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AFFLUENTS DE L'OTI (KERAN - KARA - MO)

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(1)

WORLD HEALTH ORGANIZATION

AFRICAN REGION

ORGANISATION MONDI,ALE DE LA SANTE

R.EGION DE L'AFRIQUE

I

L

oMS / ONCHO, B.P. 36 KARA, REPUBLIQUE TOGOLAISE Té1. 60.60.75 t 60.06.26 (Fax.60.06.26)

RAPPORT DE SYNTHESE DES ACTIVITES DE L'OCP SUR

LES

AFFLUENTS DE L'OTI (KERAN - KARA - MO)

DE

1976

à

1997

NO

31I

A/CUÆ(ARA/98

(Ce rapport a été rédigé par le

Dr H. AGOUA, CAT

Zone Est avec

la

collaboration du Directeur du Programme, des Chefs de

Services et

d'Unités

techniques).

(Version finale)

I

.-q IAÿ

Kara,

Mai

1998

(2)

a

2

IJ

SOMMAIRE

I. INTRODUCTION

PRESENTATION DE LA ZONE DE LA KERAN. KARA,

MO

ACTIVITES

ENTOMOLOGIQUES

3.1. Historique de

la

surveillance entomologique 3.1.1. Les gîtes larvaires

3.1.2. Les points de captures

3. 1.3. Les prospections entomologiques 3.2. Historique des traitements larvicides.

3.2.1. Traitements aériens.

3.2.2. Traitements larvicides au sol.

3.3. Résultats entomologiques 3.3.

l.

Identifications des vecteurs 3.3.2. Identifications des parasites 3.3.3. Transmission

4. ENQUETES EPIDEMIOLOGIQUES

4.1.

Historique des enquêtes parasitologiques et ophtalmologiques.

4.1.1. Evaluations épidémiologiques effectuées

de

1977

à

1987.

4.1.2. Evaluations épidémiologiques

de

1995

et

1996.

4.1.3. Enquêtes ophtalmologiques effectuées

en

1997.

5.

DISTRIBUTION IVERMECTINE 6. ENQUETES

SOCTOLOGTQUES

7. ACTIVITES DE SENSIBILISATION ET DE MOBILISATION

DES POPULATIONS 8. DISCUSSIONS

9.

ACTIONS

MENEES

EN

1997-98 POUR

AMELIORER LA SITUATION

SUR

LA KERAN, KARA,

MO.

10.

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

1 1.

BIBLIOGRAPHIE

;

12.

ANNEXES.

(3)

2

I. INTRODUCTION

Dans

le

bassin

de l'Oti, trois rivières, la Kéran, la Kara et la Mô ont

toujours retenu

l'attention

des responsables de I'OCP.

En effet bien que les

traitements

larvicides aient

débuté

sur l'Oti en mars

1977, les résultats entomologiques

et

épidémiologiques ne sont pas encore

tout à fait

satisfaisants sur la

Kéran, la

Kara

et la

Mô.

L'évaluation

des résultats entomologiques

montre qu'il y a

encore

une

transmission relativement importante sur certains points.

Les

récentes évaluations épidémiologiques

ont

permis

de

déceler des

villages qui

ont encore des prévalences élevées.

Le

présent rapport de synthèse sur la Kéran, la Kara et la

traite de toutes les activités entreprises

par I'OCP de

1976

à 1997.Il

passe

en revue les activités de l'Unité de

Lutte

Antivectorielle (VCU),

traitements larvicides et évaluations entomologiques et celles de

l'Unité de Planification, Evaluation et Transfert (PET),

enquêtes épidémiologiques, sociologiques,

distribution

de

I'ivermectine,

activités de sensibilisation des populations.

2. PRESENTATION DE LA ZONE DE LA KERAN, KARA, MO.

La

Kéran,

la

Kara et

la Mô

sont des affluents de

la rive

gauche de

l'Oti.

Deux d'entre

eux (Kéran et Kara) intéressent

le

Bénin et

le Togo. La Mô

coule au

Togo

et au Ghana.

Ces

rivières

ont de nombreux affluents et sous-affluents

qui

prennent leurs sources dans

la

chaîne des montagnes de

l'Atacora.

Les cours supérieurs et moyens sont presque entièrement dans la région montagneuse,

difficile

d'accès. Les cours inférieurs sont dans une plaine plus ou moins accidentée avant leurs confluences avec

l'Oti, (Figure

1).

Les principaux affluents de Ia Kéran sont : la Koumongou, la Binah, la Yerpao, la Perma,

le

Wémou et

la

Sina-lciré.

Sur la Kara, on peut citer le Niankpé, la Kaoua, la Kpélou, la Kpaya, le Massabo, la Sala

et l'Agougou.

Quant à la Mô, les affluents

sont tous

au Togo, il s'agit

notamment

de la

Katcha, la

Kama, le

Boualé,

la

Kamassi,

le Kindi

etc...

Il

existe sur la Kéran, la Kara et la

de nombreux petits affluents et sous affluents qui

ont

de très

forts

écoulements en saison des pluies. Tous les

biefs

et tous les affluents

et

sous- affluents sont codés par les Opérations Aériennes (Figure 2).

§

(4)

IJ

La végétation de lazone est de type "savane guinéenne" avec des galeries forestières plus

ou

moins denses

le

long des rivières et leurs affluents.

Les débits

mentionnés dans les tableaux

(1 à 5) et les figures (3 à 7)

montrent que l'écoulement est important en saison des pluies. Par contre certains biefs et les affluents sont à sec

en

saison sèche,

ce qui

entraîne

la

suspension des traitements aériens pendant quelques semaines

et l'intensification

des traitements larvicides au sol et les prospections.

Sur la Kéran, la Kara et la Mô, les

vecteurs

de

l'onchocercose

sont des

espèces savanicoles et forestières du complexe S.damnosum

; il s'agit

de S.damnosum s.s.,

§sifulunn, et

S.squamosum.

3. ACTMTES ENTOMOLOGIQUES

3.1. Historique de la surveilla 3.1.1. Les

sîtes

larvaires

Pendant la saison des pluies, la Kéran, la Kara, la

Mô,

leurs affluents et sous-affluents ont

un fort

écoulement favorable au développement des stades préimaginaux de S.damnosum s.1..

Comme le montre

la figure

8 en annexe,

il y

a beaucoup de gîtes. Le vecteur de l'onchocercose peut se développer pratiquement sur tous les cours d'eau de

la

région

qui

sont en écoulement.

Sur la Kéran, la Kara et leurs affluents, les gîtes sont très importants et complexes sur les cours supérieurs au Bénin, et au Togo. Sur les cours inférieurs vers la confluence avec

l'Oti,

les gîtes sont moins importants et plus espacés.

