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LA SANTE ANIMALE ET LES BIOTECHNOLGIES

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Academic year: 2021

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LA SANTE ANIMALE ET LES BIOTECHNOLGIES

Dr BOUKERROU Abderrahmane

MVS – Laboratoire Veterinaire Regional

(2)

Si le développement par Louis Pasteur, à la fin du XIX siècle, des premiers vaccins destinés à l'animal, représente le premier apport de la biotechnologie à la santé animale, ce n'est que

beaucoup plus récemment que des progrès décisifs ont été

accomplis tant pour le dépistage des maladies infectieuses ou

parasitaires que pour leur prévention.

(3)

En effet, les récents progrès des connaissances permettent

d'envisager le développement d'un ensemble de moyens dont la mise en œuvre conditionnera la santé de l'animal domestique ou sauvage, assurera le bien-

être de l'animal de compagnie, développera la performance de l'animal de sport et améliorera la production de l'animal de

rente tout en participant à la protection de la santé de

l'Homme.

(4)

C'est, en effet, avec le

développement des premiers vaccins préparés à partir de

micro-organismes dont le pouvoir pathogène était artificiellement atténué par culture

(fièvre charbonneuse, choléra

aviaire, rouget du porc, rage) que la biotechnologie

trouvait ses premières

applications en santé animale en même temps que naissait le

concept de vaccinologie.

(5)

Son histoire se confond avec

celle de l'humanité. En effet, la biotechnologie existe

depuis que l'homme a mis en oeuvre un outil biologique

(microorganismes, cellules animales ou végétales,

enzymes) pour transformer des matières premières ou des sous produits.

(6)

D'abord empiriques, transmises par la tradition, les modalités

d'utilisation des

outils biologiques ont trouvé leurs premières bases

scientifiques à la fin du XIXème siècle avec les travaux de

Pasteur démontrant le rôle des microorganismes dans les

fermentations.

(7)

Au début de la dernière

décennie, l'évolution de la biotechnologie s'est trouvée brutalement accélérée par un certain nombre de découvertes dont l'importance des

applications potentielles fait la troisième révolution

technologique du siècle.

(8)

Ces découvertes - fusion et immortalisation cellulaire, amplification des gènes et recombinaison de l'acide

désoxyribonucléique (ADN), synthèse peptidique – sont à

l'origine de ce qu'il est convenu d'appeler la nouvelle

biotechnologie.

(9)

Plus encore que la

biotechnologie conventionnelle, la nouvelle biotechnologie

résulte de l'utilisation des

connaissances acquises dans différents domaines

scientifiques : chimie, biochimie, génétique, microbiologie,

biologie moléculaire,

enzymologie, immunologie. Son développement fait appel à des équipes dont la caractéristique essentielle est la

pluridisciplinarité.

(10)

Aujourd'hui, au moyen de

microorganismes ou de cellules, les techniques de la

nouvelle biotechnologie fournissent une série d'options pour l'obtention de nouveaux

produits difficiles, voire

impossibles, à obtenir par d'autres voies. Le développement de

procédés plus performants pour la fabrication et le contrôle des

produits existants,médicaments ou additifs, est également devenu

possible.

(11)

Il est néanmoins possible de dresser une liste de ces

applications, tout en ayant

présent à l'esprit qu'une telle

liste ne peut être exhaustive et qu'elle est essentiellement

susceptible d'évolution et de révision :

(12)

- Acides aminés, protéines monocellulaires

- Antibiotiques et antibiomimétiques

dont certains spécifiquement destinés à l'animal

(13)

Anticorps monoclonaux

pour le diagnostic des maladies infectieuses et parasitaires, le suivi de la reproduction,

le ciblage des médicaments ou la purification des principes actifs

(14)

Antiparasitaires

• ectoparasiticides

• endoparasiticides

(15)

Vaccins

• antiviraux : fièvre aphteuse, rage, herpesviroses, leucoses, etc.

• antibactériens : colibacilloses, etc.

• antiparasitaires : babésioses, coccidioses, tiques, etc.

(16)

L'impact potentiel de la nouvelle biotechnologie sur la production des vaccins

apparaît tout à fait considérable et à ce titre mériterait un

développement particulier.

(17)

Dans le seul domaine de la santé et de la production animales, ces techniques fournissent une série d'options tout à fait nouvelles

pour l'obtention de produits jusqu'alors difficiles, voire

impossibles, à obtenir par d'autres voies, ou pour le

développement de procédés plus performants pour la fabrication ou le contrôle des produits

existants,médicaments ou additifs.

(18)

Des vaccins vétérinaires :

pourquoi, pour protéger contre quoi et comment ?

