A NNALES DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE T OULOUSE
A. B LONDEL
Sur la théorie des marées dans un canal, application à la mer Rouge
Annales de la faculté des sciences de Toulouse 3
esérie, tome 3 (1911), p. 151-207
<http://www.numdam.org/item?id=AFST_1911_3_3__151_0>
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SUR LA THÉORIE DES MARÉES
DANS UN CANAL,
APPLICATION A LA MER ROUGE,
PAR A. BLONDEL, Agrégé
demathématiques,
Aide astronome à l’Observatoire de Toulouse.
INTRODUCTION.
La théorie des marées offre de nombreuses difficultés
théoriques
etd’application pratique.
Les difficultésthéoriques qui s’opposaient
àl’intégration
deséquations
des marées ont été
surmontées,
engrande partie,
par M. Poincaré. Aupoint
de vuepratique,
les marées sontprédites
avec uneprécision remarquable
parl’analyse
har-rnonique ;
mais les constantesqui
entrent dans les formules deprédiction
des maréessont déduites de l’observation, et la
portée
del’analyse harmonique
estbeaucoup
diminuée de ce fait.
Malgré
les nombreux travaux sur lesmarées, l’application
de la théorie à unemer réelle n’a pas encore été faite. M.
Hough
a étudié les oscillations propres et contraintes d’une mer deprofondeur
uniforme recouvrant leglobe;
on a étudié lesmarées dans un canal
artificiel,
en lesupposant
tracé suivant unpetit cercle; mais,
pour les mersréelles,
on s’est borné à des assimilationsgrossières
de mers avec descanaux.
Dans le
présent travail, j’ai
cherché à faire uneapplication
de la théorie à la merRouge;
cette mer a une formegénérale
assezsimple
etpeut
être assimilée à un canal delargeur
et deprofondeur variables;
dans sa Théorie desmarées, M.
Poincarésignale
l’intérêtqu’il
y aurait à faire une théoriecomplète
des marées dans ungolfe
ou un
détroit,
afin d’avoir desrenseignements
sur le rôle encore peu connu du frot- tement ;je
trouve que dans le cas de la merRouge,
le frottementjoue
un rôle consi-I52
. dérable. Avant
d’appliquer
à cette merl’équation
ordinaire des marées dans uncanal, je
me suis demandé si cetteéquation,
établie pour unelargeur
infinimentpetite,
convenait à une mer deplus
de 200 kilomètres delarge; j’ai repris l’équation générale
des marées etj’en
ai déduit les modifications àapporter
àl’équation
clas-sique
dans le cas où le canal esttrop large
et dans le casoù,
pour une raisonquel-
conque, on a choisi un axe
inégalement
distant des deux bords. J’arrive aux mêmes résultats enpartant
del’intégrale
dont il faut annuler la variation pour obtenirl’équation
desmarées;
deplus, je
montre que leséquations
pour les canaux nechangent
pas,qu’ils traversent
ou non la latitudecritique.
Pourl’application
numé-rique, j’ai employé
la méthode de calcul deRitz, qui
m’a semblébeaucoup plus
commode que la méthode de
Fredholm;
il est vrai queje
n’en ai pas démontré lalégitimité;
maisj’ai remarqué qu’elle conduit,
dans un casparticulier,
au résultat texact; dans le cas
actuel,
la convergence desapproximations
successives ne faitaucun doute.
Enfin, j’ai
donné les formulesqui permettent
de calculer les oscilla- tions propres d’un canal peu différent d’un canalrégulier; malheureusement,
lamer
Rouge
esttrop irrégulière
pour que ces formules lui soientapplicables.
Le rôledu frottement dans les marées de la mer
Rouge
est mis en évidence par cetravail;
je
me réserve dereprendre
cettequestion,
afin de trouver les valeursnumériques
descoefficients que le frottement introduit dans les
équations.
M. Picard m’a soutenu de ses
encouragernents
et de sesconseils ; je
lui enexprime
ici toute ma reconnaissance. Les nombreux calculs
numériques qui
ont été néces- saires pour étudier les marées de la merRouge
m’ont été facilités par une machine àcalculer,
mise à madisposition
par M.Borel ; je
le remercie de m’avoir ainsi sou-lagé
dans lapartie
laplus ingrate
de ma tâche.CHAPITRE PREMIER.
Théorie classique des marées dans
uncanal.
Dans la théorie
classique, l’équation
des marées sesimplifie
parce que l’on consi- dère lalargeur
du canal comme infinimentpetite
et aussi à caused’hypothèses supplémentaires.
