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Une methode de mesure de la densite apparente de petits agglomerats terreux. Application a l’analyse des
systemes de porosite du sol
Gwendal Monnier, Pierre Stengel, J.C. Fiès
To cite this version:
Gwendal Monnier, Pierre Stengel, J.C. Fiès. Une methode de mesure de la densite apparente de petits
agglomerats terreux. Application a l’analyse des systemes de porosite du sol. Annales Agronomiques,
INRA, 1973, 24 (5), pp.533-545. �hal-02732742�
Anit. agron., 1973, 24 (5), 533-545.
UNE MÉTHODE DE MESURE DE LA DENSITÉ APPARENTE DE PETITS AGGLOMÉRATS TERREUX.
APPLICATION A L'ANALYSE
DES SYSTÈMES DE POROSITÉ DU SOL
G. MONNIER, P. STENGEL et J.-C. FIÈS Station d'A gronomie,
Centrc de Recherches d'Avignon, I. N. R. A., 84140 Montfavet
RÉsuive
L'analyse de la porosité hétérogène du sol en place nécessite la mesure de la densité apparente sur petits agglomérats. Une technique de mesure basée sur l'imprégnation de l'échantillon par du pétrole est décrite puis examinée par rapport à d'autres techniques et du point de vue de la « fia- bilité » de ses résultats.
La méthode est ensuite appliquée à une tentative de description des différents systèmes de Porosité d'une série de matériaux meubles agrégés. Il en ressort un remorcement de la notion de porosité texturale et de son intérêt par rapport à l'interprétation de mesures globales concernant l'état physique du sol.
INTRODUCTION
La porosité totale d'un sol, c'est-à-dire la fraction d'un volume apparent uni- taire qui n'est pas occupée par la phase solide permet de caractériser de façon globale et commode l'état physique d'une couche de sol. On sait qu'on la détermine le plus souvent de façon indirecte à partir de mesures de la densité apparente d«.
Si l'on connaît la densité réelle dr de la phase solide, la porosité exprimée en p. roo du volume apparent s'écrit alors :
P p. 100 (1 — iTr) x roo.
534 G. moNNIER.,
P.s'regGer„ J.-c. PIS
La détermination de la densité apparente elle-même revient à mesurer le volume apparent occupé par un poids connu de matériau sec. Pour cela, deux t ypes de tech- niques peuvent être utilisées :
— Dans le cas de la méthode des anneaux de Kopecki ou de la densitométrie à membrane, on prélève, dans la couche de sol en place étudiée, un volume connu — prédéterminé dans le cas des anneaux, mesuré a posteriori à l'aide du densitomètre
— de matériau et l'on en détermine le poids après sécha ge à 1050. Ces méthodes visent à prendre en compte la totalité de la porosité. Aussi, la dimension de l'échantillon doit- elle être relativement importante. Cette condition est mieux réalisée dans le cas de la densitométrie (volume prélevé de l'ordre de 500 àI 000 crns) que dans le cas des anneaux dont les plus fré quemment utilisés ont un volume allant de 50 à roo crus.
— Dans les techni ques du deuxième type, on prélève dans la couche étudiée, des mottes, c'est-à-dire des ensembles de particules élémentaires ou complexes cimen- tées, suffisamment cohérents pour pouvoir être manipulés commodément ; on en détermine le poids sec et le volume apparent (voluménométrie à mercure, méthode du vernis, etc.). La dimension mo yenne du volume-échantillon est nettement plus faible (ro à 30 cms en moyenne) que dans les cas précédents, car il est le plus souvent difficile de trouver des ensembles cohérents de plus grande taille. Par ailleurs, la gran- deur effectivement mesurée est, en général, différente : le mode de prélèvement con- duit en effet à éliminer la fraction de la porosité totale qui correspond aux fissures déli- mitant les mottes et aux vides ména gés par l'arran gement des agglomérats de « terre fine » lors qu'il en existe.
