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HAL Id: hal-03555212

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-03555212

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Quels arbres planter dans la zone rouge ?

A. Challot

To cite this version:

A. Challot. Quels arbres planter dans la zone rouge ?. Forêt Méditerranéenne, Forêt Méditerranéenne,

1987, IX (2), pp.185-188. �hal-03555212�

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Quels a rbres pla nter da ns la zone rouge ?

pa r A n d ré C H A LLOT

1 . I ntro d u ct i o n

C'est u n fait bien connu, les forêts de la zone l ittora le méditerra néenne ont u n fa ible ra pport fina ncier et sont fréq uem ment détru ites par le feu . Elles sont d'a uta nt plus sensibles à l'incendie que les propriétai res s'en dési ntéressent à cause de leur revenu insuffisant.

Tous n 'ont pas cette attitude né­

gative. Certa ins acceptent de briser le cercle vicieux en investissant sous forme de reboisements. I ls poursui­

vent alors un double objectif : créer u n nouveau peuplement ayant à la fois une va leur plus grande que l'ancien et une meilleure résista nce au feu. C'est là une tâche d ifficile q u i demande beaucoup de connaissance et de per­

sévéra n ce.

M a i s ava nt d 'exa m i ner les possibili­

tés q u i s'offrent aujourd ' h u i au reboi­

seur, i l convient d'élim iner certa i nes idées reçues et entièrement fa usses qui sont fortement a ncrées dans l 'es­

prit d u g rand public et freinent de manière reg retta ble beaucoup de bonnes volontés. O n peut en reten i r trois p a r m i l e s plus tenaces.

2. Les fo rêts

«

rayées de l a ca rte

»

pa r les i n ce n d i es

I l n'es pas ra re de l i re ou d'enten­

dre à travers les média a près un grand feu que telle forêt a été « rayée de la carte » . C'est heureusement très exa­

géré. Dans la p l u p a rt des cas un peuplement forestier se reconstitue après i ncendie. Il le fait plus ou moins vite et plus ou moins bien certes. Mais la végétation méd iterranéenne sélec­

tionnée depuis des m i l lénaires par la nature pour résister à u n cli mat d iffi ­ cile, a d e s ressou rces i m porta ntes e n matière de réinsta llation. Les feu i l l us, chênes verts, chênes-l ièges, chênes pu bescents, rejettent de souche. Les arbustes de la g a rrigue, du maquis ou du sous-bois également. G râce à ces repousses, l ' h u m u s se reforme et les micro-org a nismes reconquièrent le sol. Les graines des résineux prove­

nant soit des cônes du peu plement incendié tombés à terre, soit de ceux des a rbres rescapés ou des peuple­

ments voisins épargnés, germent sous la protection des feu i l l us. Une nou­

velle forêt appa raît, en général moins belle que la précédente, mais une forêt tout de même, souvent plus claire et à croissance amoindrie.

C'est seulement lorsq ue la fré­

quence des incendies sur le même lieu

s'accélère que peut se prod u i re une vérita ble désertification.

Dans la zone rouge, q u i représente environ 1 500 000 ha de forêt dont i l brûle une moyenne de 3 5 000 ha par an, l 'espéra nce de vie d ' u n peuple­

ment forestier est d 'environ 45 ans. Or les pins produ i sent des graines vers 25 ans. C'est quand deux ou trois incend ies affectent la même forêt à moins de 25 a n s d'i ntervalle que les résineux disparaissent. Et si cet inter­

va lle baisse encore, les feu i l l u s n 'ont pas le temps de revivifier le sol, et le couvert végétal devient de plus en plus clairsemé, ava nt de dispa raître com plètement, comme sur les pentes de la chaîne de l ' Etoile près de M a r­

sei lle. Mais c'est une petite m i norité de la superficie q u i subit une tel l e désertification.

I l ne fa ut donc pas croire que, s'il brûle 35 000 h a par an, et si l'on en reboise 5 000, on perd 30 000 ha de forêt chaque a n née. La superficie en défin itive reste à peu près sta ble. Elle a même tenda n ce à aug menter, avec la reconquête naturelle de déla issés ag ricoles.

3. Au c u n e fo rêt n ' est i n co m b u sti b l e

I l est utopique d'i maginer q u 'en pla ntant certa ines essences, en parti­

culier des essences feu i l l ues, réputées peu inflamma bles ou peu com busti­

bles, on suppri mera défin itivement les incendies. Tout ce que l'on peut espé­

rer, c'est d i m i n uer le risque d'aggrava­

tion d ' u n feu naissant et ra lentir la marche d ' u n début d'incendie.

