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1861
Règles du Séminaire Interne: 1861 Règles du Séminaire Interne: 1861
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Règles du Séminaire Interne: 1861.
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Règles
du
Séminaire Interne
de la
Congrégation de la Mission
Enregistrement informatique : février-avril 1999
Préambule.
Fratres, régamus vos, obsecramus in Domino Jesu, ut in exactam ipsarum regularum observationem incumbatis ; pro certo habentes, quod si illas servaveritir, ipsæ vos servabunt, et tandem ad finem optatum, hoc est ad cælestem beatitudinem securos vos deducent. Amen
(Sté Vincentii épistola prævia Reg. Com)
Toutes les Congrégations ont pour but la gloire de Dieu et la santification de ceux qui s’y aggrégent, outre cette fin qui leur est commune, chaque Communauté a un but particulier, des devoirs et des fonctions qui la distinguent des autres. Or chaque fin particulière demande des moyens particuliers pour y arriver, et ces moyens sont indiqués par des règles. Chacune des sociétés civiles a des règlements.
Les arts qui partagent l’industrie et les travaux des hommes ont leurs règles ; il faut aussi que chaque Communauté ait les siennes et il n’en a jamais existé sans ce secours. Aussi l’importance
2.
d’observer ces règles est équivalent à celle d’obtenir la fin de l’Institut, et de remplir les vues que Dieu a eues en l’établissant et en y appelant des sujets.
Nous devons donc observer les règles parce que : 1° Dieu le veut.
2° Notre sanctification y est attachée.
3° Le succès de notre vocation et de nos fonctions en dépend.
1° Dieu le veut.
Dieu aime l’ordre, parce qu’il en est par sa nature la source et le modèle : Dieu est ordo. Il l’aime encore parce qu’il l’a établi dans toutes ses œuvres. Or, quiconque vit en Communauté, sans en observer les règles, est sans contredit, dans le désordre. Il est comme un membre du corps humain qui ne ferait pas la fonction qui lui est propre, qui voudrait dans ses mouvements une autre marche que celle que la nature lui a assignée. Non seulement ces mouvements contre nature le rendraient inutile, il gênerait encore, il paralyserait les autres dans leur action et serait digne d’être retranché. Telle est aux yeux de Dieu, toute personne de Communauté qui ne suit pas la règle. Elle vit et agit hors de l’ordre, et ne peut être qu’un objet d’horreur pour Dieu.
3.
2° Notre sanctification y est attachée.
Car si les règles sont un bienfait de Dieu et si Dieu veut que nous les observions, c’est abuser de ses dons, c’est résister à sa sainte volonté que de ne vouloir pas les observer. Si elles sont les moyens que Dieu nous a donnés pour arriver à la fin de notre sainte vocation, qui est, avant tout, de nous sanctifier, de nous sauver, nous n’y arriverons pas sans prendre ce moyen.
On ne peut se sanctifier que par l’accomplissement des devoirs communs de la religion et des devoirs particuliers de notre état. Les devoirs particuliers de notre état sont tracés par nos règles ; elles sont donc la voie dans laquelles nous devons marcher, la porte par laquelle nous devons entrer dans la vie éternelle, le livre sur lequel nous serons jugés au jour de notre mort.
Les règles indiquent ce qu’il faut faire, comment il faut le faire et le temps de le faire, c’est à dire prescrivent les devoirs et les circonstances qui doivent en rendre l’accomplissement parfait dans quelque état que l’on se trouve.
4.
3° Le succès de notre vocation et de nos fonctions en dépend.
Nous sommes maintenant à la Mission pour y vivre selon les règles qui la constituent et la distinguent des autres sociétés religieuses. Nous n’y avons été admis qu’à la condition, au moins implicite, d’en suivre les règles, les usages et les pratiques pieuses ; vouloir nous en exempter, nous y soustraire est donc une infraction sacrée et de la plus haute importance ; c’est en même temps une injustice et une ingratitude qui entraînent après elles un grand nombre d’effets tous très funestes : la perte de la vocation quelquefois, ou la stérilité dans nos fonctions.
Ce qui fait le Missionnaire, ce n’est pas d’en porter l’habit et le nom, c’est d’en avoir l’esprit. Or, cet esprit consiste dans l’amour et la pratique constante et surnaturelle des règles de la Congrégation. Celui donc qui ne les aime pas et ne se met pas en peine de les observer, n’a pas l’esprit de son état. Il n’a donc d’un Missionnaire que l’habit et le nom ; il est infidèle à la grâce de sa vocation et mérite de la perdre : ce qui en effet n’arrive que trop souvent.
5.
Chapitre Premier.
Fin et Esprit de la Congrégation.
1° Fin.
La fin que doivent se proposer ceux qui sont appelés à la Congrégation de la Mission est de travailler :1° A leur sanctification.
2° A faire des missions au pauvre peuple, ou d’autres œuvres indiquées par les Supérieurs pour le salut et l’avancement du prochain.
3° Aider les Ecclésiastiques à acquérir la science et les vertus requises par leur état ; diriger les Séminaires.
2° Esprit.
Les vertus propres de notre état en qui se composent l’esprit sont :1° La Simplicité.
2° L’Humilité.
3° La Douceur.
4° La Mortification.
5° Le Zèle du salut des âmes.
St Vincent dit que ces vertus doivent être comme les facultés de l’âme de la Congrégation, et qu’elles doivent animer les actions de ceux qui la composent.
6.
Les vices qu’il nous commande d’éviter sont : 1° La prudence de la chair.
2° Le désir d’être estimé des hommes.
3° L’attachement à notre propre jugement, à notre propre volonté.
4° L’amour de ses aises et des commodités.
5° L’insensibilité pour la gloire de Dieu et le salut du prochain.
Chapitre Deuxième
De l’Esprit du Séminaire.
L’Esprit du Séminaire, tous doivent être remplis ceux qui aspirent à devenir membres de la Congrégation, consiste :
1° Dans une profonde Humilité, une grande Simplicité et une Douceur inaltérable.
2° Dans une continuelle Mortification intérieure et extérieure.
3° Dans une parfaite Modestie qui doit paraître dans toutes les occasions, notamment dans celles qui portent davantage à la dissipation, comme sont le réfectoire, la récréation, les sorties en ville, les jours de congé, les classes, les visites au parloir.
4° Dans une obéissance aveugle, prompte,
7.
cordiale qui fait tout quitter au moindre signe, ou au son de la cloche.
5° Dans un amour de la pauvreté qui nous fasse nous contenter de ce qui nous est donné, et nous fasse désirer le pire.
6° Dans un Silence et un Recueillement habituels.
7° Dans un grand respect les uns pour les autres qui doit paraître dans les paroles et dans les déférences ; autant que la simplicité peut le permettre.
8° Dans un grand Zèle et une grande Ferveur d’esprit à observer toutes les règles et pratiquer, pour imiter l’enfance de N.S.J.C en les vertus qu’il a pratiquées dans son jeune âge, surtout son silence, son recueillement et sa solitude.
Les Séminaristes de la Mission doivent se rappler souvent aussi qu’ils sont au Séminaire Interne comme St Jean-Baptiste dans le désert et les apôtres dans le cénacle, pour se revêtir de l’esprit d’en haut et prêcher ensuite par leurs paroles et par leurs exemples la Religion de Jésus-Christ.
8.
Chapitre Troisième.
1° Ordre de la Journée.
4h.
4h1/2 5h1/2
6h3/4
Matin.
Lever, exepté le jour de la semaine où l’on permet de reposer jusqu’à 5h1/2.
Ranger la chambre, le lit, se laver Etc….
Le tout avec recueillement et en préparant le sujet de la Méditation.
Visite au Saint-Sacrement.
Prière vocale et méditation jusqu’à 5h1/2.
Le jour de repos la Méditation à lieu de 6h, jusqu’à 7h.
