HAL Id: jpa-00206728
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Structure de la bande d du nickel du palladium et du platine en couplage 1. s
G. Allan, G. Leman, P. Lenglart
To cite this version:
G. Allan, G. Leman, P. Lenglart. Structure de la bande d du nickel du palladium et du platine en couplage 1. s. Journal de Physique, 1968, 29 (10), pp.885-895. �10.1051/jphys:019680029010088500�.
�jpa-00206728�
STRUCTURE
DELA BANDE d
DU NICKEL DUPALLADIUM
ET DUPLATINE
ENCOUPLAGE
1. sPar G.
ALLAN,
G. LEMAN et P.LENGLART,
Institut Supérieur
d’Electronique
du Nord(1).
(Reçu
le 22 avril1968.)
Résumé. 2014 On détermine
numériquement
la structure de la bande d du nickel, dupalladium
et du
platine
dansl’approximation
des liaisons fortes en tenantcompte
ducouplage spin-
orbite. On montre que le
couplage
modifie peu la structureglobale
de la bande d mais a deseffets notables sur la
répartition
des états au sommet de la bande.Abstract. 2014 The structure of the d-band of nickel,
palladium
andplatinum
is determinednumerically
in thetight-binding approximation
withspin-orbit coupling.
It is shown thatthe
coupling
does notmodify
thegeneral
structure of the d-band but it affectsnoticeably
the state-distribution at the
top
of the band.Dans la s6rie des travaux
[1
a6]
faits dans notrelaboratoire sur la structure des electrons d en cou-
plage 1. s,
pour des metaux de transitioncubiques
afaces
centr6es,
lepresent
article donne les resultatsnum6riques
relatifs au nickel et auplatine,
ainsi quequelques
resultatscomplémentaires
sur lepalladium.
Nous avons
utilise,
dansl’approximation
des liaisonsfortes,
les memesint6grales
de recouvrement pour les trois metaux(celles
que Fletcher[7]
avait calcul6es(2)
pour
Ni),
bien que l’on ait des raisons de penser[6]
que ces
int6grales peuvent
etre notablementdifférentes,
du nickel au
platine.
Ce choix diminue 6videmment laport6e
de nos resultatsquant
a1’interpretation
quan- titative despropri6t6s physiques
de chacun de cesmetaux;
par contre, il nouspermet
d’6tudiersyst6ma- tiquement
l’influence ducouplage spin-orbite
et, enparticulier,
de biens6parer
dans1’analyse
des surfacesd’6nergie
constante et des courbes de densite d’6tatsce
qui depend
de la constante decouplage qui
croitnettement du nickel au
platine (tableau I).
Par voiede
consequence,
on pourra alors se faire une idee de l’influence ducouplage spin-orbite
sur lespropri6t6s physiques
directement li6es a la structure de bande pourNi,
Pd et Pt.I. Structure de
bande.
- On sereportera
aux references[1
a3]
pour ladescription
de la m6thodeutilis6e; rappelons
que les calculsnum6riques
sontfaits pour un total de 8 000 6tats
6lectroniques
danschacune des 5 bandes
d,
compte tenu de lad6g6n6-
rescence de Kramers.
I .1.
SURFACES D’ENERGIE CONSTANTE. -LeSfigures
1a
3 repr6sentent
les intersections des surfacesd’6nergie
constante, pour la bande la
plus
6lev6e enenergie,
avec le
plan Ok. ky,
leplan [110]
et la facehexagonale
de la zone de Brillouin dans les trois metaux. Mise a
part
une translation en6nergie,
la forme des surfacesd’6nergie
constantechange
peulorsqu’on
passe d’uncouplage spin-orbite
faible(Ni)
a uncouplage
fort(Pt),
FIG. 1. - Section des surfaces
d’6nergie
constante dunickel, du
palladium
et duplatine
par leplan Okx ky ;
en
pointillé,
la surface de Fermi.(1)
3, rue F.-Baes, 59-Lille(France).
(2)
On estimegeneralement
que lalargeur
de bandeobtenue par Fletcher pour le nickel est
trop
faible.Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:019680029010088500
FIG. 2. - Section des surfaces
d’energie
constante du nickel, dupalladium
et duplatine
par leplan (110) ;
en
pointille,
la surface de Fermi.sauf au
voisinage
dupoint X,
centre d’une face carr6e.Pr6s de ce
point,
dans le cas dunickel,
les surfacesd’6nergie
constante sont desellipsoides; lorsque
lecouplage spin-orbite
augmente, le volume de cesellipsoides
augmente etl’approximation parabolique
est valable sur un
plus large
intervalled’6nergie [2].
