Manuel de psychologie cognitive – Robert Sternberg – ed de boeck Les neurosciences au cœur de la classe – Pascale Toscani
Apprendre avec les neurosciences – rien ne se joue avant 6 ans – Pascale Toscani – éd Chronique sociale
Découvrir le cerveau à l’école– CANOPE
Le choix des 2 photos de cette première diapositive:
- On n’a pas l’habitude de voir le cerveau ainsi
- Car l’avancé des neurosciences et l’enrichissement des connaissances sur le cerveau, sont rendues possibles grâce aux progrès technologiques (en matière d’investigation, d’expérimentation).
Ici: tractographie. En neurosciences, la tractographieest une méthode utilisée pour mettre en évidence les voies neuronales. Les résultats sont présentés sous forme d'images deux et trois dimensions.
Ce n’est ni une méthode, ni une recette.
Les neurosciences : ensemble de disciplines qui étudient le système nerveux, tant du point de vue de sa structure que de son fonctionnement. On va trouver dans ces disciplines : la biologie, la chimie, les mathématiques…, donc c’est la neurobiologie d’une part, et d’autre part, ce qui va être relatif à la cognition qui est plus proche de la psychologie voire de la neuropsychologie.
On devrait d’ailleurs ici parler de neurosciences cognitives puisqu’on va s’intéresser à la cognition, donc ce qui se rapporte à la connaissance et aux apprentissages.
La cognition: l'ensemble des processus mentaux qui se rapportent à la fonction de connaissancedonc à l’APPRENTISSAGE
la mémoire, le langage, le raisonnement, l'intelligence, la résolution de problème, la prise de décision, la perceptionou l'attention, les émotions.
Le système nerveux central, entouré et protégé par des membranes: les méninges.
Attention, les méninges ne sont « que » des membranes protectrices…elles sont dépourvues de neurone! Pourquoi est-ce important de savoir ça lorsqu’on est enseignant?
L’expression « Faites travailler vos méninges » n’a pas de sens! En revanche:
« Creusez-vous les méninges », (pour aller en dessous trouver les neurones) OUI! ;-) Attention, de récentes recherches (labo Louvain en Belgique) auraient montré
l’existence de cellules souches susceptibles de pouvoir évoluer en neurones, dans les méninges…
Notre cerveau ~ 1,3 kg
Le cortex cérébral: tout en circonvolutions, (sa surface est parcourue de sillons) entoure l’intérieur du cerveau et intervient pour beaucoup dans la cognition humaine. Le cortex couvre les hémisphère gauche et droit qui sont séparés par la scissure (voir photo), et connectés par le corps calleux (voir diapo suivantes). De manière générale, on dit que chaque hémisphère contrôle le côté opposé du corps.
On peut également observé le cortex en identifiant quatre zones (4 régions distinctes) séparées par les sillons les plus profonds. (voir photo).
Comment se développe le cerveau?
Les lobes portent le nom de l’os du crâne sous lequel ils se trouvent. Donc sous l’os occipital, on trouve les lobes occipitaux…on parlera aussi du cortex occipital., sous l’os pariétal, on aura le lobe pariétal…ou cortex pariétal…etc.
Le développement du cerveau: on sait depuis peu d’années, que cerveau ne se développe pas de la même façon selon certaines régions, certains lobes. Maturation assez précoce des régions qui sont situées à l’arrière du cerveau, ce qu’on appelle le cortex occipital. Puis on va avoir une maturation des cortex temporaux, puis des cortex pariétaux, ce qu’on a un peu au-dessus, et puis va se développer assez tardivement ce qu’on appelle le cortex préfrontal, donc ce qui se trouve derrière notre front. Et ce cortex préfrontal a pris au cours de l’évolution de notre espèce une place de + en + importante dans notre cerveau et qui est le siège de notre
intelligence.
