GESTION DES DÉCHETS À RISQUE ISSUS DES STRUCTURES DE SANTÉ
DANS LES PAYS À FAIBLE REVENU
Médecins Sans Frontières 3
èmeédition
2013
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Validé par : Le directeur médical OCB Bertrand Draguez Validé par : Pharma WG
Date de la validation : 01/03/2014
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© Copyright texte et illustrations : Médecins Sans Frontières 2013
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Auteur
Joos Van Den Noortgate
Contributions (par ordre alphabétique) Caroline Beetz
Michaëlla Gillard Elodie Jambert Natasha Mlakar Freya Rasschaert Raffaëlla Ravinetto
Miguel Serrano Ramon Spatini Bernardo
Dawn Taylor
Remerciements (par ordre alphabétique) Patrizia Ascani
Jean Bourgeois Marie-Eve Burny
Nathalie Coste Erin da Costa Cécile deWalque
Peter Maes Dominique Maurel Christophe Nothomb
Guillaume Schmidt Jean Vanderaa
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5 Avant-propos
Les déchets à risque regroupent plusieurs types de déchets potentiellement nocifs issus des Structures de santé et / ou en rapport à des activités médicales. En font partie les déchets présentant un risque biologique, les déchets pharmaceutiques, les déchets de laboratoires, les déchets radiographiques, les insecticides / rodenticides périmés ou inadéquats ainsi que les déchets spécifiques (par ex. : les déchets radioactifs et les métaux lourds comme le mercure). Ce manuel a pour objectif d’expliquer pourquoi ces types de déchets sont potentiellement dangereux ; ce que sont exactement les déchets à risque ; où, quand, par qui et comment ils doivent être traités. Les protocoles sur l’élimination des déchets à risque se trouvent en annexe.
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1. Pourquoi y a-t-il des déchets à risque dans les structures de santé ? ... 10
2. Que considère-t-on comme déchets médicaux à risque ? ... 12
Déchets à risque biologique ... 12
Déchets pharmaceutiques ... 13
Déchets de laboratoire ... 13
Déchets radiologiques ... 14
Insecticides / rodenticides ... 14
Déchets à risque spécifiques ... 15
3. Où, quand et par qui ? ... 16
4. Déchets médicaux à risque : comment en assurer la meilleure gestion ? ... 18
4.1. Déchets à risque à taux de production récurrent ... 20
4.2. Campagnes d’élimination des produits à risque inappropriés / périmés ... 22
4.2.1. Isolation des déchets à risque ... 22
4.2.2. Liste de tous les produits à risque devant être éliminés ………....25
4.2.3. Choix de la méthode d’élimination la plus appropriée en fonction des produits ... 25
4.2.3.1. Gestion « en interne » ... 28
Encapsulation ... 28
Neutralisation ... 29
Dissolution ... 31
Dilution ... 31
Incinération en discontinu (par ex. : incinérateur De Montfort) ... 33
Évaporation ... 34
« Recyclage » ... 34
4.2.3.2. Gestion en externe ... 35
Incinération ... 35
Retour au fabricant ... 38
4.2.3.3. Stratégie MSF ... 38
4.2.4. Préparation des procédures d’élimination ... 40
4.2.5. Transport (éventuel) des déchets à risque ... 41
4.2.6. Mise en œuvre des procédures d’élimination ... 41
4.2.7. Archivage de tous les documents importants... 43
5. Conclusions ... 44
Lectures complémentaires ... 45
Annexes ... 47
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1. Pourquoi y a-t-il des déchets à risque dans les structures de santé ?
Certains produits dangereux utilisés dans les structures de santé doivent être renouvelés tous les jours, toutes les semaines (ou tous les 15 jours) ou même tous les mois, c’est pourquoi l’on considère ces produits comme des déchets à risque à taux de production récurrent. Cependant, les déchets à risque sont pour la plupart des lots de produits chimiques spécifiques inappropriés ou périmés. Dans ce dernier cas l’on distingue trois cas de figure :
Une accumulation normale de produits inappropriés ou périmés, en attente de la prochaine campagne d’élimination de déchets à risque.
Une accumulation de produits périmés car la période de consommation prévue a été réduite à cause de longues procédures douanières.
Une accumulation anormale due à une mauvaise gestion, par exemple : o un inventaire erroné de l’entrepôt ou de la pharmacie ;
o une mauvaise estimation des taux de consommation ; o une prévision inexacte des besoins ;
o des campagnes d’élimination de déchets à risque (très) irrégulières.
L’accumulation des déchets à risque ne faisant qu’augmenter la difficulté liée à leur emmagasinement et encore plus celle liée à leur traitement et / ou à leur élimination finale, il est important de gérer ces déchets de façon appropriée dès le début.
Des règles fondamentales sont à suivre en toutes circonstances :
Les produits périmés, surtout les produits pharmaceutiques1, ne doivent JAMAIS être utilisés.
L’utilisation des produits pharmaceutiques au-delà de leur date limite d’utilisation exposerait les patients à divers risques, allant d’une « efficacité moindre du médicament » jusqu’à un « danger toxique ». Dans le domaine des vaccins et des antibiotiques, le risque de « moindre efficacité » est déjà un danger important car il peut susciter un sentiment de sécurité erroné et contribuer au développement d’une résistance envers le médicament.
Éviter le stockage, le tri et l’élimination incorrects des déchets à risque, qui pourraient mettre encore plus en danger l’environnement et la santé publique.
Alors que la plupart des déchets médicaux ne présente pas de menace sérieuse en tant que telle sur la santé publique ou l’environnement, leur destruction ou leur élimination de masse inadéquate présente en revanche des risques indirects. D’autres déchets à risque peuvent présenter un danger direct sur la santé publique et l’environnement. Une partie de ces dangers directs et indirects sont énumérés ci-dessous :
La contamination de sources d’eau potable ou autre par des substances toxiques et dangereuses.
L’émission de polluants toxiques (comme les dioxines) dans l’air lors de la combustion à basse ou moyenne température de déchets à risque. Par ex. : à l’air libre, dans les incinérateurs mono-chambre et même les incinérateurs à fonctionnement discontinu (auto-combustion) de type De Montfort.
1 Les produits médicaux stérilisés périmés ne doivent pas être utilisés non plus, mais ils font partie de la catégorie de déchets généraux en tant que déchets tranchants, ou en tant que déchets « solides ».
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Le pillage d’une décharge par l’homme pouvant conduire à une mauvaise utilisation du médicament, ou le détournement de médicaments d’un entrepôt mal surveillé afin de les revendre au grand public.
Les perturbations écologiques telles que :
o Mort d’organismes nécessaires au traitement des eaux usées ou dommages sur la vie aquatique dans les sources d’eau.
o Organismes développant une résistance contre certaines molécules (comme celles des antibiotiques, des insecticides non biodégradables, des médicaments anticancéreux, des désinfectants).
Par conséquent, le stockage temporaire, le traitement et / ou l’élimination finale des déchets à risque dans les pays à faible revenu doivent se faire avec un minimum de risques pour l’environnement et la santé publique, et à moindre coût, de façon à ce que les bonnes pratiques continuent après le départ de l’aide humanitaire. N’oublions pas que certains déchets (comme les médicaments périmés), lorsqu’ils ne sont pas (correctement) éliminés, courent toujours le risque potentiel d’être revendus sur le marché noir (avec un nouvel emballage ou non).
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2. Que considère-t-on comme déchets médicaux à risque ?
Les déchets médicaux à risque englobent certains produits potentiellement nocifs qui sont utilisés au sein de structures de santé et / ou qui sont directement ou indirectement liés aux activités médicales, mais qui ne se trouvent dans aucune autre catégorie de déchets d’activités de soins, telles que définies par Médecins sans Frontières, à savoir : excréta, eaux usées, déchets tranchants, déchets solides ou organiques.
