Yvon Lechevestrier
journal collaboratif de rennes et d’ailleurs !
Gwen Hamdi, comme un grand frère
Le monde en questions :
octobre 2020 N°3
Directeurs de publication : Marc Puillandre - Ronan Chérel Suivi éditorial : Guillaume Bellan Infographie : Anaïs Le Roy
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Petit déjeuner matinal et chaleureux entre amis à la Timonerie, un « rade » accueillant avenue Janvier à Rennes. On écoute Gwen Hamdi dire son inquiétude concernant les jeunes, confrontés en première ligne, à cette pandémie qui « plombe » nos vies.
À bientôt 52 ans pour l’état civil, directeur du 4Bis – l’ancien centre information jeunesse à Rennes – Gwen ne change pas. Toujours aussi jeune. En 1984-85, il était le plus actif des militants de SOS racisme. Ses potes l’appelaient « le Petit Beurre breton ». Surnom sympa qui le fait encore sourire. Ses origines franco-algérienne mêlées en ont fait le grand frère de tous ceux et celles qui le côtoient.
Gwen conserve cet allant et cette énergie propre à la jeunesse. D’où son inquiétude partagée avec les jeunes qui, en ce moment, sont fustigés, critiqués et, parfois même, suspectés de propager le virus. « Attention à ne pas en faire des pestiférés ». Il entend le discours de certains qui les visent et les condamnent.
Un mauvais procès. À faire oublier que ces mêmes jeunes furent, pendant le confinement, généreux et volontaires pour aider ceux qui étaient dans le besoin.
Comment faire pour que cette génération ne désespère pas ? Il y réfléchit avec son équipe, écoutée par les élus et la préfète. « On va y arriver. » Gwen a gardé intacte cette foi dans
« le toujours possible ». Voilà quelques années, quand, le jeudi soir, étudiants rennais et CRS s’affrontaient violemment, il sut trouver comment casser cette spirale d’affrontements en imaginant des soirées musicales et sans alcool au Liberté. « À eux, à nous avec eux, de trouver une solution. Ils sont notre avenir. » Comment fera-t-il pour encore entretenir la flamme des jeunes qui viennent au 4Bis ou dans les quartiers où il va à leur rencontre ?
« Parce qu’on m’a fait confiance quand j’avais 16 ans, aujourd’hui je leur fais confiance. Et je ne peux qu’encourager les jeunes à s’engager. Il reste tant de choses à faire...»
Un an déjà...
Le 3 janvier 2019, La Chine est la première puissance à atterrir sur la « face cachée » de la Lune. Quels enjeux géopolitiques peuvent donc s’y cacher ? En pleine guerre froide et durant près de 20 ans, les États-Unis et l’URSS se sont rendus coup pour coup, n’hésitant pas à investir des sommes titanesques dans leur programme spatial. Ainsi, quand le
12 avril 1961 les Russes parviennent à envoyer le premier être humain dans l’espace, le président américain J.F. Kennedy demande au Congrès le budget nécessaire pour l’envoi d’un être humain sur la Lune avant 1970. Sous la direction de Wernher von Braun, ancien ingénieur du IIIe Reich ayant notamment développé les terribles missiles V2 lancés sur Londres, ce sont près de 25 milliards de dollars (équivalent à 150 milliards de dollars actuels) qui ont été investis dans le programme Apollo : près de 6% du
budget national. Depuis 1972 et la sixième mission Apollo, plus aucun être humain n’est retourné sur la Lune, l’Union soviétique n’ayant plus les moyens d’investir dans une bataille qu’elle avait déjà perdue.