Prenons le raisonnement de M. Poincaré dans sa Théorie des marées(p. 205).
Ilpart
deséquations
du mouvement d’un fluide animé d’une rota- tion d’ensemble p, q, r ; enappelant
u, v, w lescomposantes
dudéplacement (sup- posé
trèspetit), w
estnégligeable
devant u et v si laprofondeur
estpetite,
ce quenous supposerons
toujours.
Si maintenant le canal est trèsétroit,
etsi,
deplus,
salargeur
varie trèslentement,
v sera aussinégligeable
devant u; en eflet, sur lebord,
v sera très
petit
vis-à-vis de u à cause des conditions auxlimites;
comme les dérivéespartielles
de v sontsupposées petites
et que le canal estétroit, v
serapartout négli- geable.
Mais supposons que le canal se termine par uneparoi ;
lelong
de cetteparoi,
ii sera nul et, dans une
région
voisine du bout ducanal,
u serapetit
etcomparable
à v; nous ne sommes donc pas sûrs que dans cette
région
leséquations subsistent;
en
particulier,
il n’est pas évident que la forcecentrifuge composée
n’ait pas d’influence.M. Maurice
Levy
donne une autre raison pournégliger
la forcecentrifuge
com-posée :
il établitl’équation
du mouvement enprojetant
sur unetangente
à l’axe ducanal toutes les forces
qui
s’exercent sur une moléculesuperficielle;
or, la force cen-trifuge composée
estperpendiculaire
à la vitesserelative, laquelle
est voisine de l’axedu
canal ;
saprojection
sur la droite considérée est donc trèspetite
etpeut
être né-gligée.
On voitqu’ici
encore lalargeur
estsupposée
varier trèslentement;
deplus,
la même
critique
queplus
hauts’applique;
tout au bout d’un canalqui
se termineen
cul-de-sac,
rien n’autorise à croire que la vitesse relative estparallèle
à l’axe ducanal ;
elle estpetite,
maisdirigée n’importe
comment.Mais surtout, l’inconvénient de ces raisonnements est de ne pas
indiquer
le moinsdu monde
jusqu’à quelle largeur
onpeut
considérer un détroit comme un canal.Ainsi le canal de Suez a
54
mètres delargeur;
la merRouge
en a 200kilomètres ;
les mêmeséquations
leur sont-ellesapplicables~
Il est évident que l’erreur devientgrande
quan dlalargeur du canal
devientexagérée;
nous verronsplus
loin commenton
peut
danschaque
casparticulier juger
sil’équation simple classique peut
suffire.La notion de canal. - La forme la
plus simple
est celle d’un canal dont les deuxrives sont
parallèles,
c’est-à-dire telles que les normales à l’une des rives soient aussinormales à
l’autre ;
si le canal estétroit,
on pourra confondre ces normales avec desdroites;
s’il estlarge,
il faudraprendre
lesgrands
cercles normaux. Il existe alorsune
ligne,
que nousappellerons
l’axe ducanal,
et telle que si l’on porte sur ses nor-males,
depart
etd’autre,
deslongueurs égales
à la demi-largeur
ducanal,
on obtienne les deux rives. Plusgéné- ralement,
si sur les normales à uneligne quelconque
onporte
depart
et d’autre de laligne
deuxlongueurs
varia-bles,
égales
ou non, nous dirons que l’on obtient encoreles rives d’un
canal,
dont laligne primitive
sera l’axe.Toutefois,
nous exclurons des casanalogues
aux suivants : Soit CABD
l’axe ;
AO et B 0 les norm ales en A etB;
si onporte
sur les normales deslongueurs supé-
rieures à
A0,
nous pourrons obtenir des formes de rive telles que(i), (2), (3), (3)
étant un casparticulier
de(2),
le cas où le
repli
se recouvrelui-même;
nous excluronsde tels cas; autrement
dit,
nous n’admettrons les sinuo- sitésbrusques (à
rayon de courburepetit) qu’aux
endroitsoù le canal est étroit.
Si les
longueurs portées
depart
et d’autre de l’axe sontégales,
nous dirons que c’est un axeprincipal.
Dans lapratique,
on tracerapar tâtonnements un axe
principal.
Cependant,
ilpeut
exister une infi- nité d’axesprincipaux,
ou unseul,
ou pas du tout.
