CurieXplore Fiche Ukraine généré le 13 mai 2022

Texte intégral

(1)

CurieXplore Fiche Ukraine

généré le 13 mai 2022

Politique d'enseignement supérieur, de recherche et d'innovation Orientation stratégique

Le Parlement ukrainien (Verkhovna Rada) décide de la politique nationale sur l’enseignement supérieur (art.3 de la Loi sur l’enseignement), adopte les lois (Constitution, art.85), et en définit leur financement (Constitution). Le Cabinet des Ministres assure la mise en œuvre de cette politique (art.12 de la loi sur l’enseignement), et en contrôle l’application. Le Ministère de l’éducation et de la science élabore le programme de l'enseignement supérieur qui est ensuite approuvé par le Cabinet des Ministres.

Le ministère gère les tâches stratégiques et organisationnelles comme :

· l’analyse du marché de travail pour définir les besoins en formation

· l’élaboration du registre des domaines et des spécialisations homologuées pour les établissements d'enseignement supérieurs

· la définition du quota de bourses pour les établissements d'enseignement supérieurs

· l’octroi des licences aux établissements d'enseignement supérieur ainsi que l’homologation des formations d’après les recommandations de l’Agence d’évaluation de la qualité de l’enseignement supérieur

· l’élaboration des normes de financement selon lesquelles les établissements peuvent structurer leur budget, préciser leur capacité d’accueil d’étudiants et de recrutement des professeurs, du personnel administratif et technique.

Le système éducatif fait l’objet d’une réforme active en Ukraine avec l’adoption de la loi "sur l’enseignement supérieur" dès le 1 juillet 2014 (No 1556-VII). L’élaboration de cette loi, (adopté en 2ème lecture à une majorité de 276 députés sur 450) a duré 5 ans. La loi « sur l’enseignement supérieur » (projet n°1187-2) a été conçue et

perfectionnée sous l’impulsion d’un groupe de travail dirigé par le recteur de l’Institut polytechnique de Kiev, M.

Zgurovski. La première mouture de ce texte avait été élaborée en 2012 en réponse aux velléités de réforme du ministre Dmytro Tabachnyk, qui dès son arrivée au pouvoir au printemps 2010, avait conçu un projet de loi sur l’enseignement supérieur censé remplacer la loi en vigueur du 17 janvier 2002 [pour une revue des débats voir la

er

(2)

« Fiche Curie enseignement supérieur Ukraine 2013 » pp. 4-5]. Cette loi est le fruit d’une concertation entre des représentants de la société civile, les organisations étudiantes et les représentants d’une trentaine d’établissements d’enseignement supérieur.

Parmi les points essentiels de la nouvelle loi, on mentionnera :

- La suppression du grade de « candidat es sciences » (kandidat nauk), remplacé par un analogue ukrainien du PhD (doktor filosofii) et l’abandon progressif du diplôme de spetsialist. L’architecture de la diplomation s’articule désormais de la façon suivante : Bakalavr (4 ans), Magistr (6 ans), Doktor filosofii (9 ans), Doktor nauk (équivalent de l’Habilitation à diriger des recherches)

- La création d’une « Agence nationale de garantie de la qualité de l’enseignement supérieur » indépendante

- L’obligation pour chaque établissement d’enseignement supérieur de se doter d’un organe de représentation des étudiants, lequel doit prendre une part active à la gestion des établissements

- Le maintien de la langue ukrainienne comme langue centrale du processus d’apprentissage. Les

établissements d’enseignement supérieur peuvent prendre la décision de dispenser une discipline en anglais ou dans une autre langue étrangère, à condition qu’elle soit également enseignée en langue ukrainienne

(3)

La stratégie nationale du développement de l’enseignement 2013-2021

https://zakon.rada.gov.ua/laws/show/344/2013#n10

Déposée par le ministère de l’éducation et de la science, elle a été votée par le Parlement et concerne :

- La création des universités de recherche

- L’élargissement de l’autonomie des universités

- L’élaboration d’un nouveau registre du personnel enseignant

- L’élaboration de nouveaux standards pour l’enseignement supérieur

- L’incitation à une coopération entre les différentes branches d’enseignement et de recherche

- Le perfectionnement des procédures d’évaluation externe

- L’amélioration de l’entretien matériel des établissements

La réalisation de la stratégie nationale prévoit ainsi :

- le renouvellement de la législation dans le domaine de l’enseignement

- le perfectionnement du système d’enseignement

- la modernisation du contenu de l’enseignement

(4)

- l’élaboration des programmes nationaux pour l’éducation et la socialisation des enfants et de la jeunesse

- l’informatisation de l’enseignement (utilisation des nouvelles technologies informatiques, création de modules d'études et de manuels électroniques, développement de réseaux de bibliothèques électroniques, élaboration de systèmes informatiques de soutien aux études, développement d’études à distance)

- le renforcement du corps enseignant : le salaire des professeurs des écoles a été réévalué, mais pas celui des professeurs d’universités

- la promotion de la recherche et de l’innovation

- la modernisation du système de gestion d’enseignement

- le renforcement des coopérations internationales

Elargissement de l’autonomie des universités

D’après la nouvelle loi, les établissements sont plus autonomes : dorénavant les universités ont le droit de créer des spécialisations dans le cadre des formations habilitées. Il n’existe plus de liste des disciplines obligatoires à enseigner, ce qui peut menacer les sciences humaines, les universités ont le droit d’attribuer le grade de PhD ; les professeurs ont plus de possibilités de profiter des mobilités parce qu'ils peuvent le faire dans le cadre d’une mission (avant ils devaient prendre

un congé pour cela) ; les universités ont le droit de reconnaitre les diplômes étrangers ; les universités ont désormais le droit d’ouvrir des comptes dans les banques d’Etat (et pas seulement à la « Trésorerie centrale » auprès du ministère des finances) et de créer des fonds basés sur les donations bénévoles.

Financement

Le budget d’Etat finance directement le Ministère de l’education et de la science (MON), l’Académie des Sciences (NANU) et le Fond National de la Recherche (NFD) créé en 2019 avec des fonds complémentaires. Les universités et organismes de recherche déposent leurs candidatures auprès du fonds pour obtenir des financements sur projet.

Le budget alloué à l’éducation représente environ 4,5% du budget de l’Etat avec environ 44 milliards de grivnas votés pour 2020. Le budget du ministère de l’éducation et de la science est en augmentation progressive passant de 34,213 milliards en 2018 à 39,137 milliards en 2019. Il représente environ 4,5% du budget total de l’Etat.

