DÉPARTEMENT DE PARIS.
LES CITOYENS FRANÇAIS
1 •
-v ; L , \ ,
DU DEPARTEMENT DE PARIS,
A TOUS LES FRANÇAIS.
Citoÿens
,JNfous
voüs parlerons le langage de la véritéavec la {implicite républicaine,&
vous l’entendrez, fans ' prévention, quelqu’effort qu’on ait Lit p-iur altérer Vos idées naturelles fur fexiftence des faits.Voua
confidérerez Parisfous fes véritablesrapports ; c’efl>
à-dire fous
ceux
de l’intérêt public.Ce
n’eftpoint ici lecharme
de l’éloquence, c’effe la raifon qui doit prévaloir; écoutezdonc
fon lan*gage
auftèreRépublicains, Paris a le premier levé l’étendardl
de
la liberté;fatiguésdu
joug qui vous opprimait depuis tantde
fiècles, vous avez fuivi fonexemple
5&fans
lesentravescriminelles dequelquesintriguantA
2
tousreïïentiriez depuislong-temps les heureux effets
de cette révolution, nos ennemis feroient à nos pieds , la
France
feroit heureufe&
libre ,&
déjàlaliberté eûtfixé les deftins
du monde.
Mais
qu'ils font loin de là, ces jours de gloire&
de profpérité !Combien
,au contraire, nosmaux
femblent s'aggraver
&
nouséloigner du termefortunépour
lequelnousavonsfaittantdefacrifices!Nous
ne vousrappellerons pas tous ceux que Paris a faitspour la liberté générale; il nous fuffit d’ayoir rempliun
devoir facré ; nous ne vous dirons pas,
encore, que nous
femmes
prêts à tousceuxqu’exi- geront les circonftances; le paffé prouve affezpour
l'avenir; mais il eft important de vous rappeller, non-feul
ment
que Paris ne veut pas, mais encore quil ne peut vouloirun
nouvel ordre de chofes ;&
ce qu'il importera davantage de vous prouveé,
c'eft que , nonobftant la
jdoufie
ou
la malignitéde nos détradeurs, fi Paris n'exiftoit pas, il faudroit le créer ,ou
le fuppléer, ou renoncer aux avan- tagesimmenfes
deFindivifibilité delaRépublique.Les
ennemis de celte grande cité voudroient l'anéantir, parce qu’elle eftla fentinelle delaRépu-
blique; parcequ'elle eft
&
fera, danstous lestemps
,
un
obftacle invincible à leurs projets liberticides, à leur ambition criminelle, à leur infâme cupidité ; mais Paris fubfiftera, parce qu’il eft dans l'acception
du gouvernement
aduel ; c'eft-à dire , d’un gouver-nement
de vingt-cinq millionsd'hommes
, le point néceffaireoù
doivent ferapporterles intérêts divers des élémens qui la compofent.Ilfaut
un
centred'unité dont l'exiftence&
laforce$
X *
3
»
foient en raifon dire&e des rayons qui vienneit
y
aboutir : ce centre d’unité , c’eft Paris.Citoyens, il ne faut pas nous abufer ; fi Paris pouvoit aujourd’hui difparoître, demain une autre ville prétendroit à le remplacer, fans pouvoir offrir les avantages qu’il préfente; mais plutôt, fi Paris n’étoit plus la ville
de
la République, tant d’autresy
prétendroient, que bientôt, peut-être, la diicorde fatale feroit pleuvoir fur nous tous les
maux
, la divifionde toutes les parties,un monftrueux
fédé- ralifme, l’effrayante anarchie, la ruine&
la diiïo- lution de l’Empire.Voilà le but de nos ennemis; voilà l’objet de tant
de
calomnies contre cette Cité, qui eftun
extraitdel’univers.
Qu’eft
donc
Paris ? finon l’abrégé de laRépu-
blique;
&
l’on voudroit attirer fur lui la haine uni- verselle.Citoyens , gardez -vous de vous livrer à cette idée funefte ; car chacun de vous dirigeroit fes
coups contre
un
fils , contreun
parent chéri;
car
chacun
de vous ne pourroitimmoler que
desfrères.
