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Théorèmes de Borel avec contraintes

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Academic year: 2021

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Texte intégral

(1)

HAL Id: hal-01621340

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01621340

Submitted on 23 Oct 2017

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Dominique Cerveau, Djibrilla Garba Belko

To cite this version:

Dominique Cerveau, Djibrilla Garba Belko. Théorèmes de Borel avec contraintes. Journal of Sin- gularities, Worldwide Center of Mathematics, LLC, 2018, 17, pp.245-266. �10.5427/jsing.2018.17k�.

�hal-01621340�

(2)

D. Cerveau, D. Garba Belko

Résumé

Un théorème classique de Borel affirme que chaque série formelle à coefficients réels est le jet Taylorien d’un germe de fonction C

. Nous étudions ce type de problème en particulier pour des algèbres de Lie de champs de vecteurs ou des groupes de difféomorphismes.

Abstract

A classical theorem due to Borel asserts that any formal serie with real coefficients is the Taylor expansion of a germ of C

− function.

We study such a problem in the context of Lie algebras of vector fields or of groups of diffeomorphisms.

Introduction

Soient E

n

l’anneau des germes de fonctions C

à l’origine 0 de R

n

et E ˆ

n

celui des séries formelles en n indéterminées et à coefficients réels. L’application :

T

0

: E

n

→ E ˆ

n

qui à une fonction f associe son jet de Taylor infini est un morphisme d’an- neau. Le théorème de réalisation de Borel affirme que T

0

est surjectif : si f ˆ ∈ E ˆ

n

est une série formelle, il existe un germe de fonction f ∈ E

n

tel que T

0

f = ˆ f. Un tel f sera dit une réalisation C

de f ˆ . Deux réalisations de f ˆ diffèrent par une fonction plate en 0. Si l’on note M

n

⊂ E

n

l’idéal maxi- mal constitué des germes s’annulant au point 0, alors le noyau de T

0

est exactement l’idéal des fonctions plates KerT

0

= M

n

= T

k

M

kn

. L’appli- cation T

0

s’étend naturellement aux E

n

-modules "classiques". Si Ω

kn

désigne le E

n

-module des germes de k-formes différentielles et Ω ˆ

kn

le E ˆ

n

-module des k-formes formelles on désignera encore T

0

: Ω

kn

→ Ω ˆ

kn

le morphisme qui à une k-forme C

associe son jet Taylorien infini en l’origine. De même si X

n

(resp.

X ˆ

n

) désigne l’algèbre de Lie des germes de champs de vecteurs C

(resp. for- mels) et Dif f ( R

n0

) (resp. \ Dif f ( R

n0

)) celui des germes de difféomorphisme C

(resp. formels), en 0 ∈ R

n

, on dispose encore de morphismes de jets

1

(3)

Tayloriens T

0

: X

n

→ X ˆ

n

et T

0

: Dif f ( R

n0

) → Dif f \ ( R

n0

). Dans le premier cas c’est un morphisme d’algèbre de Lie et dans le second un morphisme de groupe. Le théorème de Borel s’implante brutalement sur ces espaces, ie tout élément de Ω ˆ

kn

, X ˆ

n

ou Dif f \ (R

n0

) possède une réalisation C

dans les espaces correspondants. Mais ces espaces possèdent des structures supplémentaires, produit extérieur et opérateur d pour les Ω

kn

, crochet de Lie pour les champs de vecteurs et composition pour les difféomorphismes. Se posent alors les problèmes de réalisation de type Borel tenant compte de ces structures. Ce que nous appelons le théorème de Borel avec contraintes. En voici quelques exemples :

1. Etant donné, G ˆ ⊂ Dif f \ (R

n0

), un sous groupe de type fini de difféomor- phismes formels, existe-t-il une réalisation G ⊂ Dif f ( R

n0

) telle que la restriction T

0

: G → G ˆ soit un isomorphisme de groupe ?

2. Soit G ⊂ ˆ X ˆ

n

une sous algèbre de Lie de champs de vecteurs formels de dimension finie. Existe-t-il une réalisation G ⊂ X

n

telle que la restric- tion T

0

: G → G ˆ soit un isomorphisme d’algèbre de Lie ?

3. Soit ω ˆ une 1-forme intégrable formelle non triviale. Peut on cette fois trouver une réalisation ω ∈ Ω

1n

de ω ˆ qui soit intégrable, ie dω ∧ ω = 0 ? Un problème analogue se pose pour les systèmes de Pfaff.

Les problèmes de type Borel ont intéressé de nombreux mathématiciens.

C’est ainsi que dans le cadre de l’étude des algèbres quasi-analytiques J. C.

Tougeron [21] montre que le morphisme T

0

: E

1

→ E ˆ

1

possède des sections.

Toutefois ces sections ne respectent pas la composition. En dimension 2, où la condition d’intégrabilité est triviale, R. Roussarie [17] a donné plusieurs résultats de type Borel.

Sans résoudre, en toute généralité, les problèmes énumérés ci-dessus nous apportons des réponses positives dans quelques cas particuliers. Ces réponses sont parfois des adaptations de résultats relativement classiques (détermina- tion finie par exemple) ou nécessitant des techniques spécifiques.

1 Algèbres de Lie de champs de vecteurs

1.1 Algèbres semi-simples, algèbres de rang ponctuel 1, algè- bres saturables

Soient L ˆ une sous algèbre de Lie de X ˆ

n

et L(0) = ˆ { X(0)/ ˆ X ˆ ∈ L} ˆ l’évaluation de L ˆ en 0. Nous nous intéressons au cas purement singulier où L(0) = ˆ {0}.

Sous cette hypothèse l’ensemble L

1

= {J

1

X/X ∈ L} ˆ "des parties linéaires"

des éléments de L ˆ est une sous algèbre de Lie de l’algèbre de Lie X

n1

des

champs de vecteurs linéaires de R

n

. Notons que X

n1

est isomorphe à l’espace

(4)

vectoriel des endomorphismes, End R

n

, de R

n

.

Supposons que L ˆ soit semi-simple, ie L ˆ n’admet pas d’idéal résoluble non nul. D’après un résultat de R. Hermann [8] J

1

: ˆ L → L

1

est injectif et L ˆ est formellement linéarisable. Ceci signifie qu’il existe Φ ˆ ∈ Dif f \ (R

n0

) qui conjugue L ˆ à L

1

:

L ˆ = ˆ Φ

L ˆ

1

= { Φ ˆ

(J

1

X)/X ∈ L}. ˆ

Soit Φ une réalisation C

de Φ ˆ ; l’algèbre de Lie L = Φ

L

1

est une réalisation de L ˆ et par construction T

0

: L → L ˆ est un isomorphisme. D’où le :

Théorème 1 Soit L ⊂ M ˆ

n

X ˆ

n

une algèbre de Lie semi-simple de champ de vecteurs formels. Alors L ˆ possède une réalisation C

notée L telle que T

0

: L → L ˆ soit un isomorphisme.

Comme ci-dessus toutes les algèbres de Lie linéarisables de champs for- mels possèdent une réalisation C

; de même celles qui sont conjuguées à une algèbre de champs polynomiaux. C’est le cas en petite dimension n d’es- pace. En dimension n = 1, la classification formelle des sous algèbres L ˆ de dimension finie de X ˆ

1

fait partie du folklore. Elle est probablement connue de S. Lie, F. Klein et E. Cartan.

1. n = 1 et dim L ˆ = 1 ; L ˆ est formellement conjuguée à l’algèbre engendrée par l’un des champs

∂x

et X

p,λ

=

1−λxxp+1p

∂x

avec p ∈ N et λ ∈ R . 2. n = 1 et dim L ˆ = 2 ; L ˆ est formellement conjuguée à l’une des al-

gèbres h

∂x

, x

∂x

i et hx

∂x

, x

p ∂∂x

i avec p ∈ N \ {0}. Toutes ces algèbres sont isomorphes à l’algèbre du groupe des transformations affines de la droite.