(5)

Bourses et places budgétaires :

L’Etat prévoit chaque année un nombre de « places budgétaires » ou « quota d’Etat » pour que les meilleurs étudiants puissent suivre leur formation gratuitement dans les universités. Les dépenses pour la formation des étudiants sur ce quota d’Etat sont évaluées à hauteur de 16 260 224 300 UAH en 2019. Le coût d’une place budgétaire pour l’Etat étant de 30 000 UAH/an, cela représente environ 542 000 étudiants bénéficiaires de cette mesure.

Evaluations

Créée à la suite de l’adoption de la loi pour l’enseignement supérieur de 2014, l’Agence pour la qualité de

l’enseignement supérieur, est une organisation indépendante avec pour objectifs d’évaluer les programmes et les établissements d'enseignement supérieur, de formuler des normes et d’analyser la qualité de l’activité des

établissements. Les évaluations des établissements s’opèrent lors de conseils d’experts, composés d’une dizaine de personnes titulaires d’un doctorat dans le domaine correspondant. Le financement de l’Agence est défini par le Parlement et fait partie du budget d’Etat.

L’Agence se compose de 25 représentants sélectionnés sur appel à candidatures et nommés par le Cabinet des ministres. Le concours d’accès est organisé par une Commission formée par le Cabinet des ministres. Le collège des représentants se compose de 2 délégués pour l’Académie nationale des sciences d’Ukraine (NANU), 1 représentant par branche de NANU, 13 représentants élus en congrès parmi les responsables des établissements

d’enseignement supérieur (9 pour les établissements publics nationaux, 1 pour les établissements municipaux, 3 pour les établissements privés), 3 membres désignés par l’organe représentatif de l’Union ukrainienne des

employeurs, 2 choisis par le congrès des organisations étudiantes. La durée des mandats des membres de l’agence est de 3 ans.

Politique francophone

La langue française a un statut de langue étrangère, langue officielle de l’Union européenne. Son enseignement subit une baisse constante et lente depuis 1991 (division par 2 du nombre d’apprenants). Entre 2015 et 2018, ce chiffre a été stable autour de 275 000 élèves, avant de baisser de nouveau, ce qui est la conséquence directe de la réforme du système éducatif qui massifie l’enseignement de la LV1 en 1 année d’école primaire (+4% pour l’anglais, hausse du polonais également, baisse de l’allemand). 254 009 élèves scolarisés apprennent le français en

ère

(6)

2018-2019 (140 000 comme LV1, 100 000 comme LV2, 15 000 en bilingue ou français renforcé) soit 4,14% des apprenants de langue. C’est la 3 LVE derrière l’anglais à 69% et l’allemand à 18%, et la 4 LVE si l’on considère le russe en tant que LVE, apprise à l’école par 13,3% des apprenants de langue. 1,83% apprennent le polonais.

Dans l’enseignement supérieur, une vingtaine d’universités enseignent le ou en français à 8 000 étudiants dont 4 500 spécialistes encadrés par 300 professeurs (enquête du poste en 2016, 22 réponses sur 25 chaires). 4 universités proposent une filière francophone en informatique appliquée et tourisme à Kharkiv, génie civil et architecture à Dnipro, médecine à Dnipro et économie internationale à Ternopil.

L’enseignement aux spécialistes de français dans les universités

Aucune statistique ministérielle n’existe sur la question linguistique dans les universités en Ukraine. En 2012, le poste recensait 18 départements de français dont 11 formant des spécialistes de français, ce qui représentait 8 456 étudiants encadrés par 287 professeurs. En 2016, une enquête comptabilisait 19 départements spécialisés dans l’enseignement du français, 3 formations en français dans des disciplines non linguistiques (Université d’économie de Kharkiv, Académie d’architecture de Dnipropetrovsk, Université d’économie Vadym Hetman de Kiev), environ 8 000 étudiants apprenant le français, dont 4 500 spécialistes (enquête auprès de 25 chaires). Le poste maintient en 2020 un contact avec 51 universités avec enseignement du français, une trentaine formant des spécialistes de français, 4 proposant une formation en français.

Les départements de français en Ukraine ont une très longue tradition d’enseignement de la philologie et de la traductologie, favorisant la connaissance de la langue et de la culture françaises et les sciences du langage, et faisant peu de place à la didactique. Les débouchés professionnels ne sont pas quantifiés, mais globalement le métier de professeur attire peu en raison du faible salaire dans la fonction publique, et de l’intérêt des entreprises internationales et ukrainiennes pour des profils polyglottes. Les traducteurs et les interprètes sont également des métiers qui intéressent les entreprises. Cependant, le renouvellement du corps enseignant de français constitue une réelle problématique.

Depuis 2015, le British Council, en partenariat avec le ministère et 15 universités dispensant des formations en méthodologie de l’anglais, a mis en place un programme pour moderniser les départements de langue : passage de 150h à 660h de formation didactique sur 6 semestres, pratique pédagogique et observations de classe, formation entièrement en anglais. Deux départements de français ont expérimenté depuis la rentrée 2019 le même cursus méthodologique en l’adaptant au français. Le poste accompagne cette expérimentation pour tenter de mener à terme cette (r)évolution méthodologique tant attendue. Un important travail d’adaptation du matériel à

l’enseignement du français est en cours au printemps 2020.

ème ème

(7)

Agence Universitaire de la Francophonie (AUF)

Située dans une zone géopolitique sensible, au carrefour des cultures et des intérêts stratégiques, l’Ukraine est confrontée ces dernières années à des problématiques liées aux réformes des systèmes d'enseignement et à des réalités socio-économiques complexes : problématique migratoire de la population active, baisse démographique, systèmes politiques et économiques instables, conflits etc..

Une francophonie de choix reste assez présente, concentrée sur les grands centres universitaires. A noter un signal positif : le doublement du nombre d’universités ayant adhéré à l’AUF entre 2006 et 2012. On compte 2 centres de réussite universitaire en Ukraine et l’ouverture d’un prochain centre à l’Université Polytechnique de Lviv.

Les actions de l’AUF en Ukraine sont animées par l’antenne d’Europe centrale et orientale de Chisinau en Moldavie.

Parmi les projets phares menés conjointement avec le poste, citons :

- la création d’un colloque international francophone en Ukraine : manifestation annuelle, dont la 3 édition en 2019 a réuni 150 participants de 20 pays à Odessa

- l’organisation d’un séminaire universités/ entreprises en novembre 2019 à Kiev avec près de 60 participants

- la participation au Concours Gamow, dont la 2 édition aura lieu en juin 2020- permettant la valorisation de projets scientifiques en français sur le modèle de « ma thèse en 180secondes » MIT180.

