Célia BEAUCLAIR-Université de Caen Basse-Normandie-UFR de Géographie
Sommaire
Remerciements
Introduction ... 1
Préambule ... 2
1. Les Conservatoires d’espaces naturels ... 2
a. Historique ... 2
b. Présentation des conservatoires ... 2
2. Le Conservatoire d’espaces naturels de l’Allier ... 3
a. Situation géographique ... 3
b. Equipe salariée ... 3
I. Contexte et objectifs de l’étude ... 6
1. Etude de population et actions de préservation ... 6
2. Programme ... 7
3. Présentation de l’espèce étudiée : La Cistude d’Europe ... 8
a. Fiche d’identité ... 8
b. Une répartition inégale ... 10
c. Des menaces multiples pour l’espèce ... 13
II Protocole et mise en œuvre ... 13
1. Présentation des sites d’étude ... 14
a. La Boire ……….. : Site hébergeant une population de Cistude ... 14
b. Le ……….. : Site favorable à la ponte ... 14
2. Caractérisation de la population de Cistude par Capture marquage recapture ... 15
a. Cadre de réglementation ... 15
b. Matériel de piégeage ... 16
c. Méthode de piégeage et de marquage ... 19
d. Déroulement du piégeage ... 20
e. Prise de données ... 21
3. Identification du domaine vital de la population par radiolocalisation ... 22
a. Matériel de radiolocalisation ... 22
b. Equipement des Cistudes ... 23
c. La radiolocalisation par triangulation et Homing –in ... 24
d. Déroulement du radiopistage ... 25
4. Action de préservation : Expérimentation de lutte contre la prolifération de la tortue de Floride ... 26
a. But de l’étude sur la tortue de Floride ... 26
b. Le programme Loire Nature ... 26
c. Présentation de l’espèce étudiée : La tortue de Floride ... 27
d. Cadre de réglementation ... 29
e. Présentation du site : L’étang ……….. : Site propice au développement de la tortue de Floride ... 30
f. Matériel de piégeage ... 31
g. Déroulement du piégeage ... 32
h. Résultats ... 33
i. Discussion : Eventuelles raisons de l’échec de capture ... 33
III Résultats ... 35
1. La CMR ... 35
a. Estimation de l’effectif de la population ... 35
b. La densité ... 37
c. La structure d’âge de la population ... 37
d. Le sex-ratio ... 37
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2. La radiolocalisation ... 39
a. Résultats de la triangulation ... 39
b. Résultats du Homing-in ... 40
IV Conclusion et perspectives ... 43
1. Bilan de l’étude ... 43
a. Critiques générales ... 43
b. Actions futures ... 44
2. Bilan du stage ... 45
Conclusion ... 46 Bibliographie
Table des matières Table des illustrations Annexes
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Remerciements
Je tiens tout d'abord à remercier Mr Bernard DEVOUCOUX, président du Conservatoire et Mme Estelle COURNEZ sa directrice, sans qui ce stage n’aurait pas été possible.
Je remercie également Daniel MAYERAU et Florian VERON, mes maîtres de stage pour m'avoir accompagnée durant ces quatre mois, pour le temps consacré à l’encadrement et au suivi de ce stage ainsi que les conseils échangés.
Et enfin, je souhaite remercier toute l’équipe du Conservatoire pour son accueil chaleureux, sa sympathie, et les nombreux échanges qui m’ont permis ainsi de découvrir la multiplicité des tâches de chacun.
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Parmi les deux seules espèces de tortue aquatique autochtone présente en France, on trouve la Cistude d’Europe.
A l’heure actuelle, cette espèce patrimoniale est considérée comme vulnérable, c’est à dire « en forte régression du fait de facteurs extérieurs défavorables ».
Elle subit les désagréments de l’érosion de la biodiversité, et en particulier la destruction de ses habitats, qui est le premier problème environnemental du 21eme siècle.
L’étude réalisée lors de mon stage au sein du Conservatoire d’espaces naturels de l’Allier m’a permis d’aborder la thématique de la préservation de la Cistude d’Europe à la fois par une caractérisation de sa population par Capture-marquage-recapture et par une identification du domaine vital de la population par radiolocalisation. Nous avons également pu mener une action de préservation de cette espèce : l’expérimentation de lutte contre la prolifération de la tortue de Floride.
Après avoir défini dans un premier temps le contexte de l’étude ainsi que ses objectifs, nous aborderons ensuite le protocole et la mise en œuvre de cette étude. Enfin, nous nous intéresserons aux résultats qui nous permettrons d’aborder la quatrième partie par une discussion.
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Préambule
1. Les Conservatoires d’espaces naturels a. Historique
1976 : Création du premier Conservatoire en Alsace
1989 : Création de la fédération avec 10 Conservatoires régionaux
2008 : Adhésion du dernier Conservatoire d’espaces naturels au réseau : La Réunion, soit un total de 29 conservatoires
b. Présentation des conservatoires
Les Conservatoires d’espaces naturels sont des associations à but non lucratif. Engagés mais non militants, ils œuvrent, pour les plus anciens, depuis 30 ans pour la préservation du patrimoine naturel et paysager.
Les 29 Conservatoires (21 Conservatoires régionaux et 8 Conservatoires départementaux) sont regroupés en Réseau au sein de la Fédération nationale (Fédération des Conservatoires d'espaces naturels). Ils rassemblent actuellement près de 693 salariés, près de 2 270 bénévoles actifs et 8 250 adhérents. Ils gèrent 2 374 sites couvrant 131 672 ha.
Sites gérés par les Conservatoires d’espaces naturels
Carte 1 : Sites gérés par les Conservatoires d'espaces naturels au 31/01/2011 (Source : Fédération des conservatoires d’espaces naturels)
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Célia BEAUCLAIR-Université de Caen Basse-Normandie-UFR de Géographie la valorisation du patrimoine naturel.
CONNAITRE : Le conservatoire réalise des inventaires et études scientifiques permettant d'identifier les sites remarquables et les priorités d'intervention.
PROTEGER : Pour protéger un site, l'intervention du conservatoire ne peut se faire qu'avec l'accord préalable du propriétaire, soit par une maîtrise foncière (acquisition) ou une maîtrise d'usage (location et convention de gestion). Un plan de gestion est alors établi afin de conserver et restaurer les milieux naturels.
GERER : La majeure partie des sites protégés par les Conservatoires nécessite un entretien régulier.
Ces travaux peuvent revêtir plusieurs aspects, il peut s'agir d'un simple débroussaillage comme d'une remise en état complète d'un site.
VALORISER : En plus de son rôle de gestionnaire, le conservatoire sensibilise et informe le public à travers des visites, sorties nature et diaporamas. Ex : manifestation « Fréquence grenouilles »…
2. Le Conservatoire d’espaces naturels de l’Allier a. Situation géographique
Le Conservatoire d’espaces naturels de l’Allier se trouve en Auvergne, dans la commune de Châtel de Neuvre, situé entre Moulins et Vichy.
Le secteur d’intervention se situe sur l’ensemble du département ainsi que sur les communes riveraines des départements voisins.
Créé en 1992, le CEN Allier, anciennement Conservatoire des Sites de l'Allier est une association loi 1901.
Elle est membre de la Fédération des Conservatoires d'Espaces Naturels et est affiliée au Conservatoire d'Espaces Naturels d'Auvergne.
b. Equipe salariée
Le conservatoire est composé de 12 salariés ainsi que de stagiaires.
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Célia BEAUCLAIR-Université de Caen Basse-Normandie-UFR de Géographie Schéma 1 : Organigramme du Conservatoire d'espaces naturels de l'Allier
Le conservatoire d’espaces naturels est également entouré par 140 adhérents.
