Traitement d ʼ Image :
Régularisation d’image par EDP
Introduction
n On s'intéresse ici aux techniques d'amélioration des images numériques, pour augmenter la qualité de leur rendu visuel, ou pour faciliter leur analyse.
n On cherche donc à atténuer, sinon supprimer une certaine dégradation.
n Illustration :
Dégradation additive
Introduction
n La problématique peut se voir comme la régularisation d’une surface (l’image)…
n Illustration :
Introduction
n
…et peut donc se formaliser sous forme variationnelle
n
L’approche variationnelle de la restauration
d ʼ image aboutit à la réécriture de la problématique sous forme d’une EDP
n
Origine empirique :
q Analogie entre lʼatteinte de lʼéquilibre thermique dʼun ensemble de particules en thermodynamique (diffusion thermique) et la régularisation de la luminance des
images bruitées.
L’EDP de la chaleur
n
Une première approche :
q Régulariser l’image revient à régulariser les variations de niveaux de gris de l’image
q La variation des niveaux de gris est liée aux variations de la norme du gradient de l’image.
q On cherche donc à minimiser les variations associées
L’EDP de la chaleur
n
Une première approche :
q
La fonctionnelle associée s’écrit alors
q
proposée par Thikonov en 1963 dans le cadre de l’étude des problèmes inverses.
E (I ) = ! I
2dx dy
"
#
L’EDP de la chaleur
n
Une première approche :
q
Equation d’Euler-Lagrange associée
q
Avec
! f
! I " d dx
! f
! I
x" d dy
! f
! I
y= 0
f I, ( I
x, I
y, x, y ) = ! I
2= # $ % " " x I & ' (
2
+ " I
" y
#
$ % &
' (
2
Aymeric Histace
L’EDP de la chaleur
n
Une première approche :
q
Soit
q
L’EDP associée à la résolution est la suivante
8
!
2I
! x
2+ !
2I
! y
2= " I = 0
I(x, y, t = 0) = I
0! I
! t = " I
#
$ %
&
%
Aymeric Histace
L’EDP de la chaleur
n
Il s’agit de l’EDP de la chaleur
n
Illustration :
9
I(x, y, t = 0) = I0
!I
!t = "I
#
$%
&
%
5 itérations 10 itérations 50 itérations
L’EDP de la chaleur
n
Propriété importante :
q Il y a équivalence entre diffuser itérativement une image au moyen de lʼEDP de la chaleur et la filtrer par
convolution avec un masque gaussien
q Propriété démontrée par Koenderick en 1984
q Lʼéquivalence avec le filtrage gaussien dʼécart-type σ est vérifiée lorsque
t
= 2 σ
EDP de la chaleur
n
Propriété importante :
q Piste pour la preuve :
n Déterminer les solutions du type : I(x, t) = I1(x,y) . I2(t)
n En déduire la solution fondamentale de lʼéquation de la chaleur
n En déduire la solution générale donnée par :
I(x, y, t) = 1
2
!
.t e!( x!X )2+( y!Y )2
4t .I0(X,Y )dX dY
!"
+"
#
EDP de la chaleur
n
Propriété importante :
q Piste pour la preuve :
n Ceci est par définition la convolution de I0 par une gaussienne dʼécart-type
n Pour plus de détails, me demander le pdf.
I(x, y, t) = 1
2 !.t e
!( x!X )2+( y!Y )2
4t .I0(X,Y )dX dY
!"
+"
#
t
= 2 σ
EDP de la chaleur
n
L ʼ équation de la chaleur est donc une autre façon de concevoir le filtrage gaussien.
n
Cependant, un tel filtrage comme nous l ʼ avons vu est isotrope et ne permet donc pas de préserver les zones sensibles de l ʼ image (les contours ou
transitions).
5 itérations 10 itérations 50 itérations
EDP de la chaleur
n
Question ?
q
Comment améliorer ce processus isotrope, en
particulier en ne diffusant pas les zones de fort
gradient (les contours) de l’image ?.
EDP de Perona-Mailk
n
L ʼ EDP proposée par Perona-Malik (1990) s ʼ inspire de l ʼ EDP de la chaleur, mais les
auteurs y intégre une non-linéarité sous forme d ʼ une fonction g à valeur positive, monotone et décroissante :
! I ( x, y , t )
! t = div g ( ( " I ( x , y) ) " I(x, y) )
EDP de Perona-Malik
n
La fonction g la plus couramment utilisée est du type :
2 2
)
(
ku
e u
g =
−EDP de Perona-Malik
Les gradients élevés ne sont pas diffusés Les gradients faibles sont diffusés
La valeur de k permet de régler la sélectivité de g(.)
k=10
k=5 n
Fonction g :
EDP de Perona-Malik
n
La fonction g permet de pondérer la diffusion en fonction de l ʼ appartenance ou non du pixel
courant à un contour :
q Si le pixel appartient à un contour (gradient local
élevé) alors g(.) renvoie une valeur proche de 0 : il nʼy a pas diffusion
q Si le pixel nʼappartient pas à un contour (gradient local faible) alors g(.) renvoie cette fois ci une valeur importante non nulle : il y a diffusion
EDP de Perona-Malik
EDP généralisée
n Afin de généraliser
l’approche de Perona-Malik et de l’enrichir, il est proposé (Deriche 96), une EDP
générale du type :
! I
! t = c
t. I
tt+ c
g. I
ggEDP généralisée
n Une telle écriture permet de pondérer différemment les directions de diffusion (isophote et gradient) !!!