TABLEAU I
Pour des valeurs
d’énergie 16g6rement
inferieures a cellesqui correspondent
aux sommets des faces carrees(point W),
les surfaces deviennentapproximativement
des
cylindres ayant
pour axes lesdiagonales
des facescarrees
[8].
Ces surfacescylindriques
se déforment auvoisinage
desellipsoides,
pour6pouser
leur contour,cette deformation augmentant avec le volume des
ellipsoides
de Ni a Pt.Finalement, l’approximation
desurfaces
cylindriques
est bonne dans le cas dunickel,
elle 1’est
beaucoup
moins pour lepalladium,
elle estassez mauvaise dans le cas du
platine.
I.2. COURBES DE DENSITE D’ETATS DE
Ni,
Pd ET Pt.- On trouvera, en
appendice,
unexpose
de la m6-thode de calcul de la densite
d’6tats, qui
est differentede la m6thode utilis6e dans la reference
[3].
Lafigure
4donne les densites d’états de la bande
d, compte
tenu de la
dégénérescence
despin,
pourNi,
Pdet Pt.
On constate que l’influence du
couplage spin-orbite
est notable en haut de
bande;
comme le montrait 1’6tude des surfacesd’énergie
constante,l’approxima-
tion
parabolique
est valable sur unplus grand
inter-valle
d’énergie, quand
lecouplage spin-orbite
aug-mente
[1, 2].
L’effet du
couplage
estegalement important
aucentre de la bande : on obtient meme une « bande interdite » pour le
platine, s6parant
deux demi- bandes d contenantrespectivement
4 et 6 electrons etayant
des caract6res3/2
et5/2
assez nets. Celaprovient
du fait que le
couplage spin-orbite
leve lad6g6n6-
rescence du niveau d de 1’atome libre et le
s6pare
endeux niveaux
respectivement
4 et 6 foisd6g6n6r6s
201320132013201320132013201320132013201320132013201320132013201320132013201320132013201320132013201320132013201320132013201320132013
FIG. 3. - Section des surfaces
d’energie
constante du nickel, dupalladium
et duplatine
par la face hexa-gonale
de la zone de Brillouin ; enpointille,
la surfacede Fermi.
FIG. 4. - Courbes de densite d’etats de la bande d pour Ni, Pd et Pt.
FIG. 5. -
Élargissement
des niveauxatomiques
dans le cristal.
( fig. 5).
Dans lecristal,
chacun de cesniveaux s’elargit
pour donner naissance aux bandes
d’energie :
si lecouplage spin-orbite
est fort(cas
duplatine),
1’elar-gissement
de chacun des niveauxatomiques
n’est pas suffisant pour compenser leur distance.En
fait,
lesint6grales
de recouvrement que nousavons utilis6es sont 6videmment
trop faibles,
pour leplatine,
d’un facteur 2 ou meme3,
cequi explique l’apparition
d’une bande interditequi
n’aprobable-
ment aucune realite
physique. Cependant,
le caract6renettement
5/2
des trous d duplatine
est surementphysique :
il est d’ailleurs nettement mis en evidence par lespectre d’absorption
duplatine [9]. Remarquons
d’autre
part
que, dans notrecalcul,
nous n’avons pas tenucompte
de1’hybridation
entre les bandes set d (3).
La courbe de densite d’états
presente
de nombreuxpics
et notamment unpic
tresimportant
en haut debande. Contrairement a certains autres
pics (en
par-ticulier,
ceuxqui
entourent le niveau de Fermi dePd),
ce maximum élevé ne semble pas du a une
singularite
de Van
Hove;
il luicorrespond,
eneffet,
des 6tatselectroniques
situ6s dans les 24regions
de1’espace r6ciproque qui
avoisinent les sommets de la zone deBrillouin, regions
ou le calcul montre que legradient
en
energie
estfaible, probablement
a cause de laforme meme de la
premiere
zone de Brillouin. Eneffet,
aux sommets eux-memes
(point W),
il est a noter que l’une descomposantes
dugradient
deE(k)
n’est pas nulle(suivant
ladiagonale
de la facecarr6e),
maissubit une discontinuite par
changement
designe quand
on sort de la
premiere
zone de Brillouin. Ce sont donc despoints critiques singuliers
auvoisinage desquels
lessurfaces
d’6nergie
constante sont detype hyperbolique
et ont un
gradient
faible. Notons encore que le cou-plage spin-orbite d6place
enenergie
certainspics
enles étalant
parfois
mais n’a pas d’effetimportant
surla densite
d’états,
sauf en cequi
concerne ledepart parabolique
de la courbe aux hautesenergies.
