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Submitted on 1 Jan 1873
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méthode de la roue dentée
M.A. Cornu
To cite this version:
M.A. Cornu. Sur la détermination de la vitesse de la lumière par la méthode de la roue dentée. J.
Phys. Theor. Appl., 1873, 2 (1), pp.172-177. �10.1051/jphystap:018730020017200�. �jpa-00236827�
SUR LA DÉTERMINATION DE LA VITESSE DE LA LUMIÈRE PAR LA MÉTHODE
DE LA ROUE
DENTÉE;
PAR M. A. CORNU.
(Société de Physique ; séance du i4 mars 1873.)
Durant le cours de mes recherches sur la vitesse de la lumière
(1), j’ai
pu me convaincre de la facilité aveclacluelle
on peutrépéter
lacélèbre
expérience
exécutée en1849
par M.Fizeau,
entre Suresneset Montmartre. Je me propose
d’indiquer succinctement,
ainsi queje
l’ai fait à la Société dePhysique,
comment, avec le matériel ordi- naire d’un cabinet depl1ysique,
on peut, sansgrande dépense, impro-
viser les
appareils qui
permettent derépéter
cette belleexpérience
etde vérifier
approximativement
la valeur de la vitesse de la lumière.La
première
condition est d’avoir à sadisposition
deuxstations,
deux mansardes par
exemple,
distantes de 2 kilomètres aumoins, qui
se voientréciproquenient : c’est
le minimum de distancequ’on puisse employer
comnodément pour ne pas rencontrer des difficul- tés d’une autre nature, telles que de tropgrandes
vitesses de rota-tion des ii-iécaliisines.
La
partie optique
desappareils
se compose essentiellement de deuxlunettes,
dont lesobjectifs achromatiques
doivent avoir de 60à I oo millimètres de
diamètre,
c’est-à-dire de 3à 4
pouces. L’ex-périences
esu d’autantplus
facile à installer que le diamètre des ob-jectifs
estplus grand,
à cause de laplus grande quantité
de lumièreutilisée
(2) .
Les oculaires terrestres ouastronomiques
de ces deuxlunettes doivent être emlevés et
remplacés
par lespièces
suiv antes : Pour la lunette de la station où se tientl’observateur,
lapièce
oculaire
(fig. 1)
se compose : i° d’un oculairesimple aa’,
formépar une
très-petite
lentille due 5 à 3 o millimètres de distancefocale,
au besoin d’un
objectif
faible demicroscope ;
20 d’une lentille- (’ ) Voir les Comptes rendus de l’Académie des Sciences, t. LXXVI, p. 338; février 1873.(’) On démontre aisément que cette quantité est proportionnelle :
za A l’éclat intrinsèque de la source lumineuse employée ;
2o Au produit des surfaces des deux objectifs;
3° A l’inverse du carré de la distance des deux statio ns.
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:018730020017200
limètres de distance
focale;
3° d’une lame réfléchissante à45
de-grés 11’;
on la compose avec deux verres minces demicroscope
Fig. i.
superposés qu’on applique
sur unetrès-petite plaque métallique percée
d’une ouverture de 8 à 1 omillimètres;
avecquelques
bandesde
papier
noirgommé,
on les fixe très-solidement et on les met assezbien en contact pour
qu’on aperçoive
sur la surface commune lesanneaux colorés de Newton par réflexion.
Ces trois
pièces
doivent êtreplacées
dans des montures conve-nables ou
simplement
fixées sur unepetite planchette qu’on
lie autube de la lunette avec du fil ciré dans les
positions indiquées
par lafigure.
Les distancesrespectives
de cespièces
sont déterminées par les conditions suivantes : l’oculairesimple
doit être aussiprès
que
possible
de la lameréfléchissante,
sans toutefoisgêner
les mou-vements
qu’il
faut lui donner pour leréglage;
deplus,
il doit êtreà une distance du
foyer principal
del’objectif
de la lunette un peu inférieure à sa propre distancefocale,
defaçon
à permettre la vision distincte desimages
renverséesqui
se forment dans leplan
focalff’.
La lentille-éclaireur est
disposée
defaçon
que lefoyer conjugué
d’un
petit diaphragme d placé
à peuprès
au double de sa distancefocale se fasse
après
réflexion sur la lame réfléchissante enF,
dansle
plan
focal del’obi ectif.