Mais si l'on a laissé un feu prendre de l'extension, aucune sylviculture ne peut l'arrêter. Pas plus d'aille u rs que les pa re-feu q u e l 'on aura pu installer dans le massif. Ceux-ci demeurent fort utiles dans la première demi-heure ou, en cas de grand vent, dans le premier quart d'heure . Après, un incendie poussé par le m istral fra nchit les va llées et les a utoroutes, en embra­

sant de cime en cime tous les peu­

plements forestiers.

Une bonne sylviculture, comme d ' a i l leurs u n bon cloisonnement des massifs auq uel elle doit s'ajouter, donne seulement un peu de répit aux sauveteu rs pour intervenir. Si les for­

ces d ' intervention n ' util isent pas ce répit, elles deviennent impu issa ntes.

L'été dernier, le g rand feu de Saint­

Raphaël s'est développé dans un peu­

plement de pins pignons parfaitement débroussaillé. C'était pou rtant là un pa re-feu idéa l. Mais rien n'a pu a rrêter u n feu de cimes, sous un vent de plus de 1 00 km à l'heure.

4. La q u e re l l e d e s fe u i l l u s

et d es rés i n e u x

U n e des idées fa usses les p l u s répand ues, nota mment dans l e s m i ­ l i e u x q u i s e ta rg uent de con naissances écologiq ues, est que les forêts de résineux sont sujettes à l ' i ncendie alors q u e les forêts de feu i l l u s ne brûlent pas.

I l y a un fond de vérité dans cette affirmation, mais il ne concerne pas la forêt méd iterra néenne. I l est exact que d a n s le nord et l'ouest de la Fra nce, les forêts résineuses brûlent plus fréq uement que les forêts feu i l ­ lues. E l l e s occu pent en effet d e s sta ­ tions plus sèches, et elles ont u n couvert p l u s clair, c e q u i favorise a u s o l u n e broussa ille combustible.

Dans le sud-est, c'est le contra i re.

Une statistique issue des Etudes Pro­

méthée, pour les 3 rég ions méridiona­

les s u r une période de dix ans, a fait apparaître les ch iffres ci-après, concernant les superficies incendiées ; La ndes et friches 69 % - Forêts feu i l l ues 1 9 % - Forêts résineuses 1 2 % Ce résu ltat n'a rien de paradoxal . U n f e u prend toujours a u ras d u sol, et ce q u i brûle d'a bord, ce sont les formations basses, la ndes, broussa i l ­ les, g a rrigues, maqu is, com posées essentiel lement de feu i l l u s .

L'inflammabilité e t la combusti bi­

lité d ' u n e essence forestière dépen­

dent de deux facteu rs : sa nature - sa structure.

Si en moyenne les resmeux sont par nature plus infl a m m a b les et com­

busti bles que les feu i l l u s (on le constate dans u n e chemi née), cela n'est plus vrai quand on exa m i n e les cas particul iers. Les études m i n utieu­

ses menées par I ' I . N . R .A. ont démon­

tré q u e le chêne vert, essence feu i l l ue, a u n feu i l lage aussi i nfla mmable que le pin d 'Alep, et bea ucoup plus que le pin pignon ou le cyprès, q u i sont des résineux. U n peuplement résineux de cèdres de l 'Atlas est beaucoup moins com bustible q u ' u n peuplement feu i l l u de chênes-l ièges ou de chênes pu bes­

cents.

M a i s ce n 'est pas la nature d u peuplement q u i influe le p l u s s u r son infl a m m a bilité et sa combusti bil ité.

C'est sa structure. Le feu qui naît au ras d u sol dans la couverture morte ou le ta pis herbacé ne peut se transmet­

tre aux cimes que s'il existe une végétation broussa i l leuse et des bra n ­ ches basses p o u r servir de relais. Qu ' i l soient feu i l l us ou rési neux, l e s peu­

plements qui brûlent le moins sont ceux qui ont une tige élancée, bien élaguée, et dont les cimes se rejoi­

gnent, de façon à assurer au sol une ombre conti nue, défavorable à la broussa i l l e ; ou dont les cimes ne se touchent pas mais sous lesq uels on a procédé a rtificiellement à un débrous­

sail lement intégra l . C'est ainsi qu'une futa ie de pins d'Alep propre est bea ucoup moins i nfla mmable et

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combustible qu'une forêt de chênes pubescents sale.

