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Sur un problème de transport de chaleur par
déplacement d’un solide
M. Cotte
To cite this version:
116 A
SUR UN
PROBLÈME
DE TRANSPORT DE CHALEUR PARDÉPLACEMENT
D’UN SOLIDEPar M.
COTTE,
Faculté des Sciences de Poitiers et Laboratoire dePhysique
M. P. C., Paris. Sommaire. 2014 Le refroidissement d’uncylindre circulaire homogène sortant avec la vitesse 03C5 d’un four à la température T0 pour pénétrer dans un milieu à la température 03B80 est étudié, en
supposant un régime permanent spatial établi. Aux vitesses 03C5 très faibles la convection a peu
d’importance. Aux vitesses 03C5 plus grandes, c’est la conduction longitudinale qui joue un rôle
négli-geable : la température dans une section droite du cylindre à la sortie du four est sensiblement T0 ; la répartition des températures, à quelque distance de la sortie se déduit très facilement de l’étude du refroidissement en régime transitoire d’un cylindre pris tout entier à la température T0 et
porté dans un bain à la température 03B80.
Dans le cas d’un cylindre entouré d’un manchon de conductivité et de capacité calorifique différentes, une expression approchée assez simple de la température surl’axe est établie, moyennant
quelques
hypothèses
simplificatrices.PHYSIQUE APPLIQUÉE TOME 17, NOVEMBRE 1956, PAGE 116 A
Quoique
le mot convectionsuggère
habituel-lement le
transport
de chaleur par le mouvement d’unfluide,
il arrive que la chaleur soit aussitrans-portée
par tedéplacement
d’un solide. Dans cetarticle,
nous étudionsthéoriquement
unproblème
où ce genre de convection
présente quelque
intérêtpratique.
Refroidissement d’un
cylindre
circulairehomo-gène
sortant d’un four. - Uncylindre
circulairehomogène
sort avec la vitesse v d’un four où il estmaintenu à la
température To
pourpénétrer
dans ’ un bain contenant unliquide
à latempérature
60.
Nous supposerons le
cylindre
infinimentlong,
etun
régime
permanent
detempérature
établi dansl’espace. Désignons
par .K la conductivitéther-mique
ducylindre,
par y sacapacité
calorifique
parunité de
volume,
par a =K /y
sa diffusivité.Nous
prendrons
l’axe ducylindre
comme axedes x, et sur cet axe une
origine
0 à la sortie dufour. En coordonnées
cylindriques,
p, x, et enrégime
permanent,
latempérature
6 ducylindre
vérifie
l’équation
que nous établirons dansl’annexe 1 :
Les conditions aux limites sont
,E étant le coefficient
d’échange
superficiel,
que l’onpeut
éventuellement considérer commefonc-tion de v, et T
représentant T o
pour x 0 et60
pour x > 0. Ces conditions aux limites sont
idéa-lisées
puisqu’elles
supposent
mince laparoi
du four. Nous discuteronsplus
loin cetteapproximation.
Nous admettons que les valeurs de .E sont en
général
différentes à l’intérieur et à l’extérieur dufour,
et cela conduira pour les domaines x 0 etx > 0 à des calculs
séparés,
d’ailleursanalogues.
Pour
simplifier,
nous supposons .Ket y
indépen-dants de la
température.
Nous devrons ensuite raccorder en x = 0 les solutions.Si nous posons
les
équations (1)
et(2) admettent,
dans chacun desdomaines,
des solutionsparticulières
de la formeDans
(4),
Am
est uneconstante,
etJo,
la fonction de Bessel d’ordrezéro ;
les constantesÇm
etpm
sont définies parDans
(5),
J 1(03BEm)
est la fonction de Besseld’ordre 1. La constante
%m
sera ainsi voisine d’unzéro de
Jo
siRE /K
estgrand,
et d’un zéro deJ,
siRE / K
estpetit.
Comme nous voulons queV m
reste borné
quel
que soit x, nous choisirons dans(6)
la racine
03B2m
designe
contraire à x.Les données
K, R,
E étantfixées,
il existe uneinfinité de valeurs de
1;m
et les fonctionsJo
03BEm 03C1/R)
,
Î
R
constituent dans le cercle 0 p R un
système
complet
de fonctions de porthogonales.
Toute
superposition
de solutions définies par
(4), (5), (6)
vérifie(1)
et(2).
La solution du
problème
revient alors à déterminer les constantesAm
depart
et d’autre de x = 0 desorte que
(7)
entraîne pour x = 0 la continuité dela
température
et du flux dechaleur,
c’est-à-dire de8
x
et ded dx
6(p,
x )
puisque
noussup-posons K constant.