3. n = 1 et dim L ˆ = 3 ; L ˆ est formellement conjuguée à l’algèbre

h

∂x

, x

∂x

, x

2∂x

i qui est l’algèbre du groupe des transformations homo- graphiques P GL(2, R ).

Toutes ces algèbres L ˆ sont formellement conjuguées à des algèbres de champs analytiques L

an

. Le théorème de Borel usuel, appliqué à une conju- guante Φ ˆ ( L ˆ = ˆ Φ

?

L

an

) produit une réalisation L = Φ

?

L

an

des L ˆ considérées.

En dimension plus grande la classification des algèbres de champs formels

n’est pas connue. En dimension deux on peut faire la liste de celles qui

sont formellement linéarisables (pour lesquelles on aura donc des énoncés de

type Borel). Ceci met en jeu des conditions de non résonance, à la Poincaré,

portant sur leur radical résoluble. En un certain sens cette liste de type "zoo-

logique" ne met à jour ni des techniques nouvelles, ni des résultats nouveaux.

(5)

Pour illustrer ce qui précède nous allons traiter quelques cas spéciaux en di- mension 2 (d’espace) ; en particulier celui des algèbres commutatives. Nous avons pour cela besoin de la notion de rang ponctuel générique (∇( ˆ L)) que nous définissons pour n’importe quelle algèbre L ˆ de X ˆ

n

.

Définition 2 Soit L ⊂ ˆ X ˆ

n

une sous algèbre non nulle ; le rang ponctuel géné- rique (ou plus simplement le rang) ∇( ˆ L) est le nombre maximal k d’éléments, X ˆ

1

, ..., X ˆ

k

de L, qui sont ˆ E ˆ

n

-indépendants. Si X ˆ

j

= P

ˆ a

i,j∂x

i

, ˆ a

i,j

∈ E ˆ

n

, j = 1, ..., ∇( ˆ L), la matrice (ˆ a

i,j

) possède un mineur ∇( ˆ L) × ∇( ˆ L) de déter- minant non nul.

Le rang ponctuel générique est trivialement majoré par la dimension ambiante. Par exemple l’algèbre L ˆ = { f(x ˆ

2

)

∂x

1

/ f ˆ ∈ E ˆ

1

} est une sous algèbre de Lie de E ˆ

2

de dimension infinie et de rang 1. Notons que L ˆ est commutative et que le théorème de Borel, appliqué aux f ˆ , donne une réalisation C

de L. L’algèbre ˆ L = {f (x

2

)

∂x

1

/f ∈ E

1

} est commutative et se projette sur L ˆ (T

0

L = ˆ L), mais T

0

: L → L ˆ n’est pas un isomorphisme puisque si P ∈ E

1

est une fonction plate, alors T

0

(P (x

2

)

∂x

1

= 0. En fait choisissons une R -base {ˆ a

i

, i ∈ I } du R -espace vectoriel E ˆ

1

et soient a

i

∈ E

1

, i ∈ I, des réalisations de Borel des ˆ a

i

. Alors le R -espace vectoriel E

0

engendré par les a

i

produit une réalisation L

0

= {f (x

2

)

∂x

1

/i ∈ I} pour laquelle T

0

: L

0

→ L ˆ est un isomorphisme.

1.2 Description des sous algèbres L ⊂ ˆ X ˆ

n

de dimension finie et de rang 1

Soient X ˆ un champ formel et E ⊂ E ˆ

n

un sous espace vectoriel ayant la propriété suivante :

∀( ˆ f , ˆ g) ∈ E × E, f ˆ X(ˆ ˆ g) − g ˆ X( ˆ ˆ f ) ∈ E (?) où f ˆ 7→ X( ˆ ˆ f ) est la dérivation associée à X. Alors l’algèbre ˆ L ˆ = E. X ˆ = { f ˆ X/ ˆ f ˆ ∈ E} est de rang 1 et de dimension celle de E. En fait toute sous algèbre de Lie L ˆ de rang 1 s’obtient ainsi. En effet si Y ˆ = P

ˆ a

i∂x

i

, ˆ a

i

∈ E ˆ

n

est un élément non nul, alors le champ X ˆ =

p.g.c.d.(ˆYˆa

1,...,ˆan)

convient. A noter que le champ X ˆ n’appartient peut être pas à L. ˆ

L’algèbre L ˆ de rang 1 sera dite saturable s’il existe X ˆ = P ˆ a

i ∂

∂xi

∈ L ˆ satisfaisant p.g.c.d.(ˆ a

1

, ..., ˆ a

n

) = 1. Dans ce cas L ˆ = { f ˆ X/ ˆ f ˆ ∈ E} satisfait la condition (∗). L’algèbre de Lie h

∂x

, x

∂x

, x

2∂x

i est saturable de rang 1 ; ici X ˆ =

∂x

. Par contre l’algèbre hx

∂x

, x

2∂x

i n’est pas saturable. On obtient d’autres exemples d’algèbres saturables ; pour cela notons R

n

= P

x

i∂x

i

X ˆ

n

le champ "radial" et E

dn

l’espace vectoriel des polynômes homogènes

de degré d en les variables x

1

, ..., x

n

. Les algèbres de Lie R

dn

:= E

nd

R

n

=

(6)

{f.R

n

/f ∈ E

nd

} sont commutatives de rang ponctuel générique 1. Parmi ces algèbres seules les R

0n

, n ≥ 2, sont saturables. On peut fabriquer d’autres sous algèbres de X ˆ

n

au moyen de R

dn

. Par exemple les algèbres R

dn

, engendrées par le champ radial et R

dn

, sont résolubles de rang 1. Les sous algèbres de GL(n, R ) ⊂ End R

n

, en particulier les sl(n, R ), peuvent être vues comme des algèbres de champs de vecteurs linéaires sur R

n

.

Notons sl R

dn

le R -espace vectoriel des champs de vecteurs engendré par sl(n, R ) et R

dn

; c’est en fait une sous algèbre de Lie dont la décomposition de Levi-Malcev est : sl R

dn

= R

dn

⊕sl(n, R ). Ces algèbres sont de rang maximal n.

De même les algèbres sl R

dn

engendrées par R

n

et sl R

dn

ont leur décomposition de Levi-Malcev du type suivant : sl R

dn

= R

dn

⊕sl(n, R ). La définition suivante est naturelle :

Définition 3 Soit L

d

une sous algèbre de Lie de X ˆ

n

dont les éléments sont des champs de vecteurs polynômiaux de degré inférieur ou égal à d. On dit que L

d

est d-déterminante si pour toute sous algèbre L ⊂ ˆ E ˆ

n

ayant L

d

pour d-jet et telle que l’application jet d’ordre d (J

d

: ˆ L → L

d

) soit un isomorphisme d’algèbre de Lie, alors L ˆ et L

d

sont conjuguées : il existe Φ ˆ appartenant à

\ Dif f ( R

n0

) tel que Φ ˆ

L ˆ = L

d

.

Théorème 4 Les algèbres R

dn

et sl R

dn

sont d + 1 déterminantes.