Donc ce cortex préfrontal, on sait qu’il mature jusqu’à à peu près 20 /24 ans, donc ça
- il fait le lien aussi avec des régions qui sont impliquées dans la gestion émotionnelle,
- il abrite des processus dont on reparlera, des processus de contrôle cognitif qui sont fondamentaux pour les apprentissages,
Le neurone: sa spécialité c’est la communication, c’est à dire la conduction d’une information. Donc le neurone est fait pour recevoir, conduire et transmettre cette information. Nous avons 100 milliards de neurones et chaque neurone est relié à environ 10 000 autres.
Les éléments du neurone:
- Le soma (ou corps cellulaire) qui contient le noyau.
- Les dendrites (environ 7000 par neurone) par lesquelles arrivent l’information.
- L’information se propage ensuite le long de l’axone unique… (+ gaine de myéline/
Info: La sclérose en plaques est une maladie des neurones au niveau des gaines de myéline)
- …et est transmis à l’extrémité du neurone par les boutons terminaux.
Quelle est la nature de l’information? Signal électrique, pas tout à fait!
n’est pas du courant électrique (la vitesse du courant: 300000km en une seconde, contre qq mêtres pour l’influx nerveux) et enfin, les « contacts » entre neurones n’ont rien à voir avec une prise de courant…les neurones ne se touchent pas, alors que les fils électriques doivent se toucher (la condition de la conduction dans l’électricité c’est le contact. Or dans les réseaux neuronaux, le neurones ne sont jamais en contact). Il existe un minuscule espace entre deux neurones : la synapse.
La transmission des signaux entre les neurones a lieu lorsque les boutons terminaux libèrent un ou plusieurs neuro transmetteurs au niveau de la synapse. Ces neuro transmetteurs servent de messagers chimiques pour la transmission de l’information dans les interstices synaptiques jusqu’aux dendrites récepteurs du neurone suivant Dans 35 % de cas, autisme serait dû à une défaillance des protéines qui baignent dans l’espace intersynaptique – HS Revue La recherche.
La plus grande concentration de neurones se situe dans le néo cortex du cerveau, une partie où se déroulent les processus cognitifs les plus complexes.
L’apprentissage est associé à la formation de nouvelles connexions neuronales et dès lors accroît la complexité ou la ramification des dendrites dans le cerveau. Les
synapses jouent un rôle important dans la cognition. Les rats présentent une
Quelques images de neurones.
La plasticité cérébrale:
Renvoie à la capacité qu’à le cerveau à se transformer suite à l’influence de l’environnement, de l’éducation, des apprentissages (écriture, lecture, calculs) qui modifient le cerveau dans son anatomie, sa structure (nombre de connexions synaptiques), et son fonctionnement. Les régions qui vont être engagées dans la réalisation des comportements ne vont pas forcément être les mêmes avant ou après l’apprentissage de la lecture pour traiter par ex des symboles comme les lettres, les syllabes, ou les mots.
On sait aujourd’hui qu’on peut apprendre à tous les âges de la vie , que ça va modifier structure et fonctionnement cérébraux, mais ça va être plus dur à un âge plus avancé parce que ça va être plus couteux de contrôler tous les automatismes qu’on aura mis en place.
Chaque discipline à ces mythes! Vous imaginez le bouleversement que ça a du être lorsqu’on est passé de la croyance « Terre est plate » à la connaisance actuelle « la Terre est ronde »!
Autres neuromythe: le cerveau ne fait qu’enregistrer…il n’efface qu’en cas de pathologie, de lésion… non! Le cerveau se restructure sans cesse. D’ailleurs,
pourquoi dit-on que la nuit porte conseil? On a observé (les chercheurs) que, la nuit, le cerveau rejoue les évènements de la journée, il réorganise les connexions
synaptiques pour en rendre certaines plus efficaces et peut donc en libérer d’autres.
