A NNALES DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE T OULOUSE
E. C OSSERAT
Sur les congruences de droites et sur la théorie des surfaces
Annales de la faculté des sciences de Toulouse 1resérie, tome 7, no1 (1893), p. N1-N62
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N.I SUR LES
CONGRUENCES DE DROITES
ET SUR LA THÉORIE DES SURFACES,
PAR M. E.
COSSERAT,
Chargé d’un Cours complémentaire à la Faculté des Sciences de Toulouse.
. INTRODUCTION.
Les -résultats
acquis
sur la théorie des surfaces semblent mettre en évi- dencel’importance qu’il
y aurait à la considérer comme uneapplication
dela théorie des
systèmes
d’éléments. Lepremier
de cessystèmes d’éléments,
la congruence de
droites,
est celuiqui
a étéemployé jusqu’ici
de lafaçon
la
plus
étendue. Des théories bien connues, telles que celle de la courbure dessurfaces,
ne sont que le résultat de l’étude de la congruence formée par les normales d’une surface. Lesdifférentes équations
dont on a faitdépendre
le
problème
de la déformation d’unesurface,
comme aussi celles relatives à la déformationinfinitésimale,
ne sont autres que leséquations qui
per-mettent de déterminer certaines congruences dérivées de la surface.
Le but
principal
de l’étudeprésente
est de poser les bases de nombreusesapplications
de la théorie des congruences de droites et dedévelopper
enpartie
une de cesapplications :
celle dessystèmes conjugués.
Nous nousbornons,
dans cepremier Mémoire,
à exposer les résultatsqui
nous ontparu les
plus
essentiels etparmi lesquels
noussignalerons
ceuxqui
suivent.
. On trouvera, dans la
première Partie,
deuxsystèmes
de formules(C)
et(D),
résultant de l’introduction dessymboles
de M. Christoffel relatifs àune forme différentielle
quadratique,
etqui
constituent uncomplément
in-dispensable
aux formules(A)
et(B)
des de M.Darboux;
unepremière application
de ces formules est faite dans la deuxième Partie à l’établissement des conditions satisfaites par l’élément linéaire d’une surfacerapportée
à sesasymptotiques
et à la démonstration du théo- rème de M. Dini sur lareprésentation sphérique
desasymptotiques
d’unesurface.
Dans la troisième
Partie,
on aborde l’étude des congruences dedroites,
basée sur l’introduction de la
représentation sphérique
de leursdévelop- pables (’ ~.
En menant par le centre d’unesphère
de rayon r laparallèle
àune droite de la congruence, on obtient sur la
sphère
unpoint qui
est dit lareprésentation sphérique
cle la dl’oLte. Auxdéveloppables
de lacon-
gruence
correspondent
ainsi sur lasphère
des courbesqui
en constituent lareprésentation sphérique.
Enparticulier,
si l’on considère une congruence formée de normales à une surfaceS,
lareprésentation sphérique
des déve-loppables
de cette congruence seraidentique
à lareprésentation sphérique
des
lignes
de courbure de S. M. Guichard a montré que lareprésentation sphérique
desdéveloppables
d’une congruencepeut
former unsystème
decourbes
quelconque,
et que,quand
cesystème
estdonné,
la détermination des congruencescorrespondantes
se fait à l’aide del’équation
à
laquelle
satisfait lademi-distance p
entre lespoints
focaux d’une droi te de la congruence, les coefficients de cetteéquation
nedépendant
que de lareprésentation sphérique
donnée.Après
avoir retrouvé les résultats de M.Guichard,
nous donnons une solution nouvelle de ceproblème
traitépar M. Darboux au Tome II de ses
Leçojzs :
Déterminer toutes lessur f aces
sur
lesquelles
lesdéveloppables
d’une congruence donnéeinterceptent
un réseau
conjugué.
