Bilan de la santé des forêts
de Corse Année 2020
Résumé
L’année 2020 aura été favorable aux peuplements forestiers aussi bien sur le plan climatique, avec des bilans hydriques plutôt favorables et des problèmes sanitaires peu impactant. On note la fin de pullulation du Bombyx dans le Sartenais et la progression du front de Matsucoccus feytaudii vers le Sud de l’île.
Il faut noter le renforcement des missions des correspondants observateurs pour la surveillance des organismes réglementés (SORE).
Bilan météorologique par saison
Source : Meteo France
Hiver 2019-2020 Printemps 2020 Eté 2020 Automne-hiver 2020
Températures
une année plus chaude que la normale
Hiver très doux + 1.7°C au-dessus de la normale
Températures moyennes supérieures de 1 à 3 °C
+ 1°C par rapport à la normale
- 1.5°C en OCT +1.5 en NOV
Dans la norme en DEC
Pluviométrie 2020
Le cumul global des précipitations sur l’année 2020 est proche de la normale sur une grande partie de l’île. Un déficit touche cependant la Balagne, le Nebbio et une partie de la plaine
orientale. Des
sécheresses locales ont touché la Balagne, la côte ouest et l’extrême sud (jusqu’à 76 jours sans pluie entre mi-juin et fin août).
Le bilan pluviométrique est globalement déficitaire, d’environ 65% des hauteurs normales de saison. La dorsale montagneuse nord/sud est moins touchée que le littoral.
Les cumuls de
précipitations du
printemps sont
excédentaires pour l’ensemble de l’île sauf sur le secteur de la Balagne
Le mois de juillet a été sec sur l’ensemble de la région (70% des hauteurs normales). Ce déficit hydrique s’est poursuivi en Haute Corse en août contrairement à la Corse du Sud qui a bénéficié de fortes précipitations en fin de mois. En septembre, les pluies ont été abondantes sur la région. Des sécheresses locales avec phénomène d’asséchement des sols ont touché la Balagne, la côte ouest et l’extrême sud entre le 18 mai et fin juillet.
Si le début de l’automne (octobre et novembre) est déficitaire notamment sur la Haute Corse. Les forts cumuls excédentaires de décembre ont permis d’améliorer la situation.
La Balagne et une partie de l’Est de l’île restent déficitaires.
Etat sylvosanitaire des principales essences forestières
Essences Principaux problèmes récurrents
Pin Laricio Processionnaires du pin, Scolytes, Dégâts du vent, Armillaire sp, Pin maritime Matsuccocus feytaudi, Processionnaires du pin, Armillaire sp, Scolytes Hêtre Orchestre, sècheresse
Chêne vert Bombyx disparate, Chermès
Chêne liège Dépérissements sporadiques, Bombyx Disparate, attaques de platype, Charbon de la mère Chêne pubescent Altise, sècheresse
Châtaignier Dépérissements sporadiques, Sécheresse, Chancre, Cynips,
Eucalyptus Dépérissements sporadiques, âges des arbres, sécheresse, attaque de capricorne, Psylle de l’eucalyptus
Etat de santé : = bon = moyen = médiocre
Rapport à la moyenne annuelle du cumul de précipitations en %
Vent
L’épisode venteux du 12 au 14 décembre, avec des vents jusqu’à 140 km/h a touché 60 % de la Corse. Le 22 décembre, 205 km/h enregistré à Cagnano et 170 à Bastia. En février, sept tempêtes se sont succédées, avec des vents enregistrés à plus de 210 km/heure dans le Cap Corse
Dans la continuité de l’hiver, le début du printemps a été très venteux avec 4 tempêtes entre le 1er et 4 mars.
Des jours venteux mais
pas de vraie tempête. Fort coup d’ouest le 7 octobre.
Mois octobre plus venteux que la normale.
Mois novembre peu venteux
Impact forestier
L’année 2020 a été globalement chaude avec des températures moyennes supérieures à la normale de 1 à 3°C selon les saisons. Si le cumul global des précipitations a été proche de la normale et favorable à la végétation sur une grande partie de l’île, on note cependant comme le montre l’indicateur d’humidité des sols entre avril et septembre, des déficits hydriques localisés avec asséchement fort des sols sur la Balagne. Ce phénomène s’est manifesté, dès début août, par des dessèchements et rougissements de feuilles sur les chênes pubescents et essences du maquis de Balagne.