<!-- [if gte mso 9]> <w:LsdException Locked="false" SemiHidden="true" UnhideWhenUsed="true" Name=

Paysage de l'enseignement supérieur

En 2019, l’Ukraine compte environ 1,27 millions d’étudiants dans des universités, dont plus d’un million suivent les cours en présentiel, les autres étant à distance. Près de la moitié des étudiants bénéficie d’une exonération des frais d’inscription sur « quota d’Etat ou places budgétaires ».

ème

ème

(8)

L’enseignement supérieur en Ukraine commence par la réussite de l’enseignement secondaire et le passage des tests d’évaluation externe pour l’admission dans les universités dont l’activité est coordonnée par le Ministère de l’éducation et de la science (MON). L’année universitaire se déroule du 1 septembre au mois de juin. La durée minimale de l’enseignement universitaire est de 4 ans au sein du programme de Licence qui débouche sur l’obtention du diplôme de Bakalavr.

Les établissements d’enseignement supérieur sont principalement situés dans les grands centres urbains du pays : Kiev, Kharkiv, Dnipro, Lviv, Odessa. Même s’il a déjà été envisagé de créer des regroupements régionaux, aucune mesure concrète n’a été mise en place en ce sens et cette idée ne semble pas représenter une priorité.

En 2019, le système d’enseignement supérieur ukrainien compte 281 établissements (ainsi que leurs filiales), dont 203 sont publics, financés et gérés par le Ministère de l’éducation et de la science. En 2013, le pays en comptait 823, fruit d’une multiplication exponentielle débutée dans les années 1990. Le MON a entrepris en 2016 une réduction sévère de ce nombre visant en particulier les établissements dont le niveau était insuffisant. La réglementation est devenue plus stricte et beaucoup de licences n’ont pas été renouvelées, ce qui explique la diminution drastique du nombre d’universités observée actuellement.

Par ailleurs, 11 universités dépendent du Ministère de la défense et 11 autres du Ministère des affaires intérieures.

On trouve aussi quelques établissements créés et financés par des autorités régionales.

Les établissements publics se répartissent en 4 niveaux d’accréditation. En effet, depuis la loi sur l’éducation de 1996, les établissements d'enseignement supérieur se distinguent de la manière suivante : niveau 1 et 2 pour les établissements d’enseignement supérieur technique (technikum, collèges, …) ; niveau 3 pour les instituts et niveau 4 pour les universités et académies.

Un Institut est un établissement d’enseignement supérieur spécialisé dans un seul domaine d’enseignement, relevant du IIIème ou IVème degré selon les standards d’Etat. Ce terme désigne aussi une institution scientifique qui fait des recherches dans un seul domaine. Une université est un établissement d’enseignement supérieur multidisciplinaire, où les enseignant en plus de l’activité pédagogique font des recherches scientifiques (IVème degré). Une Académie est un établissement d’enseignement supérieur qui prépare les spécialistes au moins dans 2 domaines et avec 2 conseils scientifiques (IVème degré).

e

(9)

Les établissements d’enseignement supérieur les plus reconnus

L’Ukraine compte plusieurs très bons établissements. Parmi les meilleurs et les plus influents, citons :

- l’Université nationale Taras Chevtchenko de Kiev

- l’Université nationale technique d'Ukraine « Institut polytechnique de Kiev » I. Sikorskyi

- l’Université nationale « Académie Mohyla de Kiev

- l’Université nationale de Lviv Ivan Franko

- l’Université nationale « Polytechnique de Lviv »

- l’Université nationale de Kharkiv V.N. Karazin

- l’Université nationale aéro-cosmique Mykola Joukovski – Kharkiv

- l’Académie d'Etat de génie civil et d'architecture de Prydnieprovya – Dnipro

Ce sont des établissements reconnus pour le travail scientifique de leurs professeurs et le niveau académique de leurs étudiants, ainsi que pour leurs échanges à l’international. Ils jouent par ailleurs un rôle important dans l’orientation des politiques publiques. Leurs recteurs sont influents, compte tenu du fait qu’ils occupent ces postes de décisionnaires depuis les années 1990 et même parfois avant. Dans la mesure où ces établissements étaient des lieux incontournables de la formation et de la recherche dans des domaines stratégiques à l’époque soviétique, les pôles universitaires étaient étroitement liés avec une activité de production, notamment dans le domaine de l’armement. Les recteurs sont des personnalités essentielles, tant à l’échelle régionale que nationale. A cet égard, l’Académie Mogyla se distingue de ce schéma historique par une orientation politique volontairement en rupture avec l’approche héritée de la période soviétique et davantage tournée vers le modèle anglo-saxon.

La conférence des recteurs des universités d’Ukraine

(10)

La conférence des recteurs des universités d’Ukraine est une association dont le but est de participer aux consultations dans l’élaboration des politiques publiques dans le domaine de l’enseignement supérieur. La

conférence expertise les projets législatifs remis au Parlement (30 projets en 2019), organise des conférences et des séminaires sur les problèmes de l’enseignement supérieur.

Liens universités et entreprises

Les liens entre les secteurs public et privé sont faibles à l’heure actuelle, mais en évolution dans le cadre des réformes en cours du système éducatif. Il n’existe pas d’enseignement professionnel structuré dans le secondaire (projet en cours pour 2022). Il n’existe pas non plus de cadre juridique spécifique comme en France pour

l’organisation des stages professionnels en entreprise. L’enseignement supérieur est essentiellement théorique et laisse peu de place à la pratique, les acteurs du monde de l’entreprise n’étant pas habilités à assurer des

enseignements. Il existe peu de filières professionnelles pratiques et les liens entre l’université et le monde de l’entreprise n’étaient pas encouragés jusqu’à récemment. Pour l’année budgétaire 2020, le ministère de l’éducation et de la science a gelé le budget des universités à hauteur de 20%, demandant aux universités de l’abonder en complément, pour les obliger à diversifier leurs sources de financement, à se rapprocher du secteur privé et à développer une offre payante.

Dans certaines universités publiques, et particulièrement dans celles qui proposent des enseignements techniques de pointe, on observe le développement de partenariats avec des entreprises notamment dans le domaine des sciences de l’ingénieur ou des technologies informatiques. Les entreprises mettent à disposition du matériel en exposition dans les parcs technologiques des établissements d’enseignement supérieur, comme IBM et Google à l’Université nationale de radio-électronique de Kharkiv. Les étudiants en ont l’usage pour leurs études ou pour des projets personnels. Dans d’autres cas, ce sont des partenariats qui contractualisent la formation de professionnels directement orientés vers les entreprises qui les financent, comme entre Samsung ou Boeing et l’Institut

polytechnique de Kiev. Les universités organisent des salons université/entreprises destinés à favoriser l’insertion professionnelle des diplômés.

