WORLD HEALTH ORGANIZATION
AFRICAN REGION
ORGANISATION MONDI,ALE DE LA SANTE
R.EGION DE L'AFRIQUE
I
L
oMS / ONCHO, B.P. 36 KARA, REPUBLIQUE TOGOLAISE Té1. 60.60.75 t 60.06.26 (Fax.60.06.26)
RAPPORT DE SYNTHESE DES ACTIVITES DE L'OCP SUR
LESAFFLUENTS DE L'OTI (KERAN - KARA - MO)
DE
1976à
1997NO
31I
A/CUÆ(ARA/98(Ce rapport a été rédigé par le
Dr H. AGOUA, CAT
Zone Est avecla
collaboration du Directeur du Programme, des Chefs deServices et
d'Unités
techniques).(Version finale)
I
.-q IAÿ
Kara,
Mai
1998a
2
IJ
SOMMAIRE
I. INTRODUCTION
PRESENTATION DE LA ZONE DE LA KERAN. KARA,
MOACTIVITES
ENTOMOLOGIQUES3.1. Historique de
la
surveillance entomologique 3.1.1. Les gîtes larvaires3.1.2. Les points de captures
3. 1.3. Les prospections entomologiques 3.2. Historique des traitements larvicides.
3.2.1. Traitements aériens.
3.2.2. Traitements larvicides au sol.
3.3. Résultats entomologiques 3.3.
l.
Identifications des vecteurs 3.3.2. Identifications des parasites 3.3.3. Transmission4. ENQUETES EPIDEMIOLOGIQUES
4.1.
Historique des enquêtes parasitologiques et ophtalmologiques.4.1.1. Evaluations épidémiologiques effectuées
de
1977à
1987.4.1.2. Evaluations épidémiologiques
de
1995et
1996.4.1.3. Enquêtes ophtalmologiques effectuées
en
1997.5.
DISTRIBUTION IVERMECTINE 6. ENQUETES
SOCTOLOGTQUES7. ACTIVITES DE SENSIBILISATION ET DE MOBILISATION
DES POPULATIONS 8. DISCUSSIONS9.
ACTIONS
MENEESEN
1997-98 POURAMELIORER LA SITUATION
SURLA KERAN, KARA,
MO.10.
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
1 1.
BIBLIOGRAPHIE
;
12.
ANNEXES.
2
I. INTRODUCTION
Dans
le
bassinde l'Oti, trois rivières, la Kéran, la Kara et la Mô ont
toujours retenul'attention
des responsables de I'OCP.En effet bien que les
traitementslarvicides aient
débutésur l'Oti en mars
1977, les résultats entomologiqueset
épidémiologiques ne sont pas encoretout à fait
satisfaisants sur laKéran, la
Karaet la
Mô.L'évaluation
des résultats entomologiquesmontre qu'il y a
encoreune
transmission relativement importante sur certains points.Les
récentes évaluations épidémiologiquesont
permisde
déceler desvillages qui
ont encore des prévalences élevées.Le
présent rapport de synthèse sur la Kéran, la Kara et laMô
traite de toutes les activités entreprisespar I'OCP de
1976à 1997.Il
passeen revue les activités de l'Unité de
LutteAntivectorielle (VCU),
traitements larvicides et évaluations entomologiques et celles del'Unité de Planification, Evaluation et Transfert (PET),
enquêtes épidémiologiques, sociologiques,distribution
deI'ivermectine,
activités de sensibilisation des populations.2. PRESENTATION DE LA ZONE DE LA KERAN, KARA, MO.
La
Kéran,la
Kara etla Mô
sont des affluents dela rive
gauche del'Oti.
Deux d'entre
eux (Kéran et Kara) intéressentle
Bénin etle Togo. La Mô
coule auTogo
et au Ghana.Ces
rivières
ont de nombreux affluents et sous-affluentsqui
prennent leurs sources dansla
chaîne des montagnes del'Atacora.
Les cours supérieurs et moyens sont presque entièrement dans la région montagneuse,difficile
d'accès. Les cours inférieurs sont dans une plaine plus ou moins accidentée avant leurs confluences avecl'Oti, (Figure
1).Les principaux affluents de Ia Kéran sont : la Koumongou, la Binah, la Yerpao, la Perma,
le
Wémou etla
Sina-lciré.Sur la Kara, on peut citer le Niankpé, la Kaoua, la Kpélou, la Kpaya, le Massabo, la Sala
et l'Agougou.
Quant à la Mô, les affluents
sont tousau Togo, il s'agit
notammentde la
Katcha, laKama, le
Boualé,la
Kamassi,le Kindi
etc...Il
existe sur la Kéran, la Kara et laMô
de nombreux petits affluents et sous affluents quiont
de trèsforts
écoulements en saison des pluies. Tous lesbiefs
et tous les affluentset
sous- affluents sont codés par les Opérations Aériennes (Figure 2).§
IJ
La végétation de lazone est de type "savane guinéenne" avec des galeries forestières plus
ou
moins densesle
long des rivières et leurs affluents.Les débits
mentionnés dans les tableaux(1 à 5) et les figures (3 à 7)
montrent que l'écoulement est important en saison des pluies. Par contre certains biefs et les affluents sont à secen
saison sèche,ce qui
entraînela
suspension des traitements aériens pendant quelques semaineset l'intensification
des traitements larvicides au sol et les prospections.Sur la Kéran, la Kara et la Mô, les
vecteursde
l'onchocercosesont des
espèces savanicoles et forestières du complexe S.damnosum; il s'agit
de S.damnosum s.s.,§sifulunn, et
S.squamosum.3. ACTMTES ENTOMOLOGIQUES
3.1. Historique de la surveilla 3.1.1. Les
sîteslarvaires
Pendant la saison des pluies, la Kéran, la Kara, la
Mô,
leurs affluents et sous-affluents ontun fort
écoulement favorable au développement des stades préimaginaux de S.damnosum s.1..Comme le montre
la figure
8 en annexe,il y
a beaucoup de gîtes. Le vecteur de l'onchocercose peut se développer pratiquement sur tous les cours d'eau dela
régionqui
sont en écoulement.Sur la Kéran, la Kara et leurs affluents, les gîtes sont très importants et complexes sur les cours supérieurs au Bénin, et au Togo. Sur les cours inférieurs vers la confluence avec
l'Oti,
les gîtes sont moins importants et plus espacés.Sur |a Mô et
sesaffluents il y a d'importants
gîtessur
les cours supérieur, moyen etinférieur
au Togo.Le bief
situé surle
coursinférieur
au Ghana avant Ia confluence avecl'Oti
coule dans une grande plaineoù il y
a très peu de gîtes.La plupart
des affluentset
sous-affluents dela
Kéran, dela Kara, et
dela Mô ont
un couvert végétal dense qui renddifficile
les traitements auBt-H14.
