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Valorisation des technologies de gestion de l’eau dans les systèmes de culture pluviale dans la commune de Comé

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

***********

UNIVERSITE D’ABOMEY CALAVI

**********

ECOLE POLYTECHNIQUE D’ABOMEY CALAVI

CENTRE AUTONOME DE PERFECTIONNEMENT

RAPPORT DE STAGE DE FIN DE FORMATION POUR L’OBTENTION DE LA LICENCE

PROFESSIONNELLE EN GENIE RURAL

Présenté et soutenu par : Sous la direction de :

Neville Eloi SOSSOU Prof. Euloge K. AGBOSSOU

Soutenu, le 18 Janvier 2014

Valorisation des technologies de gestion de l’eau dans les systèmes

de culture pluviale dans la

commune de Comé

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Réalisé et présenté par SOSSOU Neville Eloi Page i

SOMMAIRE

DEDICACE ... ii

REMERCIEMENTS ... iii

RESUME… ... iv

ABSTRACT ... v

LISTE DES ACRONYMES ET SIGLES……….…vi

LISTE DES FIGURES ... vii

LISTE DES PHOTOS ... viii

LISTE DES TABLEAUX ... viii

INTRODUCTION ... 1

CHAPITRE I : CADRE THEORIQUE ET GEOGRAPHIQUE ... 4

CHAPITRE II : CADRE CONCEPTUEL ET DEMARCHE METHODOLOGIQUE ... 17

CHAPITRE III: RESULTATS ET DISCUSSION ... 42

CHAPITRE IV: QUELQUES DISPOSITIFS DE GESTION EFFICIENTE DES EAUX PLUVIALES………..………69

CONCLUSION ET SUGGESTIONS ... 84

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES ... 85

ANNEXES.. ... 86

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Réalisé et présenté par SOSSOU Neville Eloi Page ii

DEDICACE A

Mes adorables enfants, Gédéon Josias et Logos Théophanie ;

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Réalisé et présenté par SOSSOU Neville Eloi Page iii

REMERCIEMENTS

Mener à bien un travail de mémoire nécessite à la base la confiance de maintes personnes et l’inscription dans un réseau de relations durant des années.

Ainsi ce remerciement n’est pas seulement une nécessité, mais un devoir vis-à-vis de l’ensemble des personnes que nous avons eu le privilège de côtoyer, devoir que nous exécutons avec un très grand plaisir.

 Notre profonde gratitude va d’abord à notre maître de mémoire, le Prof.

Dr. Ir.Euloge K. AGBOSSOU, qui, en dépit de ses multiples responsabilités, a accepté de diriger ce travail, nous accordant ainsi le privilège de bénéficier de ses conseils, de ses remarques, de son analyse critique et de sa rigueur scientifique qui ont été pour nous une source d’inspiration.

 Nous remercions particulièrement le Dr Mathieu B.HOUNSOU pour sa sollicitude constante et ses multiples conseils pour nous avoir préparé moralement et scientifiquement à la réalisation du présent document.

Notre reconnaissance et notre respect vont à :

 Tout le corps professoral de l’EPAC, de la FSA et de la FAST pour avoir assuré notre formation;

 toute l’équipe du SCDA / Comé, spécialement Madame Akofa Marie- José KOGBETO, Messieurs Deo-Gracias HOUNDOLO, Gildas TOSSOU, Serge DOSSOUHOUAN, Eric K. SESSOU, Rachel DOSSA et Anicet K.

KPANOU pour nous avoir fourni des informations liées à notre étude ;

 mes parents dont les conseils sont très précieux, en l’occurrence mon frère Josué SOSSOU, pour leur dévouement, leur courage et l’ouverture vers les autres dont ils font preuve et dont la présence apporte une sécurité et une joie de vivre ;

 tous mes amis de tout âge et de tout horizon qui m’ont soutenu ;

 enfin, tous les membres du jury de soutenance, pour avoir accepté d’examiner ce travail.

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Réalisé et présenté par SOSSOU Neville Eloi Page iv

RESUME

La présente étude a pour objectif de contribuer à une bonne connaissance des technologies de gestion de l’eau dans les systèmes de culture pluviale dans la commune de Comé et leur intégration dans la planification des politiques de développement durable.

La démarche méthodologique utilisée s’articule autour de la collecte des données, de leur traitement et l’analyse des résultats. La collecte des données a consisté en la recherche documentaire et enquêtes de terrain en utilisant les entretiens individuels et la méthode de focus-group.

Il ressort des résultats que la topographie et la pluviométrie sont les facteurs importants dans le choix des technologies. Les technologies endogènes recensées sont notamment le buttage en quinconce, le paillage, des diguettes et cordons pierreux, la pratique de la jachère à base de Mucuna et l’installation des bandes antiérosives du vétiver (vétiveriazizanioides). De l’analyse critique des formes de gestion endogène de l’eau dans les systèmes de culture pluviale, on retient fondamentalement trois techniques de gestion de l’eau adaptées aux systèmes de culture pluviale. Il s’agit de la maximisation du stockage de l’eau dans le sol, de la minimisation des pertes de l’eau stockée et enfin de la maximisation de l’efficacité de l’eau consommée par les cultures.

Quelques dispositifs de gestion efficiente des eaux pluviales ont été proposés dans le but de mieux valoriser les technologies de gestion de l’eau dans les systèmes de culture pluviale pour faire face convenablement aux multiples défis de l’agriculture béninoise.

Mots clés : Comé, gestion de l’eau, système de culture, culture pluviale.

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ABSTRACT

This study aims to contribute to a good understanding of water management technics in rainfed systems in the municipality of Comé and their integration in planning policies for sustainable development.

The methodology used is based on data collection, processing and analysis of results. Data collection consisted of desk research and field surveys using individual interviews and focus group discussion.

The results show that topography and rainfall are important factors in the choice of water management technologies. Endogenous technologies identified include staggered ridging, mulching, stone bunds, fallowing using Mucuna and installation of erosion control strips of vetiver (Vetiveriazizanioides). Based on a critical analysis of endogenous forms of water management, three water management technics appeared adapted to rainfed agriculture. These are:

maximization of water storage in soil, minimization of the losses of water stored and finally maximization of the efficiency of the water consumed by plants.

A few technics of efficient management of rainwater have been proposed in order to better develop the technologies of water management in rainfed agricultural systems; to properly deal with the multiple challenges of Benin agriculture.

Key words: Comé, water management, agriculture system, rainfed agriculture.