Nous ramenons laquestion
àl’intégration
del’équa-
tion
adjointe
àl’équation
en p; d’où résulte lagénéralisation
suivante d’un( i ) A. RIBAUCOUR, Étude des
Élassoïdes, §
188. - C. GUICHARD, Surfaces rapportées àleurs lignes asymptotiques et congruences rapportées à leurs développables (Annales
de l’École Normale supérieure, 3e série, t. VI).
théorème bien connu relatif aux congruences formées de normales à une surface : :
-
Le
problème
de la détermination dessurfaces découpées
suivant uraréseau
conjugué
par lesdéveloppables
d’une congruence donnéeéqui-
vaut à celui de la recherche des congruences admettant même
représen-
tation
sphérique
de leursdéveloppables
que cette congruence.Le
problème
de déterminer toutes lesenveloppes
desphères,
telles que leurs cordes de contact forment une congruencequi
soit la congruencedonnée,
se ramèneégalement,
conformément à un théorème de M. Dar-boux,
àl’intégration
del’équation adjointe
àl’équation
en p.La
quatrième
Partie traite des réseauxconjugués
etconstitue,
enpartie,
le
développement
de deux Notes insérées auxComptes
rendus de l’Aca- démie des Sciences en octobre 18g 1;
on y établit que les différenteséqua-
tions dont on a fait
dépendre
leproblème
de la déformation d’une surfacecomme aussi celles relatives à la déformation infinitésimale ne sont autres
que les
équations qui permettent
de déterminer certains réseauxconjugués
tracés sur la surface.
I. - FORMULES GÉNÉRALES. LES
SYMBOLES { }
DE M. CHRISTOFFEL.1. .
Rappel
dessystèmes
deformules (A)
et(B)
de M.Darboux;
dé-finition
dessymboles
de M.Christoffel.
- Considérons deux surfaces(M)
et
(N)
secorrespondant point
parpoint,
N de( N ) correspondant
à M de(M).
Cettecorrespondance peut
se définir de lafaçon
suivante : nous feronscorrespondre
àchaque système
de valeurs u, v desparamètres qui
fixentla
position
dupoint
M sur(M)
un trièdretrirectangle (T)
dont l’axe des soit la normale en lfI à(M),
et nous nous donnerons les coordonnées x, dupoint
N par rapport à ce trièdre. Si l’on donne à u, v les accroissementsdu, d(J,
lepoint
N vient occuper uneposition
infiniment voisine de la pre- mière et lesprojections ~y, ~.~
dudéplacement
de cepoint
sur les axesdu trièdre mobile
(T )
sont données par les formules. dans
lesquelles
lesfonctions~p, ..., ~,
... satisfont ausystème
Ces fonctions p,
..., ~,
... sont déterminées dès que l’on connaît la sur- face(M)
et lafaçon
dont le trièdre(T)
lui est lié etinversement;
à toutsystème
de tellesfonctions,
satisfaisant auxéquations ( A), correspond
uneseule surface
(M).
Nous allons
adjoindre
aux formules(A), (B)
de nouveauxsystèmes
fondés sur
l’emploi
dessymboles
de M. Christoffel.Étant
donnée une forme différentiellequadratique
M. Christoffel a introduit les notations suivantes
(1)
est le discriminant de la forme
quadratique,
savoiret où
Oik
est le coefficient de (JJik dans ce déterminant.2. . Introduction des
symboles
de M.Christoffel
dérivés de l’élément linéaire d’unesurface.
-Considérons,
enparticulier,
le cas où la forme( 1 ) E.-B. CHRISTOFFEL, Ueber die Transformation der homogenen Differentialaus-
drücke zweiten Grades (Journal de Crelle, t. 70, p.
différentielle
quadratique
est le carré de l’élément linéaire d’une surfacec’est-à-dire le cas où l’on a
et calculons les différents
symboles.
On auraLes
symboles ! ~’~ S ~ pour lesquels
nous emploierons également
la nota-
tion
adoptée
par M. Voss dans un Mémoire(’ )
surlequel
nous auronsl’occasion de
revenir,
sont définis par les formulesou encore par le
système
(1) A. Voss, Zur Theorie der Krümmung der Flächen (Mathematische Annalen,
t. 39).
Ces définitions
posées,
on établit sans difficulté lesystème
suivant dontnous ferons constamment usage
Si l’on pose
on en déduit les relations suivantes
Les formules
qui
déterminent les rayons de courburegéodésique
deslignes
coordonnées s’écriventEnfin on
peut
encoreadjoindre
les résultats suivants.Posons
Les coordonnées
rectangulaires X, Y,
Z dupoint
M de la surface satis-font aux
équations ( ~ )
et aux
analogues qu’on
obtient enremplaçant
X et c par Y et c’ ou par Zet c". Dans ces
formules,
c,c’,
c" sont les cosinus directeurs de la normale à la surface.3. . Introduction des
symboles
de M.Christoffel
dérivés de l’élémentlinéaire de la
représentation sphérique.
