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DYNAMIQUE DES PRIX DE l HEVEA

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Texte intégral

(1)

REPUBLIQUE DE CÔTE D’IVOIRE

Union - Discipline - Travail Ministère d’Etat, Ministère du Plan

et du Développement

Ecole Nationale Supérieure de Statistique et d’Economie Appliquée

DYNAMIQUE DES PRIX DE l’HEVEA

Rédigé par :

NJANTOU AHOUNKE Hermann Elève Ingénieur des Travaux Statistiques

Août 2016

Mémoire de FIN DE FORMATION

Sous l’encadrement de : M. GBENRO Nataniel Enseignant chercheur

(2)

i

DECHARGE

L’ENSEA N’ENTEND DONNER AUCUNE APPROBATION, NI IMPROBATION AUX OPINIONS EMISES DANS CE DOCUMENT. CES

OPINIONS DOIVENT ÊTRE CONSIDEREES

COMME PROPRES A LEUR AUTEUR.

(3)

ii

DEDICACE

A mes très chers

parents

(4)

iii

REMERCIEMENTS

Avant tout, nous rendons gloire à Dieu Tout Puissant qui nous a donné la force et la santé pour la réalisation de ce document.

Notre plus grande reconnaissance va en l’endroit du Directeur de l’ENSEA, Monsieur KOUADIO Hugues.

Nous en profitons pour adresser nos remerciements à tout le personnel administratif pour leurs efforts largement reconnus dans le maintien du prestige de l’école.

Nous remercions également notre Directeur des Etudes, Monsieur KOUAKOU N’Goran Jean Arnaud,

qui a permis le bon déroulement des enseignements durant nos années d’étude à l’ENSEA.

Nous voulons adresser nos sincères remerciements à tous les professeurs et enseignants qui nous ont transmis non seulement leurs connaissances et expériences, mais aussi prodigué des

conseils afin de développer nos capacités intrinsèques.

J'ai eu l'honneur d'effectuer mon stage à l’ENSEA où j’ai bénéficié de conditions de travail propices à mon développement, sous le suivi de nos encadreurs :

Mme SORO Nahoua et M. GBENRO Nataniel.

Nous avons bénéficié de leurs orientions dans nos travaux, raison pour laquelle nous leur adressons notre profonde gratitude et une très grande reconnaissance relativement aux efforts

consentis pour nos personnes, ceci malgré leurs occupations respectives.

J’adresse un merci particulier à tous mes camarades de promotion et amis ainsi qu’à ma famille, en l’occurrence ma mère que j’aime pour le soutien moral qu’elle m’a apporté dans

les moments de découragement.

Enfin à tous ceux qui, de près ou de loin, m'ont apporté de l’aide, veuillez trouver ici ma profonde gratitude.

(5)

iv

SOMMAIRE

DECHARGE ... i

DEDICACE ... ii

REMERCIEMENTS ... iii

SOMMAIRE ... iv

AVANT-PROPOS ... vi

TABLE DES ILLUSTRATIONS ... viii

Résumé ... ix

Abstract ... ix

INTRODUCTION GENERALE ... 1

CHAPITRE 1 ... 3

CADRE THEORIQUE ... 3

I. LA FILIERE HEVEA EN COTE D’IVOIRE ... 3

II. L’OFFRE ET LA DEMANDE DU LATEX NATUREL ... 8

III. LA THEORIE DE LA FORMATION DES PRIX ... 11

IV. TRAVAUX EMPIRIQUE RELATIF A LA PREVISION 19 Chapitre 2 ... 24

ANALYSE EXPLORATOIRE ET METHODOLOGIE ... 24

I. ANALYSE DESCRIPTIVE ... 24

II. ANALYSES PREALABLE A LA MODELISATION ... 31

III. METHODOLOGIE ... 35

Chapitre 3 ... 42

ESTIMATIONS ET ANALYSE DES RESULTATS ... 42

I. VARIABLES D’ANALYSE ET LIMITES DE L’ETUDE ... 42

II. ESTIMATION DES MODELES D’ETUDE ... 44

(6)

v

III. ANALYSE DES RESULTATS ... 53

Conclusion ... 60

Bibliographies ... ix

Annexe ... xi

Annexe 1 : Graphiques ... xi

Annexe 2 : Tableaux ... xix

Annexe 3 : Validation du MCE ... xxiii

Annexe 4 : Validation du model ARDL ... xxv

(7)

