A NNALES DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE T OULOUSE
L OUIS R OY
Sur la déformation d’une ligne élastique autour d’un de ses points
Annales de la faculté des sciences de Toulouse 3
esérie, tome 27 (1935), p. 171-199
<http://www.numdam.org/item?id=AFST_1935_3_27__171_0>
© Université Paul Sabatier, 1935, tous droits réservés.
L’accès aux archives de la revue « Annales de la faculté des sciences de Toulouse » (http://picard.ups-tlse.fr/~annales/) implique l’accord avec les conditions générales d’utilisa- tion (http://www.numdam.org/conditions). Toute utilisation commerciale ou impression sys- tématique est constitutive d’une infraction pénale. Toute copie ou impression de ce fi- chier doit contenir la présente mention de copyright.
Article numérisé dans le cadre du programme Numérisation de documents anciens mathématiques
http://www.numdam.org/
SUR LA DÉFORMATION D’UNE LIGNE ÉLASTIQUE
AUTOUR D’UN DE SES POINTS
Par M. LOUIS ROY
INTRODUCTION
Dans deux Mémoires antérieurs
(’),
nous avons vu que le calcul descomposantes U, V,
W dudéplacement élastique,
dans levoisinage
d’unpoint
M de l’axelongi-
tudinal d’une
ligne élastique,
faitintervenir,
parintégration
immédiate de certainesformules dues à
Kirchhoff,
trois fonctionsCO, W qui,
dans le casparticulier
d’une
ligne
àquatre paramètres, représentent
lescomposantes
dudéplacement élastique
en unpoint
de la section droite relative aupoint
M. Comme nous avionsalors
principalement
en vuel’expression
dupotentiel thermodynamique
interne de laligne, qui
ne fait pas intervenir directement les fonctionsD,
nous n’avonsrien dit de leur calcul effectif. D’autre
part,
en cequi
concerne la détermination de la fonction ainsi que des dilatations transversales et duglissement transversal, qui
font intervenir lesdérivées,
de(1),
nous avonsimplicitement supposé
lacontinuité des coefficients d’élasticité dans toute l’étendue de
chaque profil.
Or cettehypothèse
est évidemment en défaut pour uneligne
constituée à la manière d’unepoutre
en béton armé. Nous avonsdonc,
dans ce nouveautravail, repris
et com-plété
laquestion
dansl’hypothèse
de la discontinuitépossible
des coefflcients d’élasticité lelong
de certaines courbes tracées danschaque profil.
Nous terminons par une
application
à unproblème d’équilibre, auquel
nous.
~
(1)
L. RoY, Sur leséquations générales
deslignes élastiques
et lapropagation
des ondes, Annales de la Faculté des Sciences de Toulouse, 3e série, t. XVIII,1926,
p. II7 àig5.
- Surles bases
théoriques
de la Résistance desmatériaux,
Journal de l’ÉcolePolytechnique,
2esérie,
30e cahier,
ig32,
p, 153 à igo.I72
avons été récemment conduit à propos de la construction d’un étalon de self- inductance destiné à une nouvelle détermination de l’ohm.
Les numéros dé formules ou de pages entre
crochets, auxquels
nous renvoyonsquelquefois,
sont ceux de notreprécédent
t Mémoire Sur les basesthéoriques de la
Résistance des matériau~x.
Ce Mémoire a été résumé en une Note insérée sous le même titre aux
Comptes
rendus de l’Académie des Sciences
(séance
du 18 févrierrg35).
1. Préliminaires. - On sait que la
configuration
d’uneligne élastique,
à l’ins-tant t, est considérée comme suffisamment définie par la connaissance d’une suite continue de trièdres
trirectangles Muvw
, dont le lieu des sommets M est l’axelongitudinal
et dont l’un desplans
decoordonnées,
uMv parexemple,
esttangent
en M à un feuillet matériel arbitrairement choisipassant
par cepoint,
l’undes deux axes
correspondants,
M u parexemple,
restant en outretangent
en M à l’une des fibres de ce feuillet. Si l’on choisit un feuilletpassant
par l’axelongitu- dinal,
dont l’élément en M devient ainsi une fibre de ce feuillet, et si l’onprend
l’axe M u
tangent
en M à cettefibre,
c’est-à-dire à l’axelongitudinal,
l’orientation du trièdre Muvw ou, pourabréger,
du trièdre(M)
au tour de M nedépend plus
alors que d’un seul
paramètre
de sorte que laconfiguration géométrique
de laligne élastique
parrapport
à un trièdre fixetrirectangle Oxyz
se trouvecomplète-
ment définie
analytiquement
par lesquatre paramètres
x, y, z; fi, les trois pre- miers étant les coordonnées de M. Cesquatre paramètres
doivent êtreregardés
comme des fonctions continues du
temps t
et d’une variablegéométrique, qui
estl’arc mt m = w de l’axe
lungitudinal
dans son étatcorrespondant
à l’arc= s de l’axe
longitudinal
dans son état actuel. Comme étatprimitif,
nousconviendrons de
prendre
l’étatnaturel,
c’est-à-dire l’étatd’équilibre
queprend
laligne quand
elle n’est soumise à aucune force extérieure etquand
tous sespoints
sont
portés
à une mêmetempérature
absolue’fo.
