ÉVOLUTION DES QUANTITÉS D’ALIMENT INGÉRÉES
PAR LES BREBIS A LA FIN DE LA GESTATION ET AU DÉBUT DE LA LACTATION.
INCIDENCES SUR LEURS PERFORMANCES.
I. —
ÉTUDE
DE DEUX RATIONS A BASE DE FOIN DEQUALITÉ
DIFFÉRENTEM. TISSIER, M. THÉRIEZ G. MOLÉNAT
M. DUMONT-St-PRIEST A. TORECILLAS Station de Recherches sur
l’l!levage
des Ruminants,Centre de Recherches de Clermont-Ferrand 1. N. R. A., Theix, Saint Genès Champanelle, 63110 Beaumont
RÉSUMÉ
Au cours de deux expériences successives, des brebis ont été nourries en cases individuelles
pendant les 5 dernières semaines de la gestation et les 5 premières semaines de la lactation.
Elles ont reçu du foin à volonté, de qualité médiocre (expérience i : logement sous un hangar ouvert) ou de qualité moyenne (expérience 2 : logement dans un hangar fermé) ainsi qu’une quantité fixe d’aliment concentré (200g à la fin de la gestation et 400 g au début de la lactation).
La consommation volontaire de foin augmente jusqu’à la 3e semaine avant la mise bas.
Elle diminue ensuite jusqu’à l’agnelage, sauf dans l’expérience i où la consommation de foin
augmente brusquement au cours de la dernière semaine en liaison avec une diminution importante
de la température extérieure. Pendant les 5 premières semaines de la lactation, l’augmentation
de consommation de foin est lente (+ 17 p. 100 par rapport à la première semaine).
Les principaux facteurs de variation des quantités de foin ingérées sont le poids (liaison
consommation de foin-poids vif: 0,3 < u < o,!), le nombre d’agneaux portés, puis allaités, l’âge
des brebis.
La qualité du foin n’affecte pas significativement la consommation volontaire de foin.
Les apports énergétiques restent néanmoins plus faibles quand les brebis reçoivent le foin de
qualité médiocre. Leur production laitière et la croissance de leurs agneaux sont également diminuées, surtout dans le cas des portées doubles.
L’absence de différences sensibles d’ingestion de matière sèche suivant la qualité du foin,
nous a conduit à supposer l’action d’autres facteurs. Les effets probables de la température
ambiante et de l’état d’engraissement, sans doute différents entre les deux expériences, sont
discutés.
INTRODUCTION
Les besoins alimentaires de la Brebis
pendant
les dernières semaines degestation
sont mal connus. La croissance du ou des
foetus,
faiblependant
les 4premiers
moisde la
gestation
est maximale au cours du derniermois,
suscitant des besoins élevés de nutriments(Wa>·,f,AC>~, 194 8).
Par contre, la consommation volontaire d’aliments atendance à diminuer dans les semaines
qui précèdent
la mise bas(cf.
revue deFOREES, I970
).
Ilpeut
en résulter un déficit surtouténergétique.
Demême,
au début de lalactation,
lesdépenses
pour laproduction
delait,
élevées parrapport
à la consom-mation,
entraînent une mobilisation des réservescorporelles, qui,
si elle esttrop
intensepeut
affecter laproduction
laitière et l’état de santé desanimaux,
ainsi que leursperformances
dereproduction
ultérieure. Cesproblèmes
se trouvent accentuéspar l’intensification de la
production ovine,
enparticulier
par l’amélioration de laprolificité
et l’accélération durythme d’agnelage.
Dans ce contexte, la recherche d’un rationnementadéquat,
avant etaprès
la misebas,
avec différentsrégimes
nécessitela connaissance de l’évolution de la consommation de ces rations et des
conséquences
sur l’état
d’engraissement
et lesperformances d’élevage
et dereproduction.
C’estpourquoi
deuxexpériences
ont été conduites en 1071 et 1072 pour mesurer indivi- duellement lesquantités ingérées
derégime
à base de foin dequalité
différente distri- buées avant etaprès
la misebas,
en étudiant leursconséquences
sur lepoids
desagneaux à la
naissance,
l’évolution dupoids,
de laproduction
laitière et du taux decertains
paramètres sanguins
de leurs mères.MATÉRIEL
ETMÉTHODES
Pendant la fin de la gestation (5 semaines), et le début de la lactation (g semaines), les
brebis ont reçu du foin de pré à volonté, de qualité médiocre (expérience i) ou moyenne (expé-
rience 2) et une quantité fixc d’aliment concentre.