Cependant en saison des pluies avec les autres insecticides comme le téméphos et le pyraclofosqui ont
une plus grande portéeon
obtient de meilleurs résultats.3.1.2. Les points
decarrture (voir tableat 6, 7,
8 etfigure
9)Les captures ont commencé sur
la
Kéran, la Kara et IaMô en
1976 pour la collecte des données de "précontrol"un
an avantle
début des traitements larvicides.3.1.2.1.
Sur la Kéran, 7 points de captures ont été visités : Tapoundé,Titira,
Naboulgou,Pouda, {
Tipaoti,
Tchelengaet
Tchoumi-Tchoumi. Les capturesont été
suspenduesen
1993à
Tipaoti, Tchelenga et Tchoumi-Tchoumi qui de cefait
sont devenus des points C (occasionnels).Il
en estI
4
t
de même pour Naboulgou où les captures ont été suspendues en 1995 , ce point étant devenu "C"
a été
visité
occasionnellement au cours de l'année 1997.Actuellement 3 points sont régulièrement visités sur
la
Kéran.Titira (point A)
est visité toutes les semaines;
Tapoundé et Pouda(point B)
sont visités toutes les deux semaines.3.1.2.2.
Surla
Kara4
points de capture ont été visités.Il s'agit
de Sarakawa-Kara surla
Kara, Sarakawa-Kpélou ou Pont Kpélou sur laKpélou
; Kpayando sur la Kpaya et Landa-Pozanda surla
Kara.Le
point
de Sarakawa-Kara a été visité sporadiquement de 1976à
1983, et régulièrementde
1984à
1994. Les captures ont été suspendues en 1995 ; ce point étant devenu"C"
a été visité occasionnellementen
1997.Actuellement 3 points sont régulièrement visités sur la Kara : Landa-Pozanda est un
point
"A" (visité
chaque semaine), Sarakawa-Kpélou et Kpayando sont des pointsB
(visités tous lesl5
jours).3.1.2.3.
Sur laMô,
6 points ont été visités ; Bagan, Pibila, Aléhéridé,Mô,
Kama-Pont et Binako- Pont.Le point de Pibila a
été régulièrementvisité de
1976à
1986.Les
capturesy ont
étédéfinitivement
suspenduesen
1987. Ceux de Kama Pont et Binako-Pontont
été régulièrement visitésde
1976à
1993;
Les captures ont été suspenduesen
1994.Actuellement 3 points de captures sont régulièrement visités sur
la Mô.
Baganun point
"A" ;
Aléhéridé etMô qui
sont des points"B".
3.1.3.
Prospections entomolosiquesCompte-tenu de la quantité impressionnante des gîtes simulidiens qui existent sur la Kéran,
la Kara et la Mô,
de nombreuses prospections aériennesont
été effectuées périodiquement en saison des pluieset
en saison sèche dès 1977pour
évaluerl'impact
des traitements larvicides.Certaines prospections aériennes avaient permis de comprendre les sources probables des simulies de réinvasion capturées sur la Kéran, la Kara, la
Mô
et leurs affluents (Zerbo etal
1978 et Sowah etal
1984).Des prospections de routine au sol sont également entreprises chaque semaine par le so'us- secteur de Kara.