Lors de mon stage, j’ai pu être encadré par 2 chargés de missions : Florian VERON pour la problématique de la Cistude et Daniel MAYERAU pour celle de la Floride.
Au 31 décembre 2011, le CEN Allier gère 538 ha, répartis sur 81 sites, constitués de milieux diversifiés (coteaux calcaires, milieux alluviaux, cavités à chauves-souris, étangs, mares et landes). Certains sites, propriétés du CEN Auvergne, sont gérés en commun.
De nombreux sites CEN sont entretenus par les usagers, les propriétaires ou encore des partenaires agricoles avec des relais locaux (conservateurs bénévoles).
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Célia BEAUCLAIR-Université de Caen Basse-Normandie-UFR de Géographie Carte 2 : Cartographie des sites du CEN Allier en 2012
Au-delà de ces démarches conservatoires habituelles, le CEN Allier assure, au niveau local, la mise en œuvre de plusieurs politiques publiques : Réseau écologique européen Natura 2000
Le CEN a été nommé animateur Natura 2000 par le Préfet de l'Allier sur plusieurs sites du département :
• le Val d’Allier
• la basse Sioule
• le val de Loire
• les gorges du haut-Cher
• les gîtes à chauves-souris de Hérisson
• les étangs de Sologne bourbonnaise
Le CEN Allier travaille également en partenariat avec le Conseil Général de l'Allier sur la mise en œuvre de la politique « Espaces Naturels Sensibles ».
Ecosystèmes alluviaux Ecosystèmes aquatiques Gîtes à chiroptères
Landes, fruticées et prairies Pelouses sèches
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I. Contexte et objectifs de l’étude
1. Etude de population et actions de préservation
Dans le cadre de la mise en place d’une déviation de l’agglomération de ………..
passant à proximité immédiate de la boire ……….., site situé dans le périmètre Natura 2000 du
……….., une étude d’impact a été menée par un bureau d’étude en 2001 et a révélée la présence d’espèces animales protégées au niveau national et prochainement impactées par la réalisation de cette infrastructure telle que la Cistude d’Europe.
De nouvelles études, plus récentes (2008-2010) se sont attachées à définir des mesures de suppression et d’évitement des impacts révélés. Cependant, au regard des impacts résiduels encore significatifs du projet, des mesures compensatoires, composées d’une démarche d’acquisition de milieux naturels, d’une mise en gestion patrimoniale et de la conduite de suivis scientifiques de plusieurs populations d’espèces protégées ont été définies, d’une valeur de 650 000€.
Pour cette année 2012, 80 000€ de mesures compensatoires ont déjà été accordées pour la réalisation de nombreuses actions : notamment, l’étude sur la Cistude d’Europe. Le but étant d’estimer et de caractériser la population présente sur le site ainsi que d’identifier son domaine vital.
Pour limiter les désagréments liés au chantier de cette déviation, une bâche enfouie sur 10 cm a été placée tout autour de l’éventuel site de ponte pour protéger le déplacement des tortues.
Photographie 1 : Bâche de protection
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Célia BEAUCLAIR-Université de Caen Basse-Normandie-UFR de Géographie Carte 3 : Site ………..
2. Programme
Le suivi du projet de contournement routier de ……….. se décline donc à travers la mission d’animation du site Natura 2000 du ………...
Suite à ces actions de conseil et de suivi de l’évaluation des impacts de ce projet, le CEN Allier s’est porté candidat le 16 mars 2012, en accord avec la charte éthique de sa fédération (annexe1), pour mettre en œuvre ce programme de mesures compensatoires définies par le maitre d’ouvrage (Etat).
A partir de ces mesures compensatoires, la préservation de la Cistude s’est posée et c’est dans ce cadre que l’étude à vue le jour sur le site ………...
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3. Présentation de l’espèce étudiée : La Cistude d’Europe a. Fiche d’identité
Emys orbicularis (Linnaeus,1758) Classification
Règne : Animalia
Embranchement : Chordata Classe : Reptilia
Ordre : Testudines Famille : Emydidae Genre : Emys
Nom vernaculaire : Cistude d’Europe
Il existe trois sous-espèce présente en France : E. o. orbicularis, E. o. galloitalica et E. o. occidentalis
- Description de l’individu
Taille de la carapace : Le mâle, plus petit, ne dépasse pas 16 cm de long quant à la femelle, elle peut atteindre une longueur de carapace de 19 cm.
Poids adulte : de 300g jusqu’à 1kg, les femelles étant plus grosses que les mâles.
La Cistude bénéficie d'une vie assez longue : de 60 à 70 ans environ.
De couleur noirâtre, elle est caractérisée par les points jaune vif qui ornent son corps et le bouclier de sa carapace. Les pattes sont palmées et se terminent par de fortes griffes. La queue est longue et effilée.
Un net dimorphisme sexuel permet de distinguer le male de la femelle.
Chez le mâle, le plastron est concave, les yeux peuvent être plus foncés (Orange-rouge) et le cloaque est plus éloigné du bord de la carapace avec un renflement pénien. Alors que chez la femelle, les yeux sont jaunes, un plastron plat et un cloaque très proche de la carapace.
Photographie 2 : Dimorphisme sexuel
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Le régime alimentaire est assez varié, au début de sa vie elle est carnivore, puis devient omnivore avant de finir herbivore.
- Niche comportementale
Les accouplements ont lieu dans l’eau dès la sortie d’hivernation. Le pic d’activité sexuelle se situe en avril-mai bien que les accouplements s’observent durant toute la période d’activité.
Le mâle mord la nuque et les pattes de la femelle pour l'empêcher de tendre le cou et la maintient fermement sous l'eau, en l'empêchant de respirer et d'avancer. Il arrive même parfois que la femelle se noie durant cette opération. C'est donc épuisée, à demi asphyxiée et parfois cruellement blessée, qu'elle accepte de se rendre.
Les pontes sont déposées de la mi-mai à la mi-juillet sur des sols sablonneux, exposés sud, sud-est, non inondables, à une distance de point d’eau pouvant atteindre plusieurs centaines de mètres. La ponte a généralement lieu le soir et souvent même la nuit.
La Cistude creuse à l’aide de ses pattes arrières une cavité d’une dizaine de centimètres dans laquelle elle dépose de 3 à 16 œufs. Ces œufs sont blancs et très fermes et de forme elliptique. Ils pèsent de six à huit grammes. Le trou est rebouché et c’est l’ensoleillement qui assure la bonne incubation des œufs.
C’est la température du nid qui influence le sexe à l’éclosion. En effet si la température est supérieure à 29°C l’œuf donnera une femelle, si elle est inférieure à 28°C, un mâle.
L'éclosion se produit trois mois environ après la ponte.
L’émergence a souvent lieu en septembre la même année. Si la fin du développement embryonnaire est trop tardive, l’éclosion a lieu sous terre et les jeunes restent dans leur nid jusqu’au printemps suivant. En revanche si les températures et les conditions d’ensoleillement n’ont pas été suffisantes la ponte échoue.
Jusqu’à 80% des nids sont prédatés dans les jours qui suivent la ponte par de nombreux prédateurs : putois, renard, sanglier ou blaireau.
A la naissance, les jeunes Cistudes mesurent 25 millimètres et pèsent en moyenne 3.5 grammes.
- Le cycle biologique
Comme tous les reptiles, la Cistude d’Europe est une espèce ectotherme, c’est à dire qu’elle utilise le soleil comme source de chaleur externe pour chauffer sa température corporelle.
Son comportement et son activité se trouvent donc affectés par la température ce qui explique non seulement son cycle saisonnier mais également son cycle journalier.
