Fanny ISAAC
Isabelle DOSSEGGER
Volée Bachelor Automne 2009
PROGRAMME DE FORMATION INFIRMIERES, INFIRMIERS
Tiré de Albertville Paroisse Bienheureux (2012)
Soins de prévention auprès des requérants d’asile : comment
collaborer ?
Travail de Bachelor présenté à la
Haute école de la Santé La Source
LAUSANNE 2012
Directrice de mémoire : Stéphanie Dumas
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Remerciements
v À notre directrice de mémoire Madame Stéphanie Dumas pour la qualité de ses
conseils, sa grande disponibilité et sa faculté à nous guider,
v À Monsieur Michel Jeanguenat pour ses encouragements et son intérêt envers
notre problématique lors des séminaires, ainsi que pour ses éclaircissements
quant aux directives de réalisation de cette revue de littérature,
v À Roland Rimaz, infirmier chef du CSI, pour sa grande disponibilité, ses
réponses à nos questions et pour les documents qu’il nous a transmis,
v À Madame Eléonore Clamen qui a accepté d’être notre experte clinique pour ce
travail,
v À nos familles pour leur œil attentif dans la phase de relecture de notre travail,
v Aux habitants du 4
èmeétage du «Cazard» pour leur soutien et leur bonne
humeur,
v Et enfin, merci aux musiciens sénégalais, qui ont amenés de la couleur et du
soleil à nos heures de travail.
À Vous tous qui, d’une manière où d’une autre,
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Table des matières
Résumé ...3
1.
Introduction ...4
2.
Questionnement et problématique ...4
2.1. Contexte et origine de la question ...4
2.1. Argumentation de la question en fonction du champ clinique de la discipline infirmière ...5
2.2. Argumentation de la pertinence de la question en fonction du contexte socio-sanitaire et professionnel...5
2.3. Présentation et définition des concepts théoriques ...6
3.
Méthodologie ...9
3.1. Bases de données, périodiques et ouvrages utilisés ... 10
3.2. Stratégie de recherche par mots clés ... 10
4. Résultats ... 11
5. Résumé et analyse critique des articles ... 13
6.
Tableau comparatif des résultats ... 20
7.
Discussion et perspectives ... 27
7.1. Implications pour la pratique infirmière : ... 29
7.2. Perspectives de recherche ... 33
7.3. Limites de la revue de littérature ... 33
8.
Conclusion ... 34
9.
Références bibliographiques ... 36
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Résumé
Introduction : La situation des requérants d’asile en Suisse, dans un contexte de prévention des maladies, est un sujet actuel qui fait intervenir la dimension socio-culturelle en quête de repères, et les dimensions biologique et psychologique souvent perturbées. Nous savons que cette population estime être moins bien soignée que les autochtones, que leur accès aux soins est difficile. De plus, une situation de précarité comme la leur, peut les inciter à prioriser leurs besoins physiologiques et sécuritaires, selon la pyramide de Maslow (Annexe 5), ce qui pourrait défavoriser les soins de prévention. Ainsi prend sens le désir de collaborer avec cette population dans un but de soins de prévention.
Notre question de recherche est : Comment, en tant qu’infirmière, collaborer avec une personne requérante d’asile dans une offre de soins de prévention ?
Méthode : Pour répondre à cette question, nous avons effectué des recherches d’articles scientifiques abordant le sujet, trouvés à l’aide de différentes bases de données et de personnes ressources. Ce travail est une revue de littérature non exhaustive. Pour l’analyse des différentes études, nous nous sommes aidées de la grille du Bureau de Transfert et d’Echanges de Connaissances (BTEC, Côté, Mercure & Gagnon, 2005). Les différents résultats obtenus ont été comparés.
Résultats : Nous avons retenu neuf articles scientifiques. Ces dernières se complètent et couvrent les champs de la problématique. Les résultats démontrent les besoins des requérants d’asile en matière de santé, les difficultés rencontrées par les infirmières dans la collaboration avec cette population et certains comportements de santé des requérants en termes de prévention.
Discussion : Les résultats de ces articles mettent en évidence les besoins intégrés dans les dimensions biologiques, psychologiques, sociales, culturelles et spirituelles de la population requérante d’asile ainsi que des pistes d’implications pour la pratique infirmière dans les différents niveaux de prévention. Des pistes sont également données aux infirmières pour une offre en soin culturellement adéquate. Quelques limites de la revue de littérature sont évoquées.
Conclusion : Les résultats probants issus de nos articles soulignent l’importance pour une infirmière de collaborer dans l’offre en soins de prévention, et d’utiliser la recherche infirmière pour faire évoluer sa pratique quotidienne dans ce domaine.
La rédaction et les conclusions de ce travail n’engagent que la responsabilité de ses auteurs et en aucun cas celle de la Haute école de la santé La Source.
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1. Introduction
Ce travail de Bachelor nous initie au processus de recherche scientifique dans le domaine des soins infirmiers. En plus de nous permettre de développer des compétences à la recherche, il nous exerce à l’analyse critique.
Notre questionnement à l’origine de cette revue de littérature provient d’un intérêt commun pour l’interculturalité. De plus, nous sommes toutes les deux sensibles aux personnes vivant en situation de précarité. Nous souhaitons ainsi profiter de ce travail, dans le domaine des soins de prévention, des compétences relationnelles de qualité envers une population souvent discrète dans le milieu hospitalier : les requérants d’asile dans le domaine des soins de prévention. Les conséquences multiples du statut de cette population demandent une offre en soins spécifiquement adaptée et holistique.
Dans ce qui va suivre, nous allons relater les motivations personnelles et professionnelles à l’origine de notre questionnement et de la problématique posée dans cette revue de littérature. Nous poursuivront en argumentant la pertinence de cette interrogation en regard du contexte socio-sanitaire et infirmier. Les concepts clés de notre thématique seront explicités avant de partager la méthodologie à la base de ce travail de Bachelor. S’en suivra une analyse critique de la méthode employée par les différents auteurs des articles scientifiques que nous avons analysés ainsi que l’argumentation de notre choix. Les résultats s’émanant de ces derniers seront comparés à l’aide d’un tableau puis rassemblée d’après les dimensions biologiques, psychologique, sociales, culturelles et spirituelles pour finalement en tirer les perspectives d’implication pour la pratique infirmière. De nouveaux questionnements et réflexions dans le domaine des sciences infirmières seront mis en évidence avant que nous exposions les limites de notre revue de littérature et que nous apportions des conclusions à notre travail.
2. Questionnement et problématique
2.1. Contexte et origine de la questionDe par nos différentes expériences personnelles dans le cadre de nos stages, dont l’un effectué dans un dispensaire au Sénégal, et de notre quotidien, nous avons rencontré plusieurs problématiques culturelles dans le milieu des soins infirmiers. Les représentations, liées à la santé, de l’infirmière peuvent s’opposer à celles du patient et sont souvent sources de frustrations bilatérales. Cette difficulté à laquelle les soignants font face actuellement en Suisse nous a interpellé.
L’interculturalité est définit par le Centre d’apprentissage interculturel des Affaires étrangères et Commerce international Canada (2011) de la manière suivante : « personnes issues de cultures différentes qui interagissent les unes avec les autres dans la mesure où les deux groupes font des arrangements pour établir une relation. ». Ce terme insiste sur l’échange réciproque culturel à l’inverse du terme « multiculturel », qui entend une cohabitation de plusieurs cultures sans préciser s’il existe une interaction entre elles.