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LISTE DES ACRONYMES ET SIGLES

ADRAO : Association pour le Développement de la Riziculture en Afrique de l’ouest

AGOA: Africa Growth and Opportunity Act

ASECNA: Agence pour la Sécurité de la Navigation Aérienne

CAMES: Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur CARDER : Centre Agricole Régional pour le Développement Rural CNAB : Chambre Nationale d’Agriculture du Bénin

DGR : Direction du Génie Rural

DIARPA : Diagnostic Rapide de Pré-Aménagement EPAC: Ecole Polytechnique d’Abomey-Calavi FAO: Food and Agriculture Organization FEM : Fonds pour l’Environnement Mondial

FNDA : Fonds National de Développement Agricole GIRE : Gestion Intégrée des Ressources en Eau

INRAB: Institut National des Recherches Agricoles du Bénin

INSAE : Institut National de la Statistique et de l’Analyse Economique MAEP : Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche

NEPAD : OMS :

Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique Organisation Mondiale de la Santé

PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement RGPH3 :

SCDA :

Troisième Recensement Général de la population et de l’Habitat Secteur Communal pour le Développement Agricole

UAC: Université d’Abomey-Calavi

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Réalisé et présenté par SOSSOU Neville Eloi Page vii

LISTE DES FIGURES

Figure 1 : Situation géographique de la Commune de Comé ... 11

Figure 2 : Evolution saisonnière de la pluie et de l’ETP ... 12

Figure 3 : Cycle de l’érosion pluviale ... 24

Figure 4: Modèle de PEIR appliqué à l’analyse des résultats ... 40

Figure 5 : Carte d’occupation des sols de la commune de comé ... 44

Figure 6: Sens du ruissellement d’eau pluviale à Ouèdèmè-Pédah ... 47

Figure 7 : Diagramme de Franquin pour mettre en exergue les périodes de production dans la commune de Comé ... 49

Figure 8: Billons parallèle à la pente ... 53

Figure 9 : Buttes en quinconce ... 53

Figure 10: Cordons pierreux ... 53

Figure 11: valorisation de l’eau en culture pluviale ... 65

Figure 12: Mesure de lutte contre les risques de sécheresse ... 70

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Réalisé et présenté par SOSSOU Neville Eloi Page viii

LISTE DES PHOTOS

Photo 1: Déchaussement du système racinaire d’un oranger à Ouèdèmè-

Pedah ……… 45

Photo2 : Dégradation des pistes d’accès dans l’Arrondissement

deOuèdèmè-Pédah ……… 46

LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1:Centres de documentation, nature des documents et types d’informations recueillies. ... 33 Tableau 2: Matériel et leur utilité ... 35 Tableau 3: Répartition spatiale des ménages enquêtés ... 38 Tableau 4 : Normes d’écartement des plants de vétiver en fonction de la pente ... 54 Tableau 5 : Matrice de Léopold ... 56

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INTRODUCTION

Améliorer son environnement pour vivre longtemps est devenu une préoccupation internationale depuis la conférence de Stockholm/Suède en1972.

Malgré cette conférence, la dégradation de l’environnement a évolué (Gbèssè et Bonnaud, 1996).

Au Bénin, la plupart des localités sont marquées par la dégradation du couvert végétal du fait des facteurs naturels et anthropiques (Azonnahin, 2009). Des études relatives à ce phénomène réalisé par Kèkè (2002) et Bouegui (2008), ont montré que le ruissellement cause des dégâts environnementaux dans les villes du Bénin.

L’érosion causée par le ruissellement des eaux pluviales est aujourd’hui une préoccupation majeure, puisqu’elle rend improductives les terres agricoles et impacte négativement le développement agricole. Le développement étant au cœur de toutes les priorités de l’homme, les populations vivent avec résignation les conséquences de l’érosion pluviale sur leurs exploitations agricoles sans y trouver une solution à long terme.

A Comé, l’environnement est caractérisé par la sécheresse, la dégradation des sols, le lessivage des terres agricoles, l’inondation des bas-fonds, le déchaussement des infrastructures et même leur effondrement. La gestion traditionnelle des terres agricoles qui se traduit par la culture itinérante sur brûlis et principalement la non maîtrise des techniques de conservation des sols et de l’eau conduit à la dégradation de la plupart des terres exondées avec pour corollaire une baisse de la fertilité des sols et des rendements (Djihinto, 1997). Orékan(2000) affirme que pour se prémunir contre la péjoration pluviométrique, la dégradation des terres de plateau et pour assurer la sécurité alimentaire, les paysans s’investissent dans l’exploitation des écosystèmes humides très fertiles.

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Réalisé et présenté par SOSSOU Neville Eloi Page 2

Au Bénin, la question de la sécurité alimentaire reste un défi majeur. L’Etat, les acteurs de la recherche agricole et du monde rural ont développé plusieurs approches pour accroitre la production agricole. Cependant il est constaté que les technologies de gestion de l’eau actuellement utilisées n’ont pas totalement permis d’atteindre les objectifs de sécurité alimentaire. Ainsi, il importe d’appréhender les causes, les manifestations et les conséquences de la gestion de l’eau pluviale.

« L’agriculture est un produit de plusieurs facteurs. Si l’un des facteurs s’approche de zéro, le produit lui-même tend à s’annuler. Le premier facteur de la production est l’eau ; si elle vient à manquer c’est-à-dire si les pluies sont insuffisantes, si elles viennent trop tard, si elles s’arrêtent trop tôt ou si elles s’interrompent trop longtemps, l’impact de tous les autres facteurs est dérisoire et la production régresse » ( HECQ et DUGAUQUIER, 1990).

L’agriculture dans la zone d’étude est entravée par la mauvaise répartition spatio-temporelle et insuffisante des pluies qui est le principal facteur limitant pour l’essor de notre agriculture. Cette contrainte climatique engendrerait certes des baisses de production qui se traduisent le plus souvent par des déficits alimentaires qui ne cessent de croître avec une démographie galopante. Face à cette insécurité alimentaire quasi permanente et croissante, la meilleure solution serait la valorisation des technologies de gestion de l’eau dans les systèmes de culture pluviale qui pourrait permettre aux exploitants de sécuriser leurs cultures, d’augmenter leurs productions agricoles et d’être autosuffisants en production vivrière et maraîchère.

Le choix de la zone de Comé pour contribuer à une meilleure valorisation des technologies de gestion de l’eau dans les systèmes de culture pluviale se justifie aussi par les critères suivants :

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Réalisé et présenté par SOSSOU Neville Eloi Page 3

 le milieu n’a bénéficié à notre connaissance d’aucune recherche approfondie dans le domaine de gestion d’eau pour l’agriculture pluviale,

 les producteurs organisés en groupements disposent de savoir et de savoir- faire dans la gestion des ressources en eau,

 l’expérience acquise dans le milieu nous a permis d’avoir une bonne connaissance des contraintes liées à l’agriculture en matière de la gestion de l’eau.

Au regard de tout ce qui précède, nous avons entrepris la présente étude qui se focalise sur la « valorisation des technologies de gestion de l’eau dans les systèmes de culture pluviale : cas de la commune de Comé ».

Le présent travail s’articule autour de quatre grands chapitres. Le premier chapitre est consacré au cadre théorique et géographique du sujet, le deuxième présente le cadre conceptuel et l’approche méthodologique, le troisième chapitre traite des résultats et enfin le quatrième chapitre introduit quelques dispositifs de gestion efficiente des eaux pluviales basées sur l’analyse systémique.

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CHAPITRE I : CADRE THEORIQUE ET

GEOGRAPHIQUE

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1-1 Cadre théorique 1-1-1 Problématique

L’eau, source de vie, est une denrée extrêmement importante dans l’accomplissement des besoins vitaux, sociaux et économiques de l’homme (AKPO, 2010). Elle constitue une ressource précieuse indispensable à tous les niveaux (AMOUSSOU, 2003). Malgré son importance, elle est parfois rare et source de nombreux dégâts. Compte tenu des saisons et du régime pluviométrique, l’eau devient source de nuisance dotée d’un pouvoir de destruction à travers les eaux de ruissellement qui créent beaucoup de dégâts (YOLOU, 2004).Les eaux de ruissellement menacent les cadres de vie, et surtout les exploitations agricoles.