Ainsi,
si les deux rives sont des droites formant un an-gle (o,
on obtient toutes les courbesqui
sontanalogues
à deshyperboles,
et admettent pourasymptotes
les bissectrices dexOA;
on obtient deplus
ces bissectriceselles-mêmes; naturellement,
dans ce casparticulier,
onprendrait pour
axeprincipal
la bissectrice intérieure. Si les deux rives sont des droitesparallèles,
le seul axeprincipal
est la droiteéquidistante.
Enfin,
si un canal à rives droitesparallèles
fait uncoude,
il n’existe pas d’axeprincipal.
Mais cettequestion
n’a pasd’importance pratique;
il est facile dans lesapplications
de trouver un axequi
soit à très peuprès principal.
CHAPITRE II.
Application de l’équation générale des marées
au casd’un canal.
Nous démontrerons d’abord le lemme suivant :
Étant
donnée uneligne
L sur unesphère,
il estpossible
de faire une carte de lasphèse
où laligne
L soitreprésentée
en vraiegrandeur
sur l’axe des x.En
effet,
soit e lacolatitude, et ~
lalongitude
d’unpoint ;
soient x et y les coor- données dupoint correspondant
sur la carte, x et y sont des fonctions de eet ; qui
satisfont toutes à
l’équation
le
rapport
de similitude estIl faudra donc
prendre
pour y une solution del’équation (i) qui
soit nulle tout lelong
de la courbedonnée,
etqui,
deplus,
tout lelong
de cettecourbe,
satisfasse àCette solution une fois connue, x sera détermine par les
équations
Il suffit donc de démontrer l’existence d’une solution de
l’équation (i)
satisfaisant t aux conditions énoncées.Or,
considérons trois axes00,
O03C6, Oz;
dans leplan
6, 03C6, la courbe L a pourimage
une courbe
(/). L’équation (2)
définit2014
et~y
toutl~
1~,
le
long
de(),), puisque
l’on adéjà,
pour undéplace-
ment sur cette
courbe, ~y d03B8+~y d03C6=o.
Parsuite,
led6 1
problème
revient à chercher une surfaceintégrale
del’équation (i) qui
passe par(À),
et soittangente
lelong
de
(À)
à unedéveloppable
circonscrite.Si la courbe
(),)
estanalytique,
on saitqu’il
existe une telle surfaceintégrale.
Dans ce
qui suit,
nousappliquerons
ce lemme à l’axe ducanal, qui
n’est pas forcé- ment une courbeanalytique;
mais on sait que l’onpeut
trouver une courbeanaly- tique qui
s’écarte d’aussi peu que l’on voudra d’uneligne
donnée àl’avance,
et même dont lestangentes
fassent avec lestangentes
auxpoints correspondants
de laligne
donnée des
angles
aussipetits
que l’on veut. Nous pourrons donc supposer que le théorèmeprécédent s’applique.
Si la courbe r est un
petit cercle 6 == 60,
la carte cherchée est une carte homethé-tique
de laprojection
deMercator,
donnée par les formulesCar alors on a,
pour 9 = 90,
y = o, et, deplus,
’Donc,
pour 6 =90 ,
on adS ds
= i .Pour un
petit
cerclequelconque,
il suffit deprendre
pourorigine
des colatitudes lepôle
dupeti
t cercle.Soit maintenant un
canal; traçons
un axe et faisons une carte où cet axe soitreprésenté
en vraiegrandeur
sur l’axe des x.L’équation générale
des marées estoù les notations sont celles du Traité des marées de Poincaré :
x et y sont les coordonnées sur la carte du
point correspondant
à lalongitude
c~et à la colatitude 6 .
«T est une
composante
isochronecomplexe
dupotentiel,
de la formeCe03BBt,
où Àest une
imaginaire
pure.k est le
rapport
d’un élément d’arc de la carte à l’élémentcorrespondant
de lasphère.
h est la
profondeur
de la mer, et on aposé
où w est la vitesse de rotation de la terre sur elle-même.
g est l’intensité de la
pesanteur.
Enfin,
enappelant ~
la hauteur de lamarée,
on a :La latitude
critique
est cellequi
rendhi
eth2 infinis,
c’est-à-dire cellequi
annule03BB2 +
403C92
cosz 8 ; cettequantité peut
êtrenulle, puisque
03BB2 estnégatif
etque |03BB|
a desvaleurs voisines de
0,
w ou za~.Nous supposerons que, dans toute la
largeur
ducanal,
lafonction y peut
se déve-lopper
en sérieles oi étant des fonctions de x. .