- Considérons lareprésentation sphérique
de la surface que nous définissons en menant par unpoint
fixe del’espace
trois axes coordonnésparallèles
aux axes de( T)
et de même senset en considérant le
point ni
dont les coordonnées parrapport
à ce nouveau trièdre(t)
sont 0,0,1; soitle carré de l’élément linéaire de la
sphère
décritepar le point
fil etrapportée
au
système (u, v).
On auraConstruisons avec la forme différentielle
quadratique
dcr2 lessymboles
de M. Christoffel et posons
( 1 ) DARBOUX, Leçons, t. III, p. 251, éq. 35 et 36.
ou encore
Ceci
posé,
on établit aisément lesystème
suivantSi l’on pose
on aura
Appliquons
les formules(2)
au casprésent;
les coordonnées d’unpoint
de la
sphère
parrapport
à trois axesrectangulaires
fixes dontl’origine
estau centre de cette
sphère
sont X = c, Y =c’,
Z =c",
et il vient leséqua-
et les
analogues
obtenues enremplaçant
c soit parc’,
soit par c".( 1 ) C. GUICHARD, Surfaces rapportées cc leurs lignes asymptotiques et congruences
Si l’on
appelle toujours X, Y,
Z les coordonnées cartésiennes rectangu- laires dupoint
M d.e la surface( M )
parrapport
aux trois axesfixes,
on auraet les
analogues
obtenues enremplaçant
X et c par Y et c’ ou par Z et c".II. - SURFACES RAPPORTÉES A LEURS ASYMPTOTIQUES.
4.
Élément
linéairecorrespondant
auxasymptotiques (’ ). -
L’élé-ment linéaire d’une surface non
développable
étant donné sous la formecherchons si les
lignes
coordonnéespeuvent
être lesasymptotiques
de l’unedes surfaces résultant de la déformation de la
proposée.
Pour une telle
surface,
on devra avoirCes conditions
permettent
de poserSi l’on
porte
ces valeurs dans les deux relations de la troisièmeligne
dusystème (A),
on trouveSi l’on pose
rapportées à leurs développables (Annales de l’École Normale supérieure, 3e série,
t. VI, p. 336). - L. BIANCHI, Sopra alcune nuove classi di superficie e di sistemi tripli ortogonali (Annali di Matematica pura ed applicata, série II, t. XVIII, p. 305).
( 1 ) G. DARBOUX, Leçons, t. III, p. 283. - A. RIBAUCOUR, Mémoire sur la théorie géné-
rale des surfaces courbes, § 19 et suiv.
À,
~, sont donccornplètement
définis au moyen deE, F,
G.Les deux
premières équations
de droite de(A)
donneront r, r, ; il resteà
exprimer
que les deuxpremières équations
degauche
sontsatisfaites,
c’est-à-dire que l’on a
ou, en tenant
compte
des formules( C),
ou,
enfin,
Telles sont les deux
équations
de condition entreE, F,
G pour que le pro- blèmeproposé
soitpossible.
.5. . La
représentation sphérique
desasymptotiques
d’unesurface.
-Soit
la formule
qui
donne l’élément linéaire d’unesphère
de rayon irapportée
au
système (u, v) qui
est lareprésentation sphérique
desasymptotiques
d.’une surface.
Supposons
que l’on connaisse p, q, q,; les deuxpremières
formulesde
gauche
de( A )
donneront r, n, ; la troisième sera satisfaite etexprimera
que l’élément linéaire da convient à une surface à courbure totale
égale
à i ;~, ~, ,
q, r~, seront déterminés par les formulesoù k est une inconnue auxiliaire définie par le
système
que l’on obtient enexprimant
que les deuxpremières équations
de droite de(A)
sont satis-faites,
savoirCe
système
se déduit de celui considéré au numéroprécédent
en rem-plaçant respectivement
et, par
conséquent,
il setransforme,
en vertu des formules(D),
dans lesuivant
On a donc ce
théorème,
dû à Dini(’ ) :
:Pour
qu’un système
de courbes tracées sur lasphère
soit latation
sphérique
desasymptotiques
d’unesurface, il faut
et ilsuffit
quece
système
soit tel que l’on aitSi cette condition est
vérifiée,
les formules(5)
déterminentk,
à un fac-teur constant
près;
toutes les surfacescorrespondantes
sontidentiques
àl’une
d’elles,
à l’homothétieprès.