Lors de nos différentes recherches, le thème de l’interculturalité étant trop vaste, nous nous sommes spécialement intéressées à la population nouvellement arrivée en Suisse, qui, en plus de connaître des barrières culturelles et linguistiques, présente des bouleversements sociaux. Notre attention s’est naturellement portée sur la population requérante d’asile. En effet, l’accès aux soins lui est plus problématique ; c’est la raison pour laquelle la situation de cette population face aux soins nous interroge. Nous pouvons penser, de part leur situation souvent précaire, que les requérants d’asile ne donnent pas forcément la priorité à leur santé et encore moins à la prévention.
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C’est ainsi que nous nous sommes attardées sur la question suivante :
Comment, en tant qu’infirmière, collaborer avec une personne requérante d’asile dans une offre de soins de prévention ?
2.1. Argumentation de la question en fonction du champ clinique de la discipline infirmière
Dans ce qui suit, nous allons démontrer l’importance de notre questionnement pour la pratique clinique de la profession infirmière. Comme nous l’avons expliqué ci-dessus, dans notre expérience estudiantine, nous avons rencontré des situations où les divergences d’opinions d’origine culturelles menaient à des conflits ou encore des soins négligents.
Vonarx (2010), écrit dans ce sens :
La rencontre d’une infirmière inscrite dans une culture soignante qui réduit le malheur à des causes et à des manifestations objectives, et une personne à soigner qui baigne dans une autre réalité et dont l’expérience est complexe et subjective, peut conduire à des conflits ou à un choc de représentations. (p.17)
De plus, comme le démontre le tableau de l’Office Fédérale des Statistiques (OFS, 2011, Annexe 2), la population résidente étrangère en Suisse est d’origines diversifiées, de même, selon l’Office fédérale Des Migrations (ODM, 2011, Annexe 4), en ce qui concerne la population requérante d’asile. Et ces diverses origines sont alors vectrices de diverses cultures face auxquelles les infirmières peuvent se retrouver dans les soins. Face à cette multiculturalité, « beaucoup d’infirmières diplômées se sentent parfois démunies devant leurs patients provenant de cultures différentes et ont des difficultés à communiquer, évaluer et intervenir auprès d’eux. » (Hunt & Muray, 2009, p. 115). En outre, les requérants d’asile, en plus d’avoir une culture différente du pays qui les accueille, ont un statut particulier qui influence souvent leurs problématiques de santé ; cet état de fait peut-être une difficulté supplémentaire pour les infirmières. Une personne requérante d’asile en situation de précarité qui souffre de troubles de santé donnera un sens et une importance à sa maladie qui lui sera propre. De plus, étant donné l’incertitude de son avenir, les problématiques de santé peuvent être jugées comme étant d’importance secondaire. Ainsi, dans un tel contexte de précarité, la collaboration infirmière dans un cadre de prévention prend tout son sens.
2.2. Argumentation de la pertinence de la question en fonction du contexte socio-sanitaire et professionnel
Afin d’argumenter la pertinence de notre question au niveau sanitaire et professionnel, nous allons mettre en évidence l’évolution de la répartition étrangère en Suisse. Selon le graphique de l’OFS (2011, Annexe 1), en 1910, elle était déjà de 14,7% et s'élève à 22% en 2009, pour une population de 7 731 167 habitants. Par ailleurs, la Suisse fait partie des pays européens qui ont l'un des plus haut taux de population étrangère par rapport à la population totale. Cependant, toujours selon le tableau de l’OFS (2011, Annexe 1), fin 2004, près d’un cinquième des étrangers (21,4%) sont nés en Suisse et appartient donc à la deuxième, voire à la troisième génération résidant en Suisse. Plus du tiers des étrangers nés à l’étranger réside en Suisse depuis au moins quinze ans et 16,9% y vivent même depuis plus de 30ans. En effet, le taux brut de naturalisation Suisse est très restrictif et reste, en comparaison européenne, relativement faible (2,4%). La nationalité Suisse s’acquière par le droit du sang. Parmi ces
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étrangers, selon le graphique de l’OFS (2005, Annexe 3), en 2004, 55'100 personnes (3,4% de tous les étrangers) relèvent du domaine de l’asile ; en 2010, 15 567 personnes ont fait une demande d’asile. Par ailleurs, nous pouvons prendre en compte les ressentis des migrants sur leur prise en charge par le système de santé : selon l’Office Fédérale de la Santé Publique (OFSP, 2007), 10% d’entre eux déclarent que leurs besoins en rapport avec leur culture ou leur religion ne sont pas respectés de manière adéquate. Ce chiffre est d’autant plus significatif chez les personnes estimant être en mauvaise santé ou ayant un niveau d’intégration moyen à faible. 13% d’entre eux ont l’impression d’être moins bien traités que la population suisse. Concernant les requérants d’asile, ils disent se sentir en nettement moins bonne santé que le reste des migrants interrogés, d’où l’importance de s’intéresser à cette population.
De plus, selon l’OFSP (2008a), les migrants ont davantage de problèmes de santé que les Suisses. Ces inégalités seraient dues à des difficultés de compréhension, à un moins bon accès aux soins ainsi qu’au manque de sensibilité des systèmes de santé locaux envers la santé des personnes migrantes. D’après l’OFSP (2008b), l’ONU oblige, avec l’article 12 du Pacte international relatif aux droits économiques (entrée en vigueur en 1976) les pays signataires, dont la Suisse, à garantir un accès aux soins pour tous. Dans ce sens, la Commission Européenne a lancé en 2002, le projet Migrant Friendly Hospitals qui demande aux hôpitaux européens d’adapter leur organisation vers les besoins multiculturels. En Suisse, la stratégie fédérale « Migration et santé » de 2002 à 2007 proposée par l’OFSP qui est responsable de toutes les mesures de promotion de la santé de la population migrante. Ce projet comprend, entre autres, la collaboration avec les organismes d’interprétariat communautaire, l’inspiration de l’initiative européenne Migration friendly Hospitals en lançant des mesures particulières dans le domaine de Migration et Santé dans une quarantaine d’hôpitaux. De plus, il comprend la réalisation d’un « Monitoring de l’état de santé de la population migrante en Suisse », la création d’un site internet qui permet aux spécialistes de la santé d’accéder à de nombreuses brochures sur différents thèmes de santé dans diverses langues. Il intègre également un programme de prévention VIH/sida auprès des migrants provenant des pays subsahariens ainsi que la mise en place de projets de prévention et de promotion de la santé facilement accessible à la population migrante. Fin 2007, l’OFSP a mis en place la stratégie « Migration et santé phase II » (2008 à 2013) en collaboration avec l’Office Fédérale des Migrants (ODM) et la Commission Fédérale des Etrangers (CFE). Elle se base sur les expériences faites durant la phase I mais est davantage centrée sur les compétences des professionnels de la santé et les ressources existantes dans la population migrante ainsi que sur une approche multisectorielle (travail, logement, éducation, etc.). Tout cela nous prouve l’importance de notre question professionnelle car elle s’inscrit dans l’actualité et est une réelle préoccupation dans la
politique suisse.
