CHAPITRE 5 STRATEGIES DES BANQUES ET BANCARISATION DES TERRITOIRES
Ce chapitre est consacré à l’analyse des stratégies de différenciation organisationnelle, commerciale et géographique des réseaux bancaires. Il s’intéresse essentiellement à la question des relations entre stratégies de localisation, types d’espaces et position de ces espaces dans la hiérarchie urbaine. L’intérêt est de savoir s’il existe un « modèle » majoritaire d’implantation ou bien si chaque établissement bancaire possède sa propre stratégie d’implantation selon son positionnement sur le marché. En effet, la géographie du réseau reflète plus ou moins directement le choix de la clientèle qu’il tente de capter, et porte aussi les traces des stratégies développées par le passé, ainsi que celles des processus de fusion avec d’autres réseaux.
Par rapport à ce questionnement, La Banque Postale est probablement l’enseigne qui manifeste la plus forte originalité.
Son réseau, outre l’importance du nombre de ses bureaux et de son maillage territorial, se caractérise par sa très forte présence dans les zones rurales où sa part (hors agences partenariales) représente 78% des agences bancaires. Seuls les réseaux du Groupe Crédit agricole et des Caisses d’épargne y sont aussi significativement présents, mais à bonne distance (respectivement 12% et 6%). Ces trois réseaux sont aussi les plus présents dans les très petites (- 5 000 habitants) et les petites villes (5 000 à 10 000 habitants) où leur poids respectif tend à s’équilibrer, surtout dans la tranche des très petites villes pour les Caisses d’épargne (19%) dans celle des petites villes pour le Crédit agricole (23%). Deux réseaux ciblent aussi cette tranche. Les agences de la Société générale y pèsent pour 17%, devançant celles des Caisses d’épargne (13%) et des autres réseaux (BNP Paribas, Crédit mutuel et du Groupe Banque populaire).
La tranche des petites villes moyennes (10 000 à 20 000 habitants) est celle où la présence de chacun des réseaux est la plus équilibrée (sauf le Groupe Banque populaire). Il s’agit d’un bonne cible pour implanter une agence, puisqu’on y trouve un vrai potentiel local, du fait du nombre d’habitants, et un potentiel attractif, lié au statut de ville centre de niveau intermédiaire dans l’armature urbaine. Les services, les équipements commerciaux ou culturels, les emplois drainent la population des villages d’une aire d’influence de l’ordre d’une dizaine de kilomètres.
Toutes ces localisations d’agences souffrent, comme l’a montré le chapitre précédent, d’une certaine instabilité. Une partie d’entre elles est héritée. Elles témoignent d’un état du réseau urbain quasiment « pré-industriel », dans lequel les niveaux les moins élevés de la hiérarchie urbaine offraient des services à des villages proches encore relativement peuplés. Désormais, avec la mutation des campagnes, leur dynamisme social et économique, qui conditionne le maintien ou la fermeture des agences par les banques, tend à glisser vers le niveau supérieur de la hiérarchie urbaine.
Toutefois, ce processus est fonction de la position par rapport aux phénomènes de péri-métropolisation d’abord (la position par rapport à Paris) et de périurbanisation ensuite (la position par rapport aux systèmes urbains des tranches supérieures des départements de la grande couronne parisienne et picards).
Tableau 44 Localisation des agences des banques selon la taille des communes d’Ile-de-France et de Picardie en 2006
% UU de
Paris Rural -5 000 5 000 à 9 999
10 000 à 19 999
20 000 à 49 999
50 000 à 99 999
100 000 à
199 999 Ensemble
LBP 17 78 37 24 20 25 23 20 23 1 563
Crédit agricole 19 12 24 23 23 21 22 27 19 1 266
Société générale 15 1 8 17 14 11 12 12 13 886
BNP Paribas 13 1 4 8 12 8 7 7 11 716
Caisse d’épargne 10 6 19 13 11 14 15 13 11 699
Groupe Crédit mutuel 9 1 4 8 13 12 13 13 8 551
Banque populaire 10 1 3 7 5 6 5 6 8 539
HSBC 4 2 1 2 1 3 215
Fortis 1 1 1 1 65
Caixa Geral de D 1 39
Barclays 1 28
Autres (<10 agences) 1 1 68
Sources : Agences Base C.R.E.T.E.I.L., Population Insee. Exploitation, Marcel Rousset-Deschamps.
Aux niveaux supérieurs de la hiérarchie, ce sont encore La Banque Postale et le groupe Crédit agricole qui sont les mieux placés. La première est très présente dans les tranches des villes « moyennes-moyennes » et des grandes villes moyennes, le second l’est plus au niveau supérieur de la hiérarchie urbaine et dans l’unité urbaine de Paris. Toutefois, les écarts avec les autres réseaux s’amenuisent. Hors de l’unité urbaine de Paris, trois réseaux – Société générale, Caisses d’épargne et Crédit-mutuel-CIC – sont bien implantés, alors que BNP Paribas et le Groupe Banque populaire sont à la traîne. La BNP Paribas se rattrape dans l’unité urbaine de Paris où elle est proche du niveau de la Société générale et devance les autres réseaux.
La connaissance de l’implantation des agences par géotype d’Iris permet d’affiner la connaissance des stratégies en comparant la structure sociogéographique de chaque banque à la structure moyenne. Combinée avec le tableau précédent elle informe sur les stratégies commerciales et géographiques d’implantation. Quatre types apparaissent.
Tableau 45 Proportion d’agences selon les géotypes d’Ile-de-France et de Picardie en 2006 (%)
Types d'iris PIC-RIF LBP CA SG BNPP CE BP CM HSBC FORT CGD BAR CMP BPI AUT Total A1 Urbains centraux, CSP+, âgés 4,5 12,0 15,3 14,1 7,2 12,2 12,2 27,0 13,8 12,8 57,1 27,8 15,4 35,3 11,4 A3 Urbains denses, ptts logts, actifs 6,1 12,2 14,7 15,9 9,4 13,9 16,9 25,6 15,4 7,7 25,0 38,9 23,1 33,8 12,5 A4 Péricentraux CS+/ PINT, jeunes 1,9 2,8 4,4 3,1 4,0 5,2 7,6 7,9 4,6 2,6 3,6 5,6 7,7 4,4 3,8 A5 Péricentraux CS mixtes+, familles 5,9 11,9 13,7 12,4 10,0 15,0 16,0 10,2 23,1 23,1 3,6 - 15,4 11,8 11,3 B1 Moyenne banlieue mixte, actifs 16,1 21,9 20,5 23,0 22,3 24,7 21,6 16,7 30,8 25,6 - 27,8 - 2,9 20,3 B2 Suburbain C PINT, actifs adultes 13,5 12,2 7,7 6,0 16,3 5,0 7,3 0,5 - 5,1 - - 7,7 - 9,9
B3 Suburbain C-, âgés, Retraités 2,0 2,7 1,7 2,5 2,0 2,8 3,4 0,9 - 2,6 - - - - 2,2
C1 Banlieues ouvrières modestes 9,0 6,4 7,0 8,1 9,0 7,4 4,5 4,2 4,6 15,4 - - 30,8 5,9 7,4 D1 Périurbain résidentiel riche, C+ 13,8 3,8 3,5 4,1 3,9 3,7 1,3 1,9 1,5 2,6 - - - - 5,7 D2 Périurbain rural ouv/emp, familles 13,8 3,9 2,1 1,0 3,7 1,7 1,3 0,9 - - - - 5,0
E1 Rural mixte, revenus modestes 4,6 0,8 - - 0,7 - - - - - - - 1,3
E2 Rural âgé 0,4 0,2 - 0,1 0,4 0,2 - - - - - - 0,2
Z Iris atypiques 1,3 0,6 1,1 0,4 1,0 1,9 1,8 2,3 - - 3,6 - - 4,4 1,2
Agences non géocodés iris 7,0 8,6 8,2 9,2 10,0 6,3 6,2 1,9 6,2 2,6 7,1 - - 1,5 7,6
Total 1551 1266 886 716 699 539 551 215 65 39 28 18 13 68 6654
Sources : Agences Base C.R.E.T.E.I.L., Population Insee RGP 1999. Géotypage par Géocible. Exploitation, M. Rousset-Deschamps.