Le risque présenté par ces déchets provient de produits chimiques périmés ou inappropriés, bien que certains déchets biologiques soient également inclus dans cette catégorie.
Par conséquent, les déchets à risque incluent :
les déchets à risque biologique,
les déchets pharmaceutiques,
les déchets de laboratoire,
les déchets radiographiques,
les insecticides / rodenticides périmés ou inappropriés,
les déchets à risque spécifiques (par ex. : les déchets radioactifs, le matériel médical contenant des produits à risque, les batteries, l’huile de moteur des ambulances).
Par ailleurs, le vieux matériel médical ne contenant pas de produit dangereux ne constitue pas un déchet à risque. La plupart du matériel médical périmé non utilisé (comme les aiguilles, les seringues, les bandages, les poches à sang vides) peut être classée dans la catégorie des déchets tranchants ou solides, et n’est donc pas considérée comme faisant partie de la catégorie des déchets à risque. En revanche, le matériel médical utilisé pour préparer et administrer les médicaments anticancéreux (cytotoxiques) est à son tour contaminé par ces produits dangereux et constitue par conséquent un déchet à risque à taux de production récurrent.
Contrairement aux autres grandes catégories de déchets (déchets tranchants, solides et organiques) produits au sein des structures de santé des pays à faible revenu et qui sont regroupés de façon simple mais pragmatique en fonction de leur traitement similaire et standardisé et / ou de leur méthode d’élimination finale, la gestion des déchets faisant partie de la catégorie des déchets à risque se fait au cas par cas. Leur traitement et / ou méthode d’élimination finale dépendent des substances qui composent le déchet et des réactions chimiques ou biologiques possibles en cas de mauvaise gestion. Leur emballage peut également être déterminant dans le choix de la méthode d’élimination.
Déchets à risque biologique
Les laboratoires doivent éliminer l’urine, les selles et / ou tout autre fluide corporel (comme le sang) provenant d’une personne (potentiellement) infectée. Dans certains laboratoires (chargés de l’analyse de la qualité de l’eau, par exemple) sont cultivées des bactéries. Dans les centres de santé disposant d’un service d’hospitalisation pour la tuberculose, une grande quantité de crachats est produite par les patients en plus de la petite quantité requise par le laboratoire pour l’échantillonnage. Ces échantillons, cultures et fluides corporels spécifiques potentiellement contaminés doivent être considérés comme des déchets à risque biologique et traités avec les précautions
13 nécessaires (voir ci-après).
Déchets pharmaceutiques
Dans le sens le plus strict du terme, les déchets pharmaceutiques se composent du médicament en tant que tel et parfois de son emballage premier (c’est-à-dire le blister, mais pas la boîte en carton dans lequel il est contenu, considérée comme second emballage et faisant partie de la catégorie de déchets solides).
Les produits suivants sont considérés comme des déchets pharmaceutiques (selon l’OMS) :
tous les produits pharmaceutiques (médicaments) périmés ou abîmés ;
tous les sirops et flacons ouverts de gouttes pour les yeux après la période normale d’utilisation* ;
tous les médicaments abîmés par rupture de la chaîne de froid* ;
tous les comprimés et capsules en vrac (souvent à cause de dons inappropriés de médicaments)* ;
tous les tubes de crèmes, pommades, etc. ouverts après la période normale d’utilisation* ;
tous les désinfectants dilués depuis plus d’une semaine.
* : Périmés ou non
En plus des règles mentionnées ci-dessus, les produits pharmaceutiques sont également considérés comme déchets lorsque les médicaments sont refusés car :
ils proviennent d’un fournisseur dont la qualité des produits n’a pas fait ses preuves ou n’a pas été vérifiée (le risque étant que le médicament soit contrefait ou inférieur à la qualité minimum requise, le rendant potentiellement nocif pour la santé du patient) ;
ils appartiennent à un lot qui a été rappelé pour des problèmes de qualité ;
ils ont été détériorés ou altérés (comme un flacon de vaccin ouvert avec des doses restantes qui ne peuvent être utilisées après la période normale d’utilisation) ;
les directives concernant le don n’ont pas été respectées.
Déchets de laboratoire
Les déchets typiques de laboratoire sont certains des produits chimiques et kits de diagnostic utilisés pour les analyses et, pour certains laboratoires, des déchets radioactifs bien que ce soit une grande exception au sein des installations de MSF.
Certains kits de diagnostic ne sont pas vraiment dangereux en tant que tels, certains produits chimiques comme les sucres, acides aminés et certains sels ne le sont pas non plus, en tout cas s’ils doivent être éliminés en petites quantités. >>je ne comprends pas le sens de la phrase en anglais, y a-t-il une erreur ? D’autres produits sont considérés à risque s’ils possèdent une ou plusieurs des propriétés suivantes :
Inflammable
Corrosif
Toxique
Tératogène / fœto-toxique / génotoxique
Réactif : explosif, réagit avec l’air et / ou l’eau, sensible aux chocs.
Les eaux usées des laboratoires contiennent probablement des résidus de déchets à risque, mais leur concentration en substances chimiques ou organismes infectieux est
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basse. Il faudra néanmoins prêter attention à leur élimination de façon à éviter la contamination de l’environnement (notamment des nappes phréatiques).
D’autres types de déchets sont présents dans les laboratoires, tels les objets tranchants et solides. Cependant, comme ils n’entrent pas dans la catégorie des déchets à risque, ils peuvent être éliminés conformément aux recommandations générales rédigées par MSF concernant les déchets médicaux dans les pays à faible revenu.
Déchets radiologiques
Les activités radiologiques ne génèrent pas tellement de déchets (à risque). La plupart du temps, ceux-ci se limitent aux :
solutions de développement pour films radiologiques (remplacement fréquent ou après péremption) ;
solutions de fixation pour films radiologiques (remplacement fréquent ou après péremption) ;
films radiologiques périmés ;
vieilles radiographies (étant donné qu’elles font partie du dossier médical du patient, des règles spécifiques doivent être respectées qui sortent du cadre de ce manuel).
Insecticides / rodenticides
Parmi les méthodes de lutte contre les maladies à transmission vectorielle utilisées par les structures de santé, certaines ont recours à l’utilisation d’insecticides ou de rodenticides. La plupart des insecticides ont une longue durée de vie, il est donc souvent possible après une session de pulvérisation de conserver un produit non préparé (non dissous / non dilué) pour une autre session. Les laboratoires spécialisés sont également en mesure d’analyser la concentration d’échantillons d’insecticide, de façon à déterminer si l’insecticide entreposé / périmé peut encore être utilisé et à quelle solubilité. Ces analyses pouvant s’avérer coûteuses, elles ne valent la peine d’être faites que si le volume d’insecticide restant est suffisamment important. Pour plus d’informations, contacter le Siège. Si la décision finale rend l’insecticide périmé hors d’usage, un traitement spécifique au-delà du simple enfouissement ou de l’incinération en discontinu sera requis.
Les restes de préparations d’insecticide (les solutions, par exemple) utilisées lors de campagnes de lutte antivectorielle (Pulvérisation d’insecticide à effet rémanent, par exemple) sont cependant toujours considérés comme des déchets dangereux devant être traités correctement.
Il n’est pas rare de trouver des insecticides / rodenticides inappropriés (ceux achetés localement, par exemple) ou périmés dans les entrepôts des structures de santé des pays à faible revenu. La composition, la toxicité et donc les dangers que représentent ces insecticides / rodenticides de marque inconnue sont souvent méconnus, tout comme l’existence ou non d’une résistance envers certains de ces produits. Afin d’éviter les insecticides / rodenticides indésirables, il est vivement recommandé de ne pas se fournir auprès de vendeurs locaux, sauf s’ils commercialisent des produits légitimes de fabricants reconnus. Pour plus d’informations contacter le Siège.
