A. Faundez P. Roussouly J. C. Le Huec
introduction
La lordose lombaire n’existe que chez l’être humain. Et c’est grâce à elle que notre marche est totalement bipède.
Mais afin de pouvoir nous mouvoir sur de longues distances de manière totalement autonome, notre position érigée doit être la plus économique possible en termes de dépense d’éner
gie. Elle doit être ergonomique.
Cette position érigée ergonomique résulte d’un équilibre minutieusement réglé entre la forme du pelvis et la forme globale de la colonne vertébrale : c’est l’équi
libre sagittal du rachis. Avec le vieillissement, la lordose lombaire s’efface, la cy
phose thoracique augmente. L’équilibre sagittal du rachis peut en être perturbé et accompagner certains syndromes douloureux chroniques dégénératifs : lom
balgies, claudication neurogène entre autres.
Les diverses définitions et mesures classiques de l’équilibre sagittal n’ont ja
mais permis d’obtenir une analyse logique et pragmatique, pouvant déboucher sur des actions thérapeutiques précises. La mise en évidence de paramètres pel
viens primordiaux par les travaux de DuvalBeaupère et Legaye à la fin des an
nées 1980, mais aussi le développement de nouvelles techniques radiologiques, ont ouvert la voie à une révolution dans l’analyse de l’équilibre sagittal du rachis.
L’analyse moderne de cet équilibre, dont nous allons donner un aperçu dans cet article, s’avère primordiale dans toute approche thérapeutique de pathologie dégénérative du rachis, qu’elle soit chirurgicale ou conservatrice.
ce quenousavons apprisàl
’
écoledemédecineLorsque nous avons fait nos études de médecine humaine, nous avons appris en cours d’anatomie qu’il existait quatre segments rachidiens : la colonne cervi
cale en lordose, la colonne thoracique en cyphose, la colonne lombaire en lor
dose et le segment sacrococcygien figé en cyphose. Nous avons également ap
pris qu’entre ces segments, il y avait des jonctions : cervicothoracique C7D1, thoracolombaire D12L1 et lombosacrée L5S1. Dans plusieurs livres d’enseigne
ment et articles scientifiques, nous découvrions que chaque segment possède Sagittal balance of the spine : a therapeutic
revolution
In humans, the erect position and bipedal walk is possible because of a balance between pelvic and spinal parameters. The most im
portant pelvic parameter is the pelvic inci
dence which represents the base on which the spine lies. With aging, thoracic kyphosis increases, lumbar lordosis decreases, com
pro mising the spinopelvic balance. Compen
sa tory phenomenons are possible, but rely mostly on the amplitude of pelvic incidence.
Analysis of spinopelvic parameters and de
tection of a compensated or uncompensated sagittal imbalance are mandatory before any therapeutic action is undertaken for a dege
nerative pathology of the spine.
Rev Med Suisse 2011 ; 7 : 2470-4
La position érigée de l’être humain et la marche bipède sont possibles grâce à un équilibre spino-pelvien qui répond à une cohérence entre des paramètres propres au pelvis et d’autres au rachis. Le paramètre anatomique le plus important est l’in- cidence pelvienne qui reflète l’embase sur laquelle repose la colonne vertébrale. Avec le vieillissement physiologique de la colonne vertébrale, la lordose lombaire diminue, la cyphose thoracique augmente et l’équilibre spino-pelvien est compro- mis. Les possibilités de compensation d’un déséquilibre sagittal dépendent de l’amplitude de l’incidence pelvienne. Une ana- lyse détaillée des paramètres spino-pelviens et la détection d’un éventuel déséquilibre sagittal compensé ou décompensé sont indispensables avant toute décision thérapeutique ayant trait à des troubles dégénératifs du rachis.