2.3. Présentation et définition des concepts théoriques 2.3.1. Requérants d’asile
D’après l’approche transculturelle, « les patients sont explicitement considérés comme des sujets dont les expériences relèvent de dimensions culturelles, ethniques et sociales » (Vonarx, 2010, p. 16). Ainsi, ces dimensions sont d’autant plus importantes pour les requérants d’asile. Selon l’article 71 de la loi sur l’asile (1998), pendant la procédure d’asile, le requérant d’asile a le droit de séjourner en Suisse et reçoit pour la durée du séjour un livret N (valable 12 mois). Ce permis lui donne le droit de résidence dans un canton mais ne permet en aucun cas de quitter le territoire suisse ; il n’a pas droit au regroupement familial. Après un examen approfondi, l’Office Fédérale des Migrations se prononce sur la demande d’asile. Le livret N peut être remplacé par un livret B si la personne est reconnue comme réfugiée (et peut alors faire une demande pour obtenir un permis C) avec une protection également
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accordée à son conjoint et à sa famille. Cependant, si l’asile est refusé, mais que le renvoi est considéré comme impossible aux vues des conditions du pays d’origine ou de l’état de santé du requérant, il reçoit un livret F (admission provisoire). Il existe également le permis B humanitaire accessible après quatre ans de demande d’asile si la procédure n’est pas encore achevée. En pratique ce type de permis n'est désormais accordé qu'aux familles intégrées et indépendantes financièrement, avec des enfants scolarisés et bien intégrés. Selon l’article 43 de la loi sur l’asile (1998), le requérant n’a pas le droit d’exercer une activité lucrative pendant les trois premiers mois. De plus, selon les Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG, 2007), la confédération verse aux cantons, pendant la période définie par la loi (5 ans), un dédommagement forfaitaire global pour l'aide sociale apportée aux requérants d'asile.
Nous pensons qu’il est important pour notre travail de préciser la différence entre les requérants d’asile et les réfugiés. Bien que leurs statuts diffèrent, certains éléments sont similaires. Leurs expériences pré-migratoires peuvent être comparables dans la mesure où les réfugiés ont été requérants d’asile. L’adaptation culturelle, sociale et linguistique, en phase post-migratoire, est également présente pour les deux cas de figure, à la différence que les réfugiés ne présentent pas un même niveau d’incertitude quant à leur avenir dans le pays d’accueil.
Tout cela, met en évidence le statut précaire des requérants d’asile en Suisse, en effet, ils doivent faire face à d’importantes difficultés professionnelles, administratives, de logement et de finances importantes. De plus, « les migrants forcés, en particuliers les requérants d’asile, … se retrouvent en Suisse dans une situation d’incertitude et de vulnérabilité. A la merci de décisions politiques, ils souffrent de stigmatisation et d’isolement, de conditions d’habitats précaires et de difficultés d’accès aux soins.» (Bodenmann et al. 2008, p.2567). Cependant, les soins de santé primaires ont pour but une meilleure santé pour tous, sans inégalités de traitement. Selon la déclaration d’Alma-Ata de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en 1978, l’article VI stipule que « les soins de santé primaires sont essentiellement une forme de soins basés sur des méthodes pratiques, scientifiquement saines et socialement acceptables ».
L’OMS (2012) a recensé des éléments clés pour y parvenir :
Réduire l’exclusion et les disparités sociales dans le domaine de la santé, intégrer la santé dans tous les secteurs, organiser les services de santé autour des besoins et des attentes des populations, suivre des modèles de collaboration et de dialogue politique et augmenter la participation des acteurs concernés.
2.3.2. Précarité
Selon Madeleine Leininger et McFarland (2002), qui a montré la voie des soins transculturels dans le domaine des soins infirmiers, le contexte environnemental se réfère à la totalité de l’environnement : l’environnement physique, géographique et socioculturel. (p.23)
De plus, la population requérante d’asile a la particularité, comme vu ci-dessus, d’être en situation d’incertitude face à son avenir. Effectivement, ces personnes ont que très peu de maîtrise quant à l’éventuelle obtention d’un permis de séjour, et peuvent se voir être contraintes de retourner dans leur pays d’origine. Ainsi, l’attachement au contexte est influencé par cette notion de précarité. A cela s’ajoute une instabilité de repères sécurisants. Ainsi, selon la pyramide de Maslow (Annexe 5), la sécurité (qui comprend la protection physique et morale) est un besoin qui, en termes d’importance, intervient juste après celui de la survie. Cette sécurité permet que les besoins de la socialisation, de l’estime et de l’accomplissement puissent être satisfaits. Le sentiment d’insécurité empêchera la création d’échanges, la considération d’autres personnes ainsi que la réalisation personnelle. En conséquent, ceci serait une entrave à l’accès aux soins.
La précarité est explicité par Pessel-Nobrega & Raymond (2010), comme désignant « un état fluctuant, mal délimité, comme en attente de stabilisation, et n’est donc pas synonyme de pauvreté »
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(p. 4). Effectivement, Jabelo, Khénifer, Le Gal, Thierry Masson & Voisin (2011) ajoute que, « pour de nombreux usagers [en situation précaire], manger et dormir sont les premières préoccupations. Prendre soin de leur corps et se soigner sont secondaires. » (p. 43, 2011). En outre, « la personne en situation de précarité a souvent perdu tous ses repères de vie et il lui est difficile, voire impossible, d’observer
des traitements à long terme. » (p. 44)
Ainsi, le concept de précarité est important à prendre en compte dans le but d’offre de soins de prévention afin d’aider la personne à avoir malgré tout des repères stables dans le domaine de la santé.
2.3.3. Soins de prévention
Afin d’expliquer le concept des soins de prévention, nous allons commencer par définir la promotion de la santé. Selon la Charte d’Ottawa, de 1986 pour la promotion de la santé, celle-ci est « le processus qui confère aux populations les moyens d’assurer un plus grand contrôle sur leur propre santé, et d’améliorer celle-ci. » (OMS, 2012)
La déclaration de Djakarta de l’OMS (1997), dit que :
La promotion de la santé est une entreprise qui est menée à bien par les individus et avec eux et non pas en leur nom ou à leur intention. Elle permet d’améliorer l’aptitude des individus à agir pour leur santé, ainsi que la capacité des groupes, organisations ou autres communautés à influencer les facteurs déterminants de la santé. (CII, 2009)
Ainsi, les 5 stratégies de promotion de la santé, selon la charte d’Ottawa de l’OMS en 1986 sont 1) l’élaboration de politiques pour la santé, 2) la création d’environnements favorables, 3) le
renforcement de l’action communautaire, 4) l’acquisition d’aptitudes individuelles, 5) La réorientation des services de santé. L’éducation à la santé, comprise dans le quatrième point, qui touche davantage la pratique infirmière, « concerne, non seulement, la communication d’informations mais également le développement de la motivation, des compétences et de la confiance en soi nécessaires pour agir en vue d’améliorer sa santé » (OMS, 1999). La notion de « prévention » qui, d’après Edelman et Mandle (2002) est « définie, au sens strict, comme le fait d’éviter l’apparition de maladies et, au sens large, comme l’ensemble des interventions visant à limiter la progression d’une maladie » (Kozier, Erb, Berman & Snyder, 2005, p.158).