117 A
Affectons d’un accent les valeurs
correspondant
à x
négatif,
et de deux accents les valeurscorres-pondant
à x > 0. On obtient ainsi les relationsOn transforme les relations
(8)
en relationsalgé-briques
entre lesA;’
et lesAm
en utilisant lesrelations
d’orthogonalité
desJo(03BE’m03C1/R) et
desB R
Le calcul est facile dans le cas
D’après
(5)
les valeursde 03BE’m
et de§§i
sontégales ;
ce
qui
permet
de lesreprésenter
par la mêmelettre
Z. ;
les constantes03B2’m
et03B2"m
seront la racinepositive
et la racinenégative
de la mêmeéqua-tion
(6).
Les relations(8)
donnent dans ce casd’où on tire
(cf.
AnnexeII)
avec
Si J a vitesse v de sortie du
cylindre
estnulle,
on a unphénomène
de conduction pure, et(10)
et(12)
donnent
quel
que soit mSi de
plus
E est assezgrand
pour que latrempé-rature de la surface du
cylindre
soitTo
dans lefour,
0.
hors dufour,
la solution de ceproblème
est lamême que la solution du
problème
d’électrostatique
suivant : °Une surface
cylindrique
conductricecoupée
en 0par un
plan
perpendiculaire
à son axe a ses deuxparties
portées
respectivement
auxpotentiels
To
et
60.
Quel
est lepotentiel
0 en unpoint
del’espace
intérieur à cette surface ?
Évidemment
lepotentiel
dans leplan
deséparation
8( P,
0)
est( To
+
00)
/2.
La solution de ce
problème, qui
est donnée par(13),
(14)
avecJo(çm)
=0,
peut
encore êtrerepré-sentée
(1) par
(1) DURAND (E.),
Électrostatique
etmagnétostatique,
p. 40lià li-12, Masson, édit., Paris, 1953.. A noter que la validité des formules (179) et (180) de ce livre doit être limitée à z > 0. Le cas de cylindres coaxiaux séparés par un
intervalle étroit traité p. 412, permet de tenir compte de
l’épaisseur
finie de laparoi
du four. 1Si v n’est pas p
nul,
’ maisSl-
restepetit
devant laa
première racine 03BE1
del’équation (5),
les formules(14)
restentapproximativement
valables et lesrésul-tats ne sont pas sensiblement modifiés.
Étudions
maintenant le casJazz
grand.
Pour fixer lesidées, rappelons
que, en unités cm2sec7l,
a est de l’ordre de
grandeur
de l’unité pour unmétal,
du centième ou du millième pour un isolantthermique.
Pour R = 1cm, ce cas
correspond
àdes vitesses v
supérieures
à 10cm /sec
pour unmétal,
et à0,1
ou0,01
cm /s
pour un isolant.Alors
03B2’m
serapetit
et03B2"m
seragrand
tant que m nedépassera
pasquelques
unités. Parconséquent
dès queIxl
sera assezgrand
pour queseuls
lespremiers
termes du
développement
(7)
aient del’impor-tance,
nous pourronsécrire, quand (9)
est réaliséFaire
l’approximation (16)
revient à traiter dans le domaine des x > 0 leproblème
défini parl’équa-tion aux dérivées
partielles (1)
avec les conditions aux limitestandis que
pour x
0,
on a sensiblementpartout
Cette
simplification duproblème
p P pour PRu
grand
a
n’est pas nécessairement liée à
(9),
et il est assezintuitif
qu’elle
subsiste(2)
dès que la vitesse ducylindre
estgrande
devantait,
saufpeut
être dansle cas E’ E". Nous écarterons cette
exception
etnous remarquerons que dans les
premiers
termes dudéveloppement
(4),
03B22m
serapetit
devant03B2m
vla.
Cela revient à dire que, dès que x n’est pas très
petit,
0 satisfait aux conditions aux limites(17)
et àl’équations
aux dérivéespartielles :
si nous posons
L’approximation
(18)
(20)
(21)
revient ànégliger
letransport
de chaleur par conductionlongitudinale
devant le
transport
parconvection,
et la variable t’four. Or les
équations (17), (18), (20), (21)
sont leséquations
du refroidissement(en régime variable)
d’uncylindre
indéfinipris
tout entier à latempé-rature
To
etporté
à l’instant zéro dans un bain à latempérature
00.
