REFLETS DU VAIAIS
Le Valais des châteaux.
... Sierre ne compte plus ses châteaux. Le capitaine de Courten, du régi ment des gardes suisses, fit cons truire en 1658 le château de la Cour ou Château Bellevue qui fut hôtel de luxe avant de devenir hôtel de ville. Rilke a séjourné dans ses cham bres aux parois lambrisées. Loèche a deux châteaux, celui des vidomnes et celui de /'évê que, datant du 13ème siècle. Dans la tour carrée, le major Rodolphe triom pha du duc Berchtold grâce à une troupe de femmes accou rues à son secours armées de fourches et de faux.
A Naters sur les rives du Kelch- bach la tour %»-,-, d'Omavasso et | r f | ( le Château du y
Roc (Super Saxo) «gvS-1\y témoignent d'un
K W y ' ' passé mouve- F f
menté. L'un des J g seigneurs du lieu, s -JjÉSgl dit-on, fut si in-
gspJRjp juste que douze 1
Jt coup/es de
• W jjffi fiancés, venus ,k* * 'é apporter le tribut
1 1 ÄÜST mmÊSÊr
i l 2 S Pr^$ son mm G ° sPard, M el-111 y « corps poignardé. Rw§ chior et Baltha-sar cesf ^ nom des trois tours du l Brigue construit
m ' M ï & i l m ï m m vers 1630parie
« . i r i H n H grand Stockalper
^ M ’. omi des
empe-L'homme fit gra- ver sa devise sur /e perron: Nihil
é solidum nisi
so-solide que le sol. Le château-vieux
de Monthey a connu les pires ennuis: Sarrasins, inondations, incendies. Ici le Gros Bellet héros de la liberté, ren versa la table à la vaisselle d'a r gent et obligea le gouverneur à s'enfuir p a r un escalier dérobé. Si Valére fut cathédrale, Tour billon fut jadis la résidence d'été des évêques, leur «mayen». Le château fut cons truit au 13ème siècle p a r Boni- face de Challand mais ravagé en 1788 pa r un in cendie monstre. Ses ruines défient toujours le temps. Le château de Saint-Maurice fut forteresse au temps des dizains, caserne sous Bonaparte, poste de police et aujourd'hui musée militaire. Ici, d it la légen de, Gontran d'Allinges, 16 ans, fut délivré p a r une fée pour participer aux croisades sous Louis VII. u t tc e Le château de la Bâtiaz (12ème s.) passa des mains de /’évêque de
Sion à celles des Comtes de Savoie qui firent construire la tour colossale qui domine la vallée. Pierre d'O ron qui acheva l'édifice d ut vendre sa crosse pour p ayer ses
factu-Les sires de Rarogne ont do miné durant des siècles l'histoire valaisanne. Leur blason portait un oiseau de proie. Ulrich Ruffiner, l'architecte le plus illustre de l'époque, bâtira sur les ruines du château flanqué de la tour des vidomnes l'église près de laquelle repose Rilke. jeij? * 4.- m . * Le château de * Grône fut cons- X truit en 1245 par
I Pierre de Mores- ; j. tel. Ici s'ennuyait
jH à mourir la belle
f Amphélise aux
Zi yeux de perven-
^ che, jusqu'au f jour où le cheva
lier Bertol s'en vint lui apporter un nid d'alouet tes et des fraises des bois.
H Le château de e n Vissoie fut détruit | ^ p a r le Comte ” •f Rouge de . Savoie. La tour carrée, restau rée, est devenue ■ centre culturel. Le seigneur Jacques d'Anni- viers légua en 1288 ses derniers deniers pour vêtir les pauvres Du château de Saillon, détruit en 1475, demeure surtout la tour Bayart. C'est du haut de ce don jon que se jeta en avril 1300 la châtelaine dans un chagrin d'amour. «La demoiselle, lit-on, se laissa choir
De même que la féerie qui entoure le Valais, la beauté ensorcelée de ses forteresses, de ses châteaux et de ses ruines aura vite fait de vous envoûter. Il suffit de laisser libre cours à sa fantaisie pour vivre et partager les événements exceptionnels qui se sont déroulés dans ces coulisses étranges.
Lexceptionnel, vous pourrez également le découvrir dans le goût de la Valaisanne Spéciale. A chaque gorgée,
vous sentirez que l'ancienne recette selon laquelle nous
la brassons exige des sortes de houblon triées sur le volet, de l'eau de source cristalline, ainsi que du malt particulièrement savoureux. Cela permet d'obtenir une bière qui mérite que l'on trinque à l’évocation des légendes entourant ces témoins de notre histoire. Qui sait? Peut-être déjà lors de votre prochaine excur
sion dans notre merveilleux pays de contes...
Valaisanne Spéciale.
So speziell.
Ciller & Ciller/BBDO
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Un m oule d'environ 2 5 c m de long, 10 c m de large,
8 c m de hauteur.
Ingrédients
1 faisan de 1 kg, séparer su p r ê m e s e t cuisses, enlever
la p ea u u niquem ent des cuisses. 150 g de veau maigre,
2 5 0 g de gras de porc, 10 g de sel, 8 baies de genièvre,
1 g o u s s e d'ail, poivre du moulin.
A part
2 5 0 g de foie gras de canard cru, 6 0 g de pistaches,
6 0 g de truffes, 2 cl de cognac, 1 cl de porto, 1 z e s te
d'un d e m i citron, 1 z e s te d'une d e m i orange.
Faire une farce avec tous les ingrédients prévus, en ne
prenant du faisan que les cuisses, sa n s leur peau.
P asser tous ce s ingrédients à la m achine à hacher très
fin, ajouter e t m élanger les pistaches, les truffes,
contrôler l'assaisonnem ent, m e ttre au réfrigérateur.
Prendre les su p rê m e s du faisan, les poêler rapidem ent
en assaisonna nt de s e l e t de poivre du moulin, dans très
p e u d'huile, les retirer, réserver.
Dégraisser la poêle, ajouter une noix de beurre,
2 échalotes hachées, 6 baies de genièvre écrasées.
B ien m a n g e r, un p laisir renouvel
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ionie
Déglacer avec 2 cuillères à so u p e de cognac, ajouter
4 cuillères à so u p e de fo n d de faisan (ce fo n d aura été
exécuté préalablem ent avec les os e t la carcasse du
faisan), les z e s te s de citron e t d'orange.
Laisser réduire de moitié, napper les su p r ê m e s e t faire
mariner 2 4 heures au réfrigérateur.
Prendre le foie gras de canard, enlever le fiel e t le n erf
principal sa n s l'abîmer e t le faire mariner 4 heures au
frais dans du porto.
Barder un m oule à terrine. Rem plir le fo n d de farce,
disposer par-dessus, sur toute la longueur, les su p rêm e s
mari nés. Les recouvrir de farce, puis répartir par-dessus,
sur toute la surface, le foie gras coupé en larges tranches
d'environ 1 c m d'épaisseur. Finir de remplir avec le reste
de la farce.
Recouvrir d'une barde de lard. P oser d e s s u s 3 baies de
genièvre e t une feuille de laurier.
Pocher la terrine au bain-marie au four. Tem pérature du
four 140°, de l'eau 80°, p en d a n t 4 5 minutes.
Une fois la terrine cuite, p o s e r une planchette avec un
poids p ar-dessus de façon à la presser, napper de gelée.
La m e ttre au frigidaire 2 4 heures.
Ensuite la dém ouler e t servir.
Cette terrine p e u t s e servir so it a ccom pa gnée d'une
sauce C umberland e t de quelques fruits exotiques, soit
d'un panaché de salades (mâche, trévise, mesclun,
assaisonnés à l'huile de noix e t vinaigre de xérès) sur
lequel on disposera quelques chanterelles p o ê lé e s au
beurre e t déglacées d'une goû te de vinaigre de xérès.