,,La
ligne élastique,
tellequ’elle
vient d’êtredéfinie,
est ce que nous avonsappelé
une
ligne
àquatre paramètres,
pour ladistinguer
de laligne
à sixparamètres,
danslaquelle
l’orientation du feuillet matériel autour de M estquelconque
etdépend,
en
conséquence,
de troisparamètres 6, c~, ’f
au lieu d’un seul c~.A l’élément mnt’ =
compté
sur l’axelongitudinal primitif, correspond
l’élément MM’ = c~s
compté
sur l’étatactuel,
de sorte que la dilatation en M de l’axelongitudinal
àpartir
de l’étatprimitif
estConsidérons à l’instant 1 , sur une
ligne
àquatre paramètres,
les deux trièdres infiniment voisins(M)
et(M’).
Onpeut
amener(M)
en coïncidence avec(M’)
par la translation ds-(
+~)d~,~ dirigée
suivant Mu et par une certaine rotation autour de M, dont nousdésignerons
par( p,
q,r)dw
lescomposantes
suivant lesaxes mobiles Mccvw et l’on a
x, ~i,
Y)a~, ,~1;
a~,t~~,
Y 2désignant
les cosinus directeurs des axesMu, Mv,
Mw parrapport
aux axes fixesOxyz.
Demême,
dans l’étatprimitif,
onpeut
amenerle trièdre en coïncidence avec le trièdre infiniment voisin
(m’)
par la transla- tion dwdirigée
suivant mu et par une certainerotation,
dont nousdésignerons
par
(Po’
qo’ lescomposantes
suivant les axes mobilesprimitifs
muvw.On reconnaît alors que la déformation en M de la
ligne élastique
dans son étatactuel par
rapport
à son étatprimitif
est caractérisée par lesquatre
fonctionsde ~~, t et que le
potentiel thermodynamique interne f
du tronçon deligne qui,
dans l’état
primitif,
a pour hauteur m m’ = dû) et pour bases les deuxprofils
en met
m’,
est une fonction desquatre
déformations(3),
ainsi que de w et de latempé-
rature 0 au
point
Mcomptée
àpartir
de latempérature primitive To.
En outre,l’effort
longitudinal
d’extension ou decompression ~,u
aupoint M,
lecouple
detorsion
eu
et lescomposantes ew
suivantMv,
Mw du moment fléchissant au’
même
point
sont données par les formules .et l’on a :
I. En
chaque point
M de l’axelongitudinal,
delongueur primitive
m ~, ==/~
c’est-à-dire pour o ~~
l,
les sixéquations
indéfinies’
xe, â e désignant
lescomposantes
suivant Les axesMuvw,
et par.unité de
longueur comptée
sur l’axelongitudinal primitif,
de la force et ducouple
extérieurs au
point M,
c’est-à-direprovenant
de la réduction parrapport
à M des forces extérieuresappliquées
au tronçon relatif àl’élément ds; ~,
les éléments
analogues
relatifs aux forcesd’inertie;
deuxparamètres
auxi-liaires
qui représentent
lescomposantes
suivantMu,
M’tv de l’effort tranchant aupoint M ;
l’origine ~I~
de l’axelongitudinal,
c’est-à-dire pour o = o, les six condi- tions aux limitesx1, y1,...1n1
étant lescomposantes
suivant les axesNI,
uvw de la force et ducouple
extérieursappliqués
àl’origine M,
de laligne
etprovenant
de la réduction parrapport
àM,
des forces extérieuresappliquées
à la basecorrespondante;
III. _x l’extrémité
M2
de l’axelongitudinal,
c’est-à-dire pour a~ =l,
les six con-ditions aux limites ‘
x 2, y2,
... , * étant les élémentsanalogues
auxprécédents x1, y1,
... ,mais relatifs à l’extrémité
M2.