L’ensemble des resultats
num6riques
relatifs a lastructure de la bande d du
nickel,
dupalladium
etdu
platine
est donne dans le tableau II. On y ajoint,
pour
comparaison,
les valeurscorrespondant
a uncouplage
nul. On remarquera :a) Que
lalargeur
de la bande d varieproportion-
nellement au
parametre
decouplage;
il en est d’ailleursde meme au sommet de la bande
d;
(3)
Onpeut
en effet montrer[6]
que1’hybridation
s. ds’interpr6te qualitativement
bien en considerant l’inter- action d’une bande s d’electrons libres avec la bande d traitee en liaisons fortes, saufpeut-etre
auvoisinage
deslimites de zone ou il faudrait faire intervenir
plusieurs
ondes
planes orthogonalisées,
deux aupoint
X36,quatre
au
point
W37. Saufpeut-etre
dans le cas du nickel ferro-magnetique, 1’hybridation
s. d seproduit
loin du niveau de Fermi des électrons d et modifie peu latopologie
deleur surface de Fermi ; la surface de Fermi des electrons s reste d’ailleurs
pratiquement sph6rique.
TABLEAU II
CARACTERISTIQ,UES
DES COURBES DE DENSITE D’ETATS DU NICKEL, DU PALLADIUM ET DU PLATINEb) Que
lepic
élevés’61oigne
du sommet de labande,
parce que les 6tatsqui
luicorrespondent
ontdes
energies qui
varient moinsrapidement
que ceux du haut de la banded;
c) Que
la hauteur dupic
varie mais que le nombre d’étatsqu’il
contient reste voisin de0,45.
On retrouve ce
maximum,
mais moinsmarqu6, semble-t-il,
dans les courbes de densite d’6tats obtenues soit apartir
des donn6esexpérimentales [10, 12],
soitpar differentes m6thodes de calcul
(ondes planes
aug- ment6es[13, 17],
fonctions de Green[18],
liaisonsfortes
[7, 19]).
II.
Propridtds physiques
]ides a la structure de la bande d. - Desexperiences
r6centes d’effet de Haas VanAlphen [20, 21] sugg6rent
que le nombre de trous d est0,36
pour lepalladium
et0,40
pour leplatine;
nous avons determine le niveau de Fermi apartir
de cesdonn6es,
et, a titre decomparaison,
nousdonnerons
egalement
les resultatsnum6riques
obtenusa
partir
d’une autre valeur du nombre de trous, a savoir0,55
pour lepalladium
et0,30
pour leplatine.
Enfin,
nousindiquerons
aussi certaines valeurs rela-tives au nickel
paramagn6tique
enadoptant
pour le nombre de trous la valeur communément admisede 0,60.
II.1. SURFACES DE FERMI DU PALLADIUM ET DU PLATINE. - Les
positions
du niveau de Fermi dansces metaux sont donn6es
num6riquement
dans letableau II. L’allure des surfaces de Fermi est
indiqu6e
sur les
figures
1 a3,
par leurs sections avec certainsplans;
cescourbes,
enpointillé,
sont relatives aux va-leurs suivantes pour le nombre de trous d :
0,60
pour Niparamagnétique, 0,36
pour Pd et0,40
pour Pt.On remarquera que, dans le cas du
palladium,
lepoint
L se trouve au-dessous du niveau de Fermi etqu’ainsi
la surface de Fermi dupalladium
est consti-tu6e de surfaces presque
cylindriques ayant
pour axes lesdiagonales
des faces carrees[22, 23].