En définitive, dans le premier cas, on apprécie valablement l'ensemble de l'es- pace poreux excepté lors qu'il appartient à un s ystème dont la maille est supérieure aux dimensions moyennes des échantillons prélevés ; vides ménagés entre des bandes de labour ou fentes de retraits dans les horizons à structure prismati que grossière par exemple. Les porosités « mottières » ont, au contraire, une si gnification moins globale. Leur interprétation n'en est pas pour autant plus simple ; il est en effet fré- quent que les mottes prélevées contiennent un volume non né gligeable de fissures incomplètement développées ou bien des cavités et galeries d'origines diverses.
Notion de système de porosité et objectifs de la méthode proposée
Ces considérations su ggèrent que les résultats obtenus par ces différentes métho- des puissent différer de fa çon importante et s ystématique. Le tableau i rassemble à titre d'exemple quelques éléments de comparaison. Les densités apparentes présen- tées ont été obtenues dans la couche 12-18 cm d'un terrain limono-ar gileux cultivé en mars et présentant, au moment de la mesure, une structure pol yédrique grossière.
Les mesures de densité apparente mottière, effectuées par la méthode du vernis ont porté, soit sur des mottes telles qu'elles se présentaient au moment du prélèvement, soit sur des séries de mottes triées par tamisa ge sous alcool dans le but de sélectionner des volumes apparents aussi peu fissurés que possible (MONNIER et TRI, 1 972). La dernière colonne correspond dans ce sens à un cas extrême : il s'a git de mottes fabri- quées à partir du matériau étudié, de telle sorte qu'elles présentent une structure véritablement continue et homo gène.
On peut enre gistrer une augmentation considérable de densité apparente et une
DENSITÉ APPARENTE D'AGGL03eRATS TERREUX 535 diminution correspondante de porosité lorsqu'on passe des valeurs obtenues sur des volumes importants et en place à des valeurs déterminées sur mottes. Dans ce der- nier cas, la porosité diminue au fur et à mesure que l'on a affaire à des volumes appa- rents à structure interne plus continue. Enfin, on constate que les écarts types des résultats diminuent parallèlement jusqu'à devenir négligeables sur mottes artifi- cielles.
TABLEAU I
Comparaison tirs différentes mesures de la densité apparente ( 1)
Type de mesure Densité apparente globale de la couche
Mottes naturelles
Densité apparente a mottière »
Mottes artificielles à structure continue Échantillon Sol en place
Mottes sélectionnées par tamisage à l'a cool éthylique 1 (2) 2(2)
1 3(2)
Volume moyen
de l'échantillon 600 cms 10-15 cuis 2 à 8 cm8 10 cm3
Méthode de mesure Densitométrie
à membrane Méthode du vernis
da moyen 1,47 ± 0,07 1,66 ± 0,03 1,69 1,72 1,76 1,77 ± 0,01 Porosité
correspondante (%) 46,4 39,6 38,6 37,5 36,0 35,6
(2) Toutes les mesures ont porté sur un matériau sec ou à une humidité nettement inférieure à sa limite de retrait. Les valeurs indiquées correspondent à des moyennes de 6 mesures pour la densitométrie à membrane et de 12 mesures dans le cas des différentes catégories de mottes.
(2) La série 1 correspond à des mottes sélectionnées par tamisage sous alcool sans agitation préalable.
Les séries 2 et 3 ont subi avant tamisage des agitations respectivement modérée (2) et énergique (3).
Nous ne discuterons pas ici de l'intérêt que présente vis-à-vis de l'analyse des systèmes de porosité du sol l'exploitation systématique des différences illustrées par le tableau. Cela a été étudié par ailleurs dans le cas particulier de sols sous prairie (Bui Huy' TRI et MoNNIER, 1973), et fera, dans le cas général, l'objet d'une publi- cation ultérieure. Nous nous bornerons à définir brièvement les différents systèmes de porosité qui participent à la porosité totale d'une couche de sol en place.
A l'échelle macroscopique ou sub-macroscopique, les mottes ou les éléments structuraux sont délimités par un réseau plus ou moins complexe de fissures qui cons- tituent un premier système de porosité interstidelle. A ce premier type d'espace poreux, viennent s'ajouter des galeries, cavités, alvéoles et des éléments de fissures imparfaitement développés à l'intérieur des mottes ou des éléments structuraux.