Lorsqu’il pleut, il ya trois types de mouvements en relation avec la topographie et la structure du sol : ruissellement, infiltration ou stagnation, avec pour conséquences l’érosion, le colmatage ou le lessivage du sol (AZONNAHIN, 2009). Dans le département du Mono-Couffo, l’érosion pluviale touche la plupart des communes (AKAKPO, 2009). La commune de Comé n’est pas épargnée de ce phénomène.

Les eaux de ruissellement s’accumulent en contrebas de la crête du plateau et traversent les agglomérations, provoquant des dégâts importants sur leur passage.

Ceci constitue un paradoxe, car l’absence d’eaux de surface constitue un handicap pour de nombreuses activités agricoles sur le plateau, tandis que leur excès temporaire provoque l’engorgement des zones agricoles humides.

Par ailleurs, la répartition de la population de la commune varie d’un arrondissement à un autre. On remarque, une occupation anarchique de l’espace et des chenaux. Or, l’évacuation des eaux pluviales et l’assainissement de la ville, fonction essentielle de la mairie (ALAGBA, 2010), n’est pas chose faite. S’en préoccuper est d’autant plus important car la localité de Comé est en pleine extension et devient très sensible à l’effet des eaux pluviales. Selon

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ROCKSTRÖM(1997) cité par AHAMIDE (2003), la solution à l’avenir viendra sans doute de l’utilisation prudente des eaux souterraines et des techniques de récupération de l’eau combinées à la préservation des sols et des eaux. Par ailleurs les périodes de sécheresse que la zone soudano-sahélienne a connues depuis les années 1968 à 1970 ont renforcé l’idée selon laquelle l’agriculture ne peut être uniquement basée sur la pluviométrie, trop aléatoire (PODA, 1997). Cela a entrainé l’exploitation de plus en plus importante de bas-fonds dont les conditions humides particulières devraient favoriser la culture des plantes valorisant au mieux la ressource eau (riz, cultures maraîchères). Malheureusement certains bas-fonds sont inondés aussi bien en période de pluie qu’en étiage, ainsi des techniques de gestion ou des dispositions s’avèrent nécessaires pour une bonne maîtrise de cette ressource.

Alors quelles sont les technologies de gestion de l’eau pluviale pratiquées à Comé? Quelles en sont les conséquences environnementales et socio-économiques?

Quelles stratégies adoptées pour gérer durablement l’eau pluviale afin de garantir un développement durable pour les zones agricoles?

C’est dans le but d’apporter quelques éléments de réponses à ces interrogations et contribuer à l’amélioration de la gestion de l’eau pluviale au profit de l’agriculture que le présent thème intitulé : «valorisation des technologies de gestion de l’eau dans les systèmes de culture pluviale dans la commune de Comé», est choisi.

Selon AFOUDA (1990) et HOUNDENOU (1999), l’absence, l’excès ou la mauvaise répartition spatio-temporelle des pluies sont génératrices des crises économiques, avec leurs retombées sociopolitiques surtout dans la mesure où, du climat dépend l’abondance ou la pénurie des récoltes.

Le relèvement de ces défis passe par la planification et la mise en œuvre de la Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) recommandée par la communauté internationale (Académie de l’eau, 2000).

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Selon l’OMS (2009), la GIRE consiste à promouvoir le développement et la gestion coordonnée des ressources en eau, des terres et d’autres ressources apparentées, afin de maximaliser de façon équitable, le bien être économique et social qui en résulte sans compromettre la durabilité des écosystèmes vitaux. Le Bénin s’est engagé à mettre en œuvre la GIRE en 1998 par la déclaration de Kouhounou (AHAMIDE, 2003).

La pluie a une importance capitale dans le phénomène de gestion d’eau pluviale. Elle est l’élément de départ du phénomène du ruissellement et la première étape du cycle de l’érosion pluviale. Les gouttes de pluie brisent les mottes et les agrégats et projettent les particules arrachées. Ce phénomène de rejaillissement sous l’impact du splash, déplace les particules sur quelques dizaines de centimètres, la distance dépendant de la masse des particules et de l’angle d’incidence des gouttes de pluie par rapport à la surface. Les particules fines déplacées sont piégées entre les éléments plus grossiers et ferment les pores : la surface du sol perd de sa capacité d’infiltration et sur certains sols, il apparaît un litage qui lors de la dessiccation provoque une croute de battance. Elle exerce sur le sol une force de cisaillement qui arrache les particules puis les transporte.

D’un autre côté, le changement climatique a eu d’énormes impacts sur le secteur de l’agriculture ces derniers temps. En effet, les paramètres agro-climatiques présentent des particularités contraignantes pour l’agriculture surtout dans le Sud- Ouest et l’extrême Nord qui connaissent parfois de graves sécheresses. Des travaux de BOKO (1988), AFOUDA (1990), HOUNDENOU (1999) et de OGOUWALE (2001), on retient que la péjoration pluviométrique, la réduction de la durée de la saison agricole, la persistance des anomalies négatives, la hausse des températures minimales, caractérisent désormais les climats du Bénin et modifient les régimes pluviométriques et les systèmes de productions agricoles.

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Réalisé et présenté par SOSSOU Neville Eloi Page 8

Les impacts directs des changements climatiques sur l’agriculture portent sur les comportements des cultures, les modifications pédologiques et les baisses de rendements. Au niveau des cultures s’observent des phénomènes de raccourcissement des cycles végétatifs et de floraison précoce, dus à l’élévation de la température. Par ailleurs, sous l’effet répété des récessions et perturbations pluviométriques, les rendements agricoles sont et seront gravement affectés. Les prévisions faites sur la productivité agricole seront complètement faussées et des risques d’insécurité alimentaire seront élevés.

L'objectif d'une telle démarche est entre autres d'élaborer des technologies qui favorisent la conservation des sols et des eaux et qui permettent une production agricole stable et durable dans les zones de cultures pluviales non irriguées dans des conditions sociales et économiques acceptables.

Mais, malgré toutes ces propositions, les actions endogènes entreprises par les producteurs sont inadéquates et inefficaces : les problèmes de maîtrise d’eau à des fins agricoles persistent. A cela, s’ajoute un manque de cohérence dans les actions de lutte antiérosive de la part des développeurs. D’où la pertinence d’une étude sur la « Valorisation des technologies de gestion de l’eau dans les systèmes de culture pluviale dans la commune de Comé »

1-1-2 Objectifs

Objectif général

L’objectif général est de contribuer à une bonne connaissance des technologies de gestion de l’eau dans les systèmes de culture pluviale dans la commune de Comé et leur intégration dans la planification des politiques de développement durable.

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Réalisé et présenté par SOSSOU Neville Eloi Page 9

Objectifs spécifiques

Les objectifs spécifiques de l’étude sont :

o inventorier les modèles de gestion endogène de l’eau dans les systèmes de culture pluviale ;

o analyser leur efficacité sur la production agricole ;

o proposer des dispositifs de gestion de l’eau pour les cultures pluviales dans les conditions sociales et économiques acceptables.