En outre, dans les conditions(6)
et(7), ~,
... ;..
représentent
les valeurs de ... enM,
etM~.
Dans toutes ces
équations,
tant indéfiniesqu’aux’ limites,
lesquantités
~w
doivent recevoir leurs valeurs(4);
on a ainsi sixéquations
indéfi-nies
(5)
entre lessept
fonctionsde (ù 1. Pour achever la mise en
équations
duproblème,
il fautadjoindre
auxprécédentes
la relationsupplémentaire
et. les deuxconditions
aux limites corres-pondantes (’).
-Les
équations
indéfinies(5)
et les conditions aux limites(6)
et(7)
sontgéné-
rales,
en ce sensqu’elles s’appliquent
aussi bien à uneligne
affectée de viscosité.qu’à
uneligne
dénuée de viscosité. Aucontraire,
lesexpressions (4) supposent
essentiellement laligne
dénuée deviscosité;
car, dansl’hypothèse contraire,
les seconds membres de ces formules doivent êtrecomplétés
par les actions correspon- dantes de viscosité(~).
Toutefois lesexpressions (4)
restentgénérales
dans le cas del’équilibre, puisqu’alors les
actions de viscosité sont nulles.Les
développements qui
vont suivre resteront donc entièrementgénéraux,
saufdans
l’application
des formules(4), qui
nous fourniront lesexpressions (42)
et(57),
valables seulement à
l’équilibre
ou pourune ligne
dénuée de viscosité.2.
Composantes
de la déformation autour d’unpoint.
- Par suite de la défor- mationélastique
dechaque
tronçon deligne,
lepoint (u,
v,w) rapporté
au trièdreprimitif
muvw estvenu, à l’instant t,
aupoint (u + U, u y V, w + W) rapporté
au trièdre actuel Muvw, les
composantes U, V,
W de la déformationélastique
aupoint
considéré vérifiant les formules deKirchhoff (3)
(’ j
L. Roy, Sur teséquations générales
deslignes élastiques
el lapropagation
des ondes,p,
y5.
,(2) L. ROY, loc. cit., p. I7I.
(3) L. ROY, loc. cit., p.
1 75.
’d’où l’on tire en
intégrant
W désignant
trois fonctionsindépendantes
de u, maispouvant dépendre
dev, w ; M,
t, qui représentent
lescomposantes
dudéplacement élastique
en unpoint.
(u, w) du plan
mvw , c’est-à-dire de la section droiteprimitive
de laligne.
Laconnaissance de ces trois fonctions détermine donc la
configuration
d’une sectiondroite déformée.
Tout
d’abord,
les fonctionsCO,
satisfont à certaines conditions àl’origine
résultant du choix du trièdre mobile. En
effet,
lepoint
M étant lié à lamatière,
ledéplacement (U, V, W)
doit s’annuler pour(Il,
v,w)
= o. D’autrepart,
lepoint (du, o, o)
infiniment voisin de m resteaprès
déformation surMu, puisque
cet.axe est mené
tangentiellement
à l’axelongitudinal
et, comme leplan
uMv restetangent
en M à un même feuilletmatériel,
lepoint (du, du , o)
infiniment voisin de m resteaprès
déformation dans leplan M Mu;
d’oùde sorte
qu’on
doitavoir,
pour(u, v, w)
= o,Les
quatrième
etcinquième
de ces conditions sont vérifiées d’elles-mêmes-d’après
les deux dernières(8)
et lesquatre
autres seréduisent, d’après (g),
àLes trois dilatations et
glissements ~1, ~z, ~3;
g,, g~, g3 en unpoint (u,
v,w)
du tronçon sontenfin, d’après (g),
FIG. I.
Cela
posé,
nous allons déterminer les fonctions~,, T), qui, d’après (9)
et(II),
achèvent de faire connaître ledéplacement
et les déformationsélastiques,
ensupposant
quechaque
section droite est unplan
desymétrie
de contexture et, enoutre, que la
ligne élastique
considéréepeut
résulter de lajuxtaposition
deplu-
sieurs
lignes
de substances différentes latéralement accolées. Pour ne pas com-pliquer
inutilement les formules et nousplacer
dans un casanalogue
à celui despièces
en bétonarmé,
nous nous limiterons au cas de deux substances enrobées l’une dans l’autre. Leprofil primitif
S sera ainsisupposé
limité par une courbe fermée tracée dans leplan
à l’intérieur delaquelle
sont tracées d’autrescourbes fermées
~‘;
l’une des substancescorrespondra
à l’aire intérieureJb
et extérieure aux courbes1’,
l’autresubstance,
aux aires intérieures aux courbes~,’. Dans ces
conditions,
les coefficients d’élasticité seront, danschaque profil,
des fonctions continues de v, w, sauf à la traversée des courbes E’ où ils
pourront
être discontinus. Nous affecterons d’un accent lesquantités
relatives aux aireset nous
désignerons
les cosinus directeurs de la demi-normale extérieureau contour E + ~’’ de l’aire
y~,
par~’, y’
ceux de la demi-normale extérieure auxcontours ~’ des aires
~~‘ f).
