RELATIONS ENTRE LES VARIATIONS PONDÉRALES
DE LA TRUIE EN REPRODUCTION ET LES PERFORMANCES D’ÉLEVAGE
E. SALMON-LEGAGNEUR C. LEGAULT, A. AUMAITRE
Station de Recherches sur
l’Élevage
des Porcs et Station centrale deGénétique
animale,Centre national de Recherches
zootechniques,
78 -Jouy-eu-Josas
SOMMAIRE
Cent
quatre-vingt-six
truies de race Large White ayantproduit
459portées
ont étéutilisées dans cette étude. On a examiné d’une part les variations de
poids (gains
etpertes)
aucours des portées successives (i à
5 ), d’autre part
les corrélations entre ces variations et lesperformances
d’élevage (poids et nombre desporcelets
aux différents stades de la lactation). On observe un certainparallélisme
entre le gain depoids pendant
lagestation,
la pertependant
la lactation et lepoids
dela portée. Cette relation est discutée.
INTRODUCTION
Les variations de
poids
destruies,
tant au cours de lagestation
que de la lacta-tion,
sont engénéral importantes (ro
à 50 p. ioo dupoids vif).
Cephénomène,
bienconnu des
éleveurs,
a été décrit ou étudié parplusieurs
auteurs(D ONALD
et FLE-M
mG,
ig 3 8 ;
ZELLER etal.,
1937 ; SCRAPER etGk.!!z,
1955 ; LODGE etal., 10 6 1 ;
V
ANSCHOUBROEK et
E MBO , ig62 ; 3 In J ExCmx, 19 6 2 ). Mais,
si différentsaspects physiologiques
ont pu ainsi êtreprécisés,
leproblème
de lasignification pratique
et de l’intérêt
économique
de ces variations depoids
se posetoujours.
Doit-onconsidérer comme normal
qu’une
truieaccumule,
au cours de lagestation,
desréserves
importantes qui
seront mobilisées au cours de lalactation,
ou ce transfertthéoriquement
coûteux enénergie peut-il
être évité par un rationnement mieuxadapté
aux besoins au cours de la lactation ? Cetaspect
nutritionnel a été souventévoqué (S AEMON -L / EG A G N E UR , 19 65).
Sur un
plan plus général,
se trouveposé
leproblème
des relations entre cer-taines
caractéristiques
maternelles(poids, gain
depoids,
conditions departurition)
et les résultats de la
reproduction, gestation
ou lactation.C’est ce que nous avons voulu étudier à l’aide d’un nombre de données relati- vement
important
dont nousdisposions.
MATÉRIEL
ETMÉTHODE
!. Anirnaux
Cent
quatre-vingt-six
truies de race Large White, ayantproduit
459portées ont été utilisées.Ces truies faisaient
partie
del’élevage expérimental
du C.N.R.Z. au cours de lapériode
1954-ig6i.Les conditions
d’exploitation
sont décrites dans une autrepublication
(AUMAITRE et al., 1966).Ces truies ont été classées dans cette étude suivant leur numéro de portée. Or, par suite des éliminations naturelles dans tout élevage (mort, maladie,
réforme),
le nombre de portées effectuéesn’est pas le même pour toutes les truies. En
particulier,
les portées de numéro supérieur à 5 sont moins nombreuses et ont dû être regroupées en une classeunique.
Comme les animaux de ce groupe ont ainsi faitl’objet
d’une certaine sélection (ce sont en général les meilleurs du troupeau), certainesconclusions doivent donc être
interprétées
avec réserve.2
. Variables
Celles-ci
correspondent
à un certain nombre de mesuressimples
effectuées surchaque
animalou sa portée aux différentes étapes du cycle de reproduction
(accouplement,
parturition, lactation, sevrage). Ces variables numérotées de i à [6 sont définies ci-dessous :i. Durée de
gestation :
nombre dejours
entrel’accouplement
et laparturition.
2
. Gain brut de gestation : différence entre le
poids
de la truie immédiatement avant partu- rition et àl’accouplement.
3
. Gain net de gestation : différence entre le poids de la truie
après
laparturition
(expulsiondu
placenta)
et lepoids
àl’accouplement.
