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Colloque international

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Academic year: 2022

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Texte intégral

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Domaine Sociologie, politiques sociales et travail social Faculté des Lettres www.unifr.ch/travsoc/fr

Colloque international

25, 26 & 27 mars 2015

une responsabilité inavouée, des droits bafoués

organisé en collaboration avec le réseau DIALOG (INRS - Montréal)

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Argumentaire (Vivianne Châtel)

"Le devoir de mémoire est le devoir de rendre justice, par le souvenir, à un autre que soi".

(Paul Ricœur1)

Le 20ème siècle : Un siècle de camps2. Un siècle d’horreur qui a consacré l’idée même de l’anéantissement de l’Autre du seul fait qu’il soit né (herero, juif, armé- nien, tsigane, tutsi, etc.)3. S’il est un enseignement de ce siècle, en-dehors de la mise hors-de-l’humanité de peuples entiers, c’est l’indicible, l’impossible dire d’un vécu impossible à oublier. "Se taire est interdit, parler est impossible"4 Et cet indicible nous oblige. Et sans doute plus encore aujourd’hui qu’hier.

Si l’oubli est impossible et si le devoir de mémoire ne veut pas dire sanctification et réification, c’est au nom de notre responsabilité-pour-Autrui, une responsabilité qui nous contraint, non à ressasser encore et toujours, mais à nous interroger sur notre rapport à l’Autre, sur cette condition d’humanité qui nous lie à Autrui, d’où qu’il vienne et où qu’il soit, non pas tant dans un acte d’absolue tolérance, qui confinerait vite à l’indifférence, mais dans un acte d’indignation profonde face au mal perpétré

et aux injustices commises dans le monde, face à la souffrance, à la misère... Comme l’écrivait Emmanuel Lévinas, les Droits de l’homme ne sont que la transcription de l’obligation qui incombe à chacun d’épargner à l’autre homme, à tout homme, femme et enfant, le fait de la misère et de l’errance, le fait de l’esclavage et de l’asservisse- ment, le fait de la torture et de la déshumanisation.

Ce colloque vise à remettre au cœur de la réflexion notre responsabilité de membre de la communauté humaine. Quand Emmanuel Kant faisait de l’hospitalité un Droit d’être accueilli, au nom même de la rotondité de la terre5, nous faisons des Droits de l’homme, un appel à mettre notre responsabilité – celle qui permettait à Victor Schœlcher de lutter contre l’esclavage au seul nom des droits imprescriptibles de l’homme, celui d’être un homme digne et libre, capable de penser et d’agir par lui- même, responsable et autonome (au sens kantien du terme) –, au cœur de la vie so- ciale et individuelle, au cœur d’une vie qui ne nous fasse pas oublier qu’être homme, c’est être parmi les autres hommes, c’est être avec les autres hommes, c’est être pour les autres hommes.

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Ce colloque reprend en quelque sorte, ou la prolonge, la question de la mémoire (et des Droits) et de notre responsabilité au cœur du cycle de conférences 2015 organisé par la Chaire francophone Travail social et politiques sociales, mais avec une accen- tuation particulière sur les peuples indigènes / autochtones et sur l’enfance volée.

Nous y verrons ainsi le poids de l’Histoire non partagée, parce que souvent non re- connue, comme support de souffrance toujours présente, rappelant ainsi toute la res- ponsabilité qui est la nôtre dans la construction de notre Histoire afin de faire place, par le débat, par le souvenir à un autre que soi (Paul Ricœur). Nous reprendrons ainsi non seulement l’histoire des pensionnats dans le cadre plus spécifique du Canada qui a vu les enfants des peuples premiers retirés de leur famille afin d’« extirper leurs racines indiennes », que nous pourrons dans ce cadre confronter à l’histoire de l’en- fance volée en Suisse, soit avec les enfants de familles extrêmement vulnérables, soit avec les enfants yéniches, mais aussi l’histoire des peuples indigènes de l’Amérique du Sud, pourchassés, discriminés et qui peinent, malgré l’expression des Droits à l’auto-détermination (Organisation des Nations unies, Convention 169 de l’OIT) et malgré bien souvent l’inscription de ces droits dans les constitutions nationales, à les faire reconnaître et à les faire vivre devant la toute puissance financière et écono- mique qui peut prendre de multiples prétextes, comme celui de la « conservation ».

De très nombreux peuples aujourd’hui sont menacés d’extinction. Ici ou là des orga- nismes luttent désespérément pour leur survie. Mais se heurtent, toujours et encore, au rejet de l’Autre différent. Ici ou là des peuples luttent pour leur survie, contre l’accaparement de leurs terres. Mais se heurtent, toujours et encore, aux fusils. Les barrières sont de nouveau là, présentes, violentes enfermant ces peuples dans des

catégorisations racistes et déshumanisantes, renouant ainsi avec les heures sombres des génocides.