On peut qualifier cet ensemble de porosité structurale. Celle-ci est la seule qui soit
536 G. MONNIER, P. STENGEL, J.-C. PEtS
décelable lors de l'examen des profils sur le terrain. A l'échelle de l'assemblage élé- mentaire, la disposition relative des particules argileuses, limoneuses, sableuses ou organiques ménage un deuxième système de porosité que, du fait de son origine, nous qualifierons de porosité texturale. On conçoit l'intérêt que présente la détermi- nation de cette dernière vis-à-vis de l'analyse du système résultant de la superposi- tion de ces différents types de porosité.
Plusieurs méthodes peuvent être utilisées dans ce but.
— On peut d'abord s'efforcer de conférer artificiellement au matériau une structure continue homogène et pratiquer les mesures de densité apparentes mottières sur les échantillons obtenus. C'est la méthode utilisée dans de nombreuses études expérimentales récentes (KHEYRABI et MONNIER, 1968; PIÈS, 1970; CUADRADO, Prs et MONNIER, 1971; FIS, '97'; FAURE et Fits, 1972; Pits, 1-1ÊNIN et MON- NIER, 1972).
La difficulté réside dans le mode de préparation des mottes artificielles. D'une part, il convient d'éviter, au cours des phases de dessiccation, les fissurations suscep- tibles de se manifester dans le cas des matériaux argileux. D'autre part, cette méthode implique qu'à une constitution physique donnée, corresponde un type d'assemblage élémentaire déterminé. Cela a été indirectement vérifié dans de nombreux cas (ICHEyRAm et MONNIER, 1968) et le tableau i fournit un élément supplémentaire en faveur de cette hypothèse de travail. Il reste que la généralité de ce principe dont la portée théorique et pratique serait considérable, en physique du sol et en pédolo- gie notamment, n'est pas établie.
— On pourrait aussi imaginer une méthode utilisant les possibilités de sélection de mottes naturelles à structure continue, offertes par un tamisage dans l'alcool éthylique (tabl. 1). Toutefois, un tel procédé ne serait pas applicable à des terres très argileuses dont le gonflement dans l'alcool éthylique est suffisant pour entraîner une fragmentation extrêmement poussée des mottes ou éléments structuraux (Es SI- rAorn, 1971). Par ailleurs, la porosité ainsi obtenue resterait sensiblement supérieure à la porosité texturale chaque fois qu'il existe un réseau de porosité structurale formé de canalicules ou d'alvéoles qui persiste à l'intérieur des éléments extraits par traite- ment à l'alcool éthylique.
— On peut enfin estimer que des mesures de densité apparente pratiquées sur des agglomérats suffisamment petits, doivent permettre d'éliminer la plus grande partie de la porosité structurale, en portant sur des volumes assimilables à une associa- tion continue et homogène d'assemblages élémentaires. Le problème à résoudre consiste alors à mesurer le volume apparent d'agglomérats dont les dimensions sont de l'ordre du millimètre, les méthodes du vernis et l'utilisation du voluménomètre à mercure étant de ce fait impraticables.
Nous avons eu recours pour cela à une variante de la technique de porosimétrie au pétrole sur mottes décrite par HgNIN et al. (1969).
Nous examinerons successivement :
— la mise au point du mode opératoire,
— la comparaison des résultats obtenus par différentes méthodes,
— l'adéquation de la méthode proposée au but général poursuivi.
DENSITÉ APPARENTE D'AGGLOMÉRATS TERREUX 537
I. — MODE OPÉRATOIRE Le principe général de la méthode est le suivant :
On sature par un liquide convenablement choisi, la porosité d'un échantillon de la terre étudiée, de poids sec connu et l'on mesure son volume apparent par pesée hydrostatique dans le même liquide.
En réalité, il suffit que le remplissage de la porosité atteigne un taux qui ne soit pas susceptible d'être dépassé lors de l'immersion au cours de la pesée hydrostatique.