Organisation des études et diplômes :

Avec l’adoption de la nouvelle loi sur l’enseignement supérieur en Ukraine, l’architecture de la diplomation s’articule désormais de la façon suivante : Bakalavr (4 ans), Magistr (6 ans), Doktor filosofii (9 ans), Doktor nauk (équivalent de l’Habilitation à diriger des recherches). La nomenclature Bakalavr / Magistratura / Doktor filosofii, correspond au système LMD (Licence, Master, Doctorat).

A noter toutefois que :

(11)

- la durée du premier cycle équivalent à la Licence est de 4 ans,

- Le grade de Specialist, scorie du système soviétique qui tend à disparaitre, était délivré après 5 ou 6 ans d’études selon le type d’institution jusqu’en 2018. Il permet l’employabilité ou la poursuite d’études en Master.

- Le Master est délivré après un ou deux ans d’études suivant l’obtention du précédent diplôme selon qu’il s’agit d’un Bakalavr (Licence) ou d’un diplôme de Spécialist .

- la suppression du grade de « candidat es sciences » (kandidat nauk), remplacé par un analogue ukrainien du PhD (doktor filosofii).

Depuis 2018, dans les plus grandes universités, un mécanisme de sélection s'est mis en place entre le niveau Bakalavr et Magistr. Il y a peu, la sélection n'intervenait en effet qu'à deux étapes, à l'entrée à l'Université et pour une admission éventuelle en doctorat. Cependant, il est peu réaliste pour la majorité des jeunes diplômés de se placer sur le marché du travail avec un diplôme de niveau Bakalavr.

(12)

Structure de l’enseignement supérieur de l’Ukraine :

Niveau

Diplôme, qualification

Portée du

programme (crédits National qualification

,

(13)

ou niveau d’éducation

ECTS* période d’étude

framework

Enseignement supérieur

Niveau initial (cycle court) de

l’enseignement supérieur

Bachelor junior

Programme éducatif et professionnel - 120- 150 crédits

6 niveau

Le premier niveau (Bachelor)

d’enseignement supérieur

Bakalavr

Programme éducatif et professionnel - 180- 240 crédits

7 niveau

Le deuxième niveau (Master) de l’enseignement supérieur

Magistr

Programme éducatif et professionnel - 90- 120 crédits

8 niveau Programme éducatif

et scientifique - 120 crédits (composante scientifique - pas moins de 30%) Magistr du

domaine médical,

pharmaceutique ou vétérinaire

Programme éducatif - 300-360 crédits

Le troisième niveau (éducatif et de recherche/éducatif et créatif) de l’enseignement supérieur

Doktor Filosofii

Préparation en aspirantura

(adjonction) - 4 ans, composante éducative du

programme éducatif et scientifique - 30-60

crédits 9 niveau

Doctor of Arts

Préparation en aspirante créative - 3 ans, composante éducative du

programme éducatif et créatif - 30-60 crédits

Niveau de recherche de l’enseignement supérieur

Doctor of Science Doktor Nauk

- 10 niveau

* - Système européen de transfert de crédit

Population étudiante :

,

(14)

En 2019, l’Ukraine compte une population étudiante d’environ 1 266 100 personnes dont 746 330 inscrits en Licence, 392 210 en Master et 23 974 doctorants. Les autres sont inscrits en établissements professionnels d’enseignement supérieur pour des formations pouvant s’apparenter au BTS. Plus d’un 1 045 043 d’étudiants suivent les cours en présentiel, les autres à distance.

Le nombre d’années consacrées par les plus de 15 ans aux études supérieures a triplé entre 1980 et 2020 (source Banque mondiale), mais les effectifs étudiants sont en baisse progressive depuis plusieurs années (de 10% entre 2015 et 2019). On estime à 76% le taux d’inscription des élèves du secondaire dans l’enseignement supérieur.

Accès à l’enseignement supérieur et examen national extérieur (ZNO)

La durée des études secondaires est maintenant de 12 ans. Pour obtenir le certificat attestant de la fin d’études secondaires, les lycéens doivent s’inscrire et passer les épreuves de l’examen d’entrée à l’université nommé

« Evaluation externe indépendante » (ZNO). Après cette évaluation, les lycéens obtiennent leur certificat de fin d’études secondaires complètes (« certificat » depuis 2019, anciennement « attestat »).

Ce sont les résultats du ZNO qui déterminent la possibilité d’accéder à l’enseignement supérieur avec un minimum requis de 125 points sur 200, selon les choix des étudiants et en fonction de leur classement. Les examens externes du ZNO se déroulent dans 3 disciplines obligatoires : l’ukrainien, les mathématiques et une discipline au choix. Le lycéen peut choisir de passer un examen complémentaire dans une 4 discipline pour mieux répondre aux exigences de l’université de son choix.

Droits d’inscription et bourses

Il n’y a pas d’harmonisation nationale des frais d’inscription dans les établissements d’enseignement supérieur publics et les droits d'inscription sont très variables d'un établissement à l'autre et d'une spécialisation à l'autre. Le coût de formation d’un étudiant pour l’Etat est d’environ 30 000 uah (et les frais d’inscription pratiqués varient de 13 000 uah (450 euros) pour une inscription dans une bonne université publique de région, par exemple Kharkiv, à 30 000 uah (1037 euros) au sein de l’Université Nationale Chevtchenko de Kiev, ou encore 71 000 uah (2456 euros)

ème

(15)

pour une inscription dans un cursus en anglais dans cette même université.

Exemple de frais d’inscription différenciés pour les étudiants internationaux pour une même spécialité :

- -13 000 uah pour un étudiant ukrainien à l’Université Polytechnique de Kharkiv

- - 43 800 uah (1500 euros environ) pour un étudiant étranger dans cette même université

Bourses et places budgétaires :

L’Etat prévoit chaque année un nombre de places dites « budgétaires » ou « quota d’Etat » pour que les meilleurs étudiants puissent suivre leur formation gratuitement dans les universités. Les dépenses pour la formation des étudiants sur ce quota sont évaluées à hauteur de 16 260 224 300 UAH en 2019. Le coût d’une place budgétaire pour l’Etat étant en moyenne de 30 000 UAH/an, cela représente environ 542 000 étudiants bénéficiaires de cette mesure pour l’année académique 2019/2020, soit près de la moitié de la population étudiante.

Coexistent ainsi en Ukraine 2 catégories d'étudiants, ceux qui sont admis sur ce quota de places prises en charge par l'Etat et ceux qui payent leur scolarité et rentrent « sur contrat ». Les Ukrainiens ont donc la possibilité de suivre des études supérieures gratuitement dans les établissements publics et régionaux en fonction de leur classement au concours d’entrée. Un étudiant qui ne répondrait pas aux exigences de niveau en cours d’année risque de perdre le bénéfice de la gratuité des études et passer sur un mode « contrat ». La répartition des places sur budget par discipline et par établissement est une prérogative du Ministère de l’éducation et de la science : elle constitue un levier politique essentiel compte tenu de son impact direct sur l’attractivité des établissements et sur leurs ressources financières.