Selon Tessier (2004), la promotion de la santé va au-delà du cadre de traitement de la maladie et de prévention ; elle traite la santé comme un phénomène global. En effet, « la promotion de la santé est en réalité pluri-factorielle, combinant des activités de prévention, de dépistage, de traitement précoce, d’assainissement, avec la participation active de la population à chaque étape » (Tessier, 2004, p.119). Ce qui différencie la promotion de la santé de la prévention est que, « la promotion de la santé, dans son sens large, désigne l’ensemble des interventions qui contribuent à améliorer la santé de la population, alors que la prévention (ou prophylaxie) vise à un but plus spécifique, à savoir la protection de la santé, la prévention des maladies et leur dépistage précoce » (Gutzwiller & Paccaud, 2009, p.17). Nous avons choisi de nous centrer sur la prévention de par son but plus spécifique et moins global que la promotion de la santé ; mais aussi car nous pouvons penser que les requérants d’asile, de par leur précarité comme nous le verrons ci-dessous, sont davantage sujets aux maladies et, dans le même temps, ont un accès plus difficile à la prévention, comme à tous les autres aspects de la promotion de la santé. En effet, selon Tessier (2004), la promotion de la santé auprès des populations précarisées est difficile car celles-ci sont souvent enfermées dans une logique de silence, et ne sont pas prêtes à assumer et verbaliser leur situation mais aussi parce qu’elles ne sont pas autorisées à s’exprimer, souvent réprimées. « La santé est alors surtout conçue comme curative, urgente et médiatique » (Tessier, 2004, p.120). Donc la notion de prévention est peu présente pour cette population.
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De plus, d’après Gutziwiller et Paccaud (2009), le succès des interventions préventives dépendra du fait d’agir sur les conditions individuelles et environnementales et de là promouvoir un sentiment de bien être. « Il s’agit d’identifier les ressources personnelles et sociales dont peut ou doit disposer un individu pour améliorer sa santé, et de savoir comment développer ces ressources » (p.17).
Leavell & Clark (1965) définissent trois niveaux de prévention :
- La prévention primaire vise la réduction des risques et l’exposition à une maladie.
- La prévention secondaire quant-à-elle travaille à la détection précoce d’une pathologie, ce qui peut permettre d’en ralentir la progression et la gravité.
- La prévention tertiaire s’intéresse à la récupération et la réadaptation afin de permettre à la personne d’améliorer son état de santé (Kozier et al., 2005, p.169).
Maintenant, la question est de savoir quelle collaboration adopter pour le succès des interventions préventives ?
2.3.4. Collaboration
La collaboration est un concept théorique que nous avons choisi de faire apparaître dans notre problématique. Selon la vision de la théoricienne Moyra Allen (années 1970), le but infirmier est de favoriser des comportements de santé envers une population présumée active, ayant les capacités d’apprentissage, d’adaptation, ainsi que la volonté de résoudre ses problèmes (Paquette-Desjardins & Sauvé, 2003, p.30). Cela consiste à avoir des activités visant à aider la personne/famille à maintenir ou augmenter sa santé, sa qualité de vie et son bien-être. L’infirmière le fera par une collaboration avec la personne/famille dans une démarche qui a comme vision l’apprentissage de la santé dans un but de prévention. Le rôle infirmier dans ce partenariat sera donc de motiver ses collaborateurs à s’engager dans ce processus. L’infirmière va également chercher à favoriser un contexte aidant le développement d’habilités dont la personne/famille a besoin pour résoudre ses problèmes. Pour ce faire, elle va mettre en avant les forces, le potentiel, les ressources que possède ce dernier. Cette collaboration mènera à des décisions prises en commun (Paquette-Desjardins & Sauvé, 2003, p.34).
Selon Amar et Guegen (2007), « la collaboration implique une coresponsabilité vis-à-vis des moyens mis en œuvre et des résultats escomptés…. [Elle] est donc synonyme de complémentarité des acteurs de soins.» (Berset, Cohen, Gaillard-Desmedt & Nicolas, 2011). Donc ceci suggère, dans la collaboration avec le patient, de travailler ensemble de manière coresponsable face aux comportements de santé pour une bonne gestion des générateurs de stress quotidiens, une nutrition équilibrée et adaptée, des relations interpersonnelles épanouies, etc.
3. Méthodologie
Pour réaliser ce travail, nous avons effectué des recherches dans différentes bases de données et revues adaptées à notre thématique. Pour ce faire, l’identification de mots clés ciblés nous a permis de trouver des articles de recherche ou de littérature correspondants à notre questionnement clinique. Certaines combinaisons de mots clés ont été plus fructueuses que d’autres.
Certains des articles utilisés ont été découvert par d’autres biais, tel que l’infirmier chef du Centre de Santé Infirmier (CSI) qui nous a transmis quelques documents suite à un entretien exploratoire et notre directrice de travail de Bachelor qui nous a proposé un article intéressant pour notre problématique.
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3.1. Bases de données, périodiques et ouvrages utilisés
Les bases de données dans lesquelles nous avons trouvé des articles correspondant à la thématique de notre problématique sont les suivantes :
BDSP ; CINAHL; MEDLINE Pubmed ; Revues scientifiques et de littérature du CEDOC (Migrations
santé, Perspective soignante, Soins, La revue de l’infirmière, Transultural etc.). Cependant, la plupart
des articles scientifiques analysés et comparés sont tirés de la base de données MEDLINE Pubmed. Pour tout ce qui est de l’ordre des données statistiques, nous avons consulté les données de l’Office Fédérale des Statistiques (OFS), l’Office Fédéral de la Santé Publique (OFSP), l’Office fédéral Des Migration (ODM), le Centre de Santé Infirmier (CSI), la Croix Rouge Suisse (CRS) et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Les informations données par ces organisations nous ont été utiles pour argumenter l’importance de notre questionnement dans la pratique clinique.
Plusieurs associations, par leur documentations, nous ont également été utiles pour la réalisation de cette revue, tel qu’Appartenances, qui est une association pluriculturelle vaudoise qui travaille au mieux-être des personnes migrantes dans le but d’œuvrer au rapprochement entre communautés migrantes et sociétés d’accueil ; et ce, dans le but d’améliorer de manière égalitaire l’accès aux soins des migrants. Le CSI a également été une ressource : il s’agit d’une unité de la policlinique médicale universitaire de Lausanne (PMU) pour la population requérante d’asile. Les consultations de première ligne sont assurées par des infirmiers qui déterminent si l’état du sujet nécessite de rencontrer un médecin de premier recours. Actuellement, environ 4'500 personnes sont prises en charge par le système de santé spécifique pour les requérants d’asile : FARMED (comprenant l’EVAM et les partenaires médicaux d’un réseau de santé ambulatoire) dont fait partie le CSI. Une des missions du CSI est ciblée sur la prévention et la promotion de la santé.
Pour notre analyse, nous nous sommes également référées à des modèles de soins infirmiers, certains étant utilisés dans quelques uns de nos articles.
Ainsi, pour effectuer cette recherche avancée, nous avons dû combiner divers mots clés. 3.2. Stratégie de recherche par mots clés
En effet, pour effectuer notre recherche d’articles appuyant notre question clinique, nous avons procédé à l’assemblage de mots-clés.
Les mots associés ci-dessous ont été rassemblés lors de nos recherches dans les différentes bases de données utilisées. Le premier tableau retrace les mots clés utilisés, en français, et les seconds, en anglais.