Toutefois il y a deux cas distincts à considérer.
Si le
système ( u, v)
tracé sur lasphère
est entièrement connu, c’est-( 1) ) U. Sopra alcune formole generali della teoria delle superficie, e loro a.p- plicazioni (Annali di Matematica, série II, t. IV, p. 183 ).
à-dire si l’on a les
expressions
des cosinus directeurs c,c’,
c" de la normale à la surface cherchée en fonction de u et dev, le problème
sera ramené auxquadratures..
Mais,
si lesexpressions de p,
sont seules connues, la détermina- tion de c,c’,
c"exigera
encorel’intégration
d’uneéquation
de Riccati.Il est
facile,
dans lepremier
cas, de donner les formules déterminant les coordonnées cartésiennesrectangulaires X, Y,
Y d’unpoint
de la surface : leséquations (4)
deviennent eneffet,
dans le casactuel,
On a des formules
analogues
pour Y et Z.III. - LES CONGRUENCES DE DROITES RAPPORTÉES A LEURS DÉVELOPPABLES
ET LA REPRÉSENTATION SPHÉRIQUE.
6. Formules
générales.
- Définissons une congruence dedroites,
de lafaçon
suivante(’ ) :
Soit
(T)
ou un trièdretrirectangle
dont laposition dépend
dedeux
paramètres
u et v et dont le sommet M décrit une surface(M)
nor-male à l’axe
des z ;
x, y étant deux fonctions de u et v, faisonscorrespondre
a
chaque position.
du trièdre(T)
une droiteparallèle
à l’axe des z de cetrièdre,
les coordonnées dupied
de cette droite sur leplan
des xy étant les valeurs des fonctions x, y. L’ensemble des droites ainsi obtenues constituera la congruence laplus générale.
Supposons
que lesparamètres
u et v soient choisis defaçon
que la con-gruence soit
rapportée
à sesdéveloppables,
c’est-à-dire defaçon
que,lorsque
l’on donne à u on des valeurs constantes, les surfaces
réglées
correspon- dantes de la congruence soientdéveloppables.
Pourqu’il
en soitainsi,
ilfaut et il suffit que l’on
ait,
endésignant
par z et Z2 les cotes despoints
( i ) A. RIBAUCOUR, Mémoire sur la théorie générale des surfaces courbes; Chapitre IV.
focaux
F,
et~~,,,
leséquations
qui expriment
que lesdéplacements
deF,
et deF2, correspondant
respec- tivement à v = constante et à u -= constante, s’effectuent suivant la droite.Posons
En vertu d’un calcul bien connu,
qui
consiste à écrire que les deux va- leurs de,20142014
déduites dusystème précédent
sontégales,
ainsi que les deux valeurs de~2y ~u~v,
lesinconnues x,
y, sont déterminées par lesystème
auquel
il fautadjoindre
les relations(’ )
qui
déterminent1’, ~1
et l’inconnue auxiliaire p.Ces relations conduisent
immédiatement,
en vertu des formules(A)
et(1 ) ’) DARBOUX, Leçons, t. l, p. 66.
( D ) ,
aux suivantesÎ .
Congruences qui
admettent unereprésentation sphérique
donnéede
développables.
- Particularisons cequi précède
en supposant que le trièdre(T)
soit confondu avec le trièdre(t)
dont le sommet estfixe ;
lepoint
dont les coordonnées sont o, o, r , décrit des courbes( tc ), ( v) qui
constituent lareprésentation sphérique
desdéveloppables
de laconvergence. Donc :
On
peut
se donner arbitrairement lareprésentation sphérique des
déve-loppables
d’une congruence; pour déterminer la congruence correspon-dante,
on construira un trièdretrirectangle
mobile(t)
à sommetfixe
pour
lequel
les six rotations soient p, q, r, p, q" on znté-l’équation (7) qui fera
connaître p et l’on aura ensuite x, y, zmau moyen du
système
La détermination n’est autre que celle d’un
point
fix.e parrapport
à un trièdre mobile dont les rotations sont les mêmes que celles de(t)
et dont les translations sont connues en mêmetemps
que p ; donc : :Si l’on a construit le trièdre mobile
(t)
et si connaît 03C1, la déter- mination de x, y,n’exige
que desquadratures.