Sur |a Mô et

ses

affluents il y a d'importants

gîtes

sur

les cours supérieur, moyen et

inférieur

au Togo.

Le bief

situé sur

le

cours

inférieur

au Ghana avant Ia confluence avec

l'Oti

coule dans une grande plaine

où il y

a très peu de gîtes.

La plupart

des affluents

et

sous-affluents de

la

Kéran, de

la Kara, et

de

la Mô ont

un couvert végétal dense qui rend

difficile

les traitements au

Bt-H14.

Cependant en saison des pluies avec les autres insecticides comme le téméphos et le pyraclofos

qui ont

une plus grande portée

on

obtient de meilleurs résultats.

3.1.2. Les points

de

carrture (voir tableat 6, 7,

8 et

figure

9)

Les captures ont commencé sur

la

Kéran, la Kara et Ia

Mô en

1976 pour la collecte des données de "précontrol"

un

an avant

le

début des traitements larvicides.

3.1.2.1.

Sur la Kéran, 7 points de captures ont été visités : Tapoundé,

Titira,

Naboulgou,

Pouda, {

Tipaoti,

Tchelenga

et

Tchoumi-Tchoumi. Les captures

ont été

suspendues

en

1993

à

Tipaoti, Tchelenga et Tchoumi-Tchoumi qui de ce

fait

sont devenus des points C (occasionnels).

Il

en est

I

(5)

4

t

de même pour Naboulgou où les captures ont été suspendues en 1995 , ce point étant devenu "C"

a été

visité

occasionnellement au cours de l'année 1997.

Actuellement 3 points sont régulièrement visités sur

la

Kéran.

Titira (point A)

est visité toutes les semaines

;

Tapoundé et Pouda

(point B)

sont visités toutes les deux semaines.

3.1.2.2.

Sur

la

Kara

4

points de capture ont été visités.

Il s'agit

de Sarakawa-Kara sur

la

Kara, Sarakawa-Kpélou ou Pont Kpélou sur la

Kpélou

; Kpayando sur la Kpaya et Landa-Pozanda sur

la

Kara.

Le

point

de Sarakawa-Kara a été visité sporadiquement de 1976

à

1983, et régulièrement

de

1984

à

1994. Les captures ont été suspendues en 1995 ; ce point étant devenu

"C"

a été visité occasionnellement

en

1997.

Actuellement 3 points sont régulièrement visités sur la Kara : Landa-Pozanda est un

point

"A" (visité

chaque semaine), Sarakawa-Kpélou et Kpayando sont des points

B

(visités tous les

l5

jours).

3.1.2.3.

Sur la

Mô,

6 points ont été visités ; Bagan, Pibila, Aléhéridé,

Mô,

Kama-Pont et Binako- Pont.

Le point de Pibila a

été régulièrement

visité de

1976

à

1986.

Les

captures

y ont

été

définitivement

suspendues

en

1987. Ceux de Kama Pont et Binako-Pont

ont

été régulièrement visités

de

1976

à

1993

;

Les captures ont été suspendues

en

1994.

Actuellement 3 points de captures sont régulièrement visités sur

la Mô.

Bagan

un point

"A" ;

Aléhéridé et

Mô qui

sont des points

"B".

3.1.3.

Prospections entomolosiques

Compte-tenu de la quantité impressionnante des gîtes simulidiens qui existent sur la Kéran,

la Kara et la Mô,

de nombreuses prospections aériennes

ont

été effectuées périodiquement en saison des pluies

et

en saison sèche dès 1977

pour

évaluer

l'impact

des traitements larvicides.

Certaines prospections aériennes avaient permis de comprendre les sources probables des simulies de réinvasion capturées sur la Kéran, la Kara, la

et leurs affluents (Zerbo et

al

1978 et Sowah et

al

1984).

Des prospections de routine au sol sont également entreprises chaque semaine par le so'us- secteur de Kara.

En

1997 , suite à une forte transmission observée de Ia semaine 18

(fin avril)

à la semaine 23 (début

juin) il

a été décidé

d'intensifier

les prospections au sol ; une moyenne de 70 gîtes sont prospectés chaque semaine.

(6)

5

Les 20 et

2l juin

1997, une prospection aérienne après traitement a été entreprise sur la Kéran,

la

Kara

et la Mô, (AGOUA

eI

al

1997). Sur un

total

de 34 gîtes visités,

5

sont positifs dont 4 faiblement positifs en larves jeunes et âgées de S.damnosum s.l. et

I

gîte fortement

positif

en larves jeunes, âgées et nymphes de S.damnosum s.1.. Les gîtes positifs sont sur les biefs des affluents

qui n'ont

pas encore été mis sous traitement larvicides. Les 29 autres gîtes prospectés sur les rivières principales et les affluents sont négatifs. Dans l'ensemble les traitements larviciâes aériens effectués dans

la

semaine 25 sont satisfaisants.

3.2. Historique

des

traitements larvicides 3.2.1. Traitements

aériens

(voir

figures

9 à l2)

La

Kéran,

la

Kara et

la Mô font

partie de

la

Phase

III

Est de

I'OCP où

les traitements larvicides

ont

commencé en mars 1977.

Au

début du Programme, seul le téméphos (Abate@) était utilisé.

A

partir de 1980

-

1981

avec l'apparition de la

résistance

aux

organophosphorés

en zone

Ouest,

le

téméphos

et

le

chlorphoxime ont

été

utilisés sur

ces

3 rivières

avec beaucoup

de

prudence. Actuellement la sensibilité au téméphos est intermédiaire.

Les 7 (sept) insecticides sont utilisés sur la Kéran, la Kara et la

en fonction des débits.

Il s'agit du Bt-H14, le

téméphos,

le phoxime, le pyraclofos, l'ethofenprox (Vectron),

le carbosulfan et Ia perméthrine.

L'état

des traitements larvicides

de

1977

à

1997 est indiqué dans les figures 9

à

12. Les cartes de traitements

de

1977

à

1984

n'ont

été que partiellement retrouvées dans les archives à Kara.

Cependant

il

est important de préciser que depuis

l97l,la

Kéran, la Kara, la

et leurs affluents ont été régulièrement traités par voie aérienne pendant la période des écoulements. Les suspensions enregistrées en saison sèche et parfois en saison des pluies correspondent soit à des périodes d'assèchement de la rivière, soit à de bons résultats entomologiques.(figures 10,

ll

et l2)

En

1992-1993, les traitements larvicides ont été suspendus sur

l'Oti

(la rivière principale), suite aux bons résultats entomologiques et épidémiologiques

qui ont

été enregistrés.

Ils ont

été également suspendus sur

la

basse Kéran et la basse Kara

(voir figure

13)

En

1997, suite aux mauvais résultats entomologiques enregistrés en

mai

-

juin, il

a été

décidé de remettre la basse Kéran et la basse Kara sous traitements larvicides.