4
. Perte de
poids
à laparturition :
différence entre legain
brut et legain
net degestation.
5
. Poids de la portée à la naissance : somme des
poids
desporcelets
nés vivants et des por- celets mort-nés.6. Poids du
placenta.
7
. Pertes
liquides
à laparturition :
différence entre la perte depoids
à laparturition
et lasomme des
poids
duplacenta
et de la portée.8. Perte de
poids
de lactation : différence entre lepoids
de la truieaprès
sevrage (60j)
et lepoids après
laparturition.
8 bis. Bilan
gestation-lactation :
différence entre le poids de la truie au sevrage et lepoids
à
l’accouplement.
9
. Effectif de la portée à la naissance : nombre total des porcelets vivants et mort-nés à la
parturition.
10
. Nombre de porcelets viables : nombre des
porcelets
vivants 48 heuresaprès
laparturition.
i i. Effectif de la portée au sevrage.
12
. Pertes totales en
porcelets :
différence entre l’effectif de la portée à la naissance et au se-vrage.
i 3
. Poids de la portée à 21
jours :
somme despoids
desporcelets
à 21jours.
14
. Poids de la
portée
au sevrage : somme despoids
desporcelets
à 60jours.ig. Poids moyen des
porcelets
à la naissance : poids de la portée divisé par l’effectif à la nais-sance.
1
6. Poids moyen des
porcelets
au sevrage :poids
de la portée au sevrage divisé par le nombre deporcelets
sevrés.3. Méthode
statistique
On a tout d’abord calculé pour
chaque
classe(numéro
deportée)
en utilisant toutes les donnéesdisponibles,
la valeur moyenne et l’intervalle de confiance de chacune des i variables (àl’exception
du bilan gestation-lactation dont la détermination a été faite
d’après
les moyennesgénérales).
Ces moyennes ont été ensuite comparées,
après
classement en série ordonnée croissante, selon laméthode de Dtixcnrr
(ig,!.5)
étendue au cas d’effectifs inégaux(K RAMER ,
rgj6 ; ARNAUD, 1964).Compte
tenu des effets du numéro de portée et de l’année de naissance (AUMAITRE et al., rg66),les données ont ensuite été réparties en 3o sous-classes (numéro de portée, année de naissance) à l’in-
térieur
desquelles
nous avons calculé les corrélations linéaires entre les différentes variables.RÉSULTATS
A — Valeurs moyennes
Les tableaux i et i bis
rapportent,
pour chacune desvariables,
les valeurs moyennes calculées sur l’ensemble des données(colonne i),
ouaprès
classementpar numéro de
portée.
Ces valeurs sontaccompagnées
de leur intervalle de confiance. (1) Pour chacune des 16 variables, les moyennes correspondant à 5 numéros de portée ont été répar-
ties en valeur croissante sur les 16 rayons d’un cercle (ordre centrifuge); puis, les groupes de moyennes
qni ne diffèrent pas significativement ont été réunies par un trait continu (DUNCAN, 1955).
à 5 p. 100
(±
2s j ) ( 1 )
et la dernière colonneindique
les différencessignificatives.
Nous donnons en outre à la
figure
i unereprésentation graphique
de lasignification
de ces différences.
On remarque que,
lorsqu’elles existent,
ces différences sont assezimportantes
entre la
première
et la secondeportée,
maisbeaucoup plus
faibles ensuite. C’est lecas de la
plupart
desvariables,
àl’exception
despertes
totales enporcelets (plus importantes
chez les truiesâgées)
et du bilangestation-lactation (plus
faible chez les truiesâgées).
La
plupart
des valeurspassent
par unmaximum,
les unes au cours despremières portées (gain brut, gain
net,perte
depoids lactation),
les autres à un stadeplus
tardif(effectif
etpoids
desporcelets
aux différentsâges). Quelques-unes
évoluent dans le même sens tout aulong
des 5portées
considérées(effectif
total à lanaissance, pertes
totales enporcelets, poids
duplacenta,
bilan saillie -sevrage).
D’autres évoluent peu(poids
moyen desporcelets
à lanaissance,
effectif à 60jours).
Les variations de ces différents caractères ne sont donc pastoujours simultanées,
cequi peut
être l’indice d’un certaindécalage
dans lachronologie
des fonctions(croissance, reproduction, lactation).