Quant au liquide utilisé, il doit satisfaire aux trois exigences suivantes :
— présenter des propriétés de tension superficielle et d'affinité pour les maté- riaux terreux permettant une pénétration suffisamment facile et rapide,
— ne pas provoquer de gonflement des colloïdes du sol et donc d'accroissement du volume apparent des agglomérats,
— être assez peu volatil pour que les pertes de poids par évaporation au cours de la mesure soient négligeables.
Nous avons utilisé un pétrole de commerce qui s'est avéré convenable de ce triple point de vue.
A. — Imprégna,tion et ressuyage des agglomérats
L'échantillon est constitué par environ z g d'agglomérats, de taille comprise entre 2 et 3 mm, extraits par broyage ménagé et tamisage à sec de la terre étudiée.
Il est déposé sur un panier à fond plat en toile métallique fine, de dimensions suffi- santes pour que les agglomérats soient disposés en une seule couche. Le panier est alors placé dans une coupelle contenant du pétrole, pendant au moins une heure, de façon à obtenir un taux de remplissage des pores suffisamment stable ( 1).
A la sortie de la coupelle, il convient d'éliminer l'excès de pétrole présent à l'état de filin autour des agglomérats, et de ménisques à leurs points de contacts.
Cette opération est indispensable en raison de la grande surface volumique des agglo- mérats (un film résiduel de pétrole de o,or mm d'épaisseur entraînerait une surestima- tion du volume de l'ordre de 3 p. roo) ; par ailleurs, elle doit être conduite en évitant de vider les plus gros pores.
Un résultat satisfaisant peut être obtenu par contact de durée limitée avec un papier-filtre ou un verre fritté de porosité moyenne (billes de 50 de diamètre).
L'expérience a montré que le ressuyage doit être interrompu dès que la surface des agglomérats, brillante au départ, devient mate.
B. — Mesure du volume des agglomérats ressuyés
Ce volume est déterminé par une mesure de poussée hydrostatique exercée sur l'échantillon immergé avec son panier dans le liquide d'imprégnation. Compte tenu de l'ordre de grandeur du volume à mesurer, la pesée doit être effectuée au mg près.
Si P est la poussée enregistrée sur l'ensemble panier + échantillon, P, la pous- (1) L'imprégnation sous vide à laquelle nous avons comparé la technique ci-dessus n'a pas apporté de sécurité supplémentaire à la mesure.
Annales agronomiques. — 1973.
2538 G. MONNIeR, P. sTENGEL, J.-c. FILS
sée qui s'exerce sur le panier seul, p le poids de l'échantillon sec et d la densité du liquide de mesure ( 1), la densité apparente de de l'échantillon est donnée par la relation :
d. —p X p.po cl
C. — Précision des mesures a) Erreurs de pesée.
Si est négligeable dans les conditions décrites ici, il n'en est pas de même en ce qui concerne p po Po) qui est de l'ordre de 0,5 p. 100 pour une erreur de
2 mg sur chacune des deux pesées. Il convient donc d'opérer soigneusement.
b) Erreurs au cours de la manipulation.
Il est facile d'éviter toute perte de matériau entre la pesée initiale et la mesure finale de poussée d'Archimède. Par ailleurs, l'expérience a montré que l'opération du ressuyage, si délicate qu'elle paraisse, n'était pas une source d'erreurs gênantes.
c) Distribution des mesures.
Le tableau 2 rassemble les moyennes obtenues sur la mesure par échantillon et leur écart type pour 4 types différents de matériaux.
On peut constater que la reproductibilité est excellente, l'écart type de la distri- bution des mesures étant toujours inférieur à i p. Ioo et, dans trois cas sur quatre, inférieur à 0,5 p. Ioo.
TABLEAU 2
Moyennes et écarts typcs de densités apparentes mesurées sur agglomérats de 2 à 3 mm
( 1)Limon blanc Limon rouge Limon argileux Terre argileuse lourde
Moyennes sur dix mesures 1,630 1,771 1,791 1,913
Écarts types 0,021 0,008 0,006 0,005
(1) Il s'agit ici d'agglomérats « artificiels extraits par broyage et tamisage à sec de gâteaux constitués à partir de mottes artificielles fabriquées par la technique décrite par
KHEYRABI(1966).