A l'opposition s i m p l i ste feu i l l u s/ré­

sineux, i l convient donc de su bstituer celle beaucoup plus réa liste d 'essen­

ces à couvert dense, les plus favora­

bles, et d'essences à couvert clair, les plus dangereuses sauf si l'on débrous­

saille a u dessous.

5. Qu e l q u es règ les g é n é ra l es e n m at i è re

d e p l a ntati o n s

Des considérations q u i précédent décou lent quelques règ les générales à observer pour toute pla ntation quelle que soit l'essence choisie.

- Après u n i ncendie, ne pas se p res­

ser de reboiser. Atten d re au moins un ou deux ans pour voi r comment la nature va reprendre ses d roits. Et n'intervenir que là où le peuplement i n itial est incapable de se reconstituer tout seu l .

- S i l ' o n d ispose de ressources l i m i ­ tées p o u r une s u rface im porta nte, penser à la méthode des bouq uets de dissémi n ation, nota m ment avec les cèdres et les pins.

Des placeaux ou des bandes de fa ible s u rface réparties d a n s u n ensemble peuvent, a u bout de 30 à 50 ans, engendrer une forêt issue de semis naturels.

- N e pas hésiter à planter des rési ­ n e u x : i l s poussent plus vite que l e s feu i l l u s e t donnent u n b o i s de plus g rande valeur. Leu r feu i llage s'élèvera donc plus rapidement a u-dessus de l a zone d a ngereuse, e t l e s dépenses de débroussa i l lement seront plüs a isé­

ment acceptées par le propriéta i re dans l 'espoir d ' u n reven u futur.

- Résineux pour résineux, chaque fois que ce sera possible, on préférera les espèces à croissa nce forte et à couvert dense.

Cependant on ne négligera pas les feu i l l us . O n a u ra ava ntage à recher­

cher des peuplements m ixtes où un certai n nombre de feu i l l u s parmi les résineux permettront de réa l iser un milieu écologiquement m ieux éq u i l i ­ b r é e t m o i n s homogène d o n c m o i n s combustible.

Certains feuillus, d it « précieux » , ont un bois de grande va leur mais sont exigeants q u a nt a u sol et au cli mat. I l faut leur réserver l e s fonds de vallons les plus frais.

- Enfin , dans tous les cas, protéger les plantations contre l ' i ncendie. M a i n ­ ten i r le s o l propre par d e s travaux de débroussai llement tant que les cimes ne se touchent pas. Assurer u n accès facile et des réserves d'eau aux pom­

piers q u i doivent a rriver sur les lieux en moins d ' u n q u a rt d'heure en cas d'alerte.

6. Les essen ces de re bo i s e m e nt en z o n e se n s i b l e

O n distinguera deux étages dans la 1 86

zone rouge. D ' a bord les moyennes montagnes, entre 400 et 1 000 mètres d'a ltitude, mais en observant que les essences q u i prospèrent dans cette tranche peuvent descendre, sur les versants nord et dans les vallons frais, jusqu'à des a ltitudes très basses.

Ensu ite la zone littorale, versa nts fra is exclus, ou seules des espèces xérophi­

les peuvent subsister.

6 . 1 . - Les rés i neux des ba sses m o ntag nes

6.1 . 1 .

- Le Cèd re

Cette essence est à citer en pre­

mier car c'est sur elle que l'on fonde actuel lement les plus grands espoirs.

Le Cèd re de l'Atlas, qui a magnifique­

ment réussi dans le Luberon, au Ven ­ toux e t dans l'Aude où il se régénère naturellement, peut être pla nté dans toutes sortes de terrains. I l affectionne les sols calcaires fissurés et craint les sols compacts. O n peut sans se trom­

per l ' i ntrodu i re à - peu-près partout où il existe des peuplements de chênes pu bescents (ou chênes blancs). Le Cèd re a un feu i llage très couvra nt q u i é l i m i n e toute végétation à s o n pied.

Sa couverture morte, com posée d'ai­

g u i l les cou rtes, est très tassée, donc peu i nfl a m mable. Le Cèdre résiste bien à l ' i ncendie. Il fournit un excellent bois de menuiserie et d'ébénisterie.