Le type des « généralistes ruralo-urbains » regroupe LBP, le CA et à une échelle moindre GCE. Sur l’ensemble des deux régions, le réseau de La Banque Postale se caractérise par sa sous-représentation dans les quartiers centraux, péricentraux et de moyenne banlieue et sa forte surreprésentation dans les espaces suburbains, y compris dans les quartiers ouvriers, dans les différents types d’espaces périurbains ainsi que dans les communes rurales. Le Groupe Crédit agricole est proche du profil moyen dans les quartiers centraux, péricentraux et de moyenne banlieue. Il est sous- représenté, faiblement dans les quartiers ouvriers et plus fortement dans les espaces périurbains et même dans les communes rurales. Enfin, le réseau du Groupe Caisse d’épargne, s’il apparaît plus urbain central que celui de LBP y reste sous représenté car il est surtout bien implanté dans les quartiers de moyenne banlieue et plus encore dans les espaces suburbains, y compris dans les quartiers ouvriers. Par contre, il l’est beaucoup moins dans les espaces périurbains et ruraux.
La catégorie des « généralistes urbains » correspond aux stratégies de la SG et de BNP Paribas. Ils sont particulièrement présents dans les quartiers centraux et péricentraux ainsi que dans ceux de la moyenne banlieue, et relativement peu ailleurs, sauf dans les banlieues ouvrières pour BNP Paribas.
Celle des réseaux « urbains intermédiaires dynamiques » n’est pas très éloignée de la précédente, mais les réseaux du Crédit Mutuel-CIC et du Groupe BP ont une taille plus faible, handicap qu’ils tentent de combler par une politique d’ouverture dont le dynamisme est sans égal.
Dans la catégorie des « spécialisés parisiens » il y les réseaux des banques étrangères HSBC, Fortis, Barclays, etc.
L’analyse est conduite selon une grille identique. Dans un premier temps, le dispositif spatial des agences est rapproché d’indicateurs démographiques et de types de structure urbaine. Puis, l’évolution du réseau est mise en rapport avec la stratégie générale de l’enseigne dans la banque de détail. Elle se termine par un zoom sur l’Ile-de-France.
SECTION I. LES GENERALISTES RURALO-URBAINS
Parmi les trois enseignes de ce type, seules La Banque Postale et le Groupe Crédit agricole sont ici analysés. Les deux banques ont en commun d’avoir un nombre d’agences assez similaire et d’être présentes dans les zones urbaines comme dans les zones rurales. Par contre, elles différent quant à leur histoire et leur organisation.
I.1 La très importante couverture territoriale de la Banque Postale en fait une entreprise en réseau géographique Sous beaucoup d’aspects la LBP présente une extrême originalité par rapport aux autres banques. Le premier concerne sa position au sein d’un groupe dont le métier principal est la distribution de courrier et de colis. D’où, la nécessité de définir ses relations avec les moyens humains et immobiliers des autres métiers en passant des conventions1. L’une précise les modalités de recours au personnel de La Poste par LBP. La Poste a une obligation de moyens et doit mettre en œuvre les politiques et les effectifs définis par LBP en terme de volume et de qualifications. Par ailleurs, La Poste pour le service de guichet agit comme prestataire pour le compte de LBP. Des conventions définissent les prestations à réaliser, leur tarif unitaire par rapport aux coûts en personnel et en immobilier, ainsi que leurs modes de réalisation avec la fixation de critères qualitatifs et quantitatifs de service.
Une autre originalité du réseau de La Poste provient de sa densité et de la diversité des formats de ses points de contacts. Son rapport au territoire n’est pas, contrairement aux autres banques, totalement libre. Il est régi par la notion de service universel qui garantit à tous les utilisateurs une gamme de services quelle que soit sa position géographique.
Les textes législatifs et réglementaires précisent les normes de distance2.
Dans la zone en étude, fin 2006, parmi les 1 563 points gérés en propre, 1 124 sont des bureaux centres assurant l’ensemble des prestations de La Poste et de LBP et 439, des bureaux de poste, guichets de proximité dépendant d’un bureau centre et offrant une gamme plus ou moins complète de prestations, y compris celles de conseil financier.
Les deux autres modalités d’accès sont des partenariats qui ne sont pas gérés en propre par La Poste. Ce mode de présence postale est beaucoup moins onéreux, mais il provoque un appauvrissement du niveau de service.
Il propose une offre limitée aux opérations les plus courantes. Leur nombre est nettement plus élevé en Picardie – 182, ce qui représente 10,5% des points de contact – qu’en Ile-de-France – 89, soit 7,7%. Les Agences postales communales (APC) reposent sur un contrat passé entre La Poste et une mairie ou un syndicat intercommunal. Elles proposent une sélection d’opérations financières de dépannage3. Les retraits et dépôts d’espèces sont plafonnés à 300 € par semaine et par compte. Le dépôt de chèques est possible, comme l’est l’émission et la réception de mandat (300 €). Par contre, la fourniture de produits financiers, tels que des actions, l'ouverture de compte et l’établissement de chèque n'y sont pas possibles.
La formule des Relais Poste Commerçant (RPC) est plus originale. Elle reflète l’évolution de la politique de maillage de La Poste, surtout en milieu rural, pour maintenir un service universel de proximité. Ce type de point de contact est régi par une convention entre La Poste, qui donne mandat à un commerçant ou artisan pour effectuer en son nom et pour
1 Ce point a fait l’objet d’intenses négociations avec les autres banques. La Fédération bancaire française réclamait notamment « la mise en place d’une comptabilité analytique séparant les différents coûts et revenus, un système transparent de facturation des prestations entre entités, ainsi que l’intervention d’un organisme indépendant pour vérifier les comptes. » La Tribune, 11/3/05.
2 Le décret du 5 janvier 2007 relatif au service universel postal et aux droits et obligations de La Poste stipule que 99% de la population nationale et 95% de la population de chaque département doit disposer d’un accès à un point de contact de La Poste à moins de 10 km et que toutes les communes de plus de 10 000 habitants doivent avoir un point de contact par tranche de 20 000 habitants.
3 Une convention type a été mise au point entre La Poste et l’Association des maires de France (AMF) qui fixe le cadre juridique permettant d’associer les communes et les intercommunalités à la mission de service public de présence postale territoriale. En contrepartie des moyens engagés pour assurer une ouverture de 40 à 60h/mois, elles reçoivent une indemnité versée par La Poste.
son compte des prestations postales et financières de base, en échange desquelles il perçoit une rémunération1. Leur activité financière est très réduite. Elle est cantonnée aux retraits et dépôts d’espèces plafonnés à 150 € par semaine et par compte. Cette formule est plus fréquente en Picardie qu’en Ile-de-France alors que celle de l’APC est plus équilibrée.