Paysage de la recherche et de l'innovation

Les recherches en Ukraine se font dans les Académies des Sciences et dans les universités de lVème degré d’accréditation.

(16)

Les Académies des Sciences sont représentées par 5 académies sectorielles :

- l’Académie nationale des sciences agraires d'Ukraine

- l’Académie nationale des sciences juridiques d'Ukraine

- l’Académie nationale des arts d'Ukraine

- l’Académie nationale de médecine / des sciences médicales d'Ukraine

- l’Académie nationale des sciences pédagogiques d’Ukraine

- Et par l'Académie nationale des sciences d'Ukraine (NANU) qui est la plus haute institution scientifique du pays.

Elle organise et met en œuvre des recherches scientifiques fondamentales et appliquées

L’académie nationale des Sciences d’Ukraine (Natsionalna Akademya Nauki Ukraini -NANU)

L'Assemblée générale de l'Académie nationale des sciences d'Ukraine se compose de membres titulaires académiciens et de membres correspondants. Une fois tous les 5 ans l'Assemblée générale élit le présidium qui donne les orientations stratégiques de l’Académie. Le présidium actuel a été élu en avril 2015 et comprend 32 personnes, dont le président centenaire Paton, cinq vice-présidents, le secrétaire scientifique en chef, 14

académiciens-secrétaires de sections et 11 membres. Le renouvellement du présidium doit avoir lieu au printemps 2020 alors que Paton a annoncé son départ en avril 2020.

Les candidats au poste de président de l’Académie des sciences au printemps 2020 :

- Vladyslav Goncharuk: directeur de l'Institut de chimie colloïdale, présenté au concours par l'Institut de chimie colloïdale

- Bohdan Danylychyn : président du conseil d'administration de la Banque nationale d'Ukraine, qui s’est présenté au concours seul

- Anatolii Zahorodnii: directeur de l'institut de physique théorique M.M. Boholiubov de NANU, présenté au

(17)

concours par l'Institut de physique, l'Institut des mathématiques, l'Institut de métallo-physique, l'Institut de physique des semi-conducteurs et encore 8 autres instituts et 8 académiciens

- Serhii Komissarenko: directeur de l'Institut de biochimie O.V. Palladin, présenté au concours par l'Institut de biochimie et 11 académiciens. Il est actuellement chef de la commission COVID

- Volodymyr Semynojenko: chef du Centre scientifique du Nord-Est de l'Académie nationale des sciences d'Ukraine et du ministère de l'éducation et des sciences d'Ukraine, présenté au concours par l'Institut des monocristaux et 2 académiciens

Au 1er janvier 2019, l’Académie Nationale des Sciences d’Ukraine (NANU) employait 29 206 personnes, dont 15 310 chercheurs. Parmi eux, 2 367 docteurs d’Etat et 6 746 PhD. L'âge moyen des chercheurs est de 52,3 ans, de 65 ans pour les docteurs d’Etat et de 50,6 ans pour les PhD. Au 1er janvier 2019, NANU se composait de 189 académiciens, 386 membres-correspondants et 96 membres étrangers.

L'Académie nationale des sciences d'Ukraine comprend 3 sections (sciences physiques, techniques et mathématiques/ sciences chimiques et biologiques/ sciences sociales et humaines), qui regroupent 14

départements: mathématiques; informatique; mécanique; physique et astronomie; sciences de la Terre; problèmes physiques et techniques de la science des matériaux; problèmes physiques et techniques de l'énergie; physique nucléaire et énergie; chimie; biochimie, physiologie et biologie moléculaire; biologie générale; économie; histoire, philosophie et droit; littérature, langue et histoire de l'art.

La liste exhaustive des départements est la suivante :

- La section des sciences physiques, techniques et mathématiques se compose de 8 départements :

*de mathématiques (3 instituts et 1 centre scientifique)

*d'informatique (5 instituts, 3 centres scientifiques et 1 complexe d’études et de recherches)

*de mécanique (6 instituts)

*de physique et d'astronomie (14 instituts, 1 observatoire astronomique et 1 centre scientifique)

(18)

*des sciences de la terre (6 instituts, 1 observatoire gravimétrique, 1 filière et 5 institutions d’Etat)

*des problèmes physiques et techniques de science des matériaux (11 instituts, 1 filière, 1 centre scientifique)

*problèmes physico-techniques de l'énergie (9 instituts, 2 institutions d’Etat et 2 sections)

*de physique nucléaire et d'énergie (3 instituts, 1 centre scientifique, 1 institution d’Etat et 1 centre de recherches et d’études)

- La section des sciences chimiques et biologiques se compose de 3 départements :

*de chimie (11 instituts et 2 sections)

*de biochimie, physiologie et biologie moléculaire (7 instituts, 1 institution d’Etat et 2 sections)

*de biologie générale (6 instituts, 2 institutions d’Etat, 2 jardins botaniques, 2 musées d'histoire naturelle, 3 parcs dendrologiques, 4 espaces naturels protégés et 1 station hydrobiologique)

- La section des sciences sociales et humaines se compose de 3 départements :

*d’économie (4 instituts, 3 institutions d’Etat et 2 centres des recherches)

*d’histoire, de philosophie et de droit (10 instituts, 1 institution d’Etat, 1 section, 1 espace archéologique protégé et 1 centre de recherches et 2 bibliothèques nationales)

*des langues, des lettres et d’art (6 instituts, 1 institution d’Etat et 2 centres des recherches)

Un réseau d’organismes de recherche

Il existe un réseau d’organismes de recherche coordonné conjointement par NANU et le Ministère de l’éducation et de la science, organisés en 5 regroupements régionaux :

(19)

Les universités de recherche

La stratégie nationale du développement d’enseignement 2012-2021 déposée par le ministère de l’éducation et de la science, et votée par le Parlement concerne notamment le développement de la création des universités de recherche.

Actuellement et depuis 10 ans, il existe 14 universités de recherche : ce sont les meilleurs établissements nationaux où les études sont

étroitement liées à la recherche, qui développent activement des projets de coopération scientifiques avec des partenaires internationaux, et dont les professeurs font des recherches de haut niveau publiées dans des revues internationales. Pour obtenir ce statut d’Université de recherche, l’établissement prend part au concours organisé par l’agence de la qualité de l’enseignement supérieur (NAZIAVO : Natsionalni Agentsvo iz

zabezpetchenia Iakosti vichevo osvita,) qui évalue la candidature et la dépose auprès du Cabinet des ministres qui octroie ce statut pour 7 ans.