Après avoir visité le St-sacrement, on se rend au Séminaire, on écrit les résolutions qu’on a prises dans l’oraison, puis on étudie
l’Ecriture sainte. on apprendra surtout les versets qui doivent être récités à la demande du Directeur, le mercredi après le Chapitre, le vendredi avant l’exercice du matin, et le dimanche soir à la classe d’Ecriture Sainte.
Lecture d’un chapitre du Nouveau-Testament, a genoux, tête nue, jusqu’au premier coup de la cloche qui appelle à la Messe de Communauté. le jour de repos cette lecture se fait à 11h 20 m.
9.
7h.
8h1/2
Messe de Communauté. Déjeuner. pour s’en absenter il faut une permission. Exercices corporels. On demande à Mr le Directeur à quoi on emploiera le temps les jours où l’on n’aurait point d’exercices corporels à faire. Mr le Directeur peut donner à confectionner quelque instrument de pénitence.
Exercice dans la salle du séminaire, savoir :
Lundi. Chapitre avec M.M. les Etudiants et nos frères Coadjuteurs.
Mardi. Conférence avec les mêmes.
Mercredi. Chapitre pour tous ceux qui n’ont pas fait les vœux. les jours de grande promenade, le Chapitre à lieu à 11h.
Jeudi. Conférence spirituelle selon la méthode de St-Vincent.
Vendredi. Explication des règles communes.
Après, le Directeur donne les avis. Qui se sent coupable se met à genoux et attend qu’on lui dise : Relevez-vous ; écrire ces avis aussitôt après l’exercice.
Samedi. Colloque. Immédiatement après le Veni Sancte Spiritus, quand tous sont assis, on nomme ceux qui doivent remplir les offices de la semaine ou du mois. Les autres qui sortnt de ces offices se mettent à genoux pour s’accuser et demander pénitence des fautes qu’ils y ont faites. Ils s’accusent de cette manière : Monsieur, je demande pardon à Dieu, et à vous pénitence de toutes les fautes
10.
9h1/4
10h1/4 10h1/2
11h1/2
que j’ai commises dans mon office de N… (désigner l’office) et je m’accuse en 1er lieu, en 2è et en 3è lieu…. On doit faire cette action avec humilité et ne rien dire qui puisse exciter à rire, chose que l’on doit soigneusement
éviter en semblable occasion.
Etude de la Vie et des Conférences de SaintVincent. lorsque
l’exercice précédent dure jusqu’à 9h.1/4, on commence la lecture de StVincent aussitôt après l’exercice. s’il restequelques minutes avant le 1/4 d’heure, on peut l’employer à prendre des notes sur ce qui a été dit à l’éxercice précédent.
Visite d’usage au St-sacrement. Temps libre.
Occupations diverses…… Selon le besoin de chacun ; par exemple lire les Annales……….. transcrire les règles… faire la
communication, apprendre les cérémonies…. écrire des lettres… ou faire autres choses auxquelles le Directeur appliquera ; surtout prendre des notes sur ce qu’on aura remarqué, afin d’en faire esuite l’analyse. Apprendre à bien écrire lorsqu’on ne le sait pas.
Lecture spirituelle dans le livre indiqué par le Directeur. le Dimanche la lecture spirituelle se fait dans le cahier des règles.
11.
12h
2h
2h1/2
4h
5h.
5h1/4.
5h1/2.
5h3/4.
Examen. Dîner. Récréation. pendant le Dîner et le Souper quelues Séminaristes servent à la vaisselle, à savoir 3 à midi et 2 le soir.
Soir.
Ave Maris-Stella, à la Chapelle.
Chant. Le lundi, mardi et jeudi.
Cérémonie. Le vendredi et samedi ordinairement.
Lecture d’un chapitre de l’Imitation, puis études diverses, selon les divers besoins. M.M. les Séminaristes prêtres pourront étudier la Théologie, et les autres l’Examen, après avoir été appelés à l’ordination. Lundi. Classe de lecture.
Mardi. Explication des règles ou Prédication.
Mercredi. Promenande.
Jeudi. Exercice sur le Catéchisme du Concile de Trente, et quand il n’a pas lieu, lecture des Notices sur la vie des Confrères.
Vendredi. Cours d’herméneutique sacrée à 4h1/2.
Samedi. Lecture des Notices.
Visite au St-Sacrement. le Dimanche Ecriture Sainte.
Temps libre.
Analyse des lectures spirituelles.
Occupations pieuses selon l’avis du Directeur.
12.
6H1/2.
7h.
8h1/2.
9h.
Méditation. Office pour ceux qui sont dans les Ordres Sacrés. Ils feront 1/4 d’heure deMéditation auparavant.
Examen particulier. Souper. récréation.
Examen général. Lecture du sujet de la Méditation.
Extinction de la chandelle. Tous doivent être couchés à 9h.
2° Jour de Congé.
Récréation depis l’exercice jusqu’à 11h.
On doit y réciter l’Office des morts. on y peut aussi réciter le Chapelet.
On part pour la maison de campagne en hiver, aussitôt après le dîner. De Pâques jusqu’au mois de Juin, après la Messe de Communauté qui se dit à 5h1/2. Du mois de Juin au 1er Octobre, le départ a lieu après la lecture des points de la Méditation qui se lisent sans interruption.
A la maison de campagne, la lecture du Nouveau Testament et la lecture spirituelle se font à 11h25m en commun, puis Examen particulier à la Chapelle.
A 5h22m. Ave Marie-Stella. 6h. Souper.
Aussitôt après on part pour Paris. lorsque l’on dit la Messe à la maison de campagne, elle a lieu 1/4 d’heure après l’arrivée de la Communauté.
13.
3° Dimanches et Fêtes solemnisées.
7h.1/4
8h.
2h.1/2
Lecture du Nouveau-Testament, puis préparation à la Ste Communion.
Ceux qui sont employés pour l’Office de l’Eglise les jours de grandes fêtes commencent ces exercices à 7h20m, afin de descendre à 7h3/4 pour préparer leurs offices.
Grand Messe à laquelle on communie.
Après la Messe on rste à l’église pour faire 1/4 d’heure d’action de grâces.
Déjeûner.
Vêpres. Après Vêpres, récréation jusqu’à 4h.3/4. pour l’ordinaire.
Chapitre quatrième.
Règles et Pratiques communes à toute la Communauté.
1° Lever à 4h. Coucher à 9h. Le matin dès le premier son de la cloche, élever son cœur à Dieu, le lui offrir, faire le signe de la Croix et lui rendre grâces de sa conservation. Descendre du lit, se prosterner, baiser la terre, adorer la Ste Trinité, implorer le secours de la Ste Vierge et dire de cœur : Benedicta sit sancta et individua Trinita,
14.
nunc et semper et per infinita sæcula sæculorum amen…..Sancta Dei Génitrix, sis nobis auxiliatriix !
2° S’habiller promptement, en gardant une grande modestie, et tenir son esprit et son cœur unis à Dieu, pensant que ce jour-là sera peut être le dernier de notre vie, le dernier qui nous sera accordé pour faire pénitence ; que c’est en qualité d’héritiers de la prévarication d’Adam que nous sommes obligés de nous vêtir et que nos vêtements sont des marques de notre misère. Prier Dieu de nous dépouiller du vieil homme et de nous revêtir di nouveau ; baiser la soutane qui nous représan te par sa forme simple les principales vertus que nous devons pratiquer dans la Compagnie. (Dire la prière du chapitre V.)
3° Quand on est habillé, faire son lit, mettre tout en ordre dans sa chambre ou au Séminaire, se rappeler le sujet de l’Oraison et prévoir le fruit qu’on en veut retirer. Ne point sortir de la cham bre ou de la toile sans être tout à fait habillé.
4° Visite au St Sacrement.
5° Aller en silence, sans bruit, avec un esprit tranquille et recueilli au lieu destiné à l’Oraison, et y employer une heure avec toute l’application dont on est capable.
6° Entendre tous les jours la Ste Messe, ou
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la dire, pourvu qu’aucune raison légitime n’en empêche ; puis vaquer à son travail en esprit de pénitence, en silence et en union de ce que notre divin Sauveur a fait et enduré pour nous.