Suivi des principaux problèmes
2018 2019 2020
Toutes essences
Sécheresse/canicule
Gel
Incendie Légende
Vent/tempête
Feuillus
Défoliateurs précoces Problème absent
ou à un niveau faible Problème nettement présent,
impact modéré Problème très présent, impact
fort
Bombyx
Altise du chêne
Dépérissement chêne liège Cynips
Chancre du Châtaigner Platype
Résineux
Processionnaire du pin Cochenille du pin maritime Maladie des bandes rouges Armillaire
Sphaeropsis des pins Scolytes sp
Guy
Invasifs
Pyrale du buis
Capricorne asiatique Organisme non présent en
forêt depuis sa détection en 2013, pas de présence cette année dans les zones de foyer.
Xylella fastidiosa Les signalements fait en forêt ont fait l’objet de
prélèvements qui sont revenus négatifs.
Les faits marquants pour la région Corse en 2020
Bombyx Disparate :
La nette régression des surfaces défoliées, environ 3 000 ha contre 40 000 en 2019 semble annoncer la fin de la gradation débutée en 2016. Les foyers 2020 sont localisés entre Sartène et Tizzano. Début 2021, une campagne de comptage de ponte permettra d’estimer le risque de défoliation.
Défoliation en vallée de l’Ortolo aux abords du barrage (communes de Foce-Bilzese et de Sartène)
Calosome sycophante (Calosoma sycophanta L)
adulte, principal prédateur de Bombyx dispar Bombyx disparate (Lymantria dispar L), chenille au 5ème stade de son développement
Point sur le dépérissement des châtaigniers en Castagniccia
La région de la Castagniccia a été fortement impactée par l’arrivée du cynips mais les Châtaigneraies présentes dans cette région montrent aussi des dépérissements importants et ce malgré des conditions stationnelles très favorables. La recherche de l’encre du châtaignier, Phytophthora sp, n’a pas permis de confirmer sa présence. Le dépérissement observé semble être est lié à la pression du chancre, Cryphonectria parasitica, du cynips et des sécheresses répétées de ces dernières décennies.
Descente de cime Chancre du châtaignier virulent
Fructifications en forêt :
L’année 2020 est marquée par une bonne fructification des chênes et des hêtres. Les glands se sont révélés abondant aussi bien en yeuseraie qu’en suberaie.
Prolifération localisée de Cigale :
Phénomène anecdotique mais marquant par son intensité relevé en début d’été sur l’extrême sud notamment aux abords du site des Trepaduli sur la commune de Bonifacio.
Cigale Cicada orni
Suivis spécifiques 2020
Les défoliateurs précoces, (Quadrat, protocole Bombyx)
les comptages sur le haut de la vallée de l’Ortolo ont confirmé la faible densité de ponte ainsi que le risque limité d’attaque. Mise à part les défoliations liées au Bombyx sur Sartène, le suivi des quadrats n’a pas relevé d’autre attaque de défoliateurs précoces sur l’île.La processionnaire du Pin :
Nouveau protocole mis en place cette année qui ne permet pas d’établir de comparaisons par rapport aux années précédentes. On note une activité en légère augmentation.
Au niveau des quadrats 16 km x 16 km : pas de défoliations significatives sauf dans le secteur du Niolo.
Limite altitudinale pour la Corse est vers 1 600 m dans le secteur de Capanelle à Ghisoni.
Suivi de placettes chêne liège :
Les deux dernières années 2019 et 2020 ont eu une pluviométrie relativement conséquente et ainsi stabilisé l’état sanitaire sur les meilleures stations. En revanche, sur la station défavorable de Ventiseri, les déficits foliaires sont constants. On note sur l’extrême sud, une bonne refeuillaison des arbres attaqués par le Bombyx en 2019.Point de vigilance : on observe, sur les placettes du réseau où le liège est exploité, des attaques de Platype qui peuvent conduire à des mortalités.
La maladie des bandes rouges :
Les deux foyers recensés sont toujours actifs (Aitone et Palneca). Le foyer du massif de Saint Antoine s’est considérablement étendu à tous les peuplements de Pin laricio du Haut Taravo.
La cochenille du pin maritime
:Les placettes (2A-2B) : la campagne de mesure réalisée en février 2020 sur les placettes permanentes de première génération en Haute Corse montre une faible augmentation de la mortalité sur l’ensemble du dispositif comme en 2019.
Sur les placettes de deuxième génération (Verghello, Ghisoni et Pinia), l’évolution des symptômes se confirme.