M. Guichard est parvenu à des résultats
équivalents
auxprécédents
etque nous
rappellerons rapidement.
Soient
Xm, Y"" Zm
les coordonnées par rapport à trois axesrectangulaires
du
point N
milieu du segmentF, F2
déterminé par lespoints
focaux sur unedroite D de la congruence; conservant les notations
précédentes,
les coor-données du
point F,
serontet celles du
point F 2
Les
équations qui expriment
que les surfacesréglées (u), (p)
sont lesdéveloppables
de la congruence sont, parsuite,
et les
analogues
obtenues enremplaçant Xm,
c parY,r"
c’ ou par c".Égalons
les deux valeurs de déduites de ceséquations ;
ilvient,
envertu des
équations .( 3 ),
les relationsqui
déterminent et p.Éliminant
P" on voit que p est déterminé parl’équation ( ~ ~ ;
on aensuite
Xm, Y"t, Zm
par les formuleset par les
analogues
relatives àYm, Zn.
8. Autre solution du
même problème.
- Les inconnuesauxiliaires,
aulieu d’être basées sur l’introduction des
points focaux,
peuvent être déduites de la considération desplans
focaux. Leséquations qui
déterminent x et ysont,
d’après le § 6,
Substituons y les inconnues
Ces nouvelles inconnues sont
définies,
en vertu des formules( D ),
par leséquations
_Si l’on suppose, comme au numéro
précédent,
que le trièdre(T)
aitson sommet
fixe,
on voit que~, ~,
1 seront définis par lesystème
biensimple
9.
Propriété caractéristique
del’équation adjointe
àl’équation
en 03C1.Congruences
dérivées de M. Darboux. -L’équation (7) qui
déterminep n’est pas une
équation
linéairequelconque;
car lesfonctions e, f, g qui
entrent dans la formation de ses coefficients sont liées par une relation. Il
est bien facile de donner la
propriété caractéristique
de cetteéquation
ouplutôt
de sonadjointe.
Cette dernière est en effet
’
et,
d’après
leséquations (3),
elle admet comme solutions c,c’,
c".On peut alors énoncer cette
proposition :
L’équation (lo). adjointe
àl’équation
en p est caractérisée pan cettepropriété
d’admettre trois solutions linéairement distinctes dont lasomme des carrés est
égale
à l’unité.Car les trois solutions considérées seront les cosinus directeurs d’une droite que l’on pourra
prendre
pour axe des z d’un trièdre mobile(t).
Revenons à
l’équation ( ~ );
il est facile de voir quel’application
à cetteéquation
de la méthode deLaplace correspond
encore aux congruences dé- rivées introduites par M. Darboux au Tome II de sesLeçons.
Supposons
que les invariantsne soient pas nuls.
Les
tangentes
D’ menées auxcourbes «()
tracées sur la surface(F 2)’ lieu
de
F2,
forment une congruence dont lesdéveloppables sont ( u), (v) ;
; lademi-distance focale
p~’~
relative à une droite D’ satisfait à uneéquation
de la forme
( ~ ),
savoir :Orona
On retrouve donc la transformation de
Laplace.
Un calcul facile donne
De même les
tangentes
D-’ menées auxcourbes ~ u~
tracées sur la surface(F i)’
lieu deF, ,
forment une congruence dont lesdéveloppables
sont( u ),
(v);
la demi-distance focalep(- n
relative à une droite D~-’ est donnée par laformule
Elle satisfait à une
équation
de la forme(7 ),
pourlaquelle
lespremiers
coefficients sont donnés par les formules
Nous avons
supposé
que H et K ne sont pas nuls.Si H = o,
parmi
les conggruences admettant lareprésentation sphé- rique donnée,
il y en a pourlesquelles
la nappe(F2)
de lasurface focale
se réduit à unecourbe,.
pour les autres congruences, le secondpoint focal
de D ’ est àl’infini.
La valeur de p,
correspondant
aux congruences pourlesquelles (Fz )
seréduit à une
courbe,
est définie parl’équation
De méme :
Si K := o,
parmi
les congruences admettant lareprésentation sphé- rique donnée,
il y en a pourlesquelles
la nappe se réduit à unecourbe;
pour lcs autres congruences, le secondpoint focal
de D-’ est àLa valeur de p,
correspondant
aux congruences pourlesquelles ( F, ~
seréduit à une
courbe,
est définie parl’équation
Si l’on a simultanément H = o, K = o,
parmi
les congruences ad-mettant la
représentation sphérique donnée,
il y en a pourlesquelles
lesdeux nappes
( F, )
et( F? )
se réduisent à des courbes.La demi-distance focale
correspondant
à de telles congruences est dé- finie par lesystème
qui
estcompatible,
y en vertu deshypothèses,
et donne pour p une valeurunique,
à un facteur constantprès.