1-1-3 Hypothèses

Trois hypothèses de recherche ont été formulées dans le cadre de cette étude :

 les producteurs développent des modèles de gestion endogènes de l’eau dans les systèmes de culture pluviale qui ne sont pas efficients ;

 certains modèles de gestion de l’eau pluviale améliorent la production agricole ;

 Il n’est pas courant de retrouver dans le milieu d’étude des dispositifs de gestion efficiente de l’eau, qui soient adaptées aux conditions socio- économiques locales.

1-2 Cadre géographique

Le cadre géographique présente trois parties à savoir : la situation géographique, l’aspect physique et l’aspect humain du milieu.

1-2-1 Situation géographique

Le secteur d’étude est la commune de Comé située au Sud-Est du département du Mono à soixante- cinq (65) kilomètre de Cotonou, capitale économique du Bénin et à quarante deux (42) kilomètre de Lokossa (chef lieu du département). Elle est limitée (figure 1) au Nord par la commune de Bopa, au Nord-Est par la commune de

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Houéyogbé, à l’Est par le lac Ahémé et Kpomassè, à l’Ouest par les communes de Grand-Popo et d’Athiémé et au Sud par le canal Aho (PDC, 2010).

Sur le plan administratif, la commune de Comé est subdivisée en cinq (5) arrondissements couvrant 38 villages et quartiers de villes. Il s’agit des arrondissements d’Agatogbo, d’Akodéha, de Comé, de Ouèdèmè-Pédah et de Oumako(PDC, 2010).

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Réalisé et présenté par SOSSOU Neville Eloi Page 11 Togo Togo

Figure 1 : Situation géographique de la Commune de Comé

Togo

Atlantique Lalo

Dogbo

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1-2-2 Aspects physiques 1-2-2-1 Climat

La commune de Comé est caractérisée par un climat subéquatorial de type Guinéen à quatre (04) saisons plus ou moins marquées : une grande saison sèche (mi- novembre à mi-mars), une grande saison de pluies (mi-mars à mi-juillet), une petite saison sèche (mi-juillet à mi-septembre) et une petite saison de pluies (mi-septembre à mi-novembre) (PDC, 2010).Le module pluviométrique annuel observé (1965-2009) à Comé par l’ASECNA varie de 418,42 mm à 2027,4 mm avec une moyenne de 986,24mm. La répartition temporelle des pluies justifie la nécessité de gérer de manière efficiente l’eau pluviale dans les systèmes de culture(Fig.2).

Figure 2 : Evolution saisonnière de la pluie et de l’ETP Source : ASECNA 2012

0 50 100 150 200 250

Jan Fev Mar Avr Mai Juin Juil Aoû Sept Oct Nov Déc

Pluviométrie ETP

ETP/2

Mois Pluviométrie/ ETP (mm)

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1-2-2-2 Hydrographie

La commune de Comé est caractérisée par un réseau hydrographique dense composé (PDC, 2010):

 du Lac Ahémé qui arrose la Commune sur tout son côté Est avec une superficie de 100km² en période d’inondation et de 81 km² à l’étiage et une berge de 15km. Il borde la commune dans les arrondissements d’Agatogbo, d’Akodéha et de Ouèdèmè-Pédah. Ce qui fait de la pêche l’une des principales activités de la Commune.

 de petits plans d’eau tels que le Tikpan à Oumako ;

 du chenal ‘‘ Aho’’.

1-2-2-3 Sols et Relief

Les sols de la commune de Comé s’adaptent à plusieurs variétés de culture.

Ceux du plateau tolèrent l’ananas. On distingue sur le territoire trois types de sols dominants (PDC, 2010):

o les sols latéritiques qui s'étendent de l'arrondissement central vers Oumako, Akodéha et le nord-ouest de Ouèdèmè-Pédah ;

o les sols sablo-argileux qui couvrent l'arrondissement central, le nord de l’arrondissement d'Agatogbo, le Sud d'Akodéha et de Ouèdèmè-Pédah ; o les sols alluvionnaires et hydromorphes qui sont des sols des marécages et

de bas-fonds hydromorphes qui couvrent la région de Guézin, tout le long de la rive ouest du lac Ahémé, le Nord ouest de l'arrondissement d’Oumako et Tové au Sud d’Oumako.

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Réalisé et présenté par SOSSOU Neville Eloi Page 14

Le relief de la commune de Comé est composé de trois ensembles à savoir (PDC, 2010) :

o un ensemble morphologique difforme du centre vers le nord, composé d'un plateau latéritique à l’intérieur duquel on retrouve des savanes à emprises agricoles, des mosaïques de cultures et jachère;

o une zone de marécages salés ou de bas-fonds le long du lac Ahémé parsemés de plantations; et

o une zone lacustre caractérisée par la présence du lac Ahémé vers le sud et traversant les arrondissements d’Agatogbo, d’Akodéha et de Ouèdèmè- Pédah.

1-2-2-4 Paysage

Les formations végétales au nord sont totalement dégradées et constituées par une savane herbeuse puis par les champs de culture. On note également l’existence de Mosaïques de culture, de jachère, et des plantations (PDC, 2010).

Dans la commune, on note l’existence de zones marécageuses autour desquelles se développent quelques forêts galeries et forêts sacrées en pleine dégradation. Cette zone marécageuse et les bas-fonds du centre et du sud de la commune sont couverts de Paspalumvaginatum et de quelques buissons de palétuviers et de mangroves. Les marais salants du sud et du sud-ouest de la Commune produisent les joncs utilisés dans la fabrication des nattes, des paniers et de produits artisanaux.

Les quelques rares essences végétales naturelles qu'on rencontre aujourd'hui et en très petits nombres sont : le baobab (Adansoniadigitata) et l'iroko (Meliciaexcelsa). Les essences forestières plantées sont le neem (Azadirahtaindica), l'eucalyptus (Eucalyptus camaldurensis), le teck (Tectonagrandis) et l’acacia (Caciaafricana).

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La recherche de bois d’œuvre et de bois de chauffe, de certaines espèces arboricoles pour la fabrication des barques et la recherche de gibiers sont les principaux facteurs qui favorisent la destruction des forêts et même des forêts sacrées.

1-2-3 Aspects humains 1-2-3-1 Démographie

D’après le troisième Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH3, 2002), la commune de Comé a une population de 58 396 habitants dont 29 946 de sexe féminin soit 51,28%. Elle a une densité moyenne de 286,87 habitants au km². Selon le RGPH3, le taux de croissance intercensitaire de la commune de Comé est de 3,28%. La taille moyenne des ménages est estimée à 5. En 2002, le rapport de masculinité est de 94,73 sur le plan national sensiblement égal à la moyenne départementale 94,98 mais inférieur à la moyenne communale qui est de 96 (PDC, 2010).

Pour une population active estimée en 2012 à 56 447 habitants, le nombre de ménages agricoles serait de 7 280.

1-2-3-2 Agriculture

L'agriculture et la pêche occupent à elles seules 80% de la population et représentent les principales activités génératrices de revenus dans la commune.

L’existence des bas-fonds, la disponibilité de terres cultivables, l’existence des organisations d’agriculteurs, des structures d’encadrement, la proximité et la facilité d'accès au marché central sont à la base d’une diversité de spéculations.

L’agriculture pratiquée est celle de subsistance focalisée sur la production des cultures vivrières que sont le maïs, le manioc, l’arachide, le niébé, le piment, la tomate, la patate douce et le riz dont la production connaît un grand essor dans les bas-fonds et plaines inondables de la commune.