Pourquoi c’est important?? Pour expliquer que la qualité des apprentissages (et en particulier la mémorisation à un lien avec le sommeil… alors, comme dirait Sandrine Rossi, maitre de conférence en psycho cognitive…vous le saviez déjà!…oui mais maintenant vous pourrez justifier à vos élèves (voire à leurs parents) que leurs cerveaux travaillent la nuit…
Pq c’est important de connaitre la plasticité cérébrale lorsqu’on est enseignant ? Pour lutter contre le déterminisme: non à l’hérédité du non réussir à l’école! «Son frère était pareil, et j’ai eu la mère comme élève, « on ne changera pas grand chose»…
DONC: croire en l’éducabilité de chacun.
Pour apprendre aux élèves à apprendre, il faut leur expliciter le fonctionnement de leur cerveau.
Illustration vidéo d’une classe de CP - au sujet du fonctionnement cérébral. Vidéo CANOPE
https://www.reseau-canope.fr/notice/decouvrir-le-cerveau-a-lecole.html
Donc on voit la place que prend le contrôle cognitif dans notre vie quotidienne puisqu’on a besoin de contrôler nos conduites quasiment tout le temps. Donc, lorsqu’il va s’agir d’apprendre, le contrôle cognitif va être essentiel, car il touche à la capacité que nous avons à prêter attention aux choses, mais aussi à ne pas prêter attention à certaines choses, donc à inhiber des informations qui vont nous distraire, mais aussi notre capacité dite de flexibilité mentale (développée plus loin).
Visualisez la vidéo du test d’attention:
Combien de passes se font les joueurs de l’équipe blanche?
Visionnez la vidéo des représentations des élèves.
Expérience : écrivez plusieurs fois votre nom sur un papier tout en essayant de vous représentez chaque chose dont vous vous souvenez de la chambre où vous dormiez lorsque vous aviez 10 ans. En même temps que vous continuez ces 2 tâches, prenez mentalement conscience de vos sensations corporelles en partant depuis un de vos gros orteils, puis remontez par votre jambe, traversez votre torse jusqu’à l’épaule opposée et redescendez le long de votre bras. Que ressentez-vous comme sensation ?
Au cours de l’expérience, avez-vous pu encore écrire votre nom pendant que vous récupériez en mémoire le souvenir d’images tout en étant attentif à vos sensations ? Comment avez-vous trouvé cette tâche? Cette tâche a du vous paraître ardue mais pas impossible. Qu’est-ce qui rend cette tâche difficile mais néanmoins possible ?
Nous avons des capacités d’attention limitées.
L’attention est un processus au cours duquel nous traitons activement une quantité limitée d’information extraite de la quantité énorme d’informations disponibles à travers nos sens, nos souvenirs stockés, notre environnement direct et bien d’autres processus cognitifs.
Nos ressources mentales sont limitées et ne peuvent se focaliser que sur une quantité restreinte d’informations.
Le processus psychologique d’attention nous permet d’exploiter judicieusement nos ressources mentales limitées.
Il s’agit par conséquent de délaisser les nombreux stimuli externes (sens) et internes (pensée et souvenirs ) pour ne prendre en compte que les stimuli intéressants.
Cette focalisation, si elle est efficace, va augmenter la probabilité de pouvoir répondre rapidement et précisément aux stimuli intéressants. Une attention
soutenue favorise les processus mnésiques en sorte qu’on renforce nos capacités de rappel de l’information à laquelle on a prêté attention, comparée à celle qu’on a ignoré.
Elle comprend à la fois des mécanismes conscients et non conscients. Qu’est-ce que vous avez pu faire de manière inconsciente dans l’expérience? Vous pouvez avoir conscience que vous écrivez votre prénom, mais vous n’avez pas besoin d’avoir une attention consciente pour le faire (pas besoin de réfléchir au fait que mon prénom c’est Vanessa, que ça commence par un V…).
Si vous voulez que vos élèves mémorisent les informations que vous allez leur donné. N’hésitez pas dans un premier temps à leur annoncer la couleur, c’est à dire à donner d’abord l’objectif puis dire que pour atteindre cet objet il va falloir que tu mémorises les informations que je vais te donner maintenant!. Ainsi vous envoyez à leur cerveau un message d’utilité pour le futur proche
L’attention sélective: qu’est-ce que c’est?