7° Chacun lira chaque jour à genoux, tête nue, un chapitre du Nouveau Testament, qui sera précédé et suivi des actes appris au Séminaire.
Lorsque le chapitre contient 30 versets et au-delà on peut le partager.
8° Faire chaque jour une lecture spirituelle dans le livre désigné par le Directeur.
9° Immédiatement avant le diner et le souper, faire l’examen particulier sur la vertu qu’on s’est proposé d’acquérir ou sur le vice qu’on veut extirper, et à l’heure assignée avant le coucher, l’examen général sur toutes les actions de la journée.
10° Réciter son chapelet en particulier, comme c’est l’usage dans la Compagnie.
11° Après les repas, on se rend à la chapelle avec modestie, en récitant le Miserere.
12° Avant de se coucher il faut, comme le matin, se recommander à la très Ste Trinité et à la Ste Vierge pour finir la journée comme on l’a commencée, baiser la terre et réciter la prière Bénédicta sit…..
16.
13° On doit se confesser au moins une fois la semaine à ceux qui sont députés pour cela.
14° Dire chaque vendredi sa coulpe au Supé rieur ou à celui qui le représente, en présence des autres, écouter volontiers tous les avis qui sont donnés et faire les pénitences qui sont imposées.
15° Assister à la Conférence.
16° Les vendredis, pour honorer la passion de N S, on ne doit avoir le soir qu’une sorte de mets ; ce sont ordinairement des légumes ou des herbages.
17° Rendre compte de temps en temps de sa conscience au Supérieur ou à tel autre député pour cela.
18° Faire les exercices spirituels de la retraite une fois par an.
19° Toutes les fois qu’on entre dans sa chambre ou à sa place au Séminaire, comme lorsqu’on en sort, on se met à genoux devant le Cricifix, pour demander le secours de Dieu ou le remercier de celui qu’il nous a accordé. On observe aussi cette pieuse pratique quand on va à la place ou dans la chambre d’un autre ou lorsqu’on en sort.
20° Quand on assiste à l’Office divin, on ne doit point chanter ou psalmodier de mémoire, mais il faut se servir de son livre et le tenir des deux mains, sans l’appuyer sur les genoux. il faut chanter en chœur, si l’on n’a pas une raison
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particulière de s’en dispenser. La modestie dans les yeux et le maintien est très nécessaire pour notre édification commune et celle des fidèles.
21° La Barrette se tient des deux mains devant et à la hauteur de l’estomac.
22° Les prêtres de la Compagnie disent une Messe pour chaque défunt de la Congrégation et le plus tôt qu’ils peuvent après le décès. dans la maison où est mort le défunt, les prêtres diront chacun trois Messes pour lui. ils doivent en outre célébrer une Messe tous les mois pour tous les défunts de la Congrégation, et une autre dans la vue de demander l’esprit primitif, le jour même de la fête de St Vincent. Tous ceux qui ne sont pas prêtres doivent faire une communion pour chaque défunt, et dire l’Office des morts une fois (Matines et Laudes.) Ils doivent aussi communier trois fois et dire trois offices s’ils sont dans la maison du mort. ils s’acquitteront de cette obligation le plus tôt possible après le décès.
Ils doivent en outre faire la communion et réciter l’Office une fois par mois pour tous les défunts en général. Ils doivent communier au moins le jour de la fête de St Vincent pour demander l’esprit primitif, adresser à cette vue au Seigneur de ferventes prières pour l’obtenir.
18.
Les Frères Coadjuteurs font les mêmes commuynions, disent les mêmes Offices que les Clercs. ceux qui ne savent pas lire disent le rosaire au lieu de l’Office des morts.
23° Tous doivent vivre dans la pauvreté et en commun tout le temps de leur vie, suivant les règles et les pratiques de notre Institut.
24° Ils doivent user de toutes les précautions possibles pour conserver la pureté tant intérieure qu’extérieure.
25° Ils doivent obéir aux Supérieurs et à tous ceux qu’ils auront commis pour les remplacer, tant à la ville qu’à la campagne.
26° Chaque semaine, aux jours et heures indiquées, on se rendra au lieu désigné, pour entendre les avis du Supérieur, touchant les offices de la maison et le bon ordre à observer.
27° Lorsque pour quelque indisposition, on n’a pu se trouver à l’oraison le matin, ou à un autre exercice, on doit en dire la raison au Supérieur ou au Directeur.
28° Quand on ne peut faire son office pour quelque raison que ce soit, on doit en avertir.
29° Quand on sort de quelque assemblée de la Communauté, on demande la permission au Supérieur ou au Directeur, et quand on arrive tard, on lui en dit les raisons.
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30° On ne doit point entrer dans la chambre d’un autre sans la permission du Directeur. il est expressément défendu d’y entrer en son absence ; ce serait une faute très grave, surtout si c’était pour y prendre quelque chose.
31° On ne doit jamais ni boire, ni manger hors des repas, sans permission.
32° On doit se porter un grand respect les uns aux autres, ne jamais se tutoyer, se toucher par familiarité ; mais vivre cependant d’une manière toute cordiale.
33° On doit éviter avec grand soin les amitiés particulières et les aversions.
34° Ils se garderont de parler mal les uns des autres et surtout des Supérieurs.
35° On ne doit point louer, surtout en leur présence, ceux qui réussissent dans leurs emplois extérieurs, mais ceux qui sont vertueux, réguliers, intérieurs, et seulement en leur absence.
36° On doit s’avertir charitablement les uns les autres et recevoir avec humilité les avis qui nous sont donnés.
37° On doit donner avis au Directeur des manquements notables qu’on a remarqués dans les autres, et trouver bon qu’on nous avertisse
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des nôtres, lorsque l’ordre l’exige et que la prudence le permet.
38° On ne doit parler de ses tentations et de ses peines qu’au Supérieur ou au Directeur.
39° On doit s’abstenir de parler des affaires.
40° On évitera de s’ingérer soi-même dans l’office d’un autre. On doit pourtant se donner la main, s’entr’aider charitablement et de bonne grâce quand on n’est requis. Les uns couperont les cheveux des autres et leur feront la tonsure.
Chacun doit faire sa barbe lui-même, autant qu’il est possible. Les frères coadjuteurs doivent apprendre à couper les cheveux et à faire la barbe aux plus anciens. On doit aussi nettoyer et cirer soimême ses souliers. Quand ils sont aux pieds la modestie exige que l’on mette un genou en terre à moins que l’on ne pose le pied sur un banc.
41° On doit remettre ouvertes entre les mains du Supérieur les lettres qu’on a écrites pour les cacheter, les envoyer ou les retenir, selon qu’il le jugera à propos. On n’en écrira jamais en cachette et l’on n’ouvrira celles qu’on a reçues qu’après les avoir montrées au Supérieur ou à celui qui st chargé de cet office.
42° On ne doit pas sortir de la maison sans
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la permission du supérieur ou de celui qui le remplace, ni sans dire tous les lieux où l’on va et les affaires que l’on y a ; et l’on a soin de se présenter à lui au retour pour lui rendre compte de son voyage s’il le juge à propos.
43° Il faut sortir deux à deux, autant que ls circonstances le permettent.
44° On ne doit jamais manger dans les maisons externes, soit de la ville, soit de la campagne, ni faire manger quelqu’un à la maison sans la permission du supérieur.
45° Il faut garder le silence depuis la prière du soir jusqu’au lendemain après dîner, et depuis la fin de la récréation jusqu’au souper.
46° En allant et venant par la maison, on ne doit pas s’arrêter à parler à ceux que l’on rencontre. Si l’on a quelque chose à leur dire on le fera à voix basse et en peu de mots.
47° En ouvrant et en fermant les portes, on doit faire le moins de bruit possible ; il faut pourtant avoir soin de les fermer toujours et se garder de les laisser ouvertes à demi.
