k
P
X
Dn k1
et l’égalité
1
D k P D k
PY X n Y X n .
Il en résulte l’inégalité P
Y
Dn k
P
Y
Dn k1
et les probabilités conditionnelles en jeu sont rangées dans le même ordre : PY
Dn k
PY
Dn k1
15. Si abc, sont éliminées les boules a et c et la boule a est conservée. Appliquons la « Réindexation » telle que nous l’avons décrite.
15.a. On suppose que les trois boules tirées sont telles que abck. Les boules d’anciens index k et
1
k ont pour nouveaux index k 2 et k1 après la « Réindexation ».
D k
P
D 1 k2
PG n n et PG
Dn k1
P
Dn1k1
. D’après l’hypothèse de récurrence forte Pn-1 : P
Dn1k 2
P
Dn1k1
.En conclusion, pour tout entier k tel que 0kn1, PG
Dn k
PG
Dn k1
15.b. On suppose que les trois boules tirées sont telles que akk 1c. Les boules d’anciens index k et
1
k ont pour nouveaux index k 1 et k .
D k
P
D 1k1
PH n n et PH
Dn k 1
P
Dn1k
. D’après l’hypothèse de récurrence forte Pn-1 : P
Dn1k1
P
Dn1k
.En conclusion, pour tout entier k tel que 0kn1, PH
Dn k
PH
Dn k1
15.c. On procède de même mais dans ce cas les boules d’index k et k1 gardent toutes les deux leurs anciens index puisque les boules éliminées ont des numéros k1.