3. Détermination de la fonction w ;
l) .
- La fonctionCU
est détermi-née par la
première
deséquations 2 ~]
et[28] (’)
dansy~,
et sur ~ et par deux des conditionsqui expriment
la continuité de lapression
et dudéplacement
à latraversée des courbes
‘’’,
soitDans et
,
Sur 03A3 :
Sur ~,’ :
Ces
équations
deviennentd’après
lesexpressions
deT~, T3
résultant de
l’hypothèse
quechaque
section droite est unplan
desymétrie
decontexture,
d’après
les deux dernières( r 1 )
et enposant
(’)
Nous rappelons que les numéros entre crochets serapportent à
notre Mémoire Sur,les bases
théoriques
de la Résistance des matériaux.Dans
~,~ :
Dans
G~~’ :
Sur S :
Sur S’:
Les
équations
de(,3)
à(16) déterminent
les fonctions, ’
sansambiguïté.
Pour le
démontrer,
il suffit d’établir que si~o
et~
sont une solution et si l’on poseles
fonctions ~,~
sontnécessairement
nulles.En
effet,
si l’on effectue lasubstitution ( 17)
dans ceséquations
et si l’on tientcompte
de ceque 0
et’0
en sopt unesolution,
il vientDans
Dans
~,’ :
Sur S :
Sur 2~’ :
Multiplions
alors(18)
et(19) respectivement par 1
et’1, puis ajoutons
membreà
membre;
le résultat s’écritles
points représentant
deuxlignes analogues qui
se déduisent des deuxpremières
en y
accentuant 1
et lesMultiplions
ensuite par dS etintégrons
dans toutel’étendue
+J6’
duprofil.
Lesintégrales qui correspondent
à lapremière
et à latroisième
lignes
setransforment, d’après
la formule deGreen,
enintégrales
curvi-lignes
étendues aux contours E etS’;
cellequi
est éteudue à ~ est nulled’après
(20)
et cellequi
est étendue à E’ est nulled’après (21);
§ il reste doncMais la
première quantité
entre crochets est la formequadratique
définieposi-
tive 2
~~(g$, g3), qui
est l’une desparties
dupotentiel thermodynamique
internepar unité de volume
[28],
où l’on auraitremplacé
lesglissements
9", g3respective-
ment par
~1 ~03C9, , 1 °l’
.L’égalité précédente exige
donc que1 et ’1
soient cons-tants en
chaque point
de et deJb’,
de sorte que,d’après
la deuxième(21),
cettevaleur constante est la même dans toute l’étendue du
profil.
Comme enfin la fonc-tion
doit s’annuler àl’origine- d’après
lapremière (10)
et(12),
la seule solution deséquations
de(18)
à(21)
est(~~, ~!;)
= o, cequi
établit l’unicité de la solution deséquations
de(i 3)
à( ~ 6) .
La
fonction ~ ayant
ainsi étédéterminée,
on ad’après (I 1)
4. Détermination des fonctions
î(v
w ; ~~ , ,t)
et w ; ~~ ,t) .
. - Dans notreprécédent travail,
les déformations~2, O3,
g, ont été calculées en fonctionde ~1
et .de la
température
9 par la résolution deséquations [5o]
fournies par les trois con-ditions de Saint-Venant
qui
ont été établies dansl’hypothèse
de la continuité des coefficients d’élasticité dans toute l’étendue duprofil.
Nous allons voir que ces, conditions subsistent si certains de ces coefficients sont discontinus à la traversée des courbes ~’.Le
point
dedépart
de la démonstration des conditions(23)
est que F et G étantdeux fonctions continues
quelconques
de v, w dans toute l’étendue duprofil S,
on a
[p. 172].
Cetteégalité
reste valable dans le cas de l’existence des courbes~’,
les fonctions F et G restant toutefois continues à la traversée de ces courbes. On a, eneffet, d’après [27]
et[28],
Dans
Dans :
Sur S :
Sur S’:
ces deux dernières
exprimant
la continuité des deux autrescomposantes
de la pres- sion à la traversée des courbes S’.Cela
posé, l’intégrale (24)
s’écrit encore parapplication
de la formule de Greenet
chaque parenthèse
est nulled’après
leséquations précédentes.