48° S’il nous manque quelque chose au réfectoire il faut l’attendre de la charité de son voisin. S’il manque quelque chose au voisin, nous devons avertir le servant et s’il ne mangeait
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pas, en donner avis au Directeur. on peut cependant demander pour soi du pain, un verre, un couteau. Au réfectoire, pour arrêter l’égarement des yeux, on se découvre seulement quand monsieur le Général ou quelqu’étranger considérable entre.
Chapitre Cinquième
Règles particulières aux Séminaristes.
1° Personne ne sortira du séminaire ; si ce n’est par nécessité, et alors il faut avertire le soin de Séminaire du lieu ou l’on va. Que si l’on sort pour des choses extraordinaires, comme pour parler à quelqu’un du dehors, sortir de la maison, manger hors le temps, visiter quelqu’un dans la chambre, parler à M.M. les étudiants, il faut demander la permission au Directeur en lui donnant la raison.
Il faut rendre compte promptement non seulement au retour de la ville, mais aussi du parloir.
2° Si l’on n’a pas reposé la nuit, on avertit Mr le Directeur, et lorsqu’on a la permission, on repose pour l’ordinaire jusqu’à l’Angélus. Alors on se lève promptement et on va faire oraison jusqu’à 7 heures.
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3° A la Méditation du soir, après la lecture du sujet, on se prosterne la face contre terre endant le temps d’un Ave Maria ; pour adorer Dieu par cette prostration de orps et d’esprit.
4° En faisant la lecture spirituelle, on se tient modestement sur sa chaise, tourné vers le Crucifix, sans regarder ceux qui entrent ou ceux qui sortent. On ne doit pas s’appuyer ni se coucher sur la table mais on peut élever le livre par derrière, et s’il est petit, le tenir entre ses mains. On ne doit pas recevoir d’autres que du Directeur, des livres de piété.
5° Les dimanches et les jours de fêtes solemnisées, tous assistent à la Messe de Communauté, même ceux qui ont servi la messe auparavant, ou qui doivent la servir après. les jours de la semaine, ou il y a communion et les dimanches, les Séminariste communient à la Messe de Communauté et non à celles qu’ils servent auparavant. Seulement ils communient aux petits autels quand ils y servent les Messes de 7 heures. Après la Messe, ils font 1/4 d’heure d’actions de grâces.
L’action de grâce terminée ils vont déjeûner tous ensemble.
6° C’était une pratique à St Lazare de jeûner tous les vendredis. ceux qui ne peuvent
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pas dîner à la première table, comme les servants et le lecteur, doivent les jours de jeûne prendre quelque chose à 11h3/4, prévenant le soin du Séminaire qu’on sort pour cela.
7° Une fois par mois, le jour où l’on a reçu le St habit, chacun célèbre le jour de sa vocation, afin de s’y affectionner davantage et de se ranimer dans l’esprit de notre St Fondateur. Pour cela, l’avant-veille de ce jour, on va trouver le Directeur et on lui dit :
Monsieur, après demain, c’est le jour de ma vocation.
Ensuite, ayant baisé la terre et fait le signe de la croix, on déclare les principaux manquements commis durant le mois précedent, disant : Je m’accuse en premier lieu… en second lieu… en troisième lieu… puis il prie le Directeur de vouloir bien lui donner ses avis.
Quand le jour où on doit accomplir cette pratiue est un jour de conférence, d’explication de règles ou de colloque, on fait cette accusation pendant cet exercice, immédiatement après le Veni Sancte. Les autres jours on va trouver le Directeur dans sa chambre. Quand on accomplit cette pratique en public, après avoir dit ses fautes on ajoute à la formule : Je demande aussi pardon à la Communauté des scandales que je lui ai donnés, et vous prie, Monsieur, de me recommander à ses prières, et de vouloir bien me donner vos avis, si vous le jugez à propos.
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On va ensuite trouver chacun des Séminaristes à sa place et on lui dit étant à genoux :
Mon cher Confrère ; puis on baise la terre et on ajoute : Je viens vous prier de m’aider du secours de vos prières pour remercier Dieu du bienfait de ma vocation, dont le jour sera après demain.
Je vous demande bien pardon des scandales que je vous ai donnés, et vous prie de m’avertir de tous les défauts que vous avez remarqués en moi.
Après quoi, on lui baise les pieds et on se retire.
On communie le jour de sa vocation, selon l’avis du Dircteur. On ne doit rien négliger pour s’animer par cet exercice, à l’estime, à l’amour et aux autres vertus propres à sa vocation.
8° Chaque mois les Séminaristes doivent faire la retraite du mois.
9° Chacun des Séminaristes communique tous les mois avec son directeur. es nouveaux, pendant les premiers mois tous les quinze jours, et plus souvent si le besoin l’exige.
Si l’on ressent quelque peine intérieure, quelque tntation, quelque trouble, quelque ennui, ou autre embarras, il faut s’en ouvrir au Directeur, en quelque temps que ce soit, promptement avec une entière liberté d’esprit et en toute sécurité, pour avoir l’éclaircissement et le soulagement
26.
dont on a besoin. Combien de jours, de semaines, de mois mal passés ; et peut- être de vocations perdues, faute de cette précaution.
10° Toutes les fois qu’on entre dans la chambre du Directeur on se met à genoux, et on reste dans cette posture tout le temps qu’on lui parle et qu’on est avec lui, à moins qu’il ne nous fasse relever.
11° Quand on a fait quelque faute, surtout si elle est d’habitude, et qu’on nous en ait souvent averti, on va en demander pénitence. En voici la manière : étant dans la chambre du Directeur on se met à genoux, et ayant fait le signe de la Croix, on dit : Monsieur je demande pardon à Dieu et à vous pénitence pour avoir fait une ou plusieurs fois, telle faute, qu’on spécifie sans ajouter aucune conclusion. On reçoit les avis et la pénitence que le Directeur juge à propos de donner, et l’on se retire après avoir baisé la terre. C’est un des moyens les plus efficaces pour se corriger de ses défauts et de ses mauvaises habitudes.
Ordinairement c’est après l’exercice du matin et du soir que l’on va demander les pénitences.
On ne doit jamais laisser passe une pénitence. C’était la coutume autrefois lorsqu’on était moins nombreux de la demander tous les jours, excepté
27.
les jours de chapitre et de confession, où on ne la demande que pour des cas extraordinaires.
12° Quand le Directeur trouve quelqu’un en défaut, il le reprend, et celui-ci baise la terre.
13° Outre les avertissements que l’on reçoit aussi de chacun de ses confrères et ceux qui sont donnés au chapitre, on peut encore en recevoir de l’Admoniteur. Voici ce qui s’observe alors :
Toutes les fois que l’Admoniteur va donner un avis, il commence par demander lui-même qu’on l’avertisse de ses manquements. Si le Séminariste à qui s’adresse cette demande a remarqué quelque faute dans celui qui lui fait, il peut l’en avertir, puis il ajoute : Veuillez, je vous prie, vous même m’avertir des fautes que vous avez remarquées en moiCelui qui est averti doit toujours témoigner de la joie et dire : Mon cher Confrère, je vous remercie et vous prie de demander à Dieu pour moi la grâce de m’en corriger.
En dehors des circonstances déterminées par la règle, nul ne prendra sur soi d’avertir ou de réprimander son Confrère. Il faut laisser ce soin au Supérieur et à ceux délègués par lui à cet effet.
14° Chaque Séminariste doit avoir un cahier
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pour y écrire ses résolutions. Il doit en outre en avoir un pour marquer les avis tant généraux que particuliers, et un troisième pour y marquer les défauts et les remèdes.
15° Pour mieux profiter des études ascétiques auxquelles on se livre au Séminaire, chacun aura soin d’analyser les traités de spiritualité qu’on lui donne à lire.
L’étude d’après l’exercice du soir doit être généralement consacrée à ce travail.
On en fera autant que les petites conférences qui ont lieu plusieurs fois la semaine à l’exercice du matin.