Son port est majestueux. Qu' i l s'agisse de protection, de production ou d'accueil, c'est une excellente espèce de reboisement. I ntrod u ite par bouq uets de d i ssémination dans les peuplements de chênes blancs, elle les colonise a u bout d'une q u a ra nta ine d'an nées. Elle descend, dans les val ­ l o n s fra is ou l e s sols profonds, jus­

q u 'en bord u re de mer. Toutefois dans les zones basses, le Cèdre d u Liban semble mieux supporter la sécheresse que le Cèd re de l 'Atlas.

6.1 .2.

- Les Pi n s n o i rs

- Le Pin laricio de Corse est un très bel arbre q u i peut remplacer, a u -des­

sus de 500 m d'altitude, dans les terra i n s sil iceux des M a u res ou de l' Estérel , le pin maritime décimé par la coch e n i l le.

Espèce voisine, le Pin l a ricio de Ca labre est considéré comme plus tolérant a u calcaire.

- L e Pin laricio de Salzmann, origi­

naire des Cévennes où on le trouve à partir de 400 m d'altitude supporte les terra i n s calca i res et une certa ine sé­

cheresse d 'été. Il est u n peu moins élancé q u e le laricio de Corse ou de Calabre, mais i l peut être préféré à ces dern iers en conditions médiocres.

- Le Pin noir d'Autriche

Il résiste à la sécheresse et a u froid, et supporte les sols calca i res, nota m­

ment des m a rnes assez riches en argile. I l a été très utilisé depuis un peu plus d ' u n siècle en ra ison de sa rusticité, dans les périmètres de Res­

tauration des Terra ins en Montagne ( R .T. M . ) . Il descend dans son a i re d'origi n e à 250 m d'a ltitude et peut donc être i ntroduit dans une gra nde partie de la zone rouge.

Dans l 'ensemble, tous les arbres du g rou pe des pins noirs couvrent mieux le sol que le Pin d 'Alep et leur bois est de meilleure qualité.

6. 1 .3.

- Les S a p i n s méd ite rra n é e n s

- L e Sapin de Céphalonie descend, en G rèce, à 600 mètres d'altitude où il se trouve en contact avec le chêne Kermès. I l peut vra isem blablement être planté, com me le Cèdre, d a n s toute l ' a i re du C h ê n e pubescent, mais on con naît moins bien ses aptitudes.

C'est une essence d'ombre très couvrante et dont le bois est de la même q u a l ité que celui de notre sapin pectiné.

Des d ivers sapins méditerra néens, com me le Sapin Pinsapo, d ' Espagne, le Sapin de Numidie (Algérie), ou le Sapin de Cilicie (Tu rq uie), le Sapin de Céphalonie est cel u i qui a la mei lleure croissa nce dans les parcelles d 'essais de la zone méd iterra néenne inférieure française.

L e S a p i n de Nordmann (Caucase) supporte u n peu mieux la sécheresse que le sapin pectiné, mais moins bien que le sapin de Cép h a lonie. On peut l 'uti liser vers 700 ou 800 m d'a ltitude dans les basses h êtraies. Mais o�

n'est plus tout à fa it en zone rouge dans de telles conditions.

6.1 .4.

- Les D o u g l a s

L' I . N . R .A. étudie actuel lement le comportement de certains Sapins de Douglas (Pseudotsuga menziesii) pro­

ven a nt de montagnes relativement sèches de la Cal ifornie intérieure. Un très beau peuplement de cette es­

pèce, aussi dense et sombre q u ' u n e sapin ière vosgienne, peut être a d m i ré à 800 mètres d ' a ltitude dans les M a u res.

6.2. - Les rés i n eux de l a zone l itto ra l e

6.2. 1 .

- L e Pi n p i g non o u Pi n pa rasol

a été s u rtout planté jusqu'à ces der­

nières a nnées com m e arbre d 'orne­

ment.

Il est très rustique, accepta nt tou­

tes sortes de sols, s i l iceux ou calcai­

res. I l descend jusqu'au bord de la mer. Son port est élégant. I l couvre bien le sol. Son bois, mal con n u , n'a pas bonne réputation, mais c'est pro­

bablement à tort. Cette essence, q u i est cu ltivée pour sa graine comestible en Espagne, n'a jamais été sélection­

née e n tant qu'espèce forestière . Elle vient d'être classée parmi les essen ­ ces d o n t l e s provena nces de graines sont contrôlées, ce q u i va permettre de réa liser des pla ntations compa rati­

ves et de développer des va riétés ou écotypes à branches fines et à fût d roit.