Jean-Pierre Jenny
Restaurant le Chamois d'O r
Les Hauts de Crans
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VALAIS - SUISSE
Une raclette... et la fête s'installe
D’origine valaisanne et de tradition fort ancienne, la raclette est une nourriture noble et primitive qui rap proche les convives au tour d ’un four où les respectables pièces de fromages s ’am enui sent sous la caresse de la flamme. Cette manière d ’apprêter le fromage est l’apanage de la fête: ces mom ents qui font pétiller le feu et les pendant que le vin coule
yeux et que
le tem ps s ’arrête entre gens de bonne com pagnie. Alors le bon fro mage, fragile croissant
de lune, s ’attendrit, se dore et se rissole avant de glisser en de suc
culentes coulées crém euses sur l’as
siette. La raclette, une fête? Une of frande valaisanne. Mais seulem ent avec du véritable from age à raclette valaisan.
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Epopée des barrages
Vivantes présentations à Lausanne
A l'occasion du 15e Congrès mondial des grands barrages, qui se tient à Lausanne en ce mois de juin 1985, quatre pré sentations originales sont mises sur pied dans cette ville pour familiariser le grand public avec une réflexion humaniste - et non plus exclusivement matérialiste - sur les grandes réalisa tions de l’ ère moderne. Cette réflexion, c'est celle qui s'attache à mettre en évidence les aspects historiques, culturels et sociaux du patrimoine industriel de l'humanité.
La mise en valeur de ce patrimoine doit s'efforcer de répondre à une série de critères invariables, quel que soit l'objet particulier pris en considération:
- veiller avant tout à s'adresser non à un cercle étroit de spécialistes, mais à un public aussi large que possible; - aborder de tels thèmes en privilégiant non leur seule logique
interne (c'est-à-dire la spécificité du développement techno logique), mais aussi leur impact sur notre civilisation et notre mode de vie. Ainsi il sera possible de susciter une prise en compte de la culture technique de notre patrimoine; - mettre en évidence le rôle dévolu à l’ entreprise, qui manifeste
sa «citoyenneté culturelle» en s'associant à des projets de ce genre en qualité de partenaire.
C’est ainsi que les manifestations organisées à Lausanne, mais susceptibles de se déplacer ailleurs, ont été conçues et pré parées par HYDRODYNAMICA sur sa propre initiative. HYDRO- DYNAMICA est un groupe indépendant récemment fondé, qui est constitué de trois personnalités romandes: MM. Marc-A. Barblan, historien et muséologue, François Jéquier, professeur d'histoire à l'Université de Lausanne, et Jacques Monnier-Raball, directeur de l'Ecole cantonale des beaux-arts de Lausanne.
Le projet a rencontré l'intérêt des principales entreprises électri ques de Suisse romande, réunies au sein de la S.A. l'Energie de rOuest-Suisse (EOS), dont elles possèdent la presque totalité du capital social, à savoir: les Services industriels de Lausanne et ceux de Genève, la Compagnie vaudoise d'électricité, les Entrepri ses électriques fribourgeoises, la Société romande d'électricité à Clärens, les Forces motrices neuchâteloises et les Forces motri ces valaisannes. C'est grâce à la collaboration de ces entreprises que ces manifestations ont pu être mises sur pied, avec le concours du Département vaudois de l'instruction publique et des cultes et celui de l'Ecole des beaux-arts.
1. C ulture au fil de l'eau
Au Forum de l’ Hôtel de Ville de Lausanne, du 14 juin au 9 juillet. Il s’agit d’ un panorama international de la mise en valeur du patrimoine hydro-électrique dont le contenu reflète aussi le caractère du Congrès mondial des grands barrages. Au cours de ces dernières années, un certain nombre de réalisations ont abouti à l'heureuse mise en valeur de ce patrimoine en Suisse et à l'étranger. Faisant appel à l'audio-visuel, l'exposition du Forum vise à présenter brièvement l'historique de chaque réalisation, ses caractéristiques, les circonstances qui ont conduit à sa conservation ou à sa restauration, son aspect et sa fonction actuels. Les contributions proviennent de Suisse, de Suède, d'Autriche, d'Italie, de France, du Canada et d'Argentine. En outre, Hydrodynamica a créé pour l'occasion un vidéo-film (intitulé « Etant donnés: 1. la chute d'eau; 2. le courant électrique») qui s'attache à dégager ce que représente pour nous le fait que des aménagements hydro-électriques, ou certains de leurs prédécesseurs proto-industriels, entrent dans notre héritage culturel.
2. Plans d'eau
A la Cinémathèque suisse à Montbenon, du 3 juin au 6 juillet. Il s'agit d'un festival de film s documentaires et de fiction qui restitue, de 1896 à 1984, des moments de culture, des jalons de la création, à travers les diverses form es d’expressions cinématographiques. Dépassant le cadre lié aux seuls aménage ments hydrauliques, la sélection de film s présentés au public prendra également en compte, de manière plus large, le thème de l’eau et des fleuves, qui ont toujours joué un rôle central dans la vie et la mémoire des sociétés humaines.
Une dizaine de longs métrages seront projetés, tels que Lumière
d'été, La meilleure part. L'eau vive ou Délivrance. On pourra voir
aussi des films documentaires sur des aménagements hydro électriques suisses et étrangers, notam m ent le fameux Opéra
tion Béton que Jean-Luc Godard a tourné pendant la construc
tion de la Grande Dixence. Enfin, l'écran montrera aussi des
séquences historiques et d'actualités, telles que par exemple les trois minutes tournées par les frères Lumière sur les chutes du Rhin en 1896, ou des extraits du Ciné-Journal suisse. 3. et 4. L’éle c tric ité s 'affiche (1883 -198 4) et
H ouille blanche et cha m bre noire Au Musée de l’ Elysée, du 21 juin au 29 septembre.
La sélection d'une cinquantaine d'affiches opérée, porte sur la promotion et la diffusion de l'électricité à travers ses différents modes d'utilisation. A travers un siècle d'affiches réalisées par des artistes de divers pays, le public pourra suivre à la fois l'évolution esthétique (on y trouvera des signatures célèbres), l'élaboration et la transformation du message publicitaire, ainsi que des moyens graphiques mis en œuvre pour l'exprimer. On y trouvera aussi un reflet éloquent des mutations subies par notre mode de vie et nos mentalités. La plupart des affiches exposées proviennent du prestigieux Kunstgewerbe Museum de Zurich. Quant aux documents photographiques, environ une centaine, réunis sous le titre explicite de «Houille blanche en chambre noire», ils illustrent la construction d’ouvrages hydro-électriques en Suisse occidentale au XIXe et au XXe siècles. Retenus aussi bien en raison de leur intérêt historique que de leur attrait, ils proviennent des archives des sociétés d'électricité. La restitu tion de ces images a été obtenue par de nouveaux procédés qui perm ettent de retrouver toutes les qualités de l'original. En outre, une série de diapositives sera projetée sur les vies parallèles des deux barrages de la Dixence, édifiés sur le même site à trente ans d'intervalle.
A ffic h e cré é e p a r D a n ie l B uzzi, en 1925. to rs d e l'é le c trific a tio n d e la lig n e CFF du S im p lo n .