Alors,
si le canal rze traverse pas la latitudecritique,
on pourra aussi écrire :les
bi
, xi ,~ji
sont des fonctions réelles de x . .Soient yq et yb les y des bords du canal
correspondant
à l’abscisse x; ya et y~ sont aussi des fonctions de x. Nous poseronsha
ethb
étant lesprofondeurs
aux bords.Remplaçons
dansl’équation générale
des marées les fonctionsqui
y entrent par leurdéveloppement; multiplions
ensuite parymdy
etintégrons
de ya à yb. En remar-quant
queet
on arrive a
l’équation suivante, qui
sera notreéquation
fondamentale :Si le canal traverse la latitude
critique,
le calculprécédent
ne subsiste pas, car onne’peut plus développer
en sériehi
eth~.
Nous traiterons ce casplus
loin. .Choix de - Dans ce
qui suit,
nous allons supposer queh,
ya, yv sontpetits;
nous admettrons aussi que les fonctions CPi’ ~2, ... sont du même ordre degrandeur;
mais cela supposequ’on
a choisi une unité delongueur, car 03C60
a pour di- mensions[L~],
~~ a pour dimensions[L],
etc. Demême,
nous admettrons que ao, ai, a2, ... sont du même ordre degrandeur;
mêmesupposition
pourbo, bi, b2,
...,no, w2, .... Ces dernières
hypothèses
montrentqu’il
faudraprendre
pour unitéde
longueur
le rayon terrestre, car dans le calcul deb2,
t~ , etc., à côté dequantités
nedépendant
pas de l’unitéchoisie,
s’introduisent desquantités
commed03B8 dy.
où 0 est la colatitude. Lerayon
terrestre sera aussi une bonne unité aupoint
devue
dynamique,
car il estcomparable
auxlongueurs
d’onde des ondes demarées,
etpar
suite,
si-, If
etyb R
sontpetits,
on pourra considérer1a,
va et Yb commepetits
dans l’étude desmarées. Enfin, quand,
dans un casparticulier,
on aura cal-culé 90’ ..., on pourra s’assurer que ces
quantités
sont du même ordre degrandeur.
Ordre de
grandeur
desquantités
03C3i, fJ.i. - Dans cequi suit,
nous supposerons, à moins d’indication expresse, que laprofondeur
du canal est nulle aux deux bords :ha
=hb
= o. Il en résulte que tous les 7i et ui seront nuls.Les c d’indices
pairs
nepeuvent
êtrenuls,
étant donnée leur définition :. On a
y~ étant
compris
entre y~ et y~,. Il en resuite estpetit
devantc~~.
Demême,
c~p_,-~=y~c~p. Donc, cz~_;2
est trèspetit
devant mais on n’est pas sûr que6~p;_~
soitpetit qui peut
être nul.Ainsi,
les ? d’indicespairs
vont en décroissantrapidement
et les c d’indicesimpairs
sontpetits
vis-à-vis de tous les ? d’indicespairs qui
lesprécèdent.
Les tJ.
d’indicespairs
nepeuvent
êtrenuls,
que y6 est> 0 ,
ya est0 .
On a :
Ce
rapport
est nul si l’on a y« + yb = o; comme ya + y~ esttoujours petit,
onvoit facilement que sa valeur
approchée
est(2p + 1)
ya +yb.
2
De
même,
et sa valeur
approchée
est2p + I 3 (yb -ya)2 2p+3 4 Donc,
les p, d’indicespairs
vont en dé-2p q. fi
croissant
rapidement
et les y,d’indices impairs
sontpetits
vis-à-vis de tous les y, d’in- dicespairs qui
lesprécèden
t.Comparons
enfin les j>. aux T . On ahc
étantplus petit
que laplus grande profondeur
de la section considérée.Donc, 2p
est
grand
devant03C32p.
g 2p+1 a
pour valeurapprochée (ya
+yb) (yb-ya 2)2p+1.
D’autrepart, 03C32p
estégal
à heg 2p et a
pour valeurapprochée 201420142014 ( yb-ya 2)2p .
parsuite,
on auraOn ne
peut
donc rien dire apriori
sur cerapport;
il ne pourra êtrepetit
que si l’axe choisi est presqueprincipal;
pour un axeprincipal,
il est nul. Danschaque
casparticulier,
il faudra comparerdirectement 2p+1
à Enparticulier,
on ahm
étant laprofondeu r môyenne
de lasection ; donc g 1
ne seranégligeable devant j
que si la distance de l’axe choisi au milieu de la section considérée est
petite
vis-à-visde la
profondeur
moyenne.De
même g sp+a
a pour valeurapprochée 2 (yb-ya 2)2p+3. Donc,
on a ap_proximativement
201420142014 =(yb-ya)2 hc.