15 Déchets à risque spécifiques
Cette catégorie regroupe de nombreux produits à la fois communs et spécifiques à certaines activités médicales au sein d’une structure de santé. Voici quelques exemples de déchets à risque spécifiques :
tout le matériel ayant été en contact éventuel avec des médicaments anticancéreux : aiguilles, seringues, champs, pochettes de perfusion, gazes, etc. ;
déchets radioactifs : bien que le secteur médical ne produise pas de déchets hautement radioactifs, ces derniers sont dangereux et nécessitent un traitement particulier. MSF n’est toutefois que très rarement confronté à la gestion de déchets réellement radioactifs, ils sortent donc du cadre de ce manuel ;
(petites) batteries du matériel médical ;
matériel vieux et endommagé contenant des produits à risque : matériel cassé contenant du mercure comme les thermomètres et les tensiomètres ;
lampes UV et ampoules à basse consommation d’énergie ;
matériaux liés aux ambulances : huile de moteur usagée, batterie de voiture, etc.
16 3. Où, quand et par qui ?
Les déchets à risque à taux de production récurrent proviennent principalement du laboratoire et de la salle de radiographie, mais aussi des cabinets de consultation / de soin et des chambres (par exemple tous les déchets liés à la préparation et à l’administration de médicaments anticancéreux, un thermomètre au mercure brisé, de petites batteries, un reste d’insecticide après pulvérisation, des flacons de vaccin ouverts avec doses restantes, toutes sortes de déchets à risque biologique).
La gestion des déchets à risque à taux de production récurrent doit se faire de façon quotidienne, parfois hebdomadaire, tous les 15 jours ou même mensuellement. La procédure en question peut inclure le prétraitement (stérilisation à l’autoclave) au sein même du laboratoire de certains déchets à risque biologique.
L’isolement des différentes catégories de déchets à risque à production récurrente doit se faire par le personnel (para-) médical et le personnel de laboratoire, en fonction de l’endroit où ils travaillent. Tout le personnel de laboratoire doit également suivre une formation sur l’élimination correcte de petites quantités de certains produits chimiques et le prétraitement potentiel des déchets à risque biologique.
Le responsable des déchets doit s’occuper du transport des déchets à risque à production récurrente entre les salles de soin, les chambres ou le laboratoire et la zone de stockage des déchets, ainsi que de leur éventuel traitement et / ou élimination finale. Il doit également suivre une formation spécifique sur la gestion de tout type de déchet à risque.
La localisation de produits à risque inappropriés ou périmés dépend du circuit de distribution propre à la structure de santé. Lorsque les produits, principalement des médicaments, sont utilisés en fonction des besoins, la plupart des déchets périmés se trouvent dans la pharmacie ou l’entrepôt. Lorsqu’une distribution hebdomadaire ou mensuelle est en place, les produits périmés peuvent également se trouver dans les chambres et les salles de consultation ou de soin (y compris dans les laboratoires, à la maternité, en salles de chirurgie). Ils devront être localisés et séparés des autres pendant les inventaires.
Les institutions spécialisées dans le recyclage ou dans l’élimination des déchets disposant d’un four à température élevée étant plutôt rares dans les pays à faible revenu, il est souvent plus pertinent de traiter les produits à risque périmés ou inappropriés dans un endroit centralisé. Celui-ci peut se trouver au sein même de la structure de santé (par exemple dans une zone de stockage des déchets), ou hors site comme pour l’enfouissement de déchets dans une décharge contrôlée après leur encapsulation. Il est parfois possible de trouver de bonnes alternatives aux incinérateurs spécialisés, également en mesure de traiter comme il faut les déchets à risque. C’est le cas par exemple des fours à ciment industriels et / ou des hauts fourneaux utilisés dans la production du fer et de l’acier.
Les produits à risque périmés et / ou inappropriés doivent être éliminés lors de campagnes spéciales, au moins une fois tous les six mois. L’accumulation de déchets à risque pendant des années peut conduire à des situations très difficiles à gérer.
Étant donné que le traitement et / ou l’élimination finale des déchets à risque doit normalement se faire en conformité avec la législation nationale (si elle existe), les
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autorités responsables doivent être contactées pour l’obtention d’information supplémentaire et / ou des autorisations nécessaires, surtout lorsque des substances contrôlées doivent être éliminées. Ces autorités peuvent être :
l’autorité nationale de réglementation du médicament
le Ministère de la Santé
l’autorité locale ou régionale de la santé
le Ministère de l’environnement
l’hôpital et / ou le centre de soin, etc.
La gestion de l’élimination des produits à risque périmés ou inappropriés doit se faire par une équipe pluridisciplinaire :
Le responsable médical / pharmacien / magasinier du projet qui mettra de côté les déchets à risque dans la pharmacie / l’entrepôt et qui en préparera la liste.
Un responsable logistique ou « EHA » qui déterminera un site approprié pour l’élimination des déchets.
Une équipe logistique, dirigée par un responsable logistique ou « EHA », qui organisera le cas échéant le transport des déchets à risque et les étapes effectives de l’élimination. Pour des raisons de sécurité, l’élimination en tant que telle ne devra être menée à bien que par du personnel masculin. Il est également recommandé qu’un membre du personnel médical soit présent pendant les procédures d’élimination afin de prodiguer des conseils sur les déchets pharmaceutiques et de laboratoire, ainsi que pour intervenir en cas d’accident.
Le coordinateur médical porte la responsabilité générale du bon déroulement de l’intégralité du processus d’élimination.
Les personnes impliquées dans l’élimination de déchets à risque doivent toutes recevoir une formation appropriée à la fonction spécifique qu’elles tiennent. Une fois la
formation terminée, elles doivent recevoir un certificat indiquant qu’elles ont la capacité de participer au processus correct d’élimination des déchets à risque.
4. Déchets médicaux à risque : comment en assurer la meilleure gestion ?
Il est évident qu’il vaut mieux éviter autant que possible la production de déchets à risque. Une meilleure gestion de l’entrepôt / de la pharmacie peut y contribuer lorsque sont vérifiés :
a. toutes les commandes,
b. les quantités disponibles dans l’entrepôt / la pharmacie, c. les dates de péremption des produits,
d. le rythme de consommation.
Le refus de tout don de médicaments, sauf ceux autorisés par la section médicale de MSF, contribuera également à réduire la quantité de déchets à risque. La production de déchets à risque est cependant inévitable même avec une excellente gestion de l’entrepôt / de la pharmacie, lorsque les produits atteignent leur date de péremption, par exemple ou dans le cas des déchets à risque à taux de production récurrent. Afin d’en éviter l’accumulation, il est important d’éliminer les déchets à risque régulièrement et de façon appropriée.
4.1. Déchets à risque à taux de production récurrent
De par leur caractère très infectieux, il est recommandé que les déchets à risque biologique soient stérilisés à l’autoclave avant de quitter le laboratoire. Cependant, le processus de stérilisation par autoclave est souvent considéré difficile à gérer au sein du laboratoire et n’est donc que rarement appliqué. Cela ne pose pas de réel problème lorsque les déchets sont immédiatement collectés, transportés, traités et / ou éliminés dans la zone de stockage des déchets au sein même de l’établissement. Le traitement consiste cependant à incinérer les déchets dans un incinérateur à deux chambres, dont la combustion est bonne avant que les déchets puissent y être introduits. Les produits à risque biologique tels que les échantillons de sang ou de crachat provenant de patients atteints de tuberculose pourront, à cause de leur teneur élevée en liquides, nécessiter un supplément de combustible de façon à éviter une baisse de température pendant leur incinération. Les échantillons contenus dans des récipients en verre ne doivent bien entendu pas être incinérés à cause du risque d’explosion, et devront être éliminés dans une fosse d’enfouissement pour déchets tranchants entièrement étanche.
