Politique
Bichara Bouhari Payet dénonce sans retenue les « dysfonctionnements » du Département Publié le lundi 31 juillet 2017 à 11:32
La Conseillère départementale de Dembéni écrit à Soibahadine Ibrahim Ramadani. Elle dénonce le
«mépris et refus de collaborer» du président avec ses «collègues élus» et le «dysfonctionnement de nos services». Elle alerte également sur des "emplois fictifs" supposés au sein de notre
département.
On apprend beaucoup de choses à la lecture des 16 pages du courrier adressé par Bichara Bouhari Payet, la Conseillère départementale de Dembéni, au président Soibahadine Ibrahim Ramadani. La lettre date du 25 juillet déballe dans le détail les conditions de l’élections du président, l’ambiance et le mode de fonctionnement de la majorité ainsi que quelques perles qui devraient intéresser la justice.
«Si je ne vote pas pour Soibahadine Ibrahim Ramadani au poste de président du Conseil départemental, que Dieu me punisse sévèrement pour tout le reste de ma vie». Cette phrase, chaque élu a dû la répéter droit dans les yeux face à la «chargée de communication actuelle», alors que les élus de la nouvelle majorité étaient enfermés à l’hôtel Trévani. Nous sommes fin mars 2015 et l’élection solennelle du président doit intervenir quelques jours plus tard. La chargée de
communication «nous faisait répéter la leçon», affirme Bichara Payet. «On nous appelait un à un, comme des soldats».
L’anecdote est utilisée par l’élue pour partager l’ampleur de sa déception. Elle avait accepté de se plier à l’exercice car elle affirme avoir cru dans le président Ibrahim Ramadani. Deux ans plus tard, les choses ont bien changé.
Le « mépris »
Son courrier est destiné à dénoncer des «dysfonctionnements» au Conseil départemental. Elle évoque ainsi un directeur de cabinet qui «fait partie des dictateurs LR de Mayotte», des agents qui voient «leurs niveaux de compétence chuter parce qu’ils sont inactifs» ou encore l’absence du président lui-même. «Impossible d’organiser des réunions du groupe de la majorité et compter sur votre présence depuis notre arrivée au Conseil départemental en mars 2015. Même dans une entrepris, de temps en temps, le patron réunit les salariés pour les écouter, échanger sur le fonctionnement de l’entreprise, notamment quand ça va mal», écrit Bichara Bouhari Payet.
Pour tenter de faire bouger les choses, des élus ont bien décidé de ne plus se rendre au petit- déjeuner organisé avant chaque séance plénière. Mais rien n’a changé. Ces élus ont été qualifiés de «frondeurs» et le président «continue (sa) vie tranquille comme si rien n’était», raconte la Conseillère.
Rien ne va plus!
groupe», chez lui, à Chiconi, «au tour d’un grand repas, puis au Conseil départemental». S’en serait alors suivi un bref moment de fonctionnement en équipe, «trop beau pour être vrai». Rapidement, les choses vont empirer, malgré le séminaire organisé avec des maires, parlementaires et bien entendu conseillers départementaux… à Madagascar.
Depuis, rien ne va plus : c’est dans la presse que la plupart des élus ont appris la nomination du DGS, sans parler du fonctionnement de la SPL976, du service environnement et du service communication, du manque d’assistants ou encore du nombre d’agents de sécurité dont l’élue souhaiterait savoir combien ils sont et ce qu’ils font… Bref, rien n’échappe à la colère de Bichara Bouhari Payet.
Des accusations d’emplois fictifs
Conseil départemental 4C’est enfin un DGA qui subit les foudres de la Conseillère
départementale… «Le département est en train de payer des gros salaries à des gens qui tournent en rond, combien tout ce monde-là coûte au département en termes de salaire, (…) avec quelle production ?» se demande-t-elle, estimant qu’«aucun projet ne sortira», une situation pénalisante pour les entreprises mahoraises.
Enfin, le courrier va encore au-delà. Bichara Bouhari Payet affirme ainsi que le 13 juillet dernier, une de ses collègues élue «a fait part d’une information sur des emplois fictifs» à d’autres
membres de la majorité. Il serait ainsi question d’«une dame qui touche un salarie au CD depuis 2 années alors qu’elle travaille et touche son salaire au CHM». Bichara Bouhari Payet affirme que le DGS lui aurait «confirmé qu’effectivement ces emplois fictifs existent bien et toute l’administration du CD est au courant de la situation»… Voilà qui ravira sûrement le procureur de la République, car Bichara Bouhari Payet indique que finalement la «dame qui travaille au CHM» serait même
rémunérée par la département depuis 3 ans. Le JDM n’est pas en mesure de confirmer ces informations.