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b. Une répartition inégale
- Dynamique
Au niveau européen, suite à des mouvements d’expansion de grande amplitude lors de la période post-glaciaire, l’espèce a connu une importante phase de régression qui pourrait être liée au refroidissement du climat.
En France, les écrits anciens indiquent qu’elle occupait une large partie du territoire à l’époque antique.
Dès la préhistoire et jusqu’au XIXème siècle, l’espèce a fait l’objet d’une consommation régulière, et parfois importante, par l’Homme.
- Répartition
La Cistude d’Europe constitue l’unique représentant du genre. Elle possède une vaste aire de répartition géographique à l’échelle mondiale (de la péninsule ibérique à l’ouest à la mer d’Aral à l’est, et de la Pologne au Nord jusqu’au Maghreb au sud).
En Europe, le déclin de l’espèce est un constat quasi général. Certains pays (la France, la Hongrie, l’Italie, l’Espagne et le Portugal) possèdent encore d’assez belles populations mais dont l’avenir n’est pas toujours assuré.
Elle a disparu de la Belgique, des Pays-Bas et se maintient difficilement en Autriche, Allemagne, Pologne et Tchécoslovaquie.
En France, la situation de l’espèce est considérée comme préoccupante, présente dans le sud-ouest, mais en régression dans le nord. On la trouve également en Corse.
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Célia BEAUCLAIR-Université de Caen Basse-Normandie-UFR de Géographie Carte 4 : Répartition de la Cistude d’Europe en France métropolitaine
Source : (VACHER & GENIEZ, 2010)
- L’Auvergne, quel potentiel pour la Cistude :
La déclinaison, en 2011, pour l’Auvergne, du Plan National d’actions en faveur de la Cistude (2011-2015) démontre que l’Allier semble abriter les dernières populations de Cistude d’Europe.
La répartition de l’espèce est désormais bien connue dans la partie sud du département de l’Allier, la partie nord reste à prospecter. En Sologne Bourbonnaise plus d’une centaine d’étangs abritent l’espèce qui colonise également les bras morts de la rivière Allier.
Une recherche de l’espèce dans les départements du Puy De Dôme et de la Haute-Loire pourrait permettre d’évaluer réellement le statut de l’espèce à l’échelle régionale.
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Carte 5 : Répartition de la Cistude d’Europe en Auvergne (Source CEN Allier)
Carte 6 : Carte de la distribution des populations de Cistude d’Europe en 2011 selon les régions naturelles du département de l’Allier (Source : CEN Allier)
Dans l’Allier, la Cistude d’Europe peut ainsi être considérée comme fréquente dans :
- les zones humides de la Sologne bourbonnaise
- le tiers nord du département (bocage bourbonnais),
- plutôt rare dans les annexes hydrauliques de la rivière Allier et du fleuve Loire.
Elle semble absente dans le val de Cher, en Combrailles et Montagne bourbonnaise.
68%
8%
22%
2 %
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La Cistude d’Europe est un des reptiles les plus menacés d’Europe. Voici les 6 facteurs par ordre d’importance :
- Le premier est sans doute la destruction, la fragmentation et la dégradation des zones humides (urbanisation, apport d’agents polluants, comblement et recalibrage des fossés, raréfaction des mares…)
- La gestion inadaptée des zones humides est un facteur de menace supplémentaire : un mauvais entretien et une gestion des niveaux d’eau anarchique dégrade les habitats : Assèchement de l’étang hors période hivernale s’il n’y a pas de lieu de substitution
- Une diminution de la ressource alimentaire : disparition de poissons, insectes due à la baisse de la qualité de l’eau
- Mortalité lors des déplacements des femelles (période de ponte), destruction, dégradation des habitats de ponte
- Une surfréquentation peut être fatale à une population. Un dérangement trop important peut engendrer son déplacement, voire sa perte.
- Et l’introduction d’espèces exotiques (écrevisses américaines, tortue de Floride…)
Or, avant toute mise en place de solutions pour la conservation d’une espèce, une parfaite connaissance de sa biologie et de son écologie, ainsi que de l’impact anthropique sur le milieu, s’avère indispensable. La nature discrète et peureuse de la Cistude d’Europe fait que, malgré une identification ancienne de l’espèce, certains points restent encore mal connus.
Photographie 3 : Collision routière Photographie 4 : Destruction d'un nid
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II Protocole et mise en œuvre
1. Présentation des sites d’étude
a. La Boire ……….. : Site hébergeant une population de Cistude
La boire ……….. est une annexe hydraulique de la rivière Allier. Une boire est un ancien bras secondaire de Loire, à l'écart des courants actifs, en marge du lit mineur.
Cartes de localisations non diffusables
b. Le
………..: Site favorable à la ponte
La Cistude d’Europe a besoin de milieux ouverts, secs et bien ensoleillés pour pondre. Les sites de ponte sélectionnés présentent une orientation sud ou sud-ouest bénéficiant d’un fort ensoleillement et pauvres en végétation herbeuse (empêchant le bon ensoleillement du nid). Les femelles se dirigent généralement vers les zones de sol nu à l’intérieur d’une parcelle et préfèrent des substrats tels que les limons ou sables, les échecs de ponte étant souvent liés à la présence de cailloux en abondance ou le dérangement.
Généralement, trois méthodes sont utilisées pour localiser les sites de ponte des Cistudes:
- La recherche de nids prédatés
- Le suivi de femelles par observations visuelles - Le radiopistage
Dans la majorité des cas, la femelle quitte la zone humide en fin d’après-midi (entre 16h00 et 20h00).
Le creusement du trou et la dépose des œufs prennent de 1h30 à plus de 3h00. Le retour est immédiat.
Lors de nos premières prospections sur le site, nous avons repéré :
- Une zone avérée de ponte : inventaires des nids prédatés réalisés les années précédentes - Une zone favorable à la ponte
Région : Auvergne Département : Allier
Commune : ………..
Nom du site : ………..
Superficie du site : 1.3 hectare Périmètre de la boire : 608m Altitude : 235m
Coordonnées géographiques :
Latitude : ……….. Longitude : ………..
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Célia BEAUCLAIR-Université de Caen Basse-Normandie-UFR de Géographie Carte 7 : Répartition des sites de ponte
La zone de ponte n°1 est une prairie fauchée, légèrement en hauteur par rapport à la boire.
La zone de ponte n°2, quant à elle est une prairie mésophile pâturée, inondable lors des crues de l’Allier.
2. Caractérisation de la population de Cistude par Capture marquage recapture
La méthode de Capture-marquage-recapture consiste à capturer et marquer le maximum d'individus afin de les individualiser lors d'une éventuelle recapture. De ce fait, il est donc possible d’estimer et de caractériser la population, pour connaître certains paramètres comme le sex-ratio, la taille de la population, la part de jeunes pour une viabilité de la population (recrutement), la structure d’âge et certaines autres caractéristiques morphologiques utiles à l'identification des individus et à l'évaluation sanitaire de la population.
La Cistude d’Europe étant une espèce protégée, une sollicitation de dérogation de manipulation des individus étudiés a préalablement été menée auprès Conseil National de la Protection de la Nature par l’intermédiaire de la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement d’Auvergne.
a. Cadre de réglementation
La Cistude d’Europe détient le triste record de la plus forte régression chez les reptiles en Europe de 1970 à 1990.
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Au niveau Européen, la Cistude est inscrite à l’annexe II de la Convention de « la vie sauvage et du milieu naturel » de l’Europe (Berne 1979), à l’annexe II (espèce communautaire dont la conservation nécessite la désignation de zones spéciales de conservation) et IV (espèce d’intérêt communautaire qui nécessite une protection stricte) de la directive Européenne « Habitat Faune et Flore ».
En France, elle est totalement protégée depuis 1979.