Tableau 46 Nombre d’agences de La Banque Postale en Ile-de-France et Picardie fin 2006 Ile-de-
France Picardie Ensemble
Nombre % Nombre % Nombre %
La Banque Postale (Bureaux) 1 093 92,5 470 83,5 1 563 89,6
Bureau centre 820 69,4 304 54,0 1 124 64,4
Bureau de poste 273 23,1 166 29,5 439 25,2
dont résultant d’un reclassement d’AP en bureau 1 0,08 - - 1 0,1
La Banque Postale (Partenaires) 89 7,5 93 16,5 182 10,4
AP-Agence postale 6 0,5 5 0,9 10 0,6
APC-Agence postale communal 72 6,1 49 8,7 121 6,9
dont ouverture nette 1 0,08 - 0,0
dont résultant d’un déclassement de bureau 8 0,7 18 3,2 26 1,5
RPC-Relais poste commerçant 21 1,8 39 6,9 60 3,4
dont ouverture nette 11 0,9 1 0,2 12 0,7
dont résultant d’un déclassement de bureau 3 0,3 17 3,0 20 1,1
La Banque Postale (Bureaux et partenariats) 1 182 100 563 100 1 745 100 Nombre d’habitants par Bureau 10 551 ns 4 012 ns ns Nombre d’habitants par Point de contact 9 689 ns 3 349 ns ns Source : Base labo C.R.E.T.E.I.L.-UP12, 31/12/2006, d’après le fichier de La Poste. Exploitation M. Rousset-Deschamps
Ces points de contact sont organisés hiérarchiquement au sein d’un périmètre géographique. Le Bureau Centre est la tête de réseau auxquels se rattachent un nombre plus ou moins grand de bureaux de poste, d’Agences Postales Communales et des Relais point commerçant. Le chef d’établissement du Bureau Centre a sous sa responsabilité l’ensemble des points de contact de son périmètre.
Cette structure rappelle celle du Groupe d’agences des autres banques. Toutefois la taille de l’aire d’influence et le nombre de points de contact piloté par le Bureau centre sont beaucoup plus faibles, puisque dans la zone d’étude, un bureau centre pilote 0,39 bureau de poste et 0,16 agence partenariale. En Ile-de-France, la hiérarchie est plus faible, avec respectivement 0,33 et 0,10, qu’en Picardie, où elle est de 0,54 et 0,30.
Par ailleurs, l’organisation de la production reste assez artisanale. Si les APC disposent d’un poste informatique qui leur permet de gérer en continu les flux, le Relais Poste Commerçant n’en possède pas, la comptabilité financière s’effectue sous format papier à la main. Le responsable du bureau centre passe chaque semaine pour procéder à la mise à jour de la comptabilité. Il est vrai que le nombre de visites par semaine dans ces agences partenariales est de l’ordre de 30 à 40 en moyenne.
Au total, l’importance du maillage place La Banque Postale en position remarquable. Le nombre d’habitants par bureau, déjà deux fois plus faible en Picardie (4 042) qu’en Ile-de-France (10 479), l’est encore plus, respectivement 3 374 et 9 690, quand la référence devient le nombre de points de contact.
En Picardie le ratio d’équipement des bureaux dans l’Oise (4 486 hab./bureau) provient du caractère plus urbain du sud du département que dans la Somme (3 927 hab./bureau) et surtout dans l’Aisne (3 633 hab./bureau). La prise en compte de l’ensemble des points de contact modifie la hiérarchie. L’Oise a plus d’habitants par point de contact que la Somme et surtout l’Aisne, nettement plus rurale.
1 La convention a été vue par l’Assemblée des Chambres françaises de Commerce et d’Industrie, l’Assemblée permanente des Chambres de métiers et la Confédération des débitants de tabac. La rémunération est au forfait et au commissionnement sur les ventes de courrier et de colis ainsi que sur les retraits de dépannage pour les services financiers.
Tableau 47 Répartition des types de Points de contact de La Banque Postale par département de Picardie en 2006
La Banque Postale Oct 2008 Bureaux Partenaires Ensemble Hab./ag 2006
Nombre % Nombre % Nombre % Bureaux PDC
Aisne 147 81,0 34 19,0 181 100 3 646 2 961
Oise 174 82,5 37 17,5 211 100 4 540 3 744
Somme 149 87,1 22 12,9 171 100 3 755 3 272
Picardie 470 83,5 93 16,5 563 100 4 012 3 349
Source : Base labo C.R.E.T.E.I.L.-UP12, 31/12/2006, d’après le fichier de La Poste. Exploitation M. Rousset-Deschamps
La géographie communale des bureaux est très originale. Toutes les échelles de la hiérarchie communale sont couvertes par le réseau. La Banque Postale est présente au niveau supérieur du réseau urbain à Amiens et dans les villes moyennes de Beauvais, Compiègne, Laon, Soissons, St-Quentin. Le maillage est très dense dans les zones industrialo-rurales du Nord de l’Aisne (Vermandois et Thiérache), de la Somme (Picardie maritime et Santerre), ainsi que du sud de l’Oise (Pays de Thelle, Vallées du Thérain et de l’Oise) où s’ajoute l’effet périmétropolitain à Creil, Chantilly et Senlis.
Carte1 25
Enfin, La Banque Postale est présente dans les zones rurales de chacun des départements non seulement dans la plupart des petits bourgs ruraux qui forment le niveau de base de l’armature urbaine, mais aussi dans des villages ayant très peu d’habitants. C’est ce qui explique, par exemple, que dans l’Aisne, le taux de bancarisation soit très élevé (3 633 hab./bureau et 2 950 hab./point de contact).
1 Dans le texte il peut y avoir des différences entre le nombre d’agences des tableaux et la représentation cartographique, car certaines agences n’ont pas pu être géocodées d’une manière satisfaisante, et donc ne sont pas localisées sur les cartes.
En Ile-de-France, La Banque Postale possède aussi le réseau le plus dense. Il se caractérise par une répartition assez égalitaire puisque la Seine-et-Marne possède autant de bureaux gérés en propre que Paris et beaucoup plus, comme c’est aussi le cas des autres de la Grande couronne, que les départements de la Petite couronne.
Le niveau d’équipement mesuré sur les bureaux gérés en propre est élevé dans le département des Hauts-de-Seine (7 648 hab./bureau), en Seine-St-Denis et dans le Val d’Oise. Par contre il est moins bon à Paris, en Seine et Marne, Essonne et surtout Yvelines (14 022 hab./bureau). Le même taux calculé sur l’ensemble des points de contact se traduit par un fort resserrement de la hiérarchie au bénéfice des départements de la grande couronne.
Tableau 47 Répartition des types de Points de contact de La Banque Postale par département d’Ile-de-France en 2006
Bureaux Partenaires Ensemble Hab./ag 2006
Nombre Géog % Nombre % Nombre % Bureaux Tous
Paris 189 17,3 99,5 1 0,5 190 100 11 460,3 11 400,0 Hauts de Seine 98 9,0 92,5 8 7,5 106 100 7 648,2 7 354,0 Seine-St-Denis 99 9,1 99,0 1 1,0 100 100 9 098,5 9 043,0 Val de Marne 94 8,6 95,9 4 4,1 98 100 10 497,3 10 166,7 Seine-et-Marne 200 18,3 89,7 23 10,3 223 100 12 805,2 10 371,2 Yvelines 163 14,9 89,1 20 10,9 183 100 14 022,1 11 665,4 Essonne 123 11,3 84,2 23 15,8 146 100 12 636,7 10 152,5 Val d’Oise 127 11,6 93,4 9 6,6 136 100 9 072,7 8 472,3 Ile-de-France 1 093 100 92,5 89 7,5 1 182 100 10 478,5 9 689,5 Source : Base labo C.R.E.T.E.I.L.-UP12, 31/12/2006, d’après le fichier de La Poste. Exploitation M. Rousset-Deschamps
En rapprochant ces implantations de la géographie sociale et économique de l’Ile-de-France, il apparaît clairement que le réseau est sous représenté dans les zones urbaines à dominante de CSP+ de l’ensemble des géotypes A, ainsi que dans le géotype B1_0 correspondant à la zone suburbaine récente.
