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CORPUS DES TAPIS MAROCAINS TAPIS DU MOYEN ATLAS

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CORPUS

TAPIS MAROCAINS

DES

II

TAPIS DU MOYEN ATLAS

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GOUVERNEMENT CHÉRIFIEN

PROTECTORAT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE AU MAROC

DIRECTION GÉNÉRALE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE, DES BEAUX-ARTS ET DES ANTIQUITÉS SERVICE DES ARTS INDIGÈNES

CORPUS

DES

TAPIS MAROCAINS

PRÉSENTÉ PAR

PROSPER RICARD - .

Meiùbr^correspondant du Ministère de l'Instruction Publique . : , • .

Chef du Service des Arts indigènes

II

TAPIS DU MOYEN ATLAS

6 4 P L A N C H E S

LIBRAIRIE ORIENTALISTE PAUL GEUTHNER

i3, RUE JACOB, A PARIS

1926

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AVANT-PROPOS

On présente ici le deuxième tome du « Corpus » prévu par les dahirs du 22 mai 1919 et du 17 décembre 1921, ins- tituant une estampille d'État pour garantir l'authenticité d'origine, la bonne qualité et le caractère indigène des tapis marocains.

Alors que le premier tome fut consacré aux « Tapis de Rabat (1) » dont les éléments :et les ordonnances sont ins- pirés de l'Asie Mineure, celui-ci traite de tapis berbères aux motifs et agencements peut-être exclusivement autochtones.

La diversité de ces tapis est assez grande pour qu'on ait cru devoir limiter ce deuxième tome aux « Tapis du Moyen Atlas ». Les tapis du Haut Atlas et du Haouz de Marrakech, qui feront l'objet d'un troisième tome actuellement en prépa- ration, sont nettement différents.

(1) Corpus des Tapis Marocains : I. Tapis de Rabat, présenté par P. RICARD, XIV et 32 pp., 64 pl. (Paris, Geuthner, 1923). 1

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TAPIS DU MOYEN ATLAS

I. — LES TAPIS BERBÈRES DU MOYEN ATLAS

On sait que le Maroc est traversé, d'est en ouest, par l'important massif de l'Atlas, prolongement du système orographique général du reste de la Berbérie. On n'ignore pas moins que ce massif comporte une chaîne médiane, le Haul Atlas, au centre de laquelle semblent s'articuler deux autres chaînes secondaires partant l'une vers le sud-ouest, l'Anti Atlas, l'autre vers le nord-est, le Moyen Atlas.

Le Haut Atlas commence à être assez bien connu dans sa partie occidentale. Les cols de Telouet, de Tizi N Test, d'Imi N Tanout, la route du littoral atlantique, sont autant de chemins, très fréquentés, constamment ouverts, mettant en relations suivies les plaines du Maroc occidental, Haouz, Gharb et Sous, avec les régions sahariennes du Dra, du Dadès, du Todgha, du Ziz et du Tafilalet. Très élevé, surtout dans sa partie centrale, dont les sommets culminent aux envi- rons de 4.000 mètres, il forme une chaîne de longs escarpe-

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ments qui s'amollissent et s'infléchissent peu à peu vers l'ouest et forment un dos de pays qui s'épanouit aux abords de l'Océan. Immobilisée sur des pentes abruptes, la population, généralement sédentaire, vit dans des maisons.

Les troupeaux de moutons y sont une rareté, et partant l'industrie du tapis.

L'Anti Atlas, qui sépare la vallée du Sous de celle du Dra, se présente plutôt sous la forme de plateaux plissés d'une altitude moyenne de 1.500 mètres. Il est encore très peu connu, surtout au point de vue des industries qui nous intéressent ici.

Par l'effet d'une persévérante pression de nos troupes et d'une politique prudente et avisée, qui aura tôt fait de réduire la tache dite « de Taza », le Moyen Atlas peut être considéré comme entièrement pacifié. C'est un massif forte- ment plissé dont les sommets atteignent et dépassent sou- vent une altitude de 2.000 mètres. Le Bou Iblane, au sud- est de Fès, couvert de neige pendant une très grande partie de l'année, s'élève jusqu'à 3.119 mètres.