B —
Évolution
dupoids vif
des truiesBien que
n’ayant
pas faitl’objet
d’uneanalyse systématique
dans le cadre de cetteétude,
l’évolution dupoids
vif des truies aux différentesétapes
de la repro- duction est intéressante à considérer(L ODGE
etat., i 9 6i).
Nous en donnons larepré- sentation,
pour unepériode
allant de la Ire à la9 e portée,
dans lafigure
2. Aux( 1
) s X : écart type de la moyenne.
variations
près
dechaque cycle,
lepoids augmente
d’unefaçon continue,
mais dé-gressive
au cours desportées
successives. Parailleurs,
cette évolution est sensible-ment la
même,
que l’on considère lepoids
à lasaillie,
à laparturition
ou au sevrage.C —
Répartition
dugain
degestation
La
figure
3présente l’évolution,
de la Ireportée
auxsuivantes,
de larépartition
des différents éléments constitutifs des variations
pondérales
en cours dereproduc-
tion. Les résultats sont
exprimés
en valeur absolue et en valeur relative(p.
ioo dugain brut).
Ils concernent : legain
net degestation (ou
bénéficematernel),
lepoids
ducontenu utérin
(porcelets
etplacenta)
et lespertes liquides
à laparturition.
- Celles-ci
comprennent
lesliquides
utérins(amniotique et allantoïdien),
de la vapeur d’eauque la truie élimine en
grande quantité pendant
lepart (perspiration)
et, éven-tuellement,
de l’urine.Nous avons
également
faitfigurer
sur le tableau i lespertes
de lactationqui,
par
déduction, permettent
de déterminer legain
net ducycle complet (bilan
ges- tation -lactation).
Quel
que soit le numéro deportée, l’importance
relative desproduits
de laconception
est faible( 1 8- 24
p.ioo)
enregard
dugain
propre de la mère au coursde la
gestation (65-!2
p.ioo).
Mais cetterépartition
a tendance à se modifierlégèrement
au cours des
portées
successives :importance
croissante dupoids
de laportée,
dimi-nution du
gain
net. Comme par ailleurs lespertes
de lactationparaissent augmenter,
il s’ensuit que le bilan du
cycle complet diminue,
cequi apparaissait déjà
dans l’évo-lution du
poids
vif(fig. 2 ).
D — Corrélations
Les valeurs des coefficients de corrélation intra-année et numéro de
portée
entre les 16 variables considérées
(le
bilan saillie -- sevrage nefigure
pas dans cecalcul)
sontrapportées
au tableau 2.Bien
qu’assez
faibles dansl’ensemble,
ces valeurs varientlargement
suivantles critères considérés. Un
grand
nombre de ces corrélations sontsignificatives,
cequi
montre la variété des relationsqui
existent entre les différentescaractéristiques
de la
reproduction. L’interprétation
toutefois doit être assezprudente
pour deux raisons :- Il
s’agit
des corrélationslinéaires,
parconséquent,
l’absence de corrélationpeut
masquer une liaison curvilinéaire réelle.-
L’importance
d’une corrélation totalepeut
résulter de ladépendance
desvariables.
Ainsi,
legain
brut et le net degestation dépendent
tous deux dupoids
àl’accouplerrent :
toute erreur sur cette mesure entraîne uneaugmentation
de la corré-lation entre les deux variables. Toute corrélation entre variables dont la détermination est fonction de mesures communes
peuvent
ainsi êtresystématiquement augmentées
ou diminuées.
Nous avons
réparti
arbitrairement les résultatsprécédents
en trois groupes d’intérêt différent :- Coefficients de corrélation élevés
(r
>0 ,6 0 ).
On trouveparmi
eux ceuxqui
relient deux mesures d’un même critère
pris
à desépoques
différentes ou sous deuxexpressions
différentes :Ces relations
présentent
l’intérêt depréciser numériquement l’importance
decertains faits.
- Coefficient de corrélation de valeur moyenne
( 0 , 20
< r <0 ,6 0 ).