On peut employer à ct effet le premier quart-d’heure de l’étude suivante. Les analyses doivent être courtes et cependant aussi substantielles que possible. On réduit tout, autant que faire se peut aux trois points de la petite méthode : Nature. Motif. Moyens. on doit présenter ces analyses quand on vient en direction, à moins que le Directeur n’en dispose autrement. Quand on ne sait pas, on lui demande la manière de faire ce petit travail.
16° On doit garder soigneusement la modestie à table, et être attentif à la lecture pendant tout le repas. Quand on a plié sa serviette, on ne doit plus boire ni manger.
17° Pendant la récréation on ne doit pas être moins de trois ensemble. On ne doit pas en sortir
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sans avertir le Soin de Séminaire. Si celui qui sort est dans la bande où se trouve Mr le Directeur, il avertit le Directeur et non le Soin de Séminaire. Les jours de récréation, les Séminaristes apprennent à faire la tonsure et à se couper les cheveux les uns les autres. Un de ceux qui savent mieux le faire y prendra garde, afin de corriger les défauts.
18° Les Séminaristes partent pour la maison de campagne après Mrs les Etudiants, de même au retour. Même à la campagne, ils ne peuvent communiquer avec les Etudiants sans la permission de Mr le Directeur ; et s’ils l’ont, ils doivent, autant que possible, fréquenter ceux du Sémin aire. Les Servants de table doivent partir ensemble.
19° Lorsqu’on va parler à un externe, on ne demeure avec lui, quel qu’il soit, qu’un quart d’heure, sauf une permission expresse de demeurer plus longtemps. on s’entretient autant que possible, de choses spirituelles, et l’on reçoit volontiers le compagnon que le Directeur voudra lui donner.
20° On n’entre pas dans les différents offices de la maison sans permission, et l’on n’y reste qu’autant que le besoin le requiert.
21° Lorsque pour quelque raison, on va à la place d’un autre, on se trouve debout, découvert, tourné vers le Crucifix. On doit toujours avoir de
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bons motifs, n’y être jamais plus de deux à la fois, celui qui reçoit et celui qui va trouver, se retirer le plus promptement possible, et ne pas se dissiper.
22° Lorsqu’on sort d’un office, on s’accuse et on demande pénitence, au chapitre du lundi, des fautes qu’on y a commises. ceux qui ont été nommés à ces offices doivent bien s’en instruire auprès de ceux qui sortent, et au besoin auprès du Directeur lui-même.
Ceux qui sont nommés pour les offices d’église doivent pareillement bien prévoir ce qu’ils ont à faire ou à dire, afin qu’ils n’y commettent aucune faute.
Quand on ne peut pas faire son office on en donne avis au Directeur, puis au Soin de Séminaire, afin qu’il y pourvoit.
23° Quand on a du linge à mettre, on le prend dès le soir, sans attendre le lendemain.
Chapitre Sixième.
Prières en usage dans la Communauté
.Avant les exercices de piété et les études on doit réciter le Veni Sancte Spiritus avec la triple invocation Regina sine labe Concepta, ora pro nobis.
Après la fin des exercices de piété ou des études on doit dire la prière Sancta maria succurre miseris etc….. avec le verset Ora pro nobis sancta Dei génitrix,
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suivi de l’Oremus, ou bien le Maria Mater gratia.
Le Maria Mater gratia se dit toujours après l’Examen général du soir.
Avant la lecture du Nouveau testament le Veni sancte Spiritus et l’oraison : Deus qui corda puis on ajoute les actes suivants :
“O mon Dieu ! je crois et j’adore les vérités contenues dans le chapitre que je vais lire ; faites moi entrer dans les sentiments dans lesquels elles ont été prononcées. Je me propose avec le secours de votre sainte grâce de pratiquer les préceptes et les conseils qui y sont renfermés, et d’imiter les exemples de vertu que j’y rmarquerai.”
“Loquere, Domine, quia audit servis tuus ! Da mihi intellectum et sentabor legem tuam, et custodiam ilam in toto corde mes.”
Après la lecture on dit :
“O mon Dieu, je crois et j’adore de nouveau les vérités que je viens de lire, faites moi la grâce d’être bien pénétré des sentiments dans lesquels elles ont été prononcées, d’imiter les exemples de vertu que j’y ai remarquées, et de pratiquer les préceptes qui y sont renfermés.”
“Præsta quæsumus, Domine, auxilium gratiæ tuæ, ut quæ, Te docente, facienda cognovimus, Te adjuvante impleamus P.D.N.J.C.
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En prenant le surplis ou la soutane :
“Indue me, Domine, novum hominen, qui secundum Deum creatus est, in justitia et sanctitate véritatis.”
En prenant la ceinture :
“Præcinge me, Domine, cingulo puritatis et extingue in humbis meis humorem libidinis, in maneat in me virtus continentiæ et caritatis.”
En se lavant les mains :
“Da Domine manibus meis virtutem ad abstergendam omnen macula, ut sine pollutione mentis et corporis valeam tibi servire. P.D.N.J.C.”
En entrant à sa place ou dans sa chambre, on peut dire :
“Actiones nostras quæsumus Domine, aspirando prævenir et adjuvando prosequere, m’ennucta cæpta finiatur. P.D.N.S.J.C.”
En sortant de sa place :
“Angele sancte Dei, sit tibi cura mei.”
Quand l’horloge sonne, on se découvre et on dit interieurement :
Deus in adjutorium meun intende Domine ad adjuvandum me festina. Gloria Patri…. Hora est jam nos de somno surgere.
Pendant la visite au St Sacrement, après le diner et le souper, on récite cette prière pour se préparer à la récréation :
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Pone Domine custodiam ori meo : et ostium circumstantiæ labus meis non declines cor meum in verba malitiæ ad excusandas excusationes in peccatis. Ps 140.
Prière pour obtenir de bons ouvriers à la Compagnie.
Expectatio Israël ! Salvatore ejus in tempore tribulationis, propitius de cælo respice, vide et visita vincam istam, rivos ejus inebria, multiplica geni mina ejus et perfice quam plantavir destrera tua. Messis quidem multa nimis… Operarii autem pancissimi. Rogamus ergo, te, Dominum Messis, ut mittas operarios in messem tuam. Multiplica gentem ; magnifica lætitiam in edificentur muri Jerusalem ! Domus tua hæc, Domine Deus, Domus tua hæc ! non sit in eâ, quæso, lapis, quem manus tua sanctissima non posuerit ! Quos vocasti serva eos in nomine tuo, et sanctifica eos in veritate. Sermo tuus veritas est : si vero sunt in nobis quos non vocaverint fiat in eis voluntas tua beneplacens, et jube eos a nobis recedere. Amen.
Prière donnée en 1664 par l’Asemblée générale pour la conservation de l’esprit primitif.
Excita, Domine, in Congregatione, nostra, spiritum cui famulus tuus servit Vinventium, in codem spiritu repleti, studeamus amare quod amavit et opere exercere quod docuit. P.C.D.N.
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Chapitre Septième.
De l’Oraison Mentale.
Qu’est ce que L’oraison ?
C’est une élévation et une application de notre esprit et de notre cœur à Dieu, à quelque vérité de la foi, pour nous en pénétrer et en devenir meilleurs.
Combien distingue t-on de parties dans l’oraison ?
On en distignue trois :
1° la Préparation. 2° Le Corps de l’Oraison. 3° La Conclusion.
I. De la Préparation à l’Oraison.
En quoi consiste la Préparation ?
Il y a deux sortes de préparation : 1° l’une éloignée, 2° l’autre prochaine qui est proprement la première partie de l’Oraison.
1° Qu’est-ce que la préparation éloignée ?
Il ne tint pas à Dieu que nous devenions de grands saints, que des merveilles ne s’opèrent en nous ; car la grâce est là sans cesse qui nous assiège, ses flots battent à tous moments à la porte de notre âme et même de tous nos sens. Elle ne demande qu’à nous envahir, qu’à nous jeter
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dans un monde de lumière et de charité Divine, qu’à nous transfigurer. nous n’avons en général qu’à enlever les obstacles qui s’opposent à son action déifiante. Eh bien ! c’est là l’œuvre de la préparation éloignée. Elle consiste à faire disparaître autant qu’on le peut, ces empêchements si bien indiqués par St Bernard : 1° Eviter le péché.