L’élue met également en cause l’ADIM, vers laquelle des compétences en matière de
développement économique ont été transférées, s’inquiétant de la «transparence» d’une structure à l’écart du regard de la Chambre régionale des comptes.
Même sir Bichara Payet n’apporte pas la preuve de ses accusations, il y a des chances pour que son courrier qui pourrait ne pas rester lettre morte.
PM
Initiative
«Émanciper Mayotte»: un festival inédit pour valoriser les talents Publié le lundi 31 juillet 2017 à 18:01
Ce lundi 31 juillet marque l’entame du festival «Émanciper Mayotte», un évènement inédit à l’initiative de la jeune association du même nom. Jusqu’au 11 août, les membres de la petite entité sillonneront l’île afin d’exposer toute l’ampleur des talents mahorais.
«93% des jeunes mahorais partant en métropole pour se former après l’obtention du baccalauréat échouent en première année». C’est sur la base de ce triste constat que l’association Émanciper
Mayotte a décidé d’agir. Composé de 3 membres permanents, elle s’est crée il y a environ 2 mois de cela.
Depuis, la petite équipe travaille bec et ongle afin d’organiser ce premier événement pionnier.
C’est animée d’une réelle envie de « faire bouger les choses en commençant par arrêter de se leurrer sur les difficultés de nos jeunes » que l’association compte sensibiliser la population de l’île autour de valeurs humanistes : la réussite, la persévérance et la détermination.
Un festival inédit
Le festival vise à mettre en lumière les talents en tout genre de Mayotte, une première pour le 101ème département. Durant 12 jours, les membres d’Émanciper Mayotte parcourront l’île afin d’aller à la rencontre de ses habitants au sein de différents villages. Chirongui, Dembéni, Sada, Pamandzi, Mtsangamouji et Koungou ; dans chacune de ces communes, l’association passera une journée à exposer les œuvres de talents en tout genre « les talents artistiques, sportifs… Nous souhaitons mettre en avant la réussite mahoraise dans ses diverses formes», explique Zainal Ibrahim, initiatrice du projet.
Et pour attirer les populations à venir participer au festival, tous les moyens sont bons.
L’association a opté pour une formule étonnante mais efficace: «Nous passons dans les villages avec un mégaphone à la main et nous expliquons le but de notre action. On pousse les populations à venir nous voir directement en allant les chercher sur le terrain ». C’est cette approche qui a su rassembler quelques personnes autour des expositions de l’association lors de cette première journée organisée à Tsimkoura.
Détruire les préjugés
Si cette mise en avant des talents est tant porteuse d’espoir pour Zainal Ibrahim, c’est aussi parce qu’elle permet de détruire certains préjugés bien trop présents dans l’opinion générale mahoraise.
Ces préjugés dépréciatifs n’encouragent pas au dépassement de soi et enferment idéologiquement beaucoup de mahorais, Zainal Ibrahim ironise avec tristesse « on n’entend parler des habitants de Mayotte seulement pour les grèves ou les faits de violence. Cela donne l’impression que les mahorais ne savent faire que ça ».
Ne plus être dans l’attentisme
Malgré la jeunesse de l’association et le challenge d’organiser un événement de cette ampleur en si peu de temps, les fondateurs du mouvement ont tenu à aller au bout de leur ambition afin de démontrer un élément qui leur paraît primordial, «s’inscrire dans une démarche active et ne plus rester dans l’attentisme». Pourtant la tâche a été rude. Il a fallu trouver des partenaires, réserver les lieux d’exposition dans chaque village et gérer la logistique de toute la tournée. Mais «faire les choses avec les moyens du bord sans attendre des institutions publiques ou de l’État un soutien particulier, cela fait parti des valeurs à transmettre », soutient Zainal Ibrahim.