Tableau 48 Répartition des bureaux de La Banque Postale selon les géotypes en Ile-de-France
Types d'Iris 2006
LBP MOY
A1_0 : Paris - CSP+, Retraités et Commerces 2% 3,2%
A1_1 : Paris - CSP+ et Commerces 5% 11,4%
A2 : Paris Jeunes et Locataires 9% 15,8%
A4 : Banlieue proche - Revenu élevé 2% 3,8%
A5 : Banlieue proche - Revenu moyen 9% 13,6%
B1_0 : Grande Banlieue résidentielle 21% 23,1%
B1_1 : Grande Banlieue centre-ville 3% 2,6%
B2 : Grande Banlieue résidentielles - Revenu faible 8% 6,0%
B3 : Grande Banlieue - Retraités 2% 1,9%
C1_0 : Banlieue ouvrières 7% 4,6%
C1_1 : Banlieue ouvrières avec enfants 5% 3,3%
D1 : Campagne résidentielle 17% 6,2%
D2 : Campagne résidentielle - Enfants - Revenu faible 8% 3,0%
Z : Zones atypiques 2% 1,4%
Total 100% 100%
Sources : Base labo C.R.E.T.E.I.L.-UP12, 31/12/2006, d’après le fichier de La Poste. Géotypes de Géocible.
Exploitation M. Rousset-Deschamps
Par contre, la présence de La Banque Postale est particulièrement forte dans les zones périurbaines rurales D, ainsi que les zones C les plus ouvrières, dont beaucoup sont en zones urbaines sensibles. Concernant celles-ci, LBP participe, du fait de son appartenance au groupe La Poste, à la politique gouvernementale de la ville au travers de la convention
signée en 20021 « portant sur la présence et la qualité des services de La Poste dans les quartiers relevant de la politique de la ville » par laquelle La Poste s’engage à poursuivre sa politique d’implantation, de relocalisation ou de rénovation des bureaux. Depuis cette politique a été poursuivie avec l’agence spécialisée dans la mise en œuvre de la politique de la ville.2
La géographie communale de la partie centrale de l’agglomération montre la forte densité du maillage des bureaux de La Poste en zone urbaine et suburbaine.
Faut-il voir dans cette situation de forte présence un inconvénient ou un avantage pour La Banque Postale ? Plusieurs publications se sont faites l’écho du handicap que représente ce « surmaillage ». Ainsi, en terme d’heures quotidiennes d’activité, le réseau est largement sous-utilisé. Un rapport au Sénat3 signalait pour la France entière que « sur 17 000 points de contact, 6 500, soit plus d’une antenne postale sur trois, ont moins de quatre heures d’activité par jour. Parmi eux, 3 700 bureaux, soit une antenne sur cinq, ont moins de 2 heures d’activité par jour ». En soi l’ouverture à temps partiel n’est pas le signe de dégradation absolue du niveau de service que serait la fermeture totale. Mais plutôt un indicateur d’adaptation de la présence postale en fonction du potentiel commercial qui permet le maintien d’un service de proximité pour les personnes les moins mobiles. Il répond aux missions de service universel et d’aménagement rural et urbain que La Poste doit assumer.
Carte 26
Ces obligations pèsent sur les coûts de gestion, en particulier ceux liés à la distribution, qui s’établissent à 51% contre 31% pour la Banque de la Poste en Belgique et 22% pour Postbank en Allemagne. Un peu moins d’un milliard d’euros a été facturé par La Poste en rétribution des back-offices qu'elle met à la disposition de La Banque Postale qui lui a versé un autre milliard en contrepartie de la force de vente dédiée que celle-ci emploie dans les bureaux de poste - le nombre de commerciaux a progressé de 19 %, à 10.000 personnes en 2006. Enfin, elle a payé 1,2 milliard en commissions aux guichetiers de La Poste qui ont vendu ses produits (140 millions de plus qu'attendu).
Par ailleurs, les recettes de La Banque Postale risquent de diminuer avec la banalisation du livret A. Avec un encours total de 48,8 milliards d'euros fin 2006, le Livret A représente plus de 54 % des encours au bilan de La Banque Postale.
Rémunérés à hauteur de 1,2 % par la Caisse des Dépôts et Consignations, ils ont rapporté plus de 600 millions d'euros
1 Dans le prolongement de la convention signée entre La Poste et l’Etat en 1998, elle portait sur une période de 4 ans.
2 Une convention de partenariat avec l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) a été signée en mars 2007. Elle précise les modalités d’association du réseau de La Poste aux projets de rénovation des quartiers du fait de sa mission de service de proximité et de son rôle d’opérateur directement ou indirectement impliqué dans les projets de rénovation urbaine conduits par les collectivités territoriales et l’ANRU.
3 G. Larcher, 2003, Rapport d'information sur la situation de La Poste dans la perspective du contrat de plan en cours d'élaboration et sur les mesures à prendre pour lui permettre de relever les défis qu'elle a à affronter, Sénat, N° 344.
de commissions à la filiale, soit 13 % de son produit net bancaire, qui s'élevait à 4,61 milliards d'euros1. D'autant que la banalisation risque de provoquer la fuite des plus gros livrets vers la concurrence et de cantonner progressivement La Banque Postale dans un rôle de « banque des pauvres ». Déjà, les 60 % de livrets dont le solde moyen est inférieur à 150 euros pèsent 0,7 % des encours, mais 45 % des opérations de guichet, soit environ 50 % des coûts.
Au total, le coefficient d’exploitation, qui mesure les charges rapportées aux revenus, de La Banque Postale est le plus élevé de toutes les banques françaises. Le passage au statut de banque l’a ramené de 94,5 % en 2005 à 91,8 % en 2006. Toutefois, le CECEI avait assorti son accord au passage au statut de banque à ce qu’il passe à 77,1 % en 2010.
Face à ces multiples contraintes, La Banque Postale œuvre dans deux directions. Elle cherche à mieux définir les coûts liés aux missions de service public afin de recevoir une juste contrepartie des pouvoirs publics. Elle veut aussi optimiser le réseau d’agence et l’allocation des ressources humaines. Dans certains endroits la couverture territoriale est insuffisante par rapport à l’évolution des clientèles et à leur mode de vie, par exemple dans les villes nouvelles et dans les zones de périurbanisation récente, alors que dans les zones rurales, l’ancien réseau des bureaux de poste doit continuer à trouver des formules plus souples. Ceci implique de changer toute l’organisation de la production de la firme.
1.2 L’adaptation du réseau
Il n’est pas possible de comprendre l’évolution du réseau sans faire référence à la manière dont ont évolué les modalités d’application du service universel et celles de recherche d’efficacité, puisque la stratégie globale du groupe La Poste est fonction des objectifs définis par les contrats de plan pluriannuels passés avec l’Etat.
Au début des années quatre-vingt-dix, un moratoire instauré par l’Etat avait bloqué l’évolution du réseau. Il a été levé par le Contrat d'objectif et de progrès couvrant la période 1998-2002, en contrepartie, de la mise en place de Commissions départementales de la présence postale territoriale (CDPPT) assurant une concertation locale entre La Poste et les élus.
Le plan intitulé « Performance et Convergence » qui couvre la période 2003-2007, s’inscrit dans la ligne précédente. La Poste s’engageant à « conforter la vocation du réseau des bureaux de poste à être le réseau de proximité accessible à tous, adapté aux besoins des clients ». Le projet stratégique « Performance et confiance » récemment négocié concerne les années 2008-2012 et n’infléchit pas la ligne des années précédentes.
1.2.1 Le passage d’une organisation en réseau géographique à une organisation en réseau avancé
Avec la fin du moratoire, La Poste a repensé sa présence territoriale en mettant en place depuis 2005 le projet
« TERRAIN » Territoire d’Attractivité et d’Initiative. En concertation avec les élus, ce projet a pour objectif d'adapter la présence postale aux évolutions démographiques et aux modes de vie actuels. Il cherche à optimiser l’organisation de la distribution de La Poste afin d’en diminuer les coûts tout en respectant les contraintes réglementaires. Un « TERRAIN », peut être un quartier, une commune, ou un groupe de commune où sont implantés un ou plusieurs points de contact pilotés par le directeur du bureau centre.