n On parle dʼanisotropie
! I
! t = c
t. I
tt+ c
g. I
ggPondération du gradient
Pondération de lʼisophote
EDP généralisée
n
Dans le cas où les deux coefficients de pondération sont égaux à 1, on retrouve l ʼ équation de la chaleur
! I
! t = I
tt+ I
gg= " I
EDP généralisée
n
L ʼ équation de Perona-Malik peut s ʼ écrire sous la forme généralisée décrite précédemment en prenant :
n
Remarque : c
gpeut être négatif. La méthode est alors instable (on réhausse le bruit)
ct = g
(
!I)
cg = g'
(
!I)
. !I + g(
!I)
"
#$
%$
Généralisation
n
Plusieurs améliorations ont été apportées par la suite. Les deux principales étant :
q Lissage du gradient par convolution avec une
gaussienne avant le calcul de la fonction g : approche de Catté et al
q Remplacement de la fonction g par une matrice D, le tenseur de structure associée à lʼimage (emprunt à la mécanique) : approche matricielle de Weickert (voir partie dédiée)
ϕ - fonctionnelle
n
Si l’écriture précédente permet d’intégrer l’anisotropie, elle ne s’inscrit pas pour le moment dans une formulation
variationnelle…
n
C’est à la mise en place de cette formulation que nous allons nous intéresser maintenant.
n
L’idée est de s’inscrire dans un formalisme
commun à la plupart des EDP de ce type
ϕ - fonctionnelle
n
Soit ϕ une fonction croissante à valeurs
réelles permettant de guider la diffusion et en particulier de pénaliser les forts
gradients.
n
La problématique de régularisation peut alors s’écrire sous la forme variationnelle générale suivante :
E ( I ) = # ! ( ! I ) dx dy
ϕ - fonctionnelle
n
La minimisation de cette fonctionnelle au moyen de l’approche d’Euler-Lagrange amène alors à considérer l’équation de diffusion générale suivante :
I ( x, y , t = 0) = I
0! I
! t = div ! ' ( " I )
" I " I
#
$
% %
&
' ( ( )
* ++
,
+
+
ϕ - fonctionnelle
n
Cette écriture n’est pas incompatible avec l’écriture locale proposée par Deriche et al.
n
Avec :
!I
!t = ct.Itt + cg.Igg " !I
!t = div ! '
(
#I)
#I #I
$
%
&
&
' ( ))
ct = !'
(
!I)
!I
cg = ! ''
(
!I)
"
#$
%$
ϕ - fonctionnelle
n
Quelques exemples issus de la littérature :
ϕ - fonctionnelle
n
Quelques exemples issus de la littérature :
Approche matricielle
n
Une généralisation des approches précédentes sous forme matricielle est proposé par Weickert (1996)
n
EDP proposée :
I ( x, y , t = 0) = I
0
! I
! t = div ( D " I )
#
$ %
&
%
D est appelé le tenseur de diffusion : il s’agit d’une
matrice permettant de prendre en compte la structure
« physique » de l’image à restaurer
Approche matricielle
n
Cas particulier :
Impossible d'afficher l'image. Votre ordinateur manque peut-être de mémoire pour ouvrir l'image ou l'image est endommagée. Redémarrez l'ordinateur, puis ouvrez à nouveau le fichier. Si le x rouge est toujours affiché, vous devrez peut-être supprimer l'image avant de la réinsérer.
avec
Impossible d'afficher l'image. Votre ordinateur manque peut-être de mémoire pour ouvrir l'image ou l'image est endommagée. Redémarrez l'ordinateur, puis ouvrez à nouveau le fichier. Si le x rouge est toujours affiché, vous devrez peut-être supprimer l'image avant de la réinsérer.
Diffusion dans le cadre des Φ-fonctions
Aymeric Histace
Approche matricielle
n
Calcul de D :
q Afin d’éviter une trop grande sensibilité au bruit de
l’image, le tenseur est généralement calculée sur une version lissée isotropiquement de l’image de
départ :
q Avec Gσ une gaussienne 2D d’écart-type σ
33
I
!= I * G
!Approche matricielle
n
Calcul de D :
q On définit alors les directions de diffusions locales η et ξ de la manière suivante
! = !I"
!I" et ! = !I""
!I"
Approche matricielle
n
Calcul de D :
q η et ξ sont les 2 vecteurs propres de la matrice D
auxquels ont peut associer deux valeurs propres µ1 et µ2
q On définit alors λ1 et λ2 telles que :
!1 ="
!2 =
" si µ1 = µ2
" +(1!")e
! C
(µ1!µ2)2
"
#$$ %
&
'' sinon (
)* +* (
)
**
+
**
! ![ ]0,1 C >0
"
#$ avec %$
Approche matricielle
n
Calcul de D :
q En chaque point de l’image, on calcule alors :
q Interprétation :
n Sur les régions d’intensité constante : et
Conséquence :
D = !
1""
!+ !
2##
!µ1 ! µ2 = 0
!
1 !!
2 ="
D ! !Id Diffusion isotrope
Approche matricielle
n
Calcul de D :
q Interprétation :
n Le long des contours : et donc
n La diffusion est donc anisotrope préférentiellement dans la direction ξ
µ1 >> µ2 >> 0
!
1 >!
2 > 0Approche matricielle
n
Calcul de D :
q Illustration
Originale Diffusion tensiorelle
Approche matricielle
n
Représentation graphique de D:
q Sur les zones homogènes, le tenseur est représenté par un disque de rayon α
q Le long des contours, le tenseur est représenté par une ellipse d’axes µ1 et µ2 avec µ1 > µ2
ξη ξ
η
Approche matricielle
n
Représentation graphique de D:
Approche matricielle
n
Utilisation « détournée » du tenseur :
Noyaux de cellules en bleu
Protéine marquée en rouge Structure et organisation directionnelle de la protéine
Approche matricielle
Approche matricielle
n
Utilisation « détournée » du tenseur :
Tractographie du réseau cérébral
nerveux
IRM de diffusion