Animaux et alimentatima
Dans chacune des deux expériences, 40 brebis de race Limousine âgées de r8 mois à 8 ans,
pesant en moyenne 65 kg (50à 75 kg) ont été logées en cases individuelles (i m X i,!o m) sur
litière de paille à partir de la yc semaine avant la mise bas, dans des hangars ouvert (expé-
rence i) ou fermé (expérience z). L’expérience i s’est déroulée du 1-2au 8-.1-r9!r et l’expérience 2
du y-q au 26-6-1972. La répartition des classes d’âge correspond à la structure moyenne d’un troupeau avec, par conséquent, une faible proportion de brebis jeunes.
Les foins de pré, à base de graminées, récoltés au premier cycle de végétation étaient hachés et distribués à volonté 2fois par jour (8 h 30et 16 h 30). Les quantités offertes étaient ajustées chaque semaine pour maintenir la proportion de refus à 15 p. roo environ.
En outre, dans l’expérience i, le foin de qualité médiocre a été remplacé à partir de la q
e semaine de lactation par un foin de qualité comparable à celui de l’expérience 2.
Les digestibilités des différentes fractions des foins offerts, mesurées sur brebis vides (expé-
rience i) ou sur mâles castrés (expérience 2) sont rapportées au tableau r.
L’aliment concentré avait la composition suivante:
Il était distribué le matin avant le foin à raison de 200g par jour pendant la fin de la ges- tation et 400 g par jour après l’agnelage. Il était consommé en totalité.
Mesures
Les quantités de foin offertes et refusées ont été mesurées chaque jour pendant 5jours par semaine.
Les teneurs en matière sèche du foin offert et refusé et de l’aliment concentré étaient déter- minées deux fois par semaine.
Le poids des brebis a été enregistré au début et à la fin des périodes expérimentales, avant et après la mise bas, et à intervalle de 2semaines au cours des périodes expérimentales. Les agneaux étaient pesés à la naissance, puis toutes les semaines.
La production laitière de 12 brebis par expérience (6 bessonnières et 6 allaitant un seul
agneau) a été estimée un jour chaque semaine par la pesée des agneaux avant et après chacune
des 5 tétées espacées de 2 heures (RICORDEAU, BOCCARD et DENAMUR, 1960).
Des échantillons de sang ont été prélevés dans la veine jugulaire le matin avant la distri-
bution du repas, au cours des semaines -ç, -I, 1-z, +4, -!-6 par rapport à la mise bas.
Les acides gras non estérifiés (AGNE) du plasma sanguin ont été dosés par la méthode de DOLE et MEINERTZ (1960).
Interprétation statistique des résultats
Les consommations hebdomadaires de matière sèche de foin (MSIF), le poids des brebis, le poids des portées, ont été traitées en analyses multidimensionnelles (analyse en composantes principales - analyse factorielle des correspondances). Ces analyses, utilisées dans un but des-
criptif ont notamment permis de retrouver sans hypothèse préalable, les principaux facteurs de variation de la MSIF. Ensuite, nous avons testé les effets de ces facteurs sur les consommations et l’évolution du poids des brebis et des agneaux par une analyse de variance suivant un plan
factoriel.
Les données de production laitière ont été également traitées suivant un plan factoriel
2 X 2 (effets de l’année et de l’importance de la portée). Les teneurs moyennes de sang en AGNE ont été comparées suivant l’année et l’importance de la portée.
RÉSULTATS
Dans les deux
expériences
nous avons éliminé 8 animaux pour des raisons diverses(brebis vides,
mort ou maladie du ou desagneaux).
De
plus,
lediagnostic
degestation
à l’aide de béliers munis de harnais marqueurs s’est révéléimprécis
etbeaucoup
de brebis ontagnelé plus
tôt queprévu. Ainsi,
nousne
disposons
de donnéescomplètes
de MSIF et depoids
vif que de la semaine -3 à la semaine-+-!,
sur6 4
femelles seulement. Les calculsstatistiques portent
sur cesrésultats,
et les données existantes pour les semaines -q et -j sont utilisées dans lesfigures
pourindiquer
les tendances.Les
quelques
brebisportant
3 ou 4 foetus n’ont allaité que 1 ou 2 agneaux, et ont été incluses dans le groupecorrespondant.