Dès
lors,
les raisonnements faits pour aboutir aux conditions(23)
subsistentsous la seule et même restriction que les trois coefficients
soient constants dans toute l’étendue du
profil,
lesAij
étant les coefficientsqui figurent
dans lesexpressions
des six déformations en fonction descomposantes
depression,
tandis que les sont ceuxqui figurent
dans lesexpressions
des compo-santes de
pression
en fonction des déformations. Enparticulier, lorsque [p. I~5]
onconsidère F et G comme les
composantes
d’undéplacement élastique,
ces compo-santes sont effectivement continues à la traversée des courbes E’ . Les
expressions [5I]
de
~~, ~3,
g~ en fouction et de 0 subsistentdonc,
soitE =
-2014 désignant
le module deYoung
aupoint (v, w)
duprofil parallèlement
àAis
’l’axe longitudinal
etD~, D~, D3, G,
lesquatre
coefficients de dilatation et deglisse-
ment
thermiques définis,
en fonction des coefficients directs,~~)~
etréciproques
au moyen des
formules [43].
Onvoit
que, dans lesexpressions (26),
les coefficientsde .
et deD,
sontprécisément
les trois coefficients(25)
constants parhypothèse
dans toute l’étendue du
profil. Rappelons
queD~
est nécessairement de laforme
D,
a, b étant des constantes pourchaque
substance et queD~, Dg, G, peuvent
êtreregardés
comme des fonctions de v , w seulement, leurs dérivées parrapport
à u étant parhypothèse négligeables [p.
Les seconds membres de(26),
où~1
estremplacé
par sa valeur(11)
sont ainsi des fonctions connues de v, w,qui dépen-
dent en outre de w, t par l’intermédiaire
de ~, q - qo, r - j~o, 6
et des coefficients d’élasticité.D’après
lesdeuxième,
troisième etquatrième (11),
les fonctions~,
sontdonc déterminées par les trois
équations
dont les seconds membres sont donnés par
(26).
Toutd’abord,
si l’on dérive la troisième parrapport
à v et à w, il vient en tenantcompte
des deuxpremières
ce
qui
est l’une des conditions deSaint-Venant,
soit encore,d’après (26)
etpuisque
An’ Au) E
sont des constantes et~~, D,
des fonctions linéaires en v, w ,On a
ensuite, d’après
les deuxpremières (28),
G et H étant deux fonctions
qui,
abstraction faite des deux autres variables ~, t,.ne
dépendent respectivement
que de zv et de v. En substituant ce résultat dans la troisième(28),
il vientce
qui exprime
que le second membre doit être la somme de deux fonctions nedépendant respectivement
que de v et de w, c’est-à-dire de la forme6
et~
étant ainsi deux fonctions connues.L’équation (31)
devient doncet, comme les variables v, w sont
indépendantes,
celaexige qu’on
aitA étant une constante arbitraire. Les fonctions G et H s’en déduisent immédiate- ment, de sorte que la solution
générale
deséquations (28)
est en définitive etd’après (30)
B et C
désignant
deux autres constantesarbitraires, qui dispensent
de laisser subsister une constante additive danschaque intégrale
indéfinie des seconds mem- bres. On voit que(B, C) représente
une translation d’ensemble et A une rotation d’ensemble autourdè l’origine.
,Commençons
parappliquer
les formulesgénérales (32)
à larégion
Jb et for-mons à cet effet le second membre de
(3~)
afin de déterminer lesfonctions 6
et?.
On a, d’après (26), (II)
et(27)
Mais
l’égalité (~g)
montre, par deuxintégrations successives, qu’on
doit avoirh
et g
étant deux fonctions de v et de wqui
se déterminent par identification des deux membres. On a doncfinalement, d’après (3 i ), (33)
et(34)
Il vient
ainsi, d’après (32), (26), (27)
et(II),
Dans la
région
lescomposantes y’, W
dudéplacement
sont données par les mêmes formules(35),
soit(35’),
mais où l’on aremplacé
par les mêmes lettres accentuées
D’, a’,
...,Cr c).
Passons enfin à la détermination des six constantesA, B,
...,C’;
nousn’avons,
pour lesdéterminer,
que les trois dernières conditions àl’origine (10)
et les deux conditions de raccordementSupposons,
pour fixer lesidées,
quel’origine
m se trouve dans larégion ( fig. ~).