Rejettpz loin de vous ces infinuations perfides
,
repouffez ces clameurs dangereiifes , ces calomnies
artificieufes
, parlefquelles
on
cherche à vous rendre Parisfufped
; croyez qu’il ne peut jamais le de- venir ,&
qu’il fera conftammen'c le fanal de la liberté;& pour
vous le perfuader, rappeliez-vous touslescombats
qu’il a foutenus contre la tyrannie; retracez-vous lesmaux
qu’il a foufferts à l’époqueSe
cette revifion funeflequi a failli perdrelaliberté;retracez-vous,fi l’imaginationpeutencore syprêter,
le maffacre affreux du
Champ
deMars
, ceux de Vincennes, delaChapelle,&
tantdecombats dange- reux qu’il a livrés au defpotifme&
à fes fauteurs; fouvenez-vous de l’acharnement& du
courage avec lequelil a pourfuivi lepremierdidateur; cethomme
dangereux
, qui, avec
un
air faufiement populaire,
avait féduit l’opinionpublique; cetinfâmeLafayette
,
enfin !
Hé
! Citoyens, fi la courdu
defpote qui nousavililToiteûtété ailleursqu’à Paris, queferoit devenue la célèbre journée
du
dixaoût?
elle eût été, fans gloire,confondue
dans les fiècles,&
letyran nous©pprimeroit encore.
Paris ne s’eft pas contenté de l’avoir abattu ;
quarante
miHe hommes
fortis de fon fein , volent avec l’impétuofité de l’éclair , dans les plainesde
la
Champagne &
repouffent, d’accord avec leurs frères, tous les fuppôts de la tyrannie; les barba- res fuyent de toutes parts,&
leurs frontièrespeuvent à peine les raffurer : c’en étoit fait alors, ledeftin fembloit décréter la liberté de l’univers ; maisun
fcélérat,
un
traître, le plus perfide de tous leshommes
, livre denouveau
la République&
laliberté,. à ceux
mêmes
fur lefqueîs nous venions d’obtenir des fuccès suffi éclatants qu’ils étoient glorieux;& Du mou
riez a obtenu des défenfeurs dans la Convention ! ! !Citoyens, fi ces
hommes
font vos amis , nous forâmes, eneffet, les ennemis dela République! ! 15
Citoyens,
ou
plutôt nos frères&
nos.nmls, Paris veut debonne
foi la République;mais uneRépu-
blique démocratique, une république une
&
indi- vifible,une
repréfentation nationale,purement
plé- béienne; il abhorre la divifion desdeux Chambre*
que Ton
voudroit reproduire; ildemande
,comme
vous , une Conflitution , pleinement populaire, dont
l’égalité doit êtrelabaie. Ildéfireque le pauvre, en fachaumière , reçoive lesbienfaits de la loi,
comme
le riche voluptueux, fous des lambris dorés.
Voilà les forfaits de la ville de Paris
,
&
fiIon y
ajoute la furveillance la plus aétive, l’amour excet- fifde la liberté,
un
lentimentnon moins prononcé pour
fes frères desDépartemens
, la révélation de tous les complots tramés contre la liberté, leur anéantifïement,&
enfin , fa haine implacable contre toute efpèce detyrans,d’inftignteurs&
dîntrjgnans; alors vous aurezune
jufle idée des crimes qu’onlui reproche.
Mais,
Citoyens, xà vous nereconnoîtrezque
des vertus que vous partagez avecnous
; car vousvou-
lez
comme
nous toutce que nous venons d’expri- mer.Ha
î bientôt, eu dépit oe l’orgueil, de l’am- bition&
de cette calomnie atroce qui voulait per-vertirl’opinion
du
peuple, ui milieu ces plusdouces étreintes, nousreflerrerons les liens délicieux de la plusdouce
fraternité, vous vousunirez à nouspour demander
vengeance de tousles traîtres,&
lajullicenationale les frappera de fon bras terrible.