La question qui va animer ce colloque concerne bien la question des enjeux de mé- moire et de responsabilité face à des droits bafoués. Avec comme unique objectif, mieux connaître les mécanismes, les ressentis, le vécu, de ces hommes, femmes et enfants, humiliés, martyrisés,… pour mieux aider, pour éviter le regard qui se dé- tourne de l’Autre souffrant parce que différent, pour reconnaître les outrages passés et présents, pour reconnaître aussi, au sens où l’évoquait Carl Jaspers, notre respon- sabilité vis-à-vis "de toute injustice et tout mal commis dans le monde, et en particu- lier des crimes commis en [notre] présence ou sans que [nous ne les ignorions]"6.

1.Ricœur P., La Mémoire, l’histoire, l’oubli, Paris, Éditions du Seuil, 2000, p.108.

2.Kotek J. & Rigoulot P., Le Siècle des camps. Détention, concentration, extermination. Cent ans de mal radical, Paris, Éditions Jean-Claude Lattès, 2000.

3.Frossard A., Le Crime contre l’humanité, Paris, Éditions Robert Laffont, 1997.

4.Semprun J. & Wiesel É., Se taire est impossible, Paris, Arte Éditions / Éditions Milles et une nuits, 1995, pp.16-17.

5."Un droit qui revient à tout être. humain de se proposer comme membre d’une société en vertu du droit à la commune possession de la surface de la Terre, laquelle étant une sphère, ne permet pas aux hommes de se disperser à l’infini, mais les contraint à supporter malgré tout leur propre coexistence, personne, à l’origine, n’ayant plus qu’un autre le droit de se trouver à un endroit quelconque de la Terre (…)". Kant E., Projet de paix perpétuelle, Paris, Librairie philosophique J Vrin, 1990.

6.Jaspers C., La Culpabilité allemande, Paris, Éditions de Minuit, 1990, p.47.

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Mercredi 25 mars 2015, Amphi A

17h15, Conférence introductive

Ivan Jablonka (Université de Paris XIII) : Les sciences sociales et l’écriture du monde

Cette conférence est aussi inscrite dans le cadre du cycle de conférences publiques 2015 sur le thème : Mémoire, (in-)oubli, responsabilité (entrée libre)

Jeudi 26 mars 2015, Salle Guggi

08h45 Accueil

09h15 Ouverture par

Madame Astrid Epiney, Rectrice de l’Université de Fribourg Monsieur Marc-Henry Soulet, Doyen de la Faculté des Lettres 09h30 Vivianne Châtel, Université de Fribourg,

Des peuples bafoués, des vies sacrifiées : une responsabilité collective 10h00 Pause

10h30 Anne-Françoise Praz, Université de Fribourg,

L’enfance volée en Suisse. L’heure de la responsabilité Carole Lévesque, Réseau DIALOG, INRS Montréal

Et maintenant ? Repenser les politiques sociales pour les peuples autochtones Discussion

12h00 Pause repas 13h30 Témoignages

Le Home Saint-François, à Courtepin, deux ou trois choses vues par un enfant, par Jean-François Haas, écrivain

Encore et toujours «Des Suisses sans nom» ? Des «survivants» contri- buent à écrire l’histoire de l’enfance volée. Avec la participation de Nelly Schenker, Christine Grandjean et Gérald Schmutz (ATD Quart Monde) Conférence

Violaine Clément, Psychanalyste et Adjointe de direction de CO (Fribourg) Victime, vicissitude ou victoire ? La vie comme un combat contre la force du destin, pas sans l’espoir d’un avenir à créer

Discussion 16h00 Pause

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16h30 Conférences

Edith Cloutier & Christine Jean, Réseau DIALOG, INRS Montréal

La Clinique Minowé: nouvel espace de vie et d’action au cœur de la ville pour les Autochtones

Caroline Desbiens & Irène Hirt, Réseau DIALOG, INRS Montréal

Le territoire, espace de mémoire : peuples autochtones et développement hydroélectrique au Québec

Discussion 17h45 Pause

Jeudi 26 mars 2015, Salle Guggi

18h00 Projection de documentaires :

«Contribuer à écrire l’histoire du pays», ATD Quart-Monde

«Un pont vers l’avenir», doCip

«Histoire des pensionnats», Réseau DIALOG

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Vendredi 27 mars 2015, Salle Jäggi

08h30 Accueil

09h00 Conférences

Dominique Demelenne, Université catholique de Asunción Les peuples indigènes au Paraguay