L’arrêté du 22-07-1993 l’inscrit sur la liste des reptiles protégés sur l’ensemble du territoire.
Sont interdits sur le territoire métropolitain et en tout temps :
La destruction ou l’enlèvement des œufs ou des nids, la destruction, la mutilation, la capture ou l’enlèvement, la naturalisation, où, qu’ils soient vivants ou morts, le colportage, l’utilisation, la mise en vente, la vente ou l’achat des spécimens détruits, capturés ou enlevés.
L’espèce est considérée comme vulnérable c’est à dire « en forte régression du fait de facteurs extérieurs défavorables »
Sur la Liste Rouge du comité français de l’IUCN (2008), elle est considérée comme quasi menacée (NT), c'est à dire "menacée si des mesures de conservation spécifiques ne sont pas prises". (Source : Cistude Nature)
En Auvergne, il n’y a pas de statut particulier pour la Cistude.
La capture de Cistude d’Europe, est donc soumise à autorisation préfectorale.
Pour cela, un dossier de demande de dérogation pour la capture temporaire de Cistude d’Europe a été élaboré par le CEN auprès de la DREAL Auvergne. Après un avis favorable du Conseil National de Protection de la Nature, le Conservatoire d’espaces naturels de l’Allier a pu obtenir un arrêté préfectoral permettant le bon déroulement du projet.
b. Matériel de piégeage
2 types de pièges ont été utilisés pour cette campagne :
- Les nasses cylindriques
Ce piège utilise la recherche d’aliments. On doit donc y déposer un appât dans la poche prévue à cet effet. La nasse est constituée de filets flottants à deux entrées et d’arceaux. A l’eau, la nasse est maintenue tendue par deux piquets de chaque côté.
Une bouteille vide en plastique permet de maintenir la nasse en position semi-immergée afin de laisser l’individu respirer. La tortue entre dans le piège par une des gorges, placée sous la surface de l’eau.
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Célia BEAUCLAIR-Université de Caen Basse-Normandie-UFR de Géographie Photographie 5 : Nasse équipée d’une bouteille d’eau
Ces pièges plus adaptés pour les zones peu profondes (berges de pente douce, …) placés parallèlement à la berge (respect des conditions de déplacements des Cistudes) doivent être relevés quotidiennement, afin d’empêcher les animaux capturés de s’épuiser et de se noyer.
Lors de la campagne, nous avons utilisé 2 tailles de nasses différentes : Des grandes : 28*40*90cm
Des plus petites : 30*15*60cm
Au maximum 7 nasses ont été utilisées sur le site.
- Les verveux
Le filet verveux est un piège utilisant le déplacement des individus le long de la berge. Il est constitué de plusieurs poches de plus en plus petites et d’une aile placée au niveau de l’entrée du piège. Le piège est tendu à l’aide de piquets à chaque extrémité. L’extrémité terminale est émergée pour permettre aux tortues de respirer.
Photographie 6 : Extrémité terminale du verveux
L’extrémité de l’aile opposée au piège est placée près de la berge et perpendiculairement à celle-ci.
Les tortues viennent percuter l’aile, la longent, puis entrent dans la première poche, dont elles ne peuvent ressortir. Elles ne peuvent alors progresser que vers la poche terminale.
Deux bouteilles d’eau vides sont disposées dans le piège pour permettre de laisser une partie hors de l’eau pour les individus capturés.
Un appât peut être placé dans le piège pour améliorer les chances de capture.
4 verveux ont été utilisés durant la campagne de piégeage avec pour dimension 8,20m de long pour une ouverture de 52cm de diamètre.
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Célia BEAUCLAIR-Université de Caen Basse-Normandie-UFR de Géographie Schéma 2 : Principe de fonctionnement d’un filet verveux
(Source : Rapport de stage Tomas A.)
Pour se déplacer sur la boire, une barque est utilisée pour la praticité ainsi que des gilets de sauvetage pour la sécurité.
Photographie 7 : Installation des pièges
Dans la barque, nous plaçons un bac avec le matériel nécessaire lors d’une capture : - Pour les mesures biométriques, un pied à coulisse est nécessaire.
- Un peson électronique permet de mesurer le poids.
- Le marquage des individus est réalisé grâce à une lime triangulaire.
- Un appareil photo
Nous nous équipons également de bacs en plastique permettant de stocker les individus lors de la manipulation. Le coût du matériel se trouve en annexe 2.
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Célia BEAUCLAIR-Université de Caen Basse-Normandie-UFR de Géographie Photographie 8 : Matériel de capture
c. Méthode de piégeage et de marquage
Avant le début de l’étude proprement dite, il y a eu une phase d’observation sur le terrain.
Elle a permis en premier lieu d’avoir une idée de la quantité de la population et de détecter la présence de la Tortue de Floride.
Ces observations ont également donné des renseignements sur la période de sortie d’hivernation et les premiers comportements d’ensoleillement.
Les nouveaux individus capturés sont marqués. L’attribution d’un numéro individuel se fait par des encoches, faites à la lime, sur les écailles marginales. Sans douleur pour l’animal, cela permet d’avoir un marquage fiable et facile à repérer pour les années suivantes. Le marquage s’effectue selon un code défini par Servan et al. (1986).
Photographie 9 : Marquage d’un individu Photographie 10 : Individu n°16
Pour exemple : l’individu n°16 aura une encoche sur la première marginale gauche et une encoche sur l’écaille marginale n°6.
Lime triangulaire
Pieds à coulisse Peson
électro nique
Encoche des dizaines
Encoche des unités
Individu n°16
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Célia BEAUCLAIR-Université de Caen Basse-Normandie-UFR de Géographie Schéma 3 : Schéma de marquage selon le code défini par Servan et al. (1986)
d. Déroulement du piégeage
La campagne de piégeage regroupe l’ensemble des sessions de piégeage sur un site. Nous avons mis en place 3 sessions de piégeage d’une durée de 4 jours chacune. (Calendrier en annexe 3)
Sessions Date de début Date de fin
Session 1 15.05.12 18.05.12
Session 2 29.05.12 01.06.12
Session 3 18.06.12 21.06.12
La session de piégeage se déroule ainsi : - Pose au jour J0
- Premier relevé au jour J+1 ; - Deuxième, relevé au jour J+2,
- Dernier relevé et retrait des pièges au jour J+3
Les pièges sont laissés opérationnels pendant toute la durée d’une session et ne sont retirés qu’à la fin.
La pose et le relevé des pièges s’effectuent toutes les 24h, le matin, lorsque les sites sont le moins fréquentés et les tortues moins actives.
Pour chaque visite sur le site, 2 personnes minimum étaient présentes pour des raisons de sécurité et de facilité.
Les modalités de déplacement et d’utilisation de l’espace chez la Cistude d’Europe indiquent qu’il n’est pas nécessaire d’échantillonner l’ensemble de la zone : la partie en pleine eau étant peu utilisée, les efforts doivent se concentrer sur les berges du plan d’eau. Les Cistudes se déplacent parallèlement à la berge.
Nous avons donc décidé d’équiper par des verveux les zones à proximité des lieux d’ensoleillement.
Les verveux sont placés perpendiculairement à la berge, permettant de capturer les individus se déplaçant le long de la berge.
La ceinture de végétation va également être piégée, elle représente une zone d’alimentation et de déplacement potentiel. Pour cette zone, des nasses seront utilisées. Elles seront disposées parallèlement à la berge dans des zones de faible profondeur et envahies de végétation.
Les pièges ont été espacés d’environ 40 m.
Durant nos 3 sessions de piégeage, nous avons effectué une modification du plan de piégeage, la 3ème semaine en ajoutant une nasse supplémentaire.