En
1997 , suite à une forte transmission observée de Ia semaine 18(fin avril)
à la semaine 23 (débutjuin) il
a été décidéd'intensifier
les prospections au sol ; une moyenne de 70 gîtes sont prospectés chaque semaine.5
Les 20 et
2l juin
1997, une prospection aérienne après traitement a été entreprise sur la Kéran,la
Karaet la Mô, (AGOUA
eIal
1997). Sur untotal
de 34 gîtes visités,5
sont positifs dont 4 faiblement positifs en larves jeunes et âgées de S.damnosum s.l. etI
gîte fortementpositif
en larves jeunes, âgées et nymphes de S.damnosum s.1.. Les gîtes positifs sont sur les biefs des affluentsqui n'ont
pas encore été mis sous traitement larvicides. Les 29 autres gîtes prospectés sur les rivières principales et les affluents sont négatifs. Dans l'ensemble les traitements larviciâes aériens effectués dansla
semaine 25 sont satisfaisants.3.2. Historique
destraitements larvicides 3.2.1. Traitements
aériens(voir
figures9 à l2)
La
Kéran,la
Kara etla Mô font
partie dela
PhaseIII
Est deI'OCP où
les traitements larvicidesont
commencé en mars 1977.Au
début du Programme, seul le téméphos (Abate@) était utilisé.A
partir de 1980-
1981avec l'apparition de la
résistanceaux
organophosphorésen zone
Ouest,le
téméphoset
lechlorphoxime ont
étéutilisés sur
ces3 rivières
avec beaucoupde
prudence. Actuellement la sensibilité au téméphos est intermédiaire.Les 7 (sept) insecticides sont utilisés sur la Kéran, la Kara et la
Mô
en fonction des débits.Il s'agit du Bt-H14, le
téméphos,le phoxime, le pyraclofos, l'ethofenprox (Vectron),
le carbosulfan et Ia perméthrine.L'état
des traitements larvicidesde
1977à
1997 est indiqué dans les figures 9à
12. Les cartes de traitementsde
1977à
1984n'ont
été que partiellement retrouvées dans les archives à Kara.Cependant
il
est important de préciser que depuisl97l,la
Kéran, la Kara, laMô
et leurs affluents ont été régulièrement traités par voie aérienne pendant la période des écoulements. Les suspensions enregistrées en saison sèche et parfois en saison des pluies correspondent soit à des périodes d'assèchement de la rivière, soit à de bons résultats entomologiques.(figures 10,ll
et l2)En
1992-1993, les traitements larvicides ont été suspendus surl'Oti
(la rivière principale), suite aux bons résultats entomologiques et épidémiologiquesqui ont
été enregistrés.Ils ont
été également suspendus surla
basse Kéran et la basse Kara(voir figure
13)En
1997, suite aux mauvais résultats entomologiques enregistrés enmai
-juin, il
a étédécidé de remettre la basse Kéran et la basse Kara sous traitements larvicides.
3.2.2. Traitements larvicides au
solt
En
saison despluies,
des traitementslarvicides au sol sont
effectuésen appoint
aux traitements aériens.6
En saison sèche, lors de la suspension des épandages aériens, les équipes au sol entreprennent des traitements larvicides au sol sur les gîtes accessibles.
3.3. Résultats
entotnologiques3.3.1. IdentifÏcations
des vecteursLa compulsion des résultats cytotaxonomiques des cinq dernières années (de 1992 à 1997) a donné les résultats suivants
: (voir
tableau 9)-
Sur la Kéran; 78,60Â de S.sirbanum;21,1%o de S.damnosum s.s. et0,3Yo de S.squamosum.-
Surla Kara ;
68,9yo de S.sirbanum ;26,2%o de S.damosum s.s. et 4,9Yo de S.squamosum.-
Surla Mô ;
64,8Yo de S.sirbanum ;32,40 de S.damnosum s.s. et 2,8o de S.squamosum.La
cytotaxonomien'a
pasidentifié
S.yahense, S.soubrense(beffa)
et S.sanctipauli sur la Kéran,Kara, Mô
au cours des 15 dernières années.En ce qui concerne
l'identification
des adultes par les critères morphologiques, les données suivantesont
été recueillies dans la période allant dejanvier
1994àjuillet
1997.Sur
la
Kéran, sur untotal
de 12 535 simulies identifiées, 12 283 soit environ 98 0% sont des savanicoles; 252,
soit2
Yo sont des forestières.Sur la Kara, sur 5.509 femelles identifiées,
4
602 soit environ 84 o sont des savanicoleset
907soit
16 0Z sont des forestières ;Sur
la Mô,
sur untotal
de 8 485 femelles identifiées,4
423soit
environ 52 Yo sont des savanicoles et4
062soit
48 oZ sont des forestières.Au vue de ces
résultats,il
apparaitclairement que la
grandemajorité des
simulies piqueuses sur la Kéran et la Kara est constituée de femelles savanicoles.Alors
que sur laMô,
lapopulation
simulidienne est presque àmoitié
constituée de simulies savanicoles et forestières.3.3.2. IdentifTcation
des narasitesLe
tableaul0
et lafigure
14 en annexe donnent les résultats des identif,rcations des larves infectantes récoltées sur la Kéran, la Kara et laMô
au cours des dissections de routine dejanvier
1993 àjuill et
1997 . La transmission est due surtout aux femelles savanicol es 92 o et environ 80%est due aux femelles forestières.
Environ
28 o des larves récoltées sont des nonO.volvulus;72%
sont des O.volvulus dont 17,20yo sont des O.volvulus forêt et 60,80yo sont des O.volvulus savane.
7
3.3.3. Transmission
Les
résultats entomologiquesde la Kéran, Kara, Mô
obtenusde 1977 à 1997
sont mentionnés dans les tableaux6,7,8
et lesfigures
15 à 30.Il
convient de préciser quejusqu'en
1988 (début des traitements larvicides en extension Sud-Est au Togo, au Bénin et au Ghana) la Kéran, la Kara et laMô
n'étaient pas bien protégées.Les résultats entomologiques relativement satisfaisants
n'ont
commencé à être enregistrés qu'àpartir
dela
mise en oeuvre des traitements larvicides en extension Sud-Est.Sur la Kéran (figures
15à 20)
lesTAP/ABRr de
1976(précontrol) était de
20.000 à25.000 à
Titira,
Naboulgou et de 5.000à
10.000 à Tapoundé. CesTAP
correspondaient à des PAT/ATP2 variant de 249 à Naboulgou à plusde
1.000 àTitira
et Tapoundé.Actuellement 1996
- l99l
bien que lesTAP
àTitira
et Tapoundé sont de 12.000 à 14.000 lesPAT
bruts varient de 200 à 350 ; soit une réduction desPAT
bruts de63
à76% (voir
tableauI
l).