Toutes les congruencescorrespondantes
sont donc
identiques
à l’uned’elles,
à l’homothétieprès.
10. Formules relatives aux deux nappes et
( F2 )
de lasurface focale.
- Soit d’abord la nappe( F, ).
Supposons qu’on
donne à u et v deuxsystèmes
d’accroissementsdu,
duet
ou, Sp,
et cherchons la condition pour que les courbesqui
leur corres-pondent
sur( p’, )
soientconjuguées.
Lesprojections ~x, ~y,
dudépla-
cement de
(F, ), correspondant
aux accroissementsdu, d(),
sont donnéespar les formules
Le
plan tangent
à(F, )
enFi
a pouréquation
La direction
de
son intersection avec leplan
infinimentvoisin,
corres-pondant
aux accroissements est donc définie par leséquations
Exprimons
que cette direction estparallèle
audéplacement
de~,, ,
cor-respondant
aux accroissements~u, §p;
ilvient,
par un calculfacile,
fondésur
l’emploi
des formules(D ) ,
Telle est la relation
qui
définit deux directionsconjuguées
sur( li , ).
Onen
déduit,
pourl’équation
desasymptotiques,
En
exprimant
que deux directions sontconjuguées
etrectangulaires,
ontrouve facilement
l’équation
deslignes
de courbure de( F, ~
On
peut
trouver cette dernièreéquation
et déterminerégalement
lesrayons de courbure
principaux
de(F, )
enF,
par le calcul suivant : La normale enF,
à(F,)
est définie par leséquations
où t est un
paramètre
variable.Les valeurs de t
correspondant
aux centres de courbureprincipaux
et leslignes
de courbure sont définies par leséquations
qui s’écrivent,
en vertu des formules(D),
Si l’on élimine t entre ces
équations,
on retrouvel’équation
deslignes
decourbure.
Si l’on élimine
du, d(),
on trouve uneéquation
du seconddegré
en tqui
détermine les centres de courbure
principaux;
les rayons de courbureprin-
cipaux
sont ainsi définis parl’équation
On remarquera que,
si )
== o, les deux racines de cetteéquation
sontEnfin l’élément linéaire
dsj
de la surface est défini par la formuleSoit maintenant la nappe
( F2 ).
Par des calculs
identiques
auxprécédents,
onparviendra
aux résultatssuivants :
La relation entre deux directions
conjuguées
estL’équation
différentielle deslignes asymptotiques
estCelle des
lignes
de courbure estL’équation
définissant les rayons de courbureprincipaux
est== o, les deux racines de cette
équation
sontL’élément linéaire
ds2
de la surface(F’2)
est défini par la formule11. Détermination de toutes les
surfaces
surlesquelles
lesdévelop- pables d’une
congruence donnéeinterceptent
un réseauconj ugué (’ ). -
On sait que, si les
développables
d’une congruenceinterceptent
sur une sur-face
(P,)
un réseauconjugué,
cette congruence peut se construire enjoi-
gnant les
points P,
de( P~)
auxpoints correspondants P2
d’une surface(P2)’
lacorrespondance
étant établie parplans tangents parallèles.
Ceci
rappelé,
prenons surchaque
droite D de la congruence unpoint P,
1qui engendre
une surface(P,);
cette surface seradécoupée par les
dé-veloppables
de la congruence suivant un réseauconjugué
s’il existe surchaque
droite D unpoint P~
tel que lesplans
tangents enPi
etP2
aux sur-faces et
(P~)
soientparallèles.
Dans le casactuel,
lesystème ( u, v)
étant celui des
développables
de la congruence, il suffit d’écrire que les dé-placements
dePi
etP 2
sontparallèles
si l’on considère successivementu = const., v = const.
