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Conférence de presse du 14 décembre 2005

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( Pour exemple - Extrait de compte rendu Scribe-net )

Conférence de presse du 14 décembre 2005 Retranscription des questions/réponses

FRANCE, PORTRAIT SOCIAL

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2 M. Pierre-David Labani, Liaisons Sociales

Ma première question porte sur l’environnement international. Vous avez évoqué que le déficit extérieur américain continuait à s’aggraver. Combien de temps l’estimez-vous supportable en l’état ? N’y a-t-il pas, dans votre échéance de prévisions, un risque de baisse brute du dollar ? Ma seconde question concerne la situation française. On observe depuis quelques trimestres, voire quelques années, un profil de croissance relativement fort hormis ce premier trimestre 2005 et une absence de décollage de l’emploi marchand. Comment expliquez-vous ce décalage persistant entre les deux ?

M. Devilliers

En ce qui concerne le risque dollar, il s’agit d’un risque structurel que nous avions déjà mentionné dans les notes de conjonctures il y a un ou deux ans. Le problème de fond est que le déficit courant américain s’accroît depuis maintenant un grand nombre d’années. Les préoccupations redeviennent importantes aujourd'hui. Elles ont été soulignées par l’OCDE ou par des études récentes réalisées au niveau de la Commission Européenne. Je pense que ce risque est effectivement réel. En liaison avec ce que nous observons sur l’évolution du dollar depuis quelques trimestres, ce risque réel est atténué par deux choses : d’abord la très bonne santé de l’économie américaine. Tant qu’elle est en très bonne santé, les gens trouvent de l’intérêt à aller investir aux Etats-Unis et soutiennent ainsi le dollar, l’empêchant de s’effondrer. C’est une première raison au maintien d’une certaine stabilité cohérente avec notre scénario global. La deuxième raison est que la politique monétaire tend à faire remonter les taux d’intérêts aux Etats-Unis, au-dessous des taux en zone euro. C’est ce qui se produit actuellement. Nous avons l’impression, y compris avec les décisions récentes, que nous allons, aux Etats-Unis, vers une poursuite modérée mais une poursuite quand même du relèvement des taux. Nous sommes à 4,25 depuis hier ; nous allons aller vers 4,5, certainement un peu plus à l’horizon du printemps, alors qu’en zone euro, les relèvements de taux resteront extrêmement modérés. Nous ne les excluons pas mais le discours autour de la BCE ne laisse pas attendre beaucoup de relèvements. Ces deux facteurs que sont des conditions monétaires plus avantageuses sur le dollar en termes de rendement pour les investisseurs et une très bonne rentabilité des investissements aux Etats-Unis, militent pour le fait que cet effondrement du dollar que l’on peut toujours craindre ne soit pas pour tout de suite.

Mme Karine Berger

Sur l’emploi privé, tout dépend de la façon dont vous voyez le qualificatif « dynamisme de l’économie française ». Nous sommes depuis trois ans sur des rythmes de croissance de l’activité qui, malgré tout, sont plus ou moins inférieurs à 2,5 %. Nous demeurons dans la fourchette 1,5 à 2,5. La croissance de long terme de la productivité française, c'est-à-dire le seuil à partir duquel nous commençons à créer de l’emploi privé est très difficile à évaluer.

Nous le situons entre 1,6 et 1,8 %. Le fait que nous n’ayons pas assisté, depuis trois ans, à une reprise de l’emploi salarié privé, est normal puisque nous n’avons pas fait suffisamment de croissance pour faire repartir l’emploi privé marchand. Dans notre prévision, comme nous revenons sur quelque chose un peu au-dessus de 2 %, nous pensons qu’il s’agit d’un début de reprise de l’emploi salarié privé. Maintenant, cela se fait encore sur des rythmes modestes, de l’ordre de 0,1 % par trimestre. Nous restons compatibles avec cette idée, cette hypothèse que nous avons de la productivité à long terme de l’économie française.

Mme Lucie Robequain, Les Echos

Toujours sur l’emploi, comment explique-t-on cette hausse de l’emploi dans le secteur public en 2006 ?

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3 Mme Karine Berger

C’est un rythme totalement régulier. Nous n’avons pas fait d’hypothèse particulière. Nous constatons, quant à l’emploi public non aidé, que les rythmes de progression sont de l’ordre de 15 000 par trimestre. Rien n’est nouveau dans ce domaine.

M. Devilliers

Il ne s’agit évidemment pas de l’emploi de l’Etat. Ceci parait contradictoire avec un discours que l’on entend et qui dit que l’on réduit le nombre de fonctionnaires sur le budget de l’Etat.

Oui, le nombre de fonctionnaires payés sur le budget de l’Etat n’augmente pas. Dans toute la santé et toutes les collectivités locales, l’emploi augmente.

M. Stepan Sandelius, Market News

Avez-vous plus de précisions sur la chute de la proportion industrielle en octobre dernier ?

M. Devilliers

En ce qui concerne la production industrielle d’octobre, effectivement, nous constatons une assez grande volatilité sur son évolution. Nous avions déjà eu une alerte sur la production industrielle de juillet qui avait marqué un creux. Tout ceci montre qu’il y a d’abord des phénomènes de saisonnalité qui sont de plus en plus difficiles à corriger. Cela est dû au fait que nous sommes à la fois dans des capacités de production qui ne sont pas tendues et que les salariés ont beaucoup de jours de RTT à écouler. Ces deux choses font que les entreprises ont tendance à profiter de plus en plus des ponts. Nous avions déjà eu le phénomène en juillet avec le 15 juillet qui était juridiquement un jour ouvré mais pour lequel on s’est aperçu assez rapidement qu’il n’était pas beaucoup plus travaillé qu’un jour férié. Nous avons le même phénomène sur le 31 octobre qui était coincé entre un dimanche et la Toussaint. Nous nous apercevons après coup qu’en regardant les statistiques de consommation d’électricité, qu’il s’agissait d’un jour quasi férié alors que juridiquement ce jour était travaillé. Ces phénomènes rendent difficile, dans les statistiques, de procéder aux corrections habituelles de jours ouvrables, de corrections de variations saisonnières qui fonctionnent beaucoup plus mal que précédemment. C’est une partie de l’explication du problème.