Quel exemple? Le test avec le gorille ,
consiste à prendre en compte certains stimuli et à ignorer les autres. On peut être attentif en lisant un manuel ou en écoutant le cours d’un professeur, tout en
ignorant d’autres stimuli comme le bruit extérieur.
L’attention partagée c’est quoi? Quel exemple?
Les individus parviennent bien mieux à diviser leur attention dans des tâches qui font appel à des modalités différentes. Par exemple, la plupart des gens peuvent
aisément écouter de la musique et se concentrer en même temps sur une activité d’écriture, mais il est plus difficile d’écouter des informations et se concentrer en même temps sur ce qu’on écrit parce que les deux tâches sont de nature verbale. De même, deux tâches visuelles ont plus de risques d’interférer l’une avec l’autre qu’une tâche visuelle couplée à une tâche auditive. (Expérience 1: prénom, souvenir, sensations.)
Si on revient sur l’expérience de tout à l’heure avec votre prénom, le fait d’écrire votre propre nom n’exige aucune prise de conscience, et vous pouvez écrire tout en vous abandonnant consciemment à d’autres activités. Vous est-il déjà arrivé de rentrer chez vous en voiture et d’avoir pensé à tout autre chose au point d’avoir
l‘impression que c’est la voiture qui vous a ramené?
Qu’est-ce qui fait que c’est possible? Les automatismes.
Processus contrôlés et processus automatiques:
Les processus automatiques n’impliquent aucun contrôle conscient. Les processus automatiques se déroulent en dehors de toute prise de conscience (même si vous pouvez être conscient que vous les exécutez) , demande peu d’efforts, sont traités en parallèle (d’autres opérations ont lieu simultanément), et sont relativement rapides.
Les processus contrôlés sont tributaires d’un contrôle conscient, ces processus se déroulent dans un ordre sériel (séquentiel, étape par étape) et demandent
relativement plus de temps pour être exécutés.
En fait, de nombreuses tâches qui requièrent au départ des processus contrôlés sont exécutées par la suite à l’aide de processus automatiques. Par exemple, la conduite d’une voiture est au début un processus contrôlés. Mais une fois qu’on maîtrise cet apprentissage la conduite devient automatique dans des conditions normales de pilotage (route familière, beau temps, peu ou pas de trafic).
Quel exemple à l’école? Lecture! Le passage d’un contrôle conscient à un traitement automatique se produit au cours de l’apprentissage de la lecture.
Les procédures précocement apprises dans la vie sont souvent beaucoup plus automatiques et moins accessibles à une prise de conscience que les procédures acquises plus tard. Le processus de changement par lequel une procédure devient automatique est appelé l’automatisation ou procéduralisation.
L’automatisation résulte de la pratique, en sorte que des activités très souvent pratiquées peuvent être automatisées et devenir ainsi autrement automatiques.
D’où l’importance de faire pratiquer les élèves, de leur laisser le temps de répéter et de leur laisser le temps d’automatiser les procédures.
Question des gens dits multi-tâches..?
Regardez la vidéo de 9min40 à 14min07 :
https://www.youtube.com/watch?v=JywfTYdKpHc Le multi-tâche! NON, il n’existe pas.
L’attention est une fonction de contrôle cognitif, essentielle dans les apprentissages. Donc, il est indispensable de mettre les élèves en situation attentionnelle, et de développer les capacités attentionnelles des élèves
Elle favorise la mémorisation.
Donc pourrait être intéressant de se poser la question
lorsque vous préparez vos séances et que vous déterminez
la tâche de l’élève, de vous demander s’il va être en
permet de soulager l’attention. Offrir aux élèves le temps nécessaire pour s’approprier les procédures, préférer des apprentissages spiralaires, plutôt que des apprentissages massés.