Si l’onprenait 0,55
troud,
on obtiendrait[5]
despoches
de trousautour de
L, communiquant
d’ailleurs avec les autrespoches approximativement cylindriques
centr6es en X.Dans le
platine,
par contre, avec0,40
troud,
on aeffectivement des
petites poches
de trous centr6es surL,
mais elles restent ferm6es et ne
communiquent
pasavec les
poches
ouvertesgrossi6rement cylindriques,
sur les faces
carrees,
de lapremiere
zone de Brillouin.Ces
poches
ferm6es n’ont pas ete observ6es par effet de Haas VanAlphen;
on remarquera d’ailleursqu’une
faible variation de la
position
du niveau de Fermi suffirait a les fairedisparaitre.
Le tableau III donne l’ aire de la section de la surface de Fermi par leplan (110)
pour Pd etPt,
dans notre modele et dansTABLEAU III
AIRES DES SECTIONS DES SURFACES DE FERMI DE Pd ET Pt
PAR LE PLAN
(110) (en
unitesatomiques)
celui d’Andersen
[16] qui
a utilise une m6thoded’ondes
planes augment6es
relativistes : les valeurs obtenues sont en assez bon accord surtout pour leplatine.
Par contre, lerapport
desint6grales
de recou-vrement
A1
etA2
de Fletcher estbeaucoup plus grand
que celui
qu’on
peut determinerempiriquement [4]
a
partir
des donn6esexpérimentales
d’effet de Haas VanAlphen
en prenant des surfacesellipsoidales,
sibien que notre modele ne rend
peut-etre
pas biencompte
de la forme des surfaces fermées de trouscentr6es en X.
11.2. SPECTRE D’EMISSION X DU NICKEL ET DU PAL- LADIUM. - L’6tude de la
spectroscopie
d’émission Xa ete faite
[24, 26]
pour Ni et Pd mais non encorepour le
platine. Th6oriquement,
pour calculer la forme des spectres d’émission apartir
de la structurede bande que nous avons d6termin6e en tenant
compte
ducouplage spin-orbite,
il faudraitprendre
en consideration le caract6re
5/2
et3/2
des 6tats enfonction de leur
energie
et enparticulier
le fait[3]
que la
proportion
des 6tats5/2
estplus importante
vers le haut de la bande d. En
fait,
poursimplifier
les
calculs,
nous avonssuppose
les 6tats5/2
et3/2 egalement r6partis
sur toute la bande.L’intensité d’6mission est donnee
[26]
par 1’ex-pression :
avec :
L 6tant la
largeur
du niveau interne.D’apr6s
Bonnelle et al.[25, 26],
L est6gal
a0,97
eVpour Ni et
1,50
eV pour Pd. Le tableau IV donne lescaractéristiques
des courbesI(x)
calcul6es apartir
de notre structure de
bande;
ces courbes sont donn6esdans la
figure
6 en memetemps
que les courbesexp6-
FIG. 6. -
Spectre
d’emission X : 1, Courbeexpérimentale;
2, Courbe calculee.rimentales. On remarquera que, pour le nickel
(spectre L(’fJ,
l’accord est assez bon. Mais pour lepalladium
il y a une nette difference entre leslargeurs
TABLEAU IV
VALEURS DES INDICES D’ASYMETRIE ET DES LARGEURS A MI-HAUTEUR DES SPECTRES D’EMISSION X DE Ni ET Pd
TABLEAU V
VALEURS DE y
(en
10-4cal/mole-1/deg-2)
POURNi,
Pd ET Pta mi-hauteur des
spectres Lf32’
observ6e etcalculee;
cette différence
provient
essentiellement du fait que lalargeur
de la bande d esttrop
faible. Comme nousRavens
deja
fait remarquer, cette situation est li6e directement au choix que nous avons fait desint6grales
de recouvrement.
II.3. CHALEUR
SPECIFIQ,UE ELECTRONIQ,UE
DU PAL-LADIUM ET DU PLATINE. - Les mesures a basse
temp6-
rature de la chaleur
sp6cifique
d6crivent les excitationsthermiques
dusyst6me electronique;
enparticulier,
lapente
y a 0 OK de la courbe de la chaleursp6cifique
a volume constant en fonction de la
temperature
estdirectement
li6e,
dansl’approximation
deHartree,
ala densite d’6tats au niveau de
Fermi,
par la relation :Les valeurs de y, calcul6es dans notre
mod6le,
pour Pd et Pt sontcompar6es
aux valeursexpérimentales
dans le tableau V.