En effet, celle-ci déplore une manière de faire trop répandue parmi la population mahoraise, attendre encore et toujours que l’État ou un autre acteur aide, subventionne et accompagne. Pour
étudiants ayant quitté Mayotte pour l’extérieur, on se rend compte que là encore, on ne peut rester attentiste. Cela fait 30 ans que cette triste réalité est connue mais rien ne bouge. Alors à notre petite échelle, nous avons décidé de ne plus rester passif. En supplément de la sensibilisation opérée lors du festival, nous mettrons en place des évènements mensuels pour sensibiliser les bacheliers et futurs bacheliers à la question ». Elle conclue que « ce n’est pas toujours à l’État de réagir lorsqu’il y a un problème. Et puisque nous savons qu’il ne le fait, c’est aussi à la population civile de se mobiliser ».
La jeune association ne compte donc pas s’arrêter à cette première édition. Des actions seront menées tout au long de l’année car cette volonté « de faire bouger les choses » anime l’équipe initiatrice du projet. Zainal Ibrahim, une mahoraise actuellement gérante d’une société basée à Londres compte bien porter l’exemple.
Ludivine Ali
Justice
Après un accident du travail à Mayotte, le bras de fer entre un Réunionnais et la Sécurité sociale Publié le mardi 1 août 2017 à 5:30
Gravement blessé au moment du mouvement social de 2011 à Mayotte, un homme originaire du Tampon (La Réunion) mène un invraisemblable combat pour être indemnisé à hauteur de son préjudice. Témoignage.
«Je me bats contre des institutions qui n’ont pas l’habitude qu’on les conteste. Je suis devenu leur bête noire mais je ne lâcherai rien, c’est ma vie qui est en jeu». De fait, à la place de Pierre (*), beaucoup auraient déjà baissé les bras. Ce Tamponnais, lui, s’est engagé dans un combat judiciaire face à une administration dont la mauvaise foi peut laisser pantois.
Tout commence en octobre 2011, alors qu’il travaillait comme conducteur de travaux dans le bâtiment pour une entreprise basée à La Réunion. «Je suis alors envoyé sur un chantier à Mayotte.
Dès le début, je le sentais mal. Cette île traversait une grave crise avec des mouvements contre la vie chère», raconte-t-il à nos confrères du JIR. «Le 4 octobre, alors que je me trouve sur un échafaudage, il y a un affaissement de terrain et j’ai chuté. Je suis tombé de 8 mètres et j’ai été gravement blessé».
Touché au dos, à une hanche, au coccyx et à un genou, Pierre souffre également d’une fracture du crâne qui ne sera pourtant pas diagnostiquée sur le coup. «Les manifestations étaient violentes et la priorité était donnée aux blessés liés à ces émeutes. Après un bref examen à l’hôpital, où on ne m’a même pas fait une radio, j’ai été renvoyé à mon domicile. Et le calvaire a commencé».
La Sécu archive sa déclaration
La gravité des blessures empêche l’homme de prendre l’avion pour rentrer à La Réunion et y être soigné. Son médecin traitant lui vient en aide avec les moyens dont il dispose. Une situation qui durera plusieurs mois avant que Pierre finisse par rentrer chez lui.
«Aujourd’hui, les médecins reconnaissent que les séquelles que je subis sont en partie dues à cette mauvaise prise en charge», souligne le sexagénaire. D’autant que, durant toute cette période,
Pierre s’est retrouvé livré à lui-même à cause d’errements administratifs. Le lendemain de sa chute, il fait parvenir la déclaration d’accident du travail à la Caisse générale de la Sécurité sociale (CGSS) de La Réunion. «Une déclaration qui sera classée pour archivage dès réception», affirme-t-il, document à l’appui.
Résultat, le blessé attendra pendant des mois avant que la Sécu prenne sa situation en compte.
Pierre devra menacer de se suicider dans les locaux de la Sécu de Mayotte pour que son cas soit étudié… le 12 juillet 2012, neuf mois après sa chute.
Un salarié non déclaré
La raison d’un tel délai est à trouver du côté de l’employeur de Pierre : il ne l’avait pas déclaré.
«Son attitude depuis le départ constitue une faute inexcusable. Mais à ce jour, cette société n’a jamais été inquiétée tandis que je subis encore les conséquences». Cette société le licenciera pour faute grave, s’appuyant sur un mail incendiaire où il lui reprochait son comportement. Sur ce point, et après des années de procédure, Pierre a obtenu gain de cause devant les prud’hommes en juin dernier.
Mais à ce conflit s’en ajoute un autre qui l’oppose à la sécurité sociale. Dans un premier temps pris en charge et indemnisé pour les conséquences physiques de son accident, Pierre subit ensuite un contre coup psychologique. Un stress post-traumatique qui se traduit par un état dépressif et des rechutes constatées par des psychiatres. Il demande alors à ce que ces séquelles soient prises en compte dans ses indemnités, deux requêtes refusées en 2013 et 2014.