El3
ETOILES
M en su el: juin 1 9 8 5 C o n s e i l d e p u b l i c a t i o n : F o n d a t e u r : E d m o n d G ay, Pully. P r é s id e n t: J a c q u e s G u h l, Sion. M e m b re s : C h ristin e A y m o n , artiste- p e in tre , V é ro s s a z ; C h a n ta i Balet, a v o c a te , S io n ; A ubin B a lm e r, o p h ta lm o lo g u e , S io n ; M a rc -A n d r é Ber- claz, industriel, S ie rre; A m i D elaloye, u rb a n is te , M artig n y ; X av ier F u rre r, arch itec te , V iège; M ichèle G iova- nola, d é lé g u é e culturelle, M o n th e y ; G ottlieb G u n te r n , psy ch iatre, Brigue; R o g e r P écorini, chim iste, V o u v ry ; E liane V e m a y , éditrice, G e n è v e ; J e a n - J a c q u e s Zuber, journaliste, Ver- corin; M ichel Zufferey, arch itecte, Sierre. O r g a n e officiel d e l’O r d r e d e la C h a n n e E d ite u r : G e o r g e s Pillet R é d a c t e u r e n c h e f : Félix C a r r u z z o S e c r é t a r i a t d e r é d a c t i o n : A v e n u e d e la G a r e 19 C a s e p o s ta le 171 19 2 0 M artig n y 1 Tél. 0 2 6 / 2 2 0 5 2 P h o t o g r a p h e s : O s w a ld R u p p e n , T h o m a s A n d e n m a t t e n S e r v i c e d e s a n n o n c e s : Publicitas SA , a v e n u e d e la G a r e 1951 Sion, tél. 0 2 7 / 2 1 2 1 1 1 S e r v i c e d e s a b o n n e m e n t s , i m p r e s s i o n :Im p rim e rie Pillet S A A v e n u e d e la G a r e 19 1 9 2 0 M artig n y 1 Tél. 0 2 6 / 2 2 0 5 2 A b o n n e m e n t : 12 m o is Fr.s. 5 0 . - ; é tr a n g e r Fr.s. 6 0 - E lé g a n t c la s s e u r b lan c à tringles, p o u r 12 n u m é r o s Fr.s. 1 5 -O n t c o l l a b o r é à c e n u m é r o :
A ria n e Alter, J e a n - M a r c Biner, B ri gitte B iderbost, A m a n d B o c h ata y , S o l a n g e B rég an ti, F ra n ç o is e Bruttin, S im o n e Collet, B e r n a r d C re tta z, Mi chel D esfayes, G ilberte Fav re, X a n - t h e FitzP atrick, E u g è n e G ex, B e a t J o s t, L ieselo tte K a u e rtz , S t e f a n Lag- ger, R e n é M a ss o n , In e s Mengis, E d o u a r d M o ra n d , F r a n ç o is e Nicol- lier, L u cie n P o r c h e t, E lisabeth S ola, P a s c a l T h u rre .
L a r e p r o d u c tio n d e te x te s o u d ’illus tra tio n s e s t s o u m is e à a u to r is a tio n d e la réd actio n .
C o u v e r tu r e :
Le g r o u p e fo lk lo riq u e L e V ie u x -P a y s d e S a in t-M au ric e, lors d ’u n e fête c a n to n a le .
P h o t o O s w a ld R u p p e n .
L’eau
J e m e souviens des soucis q u e n o u s causait l’eau. C ertains soirs de
gros orages q u a n d la Losentze récoltait tous les ruisselets et torrents
qui dévalaient des H auts-de-C ry, on e n te n d a it de chez nous le
g r o n d e m e n t sourd de la rivière c h a rrian t limons, graviers, troncs et
blocs. Mon p ère se rappelait d ’a n c ien n es inondations et n ’allait pas
se coucher. J ’ai vu aussi d eu x d é b o r d e m e n ts du R h ô n e et le bas de
la vallée tra n sfo rm é en lac. J ’ai dérivé l’ea u de la m e u n iè re pour
l’a m e n e r p a r u n ré seau de petits bisses j u s q u ’a u p ré à arroser. Parfois
on m e «coupait l’ea u» et il fallait r e m o n te r de nuit ju s q u ’à l’endroit
où q u e l q u ’u n avait placé le b arra g e de m ottes o u de pierres. A penser
q u e l’a u t e u r du d é t o u r n e m e n t était peu t-ê tre c a ch é tou t près derrière
l’arbre ou le buisson, la p e u r m e p re nait a u ventre. P o u rta n t, pas
question de r e n o n c e r à son droit d ’eau. Sinon p a s de foin, p a s de
lait, p a s de fromage! C erta ine s a n n é e s de sécheresse on allait ju s q u ’à
se battre p o u r u n bulletin volé. Le bulletin c’était la q u a n tité d ’eau
nécessaire à irriguer u n e m esure, c’est-à-dire cent toises de p ré en
u n e heure. Ils étaient distribués p a r un « c o m m a n d e u r» qui jouait un
rôle im p o rta n t d a n s la co m m u n e .
Le t e m p s a passé. La vigne a dév o ré les prés, des tu y a u x de plastique
ou de m étal on t re m p la c é les bisses. L’e a u ne ruisselle plus
d o u c e m e n t en tre les herbes, laissant a u x insectes et au x t a u p e s le
te m p s de fuir. Elle leur to m b e dessus à grosses gouttes propulsées
p a r de puissants jets tou rn an ts.
C ’est le progrès, la nouvelle agriculture.
L’e a u n ’a p a s p e rd u sa v aleur m ais on la retient derrière d ’énorm es
barrages, le plus h a u t possible d a n s la m o n ta g n e . De là on la fait
de sc e n d re d a n s des conduites forcées, on l’oblige à faire to u rn e r des
turbines et, q u a n d elle est vidée de sa force, on l’a b a n d o n n e au
R h ô n e et à son destin.
C ette ea u -là ne fertilise rien, mais elle produit des kilow attheures et
de l’argent.
C ’est bon à p re n d re aussi. Et ces b arrag e s de béton, ces n ouveaux
lacs d a n s nos pay sa g es de rocs et de glace ajo u te n t à la b ea u té du
pays. Mais je n ’oublierai jam ais l’e a u brillant d a n s le pré, e n tre les
touffes d ’herbes, sous le pre m ie r soleil.
SOMMAIRE
Editorial
6
Choix culturels
M ém ento des activités c u ltu re lle s
8
M usique
9
Livres
10
N otre p atrim oine c u ltu re l
10
Léon Athanasiadès
12
Société
Costumes: im ages vivantes du patrim oine
14
Raymond D eferr, co nse ille r d'Etat
16
R ichard Gertschen, co nse ille r d ’Etat
18
Le M artigny-O rsières, un clin d ’œ il d'outre-M anche
20
De n otre te rre
L ’âme du Jura, ch ap itre de l ’O rd re de la Channe
23
Nos lacs
A rriv é e en V alais avec... le G énéral-G uisan!