11
apparait
que le calcul surestime tres fortement la densite au niveau de Fermi des electrons d pour leplatine.
Dans le cas dupalladium,
l’accord entre lesvaleurs calcul6es et mesur6es est etonnamment bon.
Rappelons
que, dans notrecalcul,
nous avonsn6glig6
la contribution a la chaleur
spécifique electronique
des interactions
électrons-phonons
etélectrons-para-
magnons et concluons que, dans tous les cas, la densite d’6tats au niveau de Fermi pour les électrons d est
surestim6e dans notre structure de bande. Cela pro- vient en
grande partie,
tresprobablement,
du faitque les
int6grales
de recouvrement choisies pour Pd et Pt 6tanttrop faibles,
la bande d obtenue se trouvetrop
6troite.Les
figures
7 et 8repr6sentent
les variations de la chaleurspécifique electronique
avec latemperature
pour Pd et
Pt,
la courbeexp6rimentale
yfigurant
enpointillé.
L’ordre degrandeur
deCE(T)
est assezbon,
mais on ne retrouve pas les anomalies de chaleur
spécifique electronique,
vers 500OK, qui
semblentavoir 6t6 mises en evidence
expérimentalement
pourFIG. 7. - Chaleur
specifique electronique
dupalladium :
1 et 2, courbes calcul6es pour 0,55 et 0,36 trou d ; 3, courbe
expérimentale ;
4, courbe relative a 0,36 elec- tron s.FIG. 8. - Chaleur
spécifique electronique
duplatine :
1 et 2, courbes calculees pour 0,40 et 0,30 trou d ; 3, courbe
experimentale ;
4, courbe relative a 0,40 elec-tron s.
le
palladium
comme pour leplatine.
D’autres au-teurs
[11, 12]
ne retrouvent pas nonplus
ces anoma-lies et on
peut
se demander[35]
si elles ont uneexistence
physique
certaine car il faut se rendrecompte que les mesures fournissent directement la chaleur
specifique
apression
constante delaquelle
ilfaut d6duire la contribution des
phonons;
de lachaleur
spécifique electronique
apression
constante,ainsi
obtenue,
on passe a la chaleurspécifique
a volumeconstant en utilisant la relation
semi-empirique :
ou a est fonction du volume
atomique,
ducoefficient
d’expansion thermique
et du coefficient decompressi-
bilit6. En
fait,
la chaleursp6cifique electronique
estune tres faible
partie
de la chaleurspécifique
totaleet les anomalies
signal6es
peuvent tres bien etre intro- duites par1’interpretation
des resultatsexp6rimentaux.
11.4. PROPRIETES
MAGNETIQUES
DENi,
Pd ET Pt. -Nous 6tudierons successivement la
susceptibilite
dePauli et son
comportement
en fonction de latemp6ra-
ture,
puis
l’ordremagnetique
dans les metaux de transition de fin des6rie,
apartir
de la structure debande que nous avons d6termin6e.
a) Susceptibilité magnitique.
- Nous avons calcul6 lasusceptibilite
de bandeXp (T)
par1’ expression
clas-sique :
qui
suppose que l’onn6glige [3, 4]
1’influence ducouplage spin-orbite
sur le momentmagnetique ( fig.
9 et10).
L’un de nous a 6tudi6 en détail1’influence de cecouplage
sur lasusceptibilite magnetique
desmetaux de transition
[4].
Dans la relation(5), n(E)
estla densite d’états pour une direction de
spin et f(E, T)
est la fonction de distribution de Fermi. Les valeurs obtenues sont nettement inferieures aux valeurs
experi- mentales, puisque
nous avonsn6glig6
lasusceptibilite
de Van Vleck et surtout les interactions
d’6change
entre
spins parall6les.
Introduisons le facteur
d’échange
oc tel que lechamp
mol6culaire soit
6gal
a a-4Y(-4Y
6tant1’aimantation).
On obtient alors :
Si l’on
d6signe
par 2n la difference despopulations
des 6tats de
spin oppose,
on sait[27 a 29]
que1’energie d’6change
AE entrespins paralleles
est reli6e a oc par :puisque :
avec :
(Eéch
est ici la variation del’ énergie d’echange
entre1’6tat
ferromagnétique
et 1’etatparamagnetique) .