Le cerveau n’est pas multi-tâche, il ne peut se concentrer que sur une chose à la fois, d’où l’intérêt de définir systématiquement les critères de réussite et de vous demander s’ils sont pertinents.
L’élève attentif n’est pas forcément celui qui est assis sans bouger, les mains sur la table et qui vous regarde….
Facteurs qui influencent ou affectent l’attention
Certains psychologues ont observé que l’anxiété liée à la situation était susceptible d’affecter l’attention. Nous y reviendrons lorsque nous aborderons les émotions.
Bien sûr, il faut prendre en compte également le fait que le cerveau des enfants n’est pas mature (on a dit vers 24 ans)… donc ça explique les capacités d’attention
limitées chez les enfants…
D’autres facteurs peuvent aussi intervenir : la fatigue, les conduites addictives (écrans vidéo, consommation de sucre), un intérêt particulier dans une tâche cible, la nature de la tâche (tâche complexe/tâche simple), la quantité de pratique dans l’exécution d’une tâche.
Matérialiser des signes attentionnels, sortes d’alertes (par exemple: flashcards) qui permettraient d’aider les élèves à repérer les moments, les temps nécessitant une attention particulière, et ces repères pourraient aider à structurer la pensée et à aller vers une compréhension plus fine ou moins intuitive de ce qu’on met en jeu au moment où on apprend.
- travailler avec les élèves sur la focalisation, la sélection (définir une tâche principale et isoler les tâches secondaires),
- diminuer les interférences (tables rangées, tableau effacé, copain/copine à côté…) et alerter les élèves dessus,
- vérifier l’automatisation des processus et ne pas en demander trop en même temps, - faire des pauses récapitulatives et restructurantes, emploi du temps organisé pour ne pas solliciter toujours une attention soutenue (ceux qui font une évaluation de mathématiques à 8h00 du mat, et ceux qui font l’évaluation après deux heures de sport ne sont pas dans les mêmes conditions…)
L’attention auditive – Extrait de « Découvrir le cerveau à l’école » – Editions CANOPE Il existe des distracteurs (stimuli qui détournent notre attention du stimulus cible ).
Exemple: alors qu’on recherche un produit dans un magasin, on peut rencontrer plusieurs distracteurs qui ressemblent au produit recherché. Les concepteurs d’emballages profitent d’ailleurs de l’efficacité des distracteurs en proposant des produits qui présentent de grandes ressemblances avec d’autres – exemples flagrants dans les paquets de céréales.
L’attention visuelle– Extrait de « Découvrir le cerveau à l’école » – Editions CANOPE Document de 123 pages, téléchargeable en pdf sur le site Canope – 7,99€
Qu’est-ce que c’est? Une définition…? Et en quoi est-ce intéressant, ou important à l’école pour les apprentissages.
Pour bien comprendre le processus d’inhibition, je vais vous proposer un test très connu – Stroop, il est en trois étapes.
1èmeétape, La diapositive qui suit présente des rectangles de couleurs. Votre tâche consiste à énoncer, le plus rapidement possible, la couleur de chaque rectangle, ligne par ligne. Si vous vous trompez, vous corrigez l’erreur et poursuivez.
Vous le ferez à voix basse ou haute (pas dans votre tête!). Si vous avez un téléphone qui fait chronomètre, prenez le…préparez le et vous noterez votre temps.
C’est parti!
2èmeétape: la diapositive qui suit présente une liste de mots. La tâche consiste à lire, toujours le plus rapidement possible, les mots, ligne par ligne. Si vous vous trompez, vous corrigez l’erreur et poursuivez.
Vous le ferez de nouveau à voix basse ou haute. Si vous avez un téléphone qui fait chronomètre, prenez le…préparez le et vous noterez votre temps.
3èmeétape: la diapositive suivante présente des mots, écrits de différentes couleurs.
La tâche consiste à énoncer le plus rapidement possible la couleur utilisée pour chaque mot, ligne par ligne. Si vous vous trompez, vous corrigez l’erreur et poursuivez.