Arrêtant les nuées venues de l'Océan, le Moyen Atlas est un remarquable centre hydrographique d'où descendent l'oued Guigou, cours supérieur du Sebou, l'oued Tigrigra, cours supérieur du Beht, les oueds Bou Regreg et Oum Er Rebia. La Moulouya en est elle-même partiellement tribu- taire.

Les vallées de ces fleuves et de leurs hauts affluents sont naturellement des refuges de vie du plus haut intérêt. Quant

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aux plateaux ou aux pentes qui les bordent et occupent de très grandes surfaces, ils sont également fertiles et propices soit aux cultures, soit à l'élevage. Le nomadisme trouve dans ce pays au relief varié une terre d'élection toute natu- relle, appelant la transhumance vers les altitudes pendant l'été, sur les plateaux moins élevés ou dans les vallées en hiver. Les tribus Zaër, Zemmour, Guerouane, Mtir, Aïache, Saddene occupent les plateaux peu élevés confinant aux basses et grasses plaines du Gharb, tandis qu'en arrière et au cœur du massif évoluent les tribus Zaïane, Mguild, Youssi, Ouaraïn, Ghiata, Seghrouchene, Aït Youssi et Izdeg, d'une humeur farouche et indépendante.

L'hiver est rude et froid sur les hauteurs, où la neige est fréquente. Mais la laine, provenant des troupeaux, est la grande ressource. Elle sert à tisser les flijs ou bandes d'étoffe qui, cousues bord à bord, composent latente. On en tire encore les vêtements, burnous et jellâbas d'hommes, châles et bas de femmes. On en fait aussi des couvertures et des tapis qui servent au couchage et composent les objets essentiels de l'ameublement berbère.

Les tapis du Moyen Atlas, qui font l'objet de la présente étude, sont de véritables toisons reconstituées. Très amples, ils peuvent servir de couche aux membres d'une même famille, qu'ils isolent du sol parfois humide et très froid. D'où leur haute laine formant un véritable matelas, emprisonnant dans ses longues mèches une épaisse couche d'air qui prend assez vite la température du corps humain et la garde long- temps. D'où, aussi, la conception particulière de l'endroit du

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tapis, qui correspond au côté ras du tissu, contrairement à ce qu'on observe dans les tapis d'Orient. Nous voici donc en présence du tapis primitif, bien près de sa forme origi- nelle. A ce titre seul, le tapis berbère méritait d'être étudié.

Mais combien sont intéressantes aussi sa fabrication et son ornementation, qui varient avec les tribus et avec les in- fluences auxquelles ces dernières sont soumises.

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II. — ENQUÊTE

Des tapis berbères du Moyen Atlas, nous ne connais- sions guère, jusqu'à ces derniers temps, que ce que leur simple examen pouvait nous suggérer. De leur provenance exacte, nous ne savions que ce que les marchands des souks de Fès et de Meknès nous en disaient. Comme les achats ne se faisaient qu'avec le concours d'intermédiaires, les lieux véritables de production étaient généralement ignorés.

Comprenant que les acheteurs tenaient à mettre un nom sur chaque genre, les marchands leur donnèrent satisfaction, mais par « à peu près ». Ainsi les tapis à dominante blanche et à dessins noirs furent attribués aux Beni Ouaraïn ; les tapis à dominante blanche, mais à coloris moins sévère, où se mêlaient du jaune, du rouge et de l'orangé, furent dits du Guigou; les tapis très polychromes, sans dominante pré- cise, où s'ajoutaient du bleu et du vert, furent déclarés ori- ginaires des Beni Mtir et des Beni Mguild ; les tapis à dominante rouge, à très haute laine, furent reconnus de provenance Zaïane. C'est sur ces déclarations, et sur les analyses auxquelles nous nous livrâmes nous-même, que

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la série des planches de cette deuxième tranche du « Corpus des tapis marocains » a été établie.