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Célia BEAUCLAIR-Université de Caen Basse-Normandie-UFR de Géographie Carte 8 : Plan de piégeage
e. Prise de données
Pour chaque session, une fiche de relevé de piégeage (Annexe 4) est remplie et récapitule les paramètres météorologiques, pour chaque jour, ainsi que la localisation des pièges où l’individu a été capturé.
Pour chaque Cistude nouvellement capturée une fiche individuelle de suivi est remplie. Elle présente les informations suivantes :
- Date - Heure - Observateur
- Type de capture : manuelle ou piégeage - Numéro de l’individu
- Son marquage
- Ses mesures biométriques : Longueur et largeur de la dossière, largeur avant, largeur arrière et longueur du plastron.
Le nombre de stries de croissance ainsi que leurs mesures : visibles sur la 4ème écaille abdominale. Le nombre de stries va permettre de connaître l’âge de la maturité sexuelle de la tortue. Cependant, cette méthode ne prend en compte que les individus encore en croissance, ce qui ne permet pas de connaître la véritable structure démographique de la population.
Plan de piégeage de la 3eme semaine : 4 verveux et 7 nasses
Plan de piégeage de la 2eme et 3eme semaine : 4 verveux et 6 nasses
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Célia BEAUCLAIR-Université de Caen Basse-Normandie-UFR de Géographie Schéma 4 : 4ème écaille abdominale
- Son poids
- Son stade de développement : Adulte, jeune, émergent ou immature - Le sexe
- L’état reproductif des femelles est évalué en déterminant la présence d’œufs calcifiés. Cette méthode consiste à palper à l’aide de ses doigts la cavité pelvienne de la tortue (située entre les pattes arrière et le pont osseux)
- Couleurs des yeux : Jaune, Rouge, orange ou autre - Les signes particuliers (blessures, tâches remarquables…)
- Une photo de la dossière, du plastron et de la 4ème écaille abdominale
Photographie 11 : Dossière Photographie 12 : Plastron Photographie 13 : Stries de croissance
3. Identification du domaine vital de la population par radiolocalisation
La télémétrie également appelée radiopistage est une technique permettant la détermination, à distance et avec un maximum de précision, des coordonnées géographiques du point où se situe un individu i à un instant t.
La méthode consiste à associer à un animal un émetteur qui émet un signal sous la forme d’ondes.
L’opérateur reçoit ce signal sous forme sonore par une antenne réceptrice.
L’observation directe étant particulièrement délicate chez une espèce aussi discrète, le radiopistage, est, bien que lourd à mettre en œuvre, le meilleur moyen de répondre à ces questions.
a. Matériel de radiolocalisation
Le matériel de télémétrie utilisé doit permettre la détection des individus à une distance maximale d’environ 1 km. Cette portée optimale théorique est valable seulement si l’individu se trouve en terrain dégagé et par temps calme et ensoleillé. Elle peut varier en fonction des conditions physiques et climatiques. Le coût du matériel se trouve en annexe 5.
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Célia BEAUCLAIR-Université de Caen Basse-Normandie-UFR de Géographie Photographie 14 : Matériel de radiolocalisation
Le matériel nécessaire pour la télémétrie implique trois éléments principaux :
- Un émetteur TW3 attaché à la tortue et qui envoie un signal sous forme d'onde. La durée de vie de l’émetteur est de 18 mois. Une pile alimente celui-ci.
- Une antenne : Un récepteur qui capte le signal - Une station de réception mobile
Compte tenu des caractéristiques amphibies de l’espèce, il est conseillé d’utiliser une gamme de fréquences autour de 150 Mhz pour sa capacité à se propager à la fois dans l’eau et dans l’air.
b. Equipement des Cistudes
Lors de la CMR, nous avons sélectionné 9 femelles et 7 mâles afin de les équiper d’un émetteur.
La pose de l’émetteur se fait tout d’abord par une phase de nettoyage de la carapace.
Une fois nettoyée, une des écailles de la dossière est enduite d’une colle forte (1) ainsi que l’émetteur qui va être fixé fermement sur l’écaille. (2)
Les tortues sont gardées une nuit au Conservatoire durant le temps de séchage dans des bacs afin de s’assurer du bon maintien de l’émetteur. (3)
Le lendemain, elles sont relâchées sur le site de piégeage. (4)
1 2
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Photographie 15 : Pose des émetteurs
c. La radiolocalisation par triangulation et Homing –in
Il existe 2 méthodes pour la radiolocalisation, elles peuvent être complémentaires.
- Le principe de triangulation
La triangulation permet d’estimer la localisation d’un individu au moyen de l’antenne réceptrice en utilisant au minimum deux points d’observation fixes différents.
Pour connaître la direction d’un animal, il s’agit de repérer le maximum d’intensité du signal.
L’émetteur se situe théoriquement à l’intersection des deux visées.
Carte 9 : Principe de la triangulation
- Le principe du “Homing-in”
Cette technique consiste à suivre l’augmentation du signal émis jusqu’à ce que l’on place le récepteur juste au-dessus de la source émettrice et que l’animal soit réellement observé. La position de l’individu est ensuite répertoriée sur une carte.
4 3
Localisation de la Cistude
3eme point d’observation 1er point
d’observation
2eme point d’observation
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Célia BEAUCLAIR-Université de Caen Basse-Normandie-UFR de Géographie relativement sédentaires.
L’erreur possible est introduite par la qualité de la carte et la précision avec laquelle on localise l’animal sur la carte. Par ailleurs, il s’agit d’un protocole qui prend beaucoup de temps et qui limite donc le nombre d’individus suivis.
Photographie 16 : Mise en œuvre de la radiolocalisation
d. Déroulement du radiopistage
Dans un premier temps, l’enjeu de ce suivi étant la localisation des sites de ponte, nous avons adapté notre protocole comme ceci :
- Un premier passage a lieu aux alentours de 19h30, quand la température de l’air se refroidi et que les premières femelles sortent de l’eau en direction des sites de ponte. Tout d’abord, la zone de ponte est prospectée à la jumelle, pour s’assurer qu’aucune Cistude est à proximité afin d’éviter de l’effrayer. A ce moment-là, les 15 Cistudes équipées sont localisées par méthode de triangulation à 3 points.
- Un deuxième passage aux alentours de 21h30, à la tombée de la nuit, où deux cas de figure sont possibles.
Soit la Cistude est repérée dans l’eau, signifiant qu’elle n’envisage pas de pondre ce jour.
Soit à l’inverse, la Cistude est repérée hors de l’eau, en déplacement ou sur son site de ponte, et là, elle est suivie régulièrement et très discrètement jusqu’à la ponte terminée.
A la fin de la ponte, nous protégeons le nid d’une cage attachée par 4 sardines pour éviter la prédation.
Schéma 5 : Cage de protection
La période de radiopistage a commencé le Vendredi 1er Juin et s’est terminé le Jeudi 28 Juin.
(Annexe 6)
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Photographie 17 : Cistude à la recherche Photographie 18 : Tortue en train de creuser
Photographie 19 : Ponte en cours Photographie 20 : Ponte terminée
4. Action de préservation : Expérimentation de lutte contre la prolifération de la tortue de Floride
a. But de l’étude sur la tortue de Floride
Le but de l’opération est de limiter la progression d’une espèce envahissante (la tortue de Floride) sur l’étang ……….., à proximité immédiate de la rivière Allier et de ses annexes hydrauliques.
L’expérimentation a eu lieu sur ce site du fait d’une convention en partenariat déjà signée (Mai 2010) avec le propriétaire et d’un financement possible par le programme Loire Nature.
b. Le programme Loire Nature
Le CEN Allier intervient sur la rivière Allier dans le cadre du Plan Loire Grandeur Nature au titre du programme Loire nature.