Ils cons-tituent la
majorité
des cas. Parmi eux, se trouvent notamment ceuxqui
relientun caractère « Truie »
(variation
depoids)
à un caractère « Porcelet »(effectif
oupoids
desportées).
Ce sont donc lesplus
intéressants :- Coefficients de corrélation de valeur faible ou nulle
(r
<0 , 20 ). Lorsque
lavaleur est
nulle,
ellepeut signifier
l’absence de liaisonlinéaire,
cequi
étaitimpré-
visible dans certains cas :
Par contre, il existe une corrélation faible mais
significative qui permet
de soup- çonner une liaison entre les caractères :Ces caractères sont très
éloignés
et lasignification
de telles relations n’est pabtoujours
claire.DISCUSSION
Les résultats concernant les valeurs moyennes des différents critères et leurs variations avec
l’âge
des animaux(numéro
deportée)
s’accordent assez bien avec ceuxdéjà
trouvés par d’autres auteurs dans des conditionsanalogues (3.I A j ERC rAK, 19
6 2
; S Q ui E p s
etal.,
1952 ; SCHAFER etG R A NZ ,
I955 ; BowMA:! et BowI,nND,19 6 1 ;
L
ODGE et
al., ig6i).
On vérifie notammentl’augmentation
desgains
net et brutde
gestation
et l’amélioration de laplupart
desperformances d’élevage
entre lapremière
et la deuxièmeportée.
Mais nos résultats montrent, en outre, que cette évolution sepoursuit
à desdegrés
divers pour certains caractères au moinsjusqu’à
la
5 e portée.
Même si les différences d’une
portée
à la suivante tendent à s’amenuiser(à
l’ex-ception
de lamortalité)
nous devons remarquer un certainparallélisme
entreles variations de
poids
de l’animal(poids, gain
degestation, perte
delactation)
etles
performances d’élevage (nombre
etpoids
desporcelets). L’importance
dupoids
vif des
reproducteurs
a été souventévoquée
chez le Porc(ZE LLER
etal.,
I937 ; DON A I ,
D et
FI,E MING , 193 8 ; SQUIE R S
etC LL.,
1952 ; SALmON-LEGAG.-ZEUR etal., 19 60 ; S
MI T H
, I9 6o ;
BOWMAN etBO W I,A ND , 19 6 1 ;
LODGE etC LL., I9 6 I ;
OMTVEDT etal., 19
65)
et chez les bovins(BERGE,
I955 ; 1VIII,I,r~R et!TcGII,I,IARD, 195 8) :
les animauxles
plus
lourds sont engénéral
lesplus productifs.
On en vient naturellement à rechercher la nature de cette relation entre la croissance et lareproduction.
Deuxhypothèses
sontpossibles,
soitqu’il s’agisse
de variations concomitantes : dans cecas, l’amélioration des
performances d’élevage
coïnciderait avec le fait que l’animal termine sa croissance etacquiert
sa maturité sexuelle. Mais ceci n’est pas vrai pour tous les caractèrespuisque
lepoids
maximum de laportée
est atteint à la4 e
lactation alors que la croissance sepoursuit longtemps
encore(fig. 2 ) ;
ou bien lesperfor-
mances
d’élevage
sont en relation directe(dépendance)
avec les variations depoids.
L’une des théories les
plus
couramment rencontrées par lepassé
étaitqu’un gain
depoids
élevé au cours de lagestation
était l’indice d’une bonne fertilité(Z ELLER
etal., 1937
)
etqu’il permettait à la
truie de mieux faire face aux besoins intenses de lalactation,
d’où la
pratique
de la suralimentation à cetteépoque (McKENziE, 192 8 ; JE SP E R SE N , I949)!
Mais cetteopinion
est loin d’êtreunanime,
certains auteurspensant
au con- trairequ’une prise
depoids importante
ou un excèsd’adiposité peut
êtrepréjudi-
ciable au
développement
desembryons
et au bon déroulement de la lactation(D AVIDSON
, 194 8 ;
CARROI, et KRIDER, 1950 ; KRUTYPOROKH etSALEJ,
1957 ;M
O
USTGAARD, 1959).
’
La
comparaison
des critères concernant lagestation,
laportée
et la lactation(tabl.