Analyse de l’équilibre sagittal
du rachis
Une révolution dans les approches thérapeutiques des pathologies dégénératives lombaires
le point sur…
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une amplitude de courbure moyenne : 50° pour la colonne cervicale entre C2 et C7, de 20 à 50° pour la colonne thora
cique entre D4 (première vertèbre thoracique clairement visible sur une radiographie de profil) et D12, finalement 50° en moyenne pour la colonne lombaire entre L1 et L5 (ou S1).
Ceci est une définition uniquement anatomique, incor
recte. Elle ne correspond pas à la réalité biomécanique de l’être humain vivant.
Pendant notre formation postgrade, nous avons appris également à regarder la colonne vertébrale par segments radiologiques correspondant aux segments anatomiques.
Nous allons voir qu’une vision globale, «aérienne» de la colonne vertébrale dans son entier est actuellement deve
nue indispensable si l’on veut cerner les pathologies dégé
nératives spinales, car chaque région de la colonne influe sur les autres. Le développement de nouvelles techniques radiologiques moins irradiantes a rendu cette vision pos
sible.
paramètrespelviens
Le pelvis est la base sur laquelle repose notre colonne vertébrale.
Lorsqu’on la regarde de profil, cette base est plus ou moins large. Ceci est quantifié par l’angle d’incidence pel
vienne (PI : pelvic incidence) défini il y a de nombreuses an
nées déjà par DuvalBeaupère et Legaye (figure 1).1,2 C’est un angle primordial pour la compréhension de l’équilibre sagittal du rachis. C’est un angle anatomique fixe, propre à chaque être humain. Il peut être plus ou moins ample, mais il ne peut pas être modifié, une fois la croissance achevée.
Cet angle représente grossièrement la fondation sur la
quelle va reposer la colonne. Cet angle fixe est une carac
téristique anatomique qui ne préjuge pas de la position du bassin dans l’espace. Or, le bassin peut tourner autour des têtes fémorales jusqu’à une certaine limite. Cette rotation du bassin est caractérisée par un angle défini par rapport à la verticale passant par les têtes fémorales et l’un des cô
tés de l’angle d’incidence ; c’est la version pelvienne ou pel- vic tilt (PT) (figure 1).
Cette rotation du pelvis est primordiale à comprendre dans la détection de phénomènes de compensation d’un déséquilibre sagittal dégénératif comme on l’expliquera plus loin.
paramètresrachidiens
La colonne vertébrale qui repose sur l’embase consti
tuée par le pelvis (première vertèbre) va devoir adapter sa forme pour pouvoir rester en équilibre. La compréhension de l’équilibre sagittal nécessite de revoir complètement la définition des courbes spinales : la colonne vertébrale n’est plus séparée en segments anatomiques, mais en segments biomécaniques.3 Ainsi, en prenant le plateau sacré comme embase, on peut démontrer que le passage de la lordose lombaire à la cyphose thoracique se fait par un point re
marquable appelé le point d’inflexion (figure 2). Ce point n’est pas forcément localisé en D12L1, mais varie selon la valeur de l’incidence pelvienne.4 Il peut être localisé entre
D10 et L2. On constate alors que les sommets des courbes lombaire et thoracique (appelés apex) varient de position et ne sont plus localisés en des endroits reconnus classi
quement.
En utilisant le point d’inflexion, l’apex de la lordose lom
baire et le plateau sacré, Roussouly et coll. ont pu caracté
riser la lordose lombaire en deux arcs de cercle : un arc lom
baire supérieur et un arc lombaire inférieur.4 La conclusion la plus importante de cette observation est que la majeure partie de la lordose lombaire est localisée dans l’arc infé
rieur (L4S1) dans tous les cas et que l’arc supérieur est quasi constant entre 15 et 19°. Cette notion est essentielle à connaître en pathologie car la perte de valeur de l‘arc lom
baire inférieur va largement influer sur le comportement du rachis susjacent.
corrélationentreformedupelvis
etforme durachis
Dans un article de référence, Roussouly et coll. ont pu démontrer l’existence de quatre grand groupes de courbu
res spinales en fonction de l’amplitude de l’incidence pel
Figure 1. Angle d’incidence pelvienne
A. Mesure de l’incidence pelvienne (PI) sur une radiographie de la colonne lombaire de profil. C’est l’angle à l’intersection entre une ligne tirée du centre de la tête fémorale au centre du plateau de S1 et une ligne per- pendiculaire au plateau de S1. B. Par trigonométrie, on peut démontrer que le PI est également la somme de l’inclinaison pelvienne (PT) et de la pente sacrée (SS).