A Pouda sur la Binah (un affluent de la Kéran) les
résultats entomologiques sontsatisfaisants;
lesPAT
ont régulièrement été inférieursà
100 depuis 1983.Sur la Kara
(figures2l
à24)
lesTAP/ABR "précontrol"
variaientde
10.000à
plus de 25.000et
lesPAT/ATP
bruts étaient de 800à
1600en
1976-
1971. Actuellementen
1996 -1997,les PAT/ATP
ont varié de 0 à 85 à Sarakawa-Kpélou, à Kpayando et à Landa-Pozanda.Il convient
de noter que depuis 1988, lesPAT
ont graduellement baissé.A
Landa-Pozanda où unPAT de
1293 aété enregistré en 1985, on note que depuis 1994 lesPAT
ont été inférieursà
100(voir
figures 23et
24).A
Kpayando lesPAT
ont été inférieursà
100 depuis 1980.A
Sarakawa-Kpélou
lesPAT
ont été inférieursà
100 depuis 1994. Sur la Kara, le taux de réduction des PAT bruts est de 92%
à Sarakawa-Kpélou et de 96 o àLatda-Pozanda.On
peut noter quela
situation entomologique surla Kara
est relativement satisfaisante depuis 1994.Sur la Mô,
(figures 25à
30) lesTAP
"précontrol" variaientde
10.000 à 40.000 sur les points de captures de Bagan, Pibila, Aléhéridé etMô.
LesPAT
brutsen
1976-
1977 ont été de +OS (aAléhéridé)
etde
1697 àMô. A
Bagan lePAT
était de 950en
1977 et de 2504en
1984.'
TAP=
TauxAnnuel de
Piqûres ABR= Annual niting
Rate'
PAT= Potentiel Annuel de Transmission
ATP= Annual Transmission Potential
8
Après
1988, lesPAT
bruts à Bagan, Aléhéridé etMô, ont
varié de zéro àMô en
1996 à 162 à Baganen
1997.Il
convient de préciser que la transmission de l'Onchocercose sur laMô
est dûe àla
fois à des simulies savanicoles et forestières. LesPAT
bruts depuis 1994 sont soit très près Ae iOOou inférieurs
à
100(voir
tableau 8). Le taux de réduction desPAT
bruts est de 90 % àMô
àMô
et de92
Yo à Bagan.L'analyse
des résultats entomologiques montre quela
transmission surla
Kara etla Mô
a commencé à être maîtrisée àpartir
1988 (date du début des traitements larvicides en extension sud-Est)il y
a9
ans. Par contre sur la Kéran, àTitira
et Tapoundéle
graphique des Potentiels Annuels de Transmission baisse moins rapidement et la transmission sur ces 2 points est encore élevée.La figure
31 donne les résultats desPAT
dejanvier
à décembre 1997 ; toutes espèces de simulies confondues et espèces savanicoles.4. ENQUETES EPIDEMIOLOGIQUES
Avant le
débutde la lutte
antivectorielle, l'Onchocercose sévissait dansla plupart
desvillages
des bassins dela Kara,
Kéran,Mô
sousforme
hyperendémique.Le village de
Landa- Pozandasur la Kara avait
une prévalencede
82,7 oÂ, une CMFL/CMFC3de
17,78mf/s et
un taux de cécité de4
oÂ. Celui deTitira
sur Ia Kéran avait une prévalence de 88,5 oÂ, une CMFC de 36,62 0/o etun
taux de cécité de 2,9 %o.Comme déjà mentionné plus haut, la Kéran, la Kara et la
Mô n'ont
pas été bien protégées entre 1977, (début des traitements larvicides en phaseIII Est) et
1988, (début des traitements larvicides en Extension Sud-Est); cequi
setraduit
dans la plupart des villages desuivi
par une baisse très lente de la prévalence et dela
CMFC.4.1. Historique
des enquêtesparasitologiques et ophtalmoloeiques.
Les résultats des enquêtes parasitologiques et ophtalmologiques effectuées sur
la
Kéran,la
Karaet la Mô, de
197611977à
1996 sont dans les tableaux 12à
15 etfigure
32 en annexe.4.1.1. Evaluations
effectuéesde
1977à
1987De
1977à
1987(10
ans)la
régionn'étant
pasbien
protégée dansle
cadrede la
lutte antivectorielle, des prévalences et des CMFC élevées ont été enregistrées dans certains villages.3
CMFL=
CommunityMicrofilarial
LoadCMFC
=
ChargeMicrofilarienne
Communautaire9
Sur
la
KaraA
Kpessidé en 1981 les évaluations épidémiologiques ont montré que la prévalence était de 80,9 o eTlaCMFC de26,79
mfls.A
Léon,en
1983,la
prévalence estdeTl
Yo etla CMFC
de 36,19 mf/sSur la
KéranA Titira, en
1980,la
prévalence est de 84,1 oÂetla CMFC
de 83,28mf/s ; le
taux.de cécité est de 4,3 oÂ.Sur
la
MôA
Baghan,en
1984,la
prévalenceétait de75,2Yo
etla CMFC
de 37,38mf/s ; le
taux de cécité est de2,5
Yo.4.1.2. Evaluations
épidémiologiquesde
1995et
19964.1.2.1.