2 etfig. 2 )
nouspermet
deprendre
uneposition plus
nuancée. On constateque, pas
plus l’augmentation
dugain
net degestation ( 2 e portée)
que sa diminution(portées suivantes)
ne semblent avoir entravél’augmentation
de l’effectif ou dupoids
desportées.
Par contre,l’augmentation
desperformances
de lactation s’estaccompagnée
deplus grandes pertes
depoids
vifpendant
cettepériode,
cequi
redonnedu crédit à la
première hypothèse.
Mais c’est surtout l’étude des corrélations
qui apporte
lesrenseignements
lesplus précis,
car ellepermet
de mieux dissocier l’influence des différents facteursintervenant,
soit sur les variations depoids
destruies,
soit sur lesperformances d’élevage.
a)
Les variations de la durée degestation
sont trèsfaibles,
en accord avec HARINGet GRUHN
( 19 65) ;
elles restentpratiquement
sanseffet,
tant sur legain
depoids maternel,
que sur lescaractéristiques
desportées.
Ce faitpeut paraître surprenant
en ce
qui
concerne le bénéfice maternel etpourrait signifier
que la croissance enfin de
gestation
se limite audéveloppement
du seul contenuutérin ;
Il l’est moinsen ce
qui
concerne lesembryons,
car il est connu que chez laplupart
des mammi-fères
multipares,
la durée degestation
varie en fonction inverse du nombre depetits (B
IG GE
RS
etal., I g6 3 ).
Ce fait a d’ailleurs été vérifié chez le Porc par PERRY( I95 6)
et récemment par LYNCH
( 19 65)
et OMTVEDT et al.( I g65).
Mais cet effet est relati-vement peu
important
et Cox( 19 6 4 )
ne trouve pas nonplus
de corrélation entre la durée degestation
et legain
depoids
des truies ou le nombred’embryons.
La corré-lation que nous observons entre la durée de
gestation
et lepoids
de laportée
à21
jours
ou au sevrage(r
= +0 , 15 )
reste, par contre,inexpliquée.
b)
Legain
brut degestation représente,
dans laproportion
de 80p. Ioo, legain
net de la mère. Il est donc normal que ces deux valeurs soient très étroitement liées
(
1’
_ +0 , 94 ).
Mais il estplus
étonnant de constater que le contenu utérin(pertes
à la
parturition)
n’influence que très faiblement legain
brut et que ce dernier estpratiquement indépendant
du nombre et dupoids
desembryons.
Trois
conséquences
en découlent :- On ne
peut préjuger
de la fertilité ou de laprolificité
d’une truie(nombre d’embryons) d’après
son seulgain
depoids
ou sonembonpoint
extérieur.- Un niveau d’alimentation
élevé, qui
passe pour stimuler fortement legain
de
poids
degestation
chez la Truie(Snr,MON-I,!GaGrr!uR
etal., ig6o)
n’a sans douteque peu d’effet sur la croissance
embryonnaire.
- On ne
peut
se baser sur lepoids
ou legain
depoids
de la mère pour évaluer le besoin degestation pris
au sens strict(contenu utérin).
c)
Lasignification
dugain
net degestation
est la même que celle dugain
brutà
quelques
nuancesprès.
Le calcul dugain
net par déduction des autresgains
oupertes
degestation
est àl’origine
de la corrélationnégative
entre ces deux valeurs.OM’rv!DT et al.
( 19 65)
avait aussi trouvé une corrélation faiblementnégative
entrele
gain
net et le nombre deporcelets produits.
Onpeut
toutefois proposer une autreexplication
à cefait,
c’est que la mère et lesembryons
secomportent
en concurrents dans larépartition
des ressources alimentaires. Enfait,
on sait maintenant quel’embryon
esttoujours prioritaire
et que la mère ne bénéficie que desreliquats
laissés
disponibles
par ce dernier(SAr.MOrr-I,!GAGVEUR, 19 65).
Iln’y
a donc pas lieu de penser, comme leproposent certains,
quel’adiposité
oul’embonpoint
destruies est à
l’origine
de la baisse de fertilité ou deprolificité qui l’accompagne
par-fois
(MousTGnARD, zg58).