Irène Bellier, CNRS, Paris, Groupe international de travail pour les peuples autochtones La reconnaissance des droits des peuples autochtones : revisiter le passé pour construire le futur

Discussion 10h15 Pause

10h45 Conférences

Viviane Michel, Alana Boileau & Annie Bergeron, Réseau DIALOG, INRS Montréal Comprendre la complexité de l’enjeu des femmes autochtones disparues ou assassinées au Québec et au Canada

Marie France Labrecque, Réseau DIALOG, INRS Montréal

Le féminicide au Canada et au Mexique : clés d’analyse et de compréhen- sion

Discussion 12h00 Pause repas

13h30 Témoignages : La situation des peuples indigènes en Amérique latine.

Histoire d’inexistences

Elaine Pinheiro-Massot, Université de Fribourg Bernarda Pesoa, Conamuri (Paraguay)

Miguel Ángel Rodríguez, Université autonome de Puebla 14h30 Discussion

15h00 Pause

15h30 Table ronde animée par Christine Wuillemin, journaliste de La Liberté Droits bafoués et enjeux de reconnaissance

Avec : David Matthey-Dorey (doCip), Irène Bellier (Gitpa), Valérie Lange (Action de Carême), Carole Lévesque (Réseau DIALOG)

17h00 Conférence conlusive : Reconnaître, et après ? Marc-Henry Soulet, Université de Fribourg

Quelques mots de conclusion: Vivianne Châtel & Carole Lévesque

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Les participant-e-s

Irène Bellier, Directrice de recherche, Centre national de la recherche scientifique/École des Hautes études en sciences sociales de Paris et vice-présidente du Groupement international de travail pour les peuples autochtones.

Annie Bergeron, Agente de recherche, Femmes Autochtones du Québec.

Alana Boileau, Coordonnatrice justice et sécurité publique, Femmes Autochtones du Québec.

Anne-Claire Brand, Volontaire permanente, chercheure, ATD Quart Monde.

Vivianne Châtel, Maître d’enseignement et de recherche, Responsable du Master spécialisé Éthique, responsabilité et développement, Université de Fribourg.

Violaine Clément, Psychanalyste, membre de l’Association mondiale de psychanalyse, et Adjointe de direction d’un Cycle d’orientation de Fribourg.

Édith Cloutier, Directrice générale du Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or et Présidente du Re- groupement des centres d’amitié autochtones du Québec.

Dominique Demelenne, Directeur du département des sciences sociales, Université catholique de Asunción.

Caroline Desbiens, Professeure titulaire, Département de géographie, Université Laval.

Béatrice Gex-Caloz, Bénévole, ATD Quart Monde.

Christine Grandjean, Militante, ATD Quart Monde.

Jean-François Haas, Écrivain.

Irène Hirt, Collaboratrice scientifique et Chargée de cours, Université de Genève.

Ivan Jablonka, Professeur d’histoire, Université de Paris XIII.

Christine Jean, Directrice générale du Centre d’amitié autochtone de La Tuque.

Marie France Labrecque, Professeure émérite, Université Laval.

Valérie Lange, Psychologue, Action de carême.

Carole Lévesque, Professeure titulaire, Institut national de la recherche scientifique (Montréal), et Directrice-fondatrice du Réseau DIALOG.

David Matthey-Dorey, Directeur du Centre de documentation, de recherche et d’information des peuples autochtones (doCip), Genève.

Viviane Michel, Présidente, Femmes Autochtones du Québec.

Bernarda Pesoa, Présidente de l’Association des femmes rurales et indigènes du Paraguay (Conamuri).

Elaine Pinheiro-Massot, Étudiante du master spécialisé Éthique, responsabilité et développement.

Anne-Françoise Praz, Maître d’enseignement et de recherche, Université de Fribourg.

Miguel Ángel Rodríguez, Professeur de sciences politiques, Université autonome de Puebla.

Gérald Schmutz, Militant, ATD Quart Monde.

Nelly Schenker, Membre de l’équipe d’animation, ATD Quart Monde.

Marc-Henry Soulet, Professeur ordinaire, titulaire de la Chaire francophone Travail social et poli- tiques sociales, Université de Fribourg.

Christine Wuillemin, Journaliste de La Liberté.

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Domaine Sociologie, politiques sociales et travail social Faculté des Lettres www.unifr.ch/travsoc/fr

Colloque international

25, 26 & 27 mars 2015

Renseignements et inscription:

severine.moll-lauper[at]unifr.ch

Ce colloque s’inscrit dans le cadre des activités du CR 30 Inégalités, identités et liens sociaux

de l’Association internationale des sociologues de langue française

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