2° S’en purifier par de fréuents actes de contrition et par la pénitence. 3° Réprimer les passions parce qu’elles remplissent l’âme d’inquiètudes et de pensées contraires à la vertu. 4° Ecarter les soins et les soucis des affaires, la légèreté et la dissipation.
Pour L’esprit, le tenir dans le recueillement, s’occuper souvent de la présence de Dieu, éviter les lectures et les conversations curieuses et inutiles.
Pour le cœur, le tenir dans un désir habituel d’avancer dans la perfection et de se rendre agréable à Dieu, s’éloigner du désir des choses du monde mêmes nécessaires : Terrerra desideria mitigantem, facilius cælestia capiemur. Eviter les amitiés naturelles, mortifier nos inclinations en tout ce qui peut nous ôter la tranquilité d’âme nécessaire à l’oraison.
Pour la mémoire, la remplir de bonnes lectures, lire la veille le sujet d’oraison, en connaître la division, voir les principales résolutions
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qu’on pourra prendre, s’endormir et s’éveiller dans la pensée de l’oraison, exciter en soi de vifs désirs de la bien faire, pour plaire à Dieu, se fortifier dans la vertu, banissant le respect humain, regrets, crainte, vanité. Quales orantes volumus inveniri, tales nos, ante orationis tempus præparare debemus.
2° En quoi consiste la préparation prochaine ?
Cette préparation est à proprement parler la première partie de l’oraison. il y a deux principales manières de préparation prochaine ; on doit adopter celle qui va le mieux au sujet de l’oraison ou aux attraits de l’âme.
Première manière de préparation prochaine que l’on peut suivre surtout quand le sujet est purement spirituel.
Son premier acte ou prélude consiste à se mettre en la présence de Dieu. on peut faire pour cela un acte de foi vive en cette vérité salutaire, in ipso vivimus, movenur et sumus. En effet il est de foi que Dieu est partout, qu’il est dans le lieu où nous sommes, et plus intimement en nos âmes et en notre cœur que nous ne sommes présents à nous-mêmes. cette vue, cette représentation de la Majesté divine présente au milieu de nous et attentive à la manière dont nous
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nous composons à l’oraison, sera pour nous un excellent moyen de la bien faire, et un motif bien pressant de nous ten ir dans le respect et l’attention qui doivent accompagner cette action. pour y fixer encore mieux notre esprit, il sera bon de regarder Dieu, tantôt comme une grande lumière qui pénètre nos cœurs et éclaire notre esprit ; tantôt comme le Dieu de miséricorde, qui, par une faveur toute spéciale veut bien nous admettre et nous souffrir à ses pieds pour lui exposer nos besoins, nos faiblesses et nos misères ; tantôt comme un père qui veut bien s’entretenir familièrement avec ses enfants ; tantôt comme un juge sévère qui nous demandera compte de l’action que nous allons faire ; et tantôt enfin comme un Dieu d’une majesté infinie, assis sur son trône, au milieu des anges qui l’environnent et s’abaissent pleis de respect en sa présence.
Autrement, si cela va mieux à notre âme, nous pouvons nous représenter Jésus les yeux fixés sur nous, comme unh maître le fait sur ses serviteurs, un père sur ses enfants ; Jésus l’Epoux brûlant de nos âmes ; Jésus notre chef, notre juge, qui doit nous récompenser ou nous punir.
Nous pouvons l’envisager comme le voyait
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St Etienne lorsqu’il disait : Video cælos apertos et Jesum stantem a dextris virtutis Dei ou bien nous le représentons dans les situations de sa vie les plus en rapport avec l’objet sur lequel nous avons à méditer, celles qui nous touchent le plus. Jésus, d’ailleurs suivant sa promesse est au milieu de nous d’une manière particulière.
Ubi sunt duo tres congregati in nomine meo, ibi sum in medio eorum. Enfin si nous avons le bonheur d’être au pied de très Saint Sacrement, il est là substantiellement présent, quoique caché sous les saintes espèces.
Après s’être mis en la présence de Dieu, on s’abîme à ses pieds en humilité et en adoration, rendant à cette Majesté infinie tous les hommages dont notre cœur est capable ; on se confond à la vue de son néant, de ses indignités ; on implore par un acte d’une vive contrition le pardon de tous nos péchés.
Son deuxième acte consiste à supplier Dieu avec instance de nous accorder la grâce de bien faire notre oraison, de rapporter à sa gloire et à son service toutes les puissances et toutes les opérations de n otre âme, d’éclairer lui-même notre entendement, d’échauffer notre cœur, de fortifier notre volonté, de nous attirer à lui par tous
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nos sens. Demandons le lui au nom de Jésus par l’intercession de Marie notre Mère, de notre Ange gardien, de nos saints Patrons.
Enfin son troisième acte et dernier prélude consiste à envisager le sujet de l’oraison en le divisant pour l’entendement en deux ou trois points principaux et faciles à retenir.
Deuxième manière de préparation prochaine qu’on peut adopter surtout quand le sujet est sensible, et toujours quand l’âme y trouve plus de profit.
Son premier acte consiste à invoquer le secours de Dieu, comme au deuxième acte de la préparation prochaine ci-dessus indiqué (voyez ce 2è acte.)
Son second acte ou premier prélude consiste :
1° A se rappler sommairement, s’il y a lieu, le mystère, objet de l’oraison, son histoire ; c’est la fonction de la mémoire. 2° A se représenter le lieu où s’est passé le mystère, par exemple l’étable de Bethléem où Jésus est né, la maison de Nazareth où il vécut, le Golgotha où il est mort, et cela avec quelques détails. c’est ce que les Ascètes appllent la construction du lieu, c’est la fonction de l’imagination.
Son troisième acte enfin consiste à demander à Dieu la grâce particulière que la méditation
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actuelle doit produire en nous, par exemple la contrition, les saintes larmes de la pénitence, si c’est le péché qu’on médite, la grâce de bien entrer dans l’esprit du mystère, objet de notre exercice d’en tirer tous les fruits que Jésus s’y est proposés, par exemple de mieux le connaître ou de mieux l’aimer, de nous dévouer tout entier à telle vertu.
II. Corps de l’oraison.
En quoi consiste le corps de l’oraison ?
Suivant le sujet, on s’adonne alors où à la Méditation proprement dite, ou bien à la Contemplation, ou encore à ce qu’on appelle l’application des sens.
1 ° De la Méditation.
La Méditation est définie : l’exercice des trois puissances de l’âme.
La Mémoire ayant, pendant la préparation, réveillé dans l’âme le souvenir d’une vérité dogmatique ou morale, l’Intelligence, dans le corps de l’oraison, s’applique à la pénétrer, et la Volonté à s’y soumettre, à s’y affectionner, à s’y dévouer.
Ainsi, quand le sujet est purement spirituel,
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comme une vertu, un vice, ou une perfection divine, on divise pour l’ordinaire le sujet en trois parties :
1° On considère quelle est cette vertu, quel est ce vice, quelle est cette perfection.
2° Les motifs d’acquérir cette vertu ou de fuir ce vice etc…..
3° Les moyens de parvenir à ce but.
En examinant chaque point, il ne sera pas difficile de trouver des considérations.
Les Motifs se tirent de l’excellence, de la néces-sité, des avantages de cette vertu, ou de l’indignité, de la malice et des funestes effets de ce vice.
Les Moyens les plus efficaces sont : de faire des actes intérieurs et extérieurs de cette vertu et d’en ôter ls empêchements.
Quand on fait cette division, il faut :
1° Chercher dans l’Evangile quelques exemples ou recommandation touchant cette vertu.
2° Chercher si dans l’Ecriture, les Saints Pères, ou la vie des saints on n’a pas remarqué quelques sentences, quelques exemples, et si l’on trouve un passage dans l’Ecriture, il est bon d’en peser tous les mots.