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Le système d’exploitation agricole est de type extensif caractérisé par des rendements assez faibles, tributaires des aléas climatiques et de la faible utilisation des techniques modernes de production. Les outils utilisés sont encore archaïques et les sols appauvris par de mauvaises pratiques culturales, la monoculture et les feux de brousse

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CHAPITRE II : CADRE CONCEPTUEL ET

DEMARCHE METHODOLOGIQUE

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2-1 Cadre conceptuel

2-1-1 Définition des concepts

Gestion de l’eau

La gestion de l’eau en agriculture est l’ensemble des opérations visant à assurer la bonne mise en valeur de l’eau à des fins agricoles (JORDANS, 2002). En Agriculture non irriguée, la gestion de l’eau consiste à contrôler la quantité d’eau disponible pour une culture en déviant de façon opportuniste les écoulements d’eau de pluie afin d’accroître l’humidité du sol dans la zone des racines des plantes. Il n’empêche que le calendrier d’arrosage reste dicté par les précipitations et non pas par les agriculteurs.

La gestion de l’eau en agriculture pluviale prend en compte les éléments : drainage et gestion des inondations dans l’agriculture pluviale, récupération et la conservation, irrigation supplémentaire, gestion de l’exploitation pluviale.

(CIID, 2011).La FAO propose une stratégie visant à "réinventer" la gestion de l'eau dans le secteur agricole, qui repose sur la modernisation des infrastructures de l'irrigation et des institutions, la participation entière des usagers des eaux dans la répartition des coûts et des bénéfices, et la relance de l'intérêt pour l'investissement dans les maillons déterminants de la chaîne de production agricole ( FAO, 2003). La bonne gestion de l’irrigation est un des facteurs clef pour l’obtention de haut rendement avec un produit de qualité (KADIRI, 2008).Pour cet auteur, la gestion de l’eau peut inclure des actions d’irrigation et certaines actions de conservation des eaux et des sols, la gestion de l’humidité des sols. Pour nous la gestion de l’eau doit viser l’équilibre entre les besoins des cultures et la capacité de rétention du sol.

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Systèmes de culture

Le système de culture comprend tous les éléments requis pour la production d'un ensemble d'espèces, et intègre les rapports de ceux-ci avec l'environnement. Ces éléments incluent les facteurs physiques et biologiques, la technologie, le travail et la gestion.

Le système de culture est l’un des concepts clés. Il est défini selon ADEGBIDE (1994) par une surface de terrain traitée de manière homogène par des cultures avec leur ordre de succession et par les itinéraires techniques qui leur sont appliqués.

Le système de culture est aussi un ensemble de procédés utilisés pour exploiter la terre dans le but de produire des végétaux utiles à l’homme .L’expression recouvre toutes les formes d’utilisation du sol et la manière d’assurer cette utilisation (GEORGES, 1984).

Le concept de système de culture regroupe les liens qui existent entre les actes techniques mis en œuvre successivement sur une parcelle agricole (MEYNARD et al, 2001).

Le système de culture est l’ensemble des activités des agriculteurs ou l’ensemble des stratégies mises en œuvre sur les parcelles agricoles dans le but de produire des êtres vivants (GAILLARD et SOURISSEAU, 2009).

Dans le cas de notre étude, les systèmes de culture désignent les différentes cultures ainsi que les techniques d’exploitation du sol adoptées par les populations paysannes de la commune de Comé. Ces systèmes de cultures correspondant aux objectifs de l’agriculteur, ce que ce dernier souhaite obtenir comme production, peuvent favoriser ou non le rendement. Ils regroupent la taille des exploitations, les spéculations cultivées, les rendements, le matériel agricole, le nombre d’actifs par exploitation, l’itinéraire technique, les pratiques culturales et le calendrier cultural

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qui est fonction de la pluviométrie et qui s’étend généralement d’avril à octobre à Comé où les populations paysannes adoptent en majorité le système de culture pluviale.

Quant au système d’agriculture irriguée, il diffère de celui d’agriculture pluviale par ses techniques agricoles, son caractère intensif et par la taille réduite des exploitations (qui varie le plus souvent de 0,5 à 5ha) qui peut être mise en valeur deux fois dans l’année.

Culture pluviale

La culture pluviale est toute forme de production agricole (production végétale plus spécifiquement) dont l’alimentation en eau dépend entièrement des pluies. Elle est tributaire du calendrier des pluies et de la répartition de celles-ci au cours des saisons pluvieuses. On parle aussi de culture de plateau ou de cultures sèches pour caractériser ce type d’agriculture (HUGUES et PHILIPPE de LEENER, 1990).Par contre on parle de cultures irriguées lorsqu’il s’agit d’arroser artificiellement la terre et les plantes. Dans ce cas, l’irrigation est totale lorsque les besoins en eau de la culture sont satisfaits par l’irrigation sans discontinuer, du début jusqu’à la fin du cycle cultural. Lorsque l’eau est disponible toute l’année, on peut pratiquer successivement plusieurs cycles de cultures par an et « gommer » les calendriers pluviaux. On parle d’irrigation d’appoint lorsque l’arrosage artificiel vient seulement suppléer l’arrosage par les pluies, lorsque celui-ci est déficient ou insuffisant.

Comme appoint au cours d’une saison pluvieuse, aux moments où les plantes risquent de souffrir d’un manque d’eau, comme appoint pour prolonger l’arrosage naturel par les pluies, au début d’une saison sèche, et permettre l’achèvement correct d’un cycle de culture commencé durant la saison pluvieuse ; pour arroser durant une saison sèche. On parle de cultures inondées lorsque les plantes sont amenées à pousser les pieds dans l’eau durant des phases prolongées de leur cycle végétatif.

Peu de plantes supportent l’inondation prolongée. C’est pourquoi ces termes

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s’appliquent généralement à la culture du riz dont un grand nombre de variétés profitent bien de l’inondation. L’inondation peut être naturelle ou artificielle, contrôlée ou non, selon les circonstances locales. L’agriculture de décrue se pratique au moment où les eaux se retirent après une période d’inondation. Elle cherche à profiter des réserves en eau du sol constituées suite à l’inondation. Elle se déroule donc toujours en fin de saison pluvieuse (HUGUES et PHILIPPE de LEENER, 1990).En ce qui concerne les cultures drainées, le mot drainage est utilisé dans deux contextes différents selon HUGUES et PHILIPPE de LEENER(1990).

Le drainage désigne le mouvement de l’eau qui quitte un volume de sol déterminé. C’est un mouvement naturel qui se fait selon le principe de la gravitation à travers les pores du sol et du sous-sol, vers le bas.

Le mot est aussi utilisé pour désigner l’action de l’homme consistant à favoriser l’échappement de l’eau excédentaire des terres de cultures.

En période pluvieuse, l’eau s’accumule dans certains bas-fonds à tel point qu’il n’est pas possible d’y cultiver. Le drainage consiste alors à créer des passages appelés « drains » qui permettent à l’eau de quitter la couche arable.