Preuve du Théorème 4 Soit L ⊂ ˆ X ˆ

n

une sous algèbre telle que J

d+1

: L → L ˆ

d+1

soit un isomorphisme avec L

d+1

égal à R

dn

ou sl R

dn

. Il existe donc un élément R ˆ de L ˆ dont le jet d’ordre d + 1 est précisément R

n

. Le théorème de linéarisation de Poincaré produit un difféomorphisme formel Φ ˆ vérifiant J

d+1

Φ = ˆ Id

Rn

et Φ ˆ

R ˇ = R

n

, où Id

Rn

désigne l’identité de R

n

. Soit X ˆ un élément de L ˆ tel que J

d+1

X ˆ = X

d

appartient à R

dn

ou à sl R

dn

. Comme [R, X

d

] = dX

d

on a [ ˆ R, X] = ˆ d X ˆ puisque J

d+1

est un isomorphisme. On en déduit que :

[ ˆ Φ

R, ˆ Φ ˆ

X] = ˆ d Φ ˆ

X. ˆ

Un calcul élémentaire montre que le champ formel Φ ˆ

X ˆ est homogène de degré d + 1 ; comme J

d+1

Φ = ˆ Id

Rn

, Φ ˆ

X ˆ = X

d

. Ainsi Φ ˆ

L ˆ = L

d+1

.

On déduit du théorème précédent l’existence de Φ ˆ tel que Φ ˆ

L ˆ = L

d+1

.

Soit Φ une réalisation de Borel de Φ, et ˆ L = (Φ

−1

)

L

d+1

. Alors L est une

réalisation de L ˆ telle que T

0

: L → L ˆ soit un isomorphisme ; d’où le :

Corollaire 5 Soit L ⊂ ˆ X ˆ

n

une sous algèbre de Lie. On suppose que J

d+1

L ˆ =

L

d+1

est une sous algèbre de Lie et que J

d+1

: ˆ L → L

d+1

est un isomor-

phisme. Si L

d+1

est égal à R

dn

ou sl R

dn

, alors L ˆ possède une réalisation C

L telle que T

0

: L → L ˆ soit un isomorphisme.

(7)

Considérons à présent une algèbre de Lie saturable, de rang 1 et de dimension finie : L ˆ = E. X ˆ = h X, ˆ f ˆ

1

X..., ˆ f ˆ

p

Xi, où ˆ f ˆ

k

∈ E ˆ

n

. Ici dim L ˆ = dimE = p + 1 que l’on suppose supérieure ou égale à 2. Le fait que L ˆ soit une algèbre de Lie implique que le sous espace vectoriel E = h1, f ˆ

1

..., f ˆ

p

i est invariant sous l’action de la dérivation X ˆ ; ce qui conduit au système différentiel :

D( ˆ X)

 

 

X( ˆ ˆ f

1

) = P

p j=0

λ

j1

f ˆ

j

. .

X( ˆ ˆ f

p

) = P

p j=0

λ

jp

f ˆ

j

(1)

où l’on a posé f ˆ

0

= 1. On distingue plusieurs cas suivant la nature du premier jet non nul du champ X. ˆ

1.2.1 Algèbres saturables de rang 1 non singulières

Dans ce cas le champ formel X ˆ est non singulier. Il existe, en particulier, Φ ˆ appartenant à Dif f \ (R

n0

) tel que Φ ˆ

X ˆ =

∂x

1

et Φ ˆ

L ˆ = E ◦ Φ ˆ

−1

.

∂x

1

=

h

∂x

1

, ˆ g

1∂x

1

..., ˆ g

p∂x

1

i avec ˆ g

i

◦ Φ = ˆ ˆ f

i

. Le système différentiel D( ˆ Φ

X) = ˆ D(

∂x

1

) devient maintenant un système d’équations différentielles ordinaires : D( ∂

∂x

1

)

 

 

∂ˆg1

∂x1

= P

p j=0

λ

j1

ˆ g

j

. .

∂ˆgp

∂x1

= P

p j=0

λ

jp

ˆ g

j

(2)

Considérons le comme un système différentiel en une variable x

1

. Il pos- sède un système fondamental de solutions s

1

, . . . , s

p

( s

k

= (s

lk

), l = 1, ..., p), les s

lk

étant des germes de fonctions analytiques (mêmes globales) à l’origine de R . Il est clair que les solutions formelles g ˆ = (ˆ g

1

, ..., ˆ g

p

) s’écrivent sous la forme :

ˆ

g(x

1

, ..., x

n

) = X h ˆ

jk

(x

2

, ..., x

n

).s

j

(x

1

)

où les ˆ h

jk

∈ E ˆ

n−1

. Soient h

jk

∈ E

n−1

des réalisations de Borel des h ˆ

jk

, les com- posantes g

1

, . . . , g

p

du vecteur g(x

1

, ..., x

n

) = P

h

jk

(x

2

, ..., x

n

).s

j

(x

1

) sont C

et solution du système D(

∂x

1

). Une vérification élémentaire montre que L

0

= h

∂x

1

, g

1 ∂

∂x1

..., g

p ∂

∂x1

i est une algèbre de Lie dont le jet Taylorien infini est Φ ˆ

L. En considérant une réalisation ˆ C

de Φ ˆ on obtient trivialement une algèbre de Lie, L = Φ

−1

L

0

, telle que T

0

: L → L ˆ soit un isomorphisme. D’où la :

Proposition 6 Soit L ˆ = E. X ˆ ⊂ X ˆ

n

une algèbre saturable de rang 1. Si X ˆ

est non singulier, alors il existe une sous algèbre L ⊂ X

n

telle que T

0

: L → L ˆ

est un isomorphisme.

(8)

1.2.2 Algèbres saturables de rang 1 à 1-jet nul

Ici J

1

X ˆ est identiquement nul. Dans ce cas pour tout élément Z ˆ de L ˆ le jet d’ordre 1, J

1

Z, de ˆ Z ˆ est nul. Ceci implique que l’application adjointe ad

Zˆ

: ˆ L → L ˆ est nilpotente. En effet les valeurs propres de ad

Zˆ

sont néces- sairement nulles. Par suite l’algèbre de Lie L ˆ est nilpotente et possède donc un centre non trivial C ⊂ ˆ L ˆ = h X, ˆ f ˆ

1

X, ..., ˆ f ˆ

p

Xi. Si ˆ X ˆ est dans le centre, alors [ ˆ X, f ˆ

i

X] = 0 ˆ pour tout i, et donc X(f ˆ

i

) = 0, pour i = 1, ..., p. Il en résulte que L ˆ est abélienne et que X ˆ possède une intégrale première non constante si dim L ≥ ˆ 2. Si X ˆ n’est pas dans C, alors il existe un élément non ˆ constant de E ˆ

n

tel que f ˆ X ˆ appartient à C. Comme ˆ f ˆ X ˆ et X ˆ commutent, f ˆ est une intégrale première non constante, par suite de 0 = [ ˆ f X, ˆ f ˆ

i

X] = ˆ ˆ X( ˆ f

i

). X ˆ on déduit que chaque f ˆ

i

est une intégrale première de X. Ceci conduit au ˆ fait que X ˆ appartient à C ˆ en contradiction avec l’hypothèse. Donc L ˆ est abélienne et on a la :

Proposition 7 Soit L ˆ = E. X ˆ ⊂ X ˆ

n

une algèbre saturable de rang 1 et de dimension finie. Si J

1

X ˆ = 0 et dim L ˆ > 1, alors L ˆ est abélienne et le champ X ˆ possède une intégrale première non constante.

Remarque 8 Si le champ possède une intégrale première non constante f ˆ

0

on peut supposer que f ˆ

0

(0) = 0 dans le cas saturable. Chaque élément ˆ l de E ˆ

1

produit une intégrale première ˆ l( ˆ f

0

). En particulier l’espace vectoriel L ˆ = { ˆ l( ˆ f

0

) ˆ X/ ˆ l ∈ E ˆ

1

} est une algèbre de Lie abélienne de dimension infinie.