Les latrines / toilettes peuvent être utilisées pour certains déchets provenant des laboratoires, tels que l’urine.
Bien que les excreta, le vomi et les liquides dus aux ponctions des patients traités avec des médicaments anticancéreux soient contaminés pendant environ 48 heures, et par conséquent considérés comme déchets à risque, on peut les éliminer sans éclaboussure dans les latrines / toilettes ou dans un vidoir, qui doivent être régulièrement entretenus.
Les quelques flacons de vaccins ouverts dans le cadre du Plan élargi de vaccination contenant encore des doses, ou ceux endommagés par rupture de la chaîne de froid font partie des déchets pharmaceutiques à production récurrente. Ces flacons peuvent être éliminés dans des fosses d’enfouissement complètement étanches pour objets tranchants, sans les briser (conformément aux recommandations habituelles pour flacons et ampoules vides). Il est cependant recommandé de stocker séparément et dans un endroit fermé les boîtes contenant des restes ou des lots complets de flacons destinés à la vaccination de masse endommagés par rupture de la chaine de froid, en vue de leur élimination pendant ou peu après la fin de la campagne. Leur
volume est généralement trop important pour qu’ils soient jetés dans une fosse d’enfouissement pour objets tranchants, ils devront donc être encapsulés.
On considère les solutions désinfectantes comme « périmées » après une période de consommation d’une journée (par ex. : 0,05 % de solution chlorée) ou d’une semaine après dilution. Il est recommandé de vérifier la période de consommation pour chaque désinfectant sur la base de leur concentration. Ces solutions « périmées » peuvent toutefois encore être utilisées pour le nettoyage des sols dans les structures de santé, peut-être après dilution supplémentaire (c’est le cas des solutions chlorées de 1% et plus). Étant donné qu’il est toujours très difficile de connaître la concentration restante de la solution, il est vivement recommandé de ne pas l’utiliser sur les surfaces critiques qui doivent être désinfectées, telles que les sols des salles d’opération et d’accouchement.
La gestion des déchets de laboratoire à production récurrente dépend de leur substance. Les liquides sont souvent simplement déversés dans l’évier après dilution avec beaucoup d’eau (attention car des procédures de dilution incorrectes pour certains produits chimiques peuvent causer de graves accidents ; toujours consulter l’étiquette qui se trouve sur le produit). La quantité de déchets chimiques à production récurrente rejetée par le laboratoire dans le lavabo est si faible qu’elle ne devrait pas causer de problèmes environnementaux ou sanitaires si un bon système d’évacuation des eaux usées est en place. Il est cependant interdit de jeter de grandes quantités de produits chimiques de laboratoire (comme une bouteille entière d’un litre) directement dans le lavabo sous peine de provoquer une pollution de la nappe phréatique quand il s’agit de systèmes standard d’infiltration des eaux usées (puits perdu, tranchées d’infiltration). Les grandes quantités de produits doivent être éliminées lors de campagnes à cet effet.
La gestion de la plupart des déchets à risque solides provenant des laboratoires (comme les kits de diagnostic) ainsi que les déchets tranchants et solides à production récurrente au sein des laboratoires peut se faire conformément aux recommandations générales de MSF pour les pays à faible revenu :
séparation,
transport vers la zone de déchets avec éventuel stockage temporaire,
traitement (incinération) éventuel et / ou
élimination finale (fosses d’enfouissement pour objets tranchants, fosse pour matières résiduelles / à cendres).
Lorsqu’il faut remplacer le révélateur et le fixateur servant à développer les films radiologiques, on peut les diluer avec une grande quantité d’eau et les jeter dans un réseau d’égout bien étanche ou dans une rivière importante et / ou à gros débit (jamais dans de l’eau stagnante comme les mares ou les lacs, ni dans les nappes souterraines par l’intermédiaire de puits perdus ou de tranchées d’infiltration). On peut également laisser s’évaporer de petites quantités de ces liquides.
S’il reste de petites quantités d’une préparation d’insecticide après une session de pulvérisation dans la structure de santé, elles peuvent être utilisées pour pulvériser les murs intérieurs des latrines. En cas d’impossibilité, en dernier recours elles peuvent être versées dans la fosse des latrines. La quantité et la concentration de ce restant d’insecticide sont considérées comme basses et ne constituent pas de menace environnementale ou de santé publique directe, dans la mesure où la réglementation standard concernant la construction des latrines a été respectée (éloignées de 30 m au minimum des sources d’eau, nappe souterraine la plus haute à 1,5 m minimum sous le fond de la fosse, le tout sur un sol homogène). Les résidus d’insecticide pourraient
même provoquer une réduction de la population de mouches dans et autour des latrines.
Les déchets à risque spécifiques à production récurrente comme les (petites) batteries du matériel médical peuvent être recyclées à condition d’être transportées dans des installations adéquates. Dans le cas contraire, il faudra les éliminer par l’intermédiaire d’une fosse d’enfouissement pour objets tranchants complètement étanche ou les encapsuler. Les mêmes techniques d’élimination peuvent être utilisées pour le petit matériel endommagé contenant des produits nocifs, comme les thermomètres au mercure. Les déchets radioactifs, bien que rares au sein des opérations de MSF, doivent faire l’objet de procédures d’élimination particulières. Il faudra contacter le Siège pour de plus amples informations.
Tout le matériel ayant potentiellement été en contact avec des médicaments anticancéreux pendant leur préparation et leur administration doit être jeté dans un collecteur à usage unique (c’est le cas par exemple des flacons et seringues avec aiguille) ou dans une poubelle spécifique pour déchets à risque (c’est le cas des pochettes de perfusion sans les aiguilles, des champs et des gants). Le collecteur peut être jeté dans une fosse pour objets tranchants complètement étanche, tandis que les déchets à risque peuvent être incinérés dans un incinérateur (à fonctionnement discontinu) à double chambre de combustion bien chauffé.
4.2. Campagnes d’élimination des produits à risque inappropriés / périmés Afin de faciliter et sécuriser sa mise en place, même avec de grandes quantités, il est important que la campagne d’élimination des déchets à risque soit rigoureusement planifiée. Pour cela il faut :
Isoler les déchets à risque.
Faire une liste de tous les produits à risque devant être éliminés.
Choisir la méthode d’élimination la plus appropriée en fonction des produits (il est recommandé de consulter le Siège à ce sujet).
Préparer les procédures d’élimination.
Transporter (éventuellement) les déchets à risque.
Mettre en place les procédures d’élimination.
Conserver tous les documents importants.
4.2.1. Isolation des déchets à risque
Pour commencer la campagne d’élimination il convient que le responsable de l’entrepôt / de la pharmacie récupère les déchets dangereux et les place dans une pièce séparée, fraîche, sèche, bien aérée et verrouillée, à bonne distance des réactifs, des produits oxydables et combustibles. La localisation de cette pièce dans la structure de santé doit être bien identifiée, de préférence isolée des autres bâtiments mais facile d’accès depuis l’entrepôt / la pharmacie et si possible aussi depuis la zone d’élimination des déchets. En ce qui concerne les produits chimiques provenant des laboratoires, la pièce d’isolation doit également être protégée de la lumière directe du soleil, éloignée des sources de chaleur et d’ignition, ainsi que de toute zone à fort risque d’incendie. La température à l’intérieur ne doit pas non plus être trop froide et en aucun cas propice à la congélation. La pièce d’isolation doit évidemment être une zone non-fumeur.