Vous le ferez à voix basse/haute et si vous avez un téléphone qui fait chronomètre, prenez le…préparez le et vous noterez votre temps.
Quelle interprétation faire de ce test?
On ne peut empêcher notre cerveau de lire! C’est ce qui rend compliquée la 3ème étape du test de stroop.
L’inhibition est une forme de contrôle cognitif et comportemental qui permet aux sujets de résister aux habitudes, aux
automatismes, aux tentations, aux distractions ou aux interférences, et de s’adapter aux situations complexes par la flexibilité.
Quel rapport avec l’école? On propose régulièrement des situations pédagogiques aux élèves où il y a un conflit cognitif entre deux procédures, l’une souvent
automatisée et donc plus rapide, moins couteuse vers laquelle vont s’orienter un certain nombre d’élèves.
Pour bien comprendre, voici différentes situations scolaires qui posent la question de l’inhibition.
Ces deux exemples illustrent des situations scolaires de conflit cognitif entre deux savoirs, entre deux règles en compétition.
La pédagogie de l’inhibition se veut d’éviter à l’élève de tomber dans les pièges qu’il rencontre à l’école.
En effet, il ne suffit pas de connaître les règles, il faut en permanence inhiber nos automatismes.
Dans ces situations l’enfant va avoir envie de se laisser guider par ses automatismes, ses pensées, par son intuition. D’un coté il a raison car cette pensée intuitive peut nous faire réussir (elle nous fait d’ailleurs réussir très souvent dans la vie de tous les jours) mais il y a des contextes où elle va nous faire échouer (notamment dans le cas d’une situation complexe qui parait simple et connue). Et on va être, si on veut réussir, conduit à devoir contrôler cette intuition, la refreiner, pour pouvoir envisager
Tâche de conservation du nombre de Piaget:
Y a-t-il le même nombre de jetons dans les rangées du haut et du bas?
La plupart des enfants répondent correctement dans la première situation. Mais avant 6/7 ans, ils se trompent généralement à la seconde et déclarent qu’il y a plus de jetons dans la rangée du haut.
La difficulté tient ici au fait que deux stratégies entrent en compétition et se télescopent: une visuospatiale «longueur = nombre» et une algorithmique de comptage. L’hypothèse des chercheurs est que l’échec de l’enfant serait lié à un défaut d’inhibition de cette automatisme plutôt qu’à un défaut des compétences numériques.
RÉFLEXION MÉTACOGNITIVE
L’enseignant discute avec les élèves des stratégies qu’ils ont utilisées pour ne pas tomber dans les automatismes appris lors de la première phase de l’activité. Il peut questionner les élèves:
Avez-vous réussi à ne plus faire le mime que l’on avait au début associé à l’animal ? Est-ce que c’était difficile pour vous ? Pourquoi ?
Pourquoi pensez-vous que vous vous êtes parfois trompé ? Y avait-il un piège dans ce jeu ? Lequel ?
Est-ce que vous avez vu un camarade réussir mieux que vous ? Questionner l’élève qui a réussi : comment as-tu fait ?
Qu’est-ce qui pourrait vous aider à réussir ?
Le piège de cette activité, c’est d’avoir envie de mimer l’animal montré par l’enseignant. Il faut donc à la fois :
RÉFLEXION MÉTACOGNITIVE
L’enseignant discute avec les élèves des stratégies qu’ils ont utilisées pour ne pas tomber dans les automatismes.
Avez-vous attrapé votre adversaire ? Comment avez-vous fait pour réussir ? Pourquoi était-ce difficile ?
Y avait-il un piège dans ce jeu ? Lequel ?
Avez-vous été touché ? Oui : pourquoi ? Non : pourquoi ?
Le piège, ici, c’est de ne pas ou mal réagir (ne pas bouger, s’enfuir au lieu d’attraper).