Nous allons traiter le cas spécifique, en dimension d’espace 2, des al- gèbres saturables. L’avantage de la dimension 2 est conséquence d’un résul- tat de J.-F. Mattei et R. Moussu [13] qui dit que si X ˆ est un champ non nul, appartenant à X ˆ

2

, ayant une intégrale première formelle non constante, alors l’anneau des ses intégrales premières formelles A( ˆ ˆ X) ⊂ E ˆ

2

est engendré par un élément. Plus précisement il existe f ˆ

0

dans E ˆ

2

, dit minimal, défini à composition à gauche près par les éléments de Dif f \

1

( R

0

), tel que :

A( ˆ ˆ X) = { ˆ l( ˆ f

0

)/ ˆ l ∈ E ˆ

1

}

Cet énoncé est établi dans [13] dans les cadres complexes formel et holo- morphe, mais il s’adapte assez facilement au cas réel. On se propose d’établir la :

Proposition 9 Soit L ˆ = E. X ˆ ⊂ X ˆ

2

une sous algèbre saturable de rang 1 et dim L ˆ > 1. On suppose que L ˆ est abélienne et que le champ X ˆ possède une intégrale première non constante. Alors il existe une sous algèbre L ⊂ X

2

telle que T

0

: L → L ˆ soit un isomorphisme.

Preuve Soit f ˆ

0

une intégrale première minimale de X. La décomposition ˆ

complexe en facteurs irréductibles de f ˆ

0

est du type :

(9)

f ˆ

0

= ˆ f

1n1

... f ˆ

knk

( ˆ f

k+1

f ˆ

k+1

)

nk+1

...( ˆ f

p

f ˆ

p

)

np

avec n

i

∈ N , f ˆ

i

∈ E ˆ

2

pour i = 1, ..., k et f ˆ

i

∈ O ˆ

2

\ E ˆ

2

pour i = k + 1, ..., p où O ˆ

n

désigne l’anneau des séries formelles en n variables complexes et f ˆ

i

le conjugué de f ˆ

i

. Notons ω ˆ

0

la 1-forme définie par :

ˆ

ω

0

= ˆ f

1n1

... f ˆ

knk

f ˆ

k+1

f ˆ

k+1

... f ˆ

p

f ˆ

p

(

k

X

i=1

n

i

d f ˆ

i

f ˆ

i

+

p

X

i=k+1

n

i

( d f ˆ

i

f ˆ

i

f ˆ

i

f ˆ

i

)).

Cette 1-forme, à priori complexe, est visiblement réelle et à singularité al- gébriquement isolée. Soit X ˆ

0

un champ de vecteurs dual de ω ˆ

0

: ω ˆ

0

= i

Xˆ

0

dx

1

∧ dx

2

. L’algèbre de Lie L ˆ = E. X ˆ est du type L ˆ = h X, ˆ ˆ l

1

( ˆ f

0

) ˆ X, ..., ˆ l

p

( ˆ f

0

) ˆ Xi.

Considérons des réalisations C

de f ˆ

1

, ..., f ˆ

k

, g ˆ

k+1

= ˆ f

k+1

f ˆ

k+1

, ..., ˆ g

p

= ˆ f

p

f ˆ

p

notées respectivement f

1

, ..., f

k

, g

k+1

, ..., g

p

. Ces réalisations induisent une réalisation C

de X ˆ

0

, notée X

0

, possédant l’intégrale première

f

0

= f

1n1

...f

knk

g

k+1nk+1

...g

pnp

. Comme ω ˆ

0

est à singularité isolée il existe ˆ h ∈ E ˆ

2

tel que X ˆ = ˆ h X ˆ

0

. Le choix d’une réalisation h de ˆ h en produit une, X = hX

0

, pour X. Considérons des réalisations ˆ l

1

, ..., l

p

de ˆ l

1

, ..., ˆ l

p

respectivement. L’al- gèbre de Lie L = hX, l

1

(f

0

)X, ..., l

p

(f

0

)Xi est une réalisation abélienne de L ˆ telle que T

0

: L → L ˆ est un isomorphisme.

1.2.3 Algèbres saturables de rang 1 et à 1-jet non nul

On écrit L ˆ = h X, ˆ f ˆ

1

X, ..., ˆ f ˆ

p

X ˆ

p

i avec X(0) = 0 ˆ et J

1

X ˆ 6= 0. Ici encore l’espace E = h1, f ˆ

1

, ..., f ˆ

p

i est invariant par la dérivation X. On se place en ˆ dimension 2 ; nous distinguons les différents types de Jordan pour le 1-jet X

1

de X ˆ à conjugaison linéaire près :

1. λ

1

x

1 ∂

∂x1

+ λ

2

x

1 ∂

∂x2

avec (λ

1

, λ

2

) 6= (0, 0) (cas diagonal réel).

2. (αx

1

− βx

2

)

∂x

1

+ (βx

1

+ αx

2

)

∂x

2

où (α, β) 6= (0, 0) (cas diagonal complexe).

3. (λx

1

+ x

2

)

∂x

1

+ λx

2∂x

2

(cas non semi-simple).

Le champ X ˆ est formellement conjugué à sa partie linéaire dans les cas suivants :

• Cas 1 sans résonnance, ie i

1

λ

1

+ i

2

λ

2

6= λ

j

pour tout couple (i

1

, i

2

) d’entiers, i

1

+ i

2

≥ 2 et j ∈ {1, 2}.

• Cas 2 avec α 6= 0. On observe ici que les valeurs propres α ± iβ sont complexes et sans résonnances lorsque β 6= 0.

• Cas 3 avec λ 6= 0.

(10)

1.2.3.1 Réalisation C

dans les cas semi-simples non résonnants Ils correspondent aux cas diagonal réel sans résonnance et diagonal com- plexe avec α 6= 0. Dans le premier cas, à conjugaison formelle près, on suppose que X ˆ = X

1

= J

1

X. Le champ ˆ X

1

étant semi-simple, il l’est en tant que dérivation et sa restriction à E l’est aussi. On peut donc supposer que les f ˆ

j

forment une base de vecteurs propres de X ˆ : X ˆ f ˆ

j

= µ

j

f ˆ

j

, µ

j

∈ R .

Si x

i11

x

i22

est un monôme apparaissant avec un coefficient non nul dans f ˆ

j

, alors on a :

i

1

λ

1

+ i

2

λ

2

= µ

j

. (3) Lemme 10 Si λ

1

et λ

2

sont non résonnants, l’ensemble Λ des couples (i

1

, i

2

) ∈ N

2

satisfaisant (3) est fini.

Preuve On fixe (k

1

, k

2

) ∈ Λ réalisant le minimum pour l’ordre lexico- graphique. Si (i

1

, i

2

) appartient à Λ et (i

1

, i

2

) 6= (k

1

, k

2

) on a :

(i

1

− k

1

1

+ (i

2

− k

2

2

= 0. (4) Comme (λ

1

, λ

2

) est un couple non résonnant alors i

1

6= k

1

et i

2

6= k

2

. Par suite i

1

> k

1

et i

2

6= k

2

. Si i

2

était strictement supérieur à k

2

, alors (i

1

− k

1

) et (i

2

− k

2

) seraient positifs ; ce qui créerait une résonnance. Donc i

2

est strictement inférieur à k

2

et ne peut donc prendre qu’un nombre fini de valeurs. Puisque i

1

est déterminé par i

2

le lemme est vérifié.

Une conséquence du lemme est que chaque f ˆ

j

est un polynôme.

Dans le cas diagonal complexe linéaire avec α 6= 0 à conjugaison formelle près on suppose que X ˆ est égal à son 1-jet et on obtient un résultat analogue au cas réel. Ainsi l’algèbre L ˆ est conjuguée à une algèbre L

pol

de champs de vecteurs polynomiaux dans les cas diagonal réel non résonnant et diagonal complexe avec α 6= 0 :

L ˆ = ˆ φ

L

pol

, φ ˆ ∈ \ Dif f ( R

20

) et L

pol

⊂ X

2

.