U.
—COMPARAISON AVEC DES MÊTHODES De MESURES SUR morrEs Nous avons comparé les résultats ci-dessus avec ceux obtenus par deux autres méthodes :
— la méthode classique au vernis,
— la méthode au pétrole,
(1) Dans le cas du pétrole que nous avons utilisé, d
–0,780.
DENSITÉ APPARENTE D'AGGLOMÉRATS TERREUX 539 appliquées à des mottes artificiellement constituées à partir des différents matériaux étudiés suivant la technique définie par KnEvaAsi et MONNIER (1968).
Le but poursuivi était d'une part, de juger des résultats de la méthode au pétrole pratiquée sur mottes par rapport à la méthode au vernis, d'autre part, d'exa- miner la validité d'application de la première à des petits agglomérats.
Le tableau 3 permet de comparer les moyennes et écarts types de ro mesures de densité apparente obtenues sur les quatre matériaux du tableau 2 par les trois méthodes.
TABLEAU 3
Comparaison de trois méthodes d'évaluation de la densité apparente texturale (1)
Méthode
Limon blanc Limon rouge Limon argileux Terre argileuse
a5 a da a da a da a
Vernis
sur mottes artificielles
3 cm
1,585 (98,5)
0,0.18 — — 1,773
(99,3)
0,012 1,859 (97,1)
0,007
Pétrole 1,609
(100)
0,044 1,768 (100)
0,009 1,786 (100)
0,012 1,914 (100)
0,006
Pétrole sur agrégat 2-3 min
1,630 (101,3)
0,021 1,771 (100,2)
0,008 1,791 (100,3)
0,006 1,913 (100)
0,005
( 1) Entre parenthèse : valeurs moyennes de densité apparente indexées sur la moyenne des mesures sur mottes au pétrole --= 100 pour chaque terre étudiée.
On peut constater que, d'une manière générale, les densités apparentes mesurées, souvent très différentes d'un sol à l'autre, ne varient pas de plus de 3 p. Io° selon la méthode utilisée.
Toutefois, les écarts types des mesures sur mottes sont, quelle que soit la tech- nique de préparation, supérieurs aux écarts types des mesures sur agglomérats.
Par ailleurs, les mesures sur mottes vernissées conduisent à des densités appa- rentes plus faibles que les mesures après imbibition au pétrole : ceci est particulière- ment net pour la terre argileuse.
On peut raisonnablement considérer que cette différence correspond à une erreur systématique sur vernis. Ce dernier est en effet visqueux et, de ce fait, le film qui entoure la motte après le trempage n'est que lentement absorbé, particulièrement dans le cas des matériaux à texture fine. Le vernis séchant assez vite, le volume de la motte peut se trouver augmenté du produit de l'épaisseur du film résiduel par la surface apparente de la motte. Dans le cas d'une motte cubique de 2 cm d'arête, la présence d'une couche de vernis de 0,1 mm entraînerait une surestimation du volume et donc, une sous-estimation de la densité apparente de l'ordre de 3 p. 100, erreur voisine de celle qui est enregistrée ici, dans le cas le plus défavorable.
Enfin, la comparaison entre les résultats obtenus par la méthode au pétrole,
540 G. ILONNIMZ, P. STeINIGk,14, J.-C. FIÈS
d'une part, sur mottes artificielles à structure continue homogène, d'autre part, sur agglomérats de 2 à 3 mm de diamètre, issus de ces mottes, montrent que les difficultés liées à la manipulation de nombreux petits agglomérats ont pu être surmontées. En particulier, le mode de préparation proposé a permis d'éviter ces deux erreurs possi- bles : surestimation du volume par ressuyage insuffisant ou sous-estimation par ressuyage excessif.