Nous avons 6valu6 oc
empiriquement
pour obtenir le meilleur accord entreXcorr (T)
et la courbeexperi-
mentale. Les valeurs obtenues pour oc et DE sont
donn6es dans le tableau
VI;
elles sont d’un ordreFiG. 9. -
Susceptibilite magnetique
dupalladium
enfonction de la
temperature :
1, courbeexperimentale ;
2 et 3, courbes calculees avec correction de
champ
moleculaire pour 0,55 et 0,36 trou d ; 4 et 5,
suscepti-
bilit6 de Pauli calculee pour 0,55 et 0,36 trou d.
FiG. 10. -
Susceptibilite magnetique
duplatine
enfonction de la
temperature :
1, courbeexperimentale ;
2 et 3, courbes calculees avec correction de
champ
moleculaire pour 0,40 et 0,30 trou d ; 4 et 5,
suscepti-
bilit6 de Pauli pour 0,40 et 0,30 trou d.
de
grandeur
tout a fait raisonnable. Par contre, on remarquera sur lesfigures
9 et 10 que l’accord entre Xcorr et Xobs n’est pas bon a bassetemperature.
Pourun calcul
plus
correct, il faudrait 6valuer lemagn6ton
effectif sans oublier d’ailleurs
qu’une legere
variationdu niveau de Fermi
peut
entrainer une assez forte variation den(EF)
et donc deXp(0).
Un dernier
point
reste a discuter : le maximum observe pourX(T)
vers 80 OK dans lepalladium.
Dansune
publication
ant6rieure[3],
nous avions 6misl’hypothèse
que ce maximum 6tait du a lapresence
d’un
pic
élevé dans la courben(E)
auvoisinage
inf6-rieur du niveau de
Fermi;
nous avions fait a1’epoque
nos calculs pour
0,55
trou d. Enfait, quand
onprend 0,36
troud,
on obtientegalement
un maximumdans
x (T )
vers 200 OK alors que lepic
de densite d’6tats est situetrop
loin du niveau de Fermi pour avoir une influence notable surx( T)
a cettetemp6ra-
ture. 11 semblerait
plutot
que laposition
entemp6ra-
ture du maximum de
x(T)
soit controlee par la dis-tance au niveau de Fermi du
petit
maximum den(E),
situe imm6diatement en dessous de
EF.
De toute
façon,
on constate que la courbeX (T)
esttres sensible au nombre de trous d du metal consid6r6
(pour 0,30
trou dans leplatine
on obtiendrait6gale-
ment un maximum de
X(T)
vers 200 OK comme lemontre la
figure 10). Ainsi,
en augmentant16g6rement
le nombre de trous du
palladium,
onpourrait
ramenerle maximum de
x(T)
vers 80 OK etobtenir,
pour leplatine,
unpalier
aux bassestemperatures
conform6-ment a
1’exp6rience.
11 semblebien,
parconsequent,
que
l’origine
du maximum dex(T)
dans lepalladium puisse
etreexpliqu6e
par 1’existence d’un maximum dans la courben(E)
auvoisinage
du niveau deFermi,
sans avoir a
invoquer
un ordreantiferromagnétique
abasse
temperature.
En accord avec cetteinterpr6ta- tion,
on sait que lesexperiences
de diffraction deneutrons a basse
temperature
pour lepalladium
n’ontjamais
mis en evidence un ordremagnetique quel-
conque.
b)
Ordremagnitique
à bassetempérature.
-Depuis Stoner,
on sait que l’ordremagnetique
des metaux de transition a bassetemperature
peut etreanalyse
dans un modele de bandes. Ainsi
[5, 30],
la solution de 1’6tatmagnetique
est donnee par 1’intersection de deux courbes :et :
où n est la demi-différence des
populations
des deuxsous-bandes a
spin oppose
etEl, E2
sont leurs niveaux de Fermi a 0 OK.Nous allons
appliquer
ces relations auxcinq
metauxFe, Co, Ni, Pd,
Pt en prenant pour Fe et Co la meme structure de bande que pour Ni mais avec2,2
et1,7 trous d, respectivement ( fig. 11).
- Pour le
nickel,
on peut estimer leparametre
oc,puisque d’apr6s
la relation 6 :la
susceptibilite magnetique
tendant vers l’infini aupoint
de CurieTc.