Pour éviter d’inutilescomplications,
supposons que lesquatre intégrales indéfinies, qui figurent
dans(35’)
etqui
sont écrites sans constantesadditives,
s’annulent à
l’origine.
C’est cequi
auralieu,
enparticulier,
si.Ds, D3, G,
sont despolynômes
en v, w,hypothèse
trèslargement
suffisante aupoint
de vue desappli-
cations. Les deuxième et troisième conditions
(10)
donnent alors(B’, C’)
= o et laquatrième (io) exige qu’on
ait .de sorte que les
composantes tangentielles
dudéplacement
sont en définitived’après (35’)
(i ) g’,
h’désignent
donc d’autres fonctions de zu et de v et non les dérivées de g et de h .Enfin,
pour déterminer les trois autres constantesA, B,
Cqui figurent
dans lesexpressions (35)
relatives à larégion
nous n’avonsplus
que les deux condi- tions(36), qui
s’écriventd’après (35)
et(37)
Sur E’ :
Or,
surchaque
contour~’,
les coordonnées v, i~ sont des fonctions données d’unparamètre
A. Si l’on suppose cette substitution effectuée dans les deux condi- ’ tions(38), celles-ci,
devant alors être vérifiées dans tout lèchamp
de la variableÀ ,
doivent être des identités en À
qui,
suivant la formeanalytique
des fonctionsD, , D3, G,,
déterminent les trois constantes restantesA, B,
C etimposent
éventuel-lement de nouvelles relations entre les constantes
spécifiques
des deux substances considérées.Dans le cas
particulier
où a = o, les formules(38)
donnent immédiatementde sorte que,
d’après (35),
lesexpressions
deT),
se réduisent anx deux pre- mièreslignes
des formules(37) qui s’appliquent
ainsi à toute l’étendue duprofil.
5. Relations entre les forces extérieures et les déformations. -
L’expression [59]
dupotentiel thermodynamique
interne linéairef
seréduit ici,
du fait duchoix
particulier
du trièdremobile,
àEm désignant
la valeur moyenne du module deYoung
E dans toute l’étendue duprofil, Am , Fm
les valeurs moyennes del’expression
et du coefficientet les axes mvw
ayant
étépris
suivant les axes centraux d’inertie duprofil supposé
recouvert d’une couche de densité
proportionnelle
àE;
on aposé
en outrede sorte que les relations
(4)
entre les forces extérieures et lesdéformations
s’écri- ventd’après (39)
Rappelons
que ces formules(42) supposent l’équilibre,
ou laligne
dénuée deviscosité.
6.
Équations
duprofil
déformé. - Lepoint (o,
v ,w)
duprofil primitif
étantvenu
après
déformation aupoint
les
équations paramétriques
duprofil
déformérapportées
au trièdre mobile M uvw sont,d’après (g)
et(12),
la
fonction £
étant, définie par leséquations
de(13)
à(16)
et les fonctions~), OU)’
étant données par leurs
expressions (35)
et(S’y).
Il résulte tout d’abord de la pre- mière(43)
que leprofil
resteplan
et contenu dans leplan vMw,
donc normal à l’axelongitudinal,
si p - po est nul,c’est-à-dire, d’après
la deuxième(à2),
si le -moment de torsion dans le
profil
considéré est nul.Les
paramètres
directeurs~V ~v ~W ~w - ~W ~v ~V ~w
, ... de la normale en unpoint
.de la surface
(43)
sont ainsidonc se réduisent très
sensiblement,
par suite de lapetitesse
desdéformations,
àOn voit que la somme de leurs carrés se réduit très sensiblement à
l’expression
i
+2~20142014+20142014J,
, dont la racine carrée diffère très peu de lapremière
desexpressions (l~4) .
Les cosinus directeurs de la demi=normale en unpoint
duprofil
déformé
(43)
etqui
fait unangle aigu
avec l’axeM u,
sont ainsi très sensiblementde sorte
qu’on
reconnaîtra que leprofil
déformé reste normal en M à l’axelongitu-
dinal si les deux dérivées = sont nulles pour "
(v, w)
’ = o. S’il en estainsi
’on voit
d’après (22)
que lesglissements
g~, g3 s’annulent effectivement àl’origine.
7. Cas
particulier
del’isotropie
et del’homogénéité
transversales pour chacune des deux substances. - Si leplan
m vw est unplan d’isotropie,
on a tout d’abordG étant le coefficient d’élasticité
transversale,
de sorte que la troisième(4t)
devientG étant constant dans chacune des aires
partielles
du fait del’homogénéité
transversale. Les
équations
de(13)
à(16)
déterminant les fonctions se rédui- sent ainsi aux suivantesn, n’
désignant
les demi-normales(a, y), (~~’, y’).