25
W h e re the V alais meets B yron’s lake
28
Lacs bleus et g ou ille s vertes
29
G rands b arrag e s - Stauw erke
31
Le trito n alpestre
36
G rands b arrag e s - Stauw erke
38
N ature
F ouillis
42
Tourism e et loisirs
Schlagzeilen
43
N ouvelles du tourism e valaisan
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Le V alais pas à pas, M ayens-de-R iddes - Haute-Nendaz
45
D eux grandes assem blées
46
R e p è re s d ’information
V u d e Berne et de Genève
47
Le bloc-notes de Pascal T h u rre
48
Potins valaisans - A m Rande v e rm e rk t
51
D étente
M ots croisés
52
Mémento des activités culturelles
Aux cimaises
I N A T E R S I K u n s tb a u s z u r L inde Karl W a l d e n A q u a relle, Z e ic h n u n g e n , Grafik bis 17. A u g u s t I BRIG 1 W alliser H e im a tw e rk B u c h b in d e r a rb e ite n d e r ju n g e n M a r i a n n e B r u g g e r a u s L o c a r n o bis 30. J u n i J u n g e B riger K u n s th a n d w e r k e r i n n e n sind zu G a s t In es A r n o l d , W e b a rb e ite n A l e x a n d r a M a tter, K e ram ik R e g u l a O e s t e r , K e ram ik E l s a W e b e r, W a n d t e p p ic h e R e g i n a Z ä c h , K e ram ik Juli G alerie Z u r M atzeC h in a : B ilder Z eic h en O rte C H -G e s e lls c h a f t- C h in a H e i d i P e t e r W e n g e r (Marty) 5. Juli - 18. A u g u s t
I
S1ERREI
C h a t e a u d e Villa H o n o r é D a u m i e r 5 0 0 lith o g ra p h ie s j u s q u ’a u 2 5 a o û t A n n o n c e z p a r écrit t o u te s vos m a n i fe s tatio n s c u ltu re lle s e t folk lo riq u es p o u r le 2 5 d u m o is p r é c é d a n t la p a r u tio n , à l’a d r e s s e s u iv a n te : M. L ucien P o rc h e t, 19 0 6 C h a r r a t. I C R A N S -M O N T A N A | G alerie 2 3 0 0 - R e s ta u r a n t d e C ry -d ’Err G e o r g e s M a n z in i dessins, p e in tu re s G e o r g e s F e r r e y r a p h o t o g r a p h i e s d u 2 0 juillet a u 16 s e p t e m b r e (accès p a r t é l é p h é r iq u e o u à pied) I VERCORIN I G alerie F o n t a n y W a l t e r F i s c h e r T rav ail s u r la c o u le u r ro u g e et g r a p h is m e s u r o r d in a te u r j u s q u ’a u 12 juillet A telier d e c é r a m iq u e E d o u a r d C h a p a l l a z W illy D o u g o u d A l i n e F a v r e R e n é M a n g e a t - D u c J e a n - J a c q u e s P u t a l la z 21 juillet - 17 a o û t I LENS IF o y e r «Le C hrist-R oi», « F lo ra le n s»
E s t h e r J u n c o s a M a y L a r s e n S a m u e l M e l c h e r t p e in tu re s C o l e t t e C h o b a z figurines e n toile d e ju te F l o r a l i e s p r é s e n té e s p a r les fleuristes d e la région 3 0 juin - 3 0 s e p t e m b r e
I
SIONI
E x p o s i t i o n d e s t r a v a u x d e d i p l ô m e e t d e s é l è v e s d e s c l a s s e s t e r m i n a l e s d e l’E c o l e c a n t o n a l e d e s b e a u x - a r t s A u V id o m n a t: 8 ju in - 2 8 a o û t A la G r a n g e - à - l ’E v ê q u e : 2 0 juin - 2 8 a o û t M aiso n d e la Treille R a m u z e t le V a l a i s E xposition e n a o û t 1 SION I M a iso n d e la Diète J e a n - C h a r l e s K n u p f e r H uiles - dessins j u s q u ’a u 3 0 juin I M A R T lG N Y l F o n d a tio n P ie r r e - G ia n a d d a 2 5 0 œ u v r e s d e P a u l K le e j u s q u ’a u 3 n o v e m b r e D a n s les jard in s: s c u lp tu r e s d’A l b e r t R o u il l e r A u foyer, e n juillet: p e in tu r e s d e D a n i e l S a l z m a n n Le M a n o ir IIe T r i e n n a l e d e s j e u n e s p e i n t r e s e t s c u l p t e u r s d e la S u i s s e rom an de 2 9 juin - 1er s e p t e m b r e G alerie S u p e r s a x o P ie r re D a r b e l l a ydessins, p astels, a q u a r e lle s 6 juillet - 4 a o û t
G alerie d e l’E co le -C lu b M igros
E x p o s i t i o n é d i t e u r s d e l iv r e s p o u r e n f a n t s p a r M me V é r o n iq u e d e S é p ib u s et M. N icolas M u n o z d e la M a ta 5 juillet - 2 3 a o û t I m o n t h e y] G alerie C h a r le s P e rrier A r t i s t e s i n t e r n a t i o n a u x d e s XVII«, XIX« e t XX« s i è c l e s H uiles j u s q u ’a u 2 0 juillet Ic h a m p é r y]
G alerie l’E curie
Line V a u trin , Paris
P e llim o r p h o s e tra n s lu c id e 3 0 juillet - 18 a o û t H ô te l d e C h a m p é r y S a lle d e s F a g o ts J o h n B a r t o n P h o t o g r a p h ie s juillet et a o û t
Musique classique
(Ì3RIGI
S tockalperschloss, R ittersaal 11 juillet à 2 0 h 30 Brigitte B u x t o r f , flûte C ath erine E i s e n h o f f e r , h a r p e Eglise d e B rigue 17 juillet à 2 0 h 30 Hilmar G e r t s c h e n , o r g u e Friedv ard B l u m e , violoncelleI
S1ERREI
Eglise S a i n te - C a th e r i n e II juillet à 2 0 h 30
Le R e q u i e m d e S u r u f l é
Chant et o r g u e
par le C h œ u r d e l’U niversité et des J e u n e s m u sicie n s d e F rib o u rg Direction: P a s c a l M a y o r 1 SION I 22e F e s t i v a l T ib o r V a r g a 21 juin a u 1er o c to b r e Académ ie d e m u s iq u e 8 juillet a u 31 a o û t: Heures m u s i c a l e s 29 juillet a u 8 a o û t: 19e c o n c o u r s i n t e r n a t i o n a l d e v i o l o n Eglise d e V a lé re 14 juillet a u 8 s e p t e m b r e Festiv al i n t e r n a t io n a l de l’o r g u e a n c i e n 1c h a m p é r y! Eglise c a th o liq u e 26 juillet à 2 0 h 3 0 concert flû te e t h a r p e J e a n - J a c q u e s V u il l o u d C h rist ine F l e i s c h m a n n
Sur les scènes
Spectacle e n plein air sur les to its d e la ville d e S io n 2 a o û t a u 15 s e p te m b r e Farinet
Folklore et tratidion
fsIERREI
Jardins d e l’H ô te l d e Ville 5,12, 19 e t 2 6 juillet Soirées sierroises Spectacles folkloriques O rganisation: Office d u to u r is m e [~VERCORIN I 7 juillet Jou rn ée du c a r i l lo n e t d e la c h a n s o nDocum entation : L u cien Porchet
MUSIQUE
A u T h é â t r e d e V a l é r e , à S i o n , L’O r c h e s t r e e t l e s s o l i s t e s du C o n s e r v a t o i r e , le 15 m a i 1 9 8 5 . C o n c e r to p o lo n a is p o u r o r c h e s tr e à c o rd e s, d e G .-P h . T e le m a n n . Le chef, S t e f a n R u h a , s ’installe a u p u p i tr e d e p r e m ie r violon d ’o ù il dirige t o u t le c o n ce rt. M a g is tra le m en t! P récisio n d e s a tt a q u e s , stabilité r y t h m iq u e , finesse d a n s les n u a n c e s , ju s te s s e d e to n , vivacité, én erg ie et je u n e s s e c a r a c té r is e n t l’e x éc u tio n d e s d e u x «allegro». D a n s le «largo», les c o u p s d ’a r c h e t s o n t r e m a r q u a b l e s d ’e n se m b le . L a p h r a s e est a m p le , h o m o g è n e , le s o n p r e s q u e to u jo u r s juste. L e c h ef d o n n e les a t t a q u e s a v e c précision e t a u to r ité e t l’o r c h e s t r e re ste atte n tif j u s q u ’a u «rallen- t e n d o » final. Les registres s o n t é q u ili brés.C o n c e r to e n u t m a je u r p o u r d e u x flû te s e t o r c h e s tr e à cordes,
d ’A. Vivaldi (restitution: P h . R o u g e - ro n ) e t C o n c e r to e n r é m a je u r p o u r