Situation
dans lesvillages
desuivi (voir
en annexe les graphiques des tendances épidémiologiques,figure
33).Sur
la
KaraLes évaluations
de
1996 dans les villages desuivi
ont montré que les prévalences et lesCMFC ont
considérablement baissé par rapport aux données mentionnées ci-dessus.A
Kpessidé, la prévalence est de 29,4 Yo et la CMFC de 0,99 mf/s, (soit une réduction de 63,65 %opour
la prévalence et 96,30 o pourla
CMFC).A
Landa-Pozatda,la
prévalenceest de 8,1
oÂet la CMFC de 0,14 mf/s, (soit
une réduction de 90,20 oZ pourla
prévalenceet
99,21 o/opour la
CMFC).A Léon, la
prévalence estde
19,8 oÂetla CMFC
de 0,60mf/s, (soit
une réduction de 72,11 yopour la
prévalenceet
98,34 o/o pourla
CMFC).Sur
la Mô
La situation s'est aussi améliorée. En effet à Baghan, en 1996,la prévalence est'descendue à9,8 yo et la
CMFC
est de 0,19 mf/s, (soit une réduction de 86,55 0/o pour la prévalenceet99,l2
Yo
potx la
CMFC).A Kémini
en1996,la
prévalence est tombée à 4,5 yo etla CMFC
est de 0,23 mf/s, (soit une réductionde
91,57 o pour la prévalence et 95,56 o/o pourla
CMFC)'l0 Un seul village de suivi a
encore une prévalence élevée; il s'agit de
Sagbadaioù
la prévalence est encore de 28,2 Yo et la CMFC de 2,60 mf/s. Cependant la situation s'est nettement améliorée puisqueen
1980 dans cevillage la
prévalenceétait de75,3
oÂetla CMFC
de 35,50mf/s, (soit
une réduction de 62,54 Yo porx la prévalenceet
92,67pour la
CMFC).Sur la
KéranSur la basse Kéran, la situation est excellente. En effet à
Kounkounboulé
les évaluationsde
1996ont
montré quela
prévalence etla CMFC
sont nulles.A
Fare sur la basse Koumongou, les dernières évaluationsqui
datent de 1989 ont montré que la prévalence était de 2,6 yo etla CMFC
de 0,12 mf/s.Sur la
hauteKéran,
les évaluationsde
1995ont
montré quela
situation est nettement mauvalse.En effet
àTitira la
prévalence estde
64,5 Yoetla CMFC de
10,98 mf/s.A
Sola, la prévalence qui était de 26,2 o en 1992 est passéeà
57,1 oÂen
1995, la CMFCde 1,18%à 8,56mf/s.
Dans les villages de
Koutantagou-Tapounté(près de la frontière Togo - Bénin),
la prévalencequi
était de 30,5 Yoen
1992 est passéeà
48,6 oÂen
1995 etla CMFC
de2,44 mfls à
3,91 mf/s.4.1.2.2. Situation épidémiologique
dansd'autres villages
évaluésen
1996Parmi les villages
évaluéspour la
premièrefois en
1996,il convient de noter que
5villages situés sur la Kara ont des prévalences et des CMFC très élevés.
Il
s'agit de Sikan,Kadiol
I[,
Sakpone,Aho-Lao
et Tougel qui ont des prévalences allant de 42,1 o à 67,4 oZ et des CMFC de 3,48mf/s à
12,09mf/s.(voir
tableaul5).
Il
convient de préciser quela
majorité de ces villages est située surla
basse Kara où lestraitements larvicides ont été
suspendusen
1992-1993.Cette zone n'était pas traitée
àl'ivermectine.
Dans son rapport de mission de
juin 1996,le
Coordonnateur nationaladjoint du
Togo précise que dans certains villages examinés, des enfants dela
tranche d'âge de0 à 6
ans sont infectés;
par exemple :Aho-Lao Kawa-Bassar Tougel Sikan
Kadjol II
3
enfants de 5 ans.I
enfant de 5 ans.2
enfants de 5 ans et4
enfants de6
ans.I
enfant de3
anset
1 enfant de5
ans.2
enfants de4
anset I
enfant de5
ans.ll Il
mentionne égalementque : citation "Parmi les 12 villages ayant une
prévalencesupérieure à l0 oÂ,11 sont
situés dansle
bassin dela Kara. L'enquête de migration
neus révèleque la plupart
des caspositifs
dans les villagesdu
bassin del'Oti sont
desmigrants venus du Sud Togo. A Aho-Lao, un village du
bassin dela Kara, la quasi-totalité
des caspositifs
sont détectésparmi
lespopulations
installées depuis 4 ans en provenancedu
sud duTogo" fin
decitation (DARE
1996) (a).4.1.3. Enquêtes
onhtalmo
ues effectuéesen
1997Une enquête ophtalmologique a été effectuée en mars
et avrrl
1997 sur la Kéran, la Karaet la Mô (BANLA - l99l).