A
B PI = PT + SS
PI
PT
SS
vienne (figure 3).4 Le type I est caractérisé par un PI faible (l 45°), une lordose lombaire très courte concentrée sur L4S1, puis une longue cyphose thoracolombaire. Le type 2 a aussi un PI faible, mais la lordose lombaire et la cyphose thoracique sont similaires, longues et de faible amplitude.
La base est plus large dans le type 3 (PI L 45°), la lordose lombaire et la cyphose thoracique sont amples et équili
brées. C’est le type le plus répandu dans la population nor
male asymptomatique. Le type 4 a aussi un PI élevé, par
fois très élevé, et est caractérisé par une lordose lombaire très ample compensée par une cyphose thoracique égale
ment très ample. Chaque type, de par sa configuration bio
mécanique, est sujet à des troubles dégénératifs différents des autres.
équilibrespino
-
pelvienL’équilibre spinopelvien, c’estàdire la position érigée ergonomique de l’être humain, est atteint lorsque les pa
ramètres pelviens sont en cohérence avec la courbure spi
nale. Ceci se traduira entre autres par une ligne à plomb C7 passant au niveau ou à proximité de l’angle postérosupé
rieur de S1 (figure 2).
Mais, la mesure seule de la verticale abaissée de C7 ne suffit pas à quantifier l’état de déséquilibre, car il est très fréquent de retrouver en pathologie des modifications ma
jeures de la colonne vertébrale qui permettent malgré tout de maintenir la verticale de C7 au travers du plateau sacré.
C’est pour cela qu’il faut vérifier la cohérence entre para
mètres pelviens et rachidiens, qui ont été définis pour des sujets normaux asymptomatiques. Et il faudra rechercher des signes de compensation d’un déséquilibre sagittal.
variationsd
’
originedégénérativedel
’
équilibresagittalLes paramètres pelviens et rachidiens s’imbriquent pour créer l’équilibre spinopelvien. La perte de hauteur discale provoquée par le vieillissement physiologique résulte en une perte de la lordose lombaire et l’équilibre spinopel
vien peut être perturbé. Des phénomènes de compensa
tion se mettent progressivement en place, pour le préserver (figure 4).
La musculature paravertébrale agissant comme un hau
ban postérieur augmentera son effet pour aplatir un peu la cyphose thoracique en même temps qu’il y a une perte de la lordose lombaire. Cet effet est cependant limité par des facteurs mécaniques et anatomiques et par la perte pro
gressive du contrôle neuromusculaire lié au vieillissement.
Un autre phénomène de compensation se produit de fa
çon concomitante, c’est la rotation postérieure du bassin ou rétroversion qui permet de maintenir la verticale de C7 audessus du plateau sacré. L’amplitude de la rétroversion est corrélée à l’incidence pelvienne : plus l’incidence est grande, plus importante est la capacité de rétroversion.
Ainsi, les patients à petite incidence auront moins de capa
cité de rétroversion et donc de capacité de compensation.
Lorsque ces phénomènes de compensation sont dépassés, le patient va plier les genoux, toujours dans un effort de maintenir la ligne de plomb C7 derrière les têtes fémo
rales, le plus près possible de l’angle postérosupérieur de S1 (figure 4).5 Mais cet effort peut devenir de plus en plus difficile à maintenir, se manifestant par des dorsolombal
gies dues aux contractures des muscles spinaux et à la pres
sion sur les facettes articulaires mais également au niveau Figure 2. Segmentation biomécanique de la colonne
vertébrale
Les points d’inflexion sont les points de changement de courbure et ne correspondent pas obligatoirement aux jonctions anatomiques. Les am- plitudes des courbures spinales doivent être mesurées à partir de ces points.