Valorisation des technologies

Cela fait appel à la mise en valeur et à l’action de tirer profit d’une chose dans un objectif de production. Dans le cadre du présent travail, cela équivaut alors à la mise en valeur des terres agricoles aménagées à travers les productions vivrières, maraîchères et rizicoles qui doivent viser simultanément une croissance économique de la commune et une durabilité écologique des milieux. La mise en valeur d’une technologie dépend du contexte agro-économique local. Ici, il est clair que nous sommes dans le cas de la mise en valeur des technologies de gestion de l’eau. Ainsi, il s’agit de l’aménagement qui est la mise en place des dispositifs de maîtrise de l’eau, de la production, de la mise en culture pluviale sur les terres cultivables

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aménagées à cet effet ; tout ceci pour apporter de meilleurs revenus ou produire plus de calories à l’hectare. C’est la rentabilité de l’aménagement par une spéculation donnée.

2-1-2 Opérationnalisation des concepts utilisés

Battance

En percutant le sol, une goutte d'eau libère son énergie cinétique qui est en moyenne 256 fois plus grande que celle du ruissellement (Hudson, 1981) cité par (CFG, 2003), et il peut se produire: un éclatement de la goutte d'eau en petites gouttelettes qui rebondissent, un détachement partiel ou total des particules du sol et leur projection à une certaine distance du lieu de contact et un compactage du sol au-dessous de la pellicule remaniée.

Ceci a pour conséquences: le déplacement des particules de l’amont vers l’aval, une redistribution de la porosité de surface du sol (colmatage par les fines).

C'est le phénomène des «croûtes de battance" et la pulvérisation des agrégats.

Ruissellement

Le ruissellement est l’écoulement plus ou moins rapide des eaux pluviales. Il joue un rôle capital dans le mécanisme de l’érosion pluviale. Il dépend de l'intensité de la pluie et de la vitesse d'infiltration. Si l'intensité de la pluie dépasse la vitesse d'infiltration, le sol refuse le surplus d'eau, qui alors ruisselle.

L'écoulement de l'eau exerce un effet de cisaillement sur les particules à la surface du sol. On distingue plusieurs types de ruissellement à Comé:

Ruissellement en nappe : C’est le ruissellement de l’eau qui recouvre toute la surface du sol décapé en une couche mince qui a, à tout endroit plus ou moins, la

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même épaisseur. Sur des pentes faibles, le ruissellement en nappe n’a que peu de force. L’eau n’entraine que les éléments les plus fins (argile et limons) qu’elle a pris en suspension au moment du splash et les plus légères (petits déchets organiques et humus).

Ruissellement en griffes: L’eau ruisselant en nappe se concentre petit à petit et creuse des rigoles ou griffes peu profondes mais pouvant atteindre l’horizon B du sol. On parle d’érosion en griffe lorsque les rigoles ressemblent à de longs coups de griffe qui auraient été faits au terrain par un animal géant (bœuf).

Ruissellement en ravine: Elle se manifeste lorsque les griffes s’élargissent par concentration de ruissellement excessif en formant un passage d’eau profondément creusé dans le sol (40 à 200 centimètres de profondeur).

L'énergie du ruissellement dépend de la vitesse et de la masse d'eau en mouvement. Par ailleurs, le vent intervient en augmentant la vitesse des gouttes de pluie (CFG, 2003).

Ces deux phénomènes sont influencés par des facteurs liés au climat (précipitations), aux caractéristiques intrinsèques du sol, à la topographie et au taux de couverture végétale (appelé pourcentage de recouvrement).Il est à noter qu'on parle de taux de couverture végétale car la végétation est la technique la plus courante pour modifier les caractéristiques de l'interface eau/sol.

La figure 3 met en relation les composantes nécessaires pour une érosion pluviale.

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Figure 3 : Cycle de l’érosion pluviale Source: CFG, 2003

Cette figure montre les différentes composantes de l’érosion pluviale dont la pluie est le déterminant principal. En fonction de l’état de surface du sol, sa texture et sa composition chimique ainsi qu’à la couverture végétale (structure et matière organique), les plash des gouttes de pluie provoque la battance. Celle-ci favorise l’érosion pluviale. De la même façon, ce splash, de par la topographie du sol (inclinaison du terrain et la longueur de la pente) et le climat (intensité des gouttes de pluie accélérées par le vent, la fréquence et la durée des pluies dans la saison) provoque le ruissellement qui crée des conditions favorables à l’érosion.

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2-1-3 Synthèse bibliographique

L’érosion pluviale fait et continue de faire l’objet d’une littérature abondante.

Les facteurs déterminants de l’érosion pluviale sont les précipitations et le ruissellement des eaux lié aux pentes. Les ouvrages ci-après : YOLOU(2004), ZOUNON (2011), KEKE(2002), BOUEGUI(2008), GBESSE et BONNAUD(1996) sont assez explicites à ce sujet. Mais les pentes ne sont pas les seules causes.

Nous avons aussi comme facteur de l’érosion pluviale l’occupation anarchique des sols comme l’explique AZONNAHIN (2009) pour qui, les causes de l’érosion sont: l’occupation anarchique du sol, la quantité et l’intensité d’eau précipitée ainsi que les pentes qui interviennent par leur inclinaison et leur longueur.

Selon AKAKPO (2009), la morphologie de la commune de Comé favorise le drainage de l’eau pluviale. De même, il explique que le déboisement amplifie le phénomène de l’érosion.

Selon KEKE (2002), pour mieux apprécier le phénomène de l’érosion, il faut cerner les facteurs du ruissellement, leurs interactions, leurs implications dans le processus de l’érosion et l’ampleur de celle-ci.

Par ailleurs, BOUEGUI (2008), démontre que le sens de l’écoulement des eaux dépend de l’orientation des pentes, ce qui conditionne l’augmentation de la vitesse de l’écoulement.

AZONNAHIN (2009), pense que la couverture végétale protège le sol contre l’énergie cinétique des gouttes de pluie, réduit la vitesse du ruissellement, améliore la structure, la perméabilité et la stabilité du sol. BOUEGUI (2008), souligne que le phénomène de l’érosion s’accentue dans les bassins versants. Ce qui entraîne le lessivage des terres agricoles.

GBESSE et BONNAUD (1996), pour leur part identifient l’érosion hydrique comme étant l’un des principaux phénomènes de dégradation qui affecte les

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versants. Ceux-ci sont les unités de relief inclinées facilitant l’écoulement des eaux, des secteurs de hautes altitudes vers les secteurs de basses altitudes.

Par ailleurs, l’ensemble des marques créées par les eaux de ruissellement montre que les versants dénudés sont atteints.

ARAYE (2008), présente les différents facteurs et impacts de l’érosion pluviale sans oublier les diverses techniques utilisées par les populations pour faire face aux conséquences des eaux de ruissellement. Dans ce cadre, il souligne que ces eaux de ruissellement demeurent non maîtrisées malgré les différentes techniques développées par les populations. Il fait des propositions visant à favoriser la construction des retenues d’eau par les populations et l’exploitation de l’eau de surface dans la ville de Dassa-Zoumè.

ZOUNON (2011), présente les stratégies mises en place par les populations qui ne disposent pas d’une politique adéquate de lutte contre l’érosion et pour qui, un plan d’aménagement s’avère indispensable pour intégrer les différentes stratégies afin de les pérenniser. La gestion de l’eau pluviale serait l’un des moyens pour lutter contre le phénomène de l’érosion, c’est pourquoi, AZZOUT et al (1994), ont montré que l’idée «alternative» consiste à déconcentrer les flux en redonnant aux surfaces sur lesquelles se produit le ruissellement, un rôle régulateur fondé sur la rétention et sur l’infiltration des eaux de pluie. De même, les technologies liées à ces principes existent et constituent une alternative au réseau de conduites classiques. C’est dans ce sens qu’on les appelle «techniques alternatives».