Si φ ∈ Dif f ( R

20

) est une réalisation C

de φ ˆ alors L = φ

L

pol

est une réalisation de Borel de L ˆ telle que T

0

: L → L ˆ est un isomorphisme.

1.2.3.2 Cas résonnant

Nous étudions d’abord les résonnances de type Poincaré-Dulac, cas où le 1-jet de X ˆ s’écrit X

1

= λ(x

1∂x

1

+ nx

2∂x

2

), λ 6= 0 et n ∈ N \ {0, 1}. Ici il y a une seule résonnance : nλ

1

= λ

2

. D’après le Théorème de Poincaré-Dulac, [6]

le champ X ˆ est à conjugaison formelle près X ˆ = λ[x

1 ∂

∂x1

+ (nx

2

+ µx

n1

)

∂x

2

]

avec µ = 0 ou 1. Lorsque µ = 0 on est dans le cas diagonal réel. Ce cas se

(11)

traite comme en 1.2.3.1 : L ˆ est formellement conjuguée à une algèbre poly- nômiale. Ici encore L ˆ se réalise de façon C

.

Sinon on a une ramification du cas n = 1, µ = 1 qu’on fera en fin de paragraphe.

Nous avons ensuite la situation des résonnances pures qui se traite en deux sous cas :

• Cas hyperbolique où le 1-jet X

1

= λ(qx

1∂x

1

− px

2∂x

2

), λ 6= 0, p et q sont des entiers positifs et hp, qi = 1 ou p = 0 et q 6= 0 ou cas noeud-col p = 0 et q = 1.

• Cas elliptique : X

1

= β(−x

2∂x

1

+ x

1∂x

2

), où β 6= 0.

Notons que le champ λ(qx

1∂x

1

− px

2∂x

2

) a une intégrale première mo- nomiale x

p1

x

q2

tandis que le champ β(−x

2∂x

1

+ x

1∂x

2

) a l’intégrale première x

21

+ x

22

. Nous allons détailler le premier cas, le second présente une certaine similarité. La théorie des formes normales J. Martinet [12] (ou de la Jorda- nisation) permet d’écrire X ˆ = ˆ S + ˆ N avec [ ˆ S, N ˆ ] = 0 et S ˆ est formellement conjugué à sa partie linéaire, ie Φ ˆ

S ˆ = λ(qx

1∂x

1

− px

2∂x

2

), et le champ N ˆ est nilpotent, ce qui signifie ici que J

1

N ˆ = 0. Remarquons que l’on peut supposer pour notre contexte que λ = 1. Comme E = h1, f ˆ

1

, ..., f ˆ

p

i est inva- riant sous l’action de X, il l’est sous l’action de sa partie semi simple ˆ S ˆ la restriction de S ˆ à E reste semi simple, c’est à dire diagonalisable : à l’action près de φ ˆ que S ˆ = X

1

. D’où :

(qx

1

∂x

1

− px

2

∂x

2

)( ˆ f

j

) = µ

j

f ˆ

j

. (5) Si µ

j

= 0, f ˆ

j

est une intégrale première de S ˆ et s’écrit f ˆ

j

= ˆ l

j

(x

p1

x

q2

) avec ˆ l

j

∈ E ˆ

1

. Si µ

j

6= 0, alors la relation (5) implique que µ

j

est de la forme µ

j

= qr

j

− ps

j

. Soit F

j

= {(k, l) ∈ N

2

\ (0, 0)/kq − pl = µ

j

} et (r

j

, s

j

) le plus petit élément de F

j

pour l’ordre lexicographique. On a un lemme technique élémentaire suivant qui est analogue au Lemme 10 :

Lemme 11 Si (k, l) appartient à F

j

alors (k, l) = (r

j

, s

j

)+s(p, q), où s ∈ N .

Preuve Si (p, q) est de type (1, 0), alors (r

j

, s

j

) est de type (0, s

j

) et

(k, l) = (0, s

j

) +k(1, 0). Supposons dorénavant que pq 6= 0. Si (k, l) 6= (r

j

, s

j

)

on a (k −r

j

)q − (l −s

j

)p = 0 et donc k− r

j

6= 0. Par suite, puisque (r

j

, s

j

) est

minimal pour l’ordre lexicographique et pq 6= 0, k − r

j

> 0 et nécessairement

l − s

j

> 0. Le fait que hp, qi = 1 implique l’existence de s, d’où le lemme.

(12)

Il résulte du lemme précédent que l’on peut écrire f ˆ

j

= x

r1j

x

s2j

ϕ(x ˆ

p1

x

q2

) où ˆ

ϕ

j

∈ E ˆ

1

, r

j

et s

j

étant des entiers comme ci-dessus. Le champ N ˆ commutant avec S ˆ = λ(qx

1 ∂

∂x1

− px

2 ∂

∂x2

) a la forme suivante : N ˆ = x

1

α(x ˆ

p1

x

q2

) ∂

∂x

1

+ x

2

β(x ˆ

p1

x

q2

) ∂

∂x

2

où α ˆ et β ˆ appartiennent à E ˆ

1

.

En fait en remarquant que les transformations (x

1

A(x ˆ

p1

x

q2

), x

2

B(x ˆ

p1

x

q2

)), A, ˆ B ˆ ∈ E ˆ

1

, laissent invariant S ˆ on peut supposer que N ˆ est de la forme :

N ˆ = ˆ a(x

p1

x

q2

)(λ

1

x

1

∂x

1

+ λ

2

x

2

∂x

2

)

où λ

1

, λ

2

∈ R et ˆ a ∈ E ˆ

1

. Comme le champ X ˆ = ˆ S + ˆ N agissant sur E garde au moins un vecteur propre, disons f ˆ

1

, on a :

X(x ˆ

r1j

x

s2j

ϕ ˆ

j

(x

p1

x

q2

)) = (qr

1

− ps

1

)x

r11

x

s21

ϕ ˆ

1

(x

p1

x

q2

).

Puisque ˆ a 6= 0 on obtient par un calcul élémentaire :

(r

1

λ

1

+ s

1

λ

2

) ˆ ϕ

1

(t) + (pλ

1

+ qλ

2

)t ϕ ˆ

01

(t) = 0. (6) Remarquons la possibilité des cas spéciaux suivants :

• (λ

1

, λ

2

) = (0, 0) ; auquel cas X ˆ = ˆ S et (6) ne donne aucun renseigne- ment sur ϕ ˆ

1

.

• (λ

1

, λ

2

) 6= (0, 0) et pλ

1

+ qλ

2

= 0 ; comme ϕ ˆ

1

est non identiquement nul, r

1

q − s

1

p = 0 et f ˆ

1

= ˆ ψ(x

p1

x

q2

)) est une intégrale première de X ˆ qui s’écrit dans ce cas X ˆ = ˆ b(x

p1

x

q2

))(qx

1 ∂

∂x1

− px

2 ∂

∂x2

).

Dans le cas générique où (pλ

1

+ qλ

2

) 6= 0 on constate que ϕ ˆ

1

est un monôme : ϕ ˆ

1

= εt

s

avec s =

r1λ1+s1λ2

1+qλ2

∈ N ; ce qui montre également que f ˆ

1

est monômiale.

Lemme 12 La restriction X ˆ

|E

: E → E de la dérivation X ˆ est semi simple.