De toutes façons en raison de son port « en parasol » le Pin pignon doit être fréq uemment et soig neusement élagué si l 'on veut lui fa ire prod u i re du bois d'œuvre.

Le Pin pignon peut, dans les M a u ­ res e t l ' Estérel, rem placer l e s p i n s

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maritimes disparus. Dans l'aire d u Pin d'Alep, i l peut constituer des peuple­

ments de moindre combusti bil ité et servir notam ment à la confection de pare-feu a rborés.

6.2.2.

- Les Cyp rès touj o u rs ve rts

On connaît bien la va riété fastigiée de cette espèce, utilisée comme a rbre d'ornement dans toute la Provence, mais son port érigé la rend peu effi­

cace en matière d ' incendies. L' I . N . R .A.

a entrepris de tester u n certa in nom­

bre de variétés aux branches horizon­

tales, donc couvrant bien le sol, et, q u i plus est, résistant à l a m a l a d i e d u Chancre. L e Cyprès s u pporte le climat méditerra néen le plus sévère. I l ac­

cepte des sols assez su perficiels. Il fournit u n bois de q u a l ité. Son uti lisa­

tion d a n s les pare-feu a rborés est très souhaitable.

6.2.3.

- Le Pin m a ri t i m e Les beaux peuplements de cette essence ont été a néantis dans les M a u res et l' Estérel par une cochenil le, le M atsucoccus. Dans les Cévennes l'insecte est présent mais ne provoq ue pas d e g raves dégâts. En Corse i l est encore a bsent, mais il semble im pru­

dent de développer des plantations de pins ma riti mes q u i risquent d'être attaquées un jour. En ce q u i concerne la Provence, I ' I . N . R .A. a pu observer dans les pla ntations com paratives que certa ines provenances de pins ma riti ­ mes d ' Espagne ( Cuenca) et d u M a roc (Ta mjout) résista ient à la maladie.

Elles ont malheureusement une crois­

sance faible.

M a i s on étudie actuel lement dans le Sud-O uest le comportement d' hy­

brides de ces provena nces exotiques avec les races françaises. Si l'on trouve u n hybride résistant, on pou rra à nouveau conquérir les basses mon­

tagnes siliceuses avec cette belle espèce.

Le Pin maritime donne des peu­

plements assez i nflamma bles et com­

busti bles mais son fût résiste bien à un feu courant, ce q u i permet de nettoyer le sous-bois par la technique peu onéreuse d u petit feu d ' h iver.

6.2.4.

- Le Pin d 'Alep

Beaucoup de gens crient h a ro sur cette espèce : c'est le pelé, le galeux d'où vient tout le mal. Certes, il a un feui llage léger, combustible, et ses peuplements sont souvent enva h i s par une broussaille dense et infl a m m a ble de chênes Kermès et d'ajoncs.

Mais le Pin d 'Alep est l'arbre le plus rustique de la zone méd iterranéenne.

S u r calcaire su perficiel, i l reste la seule espèce plantable. De plus, c'est une essence pionnière : capable de se ressemer naturellement dans les g a r­

rigues, il permet de reconstituer une ambiance forestière, g râce à laquelle des feu i l l us comme le chêne blanc pourront s'installer et ven i r former avec lui des peuplements mixtes bien équ i l i brés.

Le Pin d'Alep vient, comme le pin pignon, d'être classé, et l'on délimite actuellement des peuplements

porte-gra i nes. On va donc pouvoir améliorer prog ressivement la crois­

sance et la forme des peuplements plantés. De plus, une étude technolo­

gique som m a i re a fait ressortir certa i ­ n e s qualités d u bois de pin d'Alep (sa d u reté nota mment, son a ptitude à prendre le clou), et l'on va approfondir les recherches dans ce domaine : si a u l i e u d ' e n fa ire d e s caisses, d e s pa let­

tes et de l a pâte de cell u lose, on peut uti liser le bois de pin d'Alep pour des lam bris, des parquets, des menu ise­

ries ou des meubles rustiq ues, sa va leur aug mentera, et les propriéta i res de pi nèdes accepteront plus aisément de nettoyer sous les arbres.