Il faut donc à la fois :
– faire attention à ce qu’on entend, ce qui va activer un comportement automatique mais erroné : il faut bien attendre la fin de la diction du mot avant de bouger ;
– stopper ce comportement ; – activer un autre comportement.
VARIANTE
Le jeu du « Jacques a dit » peut aussi être un très bon support.
Pour comprendre le processus de flexibilité mentale, reprenons le test de Stroop avec une 4èmeétape:
La diapositive suivante présente des mots, écrits de différentes couleurs. La tâche consiste à alternativement énoncer la couleur d’écriture, puis le mot écrit. Vous réaliserez cet exercice le plus rapidement possible, ligne par ligne, de la gauche vers la droite. Dès que vous constatez une erreur, corrigez-vous immédiatement.
Vous indiquerez votre nouveau temps.
La flexibilité mentale est notre capacité à planifier, donc à organiser nos séquences comportementales dans le temps, notre capacité à soutenir notre attention pendant une longue durée (par exemple, lorsqu’on passe un examen d’une heure), notre capacité à partager notre attention aussi pour pouvoir réaliser deux choses à la fois, ce qui va être très compliqué pour l’enfant et qui pourtant est une situation très fréquente en classe.
Exemple simple: lorsque qu’on change de discipline! On vient de faire des maths, et on passe en lecture. Tous les élèves n’ont pas la même capacité de flexibilité, la même capacité à passer d’une discipline à une autre…
Donc il faut essayer de développer ces capacité de flexibilité…
Il s’agira d’en faire prendre conscience aux élèves.
Le but de cet exercice 1 est de réaliser alternativement une addition puis une soustraction en groupe classe avec les ardoises.
Emotion / confiance en soi…environnement rôle/ déterminisme des enseignant, des enfants?
Pour travailler avec les élèves, il peut être utile de recourir à des pictogrammes… Il s’agit ici d’exemples, chacun trouvera celui qui lui convient le mieux sur Internet.
Nous allons aborder rapidement la mémoire. Elle fait partie du processus
d’apprentissage. En effet, la mémoire est la « fonction qui permet de fixerdans le système cognitif l’information qui vient du monde extérieur, de la conserver, et de la récupérerle moment venu, lorsqu’elle est utile.
Nous avons tous vécu l’expérience au sein d’une famille, d’évoquer un souvenir qui fait débat pour un même évènement. Pourtant nous sommes surs de notre mémoire!
Et pourtant!..
Première phase : l’encodage
Lors de l’encodage, l’information est associée à des perceptions sensorielles et / ou à des souvenirs ou connaissances déjà en place.
- La mémoire sensorielle reçoit l’information (le stimulus) captée par les cinq sens, et conserve l’information une fraction de seconde. Puis elle transmet l’information à la mémoire de travail.
- La mémoire de travail (ou mémoire à court terme) maintient les informations en mémoire pendant la réalisation de tâches cognitives. Mais elle est très limitée et se surcharge facilement, donc elle oublie vite : le stockage est temporaire. D’autre part, elle est totalement dépendante des capacités attentionnelles. L’encodage se fait de manière verbale (acoustique), visuo-spatiale, et/ou sémantique.
Quels liens avec les apprentissages à l’école? Dans l’enseignement, on dit souvent de faire appel à des situations vécues par les élèves: cela facilite l’encodage. De la même
mobilisent plus que d’autres. Nous pouvons retenir volontairement un numéro de tel, une adresse, une information lue dans un journal; et involontairement la rue dans laquelle nous sommes passés pour la première fois pour se rendre chez le dentiste et que nous allons reconnaitre quelques semaines plus tard.
Deuxième phase: le stockage
Il correspond à une consolidation de l’information, ancrée durablement dans la mémoire par répétitions (d’où l’intérêt de laisser le temps aux élèves de s’entrainer, de refaire, de s’exercer…).
Enfin, troisième phase, la restitution (rappel) correspond à ce qui revient en mémoire. Elle dépend de la qualité d’encodage et de stockage.