Preuve Si ce n’est pas le cas, comme les valeurs propres de X ˆ sont celles de S, et donc réelles sous nos hypothèses, la Jordanisation de ˆ X ˆ

|E

est réelle et il existe, à re-indexation près, f ˆ

1

et f ˆ

2

tels que X( ˆ ˆ f

1

) = µ

1

f ˆ

1

et X( ˆ ˆ f

2

) = µ

1

f ˆ

2

+ ˆ f

1

. Il en résulte que :

[ ˆ f

1

X, ˆ f ˆ

2

X] = ( ˆ ˆ f

1

X( ˆ ˆ f

2

) − f ˆ

2

X( ˆ ˆ f

1

)) ˆ X = ˆ f

12

X. ˆ

On en déduit que f ˆ

12

∈ E ; de même on a les équations :

(13)

[ ˆ f

1

X, ˆ f ˆ

12

X] = ˆ µ

1

f ˆ

13

X ˆ (7) [ ˆ f

12

X, ˆ f ˆ

2

X] = ( ˆ ˆ f

12

X( ˆ ˆ f

2

) − f ˆ

2

X( ˆ ˆ f

12

)) ˆ X = ( ˆ f

13

− µ

1

f ˆ

12

f ˆ

2

) ˆ X (8) On en déduit que si µ

1

est non nul, d’après (7), f ˆ

13

appartient à E ; dans le cas contraire f ˆ

13

appartient également à E d’après (8). Supposons par in- duction que f ˆ

1k

appartient à E, on a alors [ ˆ f

1

X, ˆ f ˆ

1k

X] = ˆ µ

1

(k − 1) ˆ f

1k+1

X. ˆ Et de nouveau f ˆ

1k+1

appartient à E lorsque µ

1

est non nul. Si µ

1

est nul on a [ ˆ f

1k

X, ˆ f ˆ

2

X] = ˆ ˆ f

1k+1

X, et on en déduit encore que ˆ f ˆ

1k+1

appartient à E.

Comme f ˆ

1

(0) = 0, les ordres des f ˆ

1k

augmentent ; ce qui implique que E est dimension infinie. Ceci est en contradiction avec dimE < +∞.

Il résulte du Lemme 11 que L ˆ = { X, ˆ f ˆ

1

X, ..., ˆ f ˆ

p

X}, où les ˆ f ˆ

i

sont des vecteurs propres de X ˆ : X( ˆ ˆ f

i

) = µ

i

f ˆ

i

, µ

i

∈ R . La structure d’algèbre de Lie est donnée par [ ˆ X, f ˆ

i

X] = ˆ µ

i

f ˆ

i

X ˆ et [ ˆ f

i

X, ˆ f ˆ

j

X] = (µ ˆ

i

− µ

j

) ˆ f

i

f ˆ

j

X. ˆ

Comme f

0

= 1 appartient à E l’un des µ

i

, disons µ

0

, est nul. Si tous les µ

i

sont nuls, alors tous les f ˆ

i

sont des intégrales premières du champ X ˆ ; comme E est supposé de dimension superieur ou égal à deux l’une au moins de ces intégrales premières est non constante. Le champ X ˆ s’écrit X ˆ = ˆ b(x

p1

x

q2

)(qx

1∂x

1

−px

2∂x

2

) et f ˆ

i

est égale à ˆ l

i

(x

p1

x

q2

), où ˆ b et les ˆ l

i

appartiennent à E ˆ

1

. Soit Φ ˆ le difféomorphisme de mise sous forme normale qui linéarise S. ˆ En choisissant des réalisations Φ, b et f

i

de Φ, ˆ ˆ b et f ˆ

i

respectivement on obtient une réalisation L de L ˆ telle que T

0

: L → L ˆ est un isomorphisme.

Supposons les µ

i

sont non tous nuls. Nous devons envisager deux cas : celui où tous les µ

i

sont non nuls pour i 6= 0, et celui où l’un des µ

i

est nul pour i 6= 0. Plaçons nous dans ce dernier cas. Disons X ˆ f ˆ

1

= 0, f ˆ

1

est non constant et X ˆ f ˆ

2

= µ

2

f ˆ

2

avec µ

2

6= 0. On peut supposer que f ˆ

1

(0) = 0 ; ce que l’on fera. On a [ ˆ f

1

X, ˆ f ˆ

2

X] = ˆ µ

2

f ˆ

1

f ˆ

2

X. Et donc ˆ f ˆ

1

f ˆ

22

X ˆ appartient à L. De ˆ même [ ˆ f

1

X, ˆ f ˆ

1

f ˆ

2

X] = ˆ µ

2

f ˆ

12

f ˆ

2

X ˆ et donc f ˆ

12

f ˆ

2

X ˆ appartient à L. Par induc- ˆ tion on montre que tous les f ˆ

1k

f ˆ

2

X, ˆ k ∈ N , sont dans L. Comme ˆ f ˆ

1

(0) = 0 ils forment une famille libre en contradiction avec la finitude de la dimension de L. Ainsi ce cas ne se présente pas. ˆ

Considérons la situation où tous les µ

i

, à l’exception de µ

0

, sont non nuls, ie la dimension du sous espace propre V (0) associé à µ

0

est 1. Les f ˆ

i

étant propres pour X, ils le sont pour sa partie semi-simple ˆ S ˆ et sont annulés par la partie nilpotente : S ˆ f ˆ

i

= µ

i

f ˆ

i

et N ˆ f ˆ

i

= 0. Supposons l’existence de µ

i

6= µ

j

pour deux indices distincts i et j qu’on suppose être 1 et 2. On a alors [ ˆ f

1

X, ˆ f ˆ

2

X] = (µ ˆ

2

− µ

1

) ˆ f

1

f ˆ

2

X ˆ et donc f ˆ

1

f ˆ

2

. X ˆ est dans L. On vérifie ˆ que X( ˆ ˆ f

1

f ˆ

2

) = (µ

2

+ µ

1

) ˆ f

1

f ˆ

2

. Notons que µ

2

+ µ

1

est non nul puisque V (0) est de dimension réelle 1. On a aussi [ ˆ f

1

X, ˆ f ˆ

1

f ˆ

2

X] = ˆ µ

2

f ˆ

12

f ˆ

2

X. Comme ˆ µ

2

est non nul, f ˆ

12

f ˆ

2

X ˆ appartient à L. Supposons que pour ˆ n ≤ k, f ˆ

1k

f ˆ

2

X ˆ

soit dans L. Des relations ˆ X( ˆ ˆ f

1n

f ˆ

2

) = (nµ

1

+ µ

2

) ˆ f

1n

f ˆ

2

et dimV (0) = 1 on

(14)

voit que nécessairement nµ

1

+ µ

2

6= 0. On déduit alors de [ ˆ f

1

X, ˆ f ˆ

1k

f ˆ

2

X] = ˆ ((k − 1)µ

1

+ µ

2

) ˆ f

1k+1

f ˆ

2

X ˆ que f ˆ

1k+1

f ˆ

2

X ˆ est dans L. Ainsi ˆ f ˆ

1k

f ˆ

2

X ˆ appartient à L ˆ et ceci pour tout k. Ce qui contredit la finitude de la dimension de E.

Donc tous les réels µ

i

, hormis µ

0

, sont égaux à une constante µ non nulle.

On en déduit que les f ˆ

i

sont du type f ˆ

i

= x

r1

x

s2

ϕ ˆ

i

(x

p1

x

q2

). L’algèbre L ˆ a donc la présentation suivante L ˆ = { X, ˆ f ˆ

1

X, ..., ˆ f ˆ

p

X} ˆ avec [ ˆ X, f ˆ

i

X] = ˆ µ f ˆ

i

X, ˆ µ = qr − ps et [ ˆ f

i

X, ˆ f ˆ

j

X] = 0. Rappelons que ˆ N ˆ est du type ˆ a(x

p1

x

q2

)(λ

1

x

1∂x

1

+ λ

2

x

2 ∂

∂x2

). Comme on l’a vu en (6) :

(rλ

1

+ sλ

2

) ˆ ϕ

i

+ (pλ

1

+ qλ

2

)t ϕ ˆ

0

≡ 0.