Si toutefois le pin d'Alep reste le seul recou rs dans les conditions les plus d ifficiles de climat et de sol, i l ne faut pas oublier qu'il a deux cousins qui lui ressemblent bea ucoup, le Pin brutia, ori g i n a i re de la Méd iterra née orientale, et le Pin elda rica, ori g i n a i re des rég ions subdésertiques de l ' I ra n e t de la Géorgie. I l existe plusieurs provena nces de pin brutia ( G rèce orienta le, Chypre, Turqu ie, Syrie), mais, dans l'ensemble, c'est une es­

sence plus exigea nte que le Pin d 'Alep, a u port plus d roit, plus résis­

tante a u froid, et prod uisant u n bois d 'œuvre de meilleure qualité. Le p i n eldarica a la réputation de mieux résis­

ter à la sécheresse et au froid que le pin d 'Alep.

6.2.5.

- Le C a l ocèd re

Voisine du Cyprès, cette espèce de l 'ouest de l 'Amérique du nord, souvent pla ntée dans les j a rd i ns, fait en ce moment l'objet d'une pla ntation com­

parative de d ivers clones et provenan­

ces à proxi mité d u M uy. Ces essais sont su ivis par I 'A. F.O.C.E.L. Bien qu'ils soient encouragea nts on ne peut encore en tirer des résu ltats défin itifs.

6.3. - Les fe u i l l u s

Les feu i l l us sont en généra l plus exigeants que les rési neux. I l s n 'ont une croissance économiq uement ac­

cepta ble que dans les sols profonds.

I l n'est pas possible actuel lement de conseil ler à des particul iers la planta­

tion de feu i l l u s sur de g randes s u rfa­

ces en zone méd iterra néenne.

Par contre, on peut les i ntrod u i re de trois manières :

en petits peu plements purs dans des stations privi lég iées s'il s'agit de feu i l l u s précieux

sur les pare-feu a rborés

en mélange avec les résineux, pour amél iorer l a décom position de la litière, fa ire de l'om bre au sol et réd u i re la com bustibilité du peu­

plement.

6.3. 1 .

- Les fe u i l l u s préci e u x C e sont essentiellement le Merisier et le Noyer com mun. dont le bois est uti l isé en ébénisterie. Tous deux exi­

gent des sols profonds et riches, neutres, avec une humidité assez a bonda nte. Dans les va llons fra is des basses montagnes, leur cu ltu re est fortement recomma ndée. Le noyer est très sensible aux gelées ta rd ives.

6.3.2.

- Les c h ê n e s méd ite rra n é e n s

L e Chêne vert. essence très i n ­ flammable e t com bustible, à crois­

sance lente, est à déconseiller en plantatio n . Le Chêne-liège. dont les peuplements naturels occupent les basses montagnes des M a u res, de l' Estérel, des Al bères et d u Sud d u Canigou, est u n e essence intéressa nte par sa résistance au feu . Protégé par son écorce épa isse, i l noircit lors d'un incendie, mais repart d u tronc ou çle la souche. Il subsiste là où le Pin mariti me a disparu. M a i s i l ne fait pas l'objet de pla ntations, en raison de la baisse de son intérêt économ ique.

L e C h ê n e pubescent ou chêne blanc, a rbre des basses monta g nes méditerra néennes, ne donne plus guère a utre chose que d u bois de cha uffage. I l présente peu d ' i ntérêt en peuplements purs. Mais i l peut être réi ntrod uit nota m ment par semis d a n s l e s peuplements de Pin d 'Alep p o u r constituer d e s boisements mixtes mieux équili brés et moins sensibles a u feu .

6.3.3.

- Autres feu i l l u s d e s ba sses montagnes

Pou r accompagner les résineux ou constituer des pa re-feu arborés on peut conseiller les espèces ci-après : - Aune à feuilles en cœur ou Alnus cordata de Corse, et une espèce voisine, Alnus su bcordata, d u Cau­

case. Exige de l ' h u m idité et accepte les sols a rg i leux. Enrichit le sol en azote.

- Le Charme-houblon pousse dans des sols calca i res, profonds et meu­

bles, sur versa nts frais.

- L e C h ê n e rouge d'Amérique est calcifuge, mais supporte l'argile. Il est à conseiller dans les a l l uvions des bas de versa nts fra is.

- L' Erable à feuilles d'obier sup­

porte les sols rocheux mais perméa­

bles, dans l ' a i re du chêne pu bescent.