Liste des universités de recherche :

-l’Université nationale économique Vadim Hetmann / Київський національний економічний університет ім. В. П. Гетьмана -l’Université nationale Taras Chevtchenko de Kiev / Київський національний університет ім. Т. Г. Шевченка

-l’Université nationale de Lviv Ivan Franko / Львівський національний університет ім. І. Я. Франка

-l’Université nationale Yaroslav Le Sage « Académie de Droit d’Ukraine » / Національна юридична академія України ім. Ярослава Мудрого -l’Université nationale d’aviation / Національний авіаційний університет;

1. Le Centre scientifique de la région de Donetsk (Pokrovsk) délocalisé après les évènements de 2014.

2. Le Centre des sciences de l’Ouest de l’Ukraine (Lviv)

3. Le Centre scientifique du Sud de l’Ukraine (Odessa),

4. Le Centre scientifique du Nord-Est (Kharkiv),

5. Le Centre scientifique de Prydniproviia (Dnipro)

ainsi que le Centre d'évaluation des institutions scientifiques et de soutien scientifique au développement régional (Kiev). Les activités du Centre de recherche de Crimée et son financement ont été suspendus en 2014.

(20)

-l’Université nationale technique « Polytechnique de Dnipro » / Національний політехнічний університет України « Дніпровська політехніка »

-l’Université nationale de bioressources et d’usage des ressources naturelles d’Ukraine / Національний університет біоресурсів і природокористування України

-l’Université nationale « Académie Mohyla de Kiev » / Національний університет «Києво-Могилянська академія»

-l’Université nationale « Polytechnique de Lviv » / Національний університет «Львівська політехніка»

-l’Université nationale « Académie d’Ostrih » / Національний університет

«Острозька академія»

-Université nationale technique d'Ukraine « Institut polytechnique de Kiev

» I Sikorskyi / Національний технічний університет України

«Київський політехнічний інститут»;

-l’Université nationale technique « Institut polytechnique de Kharkiv » Національний технічний університет «Харківський політехнічний інститут»

-l’Université nationale de Kharkiv V.N. Karazin / Харківський національний університет ім. В. Н. Каразіна

-l’Université Nationale d’Est d’Ukraine V.Dal / Східноукраїнський національний університет ім. Володимира Даля. (délocalisée)

Les domaines d’excellence scientifique de l’Ukraine

La période soviétique a été un âge d’or pour le développement des recherches scientifiques dans des domaines stratégiques liés principalement aux techniques de défense et d’armement. Du fait des changements géopolitiques, l’Ukraine dispose sur son territoire d’universités et de centres scientifiques anciens et reconnus. Sa situation géographique donne accès tant aux ressources minières qu’à la mer Noire. Aussi 60% du potentiel scientifique de l'ex-URSS était concentré en Ukraine où le parti communiste avait développé tant des programmes de recherche fondamentale qu’appliquée dans des bureaux de conception se trouvant directement auprès des exploitations.

(21)

Le financement s’étant tari depuis la chute de l’URSS, la recherche s’appuie donc sur un excellent acquis historique, mais elle ne dispose pas de moyens nationaux nécessaires à son rayonnement. La communauté scientifique ukrainienne se mobilise notamment pour maintenir les moyens alloués à la recherche, mais sans succès dans un contexte où l’effort financier est concentré depuis 5 ans sur la mobilisation des ressources liées au conflit dans l’est de l’Ukraine. L’épidémie de COVID19, et ses répercussions économiques auront également un impact sur les financements octroyés à la recherche. Les coopérations internationales apparaissent donc non seulement comme une approche logique et nécessaire à toute recherche scientifique, mais également comme un enjeu de

conservation et de survie.

Les recherches les plus fructueuses sont menées dans les domaines de la physique, des techniques, des

mathématiques ainsi qu’en sciences naturelles et en informatique. Par exemple le système de reconnaissance des visages Viewdle utilisé par Google a été créé par des chercheurs ukrainiens.

Les recherches les plus actives se sont concentrées dans les 10 domaines suivants :

- Agriculture industrielle

- Ecologie et protection de l'environnement

- Énergie et efficacité énergétique

- Informatique

- Génie mécanique

- Equipement médical

- Carburants, technologies et ressources en combustible

- Technologies des matériaux structuraux et fonctionnels

- Technologie et équipement pour la détection, l'évaluation et l'extraction des minéraux

- Industrie alimentaire

(22)

Liens avec le monde de l’entreprise

En 2018, les instituts de l'Académie des sciences d’Ukraine ont conclu 90 accords de licence en Ukraine et à

l'étranger, ont reçu 580 brevets d’inventions. Dans le cadre de leur activité économique internationale, les instituts de l'Académie ont passé des contrats avec 160 entreprises ou centres de recherche de 30 pays et livré des produits, services scientifiques, et effectué des transferts des technologie pour environ 113,7 millions de grivnias.

Les résultats des recherches scientifiques de NANU ont été présenté lors de 10 grandes expositions, dont l'exposition internationale MEDICAEXPO, l'exposition pharmaceutique internationale PHARMAEXPO, l'exposition- présentation des réalisations scientifiques de NANU, l'exposition-présentation annuelle des produits industriels

"Made in Kiev", les expositions internationales spécialisées "LabComplEX. Analytique. Laboratoire. Biotechnologie ","

HI-TECH EXPO. High Technologies », « PHARMATechExpo », XXIII Salon International « Security 2018 », III Forum International « INNOVATION MARKET », l’exposition-présentation des développements scientifiques de NANU.

Fonds national de recherche scientifique

Les recherches sont financées sur les budgets du MON, de NANU et du Fonds national des recherches scientifiques.

La décision politique de la création du Fonds a été prise en 2015, et en 2019, le Fonds a obtenu son premier budget.

Structure du Fonds :

Сonseil de surveillance – 24 savants, élus par le Conseil d’identification qui se compose de 6 chercheurs étrangers + 3 chercheurs ukrainiens

Сonseil de surveillance vote pour les membres du conseil scientifique, pour le président du Fonds, pour les membres des 3 sections scientifiques

↓ ↓

Administration, directeur

(23)

Jurys de concours (sont formés à part pour chaque concours) exécutif (support technique

d'activité)

Experts externes (y compris étrangers)

Evaluation des projets

Incubateurs et parcs scientifiques

Dernièrement les universités ont commencé à ouvrir des parcs scientifiques sur leur territoire, ils sont pour l’instant 7 :

- Parc scientifique de l'Université Taras Shevchenko de Kiev

- Parc scientifique de l'Université nationale agraire de Mykolayiv "AGROPERSPECTIVE"

- Parc Scientifique "Pôle d'Innovation et d'Investissement de Ternopil"

- FED Science Park

- Parc scientifique ‘’Synergy’’

- Parc scientifique "Naukograd - Kharkiv"

(24)

- Parc scientifique de l'Université nationale des sciences de la vie et de l'environnement "Gestion durable de la nature et qualité de vie"

Il est pour l’instant difficile d’évaluer l’impact de ces parcs sur la dynamisation des recherches en Ukraine, mais ils représentent une tentative intéressante des universités de s’ouvrir davantage aux entreprises.