En conclusion, la méthode est satisfaisante d'un point de vue technique : elle permet en effet d'obtenir, avec un écart type ramené à la moyenne, inférieur à2 p. ro°, des valeurs de densités apparentes en général très peu différentes de celles qui sont obtenues par des méthodes classiques telles que la méthode au vernis. Lorsqu'il existe une différence, on peut même estimer, au vu des résultats que nous avons pré- sentés, que les valeurs obtenues sur petits agglomérats sont plus conformes à la réalité.
— SIGNIFICATION GÉNÉRALE
De LA DENSITÊ APPARENTÉ De PETITS AGGLOMÉRATS
E nous reste maintenant à examiner dans quelle mesure les valeurs de densité apparente obtenues par la méthode décrite — mais cette fois sur des agglomérats de petite taille « naturels » c'est-à-dire extraits par broyage ménagé et tamisage à sec de mottes et (ou) de terre fine prélevées en place — peuvent avoir la signification d'une densité apparente texturaIe, c'est-à-dire traduire la conséquence d'un arrange- ment essentiellement déterminé par la constitution physique du matériau.
Pour cela, nous avons évalué, par la méthode décrite, la densité apparente de deux sortes d'échantillons :
— des séries d'agglomérats naturels extraits de sol en place, de dimension 2R s'échelonnant de 4 cm à 1,5 mm en moyenne de classe,
— des gâteaux, préparés à partir du même matériau, par la technique utilisée pour la fabrication des échantillons dont la densité apparente figure au tableau 3.
La comparaison des résultats de ces différentes séries de mesures ressort des figures I à 4 sur lesquels sont portées, en ordonnée, les variations de d en fonction de 1/R cm -1, en abscisse.
Pour chacun des quatre matériaux étudiés, la densité apparente « texturale » déterminée par la méthode au pétrole sur gâteaux artificiels, est représentée par une droite d'ordonnée correspondante, parallèle à l'axe des 'JR: nous avons vu, en effet, (tabl. 3) que les résultats obtenus sur des échantillons à structure continue homo- gène étaient indépendants de la taille des fragments sur lesquels était effectuée la mesure. Nous avons, de plus, concrétisé sur le graphique la variation de densité appa- rente texturale correspondant à l'écart type de la distribution des mesures. Enfin, pour chaque valeur de 1/R figure l'intervalle total des variations de densité apparente enregistrées.
On peut constater que, pour trois sols sur quatre, les valeurs moyennes de den-
sité apparente obtenues augmentent lorsque la taille des fragments soumis à la mesure
intervalle de variation total
{ variation de da correspondant à 1% de porosité
\N\ \
\\:, zen% \'
limon argileux H.B. de Versailles)
10 15
\\
\ 2 cr
DENSITÉ APPARENTE D'AGGLOMÉRATS TERREUX 541 diminue. Parallèlement, on enregistre une diminution de la variabilité des mesures que l'on peut interpréter comme résultant simultanément :
— d'un meilleur échantillonnage au niveau de chaque mesure : le nombre de fragments constituant le volume échantillon croît en raison inverse de leur taille,
— de la diminution progressive de la porosité structurale la plus hétérogène.
Dans le cas des sols I et 2, les valeurs croissantes de densité apparente paraissent tendre asymptotiquement vers la densité apparente « texturale » obtenue sur échan- tillons artificiels.
FIG. 1.
— Limon argileux
FIG. I, 2,
3 et 4. — Variation de la porosité des mottes de différentes terres en fonction de leur taille
1 cm —1
Pour le sol no 4, cette dernière est nettement inférieure ; il semble qu'on trouve ici une illustration des difficultés rencontrées à réaliser artificiellement des structures continues homogènes, c'est-à-dire sans fissuration, dans le cas des matériaux très argileux à gonflement apparent important. La densité apparente texturale est vraisem- blablement sous estimée ici sur échantillon artificiel, en raison de la présence de 4 ou 5 p. Io() de porosité structurale sous forme de fissures apparues au cours de la préparation du gâteau.
