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Stimulation optique dans les sulfures de zinc et de cadmium

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Academic year: 2021

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HAL Id: jpa-00235549

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00235549

Submitted on 1 Jan 1956

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Stimulation optique dans les sulfures de zinc et de cadmium

Hartmut P. Kallmann

To cite this version:

Hartmut P. Kallmann. Stimulation optique dans les sulfures de zinc et de cadmium. J. Phys. Radium,

1956, 17 (8-9), pp.787-789. �10.1051/jphysrad:01956001708-9078700�. �jpa-00235549�

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STIMULATION OPTIQUE DANS LES SULFURES DE ZINC ET DE CADMIUM Par HARTMUT P. KALLMANN,

Physics Department, New-York University.

Summary. 2014 The conditions for stimulability of phosphors are investigated. The requirement

of sufficient energy storage is fulfilled for practically, all phosphors. The following model for

stimulable phosphors is proposed : they must have special emission centers which enable the electrons to recombine rapidly with positive holes in radiative transitions. Infrared irradiation releases holes from activators ; these holes are transfered to the recombination centers. The model explains many features of stimulation and quenching of light and conductivity.

LE JOURNAL DE PHYSIQUE ET LE RADIUM

.

TOME 17, AOUT-SEPTEMBRE 1956, PAGE 787.

I. Introduction.

-

On désigne sous le nom de

stimulation optique [1] le phénomène d’émission lumineuse visible produite par irradiation infra-

rouge d’un phosphore préalablement excité. Pres- que tous les sulfures de zinc et de cadmium pré-

sentent ce phénomène à un degré plus ou moins grand. Mais Fonda [2] a montré que l’addition d’un activateur convenable, par exemple le plomb, rend

la stimulation très intense et observable plusieurs, jours après l’excitation. On en conclut qu’un phos- phore fortement stimulable doit posséder à la fois beaucoup de pièges profonds et des centres lumi- nogènes permettant une recombinaison radiative

rapide des électrons et des trous. Cette dernière condition vient de la compétition avec le phéno-

mène bien connu d’extinction par l’I. R.

Avant d’étudier les conditions de stimulabilité

nous rappellerons deux autres observations.

D’abord l’existence ’de 2 maxima d’extinction

(respectivement vers 8 000 et 12 000 À) ; ces lon-

gueurs d’onde sont aussi particulièrement efficace

en stimulation. Ensuite, la corrélation entre l’émis- sion lumineuse et la photoconductibilité dans les

ZnCdS [3]. D’une manière analogue à l’extinction

lumineuse, il y a aussi une extinction de la conduc- tibilité par approximativement les mêmes lon- gueurs d’onde [4], et d’une manière analogue à la

stimulation optique il y a une stimulation de la

conductibilité, mais ces phénomènes ne sont pas

en général parallèles.

II.

-

Pour déterminer laquelle de ces deux con-

ditions est vraiment nécessaire à la stimulation, il

faut d’abord déterminer le nombre d’électrons excités emmagasinés dans le phosphore. Ceci a été

effectué en mesurant la montée de la luminescence

sous excitation. L’aire L comprise entre cette courbe et la valeur stationnaire de l’intensité donne

une mesure de ce nombre. Une augmentation de la

durée et de l’intensité d’excitation n’augmente pas

notablement cette aire ; on a montré directement

que la stimulation ultérieure n’était pas augmentée

non plus. On en conclut que la valeur stationnaire de la luminescence sous excitation est atteinte

quand les pièges de longue durée sont saturés.

La durée de vie des électrons piégés a été déter-

minée de la manière suivante. L’échantillon a été

complètement désexcité par chauffage et par irra- diation I. R., puis on a tracé la courbe de montée jusqu’à la valeur stationnaire et déterminé l’aire L.

Différentes courbes de montée ont été tracées

après avoir maintenu le sulfure dans l’obscurité un

temps variable entre deux expériences. L’aire L

croit avec le temps de séjour à l’obscurité, mais est toujours plus petite que celle obtenue sur la pre- mière courbe faite après désexcitation complète.