Protection de l’innovation

L’activité dans le domaine de la recherche dans le domaine de l’innovation est régulée par la loi de 2002 sur

« l'Activité innovante » et l’ordonnance du Cabinet des ministres sur « la stratégie du développement des domaines d’activités d'innovation de 2019 » qui porte jusqu'à 2030. Ces règles n’aident pas en revanche les chercheurs ukrainiens à protéger les droits d’auteur et les brevets au niveau international.

La coopération internationale Politique d'attractivité

- Pas d'information -

Partenariats étrangers

La coopération internationale universitaire en Ukraine est étroitement liée à l’application du processus de Bologne dans l’enseignement supérieur. La loi "sur l'éducation" a été élaborée en tenant compte des "recommandations du Parlement européen et du Conseil de l'Europe sur la formation des compétences clés de l'apprentissage tout au long de la vie".

L'Ukraine continue de participer aux programmes de l'Union européenne (UE) pour accroître la capacité et la mobilité académique d'Erasmus +. En 2015-2017, plus de 7 200 échanges académiques ont eu lieu, soit 43% de la « mobilité » de toute la région du Partenariat oriental. En 2018, l'Ukraine a reçu un guichet de financement distinct de l'UE.

ERASMUS :

Pendant la période 2014-2019, 1 901 propositions de projets pour la mobilité internationale des crédits (КА107) dans l'enseignement supérieur en coopération entre les universités d'Europe et d'Ukraine ont été soumises aux

(25)

agences nationales Erasmus + dans 34 pays du programme. 1 322 projets ont été recommandés pour le financement de la mobilité des étudiants et des échanges de personnel par 32 agences nationales Erasmus +.

Dans le cadre de cette action, les universités européennes ainsi que 192 établissements d'enseignement

supérieur ukrainiens et 20 autres organisations, comme des entreprises, ont organisé des flux de mobilité à court terme dans le cadre de 13 051 bourses pour le personnel et les étudiants sur la base d’accords interinstitutionnels.

En provenance d'Ukraine, 9 056 étudiants (licence, master, doctorat) et le personnel universitaire (enseignants et personnel administratif) visitent les universités en Europe et participent à diverses activités de mobilité

d'apprentissage, telles que les études, les stages, l'enseignement, la formation continue. En parallèle, 3 995 étudiants et membres du personnel européen ont reçu un financement pour visiter l'Ukraine pour une mobilité de court terme. Au total, 4 361 agents ukrainiens en Europe, 2 872 agents européens en Ukraine, 4 695 étudiants ukrainiens en Europe, 1 123 étudiants européens en Ukraine.

Les 3 principaux pays d'échange sont la Pologne, l'Allemagne et l'Espagne. Les établissements d'enseignement supérieur de l’Ukraine sont l’Université Taras Shevchenko de Kiev, l’Université Nationale Ivan Franco de Lviv, l’Université nationale technique de Kiev «Igor Sikorskyi Polytechnic Institute». Tous les étudiants et le personnel doivent retourner après leurs études travailler dans leur université d'origine et avoir une reconnaissance de leur activité de mobilité : les résultats d'apprentissage des étudiants doivent être reconnus pour recevoir le diplôme supérieur ukrainien et le personnel applique ses nouvelles compétences après un programme de formation certifié.

En 2014-2019 dans le cadre des programmes conjoints de master et de doctorat Erasmus Mundus pour les mobilités étudiantes individuelles, 246 Ukrainiens ont été inscrits dans les 232 Erasmus Mundus (EMJMD) (КА111) dans les universités européennes. Et 14 ukrainiens bénéficieront des programmes Erasmus +: Erasmus Mundus Joint Doctorate (EMJD).

Coopération scientifique internationale

La coopération internationale en sciences se réalise dans le cadre de 128 accords avec 50 pays du monde entier.

La science est représentée par l’Académie des sciences d’Ukraine (NANU) dans une quarantaine d'organisations internationales, notamment à l'Association internationale des académies des sciences (IAAS), au Comité international de recherches spatiales (COSPAR), à l'Union internationale des académies des sciences humaines (IUA), à la Fédération paneuropéenne des académies des sciences (ALLEA) et dans les activités des associations et centres scientifiques internationaux, à l'Institut international pour l'analyse des systèmes appliqués (IIASA), à l'Association scientifique européenne pour la recherche géophysique (EISCAT), au Conseil Européen pour la Recherche Nucléaire (CERN), à Joint Institute for Nuclear Research (JINR), à la Commission océanographique

(26)

intergouvernementale du Groupe stratégique de l'UNESCO pour le développement de la stratégie u programme MAB pour la prochaine décennie.

Les chercheurs de l'Académie nationale des sciences d'Ukraine participent à des programmes internationaux soutenus par des fondations et organisations étrangères et internationales telles que la Commission européenne, le STCU, l'OTAN, l'UNESCO, DFG, CRDF, etc. Environ 300 projets de recherche, de coordination et d'échanges scientifiques sont réalisées chaque année.

Conformément à l'accord d'association, les relations avec les centres de recherche de l'UE et les organisations de la Commission européenne sont prioritaires, notamment en ce qui concerne la participation aux programmes de recherche et d'innovation de l'UE "Horizon 2020" (plus de 30 projets), Euratom, collaboration avec le Centre commun de recherche de la Commission européenne (JRC).

Dans le cadre des programmes d'échange plus de 100 projets bilatéraux sont mis en œuvre chaque année avec : l'Académie autrichienne des sciences, l'Académie bulgare des sciences, l'Académie polonaise des sciences,

l'Académie des sciences de la République tchèque, l'Académie slovaque des sciences, l'Académie serbe des sciences, l'Académie hongroise des sciences, L'Académie monténégrine des sciences et des arts et le Conseil de la recherche scientifique et technique de Turquie.

La coopération scientifique et technique avec la Chine se développe activement en particulier la commercialisation des développements et technologies scientifiques et techniques créées par les chercheurs de l'Académie.