Ifnard a eu l’audace de prédire le fort deParis
il a violé la majeflé
du
peuple Français, il a fa àtoutes les divifionsdelaRépublique
l’injure la plA
6
ïanglante; il a
blafphêmé
contre la liberté,ilaplusfaitencore;dansles accès defon imagination féroce
,
nouveauCaligula,ilaexterminé
un
milliond’hommes
qui en couvre la furface ,
&
anéanti fans retourcette cité li redoutable à la tyrannie ; il a flétri la ville de Paris, en fuppofant qu’elle pût jamais fe rendre digne d’un fort aufli affreux ;jl a flétri les
Départemens,
en leur prêtant toute l’atrocitéde foname
,&
en penfant que , fidèles à fa voix impie ,toutes les colonnes de la république viendroient l’a- néantir , il a agité les brandons de la difcorde, èc
appelé la guerre civile
&
fes fureurs.Fonfrède a calomnié les heureux habitants de la
Gironde
: dans les illufions perfides de la vengeancela plus cruelle, il les voyoit
marcher
fur lesmurs
de Paris ; mais la Gironde&
la Seine ne voyent fur leurs bords fortunés que les enfans d’unemême
famille, liésparles
mêmes
intérêts,&
unisdesmêmes
fentimens. Ainfi tant de
vœux
feront luperflns ,&
lesauteurs de tant d’atrocités feront dévoués à l’exé- cration desfiècles à venir.
Citoyens,
on
a la cruauté de nousmenaçer
de nos frères,&
nous délirons les embrafîer ; venezdonc combler
nosvœux.
Plus prèsdu
théâtre des évène-mens
, vous les jugerez avec plus d’avantage ,vous
vous unirez à nous ; le cri d’indignation deviendra général contre cette tourbe d’êtres dénaturés quenous
avons dénoncés à la Convention , que nousdénonçons
à laRépubliqueentière,&
alorsun
grandexemple
en impofera à ceux qui feroient tentés deles imiter.
Citoyens, les chofes ne peuvent relier plus long-
temps
dans Pétatoù
elles font; il efttemps
encore7
iPy remédier , mais les
momens
font preffants ; laguerre civile ravage l’intérieur, l’étranger vient den- tamer nos frontières , le tréfor public sepuife , le
commerce
s’anéantit; nous n’avons ni Conftitutîon, ni éducation publique; la Repréfentation nationale eft impuiiTatite à faire l’une&
l’autre, par la réfif-tance quelle éprouve au milieu d’elle
-même,
par la réfiflance que luioppole une
faction qui attire èc foutient des cohortes étrangères ,&
foufle le feude
la guerre civile. L’ambition , les haines éclatent de toutes parts , toutes les pallions s’agitent , 2céprouvent l’irritation la plus violente ; enfin,la crife femble s^opérer
& amener
la détraélationdu
corps politique.Déjà
leDépartement
de laVendée,
celui, de la Lozère , plusrécemment
encore la ville deLyon
,viennent d’éprouver lesfimeftes effets des diflentions cruelles qui déchirent la
Convention
; les lois fonti fans vigueur , le miniftère&
les adtniniflradons fans force > Ôc la force publique fans activité ; la trahifortmarché
d’un pus hardi , les dilapidations les plus, effrayantes ont lieu dans nos^ armées; enfin, le dé- fordre eft à Ioncomble
ç’en feroit faitde laRé-
publique , file peuple n« le hâtoit de réprimer tant d’excès,.
f! >ùs devons encore vous remettre fous le»-
yeux
le tableau des derniers
évènemens
arrivés c'ansnos
murs
,&
vous fcntkez davantageque
le projetd$
détruire la république , de d’anéantir la liberté*
ne
peut plus être douteux.Suivez exaétemen* la férié de tous ces faits
rapprochez-les, calculez,
&
vousrefierez convaincueêtes grandes-vérités
que
nous avançons.s
R
appeliez;-vousque
dantf letemps
de la défe&ioft3e Du
mouriez,ou
àt ès-pdu de diftance, laVende©
fut embrafée
du
feu de la guerre civile ; queMar-
feille ,
Lyon &
quelques autres villes en reftentirent lescommotions
meurtrière^ ; qu’à uneépoque non
reculée,lestroubles dela Lozère éclatèrent; rappro- chez de ces faits la perfidie de Quétineau, l’inadivité de nos troupes fur la frontière,les différens échec*que
nous ont fait éprouver les brigands, la perte
du camp
deFamars
,précédemment
l’évacuationde
Francfort,&
la fuite honteufe de nos armées, qu’on nous a préfentéecomme une
retraite digne deXénophon,
.&
fur-tout ne perdez pas de vueque
c’eft dans cestemps
malheureux, que ceux-làmême
qui troublent la Convention par la tadiquela plus perfide
&
la plus criminelle, queces
mêmes hommes
qui ontdemandé
la guerre à grands cris, la fàdion de Brifiot enfin, ademandé &
obtenula création d’une nouvelle didature , fous le
nom
de Comité
des dou^e,Voyez m
intenant agir ces duodécerrvirs, regardez leur premiercoup
d’eftai ; ils arrachent les fondCnnaires publics,lesmagiftratsdu
peuole à leurs fondions ; ils enlèvent les plus honnêtes citoyens à leursfemmes &
à leursenfans; ils portent nar-tout la dçfolation&
beffroi,&
ces vidimes infortunées de leur rage, font impitoyable-ment
traînées dans les cachots; Parisfut étourdidu coud
*,m
iis bientôt regardant autour de foi, chacun reprit courage , èc les magiftrats réunis de tout leDépartement
Tentant que la plusfainte des lois était la réfiftance à l’oppreflion , fe préfentèrent à laConvention pourobtenirle redreffement de cegrief5
"
la Convention décrétala fupprefîlondecette
Commis*
gip$ 8c Paris fiiifatisfait3-lerapport
du
décretrendît ày
cZ'Ir
t:?erg:e ’ enfînra«&ntafcmcnt
de cecalmfà ^
tre'rMV°r
tl0n
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endit de n'>uvcau '«
ces faite „ e
.,
vi lefi calomniee.