En 2017 et après seulement un an passé à la Maison Blanche, le président américain Donald Trump annonce ses intentions de revoir un astronaute américain poser le pied sur la Lune, avec les mêmes motivations politiques que dans les années 60. Cependant, le rival technologique n’est plus soviétique, mais chinois. En effet, Pékin a également à cœur depuis le début du XXIe siècle de montrer au monde entier la puissance de la République Populaire de Chine et cela passe aussi par la recherche et l’ingénierie spatiale. Dans ce sens, l’Administration spatiale nationale chinoise est parvenue, début 2019, à poser un rover sur la face cachée de la Lune, chose inédite et représentant une prouesse majeure. Que veut la Chine ? Construire une base permanente, prémices d’une zone économique entre la Terre et la Lune puis en faire un poste avancé pour préparer de futures conquêtes spatiales. La technologie se trouvera au cœur d’un potentiel affrontement mondial généralisé et conquérir la Lune s’apparente donc à une forme de dissuasion, au même titre que la dissuasion nucléaire. Avec son pas sur la Lune, la Chine montre qu’elle est en chemin...
Pékin a marché sur la Lune
Baptiste Wolf
La suite au prochain numéro...
Ronan Chérel
« Un viol c’est 15 ans, mais un viol sur mineur de moins de 15 ans ou en réunion ou sur conjoint c’est plus grave, la peine peut être de 20 ans. Par contre, si le fait est caractérisé en agression sexuelle, la peine qu’encourt le prévenu est de 5 ans maximum, en réunion c’est 7 ans, et sur un mineur de moins de 15 ans c’est 10 ans ». Un procureur ne peut requérir une peine à sa guise pour une infraction. Tout dépend s’il s’agit d’une contravention, d’un délit ou d’un crime. Ces peines, prévues par la loi, semblent sévères à certains. Pourtant il y a une différence entre une peine prévue par la loi, une peine requise par un procureur et le délibéré (l’annonce de la décision justice en conclusion d’un procès) annoncé par le juge.
La hauteur de la peine prévue par la loi offre surtout des moyens spécifiques pour mener l’enquête diligentée par un procureur : « On a davantage de moyens quand la peine encourue est haute. Par exemple on ne géolocalise pas un téléphone portable pour un usage de stupéfiants (peine encourue 1 an). En revanche, pour un trafic (peine encourue 10 ans), les moyens sont plus considérables. On ne sort pas un bazooka pour tuer des mouches ! » Ainsi, il n’y a pas de garde à vue pour une conduite sans assurance, car aucune peine de prison n’est envisageable. On ne place pas non plus en garde à vue pour une contravention comme traverser hors des passages piétons. La notion d’infraction est donc sans équivoque : c’est un fait plus une sanction appropriée.
Cela s’appelle la proportionnalité, selon ce que la loi indique.
Chronique de justice
épisode 3 : des moyens adaptés aux objectifs
La «proportionnalité»
est mère de la justice
le grand débat
Envoie-moi un texto !
Annie & Azena Toqué Maman viens voir
Tu m’envoies un sms pour me dire de venir dans ta chambre ?
Bah ouais je vais pas hurler
Mais comment tu aurais fait avant 1992 ? C’est la date du tout premier SMS ! Il disait juste « Merry Christmas »
MDR
Et voilà encore un mot de trois lettres...à croire que tu ne t’exprimes plus que par trois lettres
Bah ouais ! mdr dsl tkt…
Bon s’exprimer par trois lettres c’était valable au début, quand les sms étaient bloqués à 160 caractères mais là on a l’illimité ! Oui mais ça s’appelle l’économie de stockage.
Ma chère mère tu apprendras que nous les jeunes, gardons tous nos messages et qu’ils doivent donc être courts pour ne pas encombrer la mémoire
Mais quel est l’intérêt de garder en mémoire:
« coucou je suis à République... t’es où… je suis à côté de l’ascenseur… ok je te vois… » Pour garder des preuves ! Moi je garde tout en cas d’embrouilles et en cas de coup de mou je relis mes sms pour me remonter le moral
Des preuves de quoi...c’est comme si on enregistrait toutes nos conversations téléphoniques, moi je supprime quand je n’ai plus besoin ! Et pourquoi des fois tu envoies des emoji et moi je reçois des carrés ? Ton portable est trop vieux, change le ! Pas question maintenant que j’ai compris comment il fonctionne
Toi aussi t’es trop vieille !