On nepeu
donc non direce
rapport
ne pourra êtrepetit
que si le carré de lalargeur
estpetit
devant la pro- fondeur moyenne, ou en d’autres termes, si lerapport
de lalargeur
à laprofondeur
moyenne est
petit
devant lerapport
du rayon terrestre à lalargeur.
Danschaque
cas
particulier,
il faudra comparer directementgy.~~~2
à~~r~.
Ces considérations nous
guideront quand
nous chercherons à ne retenir que les termesprincipaux
del’équation
fondamentale(A).
Les
équations
exactes. - Nous avonsappelé
y« et vb les y du bord du canal; mais si Ya et y~ sont des fonctions de xquelconques, l’équation (A)
n’en subsiste pas moins. Prenons donc vll= o et yb = étant une constante. Les~p
seront tousnuls,
puisque Supposons
que,depuis
l’a~ejusqu’au bord,
laprofondeur
soit
développable
sous la forme .()n trouve alors :
En
remplaçant
dansl’équation (A),
on obtient deux séries en pqui
doivent êtreégales, quel
quesoit p (entre
o ety6).
Il faut doncégaler
les coefficients des mêmespuissances
de p. On obtient ainsi deséquations qui
nedépendent
pas de in ; écrivons seulement les deuxpremières :
Un voit que dans la
première
de ceséquations
s’introduisent les fonctions incon-nues Cf2; dans la
seconde,
il y a enplus
c~3; dans lasuivante,
~4 s’introdui-rait,
etc. Il y a donctoujours
deux fonctions inconnues deplus
qued’équations,
ce ,qui
n’est pasétonnant, puisqu’on
n’a pas tenucompte
des conditions aux limites.Si on a calculé les fonctions CPo
et 9i
etqu’on
veuille avoir la marée en onpoint particulier
de la côteA,
il suffirad’exprimer
laprofondeur
,sous forme d’un
polynôme
en y : : h = po + p,y + ... +(les
pi étant des fonctionsde x, qu’on
pourra même supposerlinéaires)
dans unepetite région
entourant la section droitequi
passe par A. Leséquations
exactes donneront f2’ -~3 et per- mettraient ainsi de calculer la marée en A avec unegrande
approximation,
si on connaissait lesfonctions
c~~ et leurs dérivées.REMARQUE.
- On aurait pu obtenir leséquations
exactes directement, enrempla- çant
dansl’équation générale
des marées toutes lesfonctions,
ycompris h,
par leursdéveloppements.
Les
équations approchées.
- Nous supposons laprofondeur
nulle aux deux bordset, de
plus,
que (p estdéveloppable
en série dans toute lalargeur
du canal, cequi
tient
compte
des conditions aux limites sur les bords du canal. Nous confondrons la section x = Consi. avec la section droite du canal par un arc degrand
cercle(ce qui
seraitrigoureux
si l’axe du canal était unpetit cercle). Alors
5o est la section ducanal, (;1
est leproduit de 03C30
parl’y
du centre degravité
de lasection,
etc. Divers caspeuvent
seprésenter,
suiv ant le choix de l’axe et lalargeur
du canal :1° ° N,~
et 11’2
sontnégligeables
devant 50, cequi
revient à dire que le canal n’est pastrop large
et que l’axe est presqueprincipal.
Écrivons l’équation (A)
pour m = o, ennégligeant
et u~ , N,~ :La même
équation
donnera pour ~:= i, dans les mêmesconditions,
En
éliminant -.~1
entre ces deuxéquations,
on obtientOr,
d’après
la définitiondes ai
et desbl,
on a :d’où
L’équation
se réduit donc àqui
estl’équation classique.
Cetteéquation
seraapplicable
si 2et 1
sontnégligea-
bles devant ~o; la condition que doit être
petit
restreint le choix del’axe,
et ceci~0
est
important,
car la fonction~o(a~) peut
varier notablement si l’onchange l’axe,
sur-tout si le canal est assez
large.
Deplus,
le calculprécédent
donne lafonction ~ .
’
2° n’est pas
négligeable, mais -’;’2
estnégligeable
devant j,; c’est-a-dire que l’axe n’est pasprincipal,
mais que le canal n’est pastrop large. L’équation (A)
don-nera alors pour m = o et ~~2 = i les deux
équations
d’où
Cette dernière
équation
estplus compliquée
quel’équation classique,
mais elle est"
linéaire. On voit ici l’influence de la courbure de la terre,
qui introduit 03B10
et03B21,
et dela force
centrifuge composée, qui
introduitbo.