LL : lordose lombaire ; SS : pente sacrée.
Cervical lordosis
Thoracic kyphosis
Inflexion point
Apex
LL SS
Figure 3. L’incidence pelvienne (PI) définit différents types de courbures spinales
Type 1 Type 2 Type 3 Type 4
Low grade PI High grade PI
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des cuisses par la fatigue musculaire des muscles quadri
ceps ou ischiojambiers, pouvant aisément être prises pour des douleurs de claudication neurogène alors que le canal lombaire n’est pas étroit : erreur classique d’interprétation clinique conduisant à des recalibrages lombaires inopérants, par méconnaissance de l’origine des douleurs.
standardisationdesexamens
radiologiques
Une vision globale de la colonne vertébrale est néces
saire pour une analyse détaillée de l’équilibre sagittal, et sera au mieux donnée par une radiographie de colonne to
tale. Une technique radiologique rendue possible grâce aux travaux du prix Nobel de physique 1992, Georges Charpak, permet aujourd’hui d’obtenir des radiographies colonne totale en délivrant jusqu’à dix fois moins de rayons ioni
sants aux patients (système EOS).
Cette technologie n’est pas accessible à tous, mais une radiographie digitalisée simple de la colonne lombaire de
bout, incluant les têtes fémorales sur l’incidence de profil, permet déjà une analyse des paramètres pelviens. De la mesure de l’incidence pelvienne, on pourra déduire le type de rapport spinopelvien. La mesure de la version du pelvis (PT) donnera également une information précieuse sur la présence d’éventuels phénomènes de compensation. Un PT anormalement élevé pour un angle d’incidence donné
traduit un phénomène de compensation par rétroversion du bassin. Il faudra donc traiter la cause du déséquilibre et ne pas se focaliser uniquement sur deux ou trois coupes de l‘IRM montrant des disques dégénératifs. Toute chirur
gie lombaire, du recalibrage à l’arthrodèse, doit être précé
dée d’une analyse de l’équilibre sagittal.
exemplepratique
Les deux cas ciaprès, présentant les mêmes pathologie et symptomatologie, illustrent l’importance de l’analyse de l’équilibre sagittal du rachis pour proposer le bon traite
ment (figure 5).
Figure 4. Séquence de phénomènes de compensa- tion des troubles dégénératifs de l’équilibre sagittal A. Equilibre normal ; B. Chez le même patient, perte de la lordose lom- baire et déséquilibre sagittal efficacement compensé par une rétroversion du bassin ; C. Le contrôle neuromusculaire et la rétroversion du bassin ne suffisent plus à compenser, le patient plie les genoux dans un effort de ramener la ligne de plomb C7 le plus en arrière possible.
HE : extension de hanche ; PFA : angle fémoro-pelvien.
HE
PFA
A B C
Figure 5. Ces deux patients de 70 ans souffrent de claudication neurogène sur canal lombaire étroit pluri-étagé
Les IRM sont similaires. Cependant, le premier patient (A) présente un équilibre sagittal normal et on pourra proposer une laminectomie dé- compressive sans stabilisation. Le deuxième patient (B) présente par contre un déséquilibre sagittal compensé par une rétroversion pelvienne et une flexion des genoux. Une laminectomie décompressive isolée risque à court terme d’aggraver le déséquilibre et nous recommanderions dans ce cas, si l’état de santé du patient le permet, d’associer une spondylo- dèse avec correction de la lordose.
A
B
conclusion
L’équilibre spinopelvien est régi par une relation cohé
rente entre paramètres pelviens et rachidiens. En vieillis
sant, notre lordose lombaire diminue et la cyphose thora
cique augmente, facteurs favorisant un déséquilibre sagittal.
Des patients avec un PI élevé peuvent plus facilement com
penser un déséquilibre sagittal que ceux avec un petit PI, car leur marge de rétroversion pelvienne est plus grande.