Plus qu’une rupture, il s’agit d’une mise en perspective au travers d’une vraie réflexion stratégique qui systématise l’organisation des années précédentes où coexistaient déjà, mais en plus grand nombre, des établissements gérés en propre – Bureaux de plein exercice (BP), Guichets annexes (GA)2, Bureaux jumelés3 (JU) – et plusieurs types de partenariats – Agences postales4 (AP), Agences postales communales (APC), Points Poste (PP)5 et divers autres partenariats tels que les maisons de service public. Désormais, la présence postale au sein d’un « TERRAIN », se fait
1 C'est beaucoup plus que les deux autres réseaux distributeurs des Livrets A et bleu. Ainsi, la part du Livret A dans les revenus du Groupe Caisse d'Epargne est limitée à 5,7 % et celle du Livret bleu dans les encours du Crédit Mutuel à 0,4 %.
2 Guichets de proximité, dépendants d'un bureau de plein exercice, sans chef d'établissement, et n'offrant pas nécessairement la gamme complète de prestations (conseil financier).
3 Bureaux de plein exercice voisins regroupés et gérés par un seul chef d’établissement.
4 Ils reposaient sur un contrat passé entre La Poste et un particulier, une association, la plupart ont été transformés en RPC.
5 Ils étaient régis par une convention de mandat passé avec un commerçant.
par la gestion en propre des bureaux Centre (BC) et de Poste (BP) et des deux partenariats, Agence postale communale (APC) et Relais de poste commerçant (RPC).
Simultanément, la Poste, tout en maintenant une Direction départementale comme échelon de synthèse et de discussion avec les élus locaux, décentralise avec ce projet la gestion locale, en adoptant une nouvelle organisation commerciale territoriale par agence-mère (le Bureau centre) qui chapeaute 4 ou 5 agences secondaires d’une même zone de chalandise. Il est question de créer un nouvel échelon territorial regroupant plusieurs départements comportant une quarantaine de directions.
Ces mutations dans le réseau s’accompagnent de la diversification des produits et des clientèles, de création de ligne de métiers et de la mise en place de nouveaux partenariats. Les services financiers de La Poste en devenant LBP changent complètement. La gamme de services bancaires et financiers s’étend à l’ensemble des crédits immobiliers y compris sans épargne préalable1. Dans les crédits à la consommation, après une large consultation lancée auprès des établissements financiers, c’est le savoir faire de la Société générale qui a été retenu, pour une mise en œuvre début 2009.
La ligne des métiers de la gestion d’actifs se développent dans plusieurs directions. La gestion collective d’OPCVM par LBPAM, la gestion financière de portefeuilles de valeurs mobilières sous mandat par Efiposte Gestion ainsi que la gestion et le conseil en capital investissement (FCPI et FCPR) par XAngePrivate Equity (avec ABN Amro). Dans le domaine des actifs de l’immobilier, la gestion de SCPI est assurée par Ciloger avec SF2.
Les produits d’assurance-vie et ceux de prévoyance se font déjà au travers de Sopassure avec CNP Assurances. Un accord de partenariat exclusif a été passé avec la Matmut en 2007 qui distribuera dans ses 570 bureaux les crédits immobiliers de LBP. Pour l’instant le partenariat se limite à ces produits car LBP ne peut proposer des produits d’assurance dommage.
Dans le domaine des moyens de paiement, une société commune avec Western Union assure les transferts d’épargne.
En 2006, LBP lance une ligne de métier Entreprise, créneau de clientèle sur lequel elle était très peu présente. LBP va se lancer début 2009 dans une activité de distribution de crédits à la consommation grâce à un partenariat avec la Société générale. Cette stratégie de diversification devrait permettre d’améliorer le coefficient d’exploitation conformément aux souhaits du CECEI. En particulier en permettant d’abaisser les coûts du réseau et en faisant jouer des économies de gamme dans tous les micro-établissements que sont les différents points de contact. Cela se traduit aussi par une réorganisation des portefeuilles client et la mise en place de nouvelles fonctions commerciales spécialisées dans les métiers de conseil.
La Banque Postale développe une stratégie, évoquée dans la première partie, qui consiste à donner un rôle de généraliste, voire d’« ensemblier » aux guichetiers multimétiers des bureaux gérés en propre de La Poste, qui y consacrent une part significative de leur activité. A cela s’ajoute la nouvelle spécialisation professionnelle des forces de vente dans les bureaux en fonction d’une segmentation de la clientèle, spécialisation qui s’inscrit dans un processus de relation de service plus personnalisée et approfondie. Déployés au cours du second semestre de 2006, les effectifs des gestionnaires de clientèle, qui assurent l’accueil spontané des clients, sont passés de 426 à 1 120. Les forces de ventes dédiées à La Banque Postale, comptent 5 270 conseillers financiers et 2 130 conseillers clientèle, dédiés à la gestion de l’épargne des clients. Les conseillers spécialisés en patrimoine, qui accompagnent les clients cherchant des solutions financières plus élaborées et sur des projets précis sont passés de 588 à 652. En 2007, est apparue l’activité de conseiller en gestion de patrimoine pour les ménages ayant des ressources plus importantes. A ces catégories s’ajoutent les conseillers spécialisés en immobilier dont le nombre augmente de 613 à 694 et les conseillers spécialisés en entreprises, implantés au sein des Espaces entreprises de la nouvelle ligne de métier.
En complément de l’action des conseillers du Réseau Grand Public, La Banque Postale s’appuie sur plus de 6 000 Conseillers des Centres Financiers, dans les différents domaines de la relation commerciale à distance : prise en charge des demandes clients, gestion et suivi des contrats, ventes de produits et de services simples liés à l’argent au
1 Avant la loi du 20 mai 2005, La Poste ne pouvait proposer des prêts qu’à des clients ayant déjà épargné sur un plan d’épargne logement ou un compte épargne logement.
quotidien, à la Prévoyance ou à la banque à distance. En 2006, les Centres Financiers ont traité 18 millions d’appels.
19% des cartes, 36% des offres groupées et 12% des contrats de prévoyance souscrits en 2006 l’ont été par ce canal.
En 2007, elle s’accompagne d’une modernisation des points de contact au travers du projet « Cap Relation Client », destiné à les rendre plus attractifs. La mise en œuvre de cette amélioration fonctionnelle et esthétique commence par les plus grands bureaux1.
Naturellement, cette réorganisation concerne toute la chaîne de valeur. En premier lieu, La banque Postale s’est dotée d’un siège social abritant les principales fonctions centrales commerciales et de gestion et occupant environ 400 personnes2 essentiellement sous statut bancaire. Une séparation des lignes hiérarchiques du groupe La Poste et de LBP se met en place en 2008. Les 200 dirigeants et cadres de la Direction d’exploitation des services financiers ont quitté le Groupe et la question se pose concernant la position des conseillers financiers.
La coordination géographique du réseau est assurée par 8 représentations territoriales de la banque dont, pour la zone d’étude, celles de Paris et 1ère couronne et Paris 2ème couronne et Picardie dont le siège est à Issy-les-Moulineaux.
L’activité de banque à distance se fait grâce à 19 centres financiers régionaux répartis sur le territoire français où sont implantés, à la fois des services dédiés aux clients tels que les Centres d’appel et les Conseillers spécialisés entreprises, et des activités de base arrière (BO) de gestion des flux monétique et bancaires3. LBP veut améliorer l’efficacité de ses bases arrière qui auraient une productivité inférieure de 30% à celle des autres banques. Ce déficit de productivité concerne les filières chèques et virements, les services spécialisés dans le traitement des titres, des crédits et des successions et les services supports de BO (ressources humaines, finances, etc.).4 Les rationalisations prennent deux formes. La réduction des effectifs (2 800 postes seraient supprimés en net sur 17 300 en 4 ans). La spécialisation de certains centres, afin de mettre en œuvre des économies d’échelle au travers d’un processus d’industrialisation, se fait plutôt en régions, dans l’assurance à Poitiers, le crédit à Orléans, la monétique et les valeurs mobilières à Limoges, qui abrite aussi celui des mandats et titres optiques.