On a d’autre
part,
en vertu de la seuleisotropie transversale,
r étant le coefficient de Poisson
qui, d’après
la constance des coefficients(25),
doit.avoir la même valeur dans toute l’étendue du
profil.
Deplus,
en vertu del’homogé-
néité transversale de
chaque substance,
les deux coefficients de dilatationthermique
restants
Dt
etD~
=D3
sont constants danschaque région
de sorte que,.d’après (27), (a, b) = o
etD~ = D .
Les fonctionsh,
g,h’, g’
sont donc nulles.d’après (34);
par suite les formules(3 ~)
se réduisent àet les conditions de raccordement
(38)
àSuri’ :
Comme le crochet est ici
indépendant
de v, w, ces deux conditionsexigent.
qu’on
aitOn voit que la
première (48) exprime
quel’expression cr Dt
+D
doit avoir la;même valeur dans chacune des
régions
c’est-à-dire dans toute l’étendue duprofil.
Lesexpressions (35)
deviennent ainsi11 résulte alors de
(47)
et de lapremière (48)
que lesexpressions (4g)
sont vala-bles dans toute l’étendue du
profil.
Enfin,
la deuxième formule(40)
se réduisant ici[p. 179]
àon doit faire dans
(41)
et(à2)
8. Cas
particulier.
- Considérons enfin le cas del’isotropie complète
des deuxsubstances
supposées,
comme au n° 7, transversalementhomogènes.
On aalors,
dufait de
l’isotropie complète,
°
et, comme ? doit être constant dans toute retendue du
profil,
il en résultequ’on
doit avoir
D’autre
part,
les deux coefficients de dilatationthermique longitudinale Dt
ettransversale
D~
se réduisant maintenant à un seulD, l’expression D~
devient
(6
+1) D;
comme elle doit être constante dans toute l’étendue duprofil
et,qu’il
en estdéjà
ainsi de a, il en résulte que D doit être le mêmepour
les deux. substances.
Supposons
en outre que les courbes S et 1’ soient deux circonférences concen-triques
de rayons p et;’ .
Du fait del’homogénéité
transversale,l’origine
m des.axes mvw est .le centre de ces circonférences et l’on a sur chacune d’elles
de sorte que la solution évidente des
équations (46)
est = o.D’après
lapremière (43), chaque profil
reste doncplan
et normal à l’axelongitudinal
et.l’expression (45)
se réduit àOna d’autre
part
tet
d’après (51 )
En outre
de sorte que si l’on pose
il résulte de la
première (4i),
de(52)
et(53) qu’on
aD’autre
part,
la deuxièmet41)
devientd’après (50)
d’après
le choix des axes mvw. . Les formules(4a),
relatives àl’équilibre
ou à une-ligne
dénuée deviscosité,
s’écrivent doncd’après (54), (55)
et(56)
les coefficients de
chaque parenthèse
étant deplus indépendants
de M, dansl’hypo-
thèse d’un
profil
constant et del’homogénéité complète
dechaque
substance. Enfin les formules(49),
valables dans toute l’étendue duprofil,
s’écriventplus simple-
ment
9.
Application.
- Considérons uneligne élastique
formée de deux substanceshomogènes
etisotropes,
telle que, dans son état naturelprimitif
à latempérature
uniforme
To,
l’une des substances occupe l’intérieur d’uncylindre
circulaire droit de rayonp’
et de hauteurl,
et l’autre substance,l’espace
tubulairecompris
entrece
cylindre
et un autre de même axe et de même hauteur et de rayon p >p’.
Dans cet état
primitif,
l’axe m u dechaque
trièdre(m)
étantdirigé
suivant l’axe ducylindre,
on passe de(m)
à(m’)
par la translation suivant muet par une certaine rotation autour de m u, que nous laisseronsprovisoirement
indéter-minée ;
d’oùConsidérons maintenant la
ligne
à latempérature
uniformeTo
-E- ~ et dans unétat
d’équilibre
déformé tel que son axelongitudinal
soit devenu l’hélice circulairede rayon a et de pas h. L’orientation du trièdre
(m)
autour de mu, dans l’étatprimitif, ayant
été laisséeindéterminée,
choisissons-la de manière que, dans l’étatdéformé,
le trièdre(M)
coïncide avec le trièdreprincipal
de l’hélice aupoint M,
lesaxes Mv et M w étant ainsi
dirigés respectivement
suivant la normaleprincipale
etla binormale. Les
expressions générales (2)
de p, q, /* nous donnent ainsid’après (1)
et parapplication
des formules de FrenetR et T étant les rayons de courbure et de torsion de l’axe
longitudinal
déformé. Ilrésulte dès lors des formules
(57)
que est nul.10.