3.2.2. Traitements larvicides au

sol

t

En

saison des

pluies,

des traitements

larvicides au sol sont

effectués

en appoint

aux traitements aériens.

(7)

6

En saison sèche, lors de la suspension des épandages aériens, les équipes au sol entreprennent des traitements larvicides au sol sur les gîtes accessibles.

3.3. Résultats

entotnologiques

3.3.1. IdentifÏcations

des vecteurs

La compulsion des résultats cytotaxonomiques des cinq dernières années (de 1992 à 1997) a donné les résultats suivants

: (voir

tableau 9)

-

Sur la Kéran; 78,60Â de S.sirbanum;21,1%o de S.damnosum s.s. et0,3Yo de S.squamosum.

-

Sur

la Kara ;

68,9yo de S.sirbanum ;26,2%o de S.damosum s.s. et 4,9Yo de S.squamosum.

-

Sur

la Mô ;

64,8Yo de S.sirbanum ;32,40 de S.damnosum s.s. et 2,8o de S.squamosum.

La

cytotaxonomie

n'a

pas

identifié

S.yahense, S.soubrense

(beffa)

et S.sanctipauli sur la Kéran,

Kara, Mô

au cours des 15 dernières années.

En ce qui concerne

l'identification

des adultes par les critères morphologiques, les données suivantes

ont

été recueillies dans la période allant de

janvier

1994

àjuillet

1997.

Sur

la

Kéran, sur un

total

de 12 535 simulies identifiées, 12 283 soit environ 98 0% sont des savanicoles

; 252,

soit

2

Yo sont des forestières.

Sur la Kara, sur 5.509 femelles identifiées,

4

602 soit environ 84 sont des savanicoles

et

907

soit

16 0Z sont des forestières ;

Sur

la Mô,

sur un

total

de 8 485 femelles identifiées,

4

423

soit

environ 52 Yo sont des savanicoles et

4

062

soit

48 oZ sont des forestières.

Au vue de ces

résultats,

il

apparait

clairement que la

grande

majorité des

simulies piqueuses sur la Kéran et la Kara est constituée de femelles savanicoles.

Alors

que sur la

Mô,

la

population

simulidienne est presque à

moitié

constituée de simulies savanicoles et forestières.

3.3.2. IdentifTcation

des narasites

Le

tableau

l0

et la

figure

14 en annexe donnent les résultats des identif,rcations des larves infectantes récoltées sur la Kéran, la Kara et la

au cours des dissections de routine de

janvier

1993 à

juill et

1997 . La transmission est due surtout aux femelles savanicol es 92 et environ 80%

est due aux femelles forestières.

Environ

28 o des larves récoltées sont des non

O.volvulus;72%

sont des O.volvulus dont 17,20yo sont des O.volvulus forêt et 60,80yo sont des O.volvulus savane.

(8)

7

3.3.3. Transmission

Les

résultats entomologiques

de la Kéran, Kara, Mô

obtenus

de 1977 à 1997

sont mentionnés dans les tableaux

6,7,8

et les

figures

15 à 30.

Il

convient de préciser que

jusqu'en

1988 (début des traitements larvicides en extension Sud-Est au Togo, au Bénin et au Ghana) la Kéran, la Kara et la

n'étaient pas bien protégées.

Les résultats entomologiques relativement satisfaisants

n'ont

commencé à être enregistrés qu'à

partir

de

la

mise en oeuvre des traitements larvicides en extension Sud-Est.

Sur la Kéran (figures

15

à 20)

les

TAP/ABRr de

1976

(précontrol) était de

20.000 à

25.000 à

Titira,

Naboulgou et de 5.000

à

10.000 à Tapoundé. Ces

TAP

correspondaient à des PAT/ATP2 variant de 249 à Naboulgou à plus

de

1.000 à

Titira

et Tapoundé.

Actuellement 1996

- l99l

bien que les

TAP

à

Titira

et Tapoundé sont de 12.000 à 14.000 les

PAT

bruts varient de 200 à 350 ; soit une réduction des

PAT

bruts de

63

à76

% (voir

tableau

I

l).

A Pouda sur la Binah (un affluent de la Kéran) les

résultats entomologiques sont

satisfaisants;

les

PAT

ont régulièrement été inférieurs

à

100 depuis 1983.

Sur la Kara

(figures

2l

à

24)

les

TAP/ABR "précontrol"

variaient

de

10.000

à

plus de 25.000

et

les

PAT/ATP

bruts étaient de 800

à

1600

en

1976

-

1971. Actuellement

en

1996 -

1997,les PAT/ATP

ont varié de 0 à 85 à Sarakawa-Kpélou, à Kpayando et à Landa-Pozanda.

Il convient

de noter que depuis 1988, les

PAT

ont graduellement baissé.

A

Landa-Pozanda où un

PAT de

1293 aété enregistré en 1985, on note que depuis 1994 les

PAT

ont été inférieurs

à

100

(voir

figures 23

et

24).

A

Kpayando les

PAT

ont été inférieurs

à

100 depuis 1980.

A

Sarakawa-

Kpélou

les

PAT

ont été inférieurs

à

100 depuis 1994. Sur la Kara, le taux de réduction des PAT bruts est de 92

%

à Sarakawa-Kpélou et de 96 àLatda-Pozanda.

On

peut noter que

la

situation entomologique sur

la Kara

est relativement satisfaisante depuis 1994.

Sur la Mô,

(figures 25

à

30) les

TAP

"précontrol" variaient

de

10.000 à 40.000 sur les points de captures de Bagan, Pibila, Aléhéridé et

Mô.

Les

PAT

bruts

en

1976

-

1977 ont été de +OS (a

Aléhéridé)

et

de

1697 à

Mô. A

Bagan le

PAT

était de 950

en

1977 et de 2504

en

1984.

'

TAP

=

Taux

Annuel de

Piqûres ABR

= Annual niting

Rate

'

PAT

= Potentiel Annuel de Transmission

ATP

= Annual Transmission Potential

(9)

8

Après

1988, les

PAT

bruts à Bagan, Aléhéridé et

Mô, ont

varié de zéro à

Mô en

1996 à 162 à Bagan

en

1997.

Il

convient de préciser que la transmission de l'Onchocercose sur la

est dûe à

la

fois à des simulies savanicoles et forestières. Les

PAT

bruts depuis 1994 sont soit très près Ae iOO

ou inférieurs

à

100

(voir

tableau 8). Le taux de réduction des

PAT

bruts est de 90 % à

à

et de

92

Yo à Bagan.