Quantités
de matière sècheingérées
-
Évolution
suivant le stadephysiologique.
Pendant les dernières semaines de la
gestation,
lesquantités
defourrages ingé-
rées
augmentent jusqu’à
la semaine -3,puis
diminuent au cours de la semaine -2.Dans
l’expérience
2, la diminution continuejusqu’à l’agnelage
tandis que dansl’expé-
rience i, une
augmentation importante
desquantités ingérées
intervient au cours de la semaineprécédant
la misebas, probablement
en liaison avec une diminutionimportante
de latempérature
extérieurequi
varie alors entre -5 et- 15° C.
Dès la
première
semaine delactation, malgré l’augmentation
de 200g/j
de laquantité
d’aliment concentrédistribué,
les brebis consomment 10 à r5 p. 100deplus
de
fourrages
que lors de la dernière semaine degestation (en
se référant aux consom-mations des brebis de
l’expérience
2pendant
cette dernièresemaine).
L’ingestion n’augmente
que lentement au cours des 4premières
semaines de lactationpuis
s’accroît à la 5e semaine.L’augmentation
totale desquantités ingérées
est en moyenne pour l’ensemble des brebis de
1 6, 7
p. 100 parrapport
à lapremière
semaine.
L’étude
de la consommation de matière sèche defoin,
au cours desjours qui précèdent
et suivantl’agnelage,
montre unegrande
variabilité d’unjour
à l’autre etla diminution
importante
desquantités ingérées
à la veille de la mise bas. La consom- mationaugmente
de nouveau trèsrapidement après l’agnelage.
Facteurs de variation des
quuntités
defoin ingérées
-
Quatité du foin (fig. i).
Malgré
la différencemarquée
entre lesdigestibilités
et les teneurs en matièresazotées des foins des 2
essais,
les consommations sontidentiques pendant
la fin de lagestation,
sauf au cours de la dernière semaine.Au début de la lactation
( 3 premières semaines),
les brebis recevant le foin dequalité
médiocreingèrent
autant, voireplus,
defourrage
que cellesqui reçoivent
lefoin de
qualité
moyenne. Parailleurs,
leuraugmentation
de consommation àpartir
de la 4e semaine de lactation est
également plus élevée,
bien que laqualité
des foinssoit alors
comparable (différence significative
P <0 , 01 ).
Il faut noter ici que pour les brebis de
l’expérience
i,logées
dans unhangar
ouvert, latempérature
suitapproximativement
celle del’extérieur,
elle-même enmoyenne
plus
bassequ’au
cours del’expérience
2, comme le montre lafigure
2. Nousn’avons pas relevé la
température
à l’intérieur duhangar fermé ;
nos observationsnous
permettent cependant
de penser que latempérature
ambiante était de 3 à4° C supérieure
à celle de l’extérieurlorsque
celle-ci varie entre o et 120C.En
conséquence,
etd’après
lamajorité
des auteurs, si l’effet de latempérature
ambiante
existe,
non seulement au moment de la mise bas mais durant toutel’expé-
rience i, il affecterait les
quantités ingérées
en sens inverse de laqualité
dufoin,
cequi peut expliquer
l’absence d’effetmarqué
de cette dernière.- Poids des brebis.
La variabilité du
poids
vif(PV)
entre les brebisexplique
unepartie
de celle de laMSIF comme le montre le coefficient de corrélation de o,3 à o,4
(P
<0 , 01 )
entre cesdeux variables. La liaison la
plus
élevée est observéependant
la lactation.Ainsi,
les brebis lesplus
lourdes consommentplus
de foin. Onpeut
éliminer engrande partie
cet effet dupoids
enexprimant
lesquantités ingérées
parkg
depoids métabolique (PV°> 75 ) (ce
critère est bienreprésenté
sur l’un des axesprincipaux
desanalyses
encomposantes principales
ou factorielles descorrespondances).
Nousavons choisi le
poids métabolique
à la semaine +I ,qui
semble le moinsperturbé
par la croissance desfoetus,
ou lepoids
des contenusdigestifs.
- Nombve
d’agneaux portés puis
allaités(fig. i).