THEMES : MOTS-ASSOCIES :
Population Culture ; anthropologie ; épidémiologie ; interculturalité ;
interculturel ; immigration ; migrants ; migration ; migration involontaire ; requérants d’asile ; réfugiés ; précarité ; incertitude ; vulnérabilité ; instabilité
Comportements de santé Représentations ; croyances ; significations ; perceptions ;
régime alimentaire ; diététique ; besoins ; transition ;
acculturation ; intégration ; stéréotypes ; préjugés ; expérience de la maladie ; stratégies d’aide ; comportements
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Soins Santé ; hospitalisation ; soins ; infirmier ; soignant ;
communication ; relation ; compétences ; maladie ; médiation ; santé communautaire ; éducation à la santé ; collaboration ; promotion de la santé ; soins préventifs ; prévention ; éducation alimentaire ; accès aux soins ; soins de santé primaire
TOPIC : ASSOCIATED WORDS
Population Culture ; anthropology ; cultural epidemiology ;
interculturality ; intercultural ; immigration ; migrants; migration ; involuntary ; asylum seeker; refugee; precariousness ; uncertainty ; vulnerability; instability
Health behaviors Representations ; beliefs ; meanings ; perceptions; dietary fat
; dietetic ; needs; cultural transition ; acculturation ; integration ;stereotypes ; prejudices ; illness experience ; help-seeking strategies ; behaviors
Care Health; hospitalization; care ; health care; nurse; caring ;
nursing ; communication ; relation ; competence ; disease ; mediation ; community health; health education ;
collaboration ; health promotion ; preventive care ; prevention ; nutrition education ; access to health care ; primary health care
Les associations de mots clés les plus utilisées ont été les suivantes : 1. Refugees ; dietetic ; education
2. Health ; asylum seekers
3. Asylum seekers ; access ; health care 4. Asylum seekers ; refugee needs 5. Refugees ; Health promotion 6. Refugees ; Health ; Behaviors
4. Résultats
Lors de nos premières recherches, nous ne trouvions pas beaucoup d’articles vraiment ciblés sur notre thème, à savoir la prévention pour les requérants d’asile ; mais en approfondissant cette recherche de mots clés, nous avons pu en déterminer d’autres, s’approchant davantage de notre thématique même si beaucoup ne touchaient pas à tous les aspects de notre question.
Nous avons trouvé et lu vingt-trois articles scientifiques traitant de la thématique de la migration et de la santé, dont quelques uns concernant plus spécifiquement les requérants d’asile. Parmi ces articles scientifiques, nous avons choisi de prendre les plus pertinents et d’en exclure quatorze (même si
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certains nous ont servi pour l’argumentation de notre travail ou notre compréhension personnelle, comme celui qui parle des pathologies courantes chez les demandeurs d’asile à Montréal (Ouimet, Munoz, Narasiah, Rambure & Correa, 2008) ainsi que l’étude épidémiologique Suisse sur les requérants d’asile (Bischoff, Schneider, Denhaerynck & Battegay, 2009).
Il nous était évident qu’il fallait garder les quelques articles concernant les requérants d’asile et la
santé, leur rareté provenant sans doute du fait que les requérants redoutent un quelconque lien entre
l’utilisation des données récoltées dans les études et les autorités d’asile comme nous l’avons vu dans nos articles ; pénurie qui nous a conduit, au début de notre travail, à élargir notre recherche aux personnes en situation précaire comme les sans abris. Cependant, au vue de notre définition précédente sur la précarité, il nous a semblé que les requérants d’asile touchaient davantage l’aspect d’ « attente de stabilisation » de part leur statut juridique par rapport aux sans abris, bien que ces derniers se trouvent également en situation de précarité. C’est la raison pour laquelle nous n’avons pas retenu l’étude sur les sans abris.
Nos critères d’exclusion ont éliminé les articles scientifiques centrés uniquement sur la santé mentale car nous voulions davantage nous préoccuper des problèmes généraux des requérants d’asile, pour considérer la personne dans sa globalité. Au vu de l’histoire migratoire souvent difficile et traumatisante ainsi qu’au statut précaire de la population requérante d’asile, nous nous sommes rapidement aperçues qu’à son égard, les problèmes psychologiques et somatiques étaient indissociables. Ces éléments sont alors importants à considérer pour la question de la prévention. De plus, nous n’avons pas retenu les articles trop ciblés sur une pathologie particulière pour privilégier la prévention concernant les habitudes de vie. Au départ, nous ne voulions pas non plus, au départ, nous centrer sur une origine de migrants en particulier ; cependant la plupart des articles trouvés faisaient référence à des migrants d’origines spécifiques dans le cadre de la recherche. Néanmoins, notre intérêt s’est porté prioritairement sur le statut de requérants d’asile plutôt que sur l’origine ethnique.
Par ailleurs, les articles réalisés par des infirmiers ont également été privilégiés car, bien entendu, ils mettent en évidence le rôle infirmier et nous offrent des perspectives, des recommandations et des pistes de réflexion pour la pratique infirmière.
La fiabilité et la cohérence des résultats ont également été des critères d’inclusion, tout comme la date de parution des articles qui ne devait pas être trop anciennes.
Les articles ont été analysés au moyen de la grille BTEC (Côté, Mercure & Gagnon, 2005), une aide précieuse pour effectuer une analyse critique de nos articles et à garantir leur fiabilité.
Les articles retenus sont les suivants :
Junod Perron, N. & Hudelson, K. (2006). Somatisation: illness perspectives of asylum seeker and refugee patients from the former country of Yugoslavia. BMC Family Practice, 7:10, 1-7. Feldman, R. (2006). Primary health care for refugees and asylum seekers: A review of the literature
and a framework for services. Public Health, 120, 809-816.
Kruseman, M. , Stoll, B. E. & Stalder, H. (2003). Interactive group education for refugees from the Former Yugoslavia to reduce their oil consumption. Patient Education and Counselling, 49, 171-176.
Drennan, V. & et Joseph, J. (2005). Health visiting and refugee families: issues in professional practice. Journal of Advanced Nursing, 49 (2), 155-163.
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O’Donnell, C., Higgins M., P. Chauhan, R. & Mullen, K. (2007). « They think we’re OK and we know we’re not ». A qualitative study of asylum seekers access, knowledge and views to health care in the UK. BMC Health Services Research, 7:75, 1-11.
Samarasinghe, K., Fridlund, B. & Arvidsson, B. (2010). Primary health care nurses’ promotion of involuntary migrant families’ health. International Nursing Review, 57, 224-231.
Barnes, D.-M. & Amasy, N. (2005). Refugees’ Perceptions of Healthy Behaviors. Journal of
Immigrant Health, 7, 185-193.
Drouot, N., Tomasino, A., Pauti, M.-D., Corty, J.-P., Luminet, B., Fahet, G. & Cayla, F.(2012). L’accès aux soins des migrants en situation précaire, à partir des données de l’Observatoire de Médecins du Monde: constats en 2010 et tendances principales depuis 2000. Bulletin
épidémiologique hebdomadaire, 2-3-4, 41-43.
Gilgen, D., Maeusezahl, D., Salis Gross, C., Battegay, E., Flubacher, P., Tanner, M., Weiss, M.-G. & Hatz, C. (2005). Impact of migration on illness experience and help-seeking strategies of patients from Turkey and Bosnia in primary health care in Basel. Health & Place, 11, 261-273.