Trois aspects doivent être vérifiés, sur une radiographie de colonne totale au mieux, mais une radiographie digita
lisée de la colonne lombaire debout incluant les têtes fé
morales sur le profil permet de mesurer au moins les para
mètres pelviens : 6
1. quelle est l’incidence pelvienne du patient ? Le PT et la SS (sacral slope, pente sacrée) pourront en être déduits (PI = PT + SS) et il faudra vérifier s’ils sont en adéquation.
2. Le patient estil en équilibre ? La ligne de plomb C7 doit se trouver idéalement au niveau de l’angle postéro
supérieur de S1.
3. Si la ligne de plomb se trouve entre les têtes fémorales et S1, chercher des signes de compensation : effacement de la cyphose thoracique, lordose thoracique, rétrolisthésis lombaire, flexion des genoux.
Quel que soit le symptôme prédominant du patient (lom
balgie, claudication neurogène, symptômes d’instabilité…) l’analyse de l’équilibre sagittal et la détection d’un désé
quilibre compensé ou décompensé sont indispensables avant d’entreprendre tout traitement, qu’il soit non chirur
gical ou chirurgical.7
1 Boulay C, Tardieu C, Hecquet J, et al. Sagittal align- ment of spine and pelvis regulated by pelvic incidence : Standard values and prediction of lordosis. Eur Spine J 2006;15:415-22.
2 * Le Huec JC, Aunoble S, Philippe L, et al. Pelvic parameters : Origin and significance. Eur Spine J 2011;
20 (Suppl. 5):564-71.
3 Roussouly P, Pinheiro-Franco JL. Sagittal parame- ters of the spine : Biomechanical approach. Eur Spine J 2011;20(Suppl. 5):578-85.
4 Roussouly P, Gollogly S, Berthonnaud E, et al. Clas- sification of the normal variation in the sagittal alignment of the human lumbar spine and pelvis in the standing position. Spine (Phila Pa 1976) 2005;30:346-53.
5 Barrey C, Roussouly P, Perrin G, et al. Sagittal ba- lance disorders in severe degenerative spine. Can we identify the compensatory mechanisms ? Eur Spine J 2011;20(Suppl. 5):626-33.
6 Le Huec JC, Leijssen P, Duarte M, et al. Thoraco- lumbar imbalance analysis for osteotomy planification
using a new method : FBI technique. Eur Spine J 2011;
20(Suppl. 5):669-80.
7 ** Le Huec JC, Roussouly P. Sagittal spino-pelvic balance is a crucial analysis for normal and degenera- tive spine. Eur Spine J 2001;20(Suppl. 5):556-7.
* à lire
** à lire absolument
Bibliographie
Implications pratiques
L’analyse de l’équilibre sagittal est primordiale dans toute ap- proche thérapeutique, chirurgicale ou non, pour toutes les pathologies dégénératives de la colonne vertébrale
Le pelvis et la colonne vertébrale forment un ensemble fonc- tionnel en équilibre, qui s’articule autour d’un paramètre d’im- portance majeure : l’incidence pelvienne
Une radiographie simple, digitalisée de la colonne vertébrale lombaire, incluant les têtes fémorales sur le profil, apporte déjà beaucoup d’informations utiles sur d’éventuels phéno- mènes de compensation d’un déséquilibre sagittal (PI = PT + SS – incidence pelvienne = version pelvienne + pente sacrée)
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Dr Antonio Faundez
Service de chirurgie orthopédique et traumatologie de l’appareil moteur
HUG, 1211 Genève 14 [email protected] Dr Pierre Roussouly
Service de chirurgie de la colonne vertébrale CMCR des Massues
Rue Edmond Locard 92 69322 Lyon
France
Pr Jean Charles Le Huec Unité spinale 2
Laboratoire de recherche chirurgicale CHU Pellegrin
Hôpital universitaire Bordeaux 33076 Bordeaux
France