Les données ophtalmologiques montrent que ces
3
rivièresn'ont
pas été bien protégées avant 1988. Cequi
est en concordance avec les mauvais résultats entomologiques enregistrés de 1977à
1988. La situation entomologiquen'a
commencé à s'améliorer sur la Kara et laMô
qu'àpartir de
1993-1994 c'est àdire il y
a 3 à4
ans.5. DISTRIBUTION IVERMECTINE
Le
résumé des activités de distribution ivermectinefigure
dans le tableau 16 en annexe.La
campagne ivermectine au Togo sur les affluents del'Oti
(Kéran, Kara,Mô)
a débutéen
1988 par des distributions par "poches". Les zones de traitement se sont limitées à quelques villages de première ligne.De
1988à
1990(3
ans), 34.741personnes dans 155 villages ont été traitées, avec 60,02%o de
taux
de couverture.En
1991, 36
738 personnes traitées dans 160villages
avecun taux de
couverture de 60,64Yo.En
1992, deux distributions ont été effectuées enfévrier
1992 et Octobre 1992.Au
total 85.211 personnesont
été traitées dans 201 villages.En
septembre 1993,un total de
15.078 personnesont
été traitées dans 57 villages avecun taux
de couverture de 57,1 oÂ.En avril 1994,la distribution
del'ivermectine n'a
interessé quela
Kara etla
Kéran (la plaine deMô n'a
pas étécouverte);22.609
personnes ont été traitées dans 88 villages avec 69,39 o de talux de couverture.Il
convient de préciser que de 1991à 1993ladistribution
de l'ivermectine a été perturbée par les troubles socio-politiques,d'où
les taux de couverture faiblesqui
ont été enregistrés.t2 En Mai
1995, les traitementsont
concernéla
Kara,la
Kéran,la Mô
etla
plaine de Mô 43.638 personnesont
été traitées dans 190 villages, avecun
taux de couverture de 73,20 oÂ.En
juin
1996, une grande campagne de traitement àl'ivermectine
a été effectuée avec unedélimitation plus
large des zones éligibles.Au total
74.703 personnesont
été traitées dans 334villages avec un taux de
couverturede 74,95
0%.C'est à partir de
1996que la
zonea
été convenablement couverte à l'ivermectine.Au
cours du deuxième semestre de 1996I'Equipe nationale a commencé à mettre en placela distribution
del'ivermectine
sur une base communautaire.6. ENQUETES
SOCTOLOGTQUES.A notre
connaissance aucune enquête sociologiqueformelle n'a
été entreprise dans le bassin des affluents del'Oti
(Kéran, Kara,Mô)
avant 1998.Cependant
au
cours des évaluations épidémiologiques,l'équipe
nationalerernplit
quand cela est nécessaire un questionnaire sur les patients positifsafin
de déterminers'ils
sont des natifsdu village ou
bien des immigrants.En
janvier
etfévrier
1998, une enquête de migration a été effectuée sur la Kéran, Kara,Mô
L'examen des résultats préliminaires a montré que tous les villages qui ont des prévalences élevées ont connu des mouvements de populations au cours desdix
dernières années. Une grandemobilité
dela
population a été constatée. Presque tous les villagesont vu arriver
ces dernières années de nouveaux résidents.(T. DIARRA -
1998).Les villages qui ont les plus fortes
prévalencessont ceux qui ont connu le plus
de mouvementsde populations au cours des sept
dernières années.Ces
mouvementsont
étéimportants
en
1991 dans des villages comme Sikan, Wéloudé, Landa-Pozanda, Kpétab, Kawa- Bassar,Kadjol II, Aho-Lao.
Ces mouvementsde
populations sonten partie
dueaux
troubles socio-politiques que le Togo a connu en 1992-93. Dans quelques cas,il
s'agissait de mouvements saisonniers des populations duNord
versle
Sud pour des travaux agricoles.Certains villages
ont
même été créés récemmentpour
recevoir des personnes expulséesd'ailleurs. C'est le cas de Aho-Lao et Touguel qui sont les villages qui ont la.plus
forte prévalence onchocerquienne parmi les 30 villages enquêtés.Les villages ayant les
mêmesfacteurs d'exposition à la maladie ont souvent
des prévalencesfort
différentes.C'est par exemple le cas de Sola et
Titira
qui ont une prévalence élevée (plus 40 oZ) alorsqu'un village
dans la même aire géographique comme Kounkoumboule a une prévalence nulle,(voir figure
32).En effet
les villages deTitira et
Solaont
connu beaucoup de mouvements det3 populations, alors que les habitants de Kounkoumboule émigrent rarement de leur village
L'examen
préliminaire des données relatives auxfamilles
ayant des caspositifs
montrequ'environ
66 o des personnesn'ont
pas migré de leur village au cours des II
dernières années.Tout laisse penser que des
mouvementsde populations
seraient probablementen
partieresponsables de
la
détérioration dela
situation épidémiologique sur la Kara et la haute Kéran.L'analyse détaillée des résultats est actuellement en cours
7. ACTIYITES DE SENSIBILISATION ET DE MOBILISATION
DESPOPULATIONS Les activités de
sensibilisationet de mobilisation
des populationssont faites
par .les équipesVCU
lors des prospections entomologiques et par l'Equipe nationale avant les évaluations épidémiologiques etla
distribution de l'ivermectine.L'IEC (lnformation
- Education - Communication) s'adresse à toutes les couches socialesdes localités visitées par les
équipes;
(enseignants, guérisseurstraditionnels,
responsables sanitaires etreligieux
etc..) et les autorités politico-administratives.Des
causeries-débatssont
organiséesdans les villages. Les thèmes suivants
sont généralement développés.-
Transmission de l'Onchocercose; lien
entrele
cours d'eau, les piqûres de simulies etla
maladie.-
Les manifestations cliniques dela
maladie;
les démangeaisons, les lésions aiguës (dermatite onchocerquienne), les nodules, les manifestations cutanées chroniques (dépigmentations) les troubles de la vue (baisse del'acuité
visuelle,la
cécité) ;-
Les conséquences socio-économiques;
les invalidités (cécité) I'abandon des villages de première ligne (les plus près de larivière)
donc des vallées fertiles constituant ainsi unfrein
au développement socio-économique.- La lutte
contrela
maladie; la lutte
antivectorielle, les traitements au sol, la chimiothérapie (traitement ivermectine).A propos du
traitementà l'ivermectine, un
accentparticulier
estmis sur les
doses àadministrei
en fonction de lataille,
les contre-indications, la périodicité, la régularité de la prise du médicament, les effets secondaires etla
conduite à tenir'L'intensification de la
sensibilisationa permis
d'augmenter graduellement'letaux
de couverture lors de la distribution de l'ivermectine. Elle a permis aussi aux populations d'accepter plus facilementla
biopsie cutanée lors des enquêtes épidémiologiques.+
l4
8. DISCUSSIONS
8.1. De
1977, (début des traitements larvicides en PhaseIII
Est)à
1988 (début des traitements larvicides dans l'extension sud-Est) les résultats entomologiques et épidémiologiques n'étaient pas satisfaisants sur la Kéran, la Kara et laMô.