t r o m p e tte , c o r d e s e t co n tin u o , d e
G. Torelli.
L ’i n te r p r é ta tio n d e l’o r c h e s tr e s u g g è re les m ê m e s r e m a r q u e s q u e p o u r le T e le m a n n . D a n s le Vivaldi, V alérie D e lalo y e e t G e n e v iè v e C o m b e d ia lo g u e n t a v e c ju stes se ; le p h r a s é est s o u p le , la re s p iratio n b o n n e , les p a s s a g e s ra p id e s très v irtu o s es e t précis, les n u a n c e s affirm ées. U n e légère différen ce d e d y n a m i s m e e t d ’i n te n sité s o n o r e e n tr e les d e u x flûtes... D a n s le Torelli, le t r o m p e ttis te A im é B o n v in fait m o n tr e d e n e tt e té d a n s les a tt a q u e s , d e souffle, d ’égalité s o n o r e d a n s les p a s s a g e s lents. Mais o n sait c o m b ie n il est difficile d e jo u e r to u jo u r s ju s te p o u r u n tro m p e ttis te ! C o n c e r tin o p o u r p ia n o , x y l o p h o n e e t o r c h e s tr e à c o rd es, d e J. D aetw yler. C o m p o s é il y a q u in z e an s, ja m a is in te r p r é té («on n e j o u e p a s la m u s i q u e suisse e t l’h u m o u r se perd » , dit J. D aetw y ler), il est a tt e n d u a v e c curiosité. Le c o m p o s ite u r dirige av ec d e s g e s te s précis et la fo u g u e qu i le c ara cté ris e.
A lle g r o c o n brio: e n tr é e d u p ian o ,
seul, a u q u e l r é p o n d le x y lo p h o n e. Ils d ialo g u e n t, s o u t e n u s p a r les «pizzi cati » d e s cordes... Le c o n c e rtin o a p p a r a ît c o m m e u n e su ite d e p a rtie s c o n t r a p u n t iq u e s e n tr e le p ia n o et les co rd es , a v e c d e s p a s s a g e s lyriques, d ’a u tr e s très v irtuoses, é n erg iq u es , et
d e b r u s q u e s r u p t u r e s d e ry th m e , de ton alité, d e clim at. I n a tte n d u , d é r a n g e a n t le dialo g u e, le x y lo p h o n e lan c e à to u t p r o p o s ( s u rto u t h o r s d e p r o pos!) so n trait plein d ’h u m o u r , ou p a rtic ip e a u d ialogue.
D a n s le t e m p o di bolero, l’ex p o sitio n d e la m élodie, très c h a n té e , e st c o n fiée a u x violoncelles (à re le v er leu r belle sonorité)... Le x y lo p h o n e c o m m e n c e l ’allegro spirito e t interpelle le p ia n o qu i r é p o n d . S u it le d ialo g u e s u r u n r y th m e vif, allègre, syncopé... Le c o n c e rtin o se te rm in e , a p r è s u n e c a d e n c e a r p é g é e a u p ian o , p a r u n e p a rtie d a n s a n t e d u p ia n o , d u x y lo p h o n e et d e s c o rd e s qui finissent to u s e n s e m b le s u r u n e p ir o u e tte e t un acco rd . A ccueil c h a l e u r e u x p o u r c ette œ u v r e b o u i llo n n a n te d e vie, plein e d ’h u m o u r , d ’esprit, d e drôlerie, d e j e u n esse, d e f o u g u e , d e lyrisme aussi. L e jaillissem ent p a ra ît s p o n t a n é , m ais t o u t est bien co n stru it. L ’é c ri t u r e est claire, très s o u v e n t c o n t r a - p u n tiq u e . L ’œ u v r e p a r a ît p r e s q u e t o n a l e à l’é co u te , m ais la p a rtitio n e st tru ffée d ’alté ratio n s, d e c h r o m a - tismes... L e c o n c e rtin o n ’e st p a s pia- n istique, utilise les registres d e l’in s t r u m e n t d e m a n i è r e in u sitée (le c o m p o s ite u r n ’est p a s p ian iste: « J ’e n te n d s le p ia n o d ’u n e a u tr e m a n iè r e q u e l’in s tr u m e n tis te e t je n e tiens p a s c o m p t e d e la difficulté d ’ex écu tio n . P o u r m oi, l’idéal c’est M o u s so rg sk i et B a rtok!») Il a fallu le talen t, la m aîtris e te c h n iq u e , l’a is a n c e et le m é tie r d ’A line B a r u c h e t-D e m ie r r e p o u r i n te r p r é te r c ette œ u v r e difficile t e c h n i q u e m e n t e t m u s ic a le m e n t. O n a d é p lo r é le rôle m o d e s te d u x y lo p h o n e . A lain R o u v in et, p o u r q u i le c o n c e rtin o a é té c o m p o s é e t qu i a t r io m p h é d ’u n e p a rtitio n p a s c o m m o d e , c o n s id è re le x y lo p h o n e c o m m e l’in s t r u m e n t d ’in te rv e n tio n p a r ex cellence. « S o n rôle ici e st d e c ré e r la su rp rise, d ’a p p o r t e r la n o t e d ’h u m o u r.»
Il fa u t se réjo u ir q u e l’œ u v r e s y m p h o n i q u e d e D aetw y ler, u n d e s c o m p o s ite u rs su iss es les p lu s jo u é s à l’é tr a n g e r («j’ai to u jo u r s e u d e b o n s in te rp rè te s» ) n o u s soit enfin révélée. E n bis, h u m o u r e n c o r e a v e c la P iz z i c a to p o lk a , d e J. S tra u s s . Bi. N. B. O n c o m p t e 3 5 m u sicie n s d a n s les ra n g s d e l’o r c h e s tr e d u c o n s e r v a to ire et 7 a tt e n d e n t u n e place.
Notre patrimoine culturel
LIVRES
W a l l i s e r G e s c h i c h t e , B a n d 1
L e D é p a r t e m e n t de l’in stru ctio n p u blique é d ite u n e n o u v e lle Histoire d u Valais. Le p r e m ie r v o lu m e vient d e p a raître. Il est rédigé, e n a lle m a n d , p a r M. A r t h u r F ibicher e t c o u v r e la p é rio d e a lla n t «des p r e m ie r s p a y s a n s a u x A lé m a n e s » , c ’est-à-d ire d e la P ré h isto ire j u s q u ’a u H a u t M oyen Age. C e p re m ie r o u v r a g e est u n e ré u ssite re m a r q u a b le . Le tex te est clair et sim ple, la p r é s e n ta tio n a g r é a ble, l’illustration a b o n d a n t e e t de g r a n d e qualité. D e stin ée a u x écoles d u c a n t o n c ette histoire d e v rait p a s s io n n e r a u ssi les p a r e n ts , c a r elle m e t e n p lac e e t situe d a n s le t e m p s d e s c o n n a is s a n c e s f r a g m e n ta ir e s et flo u es c h e z la p l u p a r t d e s V alaisan s. N o u s a t t e n d o n s a v e c im p a tie n c e les p r o c h a in s v o lu m e s e t s u r t o u t la v e r sion française. L’H e l v é t i e a u t e m p s d e s R o m a i n s
p a r S té fa n ie M artin Kilcher. Illu s tra tio n s d e M a rc Z au g g , a u x Editions 2 4 H e u res .