L'analyse

des résultats entomologiques montre que

la

transmission sur

la

Kara et

la Mô

a commencé à être maîtrisée à

partir

1988 (date du début des traitements larvicides en extension sud-Est)

il y

a

9

ans. Par contre sur la Kéran, à

Titira

et Tapoundé

le

graphique des Potentiels Annuels de Transmission baisse moins rapidement et la transmission sur ces 2 points est encore élevée.

La figure

31 donne les résultats des

PAT

de

janvier

à décembre 1997 ; toutes espèces de simulies confondues et espèces savanicoles.

4. ENQUETES EPIDEMIOLOGIQUES

Avant le

début

de la lutte

antivectorielle, l'Onchocercose sévissait dans

la plupart

des

villages

des bassins de

la Kara,

Kéran,

sous

forme

hyperendémique.

Le village de

Landa- Pozanda

sur la Kara avait

une prévalence

de

82,7 oÂ, une CMFL/CMFC3

de

17,78

mf/s et

un taux de cécité de

4

oÂ. Celui de

Titira

sur Ia Kéran avait une prévalence de 88,5 oÂ, une CMFC de 36,62 0/o et

un

taux de cécité de 2,9 %o.

Comme déjà mentionné plus haut, la Kéran, la Kara et la

Mô n'ont

pas été bien protégées entre 1977, (début des traitements larvicides en phase

III Est) et

1988, (début des traitements larvicides en Extension Sud-Est); ce

qui

se

traduit

dans la plupart des villages de

suivi

par une baisse très lente de la prévalence et de

la

CMFC.

4.1. Historique

des enquêtes

parasitologiques et ophtalmoloeiques.

Les résultats des enquêtes parasitologiques et ophtalmologiques effectuées sur

la

Kéran,

la

Kara

et la Mô, de

197611977

à

1996 sont dans les tableaux 12

à

15 et

figure

32 en annexe.

4.1.1. Evaluations

effectuées

de

1977

à

1987

De

1977

à

1987

(10

ans)

la

région

n'étant

pas

bien

protégée dans

le

cadre

de la

lutte antivectorielle, des prévalences et des CMFC élevées ont été enregistrées dans certains villages.

3

CMFL

=

Community

Microfilarial

Load

CMFC

=

Charge

Microfilarienne

Communautaire

(10)

9

Sur

la

Kara

A

Kpessidé en 1981 les évaluations épidémiologiques ont montré que la prévalence était de 80,9 o eTla

CMFC de26,79

mfls.

A

Léon,

en

1983,

la

prévalence est

deTl

Yo et

la CMFC

de 36,19 mf/s

Sur la

Kéran

A Titira, en

1980,

la

prévalence est de 84,1

etla CMFC

de 83,28

mf/s ; le

taux.de cécité est de 4,3 oÂ.

Sur

la

A

Baghan,

en

1984,

la

prévalence

était de75,2Yo

et

la CMFC

de 37,38

mf/s ; le

taux de cécité est de

2,5

Yo.

4.1.2. Evaluations

épidémiologiques

de

1995

et

1996

4.1.2.1.

Situation

dans les

villages

de

suivi (voir

en annexe les graphiques des tendances épidémiologiques,

figure

33).

Sur

la

Kara

Les évaluations

de

1996 dans les villages de

suivi

ont montré que les prévalences et les

CMFC ont

considérablement baissé par rapport aux données mentionnées ci-dessus.

A

Kpessidé, la prévalence est de 29,4 Yo et la CMFC de 0,99 mf/s, (soit une réduction de 63,65 %o

pour

la prévalence et 96,30 pour

la

CMFC).

A

Landa-Pozatda,

la

prévalence

est de 8,1

et la CMFC de 0,14 mf/s, (soit

une réduction de 90,20 oZ pour

la

prévalence

et

99,21 o/o

pour la

CMFC).

A Léon, la

prévalence est

de

19,8 oÂ

etla CMFC

de 0,60

mf/s, (soit

une réduction de 72,11 yo

pour la

prévalence

et

98,34 o/o pour

la

CMFC).

Sur

la Mô

La situation s'est aussi améliorée. En effet à Baghan, en 1996,la prévalence est'descendue à9,8 yo et la

CMFC

est de 0,19 mf/s, (soit une réduction de 86,55 0/o pour la prévalence

et99,l2

Yo

potx la

CMFC).

A Kémini

en

1996,la

prévalence est tombée à 4,5 yo et

la CMFC

est de 0,23 mf/s, (soit une réduction

de

91,57 pour la prévalence et 95,56 o/o pour

la

CMFC)'

(11)

l0 Un seul village de suivi a

encore une prévalence élevée

; il s'agit de

Sagbadai

la prévalence est encore de 28,2 Yo et la CMFC de 2,60 mf/s. Cependant la situation s'est nettement améliorée puisque

en

1980 dans ce

village la

prévalence

était de75,3

etla CMFC

de 35,50

mf/s, (soit

une réduction de 62,54 Yo porx la prévalence

et

92,67

pour la

CMFC).

Sur la

Kéran

Sur la basse Kéran, la situation est excellente. En effet à

Kounkounboulé

les évaluations

de

1996

ont

montré que

la

prévalence et

la CMFC

sont nulles.

A

Fare sur la basse Koumongou, les dernières évaluations

qui

datent de 1989 ont montré que la prévalence était de 2,6 yo et

la CMFC

de 0,12 mf/s.

Sur la

haute

Kéran,

les évaluations

de

1995

ont

montré que

la

situation est nettement mauvalse.

En effet

à

Titira la

prévalence est

de

64,5 Yo

etla CMFC de

10,98 mf/s.

A

Sola, la prévalence qui était de 26,2 en 1992 est passée

à

57,1

en

1995, la CMFC

de 1,18%à 8,56mf/s.

Dans les villages de

Koutantagou-Tapounté

(près de la frontière Togo - Bénin),

la prévalence

qui

était de 30,5 Yo

en

1992 est passée

à

48,6

en

1995 et

la CMFC

de

2,44 mfls à

3,91 mf/s.

4.1.2.2. Situation épidémiologique

dans

d'autres villages

évalués

en

1996

Parmi les villages

évalués

pour la

première

fois en

1996,

il convient de noter que

5

villages situés sur la Kara ont des prévalences et des CMFC très élevés.

Il

s'agit de Sikan,

Kadiol

I[,

Sakpone,

Aho-Lao

et Tougel qui ont des prévalences allant de 42,1 à 67,4 oZ et des CMFC de 3,48

mf/s à

12,09

mf/s.(voir

tableau

l5).

Il

convient de préciser que

la

majorité de ces villages est située sur

la

basse Kara où les

traitements larvicides ont été

suspendus

en

1992-1993.

Cette zone n'était pas traitée

à

l'ivermectine.