La solution de ceproblème
est bien connue. On pourra sereporter,
parexemple,
à l’article de Grôber
(Zs.
d. Ver. d.Ing.,
Bd69,
1925,
p.705),
qui
donne des courbes et des dia-grammespour la
température
au centredu;cylindre,
la
température
à lapériphérie
et le flux de chaleuren fonction de la
température initiale,
deER /K
etde at
/R2.
Si,
enplus
E,R/ K
estgrand,
on aeL il
résulte
de(13), (18)
et(20)
ledéveloppement :
Signalons
que les méthodes du calculsymbolique
appliquées
à(18), (20, (22),
etl’emploi
dudévelop-pement
asymptotique
de la fonction deBessel,
nous donnent aussi
l’expression approchée
valable pour p voisin de R et t assez
petit.
Cetteexpression
estanalogue
à celle que nous avonsobtenue et discutée pour un
problème
dedif-fusion
[1].
L’analogie
desproblèmes
de diffusion et depropagation
de la chaleur est bien connue ; toutefois nous avions traité unproblème
dedif-fusion dans
l’espace
extérieur à uncylindre,
et il est intéressant de constater le raccordement des solu-tions pour p > R et p R. Les méthodes decalcul
symbolique s’appliqueraient
aussi dars le casER / K
fini ;
malheureusement le fait quel’approximation
est limitée à des valeurs det petites
enlève un peu d’intérêt aux formules ainsi obtenues
puisque
nous devonssupposer t
=x /v
grand,
sinous voulons utiliser
l’équation
(20),
pour lepro-blème de convection
qui
nous occupe.Notons aussi que la solution du
problème
n’estpas liée au
signe
de la différenceT 0
-60 ;
si onavait
To 00,
on obtiendrait l’échauffement d’uncylindre
pris
à latempérature T 0
etporté
dans unfour à la
température
60.
II. Refroidissement d’un
cylindre
entouré d’unmanchon. --- Au lieu d’un
cylindre homogène,
considérons un
cylindre métallique
de rayon r, bonconducteur de la
chaleur,
entouré d’un manchonconcentrique,
peuconducteur,
de rayon intérieur r,de rayon extérieur R. Le tout sort avec la vitesse a
d’un four à la
température To
pourpénétrer
dansun bain à la
température
60. Proposons
nousd’étudier le refroidissement de
l’ensemble,
et detrouver,
enparticulier,
àquelle
distance x, de lasortie du
four,
unpoint
de l’axe ducylindre
est à latempérature Ti.
Ce
problème
se traite de la mêmefaçon
que leprécédent.
Mais nous aurons, pour le métal et pour le manchon deuxéquations (1)
faisant intervenirrespectivement
les conductivités etcapacités
calo-rifiques,
K1,
Y1, pour lemétal,
K2,
Y2 pour le manchon. Enplus
de la condition aux limites(2),
il faudra écrire la continuité de la
température et
du flux de chaleur pour p = r. Si on faitl’approxi-
’
mation d’une
température
uniforme01(x)
dans unesection droite du
métal,
ces conditions s’écriverlt enrégime
permanent :
Si nous posons encore
la solution du
problème
sera donnée parOÙ 03B2m
etcpm(P) dépendent
dusigne
de x et sont àdéterminer. Par substitution dans
(1)
on voit queles fonctions
cpm( p)
sont solutions deséquations
de Besseldans
lesquelles
Çm
est choisi defaçon
que les condi-tions auxlimites,
déduites de
(2), (26), (27)
puissent
êtresimul-tanément satisfaites. Dans
(34),
la constante03B2m.,
de
signe
contraireà x,
est liée àÇm,
par la relationanalogue
à(6)
avec
Pour
déterminer 03BEm
etpm,
nouspourrions
119 A
fonction de Bessel et de la fonction de Neumann d’ordre zéro et
d’argument
Z»,p/R.
En éliminantces coefficients et
P.
entre(32),
(33),
(34), (35),
onobtiendrait une
équation
transcendante assezcom-pliquée
ençm.
,Si la vitesse v est
grande devant a2
jR,
les condi-tions aux limites sur x 0 sontremplaçables,
comme dans le cas du
cylindre
homogène,
parque nous devons satisfaire avec les
dévelop-pements
(29), (30).
Deplus,
dès que x est un peugrand,
nous pourrons réduire cesdéveloppements
à leur
premier
terme. A un facteurprès
de l’ordre degrandeur
de l’unité nous auronsAinsi la
température
du
conducteur atteindra la valeurTl,
peu différente de80,
à une distance x,de la sortie du four donnée par
l’erreur relative sur x1 devenant
négligeable
siTl
est voisin de
60.