A partir de ces aires on pouvait déterminer le nombre d’électrons qui restaient excités après chaque séjour dans l’obscurité. On a étudié de nombreux ZnCdS et trouvé que le nombre d’élec- trons ainsi piégés pour plus de quelques minutes ne

variait guère d’un facteur supérieur à 10. Pour la plupart d’entre eux, environ 1015 électrons /cm3

étaient emmagasinés pour qu moins quelques

minutes. Ce n’était pas le phosphore au plomb le plus stimulable qui présentait le plus grand nombre

d’électrons emmagasinés; ce nômbre était environ

2 fois plus grand pour un autre phosphore environ

10 fois moins stimulable. De plus, la durée de vie

des électrons excités dans les phosphores n’était

pas la plus longue pour les plus stimulables d’entre

eux. Dans la plupart des produits étudiés jusqu’à présent, 1014 à 1015 électrons /CM3 restaient excités

pour plus de 100 heures, et une fraction considé- rable de ce nombre restait excitée pendant

1 000 heures ou plus. Ainsi la première condition

nécessaire à la stimulabilité

-

nombre d’éleétrons excités suffisamment grand et de durée de vie suffl-

samment grande

-

est satisfaite pour à peu près

tous les phosphores. On a obtenu des résultats ana-

logues d’après l’étude des courbes de montée de la

photoconductibilité en tension alternative. Mais la détermination du nombre d’électrons excités à

partir de ces mesures n’était pas si directe.

III. 1. 2013 Il convenait maintenant de montrer que c’est la seconde condition qui caractérise parti-

culièrement les phosphores stimulablesr On a déter-

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphysrad:01956001708-9078700

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miné l’aire de la courbe de stimulation pour divers

phosphores. On a mesuré pour cela l’émission

visible sous irradiation par une longueur d’onde

donnée jusqu’à désexcitation complète du phos- phore. L’aire S au-dessous de la courbe de stimu- lation donne la somme de lumière totale émise

pendant l’irradiation I. R. Cette aire S a été com-

parée à l’aire L du même phosphore dans les

mêmes conditions (c’est-à-dire après même exci- tation, suivie d’un séjour de même durée dans l’obscurité). On a trouvé S « L sauf dans le cas

du plus stimulable de nos phosphores, pour lequel S /L était égal à 83 %, indiquant que 17 % seule-

ment des recombinaisons électrons-trous s’étaient effectuées sans émission. Dans le cas des phos- phores moins stimulables le rapport S /L était

inférieur à 1 /10, et parfois il ne dépassait pas

1 /3 000. Ceci montre que l’irradiation I. R. pro- duit dans les phosphores usuels beaucoup plus de

recombinaisons sans émission qu’avec émission.

Un phosphore est stimulable lorsqu’il contient des

centres (plomb) qui accroissent la probabilité de

recombinaison radiative.

On a essayé d’éclaircir la relation entre la stimu- labilité de l’émission lumineuse et celle de la con-

ductibilité. Il est courant d’attribuer la stimu- lation optique à la, libération des électrons piégés,

les électrons étant amenés dans la bande de conduc- . tibilité puis se recombinant avec les centres lumi-

nogènes. Ceci ne peut pas être le cas, comme le montre l’étude des phosphores stimulables. Notre

phosphore le plus stimulable montrait à la fois

une phosphorescence très persistante et un déclin

assez lent de la conductibilité après excitation. Si c’étaient les centres luminogènes qui produisaient.

des transitions radiatives de grande probabilité,

on s’attendrait au contraire à un déclin rapide de

la photoconductibilité, alors que celle-ci persiste pendant des jours. Il n’y a pas non plus d’indi-

cation d’une chute particulièrement brusque de

la conductibilité juste à la fin de l’excitation.

Une telle chute rapide apparaissait pour certains des phosphores non stimulables, due aux centres à

recombinaison non radiative qu’ils possédaient.

III. 2.

-

Lorsque PI. R. est appliqué à un phos- phore stimulable préalablement excité, on observe

une très faible augmentation momentanée de la conductibilité suivie immédiatement d’une chute à

une valeur très basse (diminution du nombre des

électrons de conductibilité) ; cette valeur basse est

atteinte alors que l’émission lumineuse est encore

bien supérieure à la phosphorescence initiale [3].