5. Résumé et analyse critique des articles
Afin de pouvoir argumenter le choix de nos articles retenus, nous allons brièvement les résumer ainsi qu’en critiquer leurs méthodologies.
5.1. Somatisation: illness perspectives of asylum seeker and refugee patients from the
former country of Yugoslavia.
Les auteures de cette étude sont Junod Perron: cheffe de clinique du service de médecine de premier recourt à l’hôpital universitaire de Genève (HUG) et Hudelson: anthropologue médicale. L’article est paru dans le journal du BMC Family Practice en 2006.
Les résultats proviennent d’une étude mettant en scène, par une interview semi-structurée de 90-120 minutes, 26 requérants d’asile ou réfugiés qui sont venus pour une consultation au HUG et dont les symptômes sont inexpliqués par les médecins, si ce n’est par l’hypothèse d’une origine somatique, c’est à dire l’expression physique d’une douleur psychique.
Nous avons choisi cette étude parce qu’elle permet d’aider une professionnelle infirmière à prévenir une somatisation en favorisant l’expression du mal-être psychique et à adapter son offre en soin de prévention. De plus, cette étude se déroule en Suisse. Les interviews, afin de tendre à ôter toutes interprétations, ont favorisé une traduction mot-à-mot: ce qui augmente la fiabilité des propos. Aucune comparaison entre la population requérante d’asile et réfugiée n’a été faite en raison du petit nombre de participants. Selon les auteurs, il est possible que certains participants recherchent à obtenir un permis B plus facilement grâce à une maladie imaginée ou encore à feindre une pathologie qui leur permet de se rendre à des consultations où ils sont écoutés par le médecin.
L’étude a été approuvée par the Geneva University Hospital Research ethics committee, les auteures ayant certifiées ne pas avoir eu d’intérêts personnels à la rédaction de cet article.
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5.2. Primary health care for refugees and asylum seekers: A review of the literature
and a framework for services.
Cet article est une revue écrite par Feldman, une professeure à l’université de psychologie de Bar llan (Israël) qui certifie ne pas mener cette étude par intérêt personnel. Edité en 2006 par Public health, cet article aborde le sujet des besoins des réfugiés et des requérants d’asile dans le cadre de la santé primaire.
Sa méthodologie de recherche se base sur une revue de littérature ainsi que sur de la littérature grise et sur 20 interviews téléphoniques ou en personne ; les objectifs étaient de faire connaître aux services de santé primaire les besoins les plus récurrents des requérants d’asile et des refugiés. En plus de recherches de littérature, les résultats proviennent de recherches soutenues par le Hounslow Primary
Care Trust, par le biais du National Health Service ainsi que d’après les rapports des services sociaux
de Londres. L’auteure fait apparaître les différents résultats sans spécifier de quels articles ils proviennent. Bien que les bases de données utilisées ainsi que les mots clés ne soient pas cités dans la revue, la méthode est explicitée dans un rapport mentionné.
Ces résultats nous paraissent être judicieux pour notre recherche car ils soulignent qu’afin de collaborer avec un requérant d’asile, dans un but d’une offre de soin préventif, l’infirmière sera plus performante si elle connait les besoins généraux de cette population. De plus, des propositions sont faites pour la pratique, dans un objectif de répondre aux besoins identifiés.
5.3. Interactive group education for refugees from the Former Yugoslavia to reduce
their oil consumption.
Cet article de recherche qualitatif est paru en 2003 dans le journal: Patient Education and Counselling. Il a été écrit par Kruseman, une spécialiste en nutrition, en santé publique et diététicienne diplômée et par Stoll : un doctorant en médecine qui possède une maîtrise en santé publique en plus d’être médecin spécialiste et professeur en santé publique à l’université de Genève ; ainsi que Stalder un spécialiste en médecine interne. Cette étude a été finance par le Care Program of the Geneva University Hospitals. Nous nous sommes intéressées à cette étude parce qu’elle se déroule en Suisse et touche une population requérante d’asile ou réfugiées d’ex-Yougoslavie. De plus, la thématique s’intéresse à la prévention de maladies et à leurs complications chez des personnes souffrantes de surpoids/obésité, de diabète de type II ou de dyslipidémie en lien avec leur consommation d’huile. Les participants étaient au nombre de 20 lors de la première rencontre où il leur avait été proposé de cuisiner un plat traditionnel de leur choix. Au cours de la deuxième rencontre, où sur les 20 participants, une seule personne manquait à l’appel, une discussion a été établie sur les conséquences d’une alimentation grasse ainsi que sur les techniques favorisant une diminution de consommation d’huile. À la troisième rencontre, les 19 participants présents ont cuisiné le plat initial en appliquant les conseils reçus. 6 mois plus tard, les organisateurs se sont rendus aux domiciles des 11 participants restants afin d’évaluer l’efficacité et l’impact de cette étude.
Il en a ainsi découlé, une proposition d’intervention à visée éducative, qui projette l’objectif de changements de comportements durables en favorisant des groupes éducatifs où les participants peuvent s’exprimer, exercer des gestes positifs pour leur santé et cela, dans le respect des traditions culturelles.
L’étude se porte sur des personnes qui étaient intéressées à cette thématique, donc peut-être plus favorables à changer leur mode d’alimentation que d’autres ; c’est ce qui peut expliquer les résultats satisfaisants de l’étude. Seul 11 personnes d’ex-Yougoslavie ont participé à toutes les étapes de cette étude ; ce qui s’explique par l’instabilité du statut de la population prise en compte mais peut
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également diminuer la fiabilité statistique. Malgré tout, nous estimons la méthodologie de l’étude comme étant fiable et pertinente.
Bien que l’étude se passe en 1999, la question sur l’alimentation et la prévention de la maladie reste actuelle et donne un exemple précis de cette prévention.
5.4. Health visiting and refugee families: issues in professional practice.
Parut en 2005 dans le journal Issues and innovations in nursing practice, cette étude a été réalisée à Londres et écrite par Drennan et Joseph. Cette première est professeure à la Faculty of health and
social care sciences. Elle a écrit de nombreux articles de recherche sur les personnes âgées et les
conditions sociales des personnes en situation d’exclusion. Joseph quant à elle, a une expérience dans le domaine des visites soignantes à domicile. L’étude a reçu l’approbation du Local Research Ethics
Comittee. Les participants, dont l’anonymat a été certifié, étaient des volontaires qui ont reçu des
informations complètes sur le but, la méthode et l’utilisation de cette étude.
Cette étude nous semble être pertinente pour notre travail car elle étudie les expériences d’infirmières à domicile ayant travaillé avec une population réfugiée et requérante d’asile. Cette thématique correspond à notre question de départ basée sur le sujet de la population requérante d’asile et en s’exprimant sur la pratique infirmière.
Les résultats proviennent d’une analyse d’interviews de 13 personnes. Ce petit nombre, peut influencer les résultats selon les participants et le regard qu’ils portent sur les expériences vécues. Malgré cette limite, cet article à retenu notre attention car peu d’autres études s’intéressent aux expériences professionnelles infirmières avec cette population. L’intérêt est d’autant plus grand que les infirmières étant à domicile ont un contact direct avec l’environnement de la personne, avec son hygiène de vie quotidienne, ce qui facilite la prévention. Effectivement, l’infirmière pourra collaborer avec les familles en appuyant sa prévention des comportements néfastes sur ses observations.