Il est recommandé de conserver ensemble les mêmes produits et de les regrouper en fonction de la catégorie de déchets à risque décrite ci-dessus à laquelle ils
appartiennent. Les produits similaires peuvent être placés dans des conteneurs fermés (comme de solides boîtes en carton, des fûts en plastique propres) et étiquetés, avec identification précise de leur contenu (nom générique, quantité, forme, dosage, date de péremption) et une indication si celui-ci est fragile (bouteilles en verre). Les réactifs de laboratoire incompatibles ne devront toutefois pas être entreposés ensemble. Le tableau suivant donne quelques indications :
-
Ne peuvent pas être stockés ensemble0
Peuvent être stockés ensemble en prenant des précautions particulières+
Peuvent être stockés ensembleTous les déchets à risque retirés de l’entrepôt / de la pharmacie doivent être inventoriés sur les « fiches de stock », avec mention de leur élimination et la raison. Il est important de laisser ces produits dans leur emballage d’origine de façon à les reconnaître et à s’assurer ensuite de leur élimination appropriée.
Au cas où l’emballage d’origine des déchets à risque serait endommagé, le personnel chargé de leur élimination devra porter une tenue de protection (gants, bottes, combinaison, masque anti-poussière ou masque respiratoire et éventuellement lunettes de protection). Le personnel requis pour ce travail doit avoir suivi une formation, être supervisé et masculin.
Tous les produits pharmaceutiques inappropriés / périmés devront être traités pendant les campagnes d’élimination. Une première sélection peut être faite en séparant les médicaments anticancéreux et les substances faisant l’objet d’un contrôle (comme les narcotiques et les psychotropes) des autres déchets pharmaceutiques.
Toutes les missions doivent être au fait de l’actualité concernant la législation nationale sur les substances faisant l’objet d’un contrôle. Il est très probable que les autorités devront être informées à l’avance sur la campagne d’élimination (raison, quantité, procédure). Cette dernière pratique est recommandée dans le cas de tous les déchets pharmaceutiques. En cas de doute, toujours consulter la législation du pays à cet égard, avec si nécessaire l’aide du pharmacien de la section.
En cas d’alerte qualité ou de rappel de lots de médicaments présents dans votre mission, contactez le pharmacien de votre section. Les produits pharmaceutiques approuvés non périmés mais qui ne correspondent pas aux normes de qualité requises (détérioration comme des changements physiques, efficacité amoindrie) doivent être mis à l’écart. Il est possible que des échantillons soient envoyés en quantité suffisante
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au pharmacien de la section pour un suivi approprié. Si la responsabilité incombe au fabricant, une décision sera prise d’un commun accord avec lui pour savoir si les produits seront éliminés sur place ou s’ils lui seront renvoyés à ses frais. Le fabricant devra normalement remplacer gratuitement les médicaments abîmés.
La plupart des produits de laboratoire à risque inappropriés ou périmés seront constitués de produits chimiques et de kits de diagnostic.
Les films radiologiques périmés contenant de l’argent, tout comme les solutions de développement et de fixation, devront être mis de côté, surtout s’il existe un point de recyclage adéquat.
Les insecticides / rodenticides inappropriés (comme ceux achetés localement) devront être séparés par produits en vue de leur inévitable encapsulation ou incinération à température élevée. Avant l’élimination de grandes quantités d’insecticides périmés, contactez votre référent technique EHA pour savoir s’il vaut la peine d’en envoyer des échantillons en Europe pour tests, afin de déterminer s’ils peuvent encore être utilisés.
L’empilement de déchets à risque spécifiques doit se décider au cas par cas. Avant de les isoler, il convient de vérifier si certains produits peuvent être recyclés, ce qui dans certains cas constituerait une alternative intéressante à leur élimination pure et simple. Pour plus d’informations veuillez consulter le Siège.
Note : La plupart du matériel médical périmé peut être considérée comme du déchet tranchant ou solide et ne fait pas partie de la catégorie des déchets à risque. Par conséquent, tout le matériel périmé susceptible de causer des blessures par piqûre ou des coupures, qui doit être éliminé dans une fosse d’enfouissement pour objets tranchants ou encapsulé, devra être séparé des déchets non tranchants ne contenant pas de substances à risque, qui à leur tour devront être brûlés ou incinérés.
4.2.2. Liste de tous les produits à risque devant être éliminés
En vue de l’élimination correcte des produits inappropriés / périmés, une liste devra être établie par la personne en charge de l’entrepôt / de la pharmacie de la façon suivante :
1. Ordonnez les produits conformément aux Feuilles de commande des produits des sections Médecine, Bloc Opératoire et Laboratoire de MSF2, ou des catalogues MSF (par exemple les médicaments à administrer par voie orale ensemble, de préférence par ordre alphabétique).
2. Indiquez le code International MSF (si vous l’avez). Ceci permettra d’identifier exactement le produit.
3. Indiquez la quantité de chaque produit (par unité ; par exemple comprimé, bouteille, ampoule).
4. Dans le cas des produits pharmaceutiques non-standard (sans code MSF), inclure:
Le nom générique (DCI), même dans le cas d’un médicament de marque.
Voie d’administration et mode de préparation.
La cause de leur élimination et la valeur des produits périmés peuvent éventuellement être ajoutées, bien que cela soit surtout à titre informatif.
Exemple:
Médicaments par voie orale
DORAABCV2S2 Sulfate d’abacavir (ABC), 20 mg/ml, solution buvable, 240 ml, bouteille
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DORAACNA1T- Acide nalidixique, 1g, comprimé
3000 DORAALBF06I Artéméther + Luméfantrine
20 mg + 120 mg, emballage blister pour bébé, 6 comprimés
120
Une copie de la liste de produits inappropriés / périmés doit toujours être envoyée au Siège. Il est également possible que la liste complète des déchets à risque ait besoin d’être lue et signée par les autorités nationales compétentes et responsables.
4.2.3. Choix de la méthode d’élimination la plus appropriée en fonction des produits S’il existe une législation nationale en matière d’élimination des déchets à risque, il faut la suivre. Il est cependant recommandé de vérifier les procédures d’élimination proposées par la loi. Si elles sont médiocres, l’alternative MSF peut être proposée et / ou MSF allié à l’OMS peuvent faire pression pour que la loi soit amendée en faveur de meilleures procédures d’élimination. S’il n’y a pas de législation à ce sujet, la stratégie MSF devra probablement être mise en œuvre.
Il est recommandé, même dans les pays à faible revenu, de vérifier s’il existe localement des institutions spécialisés dans l’élimination, y compris le recyclage, des
2La plupart des produits essentiels utilisés par MSF (médicaments, produits chimiques de laboratoire, kits de diagnostic et insecticides) sont répertoriés dans des listes spécifiques de déchets à risque avec leur procédure d’élimination possible. C’est le Siège qui s’occupe de la gestion de ces listes.
déchets à risque. Ces institutions doivent respecter la législation en vigueur (le cas échéant) ou la réglementation internationale sur ce sujet. Bien entendu, elles doivent posséder une autorisation nationale pour opérer. Qu’il s’agisse d’une institution privée ou gouvernementale, il est vivement recommandé de faire une inspection minutieuse des installations et des procédures suivies avant d’accepter la collaboration. Si les installations et procédures d’élimination sont adéquates, les négociations peuvent commencer (pour déterminer le prix, les délais, etc.). Lorsque le processus d’élimination des déchets à risque débute, il est vivement recommandé d’en surveiller de près toutes les étapes.