Rapprochez
touit
f
’ x î'jSez efitre Paris&
fes détraéleurs.La
Convention pénétrée de la juftice de nos ré-de
rfe
a déCrét*qUe
Paris aV0it bien^ité
pS
a°ye ?
S’ ,a Convention en malTe eft pure 8cPa
vea ut
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d’
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,aifferdonner
atteinte.«
les vent’6V°US’ le
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bonheur &
laliberté,&
tous les e;
COn,meVOUS
’
d une
manière égalepour
es citoyens; mais Paris, témoin irrécufable
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0ln des entraves qu’ils mettent à labonheur
de t *T*
Conftitution, qui doit faire le tenir de’
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la Convention dans fa jufticea
ordonne
quils feroientmis en étatd’arreftation.
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j*?1 des ebofes, Paris eft calme, mais
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?,0"P ubM
qt,e Yeil‘e- Cet état doit être celuid«
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Repnblique
5 a fur
r
illance doit êtreune &
indt-intérêts.
pU1
^
UCtouteslesparties fe lient auxmême.
Il eft
donc
deshommes ennemis
de laliberté
&
ve U'»nt fe 31
”
6!!
11 eft
donc
encore des efclavesquivenant
fe profterner devant la tyrannie !Hommes
pourvu!i
a n
ta
f
rque fans
jugement
,réfiéchiffezdonc pour un
inftant furce qui paraît ficheràvoscœurs
• concevez le renverfement abfoîu de laRépubhque’
la rovauté
g
i
and des for
/
aits> le rétabliflèmentd«
la royauté; élancez-vous
dans
l’immenfitçdel’avenir.10
«livrez le livre des
événemens,&
alors vous feu-tirez que le plus grand des malheurs, pour vous-
mêmes,
feroit cet état funefte ,où
1homme
abju- reroit les droits de la nature-, que le plus grand des malheurs leroit le rétabliffemënt de la royauté .En
effet, quel devroit être le premieraété de latyrannie? fans argent, fans crédit, fana reffources,
ne fentez vous pas que tous ces procédés oevroient naturellement tendreà loppreff' n laplusaggravante
&
laplus dure, pour fe procurer : ^ uyen de lemaintenir dans ce pofteinfâme? 7' e itntcz vouspas qu’uneprofcription redoutable
& mque
u ravenelle lui ouvrirent néceflairement les i.moors odieux de l’infâme banqueroute,&
quel’1’du peupleFrançaisfercient le bip nimité?
Citoyens, n’en doutez par, conféquence nécefîà.ire de 1 mais penfez-vous quecet et.
1
fans que la guerre civile eut y.
des Français? Figurez-vous'do
ledeftin dela France; ruinée, dilapidée, incenci.ee, fujette
&
avilie, fans arts,F
nscommerce ,lans
reflource, cette terre des arts
&
ae Linauflne».le climat le plus riant
&
le plus heureux deviendront celui de Tefclavage , de la honte3du majeur &
de la profcription !
s .