Cette étude identifie la complexité d’une relation infirmière avec des requérants d’asile et les problématiques liées à leur statut, comme par exemple celui du court temps d’adaptation, du statut précaire ou encore d’une éventuelle barrière linguistique. Pour ce faire, des interviews semi-structurés ont été réalisé avec 13 infirmières travaillant depuis plus de cinq ans avec des familles réfugiées ou requérantes d’asile. Les questions posées s’intéressaient aux expériences et perceptions des infirmières face à cette population, les stratégies utilisées pour favoriser la santé de ces familles ainsi que sur l’avis de leur propre pratique infirmière. Il a été procédé à un comparatif des résultats.
5.5. « They think we’re OK and we know we’re not ». A qualitative study of asylum
seekers access, knowledge and views to health care in the UK.
Cet article écrit par quatre auteurs : O’Donnell, chercheuse à la faculté de médecine en soins primaires et généraux qui a basé plusieurs de ses études sur les soins infirmiers et la population migrante. La seconde auteure est Higgins, une chercheuse assistante dans la santé primaire et générale à Glasgow. Chauhan, professeur à l’université de Glasgow et Mullen qui travaille également à l’université de Glasgow comme spécialiste de la santé mentale. L’étude a été publiée en 2007 dans le journal BMC
Health Services Research.
Cet article a été réalisé à Glasgow, ville qui accueille beaucoup de requérants d’asile. Il comprend deux études, toutes deux éthiquement approuvées par NHS Grester Glasgow Primary Health Care
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pays différents et sont arrivés dans le pays d’accueil depuis 1 à 5 ans. La majorité, qui comprend 36 personnes, a donné son avis sur l’accès aux soins dans le cadre d’une discussion en groupe d’environ 6 personnes. La minorité, comprenant 16 participants, a fait part de son point de vue en comité familial ou seul avec l’interprète et le meneur d’étude. Les discussions et les interviews ont été traduites puis retranscrites. L’échantillon représente des requérants d’asile d’origines variées, de cultures différentes ; c’est ce qui renforce les résultats comme étant généraux et non lié au point de vue d’une population d’origine commune. On peut cependant craindre que les récoltes d’informations faites en groupe puissent favoriser un avis commun et défavoriser les participants les plus timides à donner leur vision personnelle. Cependant, comme les résultats obtenus sont semblables à ceux d’autres études, l’idée qu’ils sont fiables est renforcée.
5.6. Primary health care nurses’ promotion of involuntary migrant families’ health
Cette étude a été menée en Suède, par le doctorant Samarasinghe ayant effectué plusieurs recherches sur le thème de la famille et de la migration et deux professeurs, Fridlund et Arvidsson, l’un à l’école du service social et de la santé en Suède, l’autre à la faculté des Sciences infirmières en Norvège. Cet article a été publié en 2010, dans International Nursing Review qui est le journal officiel du Conseil International des Infirmières. Il s’agit d’une étude qualitative utilisant une approche phénoménologique, réalisée au sein du Service de Santé Primaire en Suède. Elle met en évidence les perceptions des infirmières de promotion de la santé (PHCN) sur leur travail auprès des familles de migrants involontaires (qui comprend dans l’article les demandeurs d’asile). La migration involontaire étant définie ici comme l'émigration soudaine et forcée pour cause de guerre ou d'oppression politique. Le but était de savoir comment ces infirmières comprennent la promotion de la santé auprès de ces familles. Il s’agissait d’entrevues filmées sur le lieu de travail d’environs 60 min, portées sur les questions suivantes : Qu'est-ce que promotion de la santé signifie pour vous? Qu'est-ce que la santé de la famille signifie pour vous? Pourriez-vous décrire vos activités de soins infirmiers visant à promouvoir la santé dans familles migrantes involontaires? Comment concevez-vous les résultats de vos activités de soins infirmiers?
Cette recherche nous parait pertinente pour notre travail car il s’agit d’une des seules études trouvées sur un point de vue infirmier ; ce qui nous renseigne donc tout particulièrement pour notre pratique
future. Ceci d’autant plus qu’il est centré sur la promotion de la santé, concept au cœur de notre
questionnement. Le fait que la famille soit prise en compte dans cette étude nous parait important, nous permettant de réfléchir d’un point de vue systémique et de ne surtout pas oublier le rôle de la famille dans notre analyse.
Le fait qu’il y ait trois auteurs rend la méthodologie fiable à nos yeux (critique, révision et supervision de l’analyse). En effet, fort d’une expérience de travail dans les soins de santé primaires, le premier auteur a effectué l'analyse, tandis que les deux co-auteurs porteurs de connaissances spécialisées en méthodologie ont été davantage évaluateurs dans la procédure de catégorisation. Bien qu’elle ne se base que sur 34 infirmières en soins de santé primaires, chacune a travaillé avec environ 200 familles de migrants involontaires provenant de près de 42 pays différents. Ces infirmières, choisies de manière hétérogène (suivant l’âge, le sexe, l’origine, le nombre d’années de travail dans le secteur) afin d’avoir un large panel, proviennent du secteur de Soins de Santé Primaire (y compris la maternité, les secteurs de l’enfance, l'école et les soins de santé communautaire). Ceci, en plus des réponses précises demandées lors de l’entrevue sur le lieu de travail et l’analyse détaillé, renforce la crédibilité de la méthodologie.
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Cette étude est d’autant plus intéressante car même si elle a été réalisé en Suède, les différentes approches des infirmières ressortant de l’analyse peuvent tout à fait se retrouver dans un contexte Suisse. De plus, cette étude a été approuvé par le Comité d’Ethique de l’université en Suède (Kristianstad University College).
5.7. Refugees’ Perceptions of Healthy Behaviors
Cette étude a été mené aux Etats-Unis par Barnes de l’école des Sciences Infirmières aux Texas, - professeur qui a publié plusieurs études sur les comportements de santé des réfugiés et sur le thème de l’interculturalité, et le professeur Almasy du département des Sciences Infirmières au Texas, ayant réalisé lui-même plusieurs recherches sur la nutrition et les facteurs de risques cardiovasculaires aux Etats-Unis. Cet article a été publié en 2005 dans le Journal of Immigrant Health qui traite de l’impact de la migration sur la santé.
Il s’agit d’une étude descriptive qui permet d’explorer les connaissances et les perceptions des réfugiés sur leur nutrition, poids, activité physique et habitudes tabagiques, avant et après leur arrivée dans le pays d’accueil et de comparer ces perceptions avec les examens sur le poids ; tout ceci dans le but de comprendre les comportements de santé et pouvoir proposer des interventions infirmières adéquates en termes de promotion de la santé. L'échantillon aléatoire comprenait 31 réfugiés adultes en provenance de Bosnie (11), d'Iran (10) et de Cuba (10) arrivés aux Etats-Unis depuis 3 mois à 5 ans (sur une période pas trop lointaine pour toucher des réfugiés qui se souviennent de leurs habitudes dans leurs pays d’origine) ; le critère de choix d’exclusion était les moins de 18 ans (moyenne, ici, 35 ans) et les personnes n’ayant pas de maladie ou de traitement médical (dans un souci de prévention primaire). Une entrevue d'une heure avec l’utilisation de questions fermées et ouvertes limitées à la promotion de la santé a été réalisée. Bien qu’il s’agisse précisément de 3 groupes de migrants différents et éloignés (ce qui est important et est pris en compte dans l’étude), des points se rejoignent, ce qui permet de faire ressortir des lignes directrices pour la pratique infirmière auprès des migrants, comme l’évaluation des changements de comportements de santé.