Pour le dernier sol (no 3), la densité apparente des fragments ne varie pas en
2 cr
sol limoneux du bocage vendéen
cm
- T;
limon rouge Boigneville terre argileuse très gonflante
10 15
FIG. 2. —
Sol limoneux
da
2,05-
2,00
1,95^
1,90
K .1%.. ._
FIG. 3. —
Limon rouge »
1
cm-15 lb
FIG. 4. —
Terre argileuse gonflante
DENSITÉ APPARENTE D'AGGLOMÉRATS TERREUX 543 fonction de leur taille et se maintient à une valeur constante légèrement inférieure à la densité apparente texturale évaluée sur gâteaux. L'écart enregistré correspond approximativement à 2 p. roo de porosité. Il est donc peu important, bien que signifi- catif. Son interprétation pourrait être liée à un réseau de porosité de canalicules de maille très réduite, observable à la loupe sur ce limon rouge. Notons qu'il ne paraît pas raisonnable de chercher à éliminer ce système très serré de porosité structurale en opérant sur des agglomérats encore plus petits. L'expérience montre, en effet, que les mesures sur des agglomérats d'un diamètre moyen inférieur à 2 mm sont fré- quemment entachées d'erreurs liées à l'élimination défectueuse du film de pétrole, au cours du ressuyage.
CONCLUSION
Les conclusions que l'on peut tirer des résultats qui viennent d'être présentés et discutés sont de deux ordres :
— D'un point de vue technique tout d'abord, il apparaît possible et souvent même, souhaitable, de substituer à la méthode de mesure de densité de mottes par enrobage au vernis, une méthode par imprégnation de pétrole. Non seulement cette dernière donne des résultats plus sûrs dans le cas des terres à pores très fins (terres argileuses), mais elle est applicable à de petits agglomérats, ce qui ne saurait être envisagé avec les vernis actuellement disponibles.
— D'un point de vue plus fondamental, il apparaît que l'analyse des différents systèmes participant à la porosité globale d'un sol en place est grandement facilitée par la possibilité, démontrée ici, de déterminer la porosité sur des volumes apparents de sol suffisamment petits. Dans de nombreux cas, la convergence entre les résultats de porosité obtenus sur de tels volumes et ceux obtenus sur des structures continues homogènes constituées par le même matériau, consolide la notion de porosité textu- rale, tout en fournissant, pour celle-ci, une méthode d'évaluation qui n'est plus enta- chée de la part d'arbitraire et des risques d'erreurs liés à la préparation des structures continues artificielles dans la technique utilisée jusqu'ici.
Reçu pour publication en avril 1973.
SUMMARY
A METHOD OP MEASURING THE APPARENT DENSITY OP SMALI, EARTHY AGGLOMERATES.
ANALYSIS OP SOIE, POROSITY SYSTEMS
The analysis of heterogenous porosity of sou, in the field, necessitates measuring the apparent density of small agglomerates. A measuring technique based on the impregnation of the sample with petroleum is described and examined in relation to other techniques and from the point of view of the practicability of results.
The method is then applied to an attempt at describing different systems of porosity of a
series of aggregate light materials. From this there results the notion and advantage of textural
porosity in relation to the interpretation of global measures concerning the physical condition
of the soil.
544 G. MONNIER, P. ereNGer,, J.-c. FIÉS
ZITSAMNESNEASSUNG
eiNe mEssmentope DER SCHEINBAREN DICHTE VON Kr.eiNnN ERDAGGLOMERATEN
ANWENDTJNG ATM DIE ANALYSE DER POROSITÂTSSYSTEME Drns BODENS Die Analyse der heterogenen Porositât des Bodens erfordert die Messung der scheinbaren Dichte der kleinen Agglomerate. Eine auf der Durchtrânkung der Probe mit Petroleum beru- hende Methode wird beschrieben und dann mit anderen Methoden in bezug auf Verlâsslichkeit und Resultate verglichen.
Diese Methode wird dann auf einen Versuch der Beschreibung der verschiedenen Porositâts- systeme von aufgehâuften lockeren Materialien angewandt. Dabei wird der Begriff der texturalen Porositât bekrâftigt und seine Bedeutung bei der Auswertung der Globalmessungen betreffend den physikalischen Zustand des Bodens.
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