(19)

Si elle permet de contrôler efficacement les

maladies, la vaccination n’empêche souvent

pas les agents pathogènes de

continuer à persister et à circuler à bas bruit dans la population

animale. Aussi, le contrôle d’une maladie par la vaccination est

considérée comme la première

étape du processus d’éradication.

(20)

Ultérieurement, quand la maladie a disparu d’un territoire du fait

de l’efficacité de la

vaccination,l’interdiction de cette dernière est une mesure

nécessaire pour des raisons sanitaires et surtout

commerciales. C’est, par

exemple, le cas en France, comme au Royaume-Uni, de la Peste

porcine et de la Fièvre aphteuse.

(21)

Depuis une dizaine d’années, avec le développement des

biotechnologies, nous assistons à la multiplication des approches

technologiques proposées pour la mise au point de vaccin

(22)

Les vaccins vétérinaires de nouvelle génération

(23)

La connaissance des bases

moléculaires de la virulence et de l’immunogénicité a conduit à un

progrès considérable dans la mise au point de vaccins. En effet, le

génie génétique a offert la possibilité de séparer les

antigènes (épitopes) susceptibles d’induire la réponse immunitaire protectrice (principe vaccinant) du reste des constituants du

microorganisme pathogène.

(24)

Dans ces conditions, certains vaccins vivants

recombinants ne renferment plus de particules pathogènes puisque la partie du génome impliquée

dans la virulence a été éliminée par délétion. Seuls les gènes

impliqués dans l’immunogénicité ont été conservés dans la

construction finale.

(25)

La possibilité de différencier les animaux

vaccinés des animaux infectés constitue, de

toute évidence, le progrès actuel le plus marquant pour les vaccins vétérinaires, car il va permettre d’améliorer considérablement la stratégie globale pour

l’éradication des maladies

infectieuses et parasitaires des animaux domestiques.

(26)

Les nouvelles stratégies : les différents types de futurs

vaccins issus du génie génétique

(27)

Les vaccins vivants recombinants (vaccins

« chimères ») sont constitués par des souches

virales ou bactériennes atténuées hybrides

exprimant un antigène vaccinal étranger lors de leur

multiplication ou à leur surface.

le virus de la rhinotrachéite infectieuse bovine

comportant le gène VP1 du virus de la fièbre

aphteuse

(28)

Les vaccins vivants atténués par manipulation génétique sont

constitués de nouvelles souches virales ou bactériennes ayant

perdu leur virulence par

mutagenèse dirigée ou par délétion.

(29)

Les vaccins recombinants sous unitaires

sont constitués par de l’antigène vaccinal produit en abondance

par des systèmes d’expression appropriés mis au point par

recombinaison génétique.

(30)

Les vaccins synthétiques sont constitués par

la séquence de la portion de la

protéine candidate virtuellement immunogène, qui a été

synthétisée. Un tel vaccin chimiquement défini est conceptuellement idéal.

exemple : l’oligopeptide correspondant aux

aminoacides 141-160 et 200-213 de la protéine VP-1 du virus de la fièvre aphteuse confère une

relative protection à l’animal dans les conditions

expérimentales

(31)

La vaccination génétique consiste à créer des

lignées d’animaux résistant à une maladie, en transférant, au

niveau de la lignée germinale des individus reproducteurs, un ou

plusieurs gènes connus pour

intervenir dans la résistance à cette maladie, ou des séquences complémentaires à celle du

génome de l’agent pathogène.

(32)

Avantages et difficultés des vaccins

vétérinaires de nouvelle génération

(33)

Les vaccins synthétiques présentent des

avantages certains (composition chimique définie et stable d’un lot à l’autre, stabilité à la

température ambiante et

innocuité totale en particulier vis- à-vis des risques de

contaminants).

Cependant, des difficultés

majeures limitent les espoirs de leur développement en médecine vétérinaire :

(34)

- Le choix de la molécule porteuse, de l’adjuvant et de l’agent de

couplage chimique;

-- La non application aux épitopes discontinus;

-- La variabilité de la réponse post- vaccinale en fonction de

l’haplotype du système majeur

d’histo-compatibilite de l’individu vaccine;

-- L’efficacite médiocre en terme de protection nécessite plusieurs

rappels.

(35)

CONCLUSION

(36)

Il ressort, en définitive, que l’un des atouts

majeurs des vaccins vétérinaires de nouvelle

génération sera la possibilité de différencier les individus infectés des individus vaccinés. L’enjeu

est considérable car il devient

alors possible de mener de front des campagnes de vaccination et des opérations d’éradication face aux enzooties.

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