3° Si le canal est assez
large
pour quemême 2
ne soit pasnégligeable
devant 03C30,on pourra encore traiter le
problème ;
leséquations (3)
et(4)
sontremplacées
parou encore
et de même
Cette
fois,
nous avons introduit 03C62 ; nous écrirons donc une troisièmeéquation
enfaisant dans
(A)
ni = 2. Mais alors il faut introduire c,, ;~z et tenircompte
de tJ’:I’ ;y.On obtient ainsi
l’équation
De
(!~"),
ontire ~1
en fonction linéaire de. c~~ etc/;
de(5"),
ontire 92
enfonction
linéaire de
(&/,
CPt’ ou encorede ~ ", J’, ~ .
Enportant
dans(3"),
on obtientpour 90 une
équation
linéaire du second ordre. Ici la marée tout lelong
de l’axe du canal est sensiblement modifiée par la forme dessections,
cequi
se traduit par l’in- troduction desquantités
51, ~~.Les coudctions aux limites. - 1° Si le canal est ferrné sur
lui-même,
tous les 03C6idoivent être
périodiques.
~" Si le canal débouche dans un
océan,
tousles ri
sont donnés à3° Le canal se terrnine par une
paroi
normale à l’axe. On sait que l’on doit avoir()r
Comme la condition doit être vérifiée
quel
que soit y, on trouve une série de condi-tions aux limites ,
Le canal se termine en
pointe,
ou encore laprofondeur devient
nulle o sonextrémité;
alors 03C30 est nul et il faudra queles 03C6i
restent finis.Nous examinerons en
particulier
le cas où le canal débouche d’un coté dans un océan et se termine de l’autre par uneparoi
normale à l’axe. Comment détermine-rons-nous
~~:~
Nous avons d’abordl’équation (5)
oul’équation (5’),
est connua une
extrémité;
il faut une seconde condition auxlimites, qui
sera+ 2w 03BB03B1003C61=0.
Cette condition contient que nous
remplacerons
par sa valeurapprochée
tirée deséquations (4)
ou(4’).
On obtient ainsi la seconde condition auxlinlites, qui
est seu-lement
approchée :
dans le cas de
l’équation (5) :
dans le cas de
l’équation (5’) :
La valeur
approchée
trouvéepour ,, prend,
à l’embouchure du canal, la même valeur queib0 a003C60’, laquelle
semble n’avoir aucunrapport
avec la valeur donnée de03C61
a cette embouchure. Il s’élève donc un doute sur la
question
de savoir SIib0 a003C60’
estvraiment une valeur
approchée
de Yi.Or,
on se donne 03C61 pour une section voisine de l’embouchure: maisl’équation approchée
p, =ib0 a003C60
’ est valable dans toute l’eno-bouchure ;
donc la valeur donnée nepeut
pas êtretrès
différente deib0 a003C60’,
et iln’y
apas à s’en occuper.
Remarquons
encore que la véritablefonction
ne satisfaitqu’ap- proximativement
àl’équation (5)
et aux conditions aux limitesénoncées ;
nous ad- mettonsqu’elle
est peu différente de la fonction trouvée, mais les dérivées de cette dernièrepeuvent-elles
être considérées comme desapproximations
des dérivées de la véritable fonction~,°?
Cela semble moinsprobable;
nous l’admettrons encore pour les dérivéespremière
etseconde, qui
entrent dansl’équation (5),
mais la dérivéeseconde en
particulier peut
êtrebeaucoup plus
erronnée que la fonctionelle-même,
car dans
l’équation (5)
estmultiplié
par ~°,qui
estbeaucoup plus petit
que lemultiplicateur
de ~° . La valeur donnée pour c~~ par leséquations
exactes nepeut
donc être
qu’une approximation grossière;
celle que l’on trouverait pour ~3 mériteraitencore moins de confiance.
Nous allons étudier maintenant le cas où le canal traverse la latitude
critique.
Etd’abord,
nous supposerons que l’axe du canal est leparallèle
de latitudecritique
lui-même.