Cette relation deposition
entre l’oculaireet l’éclaireur se détermine aisément en
plaçant
une feuille de pa-pier
blanc dans lcplan
focal : on voit à travers l’oculairele grain
du
papier
etl’image conjuguée
dudiaphragme
éclairé par la lumière vive d’unelampe
àpétrole;
onrègle
laposition
du dia-phragme
defaçon
que les bords de cetteimage
soient aussi nets quepossible.
Il est
bon,
pour éviter des tâtonnementsinutiles,
de faire uneépure géométrique
en vraiegrandeur
de la marche des rayons danscet oculaire
éclaireur,
et de suivre exactement le dessin pourl’ajus-
tement des diverses
pièces qui
la composent. Les conditions lesplus importantes à remplir
sont: 10l’ajustement
exact des centresoptiques
des deux lentilles dans leplan
passant par l’axegéromé- trique
de lalunette,
et 20 celui duplan
de la lame réfléchissante à i’intersection des axesoptiques
de la lunette et de l’éclaireur.Pour la seconde lunette le
dispositif
additionnel esttrès-simple;
il consiste à mettre exactement dans le
plan
focal unpetit
miroirformé par une
glace étamée,
ou mieuxargentée,
que l’on fixe sur lediaphragme
focal.La
partie mécanique
del’appareil
consiste(fig. 2)
en un mouve-Fig. 2.
ment
d’horlogerie quelconque
permettant de faire tourner une roue dentée avec unegrande
vitesse. On trouve dans le commlerce, à très- bon compte, des ébauches de mouvement dependule (1) qui
peuv entservir à cet usage : il suffit d’enlever
l’échappement
et laminuterie,
et de
remplacer
la roued’échappement
par une roue de même dia- mètre à peuprès,
maisplus légère
et à denture très-fine d’une cen-(1) Les ébauches connues sous le nom de roulants carrés, de i o à i 2 centimètres de côté, sont les plus commodes. Voir jig. 2.
régler position
son axe
d’après
lefoyer
de l’oculairesimple précédemment
décrit.On entaille les deux
platines
pour permettre aux rayons lumineux de passer et d’atteindre normalement la circonférence de la roue den-tée, et l’on
ajoute
sur l’avant-dernier mobile unpetit
freinquel-
conque pour
régler
la vitesse : l’un desplus simples
consiste en unressort frottant sur la
jante
de la roue, avec une vis destinée à mo- dérer lapression
du ressort.Il reste maintenant à dire
quelques
mots sur l’installation desappareils.
Chacune des lunettes est
braquée
sur la stationopposée
et fixéesolidement sur les supports
qu’on
achoisis ;
il est bon toutefois dese
ménager
detrès-petits réglages : l’irnage
de la fenêtre de la sta-tion doit
apparaître
au milieu duchamp.
Une condition
importante
àremplir,
c’est lastabilité;
il fautemployer
des tablessolides,
et même sccller avec duplâtre
les sup- portsqu’on
veut utiliser : on évite ainsi bien des pertes de temps et des ennuis inutiles.Première station. - C’est celle oiil se tiendra l’observateur. La lunette porte l’oculaire
éclaireur ;
leréglage
de cettepièce
consisteà faire coincider
l’image conjuguée
dudiaphragme
avecl’image
dela fenêtre de la station
opposée
et à veiller à ce que, dans cette po-sition,
le cône des rayons de la lentille éclaireur couvre bien toutl’objectif.
Si la constructiongraphique précédemment
recomn1.an-dée a été bien
exécutée,
ces conditions se trouventremplies
d’elles-mêmes.
Deuxième station. - Elle renferme la deuxième lunette dis-
posée
en collimateur àréflexion.