Dans son rapport de mission de

juin 1996,le

Coordonnateur national

adjoint du

Togo précise que dans certains villages examinés, des enfants de

la

tranche d'âge de

0 à 6

ans sont infectés

;

par exemple :

Aho-Lao Kawa-Bassar Tougel Sikan

Kadjol II

3

enfants de 5 ans.

I

enfant de 5 ans.

2

enfants de 5 ans et

4

enfants de

6

ans.

I

enfant de

3

ans

et

1 enfant de

5

ans.

2

enfants de

4

ans

et I

enfant de

5

ans.

(12)

ll Il

mentionne également

que : citation "Parmi les 12 villages ayant une

prévalence

supérieure à l0 oÂ,11 sont

situés dans

le

bassin de

la Kara. L'enquête de migration

neus révèle

que la plupart

des cas

positifs

dans les villages

du

bassin de

l'Oti sont

des

migrants venus du Sud Togo. A Aho-Lao, un village du

bassin de

la Kara, la quasi-totalité

des cas

positifs

sont détectés

parmi

les

populations

installées depuis 4 ans en provenance

du

sud du

Togo" fin

de

citation (DARE

1996) (a).

4.1.3. Enquêtes

onhtalmo

ues effectuées

en

1997

Une enquête ophtalmologique a été effectuée en mars

et avrrl

1997 sur la Kéran, la Kara

et la Mô (BANLA - l99l).

Les données ophtalmologiques montrent que ces

3

rivières

n'ont

pas été bien protégées avant 1988. Ce

qui

est en concordance avec les mauvais résultats entomologiques enregistrés de 1977

à

1988. La situation entomologique

n'a

commencé à s'améliorer sur la Kara et la

qu'à

partir de

1993-1994 c'est à

dire il y

a 3 à

4

ans.

5. DISTRIBUTION IVERMECTINE

Le

résumé des activités de distribution ivermectine

figure

dans le tableau 16 en annexe.

La

campagne ivermectine au Togo sur les affluents de

l'Oti

(Kéran, Kara,

Mô)

a débuté

en

1988 par des distributions par "poches". Les zones de traitement se sont limitées à quelques villages de première ligne.

De

1988

à

1990

(3

ans), 34.741personnes dans 155 villages ont été traitées, avec 60,02

%o de

taux

de couverture.

En

1991

, 36

738 personnes traitées dans 160

villages

avec

un taux de

couverture de 60,64Yo.

En

1992, deux distributions ont été effectuées en

février

1992 et Octobre 1992.

Au

total 85.211 personnes

ont

été traitées dans 201 villages.

En

septembre 1993,

un total de

15.078 personnes

ont

été traitées dans 57 villages avec

un taux

de couverture de 57,1 oÂ.

En avril 1994,la distribution

de

l'ivermectine n'a

interessé que

la

Kara et

la

Kéran (la plaine de

Mô n'a

pas été

couverte);22.609

personnes ont été traitées dans 88 villages avec 69,39 de talux de couverture.

Il

convient de préciser que de 1991

à 1993ladistribution

de l'ivermectine a été perturbée par les troubles socio-politiques,

d'où

les taux de couverture faibles

qui

ont été enregistrés.

(13)

t2 En Mai

1995, les traitements

ont

concerné

la

Kara,

la

Kéran,

la Mô

et

la

plaine de Mô 43.638 personnes

ont

été traitées dans 190 villages, avec

un

taux de couverture de 73,20 oÂ.

En

juin

1996, une grande campagne de traitement à

l'ivermectine

a été effectuée avec une

délimitation plus

large des zones éligibles.

Au total

74.703 personnes

ont

été traitées dans 334

villages avec un taux de

couverture

de 74,95

0%.

C'est à partir de

1996

que la

zone

a

été convenablement couverte à l'ivermectine.

Au

cours du deuxième semestre de 1996I'Equipe nationale a commencé à mettre en place

la distribution

de

l'ivermectine

sur une base communautaire.

6. ENQUETES

SOCTOLOGTQUES.

A notre

connaissance aucune enquête sociologique

formelle n'a

été entreprise dans le bassin des affluents de

l'Oti

(Kéran, Kara,

Mô)

avant 1998.

Cependant

au

cours des évaluations épidémiologiques,

l'équipe

nationale

rernplit

quand cela est nécessaire un questionnaire sur les patients positifs

afin

de déterminer

s'ils

sont des natifs

du village ou

bien des immigrants.

En

janvier

et

février

1998, une enquête de migration a été effectuée sur la Kéran, Kara,

L'examen des résultats préliminaires a montré que tous les villages qui ont des prévalences élevées ont connu des mouvements de populations au cours des

dix

dernières années. Une grande

mobilité

de

la

population a été constatée. Presque tous les villages

ont vu arriver

ces dernières années de nouveaux résidents.

(T. DIARRA -

1998).

Les villages qui ont les plus fortes

prévalences

sont ceux qui ont connu le plus

de mouvements

de populations au cours des sept

dernières années.

Ces

mouvements

ont

été

importants

en

1991 dans des villages comme Sikan, Wéloudé, Landa-Pozanda, Kpétab, Kawa- Bassar,

Kadjol II, Aho-Lao.

Ces mouvements

de

populations sont

en partie

due

aux

troubles socio-politiques que le Togo a connu en 1992-93. Dans quelques cas,

il

s'agissait de mouvements saisonniers des populations du

Nord

vers

le

Sud pour des travaux agricoles.

Certains villages

ont

même été créés récemment

pour

recevoir des personnes expulsées

d'ailleurs. C'est le cas de Aho-Lao et Touguel qui sont les villages qui ont la.plus

forte prévalence onchocerquienne parmi les 30 villages enquêtés.

Les villages ayant les

mêmes

facteurs d'exposition à la maladie ont souvent

des prévalences

fort

différentes.

C'est par exemple le cas de Sola et

Titira

qui ont une prévalence élevée (plus 40 oZ) alors

qu'un village

dans la même aire géographique comme Kounkoumboule a une prévalence nulle,

(voir figure

32).

En effet

les villages de

Titira et

Sola

ont

connu beaucoup de mouvements de

(14)

t3 populations, alors que les habitants de Kounkoumboule émigrent rarement de leur village

L'examen

préliminaire des données relatives aux

familles

ayant des cas

positifs

montre

qu'environ

66 des personnes

n'ont

pas migré de leur village au cours des I

I

dernières années.

Tout laisse penser que des

mouvements

de populations

seraient probablement

en

partie

responsables de

la

détérioration de

la

situation épidémiologique sur la Kara et la haute Kéran.