Comme le nickel est un metalmagn6tiquement sature,
il faut r6aliser la condition : 2n = nombre de trous davec une
energie d’6change
AE parpaire
despins
telleque la relation
(12)
soitsatisfaite, compte
tenu de(7).
Le calcul montre que :
avec :
La valeur de
1’energie d’échange
est tout a fait rai-sonnable et le nombre de trous
0,56
se situe bien dansev
FIG. 11. - Demi-différence des
populations
des demi-bandes a
spin oppose
en fonction deE2
-El.
l’intervalle
0,55-0,60
communément admis pour le nickel. D’autrepart,
la valeur deE2 - E1
est assezproche
de la valeurpropos6e
par Wohlfarth[31]
(0,35 ± 0,05 eV). L’analyse
de la structure de bandeque nous avons calcul6e pour les électrons d du nickel
permet
donc de conclure a la stabilite de 1’6tat ferro-magnetique
pour ce metal.- Pour le
cobalt, qui
est lui aussi un metalsature,
nous admettrons dans cette discussion d’ordres de
grandeur
la meme structure de bande que pour le nickel avec1,7
troud,
et nous 6crironssimplement
lacondition de stabilite de 1’etat
ferromagnétique
d6riv6edes
equations (10)
et(11) :
pourqu’elles
aient unesolution,
il faut que lapente 1/2
AE de la courbe(11)
soit inferieure a la
pente
maximum destangentes
a la courbe(10) passant
parl’origine
dans un dia-gramme
n(E2
-E1). Numériquement,
on obtient :ce
qui
est tout a fait raisonnable.- Pour le fer
enfin, qui
n’est pasmagn6tiquement sature,
lapente 1/2
DE estcomprise
entre deux valeursextremes, correspondant
a :La structure de bande obtenue
peut
donc rendrecompte
d’unferromagnétique
fort pour Ni et Co etTABLEAU VI
VALEURS DU COEFFICIENT DE CHAMP MOLECULAIRE
ET DE L’ENERGIE D’ECHANGE POUR Pd ET Pt
d’un
ferromagnétisme
faible a bassetemperature
pour le fer C.F.C. avec uneenergie d’6change
parpaire
de
spins
de 1’ordre de0,40
eV. Notonsqu’en
cequi
concerne le fer la
phase cubique
a faces centr6esn’apparait qu’au-dessus
de 1 180OK,
c’est-a-dire bien au-dessus dupoint
de Curie de laphase ferromagn6- tique
dufer,
aussi le calcul pour le fer n’a-t-il 6t6 effectuequ’a
titre indicatif.- Pour le
palladium
et leplatine,
dont nous avons6valu6 le facteur
d’6change
a et1’energie d’6change
AE(tableau VI),
nous 6crirons la condition de stabilite de 1’etatparamagn6tique
en calculant lapente
al’origine
de la courbe(10)
donnant n en fonctionde
(E2
-El) ;
cettepente
doit etresup6rieure
a1 j2 AE,
ce
qui
donne :Le tableau VI montre que ces conditions sont
satisfaites,
cequi
rendcompte
de 1’etatparamagn6- tique
de ces metaux.Notons
[4]
que pour 6tudier la stabilite de 1’etatparamagn6tique
il faudrait sans doute tenircompte
de ce que lecouplage spin-orbite m6lange
les directions despins
et modifie enconsequence
le critere de Stoner.Conclusion. - Les calculs
num6riques
que nousavons faits en suivant
progressivement
du nickel auplatine
1’influence ducouplage spin-orbite
sur lastructure de la bande d dans
l’approximation
desliaisons fortes aboutissent a un certain nombre de conclusions au moins
qualitatives :
a)
Les surfacesd’énergie
constante dans1’espace r6ciproque
sont, engeneral, simplement
translat6esen
energie
sans deformationnotable,
sauf aux limitesde zone ou l’on constate, pour des constantes de
couplage spin-orbite croissante,
quel’approximation parabolique
estvalable,
au sommet de labande,
surun intervalle
d’énergie
croissant etqu’inversement 1’approximation
de surfacescylindriques
entrecrois6esest de moins en moins
legitime;
b )
La structure de bande reste invariante dans sonensemble;
lalargeur
de bande estaugment6e
d’unequantite 6gale approximativement
a la constante decouplage.