Les
composantes du déplacement
d’une molécule sur les axes de coordonnées sont données par les formulesL’équation générale
des maréespeut
s’écrire sous la formeou encore
Nous admettrons que 03C6 est encore
développable
sous la mê me forme queprécédem-
ment et
qu’il
en est de même de u et :obtiendrons les
équations
exactes enremplaçant
dansl’équation
c~, par leursdéveloppements,
et aussiV, IR
et h. On obtient ainsi :1~
Ecrivons l’équation générale
sous la formey
remplaçant
u, v, ~, VV etI~
par leursdéveloppements, multipliant
par et l~intégrant
de ya u v~, nous obtiendronsl’équation
fondamentale suivante :De cette
équation (A/)
onpourrait
déduire leséquations
exactes, comme on l’afait pour
l’équation (A);
ceséquations
ont été obtenues directementplus
haut. Leséquations approchées
seront :10 ° Si y.~ sont
négligeables
devant~° n’est pas
négligeable,
et si était
comparable
à onprocéderait
comme il a étéindiqué.
Il faut maintenant calculer
les
etles vz
en fonction desquantités
connues etdes ~i. Il suffit de se servir des
équations
Introduisons
les nouvellesquantités
ri définies parOn aura :
En
identifiant
terme à terme leséquations précédentes,
on obtient :et de même
Or,
nous avonssupposé
que l’axe du canal est leparallèle
de latitudecritique,
cequi donne ro -
o. Mais ledéplacement
uo, vo estfini ;
uoro et voro sont doncidentique-
’
ment nuls. Il en résulte que
Ces deux
équations
se réduisent à uneseule, puisque I + 403C92 03B3203B120~0.
On obtientainsi,
dans ce cassingulier,
la mêmeéquation
que dans le casgénéral.
En résolvant parrapport
aux ni et vl, on trouve :et de même
, .
Remplaçons
maintenantles ul et vi
par leurs valeurs dans leséquations
appro- chéestrouvées,
en tenantcompte
de ~i= ~~~~
Dans lepremier
cas,et comme
Nous obtenons ainsi
l’équation approchée
l’équation
exacte .et
l’équation approchée
Comme conditions aux
limites,
90 est donné à uneextrémité,
et à l’autre ondoit avoir II === 0, et en
particulier
c’est-à-diretrouvons donc exactement les mêmes
équations
queprécédemment.
Dans le second cas, où
2014*-
n’est pasnégligeable,
on a~0
et
d’où
et on trouve cette fois
l’équation
ou
les conditions aux limites
sont : ;~~
donné à uneextrémité,
et à l’autre u = o, en par-ticulier uo = o ou
03C61’
-f-203C9 03BB (203B1003C62
-E-03B1103C61)
=ô,
cequi donne,
enremplaçant
t 03C61et
03C62par leurs
valeurs,
Nous trouvons donc encore les
mêmes équations
queprécédemment,
c’est-à-direl’équation (5’)
et les conditions aux limitescorrespondantes;
il suffit de faire dans(5’)
ainfini
et deremplacer ~b° ~
par2w
x . Non seulement on trouvera les mêmeso
fonctions 90
et mais il en sera de même pour ~2; faisons la vérification seulementdans le cas le
plus compliqué.
,Dans le cas où le canal ne traverse pas la latitude
critique,
ondéduit ~~
de ~oet CPt
par
l’équation
exacte(r)
de la page 160.Remarquons
que, pardéfinition,
et que, par
suite,
On a aussi
I = (r0+r1y+...)(a0+a1y+...),
et on en déduit quea2 = - r1.
Si dansl’équation
exacte considérée onremplace
03C61 par la valeur trouvée .et si l’on
divise
par ao, on trouveA
représentant
un ensemble de termesqui
ne devient pas infini en mêmetemps
que ao. Faisons
maintenant u" infini; l’équation
se réduit àqui
estjustement l’équation approchée
trouvée dans le cassingulier.
Il y a donc iciune
permutation
entre uneéquation approchée
et uneéquation
exacte.Supposons
enfin que le canal traverse la latitudecritique
sans que son axe soit leparallèle critique.
Leséquations
exactes etapprochées
trouvéesplus haut, qui
s’ex-priment
au moyen et vi’subsistent :
ce sont seulement lesexpressions de ui et vi qui changent. En effet,
/’~ n’étantplus identiquement nul,
on aura :et de mcrne
L’équation approchée
donnetoujours
03C61 _quel
que soit Unen
déduit toujours u0r0=03C60’+403C92 03BB203B12003C60’=03C60’r0,
d’oùu0 = 03C60’
, et cetteéquation
estvérifiée pour toutes les valeurs de ro’ même pour rv=0. Il
n’y
a donc rien àchanger
dans les résultats
précédents ;
le fait que lecanal
traverse la latitudecritique
n’aaucune influence sur les
équations.