Au cas où il n’y ait pas d’institution spécifique ou que celles-ci ne puissent pas être mises aux normes adéquates, des campagnes d’élimination des déchets à risque spéciales, conformes à la stratégie de MSF, doivent être planifiées à l’avance par le responsable. Elles devront éventuellement être approuvées par les autorités compétentes et responsables, et parfois par le donateur.
Le choix de la méthode d’élimination la plus apte des déchets inappropriés / périmés pouvant être complexe, il est recommandé de consulter le Siège. Le schéma suivant peut apporter une aide utile dans la sélection de cette méthode.
Législation sur les déchets à risque
Existante Inexistante
Positif
- Surveiller de près et ne jamais complètement déléguer
- Autorisation signée par les autorités, l’institution & MSF - Lettre de garantie d’élimination signée par l’institution et les autorités
Institution
existante Institution inexistante
Vérifier
- Institution d’élimination - Installations de l’institution - Procédures de l’institution
Vérifier
- La possibilité de mettre en place des installations / procédures conformes à la législation / réglementation internationale
Négatif
Stratégie MSF (?)
- Proposer la stratégie MSF - Pression par l’OMS / MSF pour une élimination correcte
Conforme OMS
- Vérifier l’existence d’une institution chargée de l’élimination
Non conforme OMS
Au cas où la stratégie MSF serait suivie, l’une ou plusieurs des procédures suivantes approuvées par l’OMS peuvent être mises en place pour l’élimination de chacun des différents types de déchets à risque :
Gestion « en interne » :
Encapsulation
Neutralisation
Dissolution
Dilution
Incinération en discontinu
Évaporation
« Recyclage »
Gestion en externe (installation hors site mais pas par une institution officielle d’élimination) :
Incinération
o Incinération à haute température o Incinération à moyenne température
Retour au fabricant
4.2.3.1. Gestion « en interne »
Encapsulation
L’encapsulation est une méthode consistant à incorporer les déchets à risque dans un mélange de chaux, ciment et eau qui se solidifie à l’intérieur d’un fût propre en acier ou en plastique, qui sera ensuite scellé une fois plein. Cette méthode neutralise les déchets à risque avant leur enfouissement dans un lieu sécurisé. Une attention particulière devra être portée au fait que certains produits dangereux ne doivent pas entrer en contact l’un avec l’autre, car cela pourrait provoquer des réactions chimiques incontrôlées. Les déchets devront donc être maintenus dans leur emballage d’origine (comme les pots, les blisters). Pour la même raison, les réactifs de laboratoire ne doivent pas être encapsulés dans des fûts en acier.
Avantages :
Méthode qui peut être utilisée pour tous les produits à risque inappropriés / périmés (c’est même la seule alternative pour les aérosols si aucune installation spécialisée d’élimination n’est disponible).
Méthode peu coûteuse.
Peu de main d’œuvre nécessaire car les déchets à risque peuvent être maintenus dans leur emballage d’origine.
Pas de matériel spécifique requis (même si une bétonnière facilite énormément la tâche en cas de grande quantité de déchets à risque).
Méthode simple qui peut être implémentée directement par MSF (après formation appropriée de tout le personnel impliqué).
Méthode qui peut être implémentée au sein même de la structure de santé, avec la possibilité d’enfouissement hors site s’il manque de la place.
Inconvénients :
Les déchets à risque ne sont pas détruits et pourraient éventuellement être
récupérés (malgré la difficulté que cela représenterait).
De grandes quantités de déchets à risque encapsulés nécessitent un vaste espace consacré à l’enfouissement (éventuellement hors site dans une décharge
contrôlée).
Critères particuliers nécessaires concernant les lieux d’enfouissement (situés loin des sources d’eau pour éviter une contamination éventuelle des nappes
souterraines et de surface, accès interdit au personnel non autorisé).
Si les fûts contenant des déchets à risque encapsulés doivent être enfouis hors site :
Transport nécessaire et donc nécessité de bouger les fûts, très lourds.
Autorisation spéciale éventuellement nécessaire pour l’ensevelissement dans une décharge contrôlée.
Plus aucun contrôle sur les déchets à risque encapsulés une fois enfouis.
Dans le cas des médicaments anticancéreux :
Nécessité d’une double encapsulation : de petites quantités du même médicament sont encapsulées à l’intérieur d’un petit récipient (conteneur spécial ou seau en plastique avec couvercle adéquat), qui sera ensuite encapsulé dans le fût normal en acier ou en plastique.
Nécessité d’une couche imperméable (comme de l’argile) sous les fûts enfouis.
Méthode longue : la solidification du mélange prend entre 7 et 28 jours avant que l’enfouissement puisse avoir lieu.
Neutralisation
La neutralisation est une variante du conditionnement des déchets principalement utilisée pour les déchets pharmaceutiques (semi-)solides et en poudre. À la différence de l’encapsulation, les déchets sont séparés de leur emballage premier et éventuellement broyés avant d’être ajoutés, sous forme de poudre, au mortier constitué de chaux, de ciment et d’eau. Le mélange est ensuite déversé dans le sol.
Une attention particulière devra être portée au fait que certains produits dangereux ne doivent pas entrer en contact l’un avec l’autre, car cela pourrait provoquer des réactions chimiques incontrôlées. Par conséquent la neutralisation devra être faite séparément pour chaque produit dangereux.
Avantages :
Outre le fait que les déchets sont conditionnés, ils ne sont plus accessibles car ils ont été intégrés au mélange qui se solidifie.
Procédé relativement peu coûteux.
Pas de matériel spécifique nécessaire (bien qu’une bétonnière et un broyeur ou un rouleau compresseur facilitent énormément la tâche en cas de grande quantité de déchets).
Méthode simple pouvant être implémentée directement par MSF (après formation adéquate de tout le personnel impliqué).
Méthode pouvant être mise en place au sein de la structure de santé, avec enfouissement hors site potentiel s’il manque de la place.
Méthode nécessitant moins d’espace pour l’enfouissement qu’en cas d’encapsulation.
Inconvénients :
Méthode ne pouvant être utilisée que pour un nombre restreint de déchets pharmaceutiques : un autre procédé est nécessaire pour les liquides, hormones, psychotropes, narcotiques, antinéoplasiques, vaccins, onguents, aérosols et désinfectants.
Méthode exigeante en terme de main d’œuvre, les déchets à risque devant être séparés de leur emballage d’origine puis éventuellement broyés.
L’ouverture des emballage et le (potentiel) broyage des déchets pharmaceutiques génèrent de la poussière, une attention particulière devra donc être portée à la protection du personnel masculin chargé de la neutralisation (ventilation, matériel de protection personnelle…).
En cas de neutralisation avec enfouissement hors site :
Besoin de transport :
o Camion malaxeur si le mélange est fait sur place (au sein de la structure de santé).
o Camion / pick-up pour déplacer les déchets à risque jusqu’à la décharge où le mélange sera préparé et enfoui.
Nécessité éventuelle d’obtenir des autorisations spéciales pour l’enfouissement des déchets à risque sur dans une décharge.
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La dissolution est une méthode qui consiste à mélanger dans un fût en plastique des déchets à risque en poudre ou (semi-)solides avec une quantité minimale d’eau propre non salée nécessaire pour obtenir leur dissolution. Le mélange, auquel est ajoutée une quantité d’eau supplémentaire, est ensuite rejeté dans un réseau fermé d’égout ou dans une rivière à haut débit. Afin d’éviter les réactions chimiques incontrôlées, les produits à risque devront être traités séparément. Ne jamais rejeter le mélange dans un cours d’eau à faible débit ou dans des eaux de surface stagnantes, ni dans les nappes souterraines.
Avantages :
Les déchets sont désormais inaccessibles car ils ont été dissous, dilués et rejetés.
Méthode peu coûteuse.