Mais laplupart
desdégénérescences
sontlevees sauf la
dégénérescence
deKramers,
les 6tats decaract6re
5/2
6tantplutot
localises dans le haut de labande;
c)
La courbe de densite d’6tats est peu modifi6e sauf au sommet de labande,
ainsi que vers le milieu de la bandeou,
encouplage fort,
on voitapparaitre
une bande interdite. La
plupart
despics,
et en par- ticulier lepic
élevé du haut de la banded,
sontsimplement
translates enenergie
avec un faible 6ta-lement ;
d)
Dupoint
de vue despropri6t6s magn6tiques, l’analyse semi-empirique
que nous avons faite de lasusceptibilite magnetique
montrequ’on
peut rendre compte assez bien du comportement dex(T)
pour Pdet Pt et que le
couplage spin-orbite
stabilise 1’etatparamagnétique.
La meme conclusion avait ete at-teinte par 1’un d’entre nous
[4]
au terme d’uneanalyse plus rigoureuse
de l’influence ducouplage spin-orbite
sur les doublets de Kramers.Notons enfin que pour am6liorer
l’interpr6tation
des
propri6t6s physiques
de Pd et Pt li6es a la structurede
bande,
comme la chaleursp6cifique electronique
et le
pouvoir thermoélectrique,
il faudraitprendre
desint6grales
de recouvrementplus grandes
que celles du Ni. Plutot que de lescalculer,
il seraitpeut-etre plus
satisfaisant de les d6duire de certainespropri6t6s expérimentales [6]
comme 1’effet de Haas VanAlphen,
ou de structures de bande obtenues par des m6thodes
plus
61abor6es suivant le schemapropose
par Slateret Koster.
Remerciements.
- Nous remercions M. le Pro- fesseurJ.
Friedelqui
nous a constammentguides
aucours de cette etude.
APPENDICE
Mdthode de calcul de la densitd d’états A
partir
des valeurs del’ énergie E(k),
on calculehabituellement la densite
d’etats,
ou bien en evaluantle volume
compris
entre deux surfacesd’6nergie
constante
[7],
ou bien encomptant
les 6tats contenus dans un intervalled’6nergie
donne(cr6neaux
de lar-geur constante ou de surface constante
[3]).
Nousinspirant
de cette derni6rem6thode,
nous avons d6ter- min6 une densite d’6tats moyenne, la moyenne 6tant faite sur les valeurs den(E) correspondant
a toutes lesr6partitions possibles
des6tats,
par ensembles de 200 6tats environ sur les 4 000 que contient chacune des 10 bandes d.Plus
précisément,
nousproc6dons
en deuxtemps : a ) Ayant
class6 les 152 valeurs deE(k)
par ordred’6nergie
d6croissante etsupposant 1’energie
constantedans chacun des 4 000 cubes de cote
2n
10a centres surles
points
kcorrespondants,
on calcule :Dans cette
expression,
N est le nombre d’étatscompris Ei
etE; (limite Ej
noncomprise);
le facteur 2 est introduit pour tenircompte
de ladégénérescence
de Kramers. Pour
un Ei donne,
on choisitE;
defaçon
que N soit
6gal
a 200 6tats environ.On calcule ainsi tous les
ny
en donnant successi-vement
A Ei
toutes les valeursnum6riques
deE(k)
en commençant par la valeur maximum. On obtient ainsi environ 140 valeurs de
nlj.
b )
On divise ensuite 1’axe desenergies
en intervalleségaux
de0,01
eV et pourchaque
valeurEn
de1’energie
on fait la moyenne des
nij correspondant
aux valeursde
Ei
etE; qui
encadrentEn.
On obtient ainsi unecourbe de densite d’6tats
totale,
d6finienum6rique-
ment de
0,01
en0,01
eV.L’analyse
des surfacesd’6nergie
constante permet de trouver lessingularites
de VanHove;
si l’onplace
ces
points
sur la courben(E)
que nous avons calcul6e( fig. 12),
ons’aperqoit qu’il leur correspond,
a une oudeux
exceptions pres,
des fortes variations de la pente den(E).
C’est la un test, nonn6gligeable,
de la validite de cette m6thode de calcul.FIG. 12. - Courbes de densites d’etats de la bande
superieure
pour Ni, Pd, Pt avec lespositions
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