Afind’obtenir Pl
sans calculsexcessifs,
nous nousplacerons
dans le cas où lesapproximations
suivantes sont valables :et
20
ERIK2
grand,
cequi permettra
deremplacer
(32)
par . -. -.
1 . -.
3°
§1(R
-r) 2 Rr,
cequi
permet,
eninté-grant
(31)
parapproximations
successives,
de selimiter à la seconde
approximation.
On trouveainsi,
avec les conditions initiales(33), (42)
avec une erreur inférieure à
Il sufl’lt
d’égaler (44)
àzéro,
après
y avoir substi-tué(42)
pour obtenir uneéquation
dupremier
degré
en03BE21.
On en tireavec
En
portant
(46)
dans(41)
on obtient03B21.
Prenons un
exemple :
Soit un conducteur en cuivre
de rayon r =
0,4
cm, entouré d’un manchond’une
matière
plastique
caractérisée par’
de rayon extérieur R =
0,5
cm.Il vient
et on vérifie que les
approximations
faites sontlégitimes
dès que vdépasse
1cm /sec.
Annexe I. - DÉMONSTRATION DE
L’ÉQUATIO11Z
AUX DÉRIVÉES PARTIELLES DE LA PROPAGATION DE LA CHALEUR DANS LE CYLINDRE EN MOUVEMENT.
-Considérons entre les instants t et t
+
dt un volumelimité aux
cylindres
de rayon p et p +dp
et à deuxplans
fixes P et P’ distants de dz(iig. 1).
- ’De la matière entre dans ce volume à la
tempé-rature 0 et en sort à la
température
0+
dO(avec
dO0).
La
quantité
de chaleur ainsi abandonnée dansce volume est
pendant
letemps
dtIl y a en outre la chaleur
qui
traverse P et P’par
conduction,
sans être liée à un mouvement dematière ;
laquantité
qui
reste8ans
le volume estIl y a .aussi la chaleur
qui
arrive par conductionLa somme,
d’où
d’après
simplification l’équation
En
régime permanent,
6 nedépend
pas dutemps,
cequi
donnel’équation
(1).
, Une autre méthode pour démontrer
(AZ)
consisteà
écrirel’équation
classique de
la conductionrela-tivement
à unsystème
d’axes0’03BE~03B6
entraînés parle
cylindre
dans sonmouvement,
puis
à repasserpar.un
changement
de variables aux axe fixesOxyz.
Endésignant
latempérature
paril vient :
avec
Le
changement
de variabledonne
En substituant
(A4)
dans(A3)
on retrouve immédiatement(A1).
Annexe II. - CALCUL
DES COEFFICIENTS DES
TERMES DES SÉRIES REPRÉSENTANT LA
TEMPÉ-RATURE. -
On sait que les fonctions de Bessel
J 0(z)
vérifient les identité
Posons dans
(8)
(p IR)
= z.Multiplions
laseconde
équation
(8)
parzJ0(03B6n
z)dz
etintégrons
en z de 0 à 1. Il "BTient,
avec des constantes
Bn
etDm
définies à l’aide de(A5)
et(A6).
Demême,
multiplions
lapremière
’
équation (8)
pourzJo(1§
z)dz
etintégrons
en zde 0 à 1. Cela donne
où les constantes
Fm
etGon
se calculent àpartir
de
(A5)
et(A6)
etkm
àpartir
de(A7).
En substi-tuant dans(A9)
les valeurs que(A8)
donne pourAn,
on a un
système
d’équations algébriques
linéairesen
Am,
que l’onpeut
traiter parapproximations
successives. Ce
système
étantrésolu,
il suffit deporter
les valeurs desAm
dans(A8)
pour avoirA;,.
Si onpréfère,
onpeut
obtenir lesAn
par un calculsymétrique
de celuiqui
nous a donné lesA§§.
Dans le cas E’ -
E",
on a, en raisonde 03BEm
=ç’;
d’où la relation
(10).
La relation(11)
se déduitdirectement de
(8) ; multiplions
la parzJ 0(03BEn
z)
etintégrons
en z de 0 à 1. En tenantcompte
de(A5),
(A6)
et(A7),
on obtient facilement la relation(13).
Manuscrit reçu le 1 er juin 1956.
BIBLIOGRAPHIE
[1] COTTE (M.) et SALVINIEN (J.), Étude théorique et expé-rimentale d’un problème de diffusion cylindrique. C. R. Acad. Sc., 1946, 223, 315-317. COTTE (M.), Sur