Ceci peut être expliqué comme suit : l’irradiation I. R. amène dans la bande de valence les trous des

activateurs, et ils se recombinent avec d’autres

activateurs, en particulier avec ceux qui pro- duisent la recombinaison radiative avec haute

probabilité. Ainsi ils contribuent très peu au

courant de conductibilité. Avant l’application de

l’I. R., le courant était principalement aux élec-

trons de conductibilité. L’I. R. produit un faible

courant dû aux trous libérés, mais en même temps

une forte diminution du nombre d’électrons libres.

D’où la forte chute de la conductibilité. On s’attend à ce que cette chute n’ait lieu que si l’I. R. est

appliqué alors qu’il y a beaucoup d’électrons dans la bande de conductibilité, tandis que si l’on attend suffisamment longtemps le courant additionnel dû

aux trous libres sera observable. C’est bien ce que montre l’expérience : la stimulation de la condue-

tibilité devient de plus en plus prononcée à mesure

que la conductibilité restante s’affaiblit. Dans le

cas du phosphore très stimulable, une demi-heure après l’excitation on n’observe pas l’accroissement de la conductibilité, mais seulement la chute ; au

bout d’une heure après l’excitation, on commence à observer un faible accroissement avant que la chute

se produise.,

III. 3.

-

Interprétons maintenant suivant ce

modèle la stimulation optique. Après l’excitation;

les électrons dans la bande sont en équilibre de régime avec ceux des pièges. Un électron issu d’un

piège par activation thermique se recombine rare-

ment avec les trous, avec ou sans émission, mais

est le plus souvent recapturé si les pièges ne sont

pas remplis ; la section efficace du processus de recombinaison doit donc être très inférieure à celle de recapture, puisque le nombre de pièges vides

n’est pas beaucoup plus petit que celui des acti-

vateurs contenant des trous.

La situation change si l’I. R. est appliqué, car

des trous sont parvenus dans les centres qui per- mettent une recombinaison bien plus rapide que les activateurs normaux. Il en résulte que le phos- phore est rapidement désexcité par suite des tran-

sitions, radiatives (phosphores stimulables) ou non (phosphores à extinction I. R.). La stimulation

optique n’est pas due au fait que beaucoup d’élec-

trons seraient libérés des pièges, mais au fait que 1’l. R. produirait une recombinaison radiative

avec une prohabilité bien plus grande que pour les électrons libérés thermiquement des pièges.

Ainsi dans le cas des phosphores stimulables,

l’émission peut monter très au-dessus de sa valeur initiale à cause du nombre plus élevé de recom- binaisons, malgré que le nombre d’électrons ait fortement diminué (baisse de la photo-conducti- bilité). Nous admettons que la libération des électrons

piégés, sous 1. R. comme avant, a lieu par activa- tion thermique ; seule la probabilité de recombinai-

son est augmentée. Nous n’excluons naturelle- ment pas la possibilité d’une activation optique

de quelques électrons par l’I. R., mais ce processus semble relativement peu important.

IV.

-

Beaucoup d’autres expériences ont été

effectuées pour appuyer ce modèle. Nous décrirons

(4)

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plus en détail l’une d’elles. Nous avons étudié la stimulation optique d’un sulfure très stimulable en

fonction du temps, dans diverses conditions. Si le

temps écoùlé après l’excitation n’est pas trop long,

les courbes de stimulation sont assez bien représen-

tées par la loi hyperbolique

où t est le temps écoulé depuis le début de la stimu- lation. Un déclin hyperbolique a été aussi observé

pour la phosphorescence de divers phosphores ;

il est attribué [5] à la libération thermique des

électrons à partir d’un ensemble de pièges de pro- fondeurs variées. La loi hyperbolique sous 1. R.

est très difficile à comprendre si la libération des électrons piégés est effectuée par l’I. R. ; mais elle

se comprend si on admet que la loi de sortie des

pièges n’a pas changé et que seule la probabilité

de recombinaison a augmenté.