3° Employer la raison et le bon sens pour trouver des motifs d’éviter ce vice, ou de pratiquer
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cette vertu, se servant de comparaison. Pour réussir dans les considérations, il ne faut bien souvent que repasser dans son esprit ce qu’on vient d’entendre, sans faire de longs raisonnements, ob-servant de s’arrêter à tout ce qui touchera davan-tage.
Si c’était un Mystère qu’on voulût méditer, sans entrer dans le genre d’oraison ci- dessus décrit, on pourrait procéder ainsi : Vous avez à méditer le Mystère de l’Incarnation, considérez : 1° l’état dé-plorable où était le monde, où il serait actuellement, où vous seriez vous-même si Jésus, ce divin Soleil de justice et de vie, n’atait venu sur la terre……… Réflexions pratiques……… 2° Considérez l’Incarna-tion comme la manifestation la plus haute des attributs de Dieu, de sa grandeur, de sa sagesse, de sa miséricorde, de son amour, la plus capable de faire connaître, aimer et servir Dieu…… Réflexions pratiques. Si c’est la conduite de Jésus que vous méditez, parcourez ses différentes vertus : son humilité profonde, dans sa v ie cachée surtout, dans l’atelier de Nazareth, sur la Croix, son déta-chement, sa pauvreté, sa modestie, la perfection de toutes ses actions, bone omniua fecit, son immense charité…… de là réflexions pratiques.
Il n’est pas nécessaire de parcourir toutes les
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réflexions qu’on peut faire sur un même sujet, cela demanderait un temps qui doit être employé à quelque chose de plus essentiel. Là où l’âme trouve lumière, onction, sentiment de la présence ou de la volonté div ine, là elle s’arrête peu sou-cieuse d’aller plus loin. Il faut imiter l’abeille lorsqu’elle trouve une fleur embaumée, lle s’y roule avec amour, elle en cueille les sucs les plus suaves, elle ne la quitte pour aller à d’autres que quand elle s’est pénétrée de tous ses parfums et nourrie de sa plus pure substance. Il est mieux de s’attacher à une ou deux réflexions des plus convain-cantes et des plus touchantes ; puis quand l’âme se trouve suffisamment saisie et pénétrée de son sujet, on se livre alors à des actes de foi sur les vérités que l’on considère, à de pieuses affections, à des retours sur soi-même. On applique à sa conduite, à sa vie, les vérités méditées, se demandant si l’on pratique bien cette vertu, si l’on veut du moins le faire à l’avenir, si l’on entre bien dans l’esprit du mystère………. Sans ces applications, la méditation ne servirait de presque rien, et les plus belles résolutions demeureraient stériles. Puis, on se confond du peu de rapport qu’on aperçoit entre sa conduite et le sujet que l’on vient de méditer ; on s’abîme en sentiments de contrition, de bons
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propos ; on se livre à d’ardentes et confiantes prières, à de pieux colloques, on entretient avec Dieu, lui parlant comme un enfant à son père, comme un pauvre criminel à un juge miséricordieux et puissant, comme une humble et affectueuse créature à un généreux et amoureux Créateur.
Dans la Méditation proprement dite, c’est surtout l’Entendement qui s’exerce sur une vérité abstraite dont il veut se convaincre. par lui la volonté est conduite au bien.
“Voluntas efformatur ex intelligentia.” Paroles de St Augustin.
2° De la contemplation.
La Contemplation
est la seconde manière d’oraison qu’on doit adopter quand l’objet est sensible, par exemple un Mystère. Ici en effet, l’âme con-temple plutôt qu’elle ne raisonne ; elle s’applique à la vérité incarnée ; elle s’exerce à voir, à entendre, à respirer, à goûter, à sentir enfin, autant que possible le verbe fait chair ; elle se représente les enseignements pratiques de Jésus………….. Cette méthode est la mieux proportionnée à notre na-ture que deux éléments composent, le spirituel et le sensible, et l’âme n e se livre ordinairement à ses opérations que d’après le rapport des sens.Elle est la plus fracile, et d’ailleurs rien mieux qu’elle
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n’entre dans les plans de l’Incarnation, dans les pratiques de l’Eglise et des Saints.
Si Jésus, au temps de sa vie mortelle, s’est mis dans les situations les plus touchantes, et les plus instructives, telles que sont les diverses scènes de son enfance, de sa vie cachée ou publiquen, de sa passion, c’est pour nous rendre les vérités de la foi plus pal-pables et les faire mieux pénétrer dans n os âmes.
Son humanité sainte, pourquoi l’à t-il prise ?.. Pour se rendre plus sensible, plus attrayant pour nous, plus facile à trouver, à saisir. Il s’est revêtu en elle des grâces les plus capables de n ous captiver, de nous entraîner. Si nous nous représentons souvent ses yeux rayonnants de beauté et d’amour, toujours ineffablement fixés sur nous, nous envelop-pant de leurs doux feux ; cette bouche si pleine de grâces en qui ne s’ouvrit que pour nous bénir, nous pardonner, nous appeler par les noms les plus doux, ces bras toujours tendus vers nous ; cette poitrine dont le souffle sans cesse nous aspire ; ce cœur qui brûle de s’unir à nous, n ‘en seront-nous pas saintement impressionné ? Pourrons-nous nous empêcher d’aimer ce divin Maître, et ne pas nous abandonner à tout ce que veut de nous son cœur ? Et même, si nous recourons souvent à ces représentations sacrées de Jésus, nous nous ferons de cet aimable
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Sauveur une image si vivement imprimée en nos âmes qu’elle nous suivra partout et partout produira dans notre conduite les plus célestes influences. Notre-Seigneur ne proclame-t-il pas luimême la béatifiante efficacité de cette méthode :
“
Bienheureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! Heureuses les oreilles qui entendent ce que vous entendez.”
Et l’Eglise ne nous la fait-elle pas sentir par toutes ses saintes pratiques, dans ses offices, dans les cérémonies de son culte, dans les décorations parlantes de ses autels et de ses temples.
La
Contemplation
a toujours pour objet quelque Mystère de la vie de Notre- Seigneur :Ainsi sa naissance, une circonstance de sa vie cachée ou de sa vie publique, sa passion, sa mort, sa résurrection, sa vie dans l’Eucharistie…………
Ordinairement trois points :
1° On voit les personnes qui peuvent d’une manière éloignée ou prochaine faire partie de ce mystère ; on les fixe, on considère ce qu’elles présentent en elles- mêmes de bon ou de mauvais ; ainsi pour la naissance de Notre-Seigneur les différents personnanges ou peuples de cette époque, leurs dispositions : Auguste…. Hérode…. Les habitants de bethléem, plus particulièrement les bergers…. Les Mages…. Les Anges…. Saint Joseph….
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leur recueillement, leur joie, leur ravissement, mais surtout Jésus qui est-il ?.. Où vient-il ? Pourquoi vient-il ?.. Et sous quels ineffables attraits ! Que souffre-t-il ?..
Et de là affections….. pieux colloques….. prières….. bons propos.
2° On écoute les paroles intérieures et extérieures de ces différentes personnes, leurs pensées, leurs affection s….. par exemple tout ce qui pouvaient se dire Marie et Joseph dans les circonstances du même mystère, leurs peines, leurs joies, leurs effusions de cœur, les paroles des Anges, les discours des bergers, les expressions de leur foi….. De là encore, suivant que ces différentes considérations éveillent en nous des sentiments….. saintes affections……….. retours sur soi-même….. pieux colloques….. prières…..
3° On considère les actions louables, on blâmables, remontant à leur cause, examinant leur fin, leurs effets, leurs diverses circonstances de lieux, de temps, de mode ; et tout cela pour en tirer un profit spirituel. Ainsi dans le Mystère précité ; la docilité des bergers, des Mages, leurs adorations, la dureté des Béthléémites, le dénuement où se met Jésus pour y vivre toujours, son obéissance qui obéit ? à qui obéit-il ?. en quoi obéit-il ? combien de temps
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et comment obéit-il ? Ce que demandent de nous ces divers enseignements : l’humilité, le détachement, l’esprit de sacrifice, l’amour. Puis, on se livre encore à des retours sur soi-même, à des affections, prières, bons propos.