La deuxième explication est un problème automobile. Comme vous l’avez constaté, c’est un problème qui tient au fait que les immatriculations automobiles, sur le troisième trimestre, ont été inférieures à ce qu’anticipait les constructeurs. Ils se sont retrouvés avec des stocks. La stratégie actuelle des constructeurs d’automobile est de faire disparaître ces stocks plutôt que d’essayer de les écouler, les brader. Ils préfèrent suspendre la production pour revenir à une situation d’ajustement de l’offre et de la demande. Il y a eu de nombreuses fermetures temporaires durant le mois d’octobre. Ceci a affecté la production automobile. Ce n’est certainement qu’un phénomène temporaire. L’état du marché automobile, tant français qu’européen, sans être très bon, est loin de justifier une baisse de production de cette ampleur.

Troisième chose qui peut intervenir sur la production industrielle du mois d’octobre, vous l’avez vu sur les statistiques publiées hier, les exportations, le commerce extérieur en général n’ont pas été très bons sur octobre. Nous avons, dans ce diagnostic global d’une croissance qui revient proche de sa tendance de moyen terme, un élément de fragilité qui est l’industrie qui, elle, reste en retrait de sa tendance de long terme, parce que l’industrie est affectée par les difficultés que nous connaissons au niveau du commerce extérieur. Il s’agit surtout de problème de spécialisation, tant sectorielle que géographique, qui empêche nos exportations de suivre l’évolution de la demande mondiale. Notre conviction est que la production industrielle va remonter en novembre. Nous en avons un certain nombre de signes au travers des enquêtes ; nous avons des indicateurs concernant l’Allemagne sur novembre. Nous avons de bonnes raisons de penser que les choses vont s’arranger un peu en novembre. Il est vrai que ce chiffre

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d’octobre n’était pas très bon et que nous allions à la baisse sur d’autres prévisions dans le quatrième trimestre. Dans le temps, nous risquons de trouver au quatrième trimestre, le même panorama qu’au troisième, c'est-à-dire avoir une croissance globale nettement supérieure à la croissance de la branche manufacturière. L’écart était déjà très important au troisième trimestre.

Derrière une croissance de 0,7 nous avions une baisse de la production manufacturière à – 0,2.

Mme Visot, Le Figaro

Avec un acquis de 1,7 à la fin du premier semestre, quel rythme faut-il tenir pour rentrer dans la fourchette de croissance espérée par Bercy ?

M. Devilliers

Pour atteindre 2 %, qui est le bas de la fourchette, nous devons faire 0,4 par trimestre. Si nous suivons notre tendance actuelle, la croissance tendancielle, nous arrivons à 2,1. Le bas de la fourchette est aujourd'hui accessible si les conditions que nous précisons se réalisent.

Didier Willot, Journal de l’industrie

Quelle tendance voyez-vous pour l’évolution du commerce extérieur pour les mois à venir ?

Mme Karine Berger

Je voudrais revenir sur les principales idées que je vous ai présentées tout à l’heure. Nous anticipons que les exportations françaises seront mieux orientées parce que nous avons véritablement des signaux de demandes internationales vues de la France qui sont meilleures dans les trimestres à venir. Nous avons quand même, malgré le résultat d’hier, un effet de gain de compétitivité prix lié au fait que l’euro se soit un peu replié par rapport au dollar. Nous anticipons que les exportations françaises évolueront en produits manufacturés sur des rythmes de l’ordre de 1,8 % par trimestre dans les trimestres à venir, un rythme légèrement supérieur à la croissance du long terme.

Sandrine Rastello, Bloomberg

Vous avez dit que vous ne tabliez pas sur une remontée des taux supplémentaires de la BCE ou si ?

Mme Karine Berger

Nous ne faisons pas de prévisions de taux d’intérêt au sens strict du terme. Nous n’avons pas inscrit l’évolution des taux à trois mois puisque toutes les informations venant des marchés et du langage de la Banque Centrale Européenne nous amènent à penser qu’à l’horizon de notre prévision, la probabilité que les taux à trois mois évoluent vers le haut est assez limitée.

Sandrine Rastello, Bloomberg Jusqu’à Juin ?

Mme Karine Berger

Jusqu’au milieu de l’année 2006.

M. Devilliers

Nous n’excluons pas un nouveau relèvement des taux directeurs. Quand on essaie de comprendre ce que dit la BCE., on pense que 2006 connaîtra un nouveau relèvement mais, sera-t-il avant ou après juin ? Nous sommes incapables de le dire.

Sandrine Rastello, Bloomberg

Cela n’a pas d’impact sur vos prévisions ?

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5 M. Devilliers et Mme Karine Berger

Non.

M. Devilliers

S’il n’y a aucune autre question, il me reste à vous remercier, à vous souhaiter de bonnes fêtes, vous rappeler qu’il y a un embargo ce soir à minuit et à vous donner rendez-vous au mois de mars pour parler à nouveau de l’année 2006…

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