Eneffet
à partir du haut Mono et du haut Ouémé quin'étaient
pas traités,il y
avait des migrationsde
simulies versle
bassin des affluents del'Oti
(Kéran,Kara
et Mô).On devrait en principe
dansl'évaluation
des résultats obtenuspar I'OCP sur la
Kara, Kéran,Mô,
considérer les données de la période 1977-1987 comme des données de "précontrol".Par conséquent,
l'évaluation
correcte des résultats devrait commenceren
1988, annéedu
début des traitements larvicides en Extension sud-Est. C'est àpartir
de 1988 quela
zone a commencé à être effectivement protégée. De cefait, en l997,le
bassin dela
Kéran, Kara,Mô
aurait donc été protégé pendant9
ans.De
1988à2002Ia
protection aura étéde
14 ans, cequi
constitue la durée normale d'une bonne lutte antivectorielle. Les résultats entomologiques de ces 3 dernières années montrent que la situation commence à s'améliorer sur la Kara et la Mô, mais reste encore relativement préoccupante sur la haute Kéran dansla
région deTitira
et Tapoundé.Les
résultats épidémiologiques dansla plupart
desvillages de suivie
comme Landa- Pozanda, Baganet Kémini,
montrent une décroissance progressivede la
prévalenceet de
laCMFC (voir tableaux 12,
13et
14). Dans d'autresvillages de suivie
comme Kpessidé, cette décroissance est moins rapide. Elle devrait normalement après 8 à 9 années de lutte antivectorielle amorcer une "descente" comme déjà observé dans d'autres bassinsfluviaux
de la zoneinitiale
du Programme (Remme I 989).Les villages à prévalence et CMFC très élevées où les enquêtes épidémiologiques ont été entreprises
pour la
premièrefois en
1995-1996(comme Touguel, Kadiol II,
Sapone ..etc),méritent une attention particulière.
Il
est nécessaire de déterminer dans ces villages l'importance des migrations des populations du sud vers le nord.8.2. En effet, lors
des troubles socio-politiquesde l99l à
1993au Togo,
des populations Kabye et d'autres ethnies originaires dela
région dela
Kéran, Kara,Mô
quitravaillaient
dans les plantationsdu
suddu Togo
sont rentrées dans leurs villagesd'origine.
Dans les régions de Sakpone,Kadjol II,
Sikan, Kpessidé etAho-Lao,
ces migrants venus du sud ont crée des fermes agricoleset
se sont installés dans des zonesqui
dansla plupart
des cas n'étaient pas mises en valeur.L'analyse détaillée des résultats de l'enquête sociologique effectuée en
janvier
et février 1998 permettra de mieux comprendrela
situationqui
prévaut dansla
région.8.3.
Sur la Kéran, dans la région deTitira,
Tapoundé et Sola où des prévalences et des CfrAhC élevées ont été enregistrées en 1995, les équipesVCU
ont noté qu'en période de saison sèche desmilliers
de chercheursd'or
venus du Togo, du Ghana, du Bénin, duNigéria
etc... colonisent la zone.Il n'est
pas impossible que ces "migrants temporaires" aient unrôle,
sipetit soit-il,
dansla
persistance dela
transmission de l'Onchocercose dansla
région.l5
Comme mentionné au point 6, les migrations des populations sont importantes sur la haute Kéran en
particulier
àTitira et
Sola.8.4.
Les affluents et sous affluents de la haute Kéran, Kara,Mô,
et ceux du haut Ouémé et du hautMono
coulent en saison des pluies dans la même région bio-géographique, des montagnes del'Atacora
et sont très proches les uns des autres.Avant 1988 (début des
traitementslarvicides en extension sud-Est) il y avait
desmigrations de simulies des hauts bassins du Mono et de l'Ouémé vers le bassin des affluents de
l'Oti (Kéran, Kara, Mô).
Cesmigrations de
simulies provenantde
régions non-traitées ont compromis les résultats de la Kéran, Kara, Mô.Si au
stadeactuel on arrêtait les
traitementslarvicides sur la Kéran, Kara, Mô,
on risqueraitd'avoir
unemigration
inverse des simulies.En effet
compte tenu dufait
que les gîtes de la Kéran, Kara,Mô,
sont très nombreux et très productifs, et compte tenu aussi dufait
que le réservoir de parasites ne serait pas assaini, onpourrait avoir
des migrations de simulies des affluents del'Oti
vers les hauts bassinsdu
Monoet de l'Ouémé.
Ces simuliesdont
certaines seraient infectieuses risqueraient de compromettre dangereusementle
succès dela lutte
antivectorielle dans ces2
hauts bassins(figure
39).En d'autres
termes,si l'on veut améliorer les bons
résultatsque l'on
commence à enregistrer sur les hauts bassinsdu Mono et
du haut Ouémé,il faut
poursuivre les traitements larvicides surla
Kéran, Kara, Mô.8.5.
Comme mentionné précédemment, les hauts bassins de la Kéran, Kara,Mô
sont dans üne région montagneuse; il y
a peu de routes pour accéder aux petits villages accrochés aux flancsdei
montagnes.Il n'est
pas certainque l'ivermectine
puisse atteindre régulièrementtous
les villages, même si la distribution est organisée sur une base communautaire.Il
est donc importantque I'OCP
maintiennela lutte
antivectorielle coupléeà la distribution de f
ivermectine pour"iruy.r
d'atteindre ses objectifs.Il
est peu probable qu'avecl'ivermectine
seule, nous puissions atteindre nos objectifs avant 2002 dans cette zone particulièrementdifficile.
9.
LES ACTIONS MENEES EN
1997.98POUR AMELIORE,R LA SITUATION SUR LA KERAN, KARA, MO.