Simultanément, la Direction centrale des Systèmes d’Information de la banque s’est organisée autour de trois pôles : une direction des études, une direction de la production informatique et une direction technique. Par ailleurs, afin de sécuriser la production informatique, les sept centres de traitement ont été rationalisés et regroupés sur 2 centres fonctionnant en miroir, avec un plan de continuité d’activité conforme aux exigences de la place.
La Direction de la Qualité, des Processus et des Procédures coordonne les actions qualité menées par La Banque Postale et vérifie que la synergie entre les différents acteurs – bureaux de poste, Centres Financiers, DSI et partenaires tels que CNP Assurances – contribue parfaitement à la qualité délivrée aux clients.
Les incidences géographiques du passage d’une démarche de service public à une démarche incorporant une dimension marchande sont très importantes.
Le Groupe La Poste et La Banque Postale sont confrontés à la situation, relativement inédite parmi les entreprises en réseau, de devoir réduire le nombre et redéfinir les fonctions de leurs points de contact avec les clients et utilisateurs.
Des questions se posent concernant la localisation des bureaux qu’il faut maintenir, transformer voire fermer. La question se pose aussi de savoir s’il faut implanter les bureaux près du domicile ou du lieu de travail. Dans les années quatre-vingt l’arbitrage était fait en faveur du lieu de travail, mais avec la mise en place des 35 heures, le temps du déjeuner se réduit et les clients reviennent vers une agence près de leur domicile. L’optimisation du service rendu par le réseau devient un enjeu qui s‘accentue.
D’où l’utilisation par LBP d’outils géomarketing basés sur des données commerciales internes qui à partir du nombre de clients sur une zone donne une typologie aux conseillers. L’approche développée par la recherche ne reprend pas cette démarche. Elle reste sur une analyse « externe » de la géographie du réseau de points de contact.
1 La Poste, dans son plan d’action commerciale de 2007 a investi 280 millions d’euros sur 2 ans dans cette modernisation.
2 Le siège vient de quitter les 6 500 m² de la rue de la Fédération dans le 15ème pour aller au 115, rue de Sèvres dans le 7ème, dans une partie des 25 000 m² des anciens locaux de la CNE, ce qui permettra de réunir certains services dispersés dans le 13ème.
3 En Ile-de-France, l’établissement est implanté dans le 15ème.
4 Article du journal Les Echos, daté du 12/13 mars 2004.
1.2.2 La restructuration du réseau prend plusieurs formes
LBP est engagé dans un processus de « repyramidage » de son réseau. Il se traduit par le passage de bureaux centre en bureaux de poste1. L’année 2006 est marquée par la hausse relative de la part des bureaux « secondaires », en ligne avec le projet TERRAIN. La répartition bureaux « principaux » et bureaux « secondaires » est désormais respectivement de 75% et 25%. L’idée est de trouver des économies d’échelle dans la gestion administrative du réseau. Un certain nombre de tâches est reporté au niveau du bureau centre. Par rapport aux autres banques qui réduisent beaucoup le nombre de leurs Groupes d’agences, l’organisation reste néanmoins très horizontale.
Par ailleurs, il y a un mouvement de réduction du réseau de bureaux. Il prend la forme classique de fermetures plus nombreuses que les ouvertures. Mais aussi celle d’un appauvrissement des prestations offertes par la transformation des bureaux gérés en propres en agences partenariales.
L’évolution du réseau des bureaux de poste passe également par la création de points de contact en partenariats. Entre 1999 et 2006, au niveau francilien 5 agences postales communales ont été créées en partenariat avec les communes ainsi que 18 Relais Poste. Le mouvement inverse d’enrichissement des prestations, c'est-à-dire le passage d’agences partenariales en bureaux gérés en propre concerne 4 APC.
Tableau 48 Evolution 1999-2006 du nombre et du type de points de contact de LBP en Ile-de-France et Picardie
Ile-de-France Picardie Ensemble
2006 Ev. 99-06 2006 Ev. 99-06 2006 Ev. 99-06
La Banque Postale (Bureaux) 1 093 +3 470 -59 1 563 -56
Bureau centre 820 304 1 124
Bureau de poste 273 166 439
Création par ouverture nette 26 3 39
Résultant d’un reclassement d’AP en bureau +4 1 5
Diminution par fermeture -11 -9 -28
Diminution par déclassement -16 -54 -72
Nombre d’habitants par Bureaux 10 551 +503 4 012 +507
La Banque Postale (Partenaires) 99 +23 93 +56 182 +63
AP-Agence postale 5 11
APC-Agence postale communale 81 +5 49 121
dont ouverture nette 3 1 2
dont résultant d’un déclassement de bureau 12 18 26
dont fermeture -6
dont enrichissement -4
RPC-Relais poste commerçant 18 +18 39 60
dont ouverture nette 14 1 12
dont résultant d’un déclassement de bureau 4 17 20
dont fermeture 0
La Banque Postale (Bureaux et partenariats) 1 192 +26 563 -3 1 745 +8 Nombre d’habitants par Points de contact 9 675 +282 3 349 +73
Source : Base labo C.R.E.T.E.I.L.-UP12, 31/12/2006, d’après le fichier de La Poste. Exploitation M. Rousset-Deschamps
En Picardie, il y a globalement une petite réduction des points de contact. Elle est due à une réduction du nombre de bureau en propre par fermeture et par transformation en agence partenariale, cette modalité croît aussi par création nette. La baisse du nombre des agences en propre combinée à la légère augmentation régionale de la population fait que le nombre d’habitants par bureau en propre passe de 3 505 à 4 042 soit 537 habitants en plus par bureau.
Rapportée à l’ensemble des points de contact (PDC) le taux passe de 3 275 à 3 374 soit une augmentation de 99 habitants par PDC.
En Ile-de-France, il y a une petite progression des points de contact, à laquelle contribuent plus les partenariats (+ 7) que les bureaux (+4).
1 Il existe quelques cas inverses où des bureaux de poste deviennent des bureaux centres.
Toutefois le dynamisme de la population provoque une augmentation du nombre d’habitants par bureau (+420) et par Points de contact (+303). Ce canevas général se fait d’une manière diversifiée selon les territoires.
1.3. Une géographie différenciée selon les territoires
1.3.1 En Picardie, une forte décroissance des bureaux qui se transforment en agences partenariales
En Picardie, le département de l’Aisne plus rural est impliqué dans les mouvements de fermeture (2 bureaux à Frières- Faillouel et Villers-Cotterêts) et surtout de transformation des bureaux en agences partenaires (25). Celles-ci touchent principalement la partie nord où le taux d’équipement était particulièrement élevé. Il en résulte une augmentation du nombre d’habitants par bureau la plus forte des départements picards (+605 Hab./ag.) mais la plus faible avec les points de contact (+38 Hab./ag.).
Tableau 49 Evolution des points de contact et du taux d’équipement par département en Picardie de 1999 à 2006 LBP Oct 2008 Bureaux en propre Habitants/bureaux Partenariats Points de contact Habitants/PDC
2006 99/06 2006 99/06 2006 99/06 2006 99/06 2006 99/06
Aisne 147 -29 3 646 618 34 +27 181 -2 2961 49
Oise 174 -15 4 540 505 37 +12 211 -3 3744 180
Somme 149 -15 3 755 350 22 +17 171 +2 3272 -32
Picardie 470 -59 4 012 507 93 +56 563 -3 3349 73
Source : Base labo C.R.E.T.E.I.L.-UP12, 31/12/2006, d’après le fichier de La Poste. Exploitation M. Rousset-Deschamps
Dans les départements de l’Oise et de la Somme, les fermetures sont plus nombreuses (dans l’Oise 4 fermetures dont 1 bureau à Laneuvilleroy et 3 AP à Creil Base aérienne, Machemont et Senantes et dans la Somme 8 fermetures dont 6 bureaux à Abbeville, Brie, Friaucourt, Neuville-Coppegueule, Quiry-le-Sec, St-Maulvis et 2 agences, l’une à Guerbigny et l’autre à Voyennes) que les ouvertures (3 dont 2 bureaux à Beauvais, Chambly et une RPC à Compiègne La Victoire et 2 dont 1 BC à Amiens et 2 AP à Quend Plage les Pins et Davenescourt) et l’appauvrissement affecte respectivement 15 et 9 bureaux. Là encore les zones les moins densément peuplées sont concernées.