- Le Ti lleul argenté, orig inaire des B a l kans, peut être associé à d ivers résineux comme le Cèd re et le Pin noir, et, dans leurs stations les plus fraîches, le pin d 'Alep et le Pin pignon.

6.3.4.

- Autres feu i l l u s d e la zone l ittora l e

D a n s la zone l ittorale p l u s chaude, on peut introd u i re d'autres espèces : - L' Erable de Montpellier supporte les sols calcaires rocheux et peut être uti lisé pour enrich i r les peuplements de Pin d'Alep.

- Le Frêne à fleurs (Fraxinus ornus) accepte des sols assez secs, et même légèrement salés, soit s u r des pare-feu, soit en mélange avec des pins, mais sans objectif de prod uction.

- L e Platane d'Orient supporte des étés secs à cond ition d'être pla nté dans des terrains profonds. Son feu i l ­ l a g e sombre élimine la végétation d u sous-bois. I l d o n n e un bois de q u a l ité.

- Le Robinier faux-acacia a besoin de sols légers, meu bles, frais, de préférence sil iceux, qu'il enrichit en

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azote. Son bois peut être util isé en menuiserie.

- Le M icocoulier accepte les ver­

sa nts a rides, mais ne devient u n bel arbre que dans les sols profonds et fra is. I l peut constituer des pare-feu au couvert assez épais.

7. Recherche et prospection

O n mesure, à l'examen d e tout ce qui précéde, l ' i mporta nce de la re­

cherche dans le domaine des reboi­

sements méditerranéens. Même pou r des essences q u i paraissent a rc h i ­ con nues, comme le Pin d'Alep, le p i n pignon ou le Pin noir, d e s études s u r la technologie d u b o i s ou sur la com­

para ison de diverses provena nces peuvent permettre des progrès consi­

dérables. Et combien d 'essences exo­

tiques qui ont donné des résu ltats encourageants dans les a rboretums, demandent à être essayées en vra ie g randeu r ?

O n peut d isti nguer trois prog ra m ­ m e s s i m u ltanés dans l e s opérations d e reboisement :

- un programme régulier. q u i consiste à i n sta l ler sur de vastes s u ­ perficies, à d e s f i n s de prod uction, d e protection ou d'accuei l , d e s essences dont le comportement est bien con n u e t offre toutes gara nties d'aven i r d a n s l e s stations considérées.

- un programme expéri mental q u i consiste à essayer, dans d e s a rbore­

tums d'élimination, des essences ou des provenances de tous pays. La réussite de certaines d 'entre elles laisse entrevoir une possibil ité, mais non une certitude, q u a nt a leurs capa­

cités d'adaptation.

- un programme prospectif. q u i se situe entre les deux précédents et q u i consiste à tester d a n s d iverses condi­

tions de climat et de sol, les essences ou provenances sélection nées dans le programme expérimenta l . O n ne peut fai re ces tests s u r de trop grandes superficies, pour ne pas provoq uer de catastrophe économique en cas d 'échec. M a i s i l est nécessaire de les fai re s u r des superficies l i m itées, et d'observer le comportement des plan­

tations selon les ca ractéristiques de la station.

C'est ainsi par exem ple q u e le Cèdre peut être i ntrod uit sur des s u rfaces im portantes a u titre d u pro­

gramme régu lier, alors que le Sapin de Céphalonie doit fai re ses preuves dans le progra mme p rospectif avant de franchi r ce stade.

O n donne le nom de programme prospectif complémentai re à cel u i q u i consiste, chaque fois que l'on i ntroduit une essence d u progra mme régu l ier sur une certaine superficie, à pla nter s u r une petite fraction de cette dernière (2 à 5 % au plus) une ou deux essences d u prog ramme prospectif.

On peut ainsi com parer le comporte­

ment d 'essences pla ntées en même temps dans les mêmes stations avec les mêmes techniques.

C'est ainsi qu'il sera conseillé, si 1 88

l'on plante des cèdres sur 20 hecta res, de réserver 3 ou 4 placeaux d ' u n q u a rt d'hectare chacun, à du Sapin de Céphalonie. Dans les plantations de Pin d 'Alep, on i ntrod u i ra systémati­

quement q uelques placeaux de Pin brutia et de Pin eldarica .

Le programme prospectif est placé sous la responsabilité des ingénieurs de terra i n . I l leur appartient d'aviser les chercheurs quand la comparaison des croissances de diverses espèces ou provenance dans une station don­

née fournit des résultats intéressants.