C ’est le tro is iè m e v o lu m e d e «L’h is to ire suisse e n im ag es» , les d e u x p r e m ie r s a y a n t é té c o n s a c r é s à la S u iss e p ré h is to riq u e . S u r la b a s e d es d o c u m e n t s h isto riq u e s e t d e s r e c h e r c h e s a rc h é o lo g iq u e s , l’a u t e u r e t le d e s s in a te u r d é c riv e n t la vie q u o t i d ie n n e e n H elvétie p e n d a n t la d o m i n a tio n r o m a in e , c-à-d. p e n d a n t les q u a t r e p r e m ie r s siècles d e n o tr e ère. C e n ’est p a s d e la rétrofiction. La d o c u m e n t a t i o n d e b a s e e s t solide et elle est m ise e n v a le u r p a r d e vrais spécialistes. Mais d es spécialistes qui s a v e n t p a r le r a u c o m m u n d e s m o r tels e t le u r faire vivre ce t e m p s d e fo r m a tio n d e n o tr e c u ltu re gallo- ro m a in e . C e la d o n n e u n o u v r a g e de b o n n e v u lg arisatio n , sé rieu s e e t p la i s an te.
D é c o u v e r t e n p a g e 107: «L ’e n s e i
g n e m e n t s u p é r ie u r n ’é ta it d is p e n s é q u e d a n s les a c a d é m ie s g r e c q u e s e t é tr a n g èr es . Il e xista it c e p e n d a n t, d a n s le Valais, u n e s o r te d ’u n ive rs ité o ù l ’o n e n se ig n a it la rh é to r iq u e e t le d r o it; c ’e s t c e q u 'in d iq u e l’é p ita p h e d ’un certain L u c iu s E x o m n iu s Macri- n u s R usticus, m o r t à l ’â g e d e 16 ans e t qui y étudiait».
N o tre école d e droit d u siècle p a s s é a v ait eu u n a n té c é d e n t. R e n aîtra-t- elle e n c o r e u n e fois?
F.C.
Au n o m b re des œ u v r e s p ic tu ra
les qui n ous sont p a r v e n u e s
p re s q u e intactes, il faut é v id e m
m e n t citer le bel ense m b le de
p eintures m u rale s q u e l’on p e u t
a d m ire r à Valére. Il y a bien sûr
d ’a u tre s ensem bles de valeur
d a n s n otre canton, n o t a m m e n t
au G rand-S aint-B ernard ou dans
la vallée de C onches, mais la
p lu p a rt de ces oeuvres qui s u b
sistent ne sont q u e f r a g m e n ta i
res. Elles ne laissent c e p e n d a n t
p a s d ’être d ’un intérêt m a je u r
p o u r l’histoire du canton, d ’a u
tan t plus q u ’à la faveur des
n o m b re u s e s et m inutieuses re s
ta u ra tio n s de ces vingt dernières
a n n é e s on n e cesse de r e d é c o u
vrir des fresques de très g ra n d e
qualité qui p e r m e ttr o n t bientôt
de suivre d ’u n e façon co h é re n te
tou t le d é v e lo p p e m e n t de la
peinture m u ra le en Valais.
D a ns ce d om aine, la récente
restauration de l’église de Loè-
che vient d ’a p p o r te r u n e n o u
velle et g ra n d e pierre à ce p a tri
m oine q u e n ous n ous efforçons
de c o m m u n i q u e r a u x g é n é r a
tions futures.
Il faut la revoir cette église...
La nef de c o m m e r c e ci-contre
est un détail intéressant des
fresques q u e l’on y a mises au
jour; elle vogue à pleines voiles
au pied d ’un gigan tesq u e saint
C h risto p h e dont il ne subsiste
q u ’un fra g m e n t d até (1496).
Telles des b andes dessinées, les
peintures m u rale s p e r m e tta ie n t
jadis de ra c o n te r au x fidèles la
vie de Jésus-C hrist et de ses
saints.
U nter d e n erhaltengebliebenen
W a n d m a le reien d e s Wallis ver
d ien e n die im M u se u m und in
d e r Kirche von Valeria beson
d e re Erw ähnung. Z w a r gibt es in
u n sere m K anton noch andere
w ertvolle Fresken, namentlich
a u f d e m G rossen St. Bernhard
und im G om s, d o ch sind die
m eisten d ieser W e r k e nur noch
fragm en ta risch erhalten. T rotz
d e m sind sie von b e d e u te n d e m
historischem
Interesse.
Viele
sorgfältige R estauration führten
in d e n letzten zw anzig Jahren
zu r
W ie d e r e n td e c k u n g
alter
Fresken, die n eu e s Licht a u f die
E ntw icklung d e r W andm alerei
im Wallis werfen.
S o brachte z u m Beispiel die
neuliche R estauration d er Pfarr
kirche von L e u k eine s e h e n s
w erte C hristophorusdarstellung
z u m Vorschein.
D as n e b e n s te h e n d e Bild zeigt
einen A u ssch n itt d ieser Freske
von 1496. S ie stellt ein H a n d els
schiff dar, das mit vollen Segeln
z u Füssen d e s R iesen Christo-
p h o ru s treibt. L e id e r ist uns diese
G estalt nur fragm entarisch er
halten geblieben.
S o lc h e W a n d m a le reien dienten
frü h e r dazu, d e n G läubigen das
L e b e n Christi und seiner Heili
g e n zu veranschaulichen.
jmb
Léon Athanasiadès
A n o n a n t e - d e u x a n s, il a d e s y euxp étillan ts d ’esp rit et d e tendresse... O n dit q u e les m é la n g e s d e ra c e s c rée n t d e s ê tre s s u p é r i e u r e m e n t intelligents. D a n s le cas d e L éo n A t h a n a s ia d è s , cette affirm atio n s e vérifie. Le très r e n o m m é p r o f e s s e u r e t m usicien est n é d e p è re g re c e t d e m è r e ju ra s s ie n n e . S o n histoire e st u n c o n te e n f o r m e d ’é p o p é e , q u e n o u s allo n s t e n t e r d e v o u s n a rrer.
«Ma m è r e v o u l a i t voir
du pays...»
Le 14 février 1973, le c h a n o i n e et o r g a n is te G e o r g e s A t h a n a s ia d è s offrait à s o n p ère, L éo n A th a n a s ia d è s , u n c la s s e u r A 4 c o m p o r t a n t c e n t feuilles d e p a p ie r vierges. A v ec u n e p e tite arrière- p e n s é e : «...qu’il m e tte p a r écrit l’e s s e n tiel d e ses s o u v e n irs, e n p a rticu lier ceu x d ’O rie n t et d e G rèce.»L é o n A t h a n a s ia d è s s e m e t a u s s itô t à l’o u v r a g e et, à l’in te n tio n d e ses e n f a n ts
-, ^ t ; L u c i J i u v i i e a , l e u i y t ; , u a i i b i c i j u i t d
l o a v e c a m o u r e t h u m o u r , se s « S o u ve
nirs». Dix a n s p lu s tard , ceux-ci p r e n a ie n t la fo rm e d ’u n livre d e p lu s de d e u x c e n ts p a g e s q u e n o u s a v o n s d é g u s té p a r p e tites la m p é e s . N o u s y a v o n s h u m é le p a r f u m d e l’O rie n t et le re s p e c t d e s a u tr e s m ais s u r t o u t la joie d e la vie. C e p o rtr a it d e L éo n A t h a n a s ia d è s , qu i a fêté ses n o n a n t e - d e u x a n s voilà q u e l q u e s m ois, se b a s e s u r ce d o c u m e n t. P r e m iè r e m e n t: la n a t u r e d e L é o n A t h a n a s ia d è s est m ultiple, g ig a n te s q u e , o u v e r te s u r le m o n d e d e s arts, la n a tu re , la p la n è te d a n s so n e n s e m b le . L ’é r u d i tion, la p a s s io n d e la m u s i q u e e t le g o û t d u v o y a g e s o n t ses c o m p o s a n t e s . 11 était u n e fois..., u n e je u n e J u r a s s ie n n e q u i a v ait le virus d u v oyage. «M a m è r e v o u lait voir d u pays...» Ainsi, a p r è s la F ra n c e , ce s e ra Serrés, p rè s d e S aloni- q u e , e n M a c éd o in e, a u t e m p s d e l’E m pire o t to m a n , o ù elle trav a ille ra e n t a n t q u e p ré ce p tric e. S e l r è s s e r a la r é v é la tio n d e l’O rie n t m ais aussi de l’a m o u r . La je u n e S u iss es se y re n c o n tr e D é m é trio s A t h a n a s ia d è s , t é lé g r a p h is te
d e s o n état. Il e st le fils d e J e a n , un é m i n e n t écrivain e t p é d a g o g u e q u i diri g e a l’éco le d u « G r a n d C o u r a n t» à C o n s ta n tin o p le . C e fut en réalité un v é ritab le pionnier. 11 a v ait u n e ambition - p r o p r e m e n t « r é v o lu tio n n aire » pour l’é p o q u e , n o u s s o m m e s a u milieu du XIXe siècle - faire c o n n a îtr e «la grande litté ra tu re a u x g e n s d u p e u p le » . Pour l’a u t e u r d e « C o n fu c iu s o u l’a rt d e la vie sociale», «l’in stru ctio n e t le plaisir de savoir» n ’é ta ie n t p a s la p ro p r ié té exclu sive d e la «classe privilégiée».