Pour l’essentiel, les différents ouvrages ont abordé de façon générale la question de l’érosion pluviale, ses facteurs et ses incidences. Ils ont permis également de cerner la combinaison des conditions naturelles avec les actions humaines qui interagissent dans le processus de l’érosion.

Les chercheurs s’accordent sur l’ampleur et les causes de la dégradation des sols dans le monde et en Afrique. C’est le cas du Fonds pour l’Environnement

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Mondial (2008) qui rapporte qu’au cours des 50 dernières années, les 2/3 environs des terres agricoles dans le monde ont subi une dégradation plus ou moins importante. Plus de 40% des terres dans le monde sont gravement dégradées (FEM, 2008). Cette dégradation des sols compromet les moyens de subsistances, le bien- être économique et l’état nutritionnel de plus d’un milliard de personnes dans les pays en voie de développement (FEM, 2008).

La FAO (2002) estime qu’entre 1998 et 2000, le monde comptait 840 millions de personnes sous-alimentées dont 799 millions dans les pays en voie de développement, 30 millions dans les pays en transition et 11 millions dans les pays industrialisés. Les causes de cette sous-alimentation sont en partie dues à la baisse de la production agricole, conséquence de la dégradation des terres. En effet, l’érosion des sols constitue un aspect majeur de la dégradation des paysages dans les environnements africains (KARMOUNI, 1988).

Au Bénin, les sols sont extrêmement variés du fait de la diversité des substrats géologiques et des topographies mouvementées qui continuent à évoluer sous l’effet du climat et de l’homme. Les sols conditionnent l’agriculture et son avenir sous trois aspects : le maintien de leur existence (lutte contre l’érosion), l’amélioration de leur capacité de production (fertilité et qualité) et la mise en valeur de leur capacité productive par des pratiques appropriées.

Le défi majeur des pays africains est double : assurer une sécurité alimentaire pour une population à fort taux démographique et amortir la dégradation des ressources naturelles. Ces pays ont besoin plus que jamais de revoir leurs modes d’utilisation des terres pour assurer une sécurité alimentaire et un développement agricole durable. De son côté, (AGBOSSOU, 1999) recommande que l’aménagement des bassins versants doit prendre en considération les facteurs sociaux, économiques et institutionnels qui agissent à l’intérieur et en dehors du bassin versant.

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D’après TOKO et SINSIN (2008), l’érosion ou le lessivage des sols en Afrique intertropicale constituent de sérieuses menaces pour la productivité.

ROOSE (2007) poursuit en affirmant qu’avec le défrichement en sols tropicaux, on observe une décroissance des matières organiques du sol et un début de dégradation chimique, biologique et physique des horizons de surfaces. En outre, les sols sableux cultivés perdent 50% de leurs matières organiques en 4ans et les sols argileux en 10-15ans (ROOSE, 2007).

La diminution du bilan hydrique et la capacité de rétention en eau du sol, la décroissance de la teneur en humus du sol et un sol pauvre en éléments fertilisants sont entre autres les dégâts causés par les pertes de terre (YACOUBA, 2009). Pour le même auteur, la pente est un facteur très important de l’érosion. Les pertes de terre commencent sur des pentes faibles de 1 à 2% comme c’est le cas du plateau Mossi au Mali (YACOUBA, 2009).

D’ici 2020, la dégradation des sols pourrait constituer une grave menace mettant en danger la production alimentaire et les moyens d’existence ruraux, notamment dans les régions pauvres et de fortes démographies dans le monde (SCHERR et YADAV, 1997 ; ROOSE, 2007 ; YACOUBA, 2009 ). En plus, les sols semi-arides portent en eux-mêmes les germes de leur destruction : faible teneur en matière organique, faible stabilité structurale, forte densité apparente, tendance à la prise de masse et faiblesse des résidus en surface. De ce fait, l’amélioration de la productivité, la protection des sols contre l’érosion et la restauration de leur fertilité nécessite une gestion agrobiologique des systèmes de culture. LAMY (1995) souligne quant à lui, la nécessité de l’eau dans la nature et affirme que l’eau, c’est la vie. Il montre que le manque d’eau et les périodes de sècheresses sont plus graves pour l’homme, que le manque de pétrole. En faisant cette comparaison, il trouve que si les énergies de remplacement sont nombreuses dans le cas du pétrole, ce ne sera

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pas le cas de l’eau si sa conservation, sa protection et son traitement sont toujours négligés.

L’OMS (1985) décline les différentes causes de pénurie d’eau qui sont au nombre de quatre à savoir l’aridité, la sècheresse, la désertification et la surexploitation de l’eau liée à l’augmentation du nombre de personnes exploitant des débits fixes.

La problématique de la gestion endogène des ressources en eau dans diverses localités du Bénin a été abordée par de nombreux travaux de mémoires de maîtrise.

AHOTON (2005), a évalué les ressources en eau et déterminé les contraintes imposées par la valorisation de ces ressources au développement agricole dans la commune de Zakpota. Pour lui, l’eau constitue l’élément fondamental dans le développement agricole et la vie des populations.

VIAÏNON (2010) a traité des aspects socio-économiques de la gestion intégrée des ressources en eau dans la commune de Bohicon, en présentant les différentes sources d’approvisionnement en eau, les diverses activités relatives à l’eau, et le mode de gestion de ces ressources.

L’agriculture durable est un ensemble de techniques qui visent à pérenniser l’activité agricole dans ses milieux physiques, sociaux, économiques et environnementaux.

Particulièrement, une agriculture qui ne compense pas les prélèvements et les pertes minéraux et de matières organiques ne peut être dite durable.

Les recherches menées par l’Institut de Recherche Agronomique du Rwanda (ISAR) révèlent que les pertes en sol dues à l’érosion se situent dans une fourchette de 35 à 246 t/ha/an (BERRY et OLSON, 2003).

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L’ISAR estime qu’en 1990, l’érosion au Rwanda avait causé la perte de 8000ha de terres cultivables, soit de quoi nourrir 40000 personnes. Même constat effectué en Ouganda par le Plan National d’Action Environnementale (PNAE, 1995) qui indique que la productivité de banane, culture principale du pays a connu en 20ans un déclin dans les rendements en raison de l’érosion suivie de la baisse de la fertilité des sols (BERRY et OLSON, 2003).

Au Bénin, la forte pression démographique se traduit par un morcellement toujours plus poussé des exploitations et une occupation permanente de la terre (qui n’est pas laissée en jachère et ne peut donc se régénérer), causes importantes de la dégradation des sols, d’érosion, de pertes de fertilité et de faibles rendements au Bénin (PAGER Bénin, 2004). Cet avis est partagé par AZONTONDE et al (1998) qui soutiennent que la forte pression démographique au Bénin a entrainé la dégradation des sols.

MOUMOUNI (1999), répertorie dans le bassin versant de Lomon à Aplahoué les causes de la dégradation des sols et des forêts qui sont : les techniques caractérisées par les défrichements intensifs, le brûlage, l’intensification par allongement des temps de culture et la réduction de la durée des jachères.