Cependant, certaines déclarations contradictoires des marchands nous amenèrent à penser que ceux-ci n'étaient pas toujours bien informés. Au début de 1925, alors que la préparation des planches était entre les mains de l'éditeur, nous crûmes bon d'entreprendre un voyage dans le Moyen Atlas. Nous traversâmes ainsi tout le massif du nord au sud, de Fès à Midelt par le Guigou. Un autre coup de sonde fut donné en face des Beni Ouaraïn. Au moment où nous allions prospecter les territoires des Beni Mguild et des Zaïane, nous fûmes arrêté par les neiges à Aïn Leuh. Nos investigations subirent alors un temps d'arrêt.

Nos entrevues avec MM. les Officiers des Renseigne- ments — dont l'accueil fut toujours empressé et courtois — nous révélèrent que la question ne les laissait pas indifférents et nous eûmes alors l'idée d'ouvrir une enquête générale dont ils se chargeraient eux-mêmes surplace. M. le Colonel Huot, chef du Service des Renseignements et des Affaires indigènes, à qui nous fîmes part de ce projet, voulut bien transmettre à ses collaborateurs le questionnaire suivant en mars 1 924 :

10 La fabrication du tapis à haute laine est-elle connue dans votre région ?

2° Dans l'affirmative, qu'entend-on exactement par les termes agtif, tagdift, tazerhit, tahlast, etc. ?

3° Nom de la fraction de tribu qui se distingue par un type spécial de tapis.

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4° Nom du groupe auquel se rattache cette fraction.

5° Ce groupe est-il nomade ou sédentaire ? S'il est no- made, quelle est son aire d'expansion ?

6° Caractéristiques du type spécial de tapis en ce qui concerne :

a) La texture : nombre de fils de chaîne au décimètre, calculés dans le sens de la largeur du tapis ; nombre de points au décimètre calculés dans le sens de largeur du tapis ; nombre de points noués au décimètre calculés dans le sens de la longueur du tapis ;

h) Les détails du dessin : formes et désignations, avec croquis ou photos si possible;

c) Les couleurs, nombre et désignation, si possible ; d) La dominante générale du coloris.

7° Noms des produits tinctoriaux servant autrefois à la teinture des laines (1). Ces produits sont-ils entièrement ou partiellement abandonnés ? Le retour aux anciens procédés de teinture semble-t-il possible ?

8° Le tissage du tapis est-il exercé par les femmes seule- ment, ou est-il le résultat de la collaboration de l'homme et de la femme ?

9° Le type spécial étudié ici appartient-il à un type tra- ditionnel déjà ancien ? Ou bien appartient-il à un type voisin ou éloigné d'importation récente ? Dans le cas d'influences récentes, signaler, si possible, les modifications subies en ce

(1) Les principaux renseignements recueillis à ce sujet ont été annexés à une petite étude sur les Procédés marocains de teinture des laines, publiée dans le Bulle- tin de l'Instruction publique au Maroc, n° 70 (Paris, Larose, 1925).

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qui concerne la texture, le dessin, les couleurs, la domi- nante générale.

10° Les tisseurs et tisseuses de tapis travaillent-ils pour leur propre compte, ou pour des personnalités faisant appel à leur main-d'œuvre pour un temps déterminé ?

11° La production est-elle active ? Pourrait-on donner un nombre approximatif de tisseuses ou de tisseurs en regard de celui des feux du groupement auquel ils appartiennent ? Pourrait-on donner un nombre approximatif de tapis fabri- qués en une année ?

12° A quelle saison se livre-t-on surtout à la fabrication du tapis ?

f 30 La production est-elle l'objet d'un ralentissement, ou d'une accélération ? Quelles pourraient en être les causes?

14° Complément d'informations que pourrait suggérer le questionnaire ci-dessus.