Les élèves en difficulté dans les apprentissages peuvent rencontrer des problèmes dans l’une ou plusieurs de ces trois phases.
Les neurosciences ont largement permis de mettre en évidence le rôle crucial des émotions dans les apprentissages. La qualité de l’encodage et du rappel sont en lien avec le contexte d’apprentissage: un contexte anxiogène affecte les capacités de mémorisation.
Lien avec l’école! Les « bonnes » émotions (plaisir, curiosité…) vont favoriser l’apprentissage (la mémorisation), tandis que les « mauvaises » émotions (stress, ennui, ne se sent pas capable d’y arriver…) ont un impact négatif. On s’efforcera donc de toujours placer l’élève dans les meilleures conditions d’apprentissage (vigilance à avoir sur le climat de classe: Bien-être, confiance en soi, plaisir…)
Comme pour l’encodage, le rappel peut se faire de manière volontaire ou involontaire.
- Par exemple, je peux retrouver dans ma mémoire la date de naissance de ma sœur, la couleur du costume de mariage de mon meilleur ami. Je peux retrouver dans ma tête le théorème de pythagore ( je ne sais pas pour autant l’appliquer). Tous ces rappels sont volontaires, on parle de mémoire explicite.
- Un certain nombre d’informations me revient sans que le rappel soit volontaire, c’est la mémoire implicite. Elle me permet de me mettre au piano et de rejouer la sonate de Bach sans partition. De même lorsque je sais nager, je n’ai pas besoin de me rappeler les gestes qui éviteront que je coule…ils sont intégrés, mémorisés et le rappel est inutile.
Apprentissage de la marche: vous ne vous en souvenez pas, mais c’était super dur!!
Idem pour la conduite. Après quelques cours, on devient plus efficace, puis on devient efficient: moins d’énergie, plus rapide et on perd la conscience de ce qu’on fait: nos
fait tellement bien que c’est elle qui ramène la voiture lorsqu’on est fatigué.
C’est ainsi que notre mémoire fonctionne pour les apprentissages, les informations traitées par répétitions seront prises en charges par notre mémoire procédurale.
Cette mémoire est indispensable pour stocker les apprentissages sans qu’ils
encombrent notre mémoire quotidienne. Elle permet de libérer de l’espace pour de nouveaux apprentissages (ex: apprentissage de la lecture qui monopolise quantité d’énergie au départ, et qui devient automatique par la suite).
Mais cette mémoire n’a pas que des avantages. Elle a l’inconvénient de stocker sans analyser, des procédures qui pourraient être inadéquates. Donc les élèves peuvent enregistrer des procédures erronées comme des automatismes. Et le problème des automatismes, c’est qu’ils sont difficiles à modifier car ils siègent au plus profond de notre mémoire …inconsciente. D’où l’intérêt de faire verbaliser, expliciter les
procédures par les élèves, et de s’assurer que tous ont bien compris.
Autre type de mémoire: vous préparez le goûter et lorsque vous ouvrez le pot de confiture, l’odeur vous projette en enfance. Vous revoyez les bocaux de confiture disposés sur la grande étagère de votre grand-mère. C’est la mémoire épisodique.
C’est la mémoire des évènements situés dans un contexte spatial et temporel précis.
Elle est constitutive de votre histoire, de votre personnalité, c’est la mémoire de votre vie (autobiographique). Vous pouvez vous remémorer les choses de manière
consciente (si on vous demande de vous rappeler de…) ou inconsciente (comme on vient de le voir avec l’odeur de confiture). Cette mémoire est en lien avec
l’inconscient…qui filtre ce qui est affectivement possible ou raisonnable de se rappeler (certains évènements traumatisants peuvent ainsi être enfouis au plus profond pour se protéger affectivement).
Enfin, la mémoire sémantique. C’est la mémoire qui gère les connaissances. Elle gère les concepts, les mots, les classifications. Elle fait des liens entre les connaissances.