Les propriétai res particuliers peuvent bien entendu être associés au déve­

loppement de ce programme prospec­

tif.

Souhaitons que, grâce à ce dernier, les efforts des services de Recherche trouvent un coefficient multiplicateur, et que, dans q uelq ues an nées, l'éven­

tail d u choix des essences en zone méd iterra néenne devienne à la fois plus vaste et plus précis.

A . C . R ÉS U M É

Le bilan pour l'été 1987 de la cam­

pagne de prévention et de lutte contre les feux de forêts est constitué d'une série de rapports concernant les mesu­

res de prévention et d'information du public, les actions d'équipement du terrain au cours de l'année, les opéra­

tions de surveillance et de lutte et les mesures à prendre pour reconstituer la forêt endommagée par le feu. Les conditions météorologiques ont été favorables.

L 'article comprend les tableaux sta­

tistiques donnant les surfaces parcou­

rues par le feu et le nombre des sinis­

tres.

S U M M A RY

As every year, we wanted to give to our French and foreign readers, a view on the result of the fast campaign in the field of prevention and fight against forest- fires in Mediterraneen France.

ln this field, everyone tries to do one 's best by various actions, using any means possible, to find out the most efficient solution that would turn every citizen into an active and mili­

tant and preventionnist protector whose action would lead to the ex­

treme situation in which on/y remain the starts of fi re due to naturel causes.

Between prevention and fight the necessity remains of a watch that consists of a permanent criss crossing of the forest, in a system that also includes a stated post of observation and during days of great danger, re­

connaissance at sight by aircrafts.

The result of 1987 is extremely good and due, for a great part, to the meteorological conditions, that in a certain way, prevent from evaluating the exact role of the new measures taken in 1986-87 and especially in the new frame of the Conservatoire of the Mediterraneen forest.

Because there have been serious modifications in the doctrine of use of

aerian ineans (deconcentration of water-bumpers) and means on earth (advanced detachments on the ground}. The report of the 1987 cam­

paign ends with a technical note, appreciated by the e/ected men, on the most appropriate measures to reconstitute the forests damaged (and not destroyed} by fires.

Being easy to read, it would allow the local elected authorities and other responsible people to have a clearer conscience of the reality of problems laid in this field.

At fast, as every year, it will be possible to find statistics about fo­

rest- fires in the mid October, that is to say roughly speaking, at the end of the campaign.

R ES U M E N

Camo a cada ana, nos empenamos a dar a nuestros lectores franceses y estrangeros una vision del balance de la ultima campana en materia de prevencion y de Jucha contra los in­

cendias de basque en la Francia mediterranea.

En ese dominio, en muchas accio­

nes utilizando todos los medios posi­

bles, cada uno trata de hal/ar la solu­

cion la mas eficaz que haria de cada persona y protector prevencionista activa y militante cuya accion 1/evaria a que solo permanezcan los inicios de fuego debidos unicamente a causas

{{ naturales >>.

Entre prevension y Jucha subsiste la necesidad de una vigilancia que consiste en percorrer el territorio fa­

resta/ permanentemente, en un sis­

tema que comprende también el puesto de vigia fixa y en los dias de grande peligro una vigi/ancia par ae­

ronaves.

El balance de 1987 es extrema­

mente fastuoso y debido en grande parte a las condiciones meteorologi­

cas que, de cierto modo impiden de evaluar el pape/ exacto de medidas nuevas tomadas en 1986- 1987, y parti­

cularmente en el cuadro nuevo del Conservatorio de la floresta mediter­

ranea.

Porque se han hecho modificacio­

nes importantes en la doctrine de empleo de medios aéreos (desconcen­

tracion de bombarderas de agua) y terrestres (destacamento avanzado sobre el terreno).

El relata de la campana de 1987 se acaba par una nota técnica, apreciada par los hombres politicos elegidos, sobre las medidas mas apropriadas para reconstituir los basques deterio­

rados (y no destruidas) por los incen­

dias.

De lectura sencilla, deveria permitir a los hombres elegidos locales y otros tenedores del poder de decision, de tomar conciencia de la manera mas clara de la realidad de los problemas planteados en ese dominio.

Par fin, camo a cada ana, se ha/lara el estado de las estadtsticas que conciernen los fuegos de basque a mediados de octubre, o sea mas o menas, al fin de la campana.

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