Leréglage
consiste àplacer
lasurface réfléchissante exactement dans le
plan
focal. Pourremplir
exactement cette
condition,
on enlève unepartie
del’étamage
oude
l’argenture,
et l’on se sert du bord de la couche réfléchissantescomme d’un
réticule,
defaçon
à amener exactementl’image
focaledans le
plan
de cette couche : à cet effet on se sert d’un fort oculaireou
simplement
d’une bonneloupe
à main à l’aide delaquelle
onexamine
l’image
de la fenêtre de l’autre station dans lapartie
libre ,du
champ. Lorsqu’on
voit à la fois très-nettement dans le mêmeplan
le bord del’argenture
et la fenêtre de la stationopposée,
ondonne à la lunette un
léger déplacement
latéralqui
fait tomber surI76
la
partie
réfléchissante le sommet du cône des rayons venant de l’autrestation;
on fixe alors solidementl’appareil,
et leréglage
ducollimateur est assuré.
Exécution de
l’expérience.
- On commence par serégler
de’ ,jour,
defaçon
àpouvoir
être assuré le soir même de la visibilité de la lumière de retour : à cet effet ondispose
unelampe
àpétrole
et une lentille ordinaire de
projection
à courtfoyer,
defaçon
à pro-jeter l’image
dela ’fl.amme , prise
detranche,
sur lepetit
dia-phragme d
de l’éclaireur. On constate le bonalignement
de cespièces
en examinant la lentille éclaireur : elle doit être couvertede lumière
complétement.
A l’aide d’unpapier
blanc mis aufoyer
en F au delà de la lame
réfléchissante,
ou mieuxplacé
sur le pro-longement
des rayons enF1,
on constate laposition
apparente dupoint éclairé ;
par unléger déplacement
de toutl’appareil,
on amènela fenêtre de la station
opposée
à coïncider avec cepoint.
On recon-naît que
l’objectif
de la lunette est tout entier couvert delumière ;
si cette condition est
remplie,
leréglage
estcomplet.
A la nuit
tombante,
on vérifie encore ceréglage :
si l’ondispose
Fig. 3.
de la lumière
Drummond,
la lumière de retours’aperçoit
très-faci-lement,
même avant la tombée de la nuit. Généralement les cir-constances
atmosphériques
sont très-favorables au moment du cou-cher du
soleil,
et il esttoujours
bon de les utiliser.La lumière de retour est
produite
par l’illumination de toute lavisible;
onapproche
alors le mécanisme M(fig. 3)
de manière que lepoint
lumineux soit au milieu de lalongueur
des dents de la rouedentée. Il est nécessaire alors d’enfumer la denture avec une très-
petite lampe
à huilequ’on
obtient avec un tube de verrerempli
parune mèche et
quelques
gouttes d’huile : en faisant tourner lente-ment les dents à travers la flamme
fumeuse,
on arrive à annulerpresque
complétement
lepouvoir
réflecteur du métal.L’expérience
est alors
complétement prête.
On desserreprogressivement
le freinet l’on peut constater le
phénomène
de ladispari tion
etréappari-
tion successive de la lumière pour des vitesses croissantes.
Il est facile d’obtenir des vitesses de quatre cents tours par seconde pour la
petite
roue dentée dumécanisme,
en mettant un fort ressortdans le barillet. Si l’on suppose 120 dents à cette roue, le temps nécessaire au passage d’une
demi-dent,
condition pour obtenir la1 1
première extinction, correspondra
à de2 X 120 X400
96000
seconde. La vitesse de la lumière étant
de 208000
kilomètres par= 3km
seconde,
la lumière parcourra un espacede 96000
96 000=3km,
1 pen- dant cette fraction de seconde : c’est la distance de l’aller et retourque fournirait la
première
extinction.Donc,
si la distance des deux stations est de 3kilomètres,
on pourra observer lapremière
extinc-tion et la
première réapparition.
On voit que, même avec 2
kilomètres,
on peut, à larigueur,
con-stater le double
phénomène
enforçant
la vitesse du mécanisme.On
pourrait
même faire une mesureapproximative
de l a vitesse : il suffirait,qu’un
second observateurcomptàt
le nombre de toursd’une des roues, celle des minutes par
exemple, pendant
que le pre- mier observateur maintiendrait constante la vitesse du mécanismecorrespondant
à l’extinction de la lumière de retour : on déduirait de cette observation le temps de passage d’unedemi-dent;
divisantle double de la distance des deux stations par la fraction de seconde ainsi
déterminée,
on devra retrouverapproximativement
la valeurde la vitesse de la
lumière, 298000
kilomètres à la seconde.Le but de cette Note sera
rempli,
siquelque physicien
ypuisait
le désir de