Carte 27
Dans l’Oise, le sud périmétropolitain est peu touché – une fermeture contrebalancée par une ouverture et une transformation – alors que les parties les plus rurales du Pays de Bray et de la plaine picarde le sont beaucoup plus.
Dans la Somme, l’aire urbaine d’Amiens n’enregistre aucun mouvement négatif, l’appauvrissement du niveau de service concerne l’Est de la plaine picarde et les zones situées en bordure de la région normande. Le ratio d’équipement des bureaux augmente moins dans l’Oise (+ 451 à 4 486) du fait du caractère plus urbain du département qu’en Picardie (+523 à 3 927), alors que la prise en compte de tous les points de contact inverse la situation.
Tableau 50 Proportion d’agences LBP selon les géotypes en Picardie en 2006 (%)
Sources : Agences Base C.R.E.T.E.I.L. Géotypage Géocible. Exploitation, M. Rousset-Deschamps.
3.1 La stabilité globale du réseau masque un profond processus de réorganisation en Ile-de-France
Depuis 1999, le réseau des agences bancaires de La Banque Postale a peu évolué en Ile-de-France puisque le solde global est de 15 points de contact.
Tableau 51 Evolution 1999-2006 des points de contact et du taux d’équipement par département d’Ile-de-France de LBP LBP Oct 2008 Bureaux Habitants/bureaux Partenariats Points de contact Habitants/PDC
2006 99/06 2006 99/06 2006 99/06 2006 99/06 2006 99/06 Paris 189 3 11 542 116 1 0 190 3 11 481 116
Hauts de Seine 98 5 15 674 271 9 3 107 8 14356 -77 Seine-St-Denis 99 2 15 070 743 1 0 100 2 14920 809 Val de Marne 94 -5 13 812 1 362 4 2 98 -3 13248 1097 Petite couronne 291 2 14 811 1 027 14 5 305 7 Seine-et-Marne 200 -6 6 367 526 32 10 232 4 5489 253
Yvelines 163 -2 8 563 373 20 6 183 4 7627 61
Essonne 123 3 9 742 269 23 -1 146 2 8207 331
Val d’Oise 127 3 9 111 161 9 3 136 6 8508 4
Grande couronne 613 -2 8 178 390 84 7 697 16
Ile-de-France 1 093 3 10 551 503 99 12 1 192 15 9 675 343 Source : Base labo C.R.E.T.E.I.L.-UP12, 31/12/2006, d’après le fichier de La Poste. Exploitation M. Rousset-Deschamps
En grande couronne l’adaptation du réseau au potentiel bancaire se traduit par une diminution des bureaux (-1) dans les zones les plus rurales des départements. Elle est compensée par la croissance des partenariats (+7) due à la transformation des bureaux et au dynamisme des ouvertures nettes. En définitive, le nombre de points de contact
Types d'iris PIC 2006 LBP Toutes
1999 2006 2006 Evol.
A1 Urbains centraux, CSP+, âgés 1 1 0% 15 25%
A3 Urbains denses, ptts logts, actifs 2 2 0% 25 9%
A4 Péricentraux CS+/ PINT, jeunes 9 7 -22% 57 14%
A5 Péricentraux CS mixtes+, familles 6 7 17% 56 17%
B1 Moyenne banlieue mixte, actifs 7 6 -14% 39 22%
B2 Suburbain C PINT, actifs adultes 134 129 -4% 357 26%
B3 Suburbain C-, âgés, Retraités 7 8 14% 52 18%
C1 Banlieues ouvrières modestes 24 21 -13% 89 14%
D1 Périurbain résidentiel riche, C+ 55 49 -11% 65 0%
D2 Périurbain rural ouv/emp, familles 160 137 -14% 178 -4%
E1 Rural mixte, revenus modestes 103 72 -30% 87 -24%
E2 Rural âgé 6 6 0% 14 40%
Z Iris atypiques 5 67%
Agences non géocodés iris 15 20 111
Total 529 465 -12% 1150 13%
augmente de 6 unités. A Paris et en proche couronne, les soldes sont positifs sur les deux types de points de contact. Il en résulte une augmentation de leur nombre de 9 unités.
Carte 28
La zone périurbaine à une structure plus complexe. Dans la partie périurbaine proche, celle qui est en continuité immédiate avec la zone suburbaine, ce sont les ouvertures qui l’emportent. Elles sont concentrées dans les zones d’extension soit structurées comme celles des villes nouvelles de Marne-la-Vallée, Cergy-Pontoise et St-Quentin en Yvelines, soit plus diffuses comme dans l’Ouest de la Brie (Tournan-en-Brie) ou le centre des Yvelines. En zone péri- urbaine plus éloignée ce sont essentiellement dans les petites villes que La Poste se développe.
Enfin, en zone périurbaine rurale, les fermetures l’emportent sur les ouvertures et l’appauvrissement sur la requalification. Les communes rurales du centre et de l’Est de la Seine-et-Marne et du Sud de l’Essonne et des Yvelines sont particulièrement concernées. Par contre le solde est positif dans les petites villes centre.
Tableau 52 Répartition des bureaux de La Banque Postale selon les géotypes en Ile-de-France
Types d'Iris 2006 Evol 99/06
LBP Ttes LBP Toutes
A1_0 : Paris - CSP+, Retraités et Commerces 2% 3,2% -4% -6%
A1_1 : Paris - CSP+ et Commerces 5% 11,4% -2% 3%
A2 : Paris Jeunes et Locataires 9% 15,8% 1% 4%
A4 : Banlieue proche - Revenu élevé 2% 3,8% 15% 5%
A5 : Banlieue proche - Revenu moyen 9% 13,6% -7% 7%
B1_0 : Grande Banlieue résidentielle 21% 23,1% -1% 5%
B1_1 : Grande Banlieue centre-ville 3% 2,6% 10% -3%
B2 : Grande Banlieue résidentielles - Revenu faible 8% 6,0% -9% -9%
B3 : Grande Banlieue - Retraités 2% 1,9% -4% 4%
C1_0 : Banlieue ouvrières 7% 4,6% -8% -5%
C1_1 : Banlieue ouvrières avec enfants 5% 3,3% -8% -12%
D1 : Campagne résidentielle 17% 6,2% -9% 2%
D2 : Campagne résidentielle - Enfants - Revenu faible 8% 3,0% -1% -12%
Z : Zones atypiques 2% 1,4% -30% -8%
Total 100% 100% 0,2% 6%
Sources : Base labo C.R.E.T.E.I.L.-UP12, 31/12/2006, d’après le fichier de La Poste. Géotypes de Géocible. Exploitation M. Rousset-Deschamps
A l’échelle communale le réseau de La Poste s’adapte au processus d’urbanisation. Dans Paris, en dehors de quelques adaptations mineures, le réseau s’étoffe surtout dans les arrondissements en croissance démographique de l’Est. Dans les zones suburbaines de la petite couronne le processus est identique et géographiquement ciblé sur les pôles urbains de Bobigny, Créteil et La Défense. La désaffection touche surtout les bureaux situés en zone industrielle. En zone suburbaine récente comme dans le Nord de l’Essonne et l’Ouest des Yvelines la densification démographique amène à la transformation des agences en bureaux.