Supposons
que la congruence soit définie de lafaçon
laplus générale,
comme au n°
6,
au moyen d’un trièdre mobile(T)
dont l’axe des z est nor-mal à
l’origine
à unesurface ;
si l’on connaîtsimplement
lareprésentation sphérique
desdéveloppables,
il suffira de supposer, comme au n°7,
que le trièdre mobile(T)
a son sommetfixe,
c’est-à-direqu’il
est confondu avecle trièdre
(t);
cela reviendra à faire dans les formulesSoient +
pa
t et +P82
les cotes dePi
et deP~ ;
lesprojections
dudéplacement
dePt correspondant
aux accroissements ont, en vertu des formules(B)
et deséquations (6),
les valeurs suivantes ’Les
projections
dudéplacement
deP2, correspondant
aux mêmes accrois- sements, se déduisent desprécédentes
enremplaçant ai
par62.
Les
équations
duproblème
définissant les inconnues6 t, 8?
sont, par -(1) DARBOUX, Leçons, t. II, p. 219 et suivantes.
suite,
Elles s’écrivent
Les deux
premiers rapports égaux
sontégaux
à celuiqui
a pour numé-rateur la différence des numérateurs et pour dénominateur la différence des
dénominateurs,
c’est-à-dire àLes deux derniers
rapports égaux
sontégaux
de même àSubstituons aux inconnues
62
les nouvelles inconnuesCes dernières seront définies par le
système
Égalons
les deux valeurs de-y2014’ qu’on
obtient endifférentiant;
livient,
en tenant
compte
del’équation (~ ),
àlaquelle
satisfait p,Telle est
l’équation qui
détermine qq ; c’estl’équation (10) adjointe
àinéquation
en p.Dès que 03C6 est connu, on
obtient 03C8
par desquadratures ;
si l’on sepelle
cetteproposition (1) : Étant
données uneéquation
linéaire et sonadjointe, l’intégration
par unprocédé quelconque de l’une
des deuxéquations
entraînecomme conséquence
celle deéquation,
on a lagénéralisation
suivante d’un théorème bien connu sur les congruences for- mées de normales à des surfaces :Le problème de
la recherche descongruences admettant même repré-
sentation
sphérique de
leursdéveloppables qu’une
congruence donnéeéquivaut à
celui de la détermination dessurfaces découpées
suivant unréseau
conjugué par les développables de
cette congruence.L’équation
en 03C6 est la même pour toutes les congruences admettant mêmereprésentation sphérique
de leursdéveloppables;
soit p la demi- distance focale d’une de ces congruences : à toutesolution ?
deinéquation (to) correspondent
des valeursde ~
déterminées par leséquations (i3)~ qui
ne diffèrent que par une constante ; le
plan tangent à
l’unequelconque
dessurfaces obtenues est
parallèle
aux directions dont les coefficients direc-teurs sont
Ces deux directions étant
indépendantes
de p et de~,
on voitqu’on peut
énoncer la
proposition
suivante :Considérons les congruences admettant une
représentation sphérique
donnée de leurs
développables;
à toute solution del’équation adjointe
àl’équation
en pcorrespondent
pour chacune de ces congruences une in-( 1 ) Leçons, t. II, p. g8,
finité
desuifaccs découpées
par lesdéveloppables
de cette congruence .suivant un réseauconjugué;
deuxquelconques
de cessurfaces
appar-tenant, soit à une même congruence, soit à congruences
différentes,
ont, aux
points correspondants,
leursplans tangents parallèles.
On
peut
remarquer que l’on connaît trois solutionsparticulières
c,c’,
c"de
l’équation
en 03C6 etplus généralement
les solutions définies par l’ex-pression
où l,
m, n sont des constantes; or, si l’onappelle X, Y,
Z les coordonnées dupoint
P parrapport
à trois axesrectangulaires,
on a engénéral
Dans le cas actuel il vient
~
i étant défini par lesystème (13)
danslequel
onremplace 9
par 9 t . Les deux dérivéespartielles
de la fonction lX. + mY + nZ sont nullesen vertu des formules
(g) ;
donc : :.
Les
surfaces correspondant
aux solutions 03C61 j sont desplans.
12.
Congruences
de Ribaucour. - Onpeut
se poser à del’équation
en p desquestions analogues
à celles traitées par M. Darboux au Tome II de sesLeçons
pourl’équation
linéaireplus générale
du secondordre.