Le piégeage (2A-2B) :
Le suivi de l’extension du foyer, à l’aide de piège à phéromone, s’est poursuivi en 2020 avec le suivi de 27 pièges par le CO.
Les résultats 2020 confirment que le front a basculé totalement en Corse du Sud. L’insecte est présent sur l’ensemble du département de Haute-Corse. Au sud, les massifs de l’Ospedale, Bavella (secteur Zonza), Valle-Male demeurent indemnes. On note cependant la capture d’un insecte dans l’extrême sud dans la zone de Borivoli (massif de Cagna).
Piège à glu avec capsule de phéromone pour la capture de mâle ailés de Matsucoccus feytaudi
Pin maritime avec coulures de résine provoquées par des Pirales
Source INRAe 2020
La surveillance des organises invasifs et émergents en 2020
Cette année, le dispositif national a été modifié et rassemblé dans une surveillance globale appelée SORE.
Pour la filière forêt, le DSF recherche les organismes qui présentent le plus grand risque au niveau européen pas encore présents en France. Par ailleurs, la progression d’organismes récemment introduits est aussi suivie.
Bursaphelencus xylophilus Le Nématode du pin :
Prélèvements de copeaux sur deux sites secteur de Castelluccio à Ajaccio (en collaboration avec FREDON Corse). Pour la Haute Corse, deux prélèvements de copeaux sur bois sur pieds en zone forestière ont été réalisés sur les communes de Ghisonaccia et Aghione. Ces prélèvements sont revenus négatifs.
Les piégeages Monochamus : de la mi-juin à la mi-août, 2 pièges ont été installés : un en Corse du Sud, sur Ajaccio puis Porto-Vecchio et un en Haute Corse sur la zone Bastiaise. Les déplacements se sont succédés après une période de piégeage de 10 jours qui ont permis d’expédier au laboratoire de référence les Monochamus galloprovincialis capturés dont aucun s’est révélé porteur de Nématode. Les fonds de piège sont adressés au laboratoire d’entomologie forestière de l’ONF à Quillan (11) qui se charge de déterminer les espèces présentes. En 2019, parmi les espèces des plus remarquables figuraient 3 individus de Arhopalus syriacus capturés à Ajaccio (méditerranéenne rare) et 1 Elathous perrisi sur Porto-Vecchio (endémique corso-sarde très rare).
Piège Fond de piège avec bon nombre de Monochamus
Agrilus anxius sur bouleau :
Non observé
Agrilus planipenis sur frène :
Non observé
Dendrolinus sibericus sur pin :
Pas d’observation sur les placettes résineuses du RSSDF
Fusarium circinatum :
Non observé
Spaerulina mussiva :
Non observé
Phytophthora ramorum :
Non observé
Ceratocystis fagacearum :
Non observé
Pour plus d’information consulter le portail INRAE : http://ephytia.inra.fr
Suivi des organismes déjà présents :
La Pyrale du buis
: signalée dans les espaces verts et jardins depuis quelques années, la pyrale du buis a fait son apparition dans les milieux forestiers Corse depuis 2018. Des défoliations sont observées, entre autre, en Castagniccia, dans la région du Giussani, dans la vallée de la Gravona et sur la commune d’Ota. Utilisé par le passé principalement en vannerie, le buis n’est pas considéré comme une essence de production forestière. On le retrouve cependant souvent en sous étage dans les vallons et milieux frais de l’île où il contribue à l’ambiance forestière et au maintien des sols.Xylosandrus compactus :
pièges multifunnels protocole Samfix : un résultat important est la présence désormais certaine de Xylosandrus compactus en Corse, avec la capture de 3 spécimens à Coti- Chjiavari sur la côte Ouest, mais aussi le signalement récent de dégâts dus à cette espèce près de Porto- Vecchio sur la côte Est.Noms et coordonnées des CO de la région :
Service Nom Mail Téléphone Mobile
Haute-Corse
DDTM Cazaux Damien [email protected] 04 95 32 97 94 06 80 51 90 54 ONF Lecoq Jacques [email protected]
DDCSPP Tastevin Luc [email protected] 04 95 58 51 37
Corse-du-Sud DDTM Audibert Marc [email protected] 04 95 29 09 24 06 32 64 36 90 ONF Banchi Marco [email protected] 04 95 52 98 64 06 29 81 16 83 CNPF Cerati Orso [email protected]