CHAPITRE III.
Intégration des équations.
’
M. Poincaré a montré que le
problème
des marées se ramène au calcul des varia- tions. Je renverrai à sonanalyse
du Traité desmarées,
page 299. Je lacompléterai
seulernent sur un
point :
la formule subsiste même si laprofondeur
n’est pas nullesur les bords et aussi si l’on se donne les valeurs
de f
sur unepartie
du contour.Nous
adopterons
momentanément les notationsemployées
à cet endroit par M. Poin-caré,
c’est-à-dire que nous poseronsen mettant en évidence les
quantités
réelles et lesquantités imaginaires, Ici,
p, et ~~, n’ont pas le même sens que dans lechapitre précédent,
mais iln’y
a pas de confusionpossible.
Deplus,
comme ils’agit
ici des marées d’uncanal,
nousnégligeons II", potentiel
du bourreletliquide produit
par les marées.La
supposition
h = o sur le bord sert à se débarrasser desintégrales
deligne
sui-vantes,
provenant d’intégrations
parparties :
Prenons le terme en c’est ’
ou enco re
.,.., , , ... , . ~D
Mais
si h
n’est pas nulle au bord; on sait L que ~ 2014==oqui peut
tA ~~ " ’
,, .
h
~ .~
.s écrire A 2014 2014 2014 == o. et quL se
décompose
enOr, l’expression ( r )
s’écrit tle terrne en
0:;
est doncidentiquement
nul, et il en est de même du terme Sisur une
portion
du contour on sedonne 9, Cft
et sontnuls,
et lesintégrales
deligne
considérées le sont aussi.L’intégrale J,
dont il faut annuler lavariation,
est(en négligeant Il")
’
(il
y a une faute designe
dansl’expression
de8J,
à la page 302 de la Théorie desil faut y
changer ~
designe).
Cetteexpression
sesimplifie
facilement entenant
compte
de et~~==:).~~2014W~.
On obtientsimplement :
Nous allons calculer cette
intégrale
J dans le cas d’un canal. Mais pour éviter lesconfusions,
nous poserons désormaiset par suite
j étant
supposé développable
suivant lespuissances
de y, on aura :Nous poserons de même
M~==W~ -+- iWo,
et, d’une manièregénérale :
On aura alors
W = (Wo ~ yW, ~ ...) ~
+yW, ~ ...).
Rappelons
que, si le canal ne traverse pas la latitudecritique,
nous avonsposé
d’où
et enfin
en
remplaçant
dans J et effectuantl’intégration
parrapport
à y, on obtientoù
H,, 1(2
sont des fonctions de x de formecompliquée ;
parexemple,
Si on se borne aux termes en et on obtient une valeur
approchée
deJ ,
et les
règles
ordinaires du calcul des variations donnent :Les deux dernières
équations
donnent~I>~
et4B
en fonction deÏB
et de~I>o;
enportant les
valeurs obtenues dans les deuxpremières,
on trouveEn
multipliant
la seconde de ceséquations pai
etajoutant
à lapremière,
onretrouve
l’équation (5’)
de la page162 ;
cette méthode nous donne donc les mêmes résultats que lapremière, mais,
deplus,
elle montre quel’équation (5’)
s’obtient enannulant la
première
variation del’intégrale J,
où l’on conserve seulernent les termesen {J’t; dans
l’expression
ainsiobtenue,
onpeut remplacer
et~h,
par leursvaleurs en fonction de
~~>~
et~o,
et on obtient ainsil’expression approchée
suivantede J :
Si est
négligeable,
on obtient uneexpression
trèssimple :
en
posant
Nous avons donc vérifié directement que les
équations
duchapitre précédent proviennent
de~J ~ o;
comme ceséquations
sont valables dans tous les cas, même.
quand
le canal traverse la latitudecritique, l’équation
ôJ = o est aussi valable dans tous les cas. On aurait pu le voir directement enexprimant
J au moyen dudéplace-
ment u, v. Posons
on obtient alors
et des
équations analogues
pourU,
~~T et V . Au moyen de ceséquations,
onpeut
voir que J se met sous la formeoù rien ne devient
plus
infini à la latitudecritique.
Si maintenant on
développe
lescomposantes
dudéplacement
tet si l’on
prend
dans J seulement les termes en co, on obtient uneintégrale simple,
et enégalant
sa variation àzéro,
on trouve :Il suffit
d’exprimer
tout au moyen deÏB
pourparvenir
aux mêmeséquations
différentielles et à la même