Si pλ

1

+ qλ

2

6= 0 alors chaque ϕ ˆ

i

est un monôme, et donc f ˆ

i

aussi : f ˆ

i

= f

i

= x

r1

x

s2

(x

p1

x

q2

)

ki

. Soient a une réalisation de a ˆ et X = (qx

1 ∂

∂x1

− px

2∂x

2

) + a(x

p1

x

q2

)(λ

1

x

1∂x

1

+ λ

2

x

2∂x

2

). L’algèbre L = hX, f

1

X, ..., f

p

Xi est alors, à conjugaison C

près, une réalisation C

de L ˆ telle que T

0

: L → L ˆ est un isomorphisme.

Si pλ

1

+ qλ

2

= 0, alors X ˆ est de la forme X ˆ = ˆ b(x

p1

x

q2

)(qx

1∂x

1

− px

2∂x

2

) ; et puisque µ = qr − ps 6= 0 on vérifie qu’en fait ˆ b est constant. Ainsi L ˆ = hX = qx

1∂x

1

− px

2∂x

2

, ϕ ˆ

1

(x

p1

x

q2

)X, ..., ϕ ˆ

p

(x

p1

x

q2

)Xi, où ϕ ˆ

i

appartient à E ˆ

1

. Ici aussi, en réalisant les ϕ ˆ

i

, on obtient une réalisation C

de L telle que T

0

: L → L ˆ soit un isomorphisme.

Lorsque X ˆ est elliptique on considère le complexifié L ˆ

C

de l’algèbre de Lie L. Le difféomorphisme ˆ (x

1

, x

2

) 7→ Φ(x

1

, x

2

) = (x

1

+ ix

2

, ix

1

+ x

2

) conjugue X ˆ à Y ˆ = X

1

+ ˆ N où X

1

= iβ(x

1 ∂

∂x1

− x

2 ∂

∂x2

) et N ˆ est nilpotent (J

1

N ˆ = 0).

En suivant la preuve de ce qui précède on voit que :

• Soit X ˆ = ˆ b(x

21

+ x

22

)X, où X = β(−x

2∂x

1

+ x

1∂x

2

) et L ˆ = h X, ˆ ϕ ˆ

1

(x

21

+ x

22

), ..., ϕ ˆ

p

(x

21

+ x

22

)i, où ˆ b et les ϕ ˆ

i

appartiennent à E ˆ

1

.

• Soit les vecteurs propres de Φ ˆ

X ˆ

C

sont des polynômes, X ˆ

C

étant le complexifié de X. Ce qui permet d’en déduire, à conjugaison formelle ˆ près, que L ˆ = h X, f ˆ

1

X, ..., f ˆ

p

X ˆ

p

i, où les f

i

sont des polynômes.

Selon le cas, en réalisant ˆ b et les ϕ ˆ

i

ou X, on obtient encore une réalisation ˆ L de L ˆ telle que T

0

: L → L ˆ est un isomorphisme.

1.2.3.3 Les cas non semi-simples

Lorsque X ˆ a son 1-jet nilpotent, disons x

1∂x

2

, X ˆ est lui même nil- potent. L’exemple typique d’algèbre saturable présentant cette configuration est L ˆ = h X ˆ = x

1 ∂

∂x2

, f ˆ

1

(x

1

) ˆ X, ..., f ˆ

p

(x

1

) ˆ Xi, où les f ˆ

i

∈ E ˆ

1

.

(15)

Soit L ˆ = h X, ˆ f ˆ

1

X, ..., ˆ f ˆ

p

Xi ˆ une sous algèbre de Lie saturable de X ˆ

2

avec J

1

X ˆ = x

1 ∂

∂x2

. Comme X ˆ est nilpotent en suivant la preuve du Lemme 12 on voit que les X ˆ f ˆ

i

sont nuls et que L ˆ est abélienne. En particulier si dim L ≥ ˆ 2, les f ˆ

i

sont non constants ; et X ˆ a ainsi une intégrale première non constante.

La Proposition 9 traite ce cas.

Dans le cas contraire, à difféomorphisme formel près, X ˆ = (λx

1

+x

2

)

∂x

1

+ λx

2 ∂

∂x2

, λ 6= 0. Notons qu’on peut supposer que λ = 1, ce que l’on fera. La Jordanisation du champ X ˆ est réelle ; on en déduit que celle de X ˆ

|E

est également réelle. Considérons une suite f ˆ

1

, ..., f ˆ

m

d’éléments de E telle que X( ˆ ˆ f

1

) = µ f ˆ

1

et X( ˆ ˆ f

i

) = µ f ˆ

i

+ ˆ f

i−1

pour i = 2, ..., m. Posons f ˆ

i

= P

j≥ki

A

ij

, où A

ij

est homogène de degré j et A

ik

i

est non nul. La condition X( ˆ ˆ f

1

) = µ f ˆ

1

implique que :

(µ − j)A

1j

= x

2

∂A

1j

∂x

1

∀j ∈ N . (9)

Si µ− j est non nul alors A

1j

≡ 0. En effet si on écrit A

1j

= P

j

k=l

α

jk

x

k1

x

j−k2

en reportant le dans l’équation précédente on voit que nécessairement α

jl

= 0.

On en déduit que µ = k

1

et f ˆ

1

= αx

k21

. Supposons qu’on ait montré que f ˆ

i−1

est un polynôme. L’équation X( ˆ ˆ f

i

) = µ f ˆ

i

+ ˆ f

i−1

implique que : (µ − j)A

ij

= x

2

∂A

ij

∂x

1

∀j > d

f ˆ

i−1

.

Cette équation est du même type que (9) ; on en déduit que tous les A

ij

sont nuls lorsque j > d

f ˆ

i−1

à l’exception peut être d’un seul. Ce qui im- plique que f ˆ

i

est un polynôme.

En considérant une base dans laquelle la matrice de X ˆ

|E

est sous forme de Jordan on déduit que L ˆ est conjuguée à hX = (x

1

+x

2

)

∂x

1

+x

2 ∂

∂x2

, f

1

X, ..., f

p

Xi, où les f

i

sont des polynômes. En résumé nous obtenons le :

Théorème 13 Soit L ⊂ ˆ X ˆ

2

une sous algèbre de Lie de dimension finie, saturable et de rang ponctuel 1. Il existe une réalisation C

notée L de L ˆ telle que T

0

: L → L ˆ soit un isomorphisme d’algèbre de Lie.

1.3 Dimension deux : algèbres abéliennes de rang deux La Proposition 7 montre que les algèbres abéliennes jouent un rôle spécial dans notre contexte. Toutefois cette proposition ne possède pas de généralisa- tion lorsque le rang ponctuel générique est plus grand que 1. Par exemple l’algèbre engendrée par les trois champs X

0

= x

1

x

2∂x

3

, X

1

= x

2

x

3∂x

4

et

(16)

X

2

= x

1

x

22∂x

4

, [X

0

, X

1

] = X

2

, est une sous algèbre de rang 2 de X ˆ

4

; elle est toutefois nilpotente. En fait on a la :

Proposition 14 Soit L ⊂ ˆ X ˆ

n

une sous algèbre de Lie de dimension finie.

On suppose que J

1

L ˆ = {0}, ie L ⊂ M ˆ

2

X ˆ

n

. Alors L ˆ est nilpotente.