9.1. Actions prises nar I'Unité VCU
a)
Les prospections entomologiques au solqui
ont été intensifiées enMai
1997, se sontpoursuivies sur la Kéran, la Kara et la Mô
pendanttoute la période
des écoulements. Les traitements au sol effectués en saison sèche ont été intensifiés.b)
Les traitements larvicides par voie aérienne ont été effectués avec un accompagnateurVCU
chaquefois
que cela est possible.t6
c)
Des captures tests surI'Oti, la
Kéran etla
Kara ont été effectuées.d) Un
traitement expérimental del'Oti
pendant4
semaines a été entrepris de 14ème à la 17ème semaine(Avril
1998), deux cycles d'abate et deux cycles de pyraclofos ont été effectués.e) Il
serait souhaitable quela
couverturelarvicide
actuellesoit
maintenuejusqu'en l'an
2002 sur l'ensemble des bassins interdépendants du haut-Ouémé, du haut Mono et desaffluents
del'Oti
(Kéran, Kara et Mô).9.2. Actions
prisespar l'Unité PET
a) La distribution de
l'ivermectine
sur une base communautaire a été intensifiée 2 fois par an surla
Kéran,la
Kara et Mô.b) Une enquête sociologique a été effectuée en
janvier
etféwier
sur les affluents del'Oti.
c)
La
sensibilisation des populations(IEC)
effectuée parVCU,
PET etI'Eqüpe
nationale a été intensifiée auprès des populations rurales et des autorités administratives.d)
Les prédictions(ONCHOSIM)
qui sont en annexe (figures34,35
et 36) montrent que si on continue la stratégie actuelle dela
lutte antivectorielle combinée à la distribution del'ivermectine,
la transmissionpourrait ête
maîtrisée dansle
bassin dela
Mô.Pour les autres bassins (Kara et Kéran)
il
faudra continuer ladistribution
de I'ivermectine au delà de2002jusqu'en
2010 au moins.10.
RE,SULTATS DES ACTIONS VCU
Les
actions prisespar VCU au
coursde la
saison despluies de
1997ont
donné des résultats intéressants. En effet les graphiques (figures 37 et 38) en annexe montrent que le nombre de femelles capturées sur les affluents del'Oti
a baisséen
1997 dela
semaine 32 (début Août) àla
semaine52 (fin
décembre) par rapport aux années 1995et
1996.En
1998, suite au traitement expérimental del'Oti (la rivière principale)
dela
14ème àla l7ème
semaine,le
nombre de femelles capturées a considérablement baissé enAwil
etMai
par rapport auxtrois
années précédentes (1995-
1996et
97).La
transmission (nombre de femelles infectieuses) aété
nettement plusfaible en
1998 par rapport auxtrois
années précédentes sur lestrois
rivières Kéran,Kara et
Mô.t7
11. CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
La
situation de l'Onchocercose dans le bassin des affluents del'Oti
(Kéran, Kara etMô) n'est
certes pas excellente mais elle n'est pas catastrophique.En effet sur la Kara et la
Mô,la
situation entomologique n'a commencé à s'améliorer qu'àpartir
de 1988 (année du début des traitements larvicides en Extension sud-Est). Depuis 1994, les Potentiels Annuels de Transmission bruts sur ces deux rivières sont soit inférieurs soit très prèsdu
seuil detolérabilité
de 100.On note également que sur la Kara et la
Mô
la situation épidémiologique dans les villages desuivi
s'est dans l'ensemble améliorée.En ce
qui
concerne la Kéran, la situation entomo-épidémiologique est satisfaisante sur la basse Kéran-Koumongou; elle
est nettement mauvaisesur la
hauteKéran (région de Titira,
Tapoundéet
Sola).Le rôle
des migrantspositifs
dans Ia persistance dela
transmission dela
maladieaeia
être élucidé.
L'analyse des données entomologiques et épidémiologiques permet de recommander pour les affluents de
l'Oti
la poursuite de lalutte
antivectorielle etl'intensification
dela
distribution deI'ivermectine
sur une base communautaire.Un
arrêt prématuré dela lutte
antivectorielle surla
Kéran,la
Kara etla Mô
serait "une grosse perte"si l'on
considère les importants investissements déjà consentis parla
Communauté Internationale dans cette région, et une catastrophe non seulement pour les populations'riveraines, mais aussipour
celles des hauts bassins duMono
et de l'Ouémé.Les
actions mises en oeuvrepar
les UnitésVCU et PET ont
commencéà
donner des résultats intéressants. Ces actions doivent être poursuivies afin de permettre àI'OCP
d'améliorer au cours des prochaines années,la
situation entomo-épidémiologiquequi
prévaut surla
Kéran,la Kara
etla Mô.
I
2
l8
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4
5
6
7
8
9
10
1l
t2.
l3
t4
15
16.
t7
l8
19
2t
19
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(1990)Prospection héliportée de la Koumongou, Kara
;
6.12.9020
22
ANNEXES
20 I,
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GEOGRAPEIQT'E / GEOGRAPMCAL
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22 Tableau 1
DEBITS SUR LA KERAN DE 1987 A 1996 Station de Naboulgou
DEBITS
SEMAINES I 987 l 988 l 989 I 990 l99l 1992 1993 1994 r 995 1996
I t.2 0.1 7.9
l.l
1.2 4.32 3.9 0.6 7.9 1.0 J.t
J 2.7 0.2 3.9 0.3 J.J 0.8 2.1
4 0.4 2.s 0.4 0.7 1.6
5 0.4 0.3 0.2 0.6 1.4 0.3 0.6 1.3
6 0.3 0.1 0.5 1.0 1.2
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