La mobilité étudiante La mobilité entrante

Le programme de bourses du gouvernement ukrainien « 100+100+100 » :

(27)

En mai 2011, le gouvernement ukrainien a lancé un programme de bourses à destination des étudiants de Master, des doctorants et des enseignants des Universités ukrainiennes. Ce programme dit « 100 + 100 +100 » envisageait l’octroi de 100 bourses de master, 100 bourses de doctorat, 100 bourses de mobilité de chercheurs. En 2012, la France est arrivée en tête des pays étrangers choisis par les étudiants boursiers de ce programme. Sur 300

boursiers, plus de 70 ont choisi la France, devant l’Angleterre, les Etats-Unis et le Canada. Le MON a lancé un nouvel appel à candidature en 2013 puis le programme a été gelé en 2014 et sa reprise n’est pas envisagée pour l’instant.

La question budgétaire est centrale, tout autant que la problématique migratoire.

Mobilité entrante

On observe la tendance des universités ukrainiennes à faciliter la venue des étudiants internationaux. Outre des mobilités entrantes historiques avec des pays de l’ex Union soviétique ou pays partenaires de l’époque (notamment d’Afrique), les établissements attirent de nouveaux étudiants pour maintenir leurs finances, tandis que les étudiants ukrainiens choisissent de plus en plus une mobilité d’études à l’international.

En 5 ans la mobilité entrante des étudiants internationaux en Ukraine a augmenté de 21%. 45% d’entre eux sont issus de pays d’ancienne union soviétique mais leur provenance est plus diversifiée que celle de la population étudiante entrante en Russie par exemple.

Selon CEDOS, un think-tank indépendant, sollicité par le ministère ukrainien pour les données de mobilité, 80 470 étudiants étrangers venant de 158 pays du monde font leurs études en Ukraine dont 29,9% d’Inde, 10,23% du Maroc, 6,80% d’Azerbaïdjan, 6,64% du Turkménistan, 5,44% du Nigéria, 4,68% de la Turquie, 4,38% de la Chine, 4,35% d’Égypte, 3,18% d’Israël, 2,52% d’Ouzbékistan, 28,88% d’autres pays. Ces étudiants choisissent pour la plupart les spécialisations médicales : sur les 10 établissements ukrainiens les plus populaires parmi les étudiants étrangers 8 sont des universités de médecine. Les trois premiers établissements d’accueil des étudiants internationaux sont l’Université de Médecine de Kharkiv, l’Université nationale Karazine de Kharkiv et l’Université Bogomolets de médecine de Kiev.

La plupart des formations s’effectuent en russe et en ukrainien, après une année préparatoire linguistique, mais il existe aussi des programmes en langues étrangères, tel que celui en anglais de l’Académie de médecine de Dnipro, suivis par de nombreux étudiants indiens chaque année. L’Académie a récemment ouvert un cursus de médecine en français.

(28)

L’Ukraine est en 3ème place des pays d’accueil des 51 164 étudiants marocains en mobilité à l’étranger derrière la France et l’Allemagne. Elle accueille 5,6 % de la mobilité marocaine principalement dans des filières en médecine.

Dans certains pays du Maghreb et d’Afrique sub-saharienne, il y a en effet une forte activité de promotion de la Russie et de l’Ukraine comme destination d’études, animée par des recruteurs qui présentent l’Ukraine comme une destination européenne facilement accessible administrativement et financièrement. Certains étudiants

francophones en Ukraine se renseignent ensuite sur les possibilités d’études en France.

La mobilité sortante

Mobilité sortante

Entre 2007 et 2017, l’Ukraine a vu, en effet, sa population étudiante chuter de 30%, pour des raisons

démographiques liées à la période d’incertitude entourant la fin de l’Union soviétique, mais aussi en raison d’une forte mobilité sortante. L’Ukraine est en effet le 3 pays en mobilité sortante dans l’espace de l’Europe

occidentale, centrale, orientale et balkanique, après la France et l’Allemagne. L’Ukraine se situe à la 11ème place des pays d’origine de la mobilité étudiante dans le monde avec 77 639 étudiant ukrainiens en séjour d’études à

l’étranger et une augmentation de la mobilité sortante de plus de 109% entre 2012 et 2017. Au total, ce nombre a plus que triplé au cours des neuf dernières années, passant de 24 104 (en 2008/2009) à 77 424 (en 2016/2017).

La Pologne, l'Allemagne, la Russie, le Canada, la République tchèque, l'Italie, les États-Unis, l'Espagne, l'Autriche, la France et la Slovaquie accueillent plus de 90% de tous les Ukrainiens qui étudient à l'étranger. La France se place en 10ème pays d’accueil des étudiants ukrainiens en 2016/2017 derrière la Pologne, la Russie, l’Allemagne. Les

augmentations les plus importantes sont enregistrées pour la Pologne, la Russie, la République tchèque, la Slovaquie, l'Autriche, l'Italie, l'Espagne, le Canada et la Bulgarie. Mais c’est en Pologne que l’augmentation est la plus spectaculaire à partir de 2014/2015 passant devant la Russie qui était traditionnellement le premier pays d’accueil, traduisant ainsi le désir d’Europe des jeunes Ukrainiens.

Allemagne :

De nombreux Ukrainiens étudient dans les universités allemandes, mais ils ne représentent que 3% de tous les étudiants étrangers en Allemagne. Les étudiants venant de Turquie ou de Chine y sont beaucoup plus largement représentés.

ème

(29)

Pologne :

En revanche, les étudiants ukrainiens sont essentiels pour la Pologne, où ils représentent 55% de tous les étudiants étrangers avec plus de 33 000 personnes. Dans la mesure où la plupart d'entre eux suivent des cursus payants et assurent leurs frais de vie, il s'agit d'un apport économique important pour la Pologne, qui compense le déclin démographique et le départ des jeunes Polonais vers des établissements d'enseignement supérieur dans d'autres pays de l'UE. Les institutions polonaises continueront de recruter activement en Ukraine : les établissements polonais sont en effet massivement représentés sur les salons étudiants et doublent cette opération séduction par une politique de bourses très actives. La plupart des étudiants ukrainiens y apprécient le coût de la vie abordable, une langue d’études plus accessible, et sont séduits par cet accès facilité à l’UE en situation de voisinage.

Slovaquie :

La situation est un peu similaire en Slovaquie, où les étudiants ukrainiens représentent plus de 30% des étudiants internationaux. Les études supérieures sont gratuites pour tous. Situation que l’on retrouve en Bulgarie où l'augmentation rapide du nombre d'Ukrainiens souligne également leur importance pour les universités bulgares.

En particulier dans les programmes de licence, où les Ukrainiens représentent près de 20% des étudiants

internationaux, alors que dans les autres pays les étudiants ukrainiens sont admis dans des formations de niveau Master.

Figure

Updating...

Sujets connexes :