Le contraire seraitplus
vraisemblable.Mais
quelle
que soitl’explication véritable,
on retiendra avec certitudequ’une augmentation
dugain
net degestation,
c’est-à-dire en définitive du niveau nutri-tionnel,
est en faible corrélation avec lescaractéristiques
de laportée
à lapartu-
rition.d)
Lespertes
à laparturition
sont constituées essentiellement par le contenu utérin et accessoirement par lespertes corporelles liquides
de la truie(perspiration, urine). Paradoxalement,
ce sont ces dernièresqui
varient leplus puisqu’elles
influen-cent
davantage
laperte totale,
que ne le font lepoids
ou le nombre desembryons.
Cela
peut provenir
enpartie
des erreurs d’estimationqui
sontplus grandes
pour lespertes appréciées
par différences. Mais il est intéressant de noter que cespertes liquides
sont en relationpositive
avec legain
depoids
brut degestation (r
= -E-0 , 14 ),
ce
qui
sembleindiquer
la nature oedémateuse d’unepartie
de cegain
degestation.
On
peut
ainsi penser, comme lesuggèrent
certainspraticiens,
que les truiesqui
onteffectué des
gains
depoids
élevéséprouvent davantage
de difficultés au moment de laparturition. L’augmentation
de ladépense physique
due à cet acte entraîneraitune
perte énergétique, accompagnée
d’unedéshydratation, plus importante.
Il nesemble pas
qu’on puisse
accorder d’autressignifications
à cespertes
à laparturition
en raison d’une liaison assez élevée et
inexpliquée
avec lepoids
duplacenta
et lenombre de
porcelets.
e)
Lescaractéristiques
desportées
à la naissance(poids,
nombre desembryons, importance
duplacenta)
et les relationsqui
les unissent sont bien connues(I)uxcAZ.r
et LODGE,
ig6i).
Il nous suffit de constater une nouvelle fois que lepoids
moyen desporcelets
est fonction de l’effectif desportées (r
= —0 , 4 8)
etqu’il
intervientnon seulement sur le
poids
moyen au sevrage(r
= +0 , 24 ),
mais aussi sur la mor-talité au cours de l’allaitement
(r
= —0 , 42 ).
Ceci conduit àsouligner
avec de nom-breux auteurs
(Ko R xMnv,
zg47 ;C!sBxo:!, rg58 ;
OMTVEDT etal., 19 65)
l’intérêtde surveiller très attentivement tous les facteurs
qui
conditionnent lepoids
à lanaissance.
f)
Lespertes
depoids
de la Truie en lactationsemblent, enfin, présenter
unesignification
bienprécise.
Le faitqu’elles
soient en corrélation avec lepoids
et lenombre des
porcelets
à différentsâges,
maisplus particulièrement
au sevrage(r
=+
0 , 40 ), indique
clairement lapart qu’elles jouent
dans laperformance
d’allaite-ment. C’est bien en effet en tant que substances de réserves aisément mobilisables
qu’elles
interviennent pourcompléter
les ressources nutritionnelles et notammentl’approvisionnement
en nutrimentsénergétiques
chez la Truie(S ALMON -L EGAGNEUR , 19
65)
et chez la Vache laitière(DECAE N
etJOURNET, I9 66).
Ce transfert est rendupossible grâce
à lapriorité
absolue exercée par les besoins de lactation sur les autres fonc- tions de la Truie. Il en résulte que les truies lesplus
laitières sont cellesqui perdent
le
plus
depoids (ZE LL E R ,
etal,
1937 ;SCHAF!R,
etG RANZ ,
1955 ;S ALMON -L EGAGNEUR , 195
8 ;
BowMA!r et BoWr,AND,I96 I ),
cequi
a contribuéparfois
à accréditerl’opinion
hâtive
qu’une
bonne truie devrait êtremaigre.
Onpeut
penser au contraire que cephénomène
traduitdavantage
l’insuffisance del’apport alimentaire, puisque
pres- que tous les auteurs, àl’exception
de SCHAFER et GRANZ( 1955 ),
sont d’accord pour reconnaître que laperte
depoids
est en relation avec le nombre depetits
allaités(Z!I,I,!R,
etClL.,
1937 ;VANSCHOUBRO!K,
etEMBO, 1962 ; 3IAJ E RCIAK, I9C!2 ;
BOWMANet BOWI,AND,
10 6 1 ).