Les brebis
portant
2 foetus( 2 8 animaux)
ont tendance à consommer moins defoin en fin de
gestation
que cellesqui
n’enportent qu’un ( 3 6 animaux) ( 1
200g/j
contre 1242en moyenne
pendant
les 3 dernières semaines degestation,
différenceNS).
Au
contraire,
les bessonnières ont la consommation laplus
élevée au début de lalactation
( 1 4 8o g/j
contre 1375 en moyennependant les premières
semaines delactation,
différenceNS).
Cette différence devientsignificative lorsque
la consom-mation est
rapportée
aupoids métabolique
à la semaine +i(P
<0 , 05 ).
-
Age
des brebis(fig. 3 ).
Le nombre de brebis
jeunes
étantrestreint,
l’influence du facteurâge
est difficileà
préciser. Néanmoins,
nous avons pudégager
des tendances intéressantes.Les brebis adultes
(âge >
3ans) ingèrent
en moyenne7
àp.
100 deplus
que lesjeunes
en liaison avec leurpoids plus
élevémais,
la différence n’est passignificative.
Par contre, les
quantités ingérées rapportées
aupoids métabolique
diminuentquand l’âge augmente,
aussi bienpendant
la fin de lagestation qu’au
début de la lactation(en
moyenne!2,6 ; 6 3 ,8
et6 0 ,8 g!kg
PV°>75respectivement
pour les classesd’âge
1 -
2 ans, 3-4 ans, 5 ans et
plus, pendant les premières
semaines delactation,
P <
0,05).
- Variations individuelles non
imputables
auxfacte2tys précédents.
Le
poids
des brebis et la taille de leurportée
ne rendentcompte approximati-
vement que de 27 à 45p. 100de la variabilité de la MSIF suivant le stade
physiolo- gique (les plus
fortes valeurs sont observéespendant
lalactation).
Parailleurs, l’âge
de ces animaux et le facteur année n’ont
qu’une importance
limitée. Onpeut
doncestimer, grâce
àl’analyse
desdonnées,
que 40à 50p. 100 de la variabilité de la MSIFest due à des variations individuelles non
imputables
aux facteurs identifiésprécé-
demment.
Conséquences
sur lesperformances et
l’état de santé des animaux-
Évolution
dupoids
des brebis(fig.
i, tabl.2 ).
Le tableau 2
indique
lepoids
des brebis auvoisinage
del’agnelage
et les varia-tions de
poids
au cours de lagestation
et de la lactation suivant laqualité
du foin etla taille de la
portée.
Legain
depoids
moyen de l’ensemble des brebis au cours des 5dernières semaines de
gestation (PV —
1 moins PV —5 )
est de5,8 kg ( : 1: 3 , 3 ),
soit
8,8
p. 100(:1: 5,i)
dupoids
à la semaine -!. Ce mêmegain
est de7,8 kg (:1: 2 ,5)
et 4,4
kg (:1: 3 ) (P
<0 , 001 ) respectivement
pour les brebis nourries avec le foin dequalité
médiocre et celles nourries avec le foin dequalité
moyenne. Ces dernières étant en moyenneplus
lourdes que les autres au début del’expérience
etjusqu’à
lasemaine -3
(P
<0 , 05 ),
lespoids
des deux groupes àl’approche
de la mise bas sontcomparables.
Pendant lalactation,
lespertes
depoids
des deux groupes sont respec- tivement de- 3 ,6 kg (! 2 , 2 )
et -4,!kg (! 2 ,6)
pour le foin médiocre et le foin moyenpendant les premières
semaines de lactation(non significatif).
Dans
l’interprétation
de ces variations depoids,
il est nécessaire de tenircompte
des variations depoids
des contenusdigestifs,
notamment en relation avec les augmen- tations de consommationimportantes
observées lors de la dernière semaine degesta- tion,
et de la 5! semaine de lactation dansl’expérience
i.D’après
des estimations obtenues sur vaches laitières par différents auteurs(Joua!!T,
communication person-nelle),
une variation de consommation de ikg
de matière sèches’accompagne
d’unevariation de 4 à 5
kg
depoids
de contenusdigestifs.
On
peut
donc estimer quecompte
tenu desaugmentations
de consommationcitées,
les variations depoids
des brebis del’expérience
z,pendant
la fin de lagesta-
tion et le début de lalactation,
doivent être diminuées de ikg.