Le programme Loire nature a vocation à développer des actions exemplaires pour une gestion durable de la Loire et de ses affluents.
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Les expérimentations de lutte contre les espèces envahissantes se sont notamment développées ces dernières années pour enrayer l’érosion de la biodiversité. C’est avec les financements de ce programme que l’expérimentation de piégeage de Floride a vu le jour.
c. Présentation de l’espèce étudiée : La tortue de Floride
- Fiche d’identité
Trachemys scripta elegans (Wied, 1839) Classification
Règne : Animalia
Embranchement : Chordata Classe : Reptilia
Ordre : Testudines Famille : Emydidae Genre : Trachemys
Nom vernaculaire : Tortue de Floride
Description de l’individu
Taille de la carapace : Male : 13-15 cm, femelle : ~25 cm Poids adulte : jusqu’à 3 kg
Les individus sont longevifs, pouvant atteindre un âge moyen estimé à 30 ans.
Cette tortue est dite palustre : localisée dans les zones marécageuses.
Elle a une tête pointue et vivement colorée avec une rayure rouge sur les tempes.
Sa peau, parcourue par de nombreuses lignes jaunes, est de couleur verdâtre allant du vert clair chez les juvéniles au vert foncé chez les adultes.
Le male possède des griffes avant plus longues et courbées, et sa queue est plus longue et large.
Le plastron du male est concave, celui de la femelle est plat.
Le plastron est de couleur jaune avec des taches noires, des inclusions d’anneaux de couleur vert sombre.
La tortue est ectotherme et poïkilotherme, ce qui lui impose un besoin de prendre le soleil en émergeant de l’eau pour assurer sa thermorégulation.
Niche trophique
Le régime alimentaire est assez varié, au début de sa vie elle est carnivore, puis devient omnivore avant de finir herbivore.
En France, elle peut consommer de jeunes Cistudes
Cycle biologique
Ces tortues sont observées à la surface de l’eau entre avril et octobre.
En dessous d’une température extérieure de 10°C, elle devient inactive et rentre progressivement en hivernation, au fond de l’eau (période de novembre à mars), durant laquelle elle maintient un rythme physiologique très bas et ne s’alimente pas ou très peu (la respiration cutanée permet l'oxygénation).
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Dynamique
Cette tortue a été introduite volontairement par l’Homme faisant l’objet d’un commerce d’animaux à grande échelle : Des millions de petites tortues étaient importées chaque année en Europe : en France par exemple, le maximum fut atteint en 1989- 1990 avec 1.878.000 exemplaires.
Inventaire
Depuis une trentaine d’année de nombreuses espèces de tortues exotiques ont été commercialisées en France.
La plupart devenant trop encombrantes ont été relâchées dans la nature.
La plus représentée étant la Trachemys scripta (ou communément appelée tortue de Floride) composée de trois sous-espèces.
- Trachemys scripta elegans - Trachemys scripta scripta - Trachemys scripta troostii
La sous-espèce qui était la plus importée en Europe est Trachemys scripta elegans.
Niche spatiale
Originaire du Sud des Etats-Unis (bassin du Mississipi, du bassin de l’Illinois, jusqu’au Golfe du
Mexique), cette tortue est essentiellement aquatique, en eau douce, et s’aventure à terre seulement pour pondre.
Elle peut vivre dans toutes les zones d’eau douce ou saumâtre (cours d’eau, lacs, zones humides, lagunes mais très peu dans les rivières ou les fleuves), son habitat préférentiel : eau calme, plans d’eau larges, bassin vaseux et riche en végétation.
Chez cette espèce, les jeunes se concentrent près des berges des étangs et les adultes occupent plutôt le centre des étangs et les eaux plus profondes.
Répartition
Les tortues de Floride peuvent être présentes soit dans : - Les aires de répartition naturelle :
A l’Est des Etats-Unis et des zones adjacentes du nord-est du Mexique.
- Les régions d'introduction connues :
L'Europe du Sud-Est et l'Extrême-Orient, les Caraïbes, Israël, Bahrein, Iles Mariannes, Guam et l'Afrique du Sud.
En Europe, elles sont présentes dans plusieurs pays, mais se reproduisent uniquement dans certains (à savoir l'Espagne, l'Italie, la France).
Carte 10 : Répartition de la Tortue de Floride en France métropolitaine (VACHER & GENIEZ)
- Une des menaces de la Cistude d’Europe : Le lâcher de tortues exotiques dans la nature
Les tortues de Floride ont été relâchées dans la nature par des particuliers qui ne souhaitaient plus s’en occuper. Cette nouvelle espèce dans le milieu peut provoquer un grave problème écologique, tant par leur prélèvement dans leur écosystème d’origine, alors appauvri, que par leur réintroduction volontaire ou non dans de nouveaux écosystèmes.
La tortue de Floride peut être également un vecteur de nouvelles maladies et concurrencer la Cistude, espèce autochtone sur l’alimentation et les zones d’insolation.
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débats. Les animaux rares et exotiques alimentent le troisième trafic mondial, après la drogue et les armes, soit un chiffre d’affaires de plusieurs milliards de dollars par an.
Pour la tortue de Floride, on estime à plus de 52.122.000 le nombre d’individus exportés entre 1989 et 1997, date d’interdiction de l’importation de cette tortue par l’Union Européenne.
d. Cadre de réglementation
Bien que le statut invasif de la tortue à tempes rouges en Europe soit officiellement flou à l’heure actuelle, nombreux sont ceux qui tendent à considérer qu’il s’agit bel et bien d’une espèce invasive, du fait de son origine exotique et de son impact important sur la biodiversité en Europe, et plus particulièrement sur les tortues d’eau douce locales, la Cistude d’Europe (Emys orbicularis), la tortue lépreuse (Mauremys leprosa) et autres espèces animales (insectes et batraciens) des zones humides.
Cette conclusion est également validée par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature:
l’Invasive Species Specialist Group de l’UICN (ISSG) la classe parmi les 100 « pires espèces invasives au monde »
Certain pense qu’à partir du moment, où le statut reproducteur est démontré dans le milieu d’introduction, l’espèce est considérée comme envahissante.
Aujourd’hui, la tortue de floride est interdite : - d’importation en Europe depuis 1997
- de détention, sauf en cas d’autorisations adaptées (autorisation d’élevage d’agrément (AEA), pour des animaux détenus avant le 10 août 2004, ou certificat de capacité (CDC). (Source : Internet)
Dans un premier temps, le Conservatoire a contacté différents organismes tels que le Conservatoire d’espaces naturels du Languedoc Roussillon ou encore le Syndicat Mixte du Bassin de l’Or, organismes ayant déjà testé le piégeage de Floride, afin d’avoir des informations sur le protocole à mettre en place.
Il en ressort que les individus capturés ne pourront être relâchés dans le milieu (puisque reconnu comme espèce invasive), le piégeage de tortues exotiques n’est pas légal en France. En effet, il n’existe pas en France de statut juridique pour ces espèces.
Le Conservatoire a donc dû informer avant le début de la campagne de lutte, le service vétérinaire de l’Allier afin d’avoir une autorisation de piégeage et de transport des tortues de Floride et autres tortues exotiques envahissantes sur le site.
Les individus capturés devaient initialement être retirés du milieu naturel et euthanasiés : installés dans un congélateur (minimum à -18°C) ce qui provoquera leur hibernation (ralentissement du cycle jusqu’à leur endormissement) puis entraînera leur mort.) cependant lors d’une réunion avec les partenaires de cette action de lutte, il a été décidé que les tortues exotiques seraient confiées au centre d’accueil «TouroParc» en Saône et Loire à Romanèche – Thorins lui-même habilité car titulaire des agréments réglementaires à récupérer les tortues de Floride.