En tout cas pas assez rapide… j’ai à peine écrit et envoyé mon sms que ta réponse fuse !
Utilise tes pouces et le correcteur automatique
Je le fais déjà ! Grand âge = arthrose !
Sympa merci ! Au fait tu voulais quoi ? Je sais plus
Négation ! je NE sais plus ! Pareil !
Bref toute cette discussion pour rien ! Si maman… pour ton entraînement !
prise de conscience
Mon dieu j’ai toussé !
Guillaume Bellan Rennes, 8h22, station métro Saint-Anne. Je mets du gel hydroalcoolique et passe ma carte. En bas, les portes de la rame sont encore ouverte, je descends les marches de l’escalier quatre à quatre. L’alarme de fermeture sonne, mais je franchis in extremis les portes. De la buée sur les lunettes à cause du masque, j’étouffe presque, l’empressement me fait avaler de travers… Et là, une furieuse envie de tousser me prend, à peine ai-je le temps de mettre mon
coude devant ma bouche que je tousse.
Le temps déjà ralenti, s’arrête. Les gens me regardent. « Mon Dieu, j’ai toussé ! » Je scrute le regard de mon entourage et ne sais où me mettre, je ne suis pourtant pas malade ! Alors que les laboratoires font salle comble afin d’analyser les tests Covid par milliers, ralentissant le délai de confirmation, je viens d’avoir le résultat en 2 secondes : préjugé positif… Quelle aberrante efficacité !
On retrouve cette mécanique sociale partout. N’a-t-on jamais regardé un voisin avec un œil suspicieux lorsque celui-ci n’a pas respecté un geste barrière, alors qu’à notre tour, on retire notre masque sans précaution avec les mains ? Ici, deux faits se croisent : d’un côté il y a le coronavirus qui circule, de l’autre, il arrive que des personnes toussent. Ces deux phénomènes sont ils absolument interdépendants ? Non, corrélation ne veut pas dire causalité. Deux effets connectés, ne s’établissent pas forcément dans un lien indéfectible de cause et de conséquence. On retrouve cette confusion ailleurs : dans les superstitions, les croyances, les proverbes sur la météo, même dans les analyses statistiques. On parle parfois d’ « effet cigogne » : s’il y a beaucoup de nids de cigognes, c’est qu’il y aura certainement beaucoup de naissances ! Un exemple : il y a de moins en moins de pirates, et il y a un réchauffement climatique manifeste. Donc, selon cette logique, le réchauffement climatique induirait une baisse du nombre de pirates ! Ah… délicieuse dialectique.
Le seul moment que j’aimais bien dans la journée, c’était avant d’aller dîner, on faisait de la luge. Mais sinon rien ne me plaisait, c’était triste et long. Le soir, je partais dans la chambre avec trois autres camarades et avant de dormir, je ne pouvais pas m’empêcher de repenser à ma famille, au séjour qui ne me plaisait pas. À la fin, je pleurais puis je m’endormais de fatigue. Chaque soir, ça recommençait. J’avais juste une hâte : rentrer chez moi...
Depuis mes six ans, je voyage, et j’adore ça : Paris, Londres, Athènes, Bruxelles, Bourg-St- Maurice, j’en ai vu du pays, et ce n’est pas fini ! Je suis française avec des origines espagnoles du côté paternel. Et pourtant je ne suis encore jamais allée en Espagne. Bientôt, j’aimerais y aller, car il y a plusieurs villes très belles et très riches culturellement comme Séville ou Barcelone avec les monuments de Gaudi.
Avec ma mère, nous choisissons nos destinations par rapport à nos goûts et nous discutons souvent des voyages que nous avons faits ensemble. J’aimerais visiter un certain nombre de villes, surtout de grandes villes comme Copenhague, Amsterdam, Stockholm, Rome, Florence, New York, Montréal, Los Angeles, Marrakech ou encore revoir Bruxelles et Athènes, mais aussi de grandes villes de France, comme Bordeaux, Lyon ou Lille.