Preuve Il suffit d’établir que les applications ad

Xˆ

: ˆ L → L ˆ définies par ad

Xˆ

( ˆ Y ) = [ ˆ X, Y ˆ ] et X ˆ ∈ L, sont toutes nilpotentes d’après [3]. On peut, ˆ quitte à complexifier, supposer que L ˆ est définie sur C , ie L ⊂ ˆ X ˆ

n

( C

n,0

). Soient X ˆ et Y ˆ deux éléments de L ˆ tels que Y ˆ est propre pour ad

: ad

( ˆ Y ) = µ Y ˆ . Comme J

1

X ˆ = 0 l’ordre du premier jet non nul de [ ˆ X, Y ˆ ] est strictement supérieur à celui de Y ˆ ; on en déduit que µ est nulle et par suite ad

est nilpotente.

On appelle quotient formel tout élément du corps des fractions M ˆ

n

de l’anneau des séries formelles de E ˆ

n

. Un élément de M ˆ

n

s’écrit

fˆgˆ

, où f ˆ et g ˆ sont des éléments de E ˆ

n

sans facteur commun. Pour les algèbres commutatives de champs formels, on obtient en dimension deux d’espace :

Lemme 15 Soit L ⊂ ˆ X ˆ

2

une algèbre de Lie abélienne de champs formels de rang 2. Alors dim L ˆ = 2.

Preuve Soient X ˆ et Y ˆ deux éléments de L ˆ tels que det( ˆ X, Y ˆ ) 6= 0. Si Z ˆ appartient à L ˆ il existe des quotients formels A ˆ et B ˆ tels que Z ˆ = ˆ A X ˆ + ˆ B Y ˆ (algèbre linéaire sur le corps des séries formelles). Comme [ ˆ X, Y ˆ ] = [ ˆ X, Z] = ˆ [ ˆ Y , Z] = 0 ˆ on a X( ˆ ˆ A) = ˆ X( ˆ B) = ˆ Y ( ˆ A) = ˆ Y ( ˆ B) = 0. Par suite on en déduit que

∂xAˆ

i

=

∂xBˆ

i

= 0, pour i = 1, 2. Ce qui implique que A ˆ et B ˆ sont constantes.

Exemples 16 Dans chacun des cas suivants l’algèbre L ˆ est abélienne de rang 2.

1. Variables séparées : L ˆ = h f ˆ

1

(x

1

)

∂x

1

, f ˆ

1

(x

2

)

∂x

2

i, où f ˆ

i

appartient à E ˆ

1

. 2. Linéaires diagonales : L ˆ = hλ

1

x

1 ∂

∂x1

+ λ

2

x

2 ∂

∂x2

, µ

1

x

1 ∂

∂x1

+ µ

2

x

2 ∂

∂x2

i, avec λ

1

µ

2

− λ

2

µ

1

6= 0.

3. Résonnantes : L ˆ = hqx

1∂x

1

−px

2∂x

2

, ˆ a(x

p1

x

q2

)(λ

1

x

1∂x

1

+ λ

2

x

2∂x

2

)i, où λ

i

∈ R , p, q ∈ N et pλ

1

+ qλ

2

6= 0.

On dispose, dans chacun de ces cas, de réalisation C

L de L ˆ telle que T

0

: L → L ˆ soit un isomorphisme.

Si X ˆ et Y ˆ sont tels que det( ˆ X, Y ˆ ) 6= 0 il existe deux 1-formes différentielles ˆ

α et β, à coefficients dans ˆ M ˆ

2

telles que i

Xˆ

α ˆ = i

Yˆ

β ˆ = 1 et i

Xˆ

β ˆ = i

Yˆ

α ˆ = 0.

La commutation de X ˆ et Y ˆ implique que les 1-formes α ˆ et β ˆ sont fermées.

(17)

1.3.1 Formes normales des formes fermées à coefficient dans M ˆ

n

Considérons un germe de 1-forme méromorphe fermée ω à l’origine de C

n

; il s’écrit sous la forme ω =

Θf

, avec Θ ∈ Ω( C

n

) germes de 1-forme holomorphe et f ∈ O(C

n

), f = f

1n1+1

...f

pnp+1

, les f

i

étant irréductibles et aucun des f

i

ne divisant Θ. D. Cerveau et J.-F. Mattei [6] établissent la décomposition, en "éléments simples", suivante de ω :

ω =

p

X

i=1

λ

i

df

i

f

i

+ d( H f

1n1

...f

pnp

)

où λ

i

∈ C (résidu de ω le long de f

i

) et H ∈ O(C

n

). Dans le cas réduit où ω est à pôles simples, ω = P

p

i=1

λ

idffi

i

+ dH, ω est dite logarithmique.

La décomposition en éléments simples s’étend aux formes méromorphes for- melles fermées, c’est à dire à coefficients dans le corps des fractions M ˆ

n

(C) de O( ˆ C

n

). Pour un tel ω ˆ on a de manière analogue :

ˆ ω =

p

X

i=1

λ

i

d f ˆ

i

f ˆ

i

+ d( H ˆ f ˆ

1n1

... f ˆ

pnp

).

Considérons à présent une 1-forme méromorphe formelle fermée ω ˆ =

Θˆ

où Θ = ˆ P

n

i=1

ˆ a

i

dx

i

∈ Ω ˆ

1n

et les a ˆ

i

, f ˆ ∈ E ˆ

n

. Notons f ˆ

C

le complexifié de f ˆ . La décomposition en facteurs irréductibles de f ˆ

C

est du type f ˆ

C

= f ˆ

1n1+1

... f ˆ

qnq+1

(ˆ g

1

ˆ h

1

)

m1+1

...(ˆ g

l

ˆ h

l

)

ml+1

, où les f ˆ

1

, ..., f ˆ

q

sont réels, ie des com- plexifiés d’éléments de E ˆ

n

, et les ˆ g

j

et ˆ h

j

sont complexes conjugués ; ce qui revient à dire que g ˆ

j

ˆ h

j

est le complexifié d’un élément de E ˆ

n

du type P ˆ

j2

+ ˆ Q

2j

= ( ˆ P

j

+ i Q ˆ

j

)( ˆ P

j

− i Q ˆ

j

).

Si ω ˆ

C

est le complexifié de ω ˆ on a :

ˆ ω

C

=

p

X

i=1

λ

i

d f ˆ

i

f ˆ

i

+

l

X

j=1

µ

j

dˆ g

j

ˆ g

j

+

l

X

j=1

¯ µ

j

d ˆ h

j

ˆ h

j

+ d( K ˆ

f ˆ

1n1

... f ˆ

pnp

(ˆ g

1

ˆ h

1

)

m1

...(ˆ g

l

ˆ h

1

)

ml

)

avec λ

i

∈ R , µ

j

∈ C , K ˆ ∈ O( ˆ C

n,0

) réel. La forme ω ˆ

C

est invariante sous l’action de l’automorphisme de corps z 7→ z. De sorte que ¯ ω ˆ s’écrit finalement sous la forme (∗∗) :

ˆ ω =

p

X

i=1

λ

i

d f ˆ

i

f ˆ

i

+

l

X

j=1

(a

j

d( ˆ P

j2

+ ˆ Q

2j

) ( ˆ P

j2

+ ˆ Q

2j

) + b

j

P ˆ

j

d Q ˆ

j

− Q ˆ

j

d P ˆ

j

) ( ˆ P

j2

+ ˆ Q

2j

)+

d( H ˆ

f ˆ

1n1

... f ˆ

pnp

( ˆ P

12

+ ˆ Q

21

)

m1

...( ˆ P

l2

+ ˆ Q

2l

)

ml

)

avec λ

i

, a

j

, b

j

∈ R , f ˆ

i

, P ˆ

j

, Q ˆ

j

et H ˆ dans E ˆ

n

. On dit que ω ˆ est logarithmique

s’il est à pôles simples ; c’est à dire les n

i

et m

j

sont tous nuls.

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