Ainsi l’évolution dupoids
reste différentependant
la fin de lagestation
entre les deuxexpériences.
Par contre,pendant
lalactation,
l’évolution dupoids
seraitcomparable
d’uneexpérience
à l’autre.
-
Évolutiovt
de laproduction
laitière(fig. 4 ).
La
quantité
totale de laitproduit
au coursdes 7 premières
semaines de la lacta-tion par les bessonnières est de 40p. 100 environ
plus
élevée que pour les brebis allai- tant un seul agneau. La forme des courbes deproduction
laitière estégalement
diffé-rente. Elles
présentent
un maximum à la 2semaine de lactation et une décroissancerapide
pour lespremières.
Pour les secondes la forme estidentique
au cours des3
premières
semaines(bien
que le niveau maximum soitplus faible),
mais laproduc-
tion
augmente
ensuite au cours des 4 et 3!’ semaines.Les brebis recevant le foin de
qualité
médiocre ont uneproduction
totale de laitau cours des 3
premières
semaines de lactation inférieure de io p. 100et m p. 100à celles des brebis del’expérience
2,respectivement
pour les bessonnières et les brebis allaitant un seul agneau.-
Évolution
dupoids
des agneaux(fig. 4 ).
Le
poids
moyen à la naissance ainsi que la croissance moyenne desportées
deo à 28
jours
sontlégèrement plus
élevéslorsque
les mèresreçoivent
le foin dequalité
moyenne
plutôt
que le foin dequalité
médiocre : 5,sgokg
contre 5,320(P
<o,i)
et 323
g/j
contre 299(P
<0 , 01 ).
Ainsi lesportées
sont à2 8 j plus
lourdes de ikg (P
<o,oi).
Lafigure
4 montre que ces différencesproviennent
surtout des agneauxdoubles,
dont laproportion
est la même dans les deuxexpériences.
Leurpoids
à2 8 j
et leur croissance de o à
2 8 j
sont affectéslorsque
la mèrereçoit
du foin dequalité
médiocre
(8,3 kg
contre d,3et I80g/j
contre2 en).
Par contre, les différences sont très faibles pour les agneauxsimples, quelle
que soit laqualité
durégime
de leur mère.Nous n’avons pas mis en évidence d’effet du sexe des agneaux, bien que la propor- tion de femelles soit
légèrement plus
élevée dansl’expérience
2.- Teneur du
plasma sazzguiza
ezz acides gras nonestérifiés (fig. q.).
La teneur
plasmatique
en AGNEaugmente
au cours du dernier mois degesta-
tion. Elle atteint un niveau élevé dans les deuxpremières
semaines delactation, puis
diminue
jusqu’à
un niveaucomparable
à celui atteint un mois avant mise bas. Elleest
plus
élevée pour les brebisportant
2foetus, puis
allaitant 2 agneaux.Cette teneur n’est pas modifiée
significativement
par laqualité
du foin à la finde la
gestation.
Par contre les brebis recevant le foin dequalité
médiocre ont, audébut de la
lactation,
des teneurs en AGNEplus
élevées que les autres bien que leurproduction
laitière soitplus
faible et leur consommation de MSFplus
élevée.Bilan
ézze y gétiq2ie
au couys des 3 devzzièyes semaizzes degestation
et des 5
premières
semaiazes de lactationLes
digestibilités
desrégimes
foin !- aliments concentrés n’ont pas été mesu-rées. Nous avons donc estimé la
digestibilité
de l’alitnent concentrégrâce
aux tablesde K!r,t,v!x et considéré les
digestibilités
des foins et de l’alintent concentré commeassociatives étant donné la faible
proportion
de ce dernier(D EMARQUILLV ,
communi-cation
personnelle).
Les bases de calcul des besoins des animaux et les résultats du bilan réalisé en
énergie
métabolisable sontconaignés
dans le tableau 3 suivant laqualité
du foin etla taille de la
portée.