Souvent, lorsque je fais mes valises, je suis heureuse et excitée d’aller découvrir une autre ville, de découvrir un autre pays que le mien. Cela me fait plaisir et me
pousse à faire d’autres voyages, à aller voir plus loin. Pourtant, la première fois que je suis partie sans ma mère, cela a été vraiment difficile. C’était en avril 2008. Je suis allée au ski avec ma classe de 5e, à Bourg-St-Maurice. Je n’étais pas bien du tout, je n’avais pas ma mère avec moi, je n’avais pas l’habitude d’être séparée d’elle...
Il m’est arrivé, le soir, de pleurer.
j’ai découvert
Voir du pays (partie 1)
Du pays, j’en ai vu. Depuis toute petite, je voyage avec ma mère à travers le monde.
Mais quand je suis partie sans elle, pour la première fois, c’était très difficile.
Louise Bénétreau
Un enfant marche à quatre pattes, photographié en plan moyen dans un jardin. L’éclairage est doux, les teintes sont chaudes et naturelles grâce à une lumière de fin d’après-midi. Le photographe est allongé face à lui dans une symétrie rassurante, l’angle de la prise de vue est franc, l’attention est absorbée par le regard de l’enfant.
À son âge, un enfant ne pose pas, il ne joue aucun rôle, il ne met pas en scène l’émotion qui le traverse. Ce qui rend cette photo authentique est moins l’intention photographique que le hasard de la situation. En ouvrant le diaphragme au maximum (1.4), l’arrière plan devient complètement flou et notre regard est happé par celui de l’enfant.
en analyse La larme à l’oeil
Ronan Chérel Un regard direct, dirigé vers le photographe et son appareil crée généralement l’illusion d’un contact. En réalité, l’enfant ne regardait pas plus le spectateur que le photographe… il regardait simplement l’objectif de l’appareil photo.
Pour cela il y a un truc : utiliser un jouet pour attirer son attention. Ce qui nous touche, c’est donc la sensation que l’enfant a conscience de notre présence, comme s’il nous avait débusqué. La photographie donne l’illusion d’un lien intime mais ne dit rien de la réalité de la situation. Il s’agit d’un partage d’émotion, non d’une description, car on ne sait rien du contexte et aucun événement, aucune histoire n’est dépeinte pour expliquer la petite larme au coin de son oeil : peur passée ? tristesse à venir ? rien ne l’indique. Cela restera un mystère.
Au-delà des dessins animés, on retrouve les même pratiques de manipulation dans la pub !
Leçon de séduction n°2 : Pourquoi les personnages de dessins animés sont-ils si mignons ?
Les personnages des dessins animés vous captivent vous et vos enfants ? Il est temps de comprendre pourquoi...
- De grands yeux naïfs, expressifs, aux pupilles dilatées.
- Des visages arrondis, enfantins, tous de la même forme.
- Toujours les mêmes expressions faciales, reflétant des émotions simples.
Les Princesses Disney ont...
- Des attitudes et des comportements humains (= anthropomorphisme) - Une tendance à être des animaux potentiellement dangereux (requin, tigre, etc.) - Un design simpliste, répétitif, qui permet d’utiliser les mêmes dessins.
Les animaux des dessins animé ont...
Pour quelles raisons ?
- Parce que le but est d’attendrir le spectateur et d’éveiller son instinct protecteur.
- Parce que le style « baby-face » laisse penser que le personnage est pur et gentil.
- Dans le but de catégoriser les gens et les conformer à la norme sociale.
mais pourquoi ?
- Pour stimuler de l’empathie pour le personnage.
- Pour nous libérer de notre culpabilité de faire disparaître des espèces animales.
- Pour un traitement numérique simplifié, la répétition permet de faire des économies.