Nourr i de lait de buffle
et de m u s i q u e
N o u s e n étio n s à la r e n c o n t r e d e Démé- trios A t h a n a s ia d è s a v e c la préceptrice j u r a s s ie n n e , qu i s e c o n c lu t p a r u n m a riage. A p r è s S e rré s, le j e u n e couple vivra à L a tta q u ié ( a u jo u r d ’hui e n Syrie) p u is à Pristina, ville i m p o r t a n te de l’A lbanie. C ’est là q u e , le 14 février 1893, L éo n A t h a n a s ia d è s vit le jour. Il n e s’en s o u v ie n t p a s mais... «ce q u e je sais de m a n a is s a n c e c ’est q u e , d a n s les années q u i suivirent m o n m ariage..., a p r è s 1922, je m e serv ais e n co re , à L av ey e t à Bex, d u «balta» ( h a ch e tte , style d e celle qui s e r t à c o u p e r les côtelettes) q u ’avait a d r o it e m e n t m a n i é u n e b r a v e voisine p o u r m e t r a n c h e r le c o r d o n ombilical». Le b é b é se ra n o u rri a u lait d e «m an d a» (la fem elle d u buffle). Il a trois m o is à p e in e q u a n d il a c c o m p lit so n premier v o y a g e, p a r b a te a u et train, destination D e l é m o n t o ù il fe ra la c o n n a is s a n c e de sa famille e t se ra baptisé. Il a trois a n s a u m o m e n t o ù s o n papa d é cè d e. D o u é e d ’u n e très fo rte p e r s o n nalité et d e c o u ra g e , a tt a c h é e à l’Orient, s a m è r e c o n tin u e r a d ’y vivre, n o t a m m e n t en T h r a c e , d o n n a n t d e s leço n s de fra n ça is e t d e p i a n o p o u r é le v e r s o n fils. L a m u s iq u e , p a r lo n s -e n ! L éo n A t h a n a siad ès se r a p p elle: «A l’â g e d e trois ans, j’assistais à d e s r e p r é s e n ta tio n s t h é â t r a les s u r les g e n o u x d e m a m ère . Une t r o u p e italien n e d o n n a it d e s airs d ’opéra d e V erdi a v e c a c c o m p a g n e m e n t de piano... C e fut le d é b u t d e m o n initiation à la m u sique...»
Le p etit L éo n a s e p t a n s e t d e m i q u a n d sa m è r e d écid e d e r e n tr e r a u p a y s natal. A D e lé m o n t, «elle s’installa co m m e p ro f e s s e u r d e p ia n o e t c o n tin u a ce q u ’elle faisait en O rie n t» ta n d is q u e le j e u n e g a r ç o n s ’initiait à u n e langue in c o n n u e : le fra n ça is ainsi q u ’à la vie helvétique.
Il a la c h a n c e d e p o u v o ir c o m p t e r sur u n e m è r e a i m a n te e t solide, sensible et p é d a g o g u e . N a tu r e lle m e n t, elle lui a p p r e n d à j o u e r d u pian o . A dix an s, il d o n n e s o n p r e m ie r c o n c e r t e n public et se m e t a u violon.
L es d é b u ts scolaires d u p etit Léon A t h a n a s ia d è s s o n t brillants (on a d e la v o lo n té, d a n s la famille!) A u collège de
Saint-Maurice, l’e n f a n t t r o u v e r a des maîtres qu i s a u r o n t l’a c c o m p a g n e r et «des a m is d e la t o u te p r e m iè r e h e u re , Henri Galletti, C a m ille M a ria u x e t P ie r re P a rv e x » q u i d e v ie n d r o n t ses b e au x - frères. A q u a to r z e a n s , celui q u ’on appellera, d e s a n n é e s d u r a n t, «le G rec», est n a tu ra lis é Suisse. C e q u i su s citera joie m ais au ssi regret... « Q u e l d o m mage», m e dis-je, m oi q u i voulais r e tourner e n G rè c e p o u r p a rtic ip e r à u n e guerre d e libération d e la T u rq u ie!» Il a u r a b ien tô t l’o c ca sio n d e d é f e n d r e la Suisse. Il est é tu d ia n t à l’U niversité d e Bâle l o r s q u e s o n n e l’a p p e l à la m o b ilisa tion. N o u s s o m m e s e n 1914! La G rè ce est loin... L éo n A t h a n a s ia d è s d ev ien t professeur e t se p e rfe c tio n n e e n m u s i que m ais n ’oublie p a s l’O rie n t d e ses racines p a te rn elles . En 1920, c’est d é cidé, il s ’e n ira en G rè c e et e n T u rq u ie . «Mais, bien tô t, les é v é n e m e n t s s e p r é cipitèrent: les G recs d e C o n s t a n ti n o p l e subissaient o u t r a g e s s u r o u t r a g e s et, finalement, la g u e r r e éclata...»
Retour a u x s o u r c e s
Léon A t h a n a s ia d è s était c o n d a m n é à vivre e n Suisse. Ainsi le lui signifiait le destin. A u d e m e u r a n t , p a s t r o p m é chant a v e c lui, ce destin!
11 lui fait c o n n a îtr e u n e M o n th e y s a n n e , Marthe Galletti. «D ’u n e V a l a is a n n e mi- italienne m i- S a v o y a rd e , je faisais u n e Jurasienne m i- G r e c q u e m i-S uisse.» Sept e n f a n t s n a q u ir e n t d e c ette h e u reuse u n io n : M yriam , H é lèn e , M a d e leine, M a rth e, G e o rg es , J e a n e t B e r n a r d qui, to u s o n t h érité d e s q u a lité s d e leurs parents et d e leurs a n c ê tre s : g o û t d ’a p prendre, a m o u r d e la m u s iq u e , fe r v e u r à l'égard d e la vie e t d e s a u tre s . A L av ey puis à Bex, ils g r a n d is s e n t e n c h a n t a n t. Au p r o g r a m m e d e la vie d e L éo n A th an as iad ès e t d e s siens, les v o y a g es occupent u n e belle p a r t: C ô t e d ’A zur, Italie, A lp e s v a u d o is es , H a u te - S a v o ie , Bretagne... e n 1939!
La famille A t h a n a s ia d è s se tr o u v a it à Pont-d’Ain q u a n d « n o u s a p p r e n o n s p a r la radio la d é c la ra tio n d e g u e r r e de l’A ngleterre e t d e la F ra n c e à l’A l l e m a gne». C ’éta it le d i m a n c h e 3 d é c e m b re 1939. Voilà p o u r q u o i le c h e m in des A thanasiadès, e n F ra n c e , éta it alors semé d e s o ld a ts en arm es...