3° De l’application des Sens.
L’application des sens
est un mode encore plus expressif de ce genre d’oraison.Ici l’âme applique son imagination et ses cinq sens à une vérité de la foi, autant que cela peut se faire, on à un mystère de N.S. Elle voit alors, elle entend, elle goûte, elle respire, elle touche tout ce que l’objet proposé a de sensible ; non pas que l’application des sens ne demande quelques réflexions, on doit en faire, mais de simples et courtes.
Il y a donc ordinairement cinq points dans cet exercice.
1° On se représente non seulement les personnes, mais encore les choses, les circonstances qui les en-vironnent, et on tâche d’en tirer quelque profit pour son âme. Ainsi, dans le mystère de Bethléem, on fixe, non seulement l’Enfant Jésus, qui attache sur nous ses yeux pleins d’amour, nous tend les bras ; Marie, Joseph, les bergers, tout ce qu’ils font ; mais encore la pauvre étable qui tombe
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en ruine, la créche, la paille froide où repose un Dieu, le Ciel tout entier attentif à ce grand mystère ; et en même temps l’indifférence profonde du reste du monde..
Réflexions pratiques, affections.
2° On écoute les paroles que ces personnes se disent, les entretiens de marie, de Josephh, des Anges, des amis ou ennemis, des indifférents ; écouter surtout Jésus qui parle à son Père, qui parle à nos cœurs et par ses cris et par ses larmes.
Réflexions pratiques, affections.
3° On goûte intérieurement l’amertume, ou la douceur, ou tout autre sentiment de la personne que l’on considère ; Ainsi de Marie, de Joseph, et surtout de Jésus. On prend part à leurs joies, à leurs peines ; on s’unit aux abaissements, aux larmes, au dénûment, aux prières, à toutes les dispositions du divin Maître, puis. Réflexions pratiques et affec-tions.
4° On respire la suavité et comme le parfum de la vertu ; ainsi de l’humilité, de la charite, de la ferveur, de la fidélité aux petites choses, etc…… ou bien l’infection du vice, la corruption des cadavres, les exhalaisons fétides et suffocantes de l’enfer. Réflexions pratiques, affections..
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5° On touche intérieurement les objets ; ainsi la froide pierre de la tombe, les flammes éternelles, ou la paille de la crêche, les vêtements de Jésus, ses pieds, ses mains, ses plaies toutes saignantes ; on baise avec amour ses traces, sa crêche, etc…..
Réflexions pratiques, pieuses affections, prières, bons propos.
Ces différenntes méthodes d’oraison sont toutes recommandées expressément par St- Vincent. Dans une Conférence, il exhorte à adopter les dernières, disant qu’il n’y a pas un seul détail de la vie du Sauveur où nous ne puissions trouver la source des pensées et des sentiments les plus salutaires.
Des affections que l’on peut produire dans l’Oraison.
Les affections
sont une des parties les plus utiles de l’Oraison. “Oh ! disait Ste Thérèse, je ne demande pas de vous de sublimes pensées, mais de l’amour pour Jésus. Fixez souvent vos regards sur cet Epoux de beauté et d’amour. Excitez-vous par là aux plus vives affections. Oh ! dit-elle, faitesle chaque jour, ne serait ce que pendant quelques instants et je vous assure que dans peu vous arriverez à la possession d’un tel bien que vous ne voudriez pas l’échanger contre tous les trésors du monde.”52.
Les affections naissent tout naturellement des considérations que l’on fait, on les excite par de pieux colloques ou entretiens avec Dieu, par des oraisons jaculatoires.
Quand une vue dans l’oraison nous touche, fait jaillir de bons sentiments de nos cœurs, quelquefois des larmes de nos yeux, attachons nous-y, ne la quittons que quand nous avons épuisé tout ce qu’elle a de salutaire.
Les affections par rapport à Dieu sont :
1° De Foi, qui nous fait croire aimer et estimer les vérités que nous méditons.
2° De Bienveillance.
3° De Confiance en la bonté de Dieu et aux mérites de Jésus-Christ.
4° D’Amour, d’union, de tendresse, de préference, d’adoration, de soumission à sa volonté.
5° De Reconnaissance, d’actions de grâces, de louanges, de bénédictions.
6° D’Offrande de son esprit et de son cœur, de ses biens et de ses attaches.
7° De Demande.
Les affections par rapport à nous-mêmes sont :
1° D’étonnement pour le passé d’avoir été si aveugles, si téméraires, si endurcis.
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2° D’humilité à la vue de notre néant que nous avons encore dégradé par le paché.
3° Par rapport au présent, de regret de notre mauvaise conduite, d’indignation contre le péché et contre le monde, de douleur, de détestation, de contrition pour le mal que nous avons fait.
4° Par rapport à l’avenir, de bon propos, de résolutions, de protestations, s’y excitant et encourageant.
On distingue six mouvements de l’âme par rapport aux choses qui peuvent l’affecter.
On peut s’y livrer suivant l’occurence, ce sont : 1° D’amour, si la chose est bonne.
2° De haine, si la chose est mauvaise.
3° De désir, si c’est une chose que nous n’avons pas.
4° De crainte, si c’est un mal à venir.
5° De joie, si c’est un bien que nous avons.
6° De tristesse et de compassion.
Des résolutions et bons propos.
Les fruits principaux de l’oraison sont de bonnes résolutions, peu nombreuses, mais bien en rapport avec les besoins de notre âme, avec les désirs de Jésus, bien déterminées pour le temps, et pour le bien, bien pratiqués. Quand l’esprit est convaincu
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par les saintes réflexions, éclairé par les retours sur soi-même, quand le cœur est enflammé par les affections, il est facile de prendre des résolutions, de se proposer telle faute à éviter, tel acte de vertu à produire, tel moyen d’amendement, de perfection à embrasser. On peut former ces résolutions :
1° Sur nos devoirs envers Dieu, comme respect, amour, soumission, zèle, oraison, Messes, lectures.
2° Sur les devoirs envers le prochain, supérieurs, égaux, inférieurs.
3° Sur nous-mêmes, comme chrétiens, Missionnaires, gens de Communauté, sujets à la règle, confesseurs, etc…….
4° Sur nos besoins, surtout pour éviter le mal et faire le bien.
Pour prendre des résolutions, il est bon de faire dès le commencement du dernier quart-d’heure de l’oraison, ce qu’on appelle l’examen de prévoyance.
On se met en face des différentes circonstances où l’on pourra se trouver dans le courant de la journée, de ses exercices de piété, de ses règles, de ses occupations ordinaires, ou bien des personnes auxquelles on aura affaire. On se demande quelle est la faute à éviter, l’acte de vertu à produire. on cherche dans les détails de sa vie quel est le sacrifice qui nous coûterait le plus, prouverait à Jésus plus
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d’amour, et nous conduirait mieux à la perfection. on interroge sur ces points le cœur du divin Maître, et on adopte avec courage, en s’appuyant sur la grâce, le parti le plus génereux. Il est bon d’avoir quelques moments fixés dans la journée pour se rappeler ses résolutions, comme à la fin de la sainte Messe, pendant les actions de grâces, les visites au StSacrement, les examens. Il est bon de choisir quelques sentences de l’Ecriture ou des Sts Pères qui aient trait à nos résolutions ; c’est ce qu’on appelle le bouquet spirituel. il faut souvent se rappeler ces sentences.
III. Conclusion de l’Oraison.
Quels sont les actes de la conclusion ?
Ce sont :
1° Le Remerciement.
2° L’Offrande.
3° La Demande.
1° Le remerciement. l’action de grâces est essentielle dans le culte que nous devons à Dieu.
Si la prière est le langage des intérêts de la créature, de l’amour qu’elle a pour soi, l’action de grâce est le langage de l’amour de Dieu ;