L’expert renié par la Sécu
Un expert est alors désigné qui établit un lien direct entre l’accident et le trouble psychiatrique…
avant que la Sécu estime que l’expert qu’elle a elle-même désigné n’est plus compétent… Le bras de fer, notamment devant le tribunal des affaires sanitaires et sociales (TASS), dure plusieurs mois avant que la Sécu concède finalement une révision a minima du taux d’incapacité, le faisant passer de 10% à 37%, «bien en deçà de ce qui est préconisé dans mon état», indique Pierre.
Il repart alors dans une série de consultations devant des experts. Tous établissent un taux
d’incapacité en effet plus important, allant de 53% à 85%. Mais tous ces avis, dont le dernier date d’il y a quelques semaines, sont systématiquement contestés par la caisse.
Désormais, c’est au tribunal du contentieux de l’incapacité (TCI) de trancher la question. «Si je fais le bilan, j’ai vu 9 médecins dont 7 psychiatres qui reconnaissent tous la gravité de mes séquelles, confie Pierre. Malgré cela, le médecin-conseil de la Sécu s’acharne. C’est inadmissible, d’autant que cette même Sécu m’a laissé pendant 9 mois sans aucune prise en charge après mon accident». Et au fil des audiences, Pierre a rencontré d’autres personnes dans son cas. «J’ai même vu une personne à laquelle on demandait de justifier de la poursuite de son incapacité alors qu’elle a eu les pieds amputés. Comme s’ils avaient repoussé entre-temps. Il y a un côté inhumain dans cette manière de traiter des dossiers marqués par la souffrance. Même si je dois encore payer des milliers d’euros en frais d’avocat, j’irai jusqu’au bout».
Le JDM
Prix
Stabilité absolue du prix des carburants et recul du gaz en août Publié le mardi 1 août 2017 à 5:00
C’est une première depuis la mise en place de l’encadrement des prix des carburants par la loi Lurel à Mayotte. Les prix de l’intégralité des produits pétroliers est stable dans le département d’un mois sur l’autre. Ainsi, à partir de ce 1er août à minuit, le prix du litre en euro est ainsi fixé à : Supercarburants sans plomb : 1,41 €/litre
Gazole : 1,14 €/litre
Pétrole lampant : 0,76 €/litre Mélange détaxé : 0,92 €/litre GO marine : 0,79 €/litre
Le prix de la bouteille de gaz de 12 kg, lui, baisse légèrement. Il est fixé à 22 euros, en recul de 50 centimes par rapport à juillet.
Comme le rappelle chaque mois la préfecture, la «régulation des prix pétroliers s’inscrit dans l’action du gouvernement dans la lutte contre la vie chère au profit des consommateurs Mahorais».
TIC
Une plateforme numérique pour les échanges économiques entre les îles de l’océan Indien Publié le mardi 1 août 2017 à 8:57
Au terme de trois journées de travaux au sein de la CCI de Maurice, des techniciens des Chambres de commerce et d’industrie de l’océan Indien ont défini le contenu d’une future plateforme numérique dédiée aux affaires dans l’océan Indien.
Soutenue par l’Agence française de développement (AFD), son but est de soutenir le
développement des échanges économiques et commerciaux entre les îles du sud-ouest de l’océan Indien, Comores, Madagascar, Maurice, La Réunion et Mayotte.
L’outil est tourné vers l’accompagnement pratique des entreprises dans leurs projets à dimension régionale. Les services offerts par la future plateforme aideront particulièrement les opérateurs économiques à : s’informer sur les opportunités d’affaires et diverses modalités de création d’entreprises dans les territoires de la sous-région ; développer ses activités intra régionales ; réseauter et consolider ses relations partenariales ; sécuriser ses affaires.
L’expertise de l’Union des Chambres de commerce et d’industrie de l’océan Indien (UCCIOI) viendra renforcer les fonctionnalités de la plateforme à travers des services de conseil et
d’accompagnement aux entreprises.
En attendant son lancement officiel au début de l’année 2018, l’UCCIOI donnera plus
d’informations sur cet outil lors de son Forum économique sur le renforcement de la coopération économique Afrique-Iles de l’océan Indien qui, se tiendra aux Seychelles du 6 au 8 novembre 2017.