Pendant la fin de la
gestation (semaines
-3et -2 ),
lesapports d’énergie dépas-
sent peu les besoins d’entretien
( !-
15 à 25 p.ioo) quand
les brebisreçoivent
le foinde
qualité
médiocre. Par contrelorsque
le foin est de meilleurequalité,
cesapports
sont de 30 à d3 p. 100
supérieurs
aux besoins d’entretien.Au début de la lactation où nous avons pu calculer des besoins de
production (tabl. 3 ),
le déficiténergétique enregistré
entre lesapports
et les besoins cumulés(entretien
Tproduction laitière)
estgénéralement
maximum au cours de la 2! se-maine ;
il diminue ensuite en liaison avec la baisse deproduction
laitière(surtout
pour les
bessonnières)
etl’augmentation
de la consommation de foin.Pendant les 3
premières
semaines de lalactation,
les brebis allaitant un seul agneau ont un déficitcomparable quelle
que soit laqualité
dufoin,
que ce soit envaleur absolue
(environ
i o0okcal!j)
ou enpourcentage
des besoins totaux(entre
10et 25 p.
ioo).
Les bessonnières ont un déficiténergétique plus élevé,
d’unepart
enraison de leur
production
laitièreplus forte,
d’autrepart lorsqu’elles reçoivent
lefoin de meilleure
qualité. Cependant, quand
le déficit estexprimé
enpourcentage
des besoins totaux, il estcomparable
suivant laqualité
du foin : 33 p. ioo(foin médiocre)
et
;O
p. 100(foin moyen)
en moyennependant
les 3premières
semaines de la lacta-tion.
DISCUSSION
Les résultats de ces deux
expériences permettent
dedégager
des conclusionsdéjà
àobservées par d’autres auteurs sur les facteurs de variation et l’évolution de la consom-
mation volontaire
pendant
la fin de lagestation
et le début de la lactation.Parmi les facteurs de variation inter individuelle des
quantités
de matière sèche defourrages ingérées, l’importance
dupoids
est limitée. La liaison MSIF-PV trouvée( 0 ,
3
< P <0 , 4 )
est du même ordre que cellerapportée
parJouRUET et
al.( 19 65)
sur vaches laitières.
I,’influence du nombre de foetus
portés
etd’agneaux
allaités sur lesquantités ingérées
n’est passignificative,
mais les tendances que nous observons sont en accordavec la
majorité
des travaux. A la fin de lagestation
la diminution de consommation !,des mères
portant
2 agneaux estplus importante
que celle des mèresd’agneaux simples,
comme dans les résultats de FORBES( 1970 ),
THÉPI£Z et Mot,!rreT(r 97 o).
Pendant la
lactation,
les bessonnièresingèrent plus
que les brebis allaitant un agneaucomme le
rapportent H AD ji p iE R is
et HOLMES(ig66).
Cetteingestion plus
forte est àmettre en relation avec la
production
laitièreplus
élevée des bessonnières(WAr,t,nc!, 194
8 ;
RICORDEAU etal., z 9 6o ; P EART , 19 6 7 , 1970 ). Beaucoup
d’auteurs(FOREES,
1970
: a
review ; J OURNET el al., 19 6 5 ) rapportent
que laquantité
de MSIingérée
par des vaches laitières
augmente
avec laquantité
de laitproduite.
Pour l’effet de
l’âge
desanimaux,
il est difficile de conclure vu le faible nombre de brebisjeunes
dans les deux essais.Cependant,
les brebisd’âge #
2 ansingèrent plus
de matière sèche parkg
depoids métabolique
que les brebisplus âgées,
et il estprobable
que ces animaux aient encore des besoins nonnégligeables
pour leur crois-sance
(elles pèsent
en moyenne 10kg
de moins que les brebisadultes).
La diminution de la consommation volontaire des
fourrages,
observée àpartir
de la 3e semaine avant
l’agnelage,
a été relatée par différents auteurs sur brebis(H AD jipi ER
is
et HOMMES,19 66
survaches ;
MAKELA,195 6 ; J OHNSON e1 al., 19 66)
et sur chèvres
(F!Hx et al., I o 71 ).
Ils l’ontexpliqué
par des limitations del’appétit,
d’ordre
physique (compression
du rumen par l’utérusgravide),
oumétabolique (augmentation
du taux de certaines hormones au fur et à mesure que lagestation avance) (F ORBFS , 1970 ).
Cette diminution restecependant
assez faiblepuisqu’elle
est de l’ordre de io p. 100 au cours des 3 dernières semaines de
gestation
pourl’expé-
rience 2. On
peut
calculer une diminutionanalogue
àpartir
des résultats antérieurs de TH É R
iEz et Mor,ÉrrAT
( 1970 )
sur des brebis Limousineségalement.