Malgré les événements — c'est à cette époque que l'affaire du Rif s'est déclenchée, affaire qui pouvait avoir des répercussions graves jusque dans les massifs montagneux du Moyen Atlas — l'enquête a donné lieu à un certain nombre de réponses d'un réel intérêt. On en jugera par l'exposé qui suit. En partie seulement, car quelques réponses étaient accompagnées de dessins coloriés ou aquarellés, qu'à notre grand regret, nous n'avons pu reproduire.

Nous saisissons l'occasion pour exprimer ici notre vive gratitude à la direction du Service des Renseignements et des Affaires indigènes, à MM. les Officiers généraux

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et supérieurs commandant les régions, les cercles et les bureaux des renseignements et, en particulier, à :

MM. le lieutenant DAGUET, du Bureau des renseigne- ments de Boulmane ;

Le lieutenant SAMUEL, chef du Bureau des renseigne- ments d'El Mers ;

Le lieutenant GOUDARD, du Bureau des renseignements de Skoura ;

Le capitaine GARY, commandant l'annexe des Aït Sgou- gou ;

Le capitaine JEANBLANC, chef du Bureau des renseigne- ments de Midelt ;

Le capitaine PARISEY, chef du Bureau des renseignements de Beni Mellal (1 ) ;

L'officier interprète GIEU, à Engil;

L'officier interprète LESUR, du Cercle des Beni Mguild, à Azrou, dont les renseignements techniques et graphiques sont en tous points remarquables ;

Le caporal J. STUART, pour ses dessins relevés à El Mers et à Enjil.

(1) L'étude de M. le capitaine PARISEY, très fouillée, n'est pas publiée ici. Comme elle se rapporte à des tissus ornés à poil ras, d'une technique différente de celle des tapis, elle sera ultérieurement publiée dans un fascicule qui traitera la question dans son ensemble.

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III. — LES RÉPONSES AU QUESTIONNAIRE AIT IGHEZRANE (1)

Extrait d'une enquête de M. P. Ricard.

La tribu berbère des Aït Ighezrane est entourée, à l'est, par l'importante confédération des Aït Ouaraïn, au sud par les Aït Alaham, à l'ouest par les Aït Yazgha, au nord par les Aït Seghrouchene de Harira. Nous l'avons touchée, en février 1925, par Aharmoumou, petite agglomération de maisons en forme de kasbas, située sur le rebord d'un pla- teau de 1.180 mètres d'altitude, qui s'effondre brusquement pour laisser se creuser la vallée du Zelloul, dont l'oued est un affluent de droite de l'oued Sebou.

Aharmoumou, à 16 kilomètres au sud-est du gros village arabisé d'El Menzel, est à 36 kilomètres sud-est de Bir Ten- tane, sur la route de Fès à Taza (40 kilomètres de Fès). 'Il est relié à Bir Tentane par une piste de création récente, et

(1) Le présent extrait a été publié dans Hespéris, bulletin de l'Institut des Hautes Études marocaines, en 19u25.

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même par un tronçon de chemin de fer à voie de 0 m. 60 en cours d'achèvement.

Du balcon d'Aharmoumou, la vue, grandiose, plonge sur la vallée profonde, longue et large, de l'oued Zelloul.

Au delà, le pays se relève à une très grande hauteur, for- mant un cordon montagneux que jalonnent de l'est à l'ouest les djebels Tanekrant, Bou Iblane, Moussa Ou Salah (3.189 m.), Seghla (2.386 m.), Tichoukt, couverts de neiges étincelantes à partir de 1.200 m. d'altitude.

En cette saison, le manteau neigeux du djebel Seghla est tavellé de cèdres sombres qui s'enlèvent en noir sur un fond blanc. Il serait hasardeux, sans doute, de chercher dans cette harmonie, fortement contrastée, l'origine de la coloration des tapis que, sur notre demande, les hommes du village viennent nous présenter. Mais, à tort ou à raison, la comparaison s'impose à nous.

Six tapis sont étendus à terre, non pas directement sur le sol, mais sur des nattes d'alfa, pour qu'à leurs mèches ne s'accrochent ni la poussière, ni les débris végétaux. Car la haute laine est placée en dessous ; ses fils libres, longs d'en- viron 8 centimètres, forment un épais et moelleux matelas.