Pas de matériel particulier requis.
Méthode simple pouvant être implémentée directement par MSF (après formation adéquate de tout le personnel impliqué).
Méthode pouvant être mise en place au sein de la structure de santé, avec possible rejet hors site dans un réseau fermé d’égout ou une rivière importante et / ou à haut débit.
Méthode ne nécessitant pas de place pour les déchets puisqu’ils sont rejetés.
Inconvénients :
Méthode ne convenant qu’à une certaine catégorie de produits inappropriés / périmés (ne convenant pas aux liquides, médicaments anti-infectieux, médicaments (potentiellement) fœto-toxiques, hormones, psychotropes, narcotiques, antinéoplasiques, vaccins, onguents et désinfectants).
Méthode relativement exigeante en termes de main d’œuvre, les déchets devant être séparés de leur emballage premier et mélangés pour être dissous.
Grande quantité d’eau propre et non salée nécessaire.
Bon réseau complètement fermé d’égout nécessaire (également hors du lieu où se fait la dissolution), si possible avec usine de traitement des eaux, ou une rivière à haut débit (ne jamais déverser le mélange dans des eaux stagnantes telles que dans les mares ou les lacs, ni dans les nappes souterraines via des puits perdus ou des tranchées d’infiltration).
Transport éventuellement nécessaire du mélange vers les égouts / la rivière.
Nécessité éventuelle d’obtenir des autorisations spéciales pour déverser les déchets à risque dans les égouts ou la rivière.
Risque potentiel de pollution des sources d’eau (de surface et souterraines) si les règles fondamentales ne sont pas respectées.
Attention :
La quantité d’eau minimum nécessaire pour atteindre le point de solubilité du déchet à risque (semi-)solide ou en poudre est indiquée pour chacun des produits en question et doit être respectée.
Dilution
La dilution est une méthode par laquelle les déchets à risque liquides sont mélangés dans un fût en plastique avec de l’eau propre non salée pour éviter que celle-ci ne sature. Le mélange, auquel est ajoutée une quantité d’eau supplémentaire, est ensuite
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déversé dans un réseau fermé d’égout ou dans un cours d’eau à haut débit. La dilution est souvent faite directement au niveau du laboratoire pour les petites quantités de déchets à risque à production récurrente. Afin d’éviter les réactions chimiques incontrôlées, les produits à risque devront être traités séparément. Ne jamais déverser le mélange dans un cours d’eau à faible débit ou dans des eaux de surface stagnantes, ni dans les nappes souterraines.
Avantages :
Les déchets sont désormais inaccessibles car ils ont été dilués et rejetés.
Méthode peu coûteuse.
Pas de matériel particulier requis.
Méthode simple pouvant être implémentée directement par MSF (après formation adéquate de tout le personnel impliqué).
Méthode pouvant être mise en place au sein de la structure de santé, avec possible rejet hors site dans un réseau fermé d’égout ou un cours d’eau important et / ou à haut débit.
Méthode ne nécessitant pas de place pour les déchets puisqu’ils sont rejetés.
Inconvénients :
Méthode ne convenant qu’à une certaine catégorie de produits inappropriés / périmés (ne convient pas aux produits (semi-)solides ou en poudre, médicaments anti-infectieux, médicaments (potentiellement) fœto-toxiques, hormones, psychotropes, narcotiques, antinéoplasiques, vaccins, onguents et désinfectants).
Méthode relativement exigente en termes de main d’œuvre, les déchets devant être séparés de leur emballage d’origine et mélangés à l’eau pour être dilués.
Grande quantité d’eau propre et non salée nécessaire.
Bon réseau complètement fermé d’égout nécessaire (également hors du lieu où se fait la dilution), si possible avec usine de traitement des eaux ou une rivière à haut débit (ne jamais déverser le mélange dans des eaux stagnantes telles que dans les mares ou les lacs, ni dans les nappes souterraines via des puits perdus ou des tranchées d’infiltration).
Nécessité éventuelle de transporter le mélange vers les égouts / la rivière.
Nécessité éventuelle d’obtenir des autorisations spéciales pour rejeter les déchets à risque dans les égouts ou la rivière.
Risque potentiel de pollution des sources d’eau (de surface et souterraines) si les règles fondamentales ne sont pas respectées.
Risque potentiel d’accidents (surtout avec les acides) si les règles spécifiques ne sont pas respectées (formation claire !).
Attention :
La quantité d’eau nécessaire pour éviter sa saturation avec le déchet à risque liquide est indiquée pour chacun des produits en question et doit être respectée.
Il est important de verser l’acide dans l’eau et non l’inverse car cela pourrait provoquer des explosions. Les acides doivent être neutralisés avec de la chaux avant d’être rejetés.
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Incinération en discontinu (par ex. : Incinérateur De Montfort)
Les incinérateurs à fonctionnement discontinu, même ceux disposant d’une seconde chambre de combustion et de matériaux résistants à la chaleur, ne sont PAS une alternative pour l’élimination de la majorité des déchets à risque (comme les produits chimiques de laboratoire et les déchets pharmaceutiques, par exemple), à cause des gaz très toxiques qu’ils rejetteraient en cas de :
température de combustion potentiellement trop basse.
forte chute de température à chaque ouverture de porte pour le chargement d’un nouveau lot de déchets.
temps de rétention trop court des gaz de combustion à l’intérieur du four (qui devrait être de 2 secondes minimum à 850 °C / 1200 °C).
Certains produits exposés à la chaleur pourraient même exploser, et causer de graves blessures à l’ouverture de la porte de chargement ou de celle permettant de vider les cendres.
L’incinération à fonctionnement discontinu est une méthode qui peut cependant être utilisée pour les déchets à risque qui ne sont pas si « dangereux », même s’ils sont incinérés à une température inférieure à 1200 °C avec un court temps de rétention des gaz. C’est le cas de la plupart des kits de diagnostic de laboratoire et de certains déchets à risque biologique. Ces déchets ne devraient néanmoins être chargés dans l’incinérateur que lorsque le processus de combustion est bien engagé. Il faudra si nécessaire ajouter du combustible pour atteindre une combustion satisfaisante.
Les emballages vides inflammables des déchets à risque (comme les cartons et emballages blister) peuvent également être incinérés en discontinu. Les emballages tranchants et / ou qui pourraient exploser (flacons, ampoules, aérosols) ne doivent JAMAIS être incinérés en discontinu au risque de causer de graves accidents.
Avantages :
Les déchets potentiellement « à risque » sont détruits et ne peuvent donc plus être réutilisés.
Réduction du volume des déchets.
Méthode relativement peu coûteuse, si l’on dispose d’un incinérateur à fonctionnement discontinu.
Méthode relativement simple pouvant être implémentée directement par MSF (après formation adéquate de tout le personnel impliqué).
Méthode pouvant être mise en place au sein de la structure de santé, si elle dispose d’un incinérateur à fonctionnement discontinu et d’une fosse à cendres / matières résiduelles.
Inconvénients :
Très peu de déchets « à risque » peuvent être incinérés en discontinu
(principalement des kits de diagnostic et certains déchets à risque biologique).
Nécessité éventuelle d’obtenir des autorisations spéciales pour l’incinération des déchets (à risque).
Pollution de l’air, surtout si les règles fondamentales ne sont pas respectées.
Risque d’accidents éventuels si les règles fondamentales ne sont pas respectées (formation !).
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Note : Les kits de diagnostic et l’emballage vide inflammable des déchets à risque peuvent être brûlés dans un fût réducteur de volume, si rien d’autre n’est disponible.