Lapréparation
dela
parturition
cause uneperturbation importante,
mais brève de la consommationpuisque
celle-ci diminue de 10à 20p. 100seulement la veille de la mise bas.Au début de la
lactation, l’augmentation
lente desquantités ingérées
relati-vement à celle de la
production
laitière entraîne un déficitimportant, malgré
la distri-bution accrue de l’aliment concentré
( 400
g au lieu de 200gpendant
la fin de lagesta- tion).
Lamajorité
des auteurs cités par FOREES( 1970 )
et]OUR!ŒT
etJ ARRI GE (1970) signalent également
le faibleappétit
des vaches laitières pour lesfourrages
au débutde la lactation et le
décalage
résultant entre le maximum de besoins(ze
semaineaprès
le
vêlage)
et le maximum de consommation defourrages (entre
le 2e et le 5! mois delactation).
En
plus
de cesrésultats, l’analyse
de l’influence de laqualité
du foin et del’année,
et du bilanénergétique
estimé del’énergie
ntétabolisable nouspermet
de discuterquelques points.
Généralement une liaison
positive
est observée entre lesquantités
de matièresèche de
fourrages ingérées
et ladigestibilité
de la ration(Bi,AXTER ! al., 10 6 1 ; D!Mnz!QuWr,y
et WVISS, ig7o : résultats obtenus sur desmoutons).
Les résultatsde deux
expériences
montrent que la consommation des brebis recevant le foin dequalité
médiocre estcomparable,
voiresupérieure (fig. i)
à celle des brebis nourriesavec le foin de
qualité
moyenne. D’autres facteurs que laqualité
du foin ont pujouer, particulièrement
latempérature
ambiante et l’étatd’engraissement
des animaux.Il est
probable
que latempérature
ait influencé la consommation de matière sèche des brebis del’expérience
z, non seulementpendant
lespériodes
voisines del’agnelage,
mais
pendant
toute la durée del’expérience.
Eneffet,
au moinspendant
lalactation,
on
peut
penser que la différence detempérature
ambiante entre les deuxexpériences
était de l’ordre de 7 à I20C. Différents auteurs, notamment WINFIELD et al.
(ig6g)
sur brebis et MCDONALD et BELL
( 195 8)
sur vaches laitières ont observél’augmen-
tation de la consommation volontaire suite à la diminution de la
température.
Parailleurs,
la tonte desbrebis, qui
se traduitégalement
par un chocthermique,
a lamême
conséquence (WoDZrcKa, 1 9 63).
En
plus
de cet effetpossible
des conditions demilieu,
il semble que les brebis nourries avec le foin dequalité
moyenne étaient en meilleur étatd’engraissement
que cellesqui
ont reçu le foin dequalité
médiocre. Plusieurs observationspermettent
de soutenir cettehypothèse.
Les brebis del’expérience
2, bienqu’issues
du même trou-peau, avaient un
poids plus
élevé de 4kg
que celles de lapremière expérience.
Cetteobservation coïncide avec le fait que ces brebis ont bénéficié dans de bonnes condi- tions d’un
pâturage
demontagne
durant l’étéprécédent l’expérience
2. Corrélati- vement, elles ontgagné
moins depoids
durant les dernières semaines degestation, malgré
leur ration de meilleurequalité.
En outre,lorsqu’à partir
de la 4! semaine de lactation les brebis del’expérience
ireçoivent
un foin dequalité comparable
à celuide
l’expérience
2, elles continuent à avoir une consommation de matière sèchesupé-
rieure et maintiennent leur
poids.
BINES( 1971 )
survaches, FooT-jA N ET ( 1970 , 1972)
sur brebis ont trouvé que des animaux gras
ingèrent
moins que des animauxmaigres.
Nos résultats ne
permettent
pas de mieuxpréciser
l’action de ces facteursqui
sont vraisemblablement à
l’origine
de l’absence de différences dans lesquantités ingérées
en fonction de laqualité
du foin.En ce
qui
concerne le bilanénergétique,
d’unefaçon générale,
lesapports
alimen-taires à la fin de la
gestation
sont faibles parrapport
aux besoins d’entretien(entre
y5et 43 p.
100 ) compte
tenu de la croissanceimportante
des foetus et de la relative inef- ficacité de la transformation del’énergie
métabolisable enénergie
nettependant
cettepériode (WAr,r,aC!, ig 4 8 ;
RaTTxAy etal., rg!3-ig!q).