Quant au Plan Foncier Rural (PFR, 2009), la dégradation des sols au sud-Bénin est due à la forte pression agro-foncière, consécutive à la croissance démographique, à la déforestation et à l’installation des cultures sur les berges (responsables de l’ensablement des cours d’eau), de la perte de fertilité des sols consécutive à la surexploitation puis à la réduction de la superficie des terres cultivables.

Pour tenter de sortir de cette spirale de la pauvreté, le FEM (2008) préconise l’élaboration de projets qui visent à intégrer la gestion durable des sols, à renforcer les capacités humaines, techniques et institutionnelles. REYNIERS et NETOYO (1990) attirent l’attention sur la création d’un modèle de conservation du bilan

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hydrique des sols pour contribuer à l’amélioration du rendement pour des fins de développement durable.

Selon SCHERR et YADAV (1997), lorsqu’on ajoute des nutriments aux sols ayant subi une fois un épuisement en nutriments, le sol s’enrichit. Il est possible de restaurer rapidement la capacité de production des sols en captant le ruissellement par un dispositif adapté (haie, cordons de pierre, pailles,…) puis en restaurant les sols en éléments organiques et minéraux (ROOSE, 2007).

AUFRAY (2006) pour sa part, conclut que seules les pratiques agricoles adéquates permettront de diminuer l’imperméabilisation du sol : le maintien d’une couverture végétale en permanence. Elles favorisent l’infiltration de l’eau de pluie et l’évolution de la matière organique qui contribuera à une meilleure porosité du sol (AUFRAY, 2006). Cet ensemble permettra la formation d’un sol plus riche et plus productif (AUFRAY, 2006).

Quant à AZONTONDE (1998), il propose un système de culture fondé sur une association et rotation entre le maïs (Zeamays) et une légumineuse de couverture (Mucunapruriens). Ce nouveau système permet d’augmenter le rendement de maïs et d’améliorer les propriétés physicochimiques et biologiques des sols.

Ces différentes études ont permis de cerner les contours de notre sujet puis d’approfondir nos connaissances en la matière pour une meilleure valorisation des technologies de gestion de l’eau dans les systèmes de culture pluviale. Surtout aucune étude spécifique portant sur ce sujet, localement élaborée, n’a été faite sur la commune de Comé. C’est l’une des raisons fondamentales de la présente recherche.

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2-2 Démarche méthodologique

Pour mener cette étude, il est adopté une démarche méthodologique qui s’articule autour de trois principaux axes : la collecte, le traitement des données et l’analyse des résultats.

2-2-1 Techniques et outils de collecte de données Les données collectées sont pour l’essentiel des :

 Données relatives à l’évolution de la population et le niveau de pauvreté des ménages agricoles de chaque village obtenues à l’Institut National de la Statistique et de l’Analyse Economique (INSAE);

 Données climatologiques (hauteur de pluies, températures moyennes et l’Evapotranspiration Potentielle sur la période (1965 à 2009) de l’Agence pour la Sécurité et la Navigation Aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA);

 Données et informations de terrain relatives aux technologies et stratégies endogènes mises en œuvre par les agriculteurs dans les systèmes de culture pluviale;

 Données planimétriques constituées des photographies aériennes, les images satellites et la cartographie de l’environnement obtenues à l’Institut Géographique National (IGN); au Centre National de Télédétection et de surveillance du couvert végétal (CENATEL).

Toutes ces données collectées dans le cadre de ce travail proviennent de plusieurs sources notamment la recherche documentaire et les enquêtes de terrain.

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2-2-1-1 La recherche documentaire

De nombreux ouvrages et travaux ont été consultés dans différents centres de documentation visités comme l’indique le tableau 1.

Tableau 1: Centres de documentation, nature des documents et types d’informations recueillies.

Structures /centres de

documentation Nature des documents Types d’informations recueillies Bibliothèque de la FLASH

et ABE Mémoires et thèses Informations relatives à l’érosion

pluviale

FSA Mémoire de maîtrise, DEA,

Thèse, Articles, Ouvrages

Techniques d’élaborations et démarches méthodologique Direction Générale de

l’Eau

Articles, publications et

rapports d’activités Données hydrographiques Centre de documentation

de l’INSAE et ASECNA

Catalogues, livres, données démographiques et climatiques

Statistiques climatique et démographique

Centre de documentation

de l’IGN et CENATEL Cartes et rapports Situation géographique, donnée topographique et pédologique Internet, mairie et SCDA-

Comé

PDC, Documents, articles, forums et rapports des séminaires

Informations générales sur l’érosion pluviale et la gestion des eaux pluviales

2-2-1-2 Les enquêtes de terrain

L’essentiel des travaux de terrain se résume comme suit :

- l’observation directe qui a permis d’appréhender les effets de la mauvaise gestion de l’eau, les pratiques agricoles existantes puis les actions menées sur le terrain tant par les producteurs que par les structures communales et étatiques.

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- des questionnaires conçus adressés à quelques exploitants du secteur d’étude, notamment des exploitants des terres de plateau, des bas-fonds et plaines inondables afin d’identifier les éventuelles incohérences.

- De guides d’entretien en direction des institutions intervenant dans le monde rural agricole.

Ces investigations se sont déroulées dans les villages retenus. Ces outils ont été administrés sur le terrain par une équipe de douze (12) enquêteurs, des agents techniques d’encadrement des producteurs qui ont reçu la formation sur l’exploitation des questionnaires et guide d’entretien.

Ces enquêtes ont été réalisées par questionnaire, par interview, par entrevue, par participation directe et par focus-group. Les travaux de terrain se sont déroulés en deux étapes à savoir la pré-enquête et l’enquête proprement dite. Pour la pré- enquête, il a été question de soumettre quelques individus du secteur d’étude au questionnaire afin d’identifier les éventuelles incohérences de celui-ci. L’enquête proprement dite s’est déroulée en deux phases. Au cours de la première phase, des informations ont été collectées par rapport au phénomène de la mauvaise gestion de l’eau dans les systèmes de culture pluviale. La seconde phase a permis de confirmer ou infirmer les informations fournies par les populations.

La réalisation de cette étude nécessite l’usage de certains matériels que nous résumons dans le tableau 2 ci-dessous.

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Tableau 2: Matériel et leur utilité

Matériel Utilité 01 Carte des sols Identification des types de sols

02 Limnimètre Mesure de la hauteur de l’eau au dessus du sol.

03 Carte de végétation Identification de la formation végétale 04 Fiches d’enquêtes et

guide d’entretien

Collecte des données agronomiques, environnementales et socio- économiques.

05 Appareil

photographique numérique

Prendre des vues instantanées des manifestations et impacts de l’érosion pluviale

06 GPS Détermination de la pente du terrain

2-2-2 Groupe cible

Dans le but d’avoir des informations fiables, nous avons ciblé :

 la population en vue d’obtenir des renseignements socio-économiques.

 les exploitants des terres agricoles de plateau, des bas-fonds et plaines inondables pour caractériser les technologies de gestion endogène de l’eau pratiquées dans les systèmes de culture pluviale et maîtriser les aspects hydrologiques, les potentialités et contraintes des exploitations agricoles.

 les agents d’encadrement technique du Secteur Communal pour le Développement Agricole et autres structures intervenant dans l’agriculture qui maitrisent la situation des agriculteurs en matière de la gestion de l’eau et qui peuvent mieux renseigner dans le cadre de l’étude.

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