On remarque également que la stimulation

optique met un certain temps avant d’atteindre

son maximum. Ce temps augmente avec le temps

écoulé entre l’excitation et la stimulation ; pour

une attente de 2 mois il avait lieu 11 minutes après

le début de l’irradiation ; 10 secondes après le début, l’intensité lumineuse était 10 fois plus

faible qu’au maximum. Ce maximum est-plus pro- noncé avec la bande de stimulation à 8 000 À qu’avec celle à 12 500 A.

On peut être tenté d’attribuer cette montée au

remplissage progressif des pièges comme pour la

montée de la fluorescence, mais ce n’est pas le cas.

Le temps nécessaire pour atteindre le maximum croît avec la durée d’attente après l’excitation,

même alors que celle-ci est très longue et que presque tous les pièges sont vides. De plus, une expérience sur un échantillon dans lequel les pièges n’avaient pas été remplis à saturation, de façon que beaucoup de pièges étaient restés vides,

n’a pas montré la montée progressive sauf après de longues durées d’attente dans l’obscurité. Au lieu

d’attendre que le produit ait décliné, on peut faire

une irradiation préalable avec l’I. R. Même peu de temps après cette irradiation préalable, on observe

la montée lentes

,

Ces observations s’expliquent aisément avec le

mécanisme proposé ci-dessus. Avec ce point de

vue, l’attente à l’obscurité ou la pré-irradiation

I. R. ont le même effet : diminuer le nombre des électrons amenés dans la bande de conductibilité.

Donc une faible proportion des trous transférés

dans les centres de recombinaison peut seulement

être utilisée. Le nombre des centres de recombi-

naison renfermant des trous croît alors jusqu’à une

valeur d’équilibre déterminée par les transferts de

trous et par le processus de recombinaison. Ainsi . la montée lente de la stimulation optique est due à

la montée lente du nombre des centres de recom- binaison disponibles. Cette montée lente n’a lieu

que si le nombre des électrons de conductibilité est

trop petit pour utiliser immédiatement tous les

trous libérés. La nécessité d’employer un temps suffisant au transfert des trous entre les activa- teurs normaux et ceux de recombinaison peut être

’due au fait que l’intensité I. R. n’est pas assez

élevée. Avec une intensité plus forte, la concentra-

tion en trous et le remplissage des centres de recom-

binaison augmentent, et la montée est plus rapide.

C’est observé expérimentalement. Si, par refroi-

dissement,..on réduit le nombre d’électrons libérés des pièges, le maximum devient plus net; puisque

le nombre de recombinaisons diminue et que l’équi-

libre est atteint lorsque les centres de recombi-

naison ont capté plus de trous. Ainsi l’étude de la forme de la courbe de stimulation semble appuyer

le point de vue développé dans ce travail. Mais on

ne doit pas oublier que les phénomènes sont compli- qués et que d’autres expériences seraient néces- . saires avant d’admettre que le mécanisme proposé

ici constitue le phénomène fondamental de la stimulation. -

Je remercie MM. B. Kramer, P. Mark, A. Perl- mutter, M. Sidran, G. Spruch et E. Sucov.

BIBLIOGRAPHIE [1] Pour une revue générale du sujet se reporter à :

GARLICK (G. F. J.), Luminescent Materials, Oxford University Press, 1949. Luminescence, British J.

Appl. Physics, 1955, supp. 4. Solid luminescent Materials, Wiley and Sons, 1948.

[2] FONDA (G. R.), Trans. Electrochem. Soc., 1945, 87, 339.

[3] KALLMANN (H.) et KRAMER (B.), Phys. Rev., 1952,

87, 91. KALLMANN (H.), KRAMER (B.) et PERL-

MUTTER (A.), Phys. Rev., 1953, 87, 700.

[4] KALLMANN (H.), KRAMER (B.) et PERLMUTTER (A.), Phys. Rev., 1955, 99, 391.

[5] RANDALL (J. T.) et WILKINS (M. H. F.), Proc. Roy.

Soc., 1945, 184A, 347-408.

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