Les congruences
particulières qui
seprésentent
tout d’abord sont cellespour
lesquelles l’équation
en p a ses invariantségaux ;
elles sont définies par la condition suivanteDonc:
La,
représentation sphérique
de leursdéveloppables
estidentique
à lareprésentation sphérique
desasymptotiques
d’unesurface.
M. Ribaucour
( ~ )
les a rencontrées lepremier
dans leproblème
de la( i ) A. RIBAUCOUR, Étude des
Élassoïdes, §
188.correspondance
parorthogonalité
des éléments surlequel
nous reviendronsplus
loin. On les retrouve dans ungrand
nombre dequestions;
nous leurdonnerons, d’après
M.Bianchi,
le nom de congruences de Ribaucour.31. Guichard a
Indiqué
unepropriété caractéristique
de ces congruencesqui
est la suivante : :,
développables
d’ujzc congruence de Ribaucourinterceptent
sur sasurface
moyenne un réseauconjugué.
Cette
propriété
résulte immédiatement de ce que lesystème ( r 3)
admetdans le cas actuel une
solution ?
telle que la valeurcorrespondante
de’f
soit
nulle;
cettesolution 9
est définie par lesystème compatible
()n rencontre les congruences de Ribaucour dans un
grand
nombre dequestions
relatives aux congruences; prenons, parexemple,
la suivante : :Étant
donnée une congruence, existe-t-il surchaque
droite deuxpoints P1
etP2 équidistants
du milieu despoints focaux
et tels que lesplans
tangents
enP
j etI’2
auxsurfaces (Pi )
ct soientparallèles?
Il suffit de faire
et
---~ --0~
au numéroprécédent,
et les surfaces( P, ), (~ l’~),
si elles
existent,
seront définies par lesystème
Effectuant les
calculs,
ilvient,
pour définir0"
leséquations
On voit que le
problème posé
n’admet de solution que pour les con- gruences de Ribaucour; pour de telles congrucnces, leproblème
a uneinfinité de
solutions;
toutes les surfacescorrespondantes
ont leursplans
tangents
parallèles
à celui de la surface moyenne.Nous n’insisterons pas, pour le moment, sur les
applications
du numéroprécédent qui
conduisent aux congruences de Ribaucour.Le réseau étant la
représentation sphérique
desasymptotiques surface,
onpeut
poseren
désignant
par - la courbure totale d’unepareillc
surface.Inéquation
en p devientSi l’on pose
il
vient,
pourl’équation
en),,
en
désignant
par H la valeur commune des invariants deInéquation
en p, sav oir : IOn
peut
remarquer que la fonctionA’p
est définie parInéquation adjointe
à
Inéquation
en p ; nous connaissonsdonc,
dans le casactuel
trois solutions, , c c~ c~ , , ~ , ,
.
particulières Inéquation
en p, et,plus généralenient,
toutes lessolutions données par
l’expression
’où l,
m, n sont des constantes.Il résulte immédiatement des formules
(g)
que les dérivées de la fonc- tionlXm
+nZm
sont alorsnulles,
c’est-à-dire que la surface moyenne est unplan.
Réciproquement,
si la surface moyenne d’une congruence est unplan,
c’est une congruence de Ribaucour pour
laquelle
la valeurde p
est donnéepar
l’expression précédente.
Ainsi :
Étant
donné un réseausphérique qui
estl’image
desasymptotiques
d’une
surface,
il existe uneinfinité
dre congruences dont lasurface
moyenne cst un
plan,
etqui
admettent le réseau considéré pour repré- sentationsphérique
de leursdéveloppables.
L3. . Détermination des
sphères
dont les cordes de contact avec leurenveloppe forment
une congruence donnée. -Remarquons
tout d’aborddue, si l’on considère la surface lieu des centres des
sphères,
leproblème
considéré
équivaut, d’après
un théorème de M.Ribaucour,
au suivant :Déterminer les
surfaces qui
admettent unereprésentation sphérique
donnée d’ma réseau
conjugué,
d’ailleursinconnu,
tracé sur elles.Soient ~
~8,
i et ,~,n +~8~
les cotes des deuxpoints
de contact de lasphère
avec sonenveloppe, points
situés sur la droite(x, y);
leséquations
du
problème
sont les suivantes : ‘ .Substituons à
9 ~ , 8~
deux nouvelles inconnuesR, 8,
définies par les rela- tionsCes nouvelles inconnues seront définies par le
système
Égalons
les deux valeursqu’on
obtient en différentiant lapremière
deces