Il estprobable
que les brebis mobilisent alors leurs réservescorporelles
comme le montreraitl’augmentaticn
dutaux d’acides gras non estérifiés du
plasma.
Cette mobilisation est sans doute maximumau cours des 2à 3
premières
semaines delactation,
ott le déficit atteint desproportions
de l’ordre de 20 p. 100 et de 35 p. 100 des besoins calculés
respectivement
pour les brebis allaitant un seul agneau et les bessonnières.Les brebis recevant le foin de
qualité
médiocre sont relativement sous alimentées parrapport
aux autrespendant
la fin de lagestation.
Cette sous-alimentation n’estcependant
pas très sévère comme entémoignent
les taux d’acides gras nonestérifiés, qui
restent inférieurs à 750peq/1
même pour les brebisditoques. D’après
Russri,et al.
( 19 6 7 )
ces valeursindiqueraient
l’absence de sous-alimentation sévère et de mobilisationimportante
des réservescorporelles.
Au début de la
lactation,
la valeur absolue du déficiténergétique
est, pour lesbessonnières, supérieure lorsqu’elles
recevaient le foin dequalité
moyenneplutôt
que le foin de
qualité
médiocre. Ce résultat est en relation avec laproduction
laitièreplus élevée,
mais onpeut
remarquerqu’en pourcentage
des besoins totaux, le déficit estcomparable quelle
que soit laqualité
du foin.Il est
possible
que laproduction
laitièren’augmente plus
àpartir
d’un certain niveau de déficit parrapport
auxbesoins, qui
constituerait uneaptitude
à mobiliserles réserves
corporelles.
En
conclusion,
laqualité
du foin n’a pas affecté sensiblement les consomma-tions de
fourrages,
les variations depoids
vif des brebis et lepoids
des agneaux à lanaissance,
mais des facteurs extérieurs tels que latempérature
ambiante et l’étatd’engraissement
ont pujouer
un rôle.Néanmoins,
la distribution d’un foin de médio-cre
qualité
s’est traduite par une diminution de la vitesse de croissance des agneaux, consécutive à uneproduction
laitièreplus
faible. Cet effet s’est manifesté surtout pour lesportées
doubles.Reru pour publication en juin 1.97.5.
SUMMARY
VARIATION IN THE VOLUNTARY FEED INTAKE
OF EWES DURING LATE PREGNANCY AND EARLY LACTATION : INCIDENCES ON THEIR PERFORMANCES.
1
. - STUDY OF TWO HAY DIETS OF DIFFERENT OUA1,ITY
The factors of variation in the voluntary feed intake of ewes during late pregnancy (5 weeks)
and early lactation (5 weeks) and their consequences on health and growth of the lambs were
studied during two experiments using diets containing meadow hay. The ewes were fed ad libitum
with hay of poor quality (experiment i : organic matter digestibility 49-5. p. ioo) or moderate quality (experiment 2 : organic matter digestibility 59.6 p. 100) and with a constant amount
of concentrate feed (200 g during late pregnancy, 400 g during early lactation). The animals
were housed in individual pens under open (cxp. i) or closed (exp. 2) shed.
Feed intake, weight gain and growth were measured in all the lambs. In addition, the milk yield was recorded in some of the ewes as wcll as the plasma level of non esterified fatty acids (AGN1? = NL:I:!1).
i. The voluntary intake of hay increased up to the 3rd week prior to lambing. Thereafter
it decreased until lambing, except in experiment I where the hay intake increased abruptly during the last week in relation with alarge fall in the outer temperature (between -5 5 and -1 5°C) . During the first 5 weeks of lactation, the increase in the hay intake was slow (+ 17 p. 100 as
compared to the first weck).
2
. The main factors of variation in the voluntary intake of hay were the following :
- liveweight of the animals : the heaviest ewes showed a tendency to eat more hay. The
correlation coefficient between liveweight and hay matter intake (MSIF = HDMI) ranged bet-
ween 0.3 and o.4 (P < 0.01) :
- number of lambs borne, and suckled : the ewes bearing two lambs showed a tendency
to eat less hay during the last weeks of pregnancy than those bearing one lamb, especially in experiment 2. On the other hand, during lactation the ewes nursing two lambs ate more hay
than those nursing one only lamb ;