Il reste à connaître dans
quelles
conditions la truie en lactationpeut perdre
du
poids.
Cetteperte
depoids
estsystématique.
Selon SCHAFER et GRANZ( I955 ).
il y aurait une
prédisposition génétique ;
selon I,!NK!I2 et al.( I95 6),
lephénomène
serait lié au catabolisme azoté
obligatoire imposé
par l’involution del’appareil
repro- ducteurqui apparaît
même en l’absence de sécrétion lactée. S’ilparaît plus logique
de relier cette
perte
depoids
à l’insuffisance del’apport
alimentaire de lactation(SAI,MON-I,!GAGN!uR, 19 65),
cetteexplication
ne suffit pastoujours
et VANSCxou-BRO E
K et EMBO
( I9 6 2 )
croientdavantage
à un mécanisme hormonal. En tous cas, il y a une liaison assez étroite entre legain
degestation
et laperte
de lactation(
Y
= -E-0 , 27 ).
La Truie nepeut perdre
dupoids
que dans la mesure où elle en agagné pendant
lagestation (IWAN,
etTRIBBI,!, I9 6o ; SAr,MOV-I,!GAGN!uR, 19 65).
Inver-sement, une truie
qui
apris
peu depoids
en cours degestation, peut
gagner dupoids
au cours de la lactation(SAr,MON-I,!GAGN!uR,I965).
En
conclusion,
la stimulation de laproduction
laitière par l’intermédiaire des variations depoids
nepeut
se fairequ’au prix
d’unesurcharge
alimentaire im-portante
au cours de lagestation (STE V E N S ON ,
etE I , LI S,
I957 ;S MI T H , ig6o
a ; SALMON -LE GAGN E UR
, et
al., ig6o).
Maiss’agit-il
d’unetechnique
valable sur leplan économique?
Onpeut
en douter. C’étaitdéjà
cequ’avaient
conclu SMITH( I9 6 0 b)
et SAI,NIO:v-I,!GAGN!uR
( I9 65)
à l’issue de leursexpériences.
C’est encore ce queconfirme la faible corrélation entre le
gain
depoids
net degestation
et laperfor-
mance de lactation
(r
= -!- o,II à -!-o,16) qui
ne laisseespérer qu’une
influenced’environ 2p. Ioo sur la variation du
poids
de laportée
au sevrage.Reçu pour
publication
en mai 1966.SUMMARY
RELATIONSHIP BETWEEN WEIGHT CHANGES IN THE BREEDING SOW AND THE EFFICIENCY OF PRODUCTION
This
investigation
bears on 459 litters farrowedby
186Large
White sows bred in the Station de Recherches sur1’ g levage
des Porcs between 1954and r96r.The sows were
weighed
at the time ofmating,
before and after farrowing and at the time ofweaning
(60days).
The litters wereweighed
at birth and when 2r and 60days
old. On the whole,1
6 variables concerning either weight variations in sows or litter characteristics were studied.
i. The means
corresponding
to the first fivefarrowings
werecompared by
means of DUNCAN’Smultiple
range test(table
I and i b,fig.
i). Theweights
of the sows increaseduring
pregnancy( 45 -
57
kg) and decreaseduring
lactation (zo-35kg)
so that theweight change
during each repro.ductive cycle is
positive (fig.
2), Litter size and weight at birth and at the time of weaning in.crease up to the 4th farrowing, whereas
piglet
mortality reaches a maximum at the5 th
andsubsequent
litters. On another hand, the duration of pregnancy is not related to the serial number of the
litter .
2
. The linear correlation coefficients between the 16 variables were calculated within each year of birth and within the same serial number of litters. There is
scarcely
any relation between litter size andweight
at birth and weightgain
of the sow during pregnancy.Weight
gainduring
pregnancy and lossduring
lactation are correlated ( r = o.z7) ;weight
loss
during
lactation is correlated with litterweight
at zr and 60days
(r ! 0.40).However, it appears that any increase in the
gain during
pregnancy does notconsiderably improve
litter characteristics (correlation gestationgain
to weight of the litter at the time of weaning :
r = o. i i).RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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