En parallèle de ce piégeage, une plaquette d’information a été réalisée et installée à l’entrée de l’étang à destination des usagers de cet étang, pour les sensibiliser sur les espèces aquatiques envahissantes et sur la campagne de piégeage qui sera en cours. La plaquette d’information se trouve en annexe 7.
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Célia BEAUCLAIR-Université de Caen Basse-Normandie-UFR de Géographie Photographie 21 : Plaquette d'information
e. Présentation du site : L’étang
………..: Site propice au développement de la tortue de Floride
L’étang ……….. est un plan d’eau artificiel, relativement profond et vaseux, utilisé auparavant par la cimenterie.
Région : Auvergne Département : Allier Commune :
Lieu-dit : Les
Nom du site : Etang Superficie du site : 12 ha Périmètre du site : 1.6 km Altitude : 248m
Le protocole mis en place pour la capture de Floride a été établi après un travail de bibliographie.
Sur le site expérimenté, la population de tortues de Floride a été estimée l’année dernière à environ 10 à 15 individus.
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Célia BEAUCLAIR-Université de Caen Basse-Normandie-UFR de Géographie Photographie 22 : Floride en insolation sur un tronc d’arbre
f. Matériel de piégeage
3 types de pièges ont été testés durant la campagne de piégeage : - Les nasses
Comme détaillé dans le protocole de Capture Marquage Recapture
Photographie 23 : Nasse Photographie 24 : Nasse dans l'eau
- La cage-piège
Elle utilise la recherche d’aliments. Elle est donc utilisée avec un appât et positionnée dans l’eau en position semi-immergée avec l’aide de deux bouteilles d’eau, afin de permettre la respiration des animaux captifs.
La cage piège est en grillage rigide (50*50*30cm), possédant une trappe (30*20cm) pour la sortie des individus.
L’animal attiré par l’appât pousse sur les tiges pour se diriger vers le fond de la cage où est positionné l’appât. Les tiges étant en buttée dans le sens de la sortie, l’animal est prisonnier.
Une cage a été utilisée durant la campagne de piégeage. Celle-ci a été réalisée par un stagiaire du conservatoire.
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Célia BEAUCLAIR-Université de Caen Basse-Normandie-UFR de Géographie Photographie 25 : Cage – piège
N’ayant pas de résultats positifs, nous avons testé un autre type de piège utilisé pour le protocole de Capture Marquage Recapture de la Cistude : les verveux
Durant la campagne de piégeage, 4 types d’appâts ont été testés:
- Foie de porc faisandé - Maquereau
- Hareng - Banane
Le coût du matériel est en annexe 8.
g. Déroulement du piégeage
L’expérimentation a commencé le lundi 2 Avril 2012 et jusqu’au Vendredi 28 Juin 2012.
Durant cette période, il y a eu 7 semaines de piégeage soit 28 jours. (Annexe 9)
Le piégeage a été suspendu pendant 2 semaines dû aux mauvaises conditions météorologiques.
Nous avons commencé le piégeage à la sortie de l’hivernation des tortues pour augmenter nos chances de capture, en effet les tortues sont activement à la recherche d’aliments à cette période.
Le protocole s’est déroulé identiquement chaque semaine.
- Pose au jour J0
- Premier relevé au jour J+1 ; - Deuxième relevé au jour J+2, - Troisième relevé au jour J+3
- Dernier relevé et retrait des pièges au jour J+4 le matin - Réparation et nettoyage des pièges au jour J+4 l’après midi
Pour chaque visite sur le site, 2 personnes minimum étaient présentes pour des raisons de sécurité et de facilité.
Chaque nasse est relevée quotidiennement. La présence et l’absence de captures sont des résultats à prendre en compte et à noter sur la feuille de terrain. Lorsqu’un individu est piégé, des mesures sont effectuées : poids, longueur du plastron, de la dossière, identification du sexe, remarques particulières concernant l’animal, et palpation pour déterminer la présence ou pas d’œufs chez les femelles.
Toutes ces données sont reportées sur une feuille de capture.
Si l’espèce est autochtone, elle sera relâchée sur le même lieu de capture.
Au cours de cette phase de capture, les conditions météorologiques ont été relevées, ceci permettant de déterminer dans quel contexte environnemental évoluent les tortues exotiques et si ces conditions environnementales ont favorisé ou non les captures.
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Célia BEAUCLAIR-Université de Caen Basse-Normandie-UFR de Géographie loin possible des berges, en pleine eau et parallèlement à celle-ci.
Etant donné la configuration du site et l’envasement, nous n’avons pas pu nous éloigner beaucoup des berges, du fait de la présence d’un arrêté sur l’étang interdisant toute utilisation de barque.
Durant la campagne de piégeage, nous avons changé plusieurs fois la position des pièges au fil des semaines afin d’améliorer la capture.
Photographie 26 : Pose des pièges
h. Résultats
Au cours de la campagne de piégeage sur l’étang ……….. , nous avons capturé 3 Cistudes mais aucune Floride
.
(En annexe 10-11-12)i. Discussion : Eventuelles raisons de l’échec de capture
Après avoir tenté de nombreuses modifications sur le type d’appât, le type de piège, la position des pièges (Annexe 13) et la période de piégeage, nous avons plusieurs hypothèses quant à notre échec de capture :
- Présence restreinte de Floride sur l’étang dû à la pêche
- Pression de piégeage faible au regard de la taille de l’étang et éventuellement du nombre de Florides
- Nasses trop petites
- Météo pas toujours favorable au déplacement des tortues
- Tortue craintive dû à la fréquentation de l’étang et notamment à la répétition des relevés (manque d’acclimatation aux pièges installés)
- Mauvaise utilisation des pièges face à la configuration du site : position des nasses pas suffisamment en pleine eau (dû à l’interdiction de l’utilisation de la barque) et verveux en bord de berge mais très rapidement immergés.
Après avoir capturé deux Florides lors de la CMR de la Cistude, nous avons pu confirmer notre hypothèse des nasses trop petites. En effet, les Florides capturées ont un poids respectif de 3140g et 2500g, avec une longueur de dossière de 240mm et 212mm et une largeur de dossière de 183mm et 167mm. Or le diamètre de l’ouverture de la nasse est de 150mm. Cela peut donc être une des possibilités de notre échec de capture mais sûrement pas la seule.
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Célia BEAUCLAIR-Université de Caen Basse-Normandie-UFR de Géographie travaillé de près ou de loin avec le piégeage de la Floride.
Le Conservatoire d’espaces naturels du Languedoc Roussillon :
Il nous a confirmé que lors de leur campagne de capture, ils ont été très présents sur le terrain, y compris le week end, en laissant les nasses afin d’habituer les tortues au piège.
Ils ont également testé différents appâts sans pour autant en trouver un plus efficace que les autres.
La conclusion du Conservatoire du Languedoc Roussillon est qu’il y a eu beaucoup d’efforts humains pour peu de capture grâce au piège. La plus importante des captures a été faite à la main ou à l’épuisette du fait de la configuration du site.
La Ligue pour la Protection des Oiseaux Auvergne :
La LPO nous a confié qu’ils étaient en train de tester un nouveau type de piège : le piège à insolation. Le piège est installé durant 15 jours consécutifs.
Le piège à insolation ne nécessite pas obligatoirement d’appâts. La LPO a tout de même agrémenté leur piège d’abats pour augmenter les chances de capture.
Le Conservatoire d’espaces naturels de Corse
La capture de Floride faite par le Conservatoire d’espaces naturels de Corse a été plus positive. Un des facteurs est les conditions météorologiques beaucoup plus favorables.