Citoyens, voilà à quoi peut nous ccnd-ire
Mo-
quence funeffe de certains
hommes,
qui,comme
Lafayette
& Dumourîez,
ont déjà fixé leur îort iur des terres étrangères, avecles tréfors quilsont. reçuspour
détruire la liberté&
vendre leur patrie eny
propageant tous les fléaux deflruéfeeurs cm lune -C de l’autre.ge
&
la honte>, Ce fapufilla-
*croûte eft la révolution !
m
1 ' réalifer,:
Hus
dr moitiécuel iercit alors aa,
II
Mfis
quel efl le propriétaire,l'homme
tant foitpeu
induftrieux, l'indigentmême, pour
qui la révo- lution s'efl: faite, qui pourroit, après quelques ré- flexions, adhérer aux infinuationà perfides de no3 ennemis, de cette partiegangrenée de la Convention qui veut ou vendre,
ou dominer
Ion pays, par la divifion desDépartemens?Quel
efl;l'homme
quivou-
droit encore devenirl’efclave d’un defpote regnicole
ou
étranger>Quel
efl: l’être aflez vil qui pourroit encore fe foumettre au filsdu
dernier des tyrans,
ou à l’un de fes collatéraux?
Citoyens, ilfaut ici s’expliquer, les
momens
font preflans; fi la République vouloitun
maître , Paris tiendroit àhonneur
d’enrichir les faftes de l’hiftoiredu
grandévénement
de fa deflruétion ; il a juré de s’anéantir avec la liberté, il tiendra fon ferment : maisnon
! il ne peuty
avoir que l'infâme Boui’lé, le firtiftreIfnard, ou le traîtreDumouriez
qui aientpu
concevoir cette idée funefle.Ah
! quel feroitl’homme
allezinfenfé, aflez irré- fléchipour
vouloir un maître, ou, ce qui efl:une
même
chofe, lacontre-révolution ? qui d'entre nous pourroit defirerlaguerre civile, laperteou
la dévalua- tionde fapropriété&
lemaflacredeluimême? un
roi ne traîne-t-ilpas toujours avec lui la guerre civile&
tousles
maux
!Quel
feroit enfinl’ariftocrateaflez dé- terminépour
périr dans les convuîfionsdu
malheur&
del'opprobre, quiofâtluttercontrelaRépublique?Nous
difons contre laRépublique
, parce
que
nous penfons qu’après dix-fept cents ans d'outragesfaits à la dignité de
l’homme
, qu'après s'être pro-noncé
depuis quatre ans d'une manière auffi éner-12
gïque contre latyrannie, il n’efl aucun Français qui puiilè ccnfentir à traiter avec les tyrans.
Mais
nous irons plus loin; car il faut épuifer la matière,&
porter la, conviétion à Ioncomble;
ainfien ftippofant, (ce qui eft impcffible) c’eil-à-dire,
que
, parun
accord univerfel&
fpontané , nous vouluilionsencore être gouvernéspar lavolonté d’un feuî,quVn
réfuîteroit-il? c’eftqu’indépendamment
desmaux
que nousavonstracés,la mi.fere univerfelle&
lemécontentement
général produirc-ient unecom-
motion
nouvelle,une
crife plus funefle encoreque
celle quiaurcit rétabli les tyrans; par-là vous >oyez
que
la France avilie, ruinée,&
de plus en plusmé-
prifable
&
méprifée,deviendroit,comme
la Pologne,
le partage des tyrans qui nous entourent.
Voilà, Citoyens, le
vœu
de cette majorité pré- tendue ! y reco n noiffez-vous bien le vôtre ? Si tels étoient les deflins de la France, vingt Pècîes d’ef- clavage fuivroient quelques milans de liberté ! ! !Ce
n’efl pas tout&
noncbflant que lemot ae)
clavage ; doive porter la terreur dans tous les efprits, envifageons les probabilités ,&
alors nousferons tous , d’un accord
unanime
, les plus grandsfacrifîces pourl’éviter.
Citoyens, l’efcîavagedont nous vous parlonsferoit bien plus cruel que celui qui précédoit la révo- lution , car il devroit' prévenir toute révolution nouvelle.