L'analyse détaillée des résultats est actuellement en cours

7. ACTIYITES DE SENSIBILISATION ET DE MOBILISATION

DES

POPULATIONS Les activités de

sensibilisation

et de mobilisation

des populations

sont faites

par .les équipes

VCU

lors des prospections entomologiques et par l'Equipe nationale avant les évaluations épidémiologiques et

la

distribution de l'ivermectine.

L'IEC (lnformation

- Education - Communication) s'adresse à toutes les couches sociales

des localités visitées par les

équipes

;

(enseignants, guérisseurs

traditionnels,

responsables sanitaires et

religieux

etc..) et les autorités politico-administratives.

Des

causeries-débats

sont

organisées

dans les villages. Les thèmes suivants

sont généralement développés.

-

Transmission de l'Onchocercose

; lien

entre

le

cours d'eau, les piqûres de simulies et

la

maladie.

-

Les manifestations cliniques de

la

maladie

;

les démangeaisons, les lésions aiguës (dermatite onchocerquienne), les nodules, les manifestations cutanées chroniques (dépigmentations) les troubles de la vue (baisse de

l'acuité

visuelle,

la

cécité) ;

-

Les conséquences socio-économiques

;

les invalidités (cécité) I'abandon des villages de première ligne (les plus près de la

rivière)

donc des vallées fertiles constituant ainsi un

frein

au développement socio-économique.

- La lutte

contre

la

maladie

; la lutte

antivectorielle, les traitements au sol, la chimiothérapie (traitement ivermectine).

A propos du

traitement

à l'ivermectine, un

accent

particulier

est

mis sur les

doses à

administrei

en fonction de la

taille,

les contre-indications, la périodicité, la régularité de la prise du médicament, les effets secondaires et

la

conduite à tenir'

L'intensification de la

sensibilisation

a permis

d'augmenter graduellement'le

taux

de couverture lors de la distribution de l'ivermectine. Elle a permis aussi aux populations d'accepter plus facilement

la

biopsie cutanée lors des enquêtes épidémiologiques.

+

(15)

l4

8. DISCUSSIONS

8.1. De

1977, (début des traitements larvicides en Phase

III

Est)

à

1988 (début des traitements larvicides dans l'extension sud-Est) les résultats entomologiques et épidémiologiques n'étaient pas satisfaisants sur la Kéran, la Kara et la

Mô.

En

effet

à partir du haut Mono et du haut Ouémé qui

n'étaient

pas traités,

il y

avait des migrations

de

simulies vers

le

bassin des affluents de

l'Oti

(Kéran,

Kara

et Mô).

On devrait en principe

dans

l'évaluation

des résultats obtenus

par I'OCP sur la

Kara, Kéran,

Mô,

considérer les données de la période 1977-1987 comme des données de "précontrol".

Par conséquent,

l'évaluation

correcte des résultats devrait commencer

en

1988, année

du

début des traitements larvicides en Extension sud-Est. C'est à

partir

de 1988 que

la

zone a commencé à être effectivement protégée. De ce

fait, en l997,le

bassin de

la

Kéran, Kara,

aurait donc été protégé pendant

9

ans.

De

1988

à2002Ia

protection aura été

de

14 ans, ce

qui

constitue la durée normale d'une bonne lutte antivectorielle. Les résultats entomologiques de ces 3 dernières années montrent que la situation commence à s'améliorer sur la Kara et la Mô, mais reste encore relativement préoccupante sur la haute Kéran dans

la

région de

Titira

et Tapoundé.

Les

résultats épidémiologiques dans

la plupart

des

villages de suivie

comme Landa- Pozanda, Bagan

et Kémini,

montrent une décroissance progressive

de la

prévalence

et de

la

CMFC (voir tableaux 12,

13

et

14). Dans d'autres

villages de suivie

comme Kpessidé, cette décroissance est moins rapide. Elle devrait normalement après 8 à 9 années de lutte antivectorielle amorcer une "descente" comme déjà observé dans d'autres bassins

fluviaux

de la zone

initiale

du Programme (Remme I 989).

Les villages à prévalence et CMFC très élevées où les enquêtes épidémiologiques ont été entreprises

pour la

première

fois en

1995-1996

(comme Touguel, Kadiol II,

Sapone ..etc),

méritent une attention particulière.

Il

est nécessaire de déterminer dans ces villages l'importance des migrations des populations du sud vers le nord.

8.2. En effet, lors

des troubles socio-politiques

de l99l à

1993

au Togo,

des populations Kabye et d'autres ethnies originaires de

la

région de

la

Kéran, Kara,

qui

travaillaient

dans les plantations

du

sud

du Togo

sont rentrées dans leurs villages

d'origine.

Dans les régions de Sakpone,

Kadjol II,

Sikan, Kpessidé et

Aho-Lao,

ces migrants venus du sud ont crée des fermes agricoles

et

se sont installés dans des zones

qui

dans

la plupart

des cas n'étaient pas mises en valeur.

L'analyse détaillée des résultats de l'enquête sociologique effectuée en

janvier

et février 1998 permettra de mieux comprendre

la

situation

qui

prévaut dans

la

région.

8.3.

Sur la Kéran, dans la région de

Titira,

Tapoundé et Sola où des prévalences et des CfrAhC élevées ont été enregistrées en 1995, les équipes

VCU

ont noté qu'en période de saison sèche des

milliers

de chercheurs

d'or

venus du Togo, du Ghana, du Bénin, du

Nigéria

etc... colonisent la zone.

Il n'est

pas impossible que ces "migrants temporaires" aient un

rôle,

si

petit soit-il,

dans

la

persistance de

la

transmission de l'Onchocercose dans

la

région.

(16)

l5

Comme mentionné au point 6, les migrations des populations sont importantes sur la haute Kéran en

particulier

à

Titira et

Sola.

8.4.

Les affluents et sous affluents de la haute Kéran, Kara,

Mô,

et ceux du haut Ouémé et du haut

Mono

coulent en saison des pluies dans la même région bio-géographique, des montagnes de

l'Atacora

et sont très proches les uns des autres.

Avant 1988 (début des

traitements

larvicides en extension sud-Est) il y avait

des

migrations de simulies des hauts bassins du Mono et de l'Ouémé vers le bassin des affluents de

l'Oti (Kéran, Kara, Mô).

Ces

migrations de

simulies provenant

de

régions non-traitées ont compromis les résultats de la Kéran, Kara, Mô.

Si au

stade

actuel on arrêtait les

traitements

larvicides sur la Kéran, Kara, Mô,

on risquerait

d'avoir

une

migration

inverse des simulies.

En effet

compte tenu du

fait

que les gîtes de la Kéran, Kara,

Mô,

sont très nombreux et très productifs, et compte tenu aussi du

fait

que le réservoir de parasites ne serait pas assaini, on

pourrait avoir

des migrations de simulies des affluents de

l'Oti

vers les hauts bassins

du

Mono

et de l'Ouémé.