Évaporation
L’évaporation peut être une solution alternative pour l’élimination de certains liquides de laboratoire ou de solutions de développement et de fixation des films radiologiques, mais seulement s’il s’agit de petites quantités. Les conditions idéales pour cette méthode sont une température élevée et un taux d’humidité relativement bas. Elle doit s’effectuer dans un endroit extrêmement bien ventilé, potentiellement couvert, éloigné et isolé de toute autre activité (accès interdit aux personnes non autorisées). L’évaporation se fera plus rapidement si le liquide est versé dans un récipient ouvert et qu’il dispose d’une grande surface de contact avec l’air ambiant.
La matière du récipient doit être compatible avec le liquide à être évaporé, pour éviter toute réaction chimique dangereuse (fonte du récipient, par exemple, une réaction exothermique ou même une explosion).
Avantages :
Méthode peu coûteuse s’il existe déjà un endroit adéquat pour l’évaporation.
Pas de matériel particulier requis, sauf un récipient apte à l’évaporation.
Méthode simple pouvant être implémentée directement par MSF (après formation adéquate de tout le personnel impliqué).
Méthode pouvant être mise en place au sein de la structure de santé.
Pas besoin d’espace d’enfouissement, ni de système d’égout, de rivière ou d’incinérateur.
Inconvénients :
Très peu de déchets à risque peuvent être évaporés.
Nécessité d’un endroit bien ventilé, potentiellement couvert, où les personnes non autorisés ne peuvent entrer.
Risque d’accidents éventuels (avec les acides, par exemple) si les règles fondamentales ne sont pas respectées (formation !).
« Recyclage »
Le « recyclage » est une méthode par laquelle un déchet, potentiellement dangereux s’il est incorrectement éliminé, est réutilisé à des fins moins critiques n’impliquant aucun risque réel. Le « recyclage » sera principalement utilisé pour les désinfectants inappropriés / périmés, mais aussi pour les solutions de désinfectant diluées il y a plus d’une semaine et les restes de préparations d’insecticides (qui sont des déchets à risque à production récurrente). La préparation des désinfectants se fera conformément aux procédures normales, mais en cas de doute il est recommandé de contacter le Siège.
Avantages :
Les déchets potentiellement à risque peuvent encore être utilisés.
Méthode permettant de faire des économies.
Pas de matériel particulier requis, sauf des récipients pour contenir le désinfectant liquide.
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Méthode simple pouvant être implémentée directement par MSF (après formation adéquate de tout le personnel impliqué).
Méthode pouvant être mise en place au sein de la structure de santé.
Inconvénients :
Très peu de déchets à risque peuvent être « recyclés » (principalement des désinfectants).
Méthode relativement exigente en termes de main d’œuvre, les déchets devant être séparés de leur emballage d’origine et dissous / dilués.
Grande quantité d’eau propre et non salée nécessaire.
Risque d’accidents éventuels si les règles fondamentales ne sont pas respectées (formation !).
Note : L’argent contenu dans les films radiologiques (et les photographies) périmés, ainsi que les batteries et certains autres déchets à risque peuvent également être recyclés, mais ceci doit être fait par des institutions / entreprises spécialisées qui ne sont pas toujours présentes dans les pays à faible revenu. Il est néanmoins conseillé de vérifier s’il existe ce type d’installation dans la région.
4.2.3.2. Gestion en externe
Incinération
Il est important de bien faire la distinction entre des températures élevées et moyennes d’incinération. L’incinération à température élevée peut être utilisée pour éliminer la plupart des déchets à risque (dans les limites posées par leur emballage), tandis que l’incinération à moyenne température présente de nombreuses restrictions dues aux risques sur l’environnement et sur la santé.
Alors qu’il est facile de savoir s’il existe des industries disposant d’incinérateurs à température moyenne ou élevée, il est encore plus important de connaître la température maximale que peut atteindre l’incinérateur et la période de rétention interne de ses gaz de combustion. Avant d’entamer les négociations avec l’entreprise, vérifier si l’incinération à température élevée / moyenne dans leur installation est conforme à la législation nationale, s’il en existe une.
Les questions administratives (décrites ci-après) devront être résolues avant que l’incinération puisse se faire. Les détails pratiques devront également avoir été prévus : par exemple, les déchets à risque solides et / ou l’emballage pourraient nécessiter d’être broyés avant d’être introduits dans l’incinérateur, sous peine de bloquer le système de chargement.
Incinération à température élevée
Pour parler de température d’incinération élevée, la température dans la chambre doit atteindre 1200 °C minimum et la période durant laquelle les gaz de combustion se maintiennent à cette température doit être de 2 secondes au minimum. Dans ces conditions, le risque de formation de produits collatéraux à risque (toxiques) comme la dioxine (formée par la combustion de gaz halogènes) et les pluies acides (principalement dues au soufre) reste limitée.
Même dans les pays à fort revenu, très peu d’incinérateurs de classe 1 existent, spécialement conçus pour l’incinération de déchets dangereux et disposant d’un
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système en plusieurs étapes de nettoyage des traces de fumée. Des règles spécifiques doivent être suivies pour l’incinération d’ampoules et de flacons, même dans ces installations sophistiquées, car le chargement massif de ces produits pourrait causer de graves dégâts.
Certaines industries comme les usines de ciment et les hauts fourneaux ont des fours pouvant atteindre plus de 1200 ºC et de longues périodes de rétention des gaz à ces températures élevées. Elles peuvent donc se révéler une alternative intéressante pour l’élimination des déchets à risque, y compris dans les pays à faible revenu qui disposent de ces installations. Les fabriques de ciment sont particulièrement indiquées pour la destruction de la majorité des déchets pharmaceutiques, mais également des déchets chimiques, des huiles et des pneus usés, car elles peuvent atteindre des températures de 1400 ºC minimum, celle des gaz de combustion allant jusqu’à 2000 ºC, avec une période de rétention de plusieurs secondes. Cela n’empêche pas de prêter une attention particulière pour certains déchets à risque, plus précisément leur emballage. Il faudra également vérifier si le responsable de l’usine de ciment accepte d’incinérer des ampoules et des flacons, à cause des risques de blocage du mécanisme de chargement et d’explosion qui pourraient sérieusement endommager l’incinérateur / le four. Les aérosols ne doivent jamais être incinérés ! En ce qui concerne l’élimination en tant que telle, il est recommandé que la proportion de déchets à risque ne dépasse pas 5 % de la totalité du combustible utilisé.
Avantages :
L’incinération à température élevée est une méthode de destruction.
Méthode pouvant être utilisée pour la plupart des déchets à risque (mais jamais pour les aérosols ni pour les flacons et ampoules en verre).
L’impact environnemental et les risques pour la santé publique sont moindres comparés à d’autres procédures d’élimination.
Inconvénients :
Les installations d’incinération à température élevée ne sont pas disponibles partout et ne font en aucun cas partie du matériel dont dispose MSF.
La charge administrative pouvant être lourde, ce n’est pas une méthode qui puisse être mise en place rapidement pour de petites quantités de déchets à risque (sauf peut-être s’il existe déjà un accord de principe précis entre MSF et l’installation industrielle).
Moyens de transport nécessaires pour déplacer les déchets entre la structure de santé et l’usine disposant d’installations pour une incinération à température élevée.
Les déchets à risque étant éliminés hors site, le risque de fraude (disparition de médicaments qui sont ensuite revendus, par exemple) est accru, d’où la nécessité pour MSF d’effectuer un suivi régulier.
L’incinération à température élevée peut s’avérer coûteuse.
Un bon contrat, au moins avec le responsable de l’installation industrielle, est fondamental.
Incinération à moyenne température
Pour parler d’incinération à moyenne température, la température dans la chambre de combustion doit être supérieure à 850 °C et la période à laquelle les gaz de combustion doivent rester à cette température doit être de 2 secondes au minimum.