Emploi
deséquations générales
del’équilibre.
- Cherchons maintenants’il est
possible
de réaliser l’étatd’équilibre qui
vient d’êtredéfini,
ensupposant
que les force et
couple
extérieurs aupoint M
se réduisent à une forceunique dirigée
suivant la normaleprincipale,
et dont nousdésignerons
par N la valeur par unité delongueur comptée
sur l’axelongitudinal déformé;
c’est-à-dire ensupposant qu’on
aitLes
équations
indéfinies(5)
nous donnent ainsid’après ( ~ ) , (59)
et(61)
et entenant
compte
de ceque Cv
est nulEn éliminant
~,~,
entre lapremière
et la sixième(61)
et enintégrant,
il vienttout d’abord
A étant une constante;
d’où,
en yremplaçant ~,u
etdw
par leurs valeurs(57)
etd’après (5g)
et(61)
D’après
cetteégalité, ~
est constant tout lelong
de laligne,
par suite p et rd’après (61),
donc aussi etew d’après (57).
Comme d’autrepart,
estégale-
ment constant
d’après
laquatrième (62),
il en est de même ded’après
ladeuxième
(5y),
par suite de po, de sorte que,d’après (5g), l’angle
p est propor- tionnel à ~~ . Dans l’état naturelprimitif,
le lieu de chacun des axes m v, mw, lors- que lepoint m
décrit l’axelongitudinal,
est donc un hélicoïde droit.Enfin, d’après
la
cinquième (62),
estégalement
constant ;d’après
lapremière
ou la sixième(62 )
.,est nul et la deuxième fait connaître N. On a donc en définitive
d’après (5’y),
(59), (6r)
et(62)
.toutes ces
quantités
étant constantes, c’est-à-direindépendantes
de ~~ .. Les condi-tions aux limites
(6)
et(7)
nous donnent ensuited’après (63)
()n voit que la force et l’axe du
couple
extérieursappliqués
àchaque
extrémité dela
ligne
doivent être contenus dans leplan
rectifiant en ces deuxpoints
et que l’ensemble des forces etcouples
extérieursappliqués
à laligne
nedépend
que decinq
éléments différents etgénéralement
non nulsN, ~~,
La der-nière
(63)
et les formules(64)
font donc connaître les forces etcouples
extérieursqui,
à latempérature
donnéeTo
+ 6,correspondent
à l’axelongitudinal
déformé(60)
pour des valeurs données des deux
paramètres ~ et po .
Comme d’autrepart,
les huitquantités
N,~~; ~,
p~, a ne sont liées que parcinq relations,
trois d’entre ellespeuvent
êtreprises
arbitrairement s’ils’agit
seulement de réaliser l’axelongitudinal
déformé(60).
.11. .
Configuration
d’unprofil
déformé. - Il résulte tout d’abord de ce que nousavons vu au début du n° 8 que
chaque profil
resteplan
et normal à l’axelongitudi-
nal ; le
déplacement élastique
aupoint (v, w)
duprofil primitif
se réduit donc à sescomposantes tangentielles (58) qui, d’après (59)
et(61),
s’écriventLes coefficients de ces deux
expressions
étant les mêmes dans toutes lessections,
les
profils
déformés sont tousidentiques.
Par suite de ladéformation,,
lepoint
du
profil primitif
rnvw est venu, dans leplan Mvw,
aupoint (V, W)
défini par les deux dernières(f~3), soit, d’après (65)
et en tenantcompte
de ce queen
posant
d’où
Si
03C1 R
est trèspetit,
parexemple
de l’ordre deI0-2,
lerapport (67)
est del’ordre de
puisque
c est de l’ordre de1 .
Il résulte alors des formules(66)
que la circonférence extérieure
primitive 1
de centre m et de rayon p dansle plan
mvw s’esttransformée,
dans leplan
Mvw, en une courbequi diffère très peu
d’une
ellipse
de centre(p, o),
dont lepetit
axe estdirigé
suivant Mv et dont lesdemi-petit
axe A etgrand
axe B ont pourexpressions
’ . .et l’aire intérieure à cette courbe
ayant
même valeur ~AB que si elle était réellementune