Ces simulies

dont

certaines seraient infectieuses risqueraient de compromettre dangereusement

le

succès de

la lutte

antivectorielle dans ces

2

hauts bassins

(figure

39).

En d'autres

termes,

si l'on veut améliorer les bons

résultats

que l'on

commence à enregistrer sur les hauts bassins

du Mono et

du haut Ouémé,

il faut

poursuivre les traitements larvicides sur

la

Kéran, Kara, Mô.

8.5.

Comme mentionné précédemment, les hauts bassins de la Kéran, Kara,

sont dans üne région montagneuse

; il y

a peu de routes pour accéder aux petits villages accrochés aux flancs

dei

montagnes.

Il n'est

pas certain

que l'ivermectine

puisse atteindre régulièrement

tous

les villages, même si la distribution est organisée sur une base communautaire.

Il

est donc important

que I'OCP

maintienne

la lutte

antivectorielle couplée

à la distribution de f

ivermectine pour

"iruy.r

d'atteindre ses objectifs.

Il

est peu probable qu'avec

l'ivermectine

seule, nous puissions atteindre nos objectifs avant 2002 dans cette zone particulièrement

difficile.

9.

LES ACTIONS MENEES EN

1997.98

POUR AMELIORE,R LA SITUATION SUR LA KERAN, KARA, MO.

9.1. Actions prises nar I'Unité VCU

a)

Les prospections entomologiques au sol

qui

ont été intensifiées en

Mai

1997, se sont

poursuivies sur la Kéran, la Kara et la Mô

pendant

toute la période

des écoulements. Les traitements au sol effectués en saison sèche ont été intensifiés.

b)

Les traitements larvicides par voie aérienne ont été effectués avec un accompagnateur

VCU

chaque

fois

que cela est possible.

(17)

t6

c)

Des captures tests sur

I'Oti, la

Kéran et

la

Kara ont été effectuées.

d) Un

traitement expérimental de

l'Oti

pendant

4

semaines a été entrepris de 14ème à la 17ème semaine

(Avril

1998), deux cycles d'abate et deux cycles de pyraclofos ont été effectués.

e) Il

serait souhaitable que

la

couverture

larvicide

actuelle

soit

maintenue

jusqu'en l'an

2002 sur l'ensemble des bassins interdépendants du haut-Ouémé, du haut Mono et des

affluents

de

l'Oti

(Kéran, Kara et Mô).

9.2. Actions

prises

par l'Unité PET

a) La distribution de

l'ivermectine

sur une base communautaire a été intensifiée 2 fois par an sur

la

Kéran,

la

Kara et Mô.

b) Une enquête sociologique a été effectuée en

janvier

et

féwier

sur les affluents de

l'Oti.

c)

La

sensibilisation des populations

(IEC)

effectuée par

VCU,

PET et

I'Eqüpe

nationale a été intensifiée auprès des populations rurales et des autorités administratives.

d)

Les prédictions

(ONCHOSIM)

qui sont en annexe (figures

34,35

et 36) montrent que si on continue la stratégie actuelle de

la

lutte antivectorielle combinée à la distribution de

l'ivermectine,

la transmission

pourrait ête

maîtrisée dans

le

bassin de

la

Mô.

Pour les autres bassins (Kara et Kéran)

il

faudra continuer la

distribution

de I'ivermectine au delà de

2002jusqu'en

2010 au moins.

10.

RE,SULTATS DES ACTIONS VCU

Les

actions prises

par VCU au

cours

de la

saison des

pluies de

1997

ont

donné des résultats intéressants. En effet les graphiques (figures 37 et 38) en annexe montrent que le nombre de femelles capturées sur les affluents de

l'Oti

a baissé

en

1997 de

la

semaine 32 (début Août) à

la

semaine

52 (fin

décembre) par rapport aux années 1995

et

1996.

En

1998, suite au traitement expérimental de

l'Oti (la rivière principale)

de

la

14ème à

la l7ème

semaine,

le

nombre de femelles capturées a considérablement baissé en

Awil

et

Mai

par rapport aux

trois

années précédentes (1995

-

1996

et

97).

La

transmission (nombre de femelles infectieuses) a

été

nettement plus

faible en

1998 par rapport aux

trois

années précédentes sur les

trois

rivières Kéran,

Kara et

Mô.

(18)

t7

11. CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

La

situation de l'Onchocercose dans le bassin des affluents de

l'Oti

(Kéran, Kara et

Mô) n'est

certes pas excellente mais elle n'est pas catastrophique.

En effet sur la Kara et la

Mô,la

situation entomologique n'a commencé à s'améliorer qu'à

partir

de 1988 (année du début des traitements larvicides en Extension sud-Est). Depuis 1994, les Potentiels Annuels de Transmission bruts sur ces deux rivières sont soit inférieurs soit très près

du

seuil de

tolérabilité

de 100.

On note également que sur la Kara et la

la situation épidémiologique dans les villages de

suivi

s'est dans l'ensemble améliorée.

En ce

qui

concerne la Kéran, la situation entomo-épidémiologique est satisfaisante sur la basse Kéran-Koumongou

; elle

est nettement mauvaise

sur la

haute

Kéran (région de Titira,

Tapoundé

et

Sola).

Le rôle

des migrants

positifs

dans Ia persistance de

la

transmission de

la

maladie

aeia

être élucidé.

L'analyse des données entomologiques et épidémiologiques permet de recommander pour les affluents de

l'Oti

la poursuite de la

lutte

antivectorielle et

l'intensification

de

la

distribution de

I'ivermectine

sur une base communautaire.

Un

arrêt prématuré de

la lutte

antivectorielle sur

la

Kéran,

la

Kara et

la Mô

serait "une grosse perte"

si l'on

considère les importants investissements déjà consentis par

la

Communauté Internationale dans cette région, et une catastrophe non seulement pour les populations'riveraines, mais aussi

pour

celles des hauts bassins du

Mono

et de l'Ouémé.

Les

actions mises en oeuvre

par

les Unités

VCU et PET ont

commencé

à

donner des résultats intéressants. Ces actions doivent être poursuivies afin de permettre à

I'OCP

d'améliorer au cours des prochaines années,

la

situation entomo-épidémiologique

qui

prévaut sur

la

Kéran,

la Kara

et

la Mô.

I

(19)

2

l8

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Togo;

année 1995.

DARE, A. ;

(1996) (a)

Campagne de traitement à grande échelle à

l'ivermectine +

Evaluation épidémiologique simple dans les bassins de la Kara

-

Kéran

- Mô

et plaine de

au

Togo, du29 Mai

au

22

Juin 1996. (Rapport de mission, Equipe nationale

du

Togo).