I.2 Le Groupe Crédit agricole
La structure du Groupe Crédit agricole est plus complexe que celle de La Banque Postale. Dans la zone en étude les caisses régionales possèdent 606 agences, dont 410 en Ile de France et 196 en Picardie, auxquelles s’ajoutent les 661 agences du réseau LCL ex-Crédit lyonnais, nettement plus francilien (623) que picard (38). Le haut niveau de complémentarité entre les deux réseaux fait que le nombre d’habitants par agence du Groupe est proche de celui de LBP en Ile-de-France.
Tableau 53 Nombre d’agences du Groupe Crédit agricole en Ile-de-France et Picardie fin 2006
Ile-de- France Picardie Ensemble
Nombre % Nombre % Nombre %
Caisses régionales du CA 410 196 606 100
LCL 623 38 661 100
Groupe CA 1 033 234 1 267 100
Habitants par agence 11 124 8 058
Source : Base labo C.R.E.T.E.I.L.-UP12, 31/12/2006. Exploitation M. Rousset-Deschamps
En Picardie, la Caisse du Crédit Agricole de l’Oise possède plus d’agences que ses homologues de la Somme, la Caisse du Crédit Agricole de Brie Picardie et de l’Aisne, la Caisse du Crédit Agricole Nord-est, LCL étant un peu plus présent dans l’Oise. Il en résulte un nombre d’habitants par agences un peu plus bas dans l’Oise par rapport à la Somme et surtout à l’Aisne.
Tableau 54 Répartition des agences du Groupe Crédit agricole par département de Picardie en 2006
Caisses régionales LCL Ensemble
Nombre % Nombre % Nombre % Hab./ag
Aisne 53 27,0 10 26,3 63 26,9 8 508
Oise 78 39,8 20 52,6 98 41,9 8 061
Somme 65 33,2 8 21,1 73 31,2 7 664
Picardie 196 100 38 100 234 100 8 058
Source : Base labo C.R.E.T.E.I.L.-UP12, 31/12/2006. Exploitation M. Rousset-Deschamps
La localisation par géotype confirme le caractère relativement urbain du Groupe y compris dans les quartiers ouvriers.
La proportion d’implantations est légèrement supérieure à la moyenne dans les géotypes urbains centraux, qu'ils soient à forte présence de CSP+ ou sociologiquement plus diversifiés avec des revenus un peu plus faibles. Elle l’est encore davantage dans les trois géotypes suburbains tels que B1, correspondant à des populations qualifiées ayant des bons revenus et surtout B2, puisque 43% des agences du Crédit agricole en Picardie y sont implantées.
Il s’agit d’Iris intégrés dans la ville, ayant un caractère urbain mais déjà assez éloignés du centre ville et qui bénéficient de l’implantation des centres commerciaux et de la présence d’axes routiers générant du passage. Les agences du Crédit agricole sont aussi mieux implantées dans les quartiers et zones ouvrières que la moyenne régionale. Par contre, leur présence est proportionnellement moindre dans les géotypes périurbains et les plus ruraux.
Tableau 55 Répartition des agences du Groupe Crédit agricole par géotype en Picardie
Types d'Iris 1999 2006 Evol 99/06
CA Toutes MOY P CA Toutes A1 : Urbains centraux, CSP+ aisés 3 5 2% 15 1,4% 67% 25%
A3 : Urbains centraux, CSP+ petits logements 6 6 3% 25 2,4% 0% 9%
A4 : Péricentraux mixtes CSP+/PINT, jeunes actifs 9 7 3% 57 5,5% -22% 14%
A5 : Péricentraux CSP équilibrées, Familles, grands logements 12 12 6% 56 5,4% 0% 17%
B1 : Suburbains proches, densité moyenne CSP+ 10 10 5% 39 3,8% 0% 22%
B2 : Suburbains plus éloignés, Mixité PINT, actifs adultes 88 89 43% 357 34,4% 1% 26%
B3 : Suburbains C-, âgés, retraités 13 13 6% 52 5,0% 0% 18%
C1 : Banlieues et zones ouvrières, jeunes actifs 25 22 11% 89 8,6% -12% 14%
D1 : Périurbain résidentiel, dominante C+, bimotorisés 7 8 4% 65 6,3% 14% 0%
D2 : Périurbain rural ouvr/emp. familles 18 21 10% 178 17,1% 17% -4%
E1 : Rural mixte 10 10 5% 87 8,4% 0% -24%
E2 : Rural âgé 3 3 1% 14 1,3% 0% 40%
Z : Zones atypiques 1 1 0% 5 0,5% 0% 67%
Non géocodés 20 29 100% 111 100,0%
Total 225 236 1150 5% 13%
Sources : Base labo C.R.E.T.E.I.L.-UP12, 31/12/2006, d’après le fichier de La Poste. Géotypes de Géocible. Exploitation M. Rousset-Deschamps
Au niveau communal, le maillage du Groupe Crédit agricole rappelle beaucoup celui de La Banque Postale.
Carte 29
Il se caractérise par une forte présence dans les villes principales ainsi que dans les petites villes rurales et dans les zones industrialo-rurales. Toutefois, selon la distance à Paris et les caractéristiques locales, la densité du maillage est relativement différente.
Dans l’Aisne, les agences se polarisent sur St-Quentin, Laon et Château-Thierry alors que le groupe est relativement peu présent à Soissons. Le Crédit agricole est bien implanté dans la haute vallée de l‘Oise, comme le montre l’alignement des agences, ainsi que dans les franges Nord industrialo-rurales et Sud-ouest où se fait sentir la périmétropolisation parisienne. Ailleurs, le semis moins dense mais relativement régulier, répond au modèle des rapports ville-campagne, par lequel une agence implantée dans un petit centre ville dessert une zone de communes très rurales.
Dans l’Oise, les agences sont nombreuses dans les villes les plus importantes que sont Beauvais et Compiègne. Au Sud, sous la double influence de la périmétropolisation parisienne et de l’activité industrielle et logistique (Creil), le semis se densifie de Méru à l’Ouest jusqu’à Senlis à l’Est. Ailleurs, c’est le modèle classique des zones rurales qui s’impose.
Dans la Somme, le modèle se limite à la domination de la métropole régionale d’Amiens et au maillage christallérien dans les zones plus rurales. La densité augmente sur le littoral avec l’implantation dans les petits ports et stations balnéaires. Le Crédit agricole est faiblement présent dans les petites villes moyennes comme Abbeville ou Doullens.
Du point de vue de l’évolution depuis 1996, le réseau du Groupe à un solde positif de 13 agences. La politique d’ouverture d’agences par les Caisses régionales compense le petit solde négatif du réseau LCL. Il en résulte une amélioration de la couverture de 271 habitants par agence, plus sensible dans l’Oise (- 604 hab./ag.) que dans la Somme (-195 hab./ag.) et dans l’Aisne (+149 hab./ag.)
Tableau 56 Evolution 1999-2006 des agences et du taux d’équipement du Crédit agricole par département de Picardie Oct 2008 Caisses régionales LCL Groupe CA Habitants/agence
2006 Ferm. Ouv. 99/06 2006 Ferm. Ouv. 99/06 2006 99/06 2006 99/06
Aisne 53 -4 4 0 10 -3 0 -3 63 -3 8 508 181
Oise 78 -4 10 6 20 -1 4 3 98 9 8 061 -509
Somme 65 -1 10 9 8 -2 0 -2 73 7 7 664 -547
Picardie 196 -9 24 15 38 -6 4 -2 234 13 8 058 -332
Source : Base labo C.R.E.T.E.I.L.-UP12, 31/12/2006, d’après le fichier de La Poste. Exploitation M. Rousset-Deschamps Carte 30
Dans l’Aisne, l’évolution est négative à cause de la fermeture d’agences par le Crédit lyonnais entre 1996 et 1999 (2 à St-Quentin en 1999 dont 1 agence entreprise et une à Hirson), alors que les agences du Crédit agricole du Nord-est