Il y e u t a u ssi H eidelberg, S a lzb u rg , la Yougoslavie e t la C o r s e e t e nfin la Grèce, e n 1961!
«Pour moi, ce v o y a g e était d ’a b o r d u n retour a u x s o u r c e s p u is q u e , a p r è s soixante e t u n an s, je re v e n a is a u p a y s de m es a n cê tre s .» Il y r e to u r n e r a m ê m e en 1973, a c c o m p a g n é d e s o n fils G e o r ges, et c o n n a î t r a aussi C o n s ta n tin o p le . N’oublions p a s le g r a n d m u sicien qui conserva s a c h a r g e d ’o rg a n is te , à Sain t- Maurice, j u s q u ’e n 1976. Q ui lan ç a l’idée des c o n ce rts à l’A b b a y e d e S a i n t - M a u
rice. Dirigea c h o ra le s et f a n fa re s valai- s a n n e s d e s a n n é e s d u r a n t. En m ai 1968, il re ce v ait la m éd aille B e n e M erenti. La p a s s io n de la m u s iq u e , q u ’il te n a it d e sa m ère , il a su l’in c u lq u e r à so n fils G e o r g e s qu i est a u jo u r d ’hui u n o r g a niste d e r e n o m m é e in te rn a tio n a le . S a n s c e tte m a m a n p ro f e s s e u r d e pian o , s a n s les c o n c e r ts e n A lbanie, o n se dit q u e la v o c atio n m u sica le d e L é o n A t h a n a s ia d è s n ’a u r a it p a s vu le jour. Ni celle d e G eorges... M ais L é o n A t h a n a s ia d è s c o n n a ît bien le « h a s a r d » qu i lui a valu d e s r e n c o n t r e s et d e s a m itiés éternelles! A p rè s p lu s d e vingt a n s p a s s é s à M
on-L’amour de la m u siq u e ne l ’a pas quitté
treu x , d e v e n u v e u f et p lu sieu rs fois g r a n d - p è r e e t a r r iè r e - g r a n d - p è r e , L éo n A t h a n a s ia d è s est re v e n u vivre a u p a y s d e ses dix an s. A S ain t-M au ric e, «les a m is ne m a n q u e n t p as, a n c ie n s o u p lu s ré ce n ts : d e s c o llèg u es o u élèv es d ’a u t r e fois, d e s m e m b r e s d es sociétés q u e j’ai dirigées, p u is m e s voisins, m e s p r o p r i é taires, to u s si p r é v e n a n ts p o u r moi». C ’e st là q u ’il vit e t q u ’il jo u e d u p ian o , d a n s le s o u v e n ir d ’u n p a s s é fa b u le u x et d a n s l’a ffection d e s siens.
Texte: Gilberte Favre Photos: O sw ald Ruppen
Costumes:
images vivantes du patrimoine
En joyeuse fa randole les cin-
q u a n te -h u it sections de la F é d é
ration vala isa n n e des co stu m es
o n t déferlé à trave rs les rues de
la capitale, à l’occasion de la
fête
c a n to n a le
ann u e lle :
les
T ra c h t e n g r u p p e n du H a ut, les
D a m e s de Sion d ’autrefois, le
C o n s o rta d z o di P a to è je n n Valè-
ja n g - nos payses ém igrés à
L a u s a n n e - les g ro u p e s de la
plaine et des vallées latérales:
Bedjuis, P artèchiou, B outse dons
et Nos s’Atro B on Bagna...
B u s q u iè r e et fa l b a l a
A ustères robes de d ra p noir,
caracos garnis de p assem enterie,
fichus de soie a u x longues f r a n
ges, tabliers brodés a u x couleurs
c h a to y a n te s et le «grand c o s
t u m e valaisan » des patriciennes
d o n t la busquière, déc orée de
motifs floraux ou de signes h é
raldiques, est le principal o r n e
m ent. C harle s de Bufflers le
décrit ainsi en 1764: «C e sont de
petits corsets assez bien faits, des
m o uchoirs croisés assez singuliè
rem ent, de petits béguins de
dentelles et de petits c h a p e a u x
p a r dessus avec des noeuds de
rubans.»
C ’est a u XVIIIe siècle q u e les
d a m e s c o m m e n c e n t à p o rte r sur
la coiffe blan c h e le petit c h a p e a u
qui, dès lors, fut en vogue d an s
to u tes classes de la société valai
sanne.
Les E volénardes y re stè rent fidè
les. Les Anniviardes en h a u s s è
re n t la calotte, les S av iésan n e s
le g arn iren t de plis. Les H aut-
V a la isa nnes y a tta c h e n t un large
ru b a n de soie brodé et dentelé
d ’or. Puis re m p la c e n t l’aile de
feutre ou de paille p a r u n e ruche
de ru b a n gaufré. Ainsi naît le
K re sh u t q u e les R o m a n d e s a p
pellent c h a p e a u falbala.
Au fil des é v é n em en ts , le c o s
t u m e des patriciennes évolue
selon la politique q u e fait leur
époux. Et subit, to u r à tour,
l’influence du S aint-Em pire, de
la co u r d ’E sp a g n e ou de France.
A la c a m p a g n e , avec du retard,
les robes subissent aussi le c o n
t re c o u p de la m ode. C ’est d an s
les
c o stu m es
de
cé rém onie
d ’Evolène q u ’on re n c o n tre les
co u p e s les plus an c ien n es tandis
q u e les form es du XIXe p r é
d o m in e n t ailleurs. Au bea u d ra p
b ru n du pays, bleu ou garance,
succède la vogue du noir.
De fête ou de travail, le c o stu m e
le n te m e n t évolue. L ’im age la
plus ré cente est celle q u e C ha-
vaz a créée p o u r les Zachéos, en
s ’inspirant de la ju p e plissée et
re h a u s sé e de velours des belles
de Savièse. Et ses derniers a v a
tars: les divers travestis des som-
melières.
Pour la d é f e n s e et le port
du c o s t u m e tr a d itio n n e l
O n fêtera bientôt à Sierre, où elle
fut fondée en 1937, le c i n q u a n
tièm e anniversaire de la F é d é r a
tion vala isa nne des c o stu m e s qui
s’est d o n n é p o u r but: la c o n s e r
vation, la rénovation, la r e c h e r
che, l’étu d e et le développem ent
des co stu m es locaux, de la c h a n
son populaire, de la musique
traditionnelle, des d an se s a n
ciennes, des us et c o u tu m e s des
diverses régions du canton, du
patois, des jeux populaires, etc.
«Nous défen d o n s n otre ethnie,
n otre caractère, n otre manière
de vivre, précise son président,
M. A lp h o n se S eppey. La plus
g ra n d e partie de nos sociétés
reste très a tta c h é e à la terre, à
nos traditions. »
Un s y m b o l e v i v a n t
C o m m e un acte d ’origine, le
c o stu m e vous situait d a n s votre
région et votre catégorie sociale,
il s’ad a p tait au x saisons de la vie
ou du calendrier, s’accordait aux
c ouleurs du te m p s liturgique,
exprim ait le deuil ou la joie. Les
fe m m e s d ’Evolène p o rte n t un
tablier blanc en signe de deuil,
lors des ensevelissem ents.
Plus q u ’un vête m e nt, il est le
symbole d ’u n patrim oine, l’im a
ge vivante de ses valeurs.
«Je ne saurais écrire le mot
c o stu m e san s aussitôt p en se r à
m a m ère dit M aurice Zermatten.
La dignité de son visage est liée à
la dignité de son habillement.
Elle est m o rte san s avoir jamais
été «à la mode». A quatre-
vingt-trois ans, elle est allée d or
mir d an s sa robe de je u n e m a
riée. »
Texte: F ran çoise Bruttin Photo: O sw a ld Ruppen