DARE, A.,

(1996).(b)

Programme de

lutte

contre l'Onchocercose au Togo.

Activités

réalisées

en

1996.

GARMS, R.

(1989) (a)

Prospection of the upper Koumongou and some tributaries of the Kéran

river

;

2l

October

and l1

november 1989.

J

4

5

6

7

8

9

10

(20)

1l

t2.

l3

t4

15

16.

t7

l8

19

2t

19

GARMS.

R. (1e8e) (b)

Prospection

of

the Aléhéridé area and tributaries

of

the Kara

river ; l7

november 1989

PANA, A, ;(1994).

Rapport annuel des activités du Programme national de

lutte

contre l'Onchocercose au

Togo ;

année 1994.

REMME,

J.H.F. (1989)

The

epidemiology and control

of

Onchocerciasis

in

West

Africa.

Ph

D

thesis Erasmus

University of

Rotterdam.

SOWAH, S.A. ;

OUEDRAOGO, J. (1984)

Prospections on the Kéran, the

Oti

and the Upper Ouémé and tributaries

to find

out the source

of

reinvading

flies

(S.damnosum

s.l.) of

the Kéran

Valley. -16th -

17th October

I 984.

SOWAH, S.A. ;

J.

HENDERICKX

(1990) Prospection

:

tributaries

of

Kara

;

I 1.07.90

DIARRA, T. ;

(1998)

Etude des mouvements de populations dans les bassins de

la

Kara, de

la

Kéran et de la

au

Togo. (lnstitut

des Sciences Humaines Bamako-Mali, Consultant OCP) (Rapport préliminaire).

WALSH,

J.F. (1989)

Prospection

: Mo Valley

and areas

to

south. 25.07.89.

WALSH,

J.F. (1990)

Prospection aérienne

Oti,

Koumongou

;

06.02.90

YAMAGATA, Y. ; WALSH,

J.F. (1984)

Prospection report

;

Upper Pendjari, Kéran, Koumongou.

26,27.01.89

YAMAGATA, Y. ; HENDERICKX,

J. (1989) Prospection report, rivers Kéran, Kara,

Mô.

25.05.89

ZERBO, D.G. ; BARRO, T.T.

(1978)

Un

essai d'explication aux problèmes entomologiques dans les vallées de la Koumongou et de

la

Kéran. (Résuttats d'une prospection aérienne les 22 et 23 novembre

1978)

- Document

VCU

(1978).

ZERBO, D.G. ; MEYER, R. ; OPOKU, T. ;

(1990)

Prospection héliportée de la Koumongou, Kara

;

6.12.90

20

22

(21)

ANNEXES

(22)

20 I,

Figure I ZOI\IE

GEOGRAPEIQT'E / GEOGRAPMCAL

ARE,A

KARA.KERAN.MO

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(23)

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2

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KARA KERAN AND MO

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CODAGE DES

RIVIERES KARA KERAN ET

MO

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I

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(24)

22 Tableau 1

DEBITS SUR LA KERAN DE 1987 A 1996 Station de Naboulgou

DEBITS

SEMAINES I 987 l 988 l 989 I 990 l99l 1992 1993 1994 r 995 1996

I t.2 0.1 7.9

l.l

1.2 4.3

2 3.9 0.6 7.9 1.0 J.t

J 2.7 0.2 3.9 0.3 J.J 0.8 2.1

4 0.4 2.s 0.4 0.7 1.6

5 0.4 0.3 0.2 0.6 1.4 0.3 0.6 1.3

6 0.3 0.1 0.5 1.0 1.2

7 0.2 0.8 0.4 0.8 0.9

8 0.2 0.2

9 0.0 0.2 0.1 0.4 0.6 0.8

l0 0.1 0.3 0.2 0.1 0.8

ll

0.1 0.3 0.2 0.4

t2 2.1 0.2 0.6

l3 0.6 0.1 0.2 0.2

t4 0.0 0.3 0.1 0.5

l5 0.1 0.1 0.5

l6 0.1 0.0 0.1 0.9

l7 0.0 0.t 0.3

r8 2.4 16.9 2.0

l9 0.t 0.0 4.9 3.0 16.6 0.8 0.3 1.0

20 0.5 r.8 2.0 4.3 0.8

2l 0.4 8.2 3.5 1.3 82.5

22 24.0 2.0 5.1 6.6

23 0.6 44.5 4.5 2.5 2.8

24 3.1 I 1.9 0.4 42.7 4.5 0.3 6.3 1.8 33.8

25 5.1 9.6 18.3 16.6 0.6 20.6 9.1

26 6.3 29.2 7.1 3.1 4.1 2.7 18.6 2.0 13.0

27 3.t 9.1 146.9 7.9 t6.6 59.5 2.0 32.9

28 5.1 42.7 60.5 86.8 10.2 9.3 7.1

29 4.3 86.8 3 8.5 103.5 22.5 52.1 22.9

30 24.2 105.6 166.6 122.4 40.8 63. l 29.2

3l 28.4 1 30.1 62.6 96.4 67.8 358.6 44.0 94.6 55.3

32 17.6 302.9 35.0 75.9 62.1 185.8

35 24.2 2r.8 200.0 153.8 J.J 52.1 56.9 258.7 138.5

34 s8.0 468.0 302.9 323.0 40.8 1 53.8 161.8 287.5 72.9

35 187.0 391.0 125.9

ttt.2

561.0 75.3 270.4 161.0 255.0 157.0

36 125.6 189.0 107.7 458.0 159.4 l16.8 105.6 180.2

37 168.6 317.3 397.0 194.6 17 5.4 159.4 215.2

38 128.7 169.0 108.4 107.0 60.5 184.2

39 l 53.8 177.0 47.2 75.3 I15.4 94.6 25.0

40 72.3 121.0 65.2 42.7 68.3 125.9 274.9 137.1

4t 86.5 39.9 83.7 18.3 69.4 60.0 100.0 88.6 145.5

42 92.1 30.9 45.9 48.5 33.8 28.8 159.4 72.9 196.0

43 31.2 20.3 25.0 13.6 51.6 99.4 72.3

44 17.3 17.3 8.2 35.4 14.3 18.6 32.5 35.4 35.9

45 15.9 10.2 7.9 32.1 10.8 12.2 t9.2 21.8

46 9.3 17.3 7.3 7.3 20.6 8.8 t6.9 14.6

47 5.9 6.3 16.3 10.2 4.7 7.1 12.7 10.8

48 4.3 4.7 7.1 14.3 4.7 8.2 7.9

49 4.1 8.2 4.1 4.3 7.1 6.3

50 0.0 3.9 8.2 3.9 2.3 6.3 5.3

5l 4.5 1.4 0.0 7.9 4.t 3.9

52 0.8 0.8 2.0 6.1

Références

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