La méthode nous parait fiable, les réponses ont été analysé par le concept du modèle de promotion de la santé de Pender et le modèle transthéorique de Prochaska & DiClemente.
Cet article permet d’étayer nos recherches sur le comportement de santé chez les migrants en plus de l’article de Kruseman et al. (2002), appuyant les résultats de ce dernier et donnant plus de crédibilité à notre travail. Cette étude a été soutenue par le Centre pour Promotion de la santé et de la recherche en prévention des maladies des populations mal desservies, de l'Université du Texas à Austin, un centre financé par l'Institut national pour la recherche infirmière.
5.8. L’accès aux soins des migrants en situation précaire, à partir des données de
l’Observatoire de Médecins du Monde : constats en 2010 et tendances principales depuis 2000
Cette étude a été menée en France par l’association française Médecin du Monde (MdM) de solidarité internationale (ONG) basée sur le bénévolat de professionnels de la santé pour apporter une aide humanitaire aux populations vulnérables. Les auteurs de l’article font partis de l’association, certains à Paris, d’autres à Toulouse. Drouot a écrit plusieurs articles pour MdM et Pauti en a réalisé plusieurs articles dans la Revue du Praticien, Luminet a écrit des ouvrages sur les maladies infectieuses et à visée humanitaire, Fahet sur les risques sanitaires et Cayla a orienté ses études plus spécifiquement sur
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les soins infirmiers. Enfin, Tomasino a rédigé des articles concernant l’accès à la santé et Corty est le directeur des missions France chez MdM.
Cette étude quantitative et qualitative a été diffusée en janvier 2012 dans le Bulletin Epidémiologique
Hebdomadaire, bulletin d’informations publié par l’Institut de Veille Sanitaire (agence sanitaire
Française reposant sur un ensemble de structure permettant la surveillance, l'information et la prévention en cas de risques sanitaires). Les centres de MdM accueillent les populations fragiles en difficulté d’accès à la prévention et aux soins
En 2010, ces centres (au nombre de 21 dans 30 villes françaises) ont accueillis 28160 personnes, et des données ont été recueillies pour 21 710 d’entre elles (92% d’étrangers et 12% de mineurs) avec comme profil socioéconomique : une absence ou précarité du logement, une grande faiblesse des ressources et une situation administrative précaire. Il s’agit de populations fragiles en difficulté d’accès à la prévention et aux soins (SDF, demandeurs d’asile, sans-papiers, etc.). Les données sont recueillies par les intervenants de MdM dans un dossier socio-médical dressé par les Caso (centre de soins, d’accueil et d’orientation) auprès de chaque personne. Les questions posées servaient à évaluer la situation sociale et administrative de la personne ainsi que son état de santé et les obstacles qu’elles expriment dans l’accès aux soins. Les résultats de cet article s’appuient sur deux bases de données distinctes, celle des patients (données du dossier social) et celle des visites (les informations recueillies lors de chaque consultation médicale). Les données ont été anonymisées et traitées statistiquement avec es logiciels spécifiques. Grâce à l’utilisation d’outils spécifiques, la méthode de cette étude est fiable.
Il s’agit du seul article provenant de France et même si le système de santé est différent de celui de Suisse, nous retrouvons des obstacles similaires à l’accès aux soins ; de plus, il est intéressant d’avoir l’exemple d’un pays voisin. Enfin, cet article comporte un intérêt pour notre travail parce qu’il permet de mettre en évidence les obstacles à l’accès aux soins de la population requérante d’asile ; c’est un élément important pour adapter sa pratique infirmière en terme de prévention.
Par ailleurs, cet article fait ressortir le fait que certaines politiques de sécurité et de lutte contre l’immigration clandestine ne favoriseraient pas l’accès aux structures de santé (prévention, réduction des risques, accès aux soins) ; nous en sommes venues à nous demander alors si cet article n’avait pas un intérêt politique ; même si c’est l’intérêt individuel et collectif qui y est prôné.
5.9. Impact of migration on illness experience and help-seeking strategies of patients
from Turkey and Bosnia in primary health care in Basel
Cette étude a été réalisé à Bâle par les doctorants et professeurs Gilgen, Maeusezahl, Hatz, Tanner, Flubacher et Weiss de l’Institut Tropical Suisse à Bâle, Sali Gross de l’Institut d’Ethnologie de Berne et Battegay de l’Hôpital Universitaire de Bâle. La plupart de ces auteurs ont effectué plusieurs études sur le thème des maladies infectieuses et facteurs de risques pour la santé chez les migrants, certains ayant davantage d’expérience en ethnologie et méthodologie de recherche (nous retrouvons certaines de leurs études dans la bibliographie). Le fait qu’ils soient plusieurs auteurs expérimentés renforce la crédibilité de l’étude. Cet article a été publié en 2005 dans le journal Health & Place qui est une revue interdisciplinaire consacrée à l'étude de tous les aspects des soins de santé tenant compte des convergences entre l'évolution géographie médicale, la sociologie médicale, la politique de santé, la santé publique et l’épidémiologie.
Cette étude quantitative et qualitative a examiné l'impact de l'histoire des migrations sur le vécu de la maladie, sur son sens et sur la recherche de stratégies d’aide par des patients migrants au nombre de 146, comprenant des requérants d’asile et réfugiés en provenance de Bosnie (36), de Turquie (62) vivant en Suisse depuis moins de 10 ans mais aussi de Suisses (48) provenant d’un autre canton avec
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des problèmes de santé courants à Bâle. Il s’agit de patients s’étant présentés aux consultations externes de l’hôpital de Bâle ou auprès de médecins généralistes participants. Cette recherche combine des approches de recherche épidémiologiques et ethnographiques, utilisées dans des entretiens semi-structurés d’environ deux heures, dans la langue maternelle du patient et à l’extérieur du milieu clinique. Ces patients ont été invités à raconter leur histoire puis à répondre à un sondage rigoureux avec un grand choix de catégories pré-codées. Le choix de ces groupes de migrants par les auteurs a été déterminé par rapport à leur prédominance en Suisse ; ce qui constitue pour nous un atout s’agissant de populations que nous sommes plus à même de rencontrer dans notre pratique en Suisse. Ont été privilégiés au départ, les migrants consultant pour des plaintes abdominales mais comme le nombre de personnes ne suffisaient pas pour l’étude, les critères d’inclusion on été élargis à une gamme complète de problèmes de santé. Cependant, le cas des personnes présentant une détresse somatique et psychique importante n’a pas été envisagé. De plus, 89 patients parmi les 235 ont refusé de répondre, en grande partie car ils soupçonnaient la participation des autorités de l’asile dans les entrevues et pour certains car ils étaient préoccupés par un retour dans leur pays d’origine. D’autre part, la comparaison avec des migrants internes suisses est intéressante.
De plus, la prise en compte des expériences pré/post-migratoire nous permet de faire le lien avec l’impact sur la santé et dès lors apporter des perspectives de prévention suivant l’expérience de la migration et donc cibler nos interventions.
Cette recherche a été soutenue par the Swiss National Science Foundation et par l’OFSP ; elle a été approuvée par le Conseil Institutionnel d'administration de la recherche de l'Institut Tropical Suisse et
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