Nous avons ainsi l'explication de la texture et de la dimen- sion (3 à 4 mètres x 1 m. 50 à 1 m. 80) de ces tapis, véri- tables toisons reconstituées, qui servent de couche et peuvent recevoir plusieurs personnes, une famille entière.

Le pays est froid — nous sommes à peu près à 1.200 m.

d'altitude — et froids sont les vents qui soufflent de la mon- tagne après avoir léché les cimes glacées.

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Ces tapis sont dits tihlasine, sing. tahlast. Le terme arabe correspondant, connu dans la région, est gtàïf, sing. gtîfa.

Le hilo est le côté de la haute laine. La taghessa est le côté ras. La lisière est désignée sous le nom d'ammas. Les chefs, ou extrémités, sont appelés tichtatine, sing. tachtat.

Tandis que le côté de la haute laine ne présente qu'un mélange assez imprécis de mèches blanches et noires, le côté ras laisse voir un dessin plus net. Celui-ci est d'une grande simplicité. Un lacis de losanges noirs, couvrant toute la surface, suffit à le former, et se détache vigoureusement sur le fond blanc. Ces losanges sont dits tikhamine, sing.

takhamt, « petites tentes ». Les indigènes y voient-ils une stylisation des noires maisons de poil régulièrement im- plantées pour constituer le douar ?

Chaque losange a, selon les tapis, de 6 à 9 cm. de largeur et de 8 à 13 cm. de longueur. On peut en compter facile- ment les points, akrous, qui sont disposés côte à côte dans le sens de la largeur, mais sont séparés, dans le sens de la longueur, par un tissu de fond de 12 à 16 trames. Noués, comme les moquettes des tapis de Rabat ou d'Asie Mineure, mais sur quatre fils de chaîne (fig. 1) au lieu de deux (fig. 2), ils sont très gros. Au décimètre linéaire, on en compte de 9 à 11 en largeur et de 7 à 8 en longueur, c'est-à-dire 63 à 88 au décimètre carré. C'est peu, en comparaison du tapis de Rabat qui, dans la même surface, peut renfermer une moyenne de 20 x 20 = 400 points, pour un ouvrage de bonne fabrication courante.

Chaque losange, takhamt, est formé par rangées hori-

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zontales et successives de quelques points de laine noire, 3 ou 2, se suivant dans un ordre ascensionnel et alternant avec un fond de trame (fig. 3 et 4) :

Une triade arrêtant la pointe inférieure ;

Une triade répétant la précédente verticalement au- dessus ;

Deux paires débordant chacune d'un point, l'une à droite, l'autre à gauche, et laissant entre elles un vide d'un point qui est comblé par un nœud de laine blanche ;

Deux nouvelles paires débordant encore chacune d'un point à droite et à gauche, les points d'intervalle étant com- blés par trois nœuds de laine blanche ;

Deux triades débordant chacune d'un point à droite et à gauche des deux paires précédentes;

Deux nouvelles triades verticalement nouées au-dessus des précédentes; les sommets latéraux du losange sont ainsi formés ; les deux rangées de cinq points intercalaires sont garnis d'autant de nœuds de laine blanche ;

Deux paires chevauchant chacune d'un point sur les rangées inférieures ; en se rapprochant, elles ne laissent plus que trois points vides garnis par autant de nœuds de laine blanche ;

Une triade fermant le losange au sommet ;

Une dernière triade dessinant la pointe supérieure du même losange.

Cet élément losangique n'a qu'à se répéter, pareil à lui- même, sur la largeur et dans toute la longueur du tapis pour produire le treillis qui l'orne dans toute sa surface, en tenant

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TAPIS DU MOYEN ATLAS. Planche LXIV

Tap is Zaïane

Les carrés blancs réprésentent du blanc ; les carrés noirs : du bleu ; les cercles noirs : du rouge foncé ; les cercles clairs : de l'orangé.

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