Société d’Histoire Naturelle d’Autun (SHNA)
La SHNA n’ayant pas encore commencé sa campagne de piégeage, pense s’orienter dans la méthode vraisemblablement la plus efficace : le tir à l’arme à feu avec l’aide de l’ONCFS.
Après ces nouveaux échanges, il s’avère que les éléments bibliographiques de ces partenaires ne révèlent pas véritablement les efforts nécessaires à mener pour obtenir des résultats de capture positifs.
La Floride est donc une espèce très compliquée à piéger.
A l’heure actuelle, l’élimination ou la gestion la plus adaptée reste le tir à l’arme à feu, effectué dans certaines régions, par des gardes assermentés de l’ONCFS.
Photographie 27 : Tortue de Floride
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Célia BEAUCLAIR-Université de Caen Basse-Normandie-UFR de Géographie
1. La CMR
Au terme de notre campagne de piégeage, nous avons pu marquer 27 individus.
Graphique 1 : Nombre de capture et recapture en fonction des sessions
Ce graphique nous montre que l’essentiel des captures (88%) s’est fait lors de la 1ère session.
Lors de la 2ème et 3ème session, il y a eu essentiellement des recaptures.
Les premières recaptures se sont fait lors du 3ème jour de la 1ère session.
a. Estimation de l’effectif de la population
Deux modèles peuvent être utilisés pour estimer l’effectif des populations étudiées : le modèle de Lincoln Peterson et celui de Schnabel. Ceci permet de traiter les données de deux manières différentes :
- Pour le premier indice, les données sur une même session de piégeage sont regroupées - Pour le second, les données sont traitées jour par jour
L’utilisation de ces deux méthodes se base sur plusieurs hypothèses :
- La population est dite « fermée » géographiquement (pas de migration) et démographiquement (la mortalité et natalité sont négligeables) pendant la durée de l’expérience
- Tous les individus ont la même probabilité de capture et cette probabilité ne change pas au cours du temps
- Le marquage ne change pas le comportement des individus et les marques sont permanentes et toujours reconnaissables.
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Célia BEAUCLAIR-Université de Caen Basse-Normandie-UFR de Géographie
Sessions 1 2 3
Jours 1 2 3 4 5 6 7 8 9
Nombre d’individus capturés et marqués par jour 22 2 0 1 0 1 0 0 1 Nombre total d’individus marqués à ce jour 22 24 24 25 25 26 26 26 27 Nombre d’individus capturé au jour J, déjà marqué 0 1 7 3 4 4 9 6 6
Nombre d’individus capturés au jour J 22 3 7 4 4 5 9 6 7
Formule de Lincoln- Peterson )
1 /(
) 1
(n m
M NL
Avec une variance égale à S² M² (n 1) (n m) (m 1)² (m 2) M : Nombre d’individus capturés et marqués à la première session
m : Nombre d’individus marqués capturés à la deuxième session n : Nombre d’individus capturés à la deuxième session
NL : Abondance estimée
L’abondance estimée par la formule de Lincoln-Peterson est de 28 individus avec un intervalle de confiance à 95% de [22.25; N; 33.7526].
Formule de Schnabel Smi
Mi Sni Ns
Avec une variance égale à S² Smi (Sni Mi)²
Mi : Nombre d’individus marqués dans la population juste avant la ième session mi : Nombre de recapture à la ième session
ni : Nombre d’individus capturés à la ième session Ns : Abondance estimée
L’abondance estimée par la formule de Lincoln-Peterson est de 28,175 individus avec un intervalle de confiance à 95% de [27.171;N; 29.179].
Formule de Lincoln Peterson
Formule de Schnabel
Abondance estimée 28 28.175
Intervalle de confiance [22.25; N; 33.7526] [27.171;N; 29.179]
Ces deux formules ont permis d’estimer l’effectif de la population. Le résultat de l’abondance estimée de chacune de ces deux formules est assez proche.
Par contre, en ce qui concerne l’intervalle de confiance, la formule de Lincoln Peterson nous révèle un intervalle beaucoup moins précis que celui de Schnabel. Cela s’explique par le fait qu’il y ait eu seulement 2 sessions de prise en compte pour cette formule.
D’après ces calculs, la population de la boire ……….. s’estime donc à 28 individus, ± un intervalle de confiance. Sachant que nous avons marqué 27 individus. En se fiant, à ces calculs, nous pouvons admettre que l’essentiel de la population a été capturé.
L’analyse des variables biométriques relevées sur l’ensemble des individus capturés permet d’obtenir des informations sur la structure de la population.
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Célia BEAUCLAIR-Université de Caen Basse-Normandie-UFR de Géographie Effectifs/surface= Le nombre d’individus/ha
27/1.33= 20.3 individus/ha
En reprenant, le nombre d’individus marqués, nous trouvons une densité de population égale à 20.3 individus/ha. Cette densité est moyennement élevée pour la boire.
c. La structure d’âge de la population
Les classes d’âge définies sont les émergents (1 an et moins), les immatures de 2 à 5 ans, les jeunes de 6 à 9 ans et les adultes de 10 ans et plus.
Lors de notre campagne, nous avons capturé uniquement des adultes à l’exception d’un jeune.
L’étude des âges semble révéler une population assez âgée sur le site. La majorité des Cistudes capturées dépasse la dizaine d’années, aussi bien chez les mâles que chez les femelles.
Photographie 28 : Jeune Cistude Photographie 29 : Cistude adulte
A gauche, seul jeune de la population capturée, reconnue grâce aux anneaux cornés de croissance (zones claires au niveau des lignes de suture des écailles du plastron)
A droite, un adulte avec des lignes d’arrêt de croissance usées et pratiquement invisibles.
d. Le sex-ratio
Fréquence relative des mâles (et des femelles) dans la population échantillonnée. N=27 f
m SR
58 . 0 SR
m = nombre de male f = nombre de femelle
Graphique 2 : Répartition mâles – femelles On constate, qu’il y a nettement plus de femelles capturées que de mâles.
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Célia BEAUCLAIR-Université de Caen Basse-Normandie-UFR de Géographie
e. Etude des caractéristiques morphologiques de la population
Graphique 3 : Répartition des captures par classe de poids
On constate que 37% de la population ont un poids compris entre 700 et 900g.
Des graphiques complémentaires se trouvent en annexe 14.
Durant cette campagne de Capture Marquage Recapture de la Cistude, nous avons capturé 2 tortues de Floride de la sous espèce : Trachemys scripta elegans. Cette capture a eu lieu les 20 et 21 Juin 2012 dans un verveux
Les tortues ont pu être confiées au centre d’accueil
Photographie 30 : Deux tortues de Floride
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Célia BEAUCLAIR-Université de Caen Basse-Normandie-UFR de Géographie
a. Résultats de la triangulation
La méthode de triangulation a donc permis de localiser l’emplacement des tortues chaque jour. Grace à un système d’information géographique, j’ai pu cartographier chaque localisation des individus (1 point/jour/individu) et ce sur toute la période de suivi.
Le tracé rouge représente la trajectoire de l’individu au fil des jours. On constate que pour la quasi- totalité des tortues (femelles et mâles), le schéma est identique, en période estivale, elles fréquentent l’ensemble du milieu aquatique (boire).
Carte 11 : Trajectoire de l'individu n°2
Cette carte représente la trajectoire de l’individu n° 2 tout au long du mois de juin.
On peut remarquer que cet individu a fréquenté l’ensemble de la boire sans aucune logique particulière. Ce cas est retrouvé pour la plus part des autres individus.
Sinon, on trouve quelques tortues, qui occupent quasi la totalité de la boire tout en laissant une partie peu fréquentée, le plus souvent le sud du milieu aquatique.