Non
feulement vous feriez privés de ces armes honorables, foutlens de vos droits civils&
naturels, maisencorelaméfianced’un tyran farouche feroit alarmée
du
plus léger raifemblement , car ce ne feroitqu’à force d’oppreffion qu’il pourroit fou- te üir fbn autorité.*3
,
Quel
feroitdonc
l’être affez vilpour
concourir a une (in aulïï honteufe ?Quoi
! lorfque les des- tinéesdelaRépublique
brillent d’un nouveau lurtre?quoi! lorfqueles defpotes étonnés n’avancentqu’en
iremmant
,&
feulement à la faveur des traîtres,
iirr cette terre de liberté; il cxifteroil des
hommes
aflez lâches
pour
défefpérer de la République , tedemander un
maître?Non
Français! vousny con-
fentirez pas !
Vos
ennemis ont Litleursplus grancl.s eiiorts,
&
votre courage eft encore tout entier; ils feront impuiiTans avous nuire,&
vous pourrez tout contreeux
, fi vous favez vous unir; mais il faut vous rallier, l’intérêt public lecommande, &
notre unionramènera
la force , la gloire&
la fpten- deur de notre chere patrie,
&
couvrira de hontetous les tyrans de l'Europe.
O
vous !hommes
foibles qui n’ofez vous décla- rerpour
la liberté , dans la crainte de perdre vos propriétés ne fentez-vous pasque
c’eft auiour-d
nui leieulmoyen
de lesconferver?Réfléchirez aux fuites necsuaires de l’efclavage&
vous verrezque
vos Propriétés deviendraient nécefiairement cellesde
1ufurpateur qui régnerait fur vous.Citoyens,ny
a plus a choifir, qu’entre la liberté ,
ou
mort.Mais fous lerègne de la liberté, voyez la
Répu-
bliqueflonffante
, une
&
indivifible; voyez tous lesrois a vos pieds
&
lemonde
entier libre par votreexemple
; voyezvotreprépondérance dans l’opinion des peuples, voyez le
commerce,
les arts&
l’in-duftne, apres avoir fatisfait vos befoins, votre or- gueil
meme
, souvrir denouveaux
canaux dans lemonde
entier,
y
porter votre fuperflu ,&
vousla
i
i
4
rapporter, par
un mouvement
progrefîif, le tribut d’induftrie des peuples de la terre; voyez lamen-
dicité fuir loin de vos
murs
, l’induftrieux citadin&
le paifible habitant descampagnes
dansunehon-
nête aifance; voyez cet
homme
deschamps
décu- pler fon induftrie, s’enrichir 8c la doubler encore ; voyez l’éducation nationale préparerune
race&
desvertus nouvelles; voyezenfin,le
bonheur
, la gloire 8c la profpérité del’Empire.Citoyens, il n’eft plus
temps
de rétrograder; ileftimpofîiblederetourner à latyrannie, après avoir fait de fi grands efforts
pour
la détruire ; car des fiècles fufhroient à peine,pour
opérer cettemonf-
truofité.
Songez
qu’un million de défenfeurscom-
battent en ce
moment pour
cimenter la liberté,&
qu’il eft impoflible que la ligue des tyrans réuiïiiïè
dans fes projets liberticides.
D’ailleurs, cette ligue infâme n’eft-elle pas aux abois? Divifée, fans argent
&
fans reffources,pou-
vant à peine fe foutenir,&
prête à fe diffoudre, nevoyez-vouspas qu’il ne fautqu’un dernier effort
pour
l’anéantir; il faut en impofer à la coalition funefte qui veut perdre la
République
8c la liberté; il faut exterminer les brigands qui ravagent l’intérieur; ilfaut que le peuple entier fe lève, 8c oi
donne
à laConvention dedécréter la Conftitution,carla
Conf-
titution ferale terme8c l’écueilde toutes les fa&ions.
Voilà, hères8c amis,ceque notre
amour
nouspref- foit de vous dire , 8c nous efpérons pour lebonheur
&la
gloire denotre chère patrie,quetouteslesparties de la République s’uniront à nouspour demander
impérativement la Conftitution 8c la punition destraîtres ,
&
qu’alors les ennemisdu
peuple&
del’égalité feront forcés de
marcher
dans les fentiersde la liberté,
ou
contraints, parl’expreflîon du
vœu
général, de quitter le pofte honorable
, qu'ils n'oc- cupent que pour le malheur de l’humanité.
Nous fommcs
dévoués à mourirpour
laRépu-
blique.
Vos
frèresUs membres
compofant toutes les autoritésdu Département
de Paris,au nom
de toutes les autorités conjlituées;SEGUIN
, Préfident;Dupin
, Secrétaire..