vi

AVANT-PROPOS

Le présent document a été réalisé dans le cadre d’un stage académique dont le but est de permettre aux étudiants, d’une part, de se familiariser à la vie professionnelle et, d’autre part, de mettre en pratique les connaissances théoriques qu’ils ont acquises tout au long de leur formation. En effet, après deux années de formation, les étudiants effectuent un stage de trois mois dans une entreprise ou dans une institution sous la direction d’un maître de stage et l’encadrement d’un enseignant de l’ENSEA. C’est dans cette perspective que nous avons effectué un stage, du 17 Mai au 16 Août 2016, à l’Ecole Nationale Supérieure de Statistique et d’Economie Appliquée (ENSEA). Nous avons été accueillis par Mme SORO Nahoua et M.

GBENRO Nataniel, nos maîtres de stage.

La thématique qui a été ici traitée est celle de la dynamique des prix de l’Hévéa. En effet, ce stage nous a permis d’élargir nos connaissances sur ce secteur agricole. Nous pouvons affirmer que le stage s’est déroulé dans des conditions très satisfaisantes. En effet, le personnel qui nous a accueillis, a su montrer, tout au long de notre stage, son soutien, ce qui nous a été d’une utilité certaine dans la conduite et l’achèvement de nos travaux.

(8)

vii

SIGLES ET ABREVIATIONS

ADL Autoregressive Distributed Lags

APROMAC Association des professionnels du caoutchouc Naturels de Côte d'Ivoire ARCH Autoregressive Conditional Heteroscedasticity

ARMA Autoregressive Moving Average CUSUM Cumulative Sum

DS Differency Stationary

ECM Error Correction Models

GARCH Generalized Autoregressive Conditional Heteroscedasticity INSEE Institut National de la statistique et des Etudes Economiques KPSS Kwiatkowski Phillips Schmidt Shin

MAE Mean Absolute Error

RMSE Root Mean Squared Error

SIPH Société Internationale des Plantations d'hévéa

TAR Threshold Autoregressive

TS Trend Stationnary

USD United States Dollar

VAR Vector Autoregressive

VECM Vector Error Correction Models

(9)

viii

TABLE DES ILLUSTRATIONS

Tableau 1: Formation des prix de l'hévéa en Côte d'Ivoire ... 7

Tableau 2:Résultats des tests de stationnarité par segment ... 34

Tableau 3: Tableaux de synthèse des tests de stationnarité ... 35

Tableau 4: Résultats de l’estimation du MCE ... 46

Tableau 5:Résultats de l’estimation du modèle ARDL ... 49

Tableau 6:Résultats de l’estimation du modèle ARDL simplifier ... 50

Tableau 7:Evaluation du modèle de prévision ... 52

Tableau 8: Résultats d’une simulation statique des variations des prix locaux ... 54

Tableau 9:Prévisions modèles ARDL simplifié ... 59

Figure 1: Répartition de la production mondiale de latex naturel ... 8

Figure 2:Répartition de la production Africaine de latex naturel ... 9

Figure 3: Evolution de la consommation mondiale de caoutchouc naturel ... 10

Figure 4:Evolution de la consommation de latex naturel de 2005 à 2015 ... 11

Figure 5:Evolution commune des prix locaux et internationaux ... 26

Figure 6: Evolution des prix de la sève d'hévéa en Côte d'Ivoire de 1996 à 2016 ... 27

Figure 7:Evolution du logarithme des prix de 1996 à 2016 ... 28

Figure 8: Evolution commune des cours de l'essence et du pétrole ... 29

Figure 9: l’évolution des cours de certaines matières premières ... 30

Figure 10:Evolution des cours de certaines matières premières ... 31

Figure 11:Evolution comparée de la série à niveau et celle traitant des effets réguliers ... 32

Figure 12: Distribution de probabilité de la série des prix au niveau local ... 33

Figure 13: Simulations du modele ARDL simplifié ... 53

Figure 14: Taux de croissance superposés des cours de l'essence et du latex naturel ... 56

(10)

ix

Résumé

L’objectif de nos travaux était l’étude de la dynamique des prix de l’hévéa. Arrivée à son terme, elle devrait pouvoir mettre en exergue les facteurs pouvant en influencer l’évolution et aussi offrir la possibilité d’en prévoir l’évolution à court terme des prix. Pour ce faire, deux modèles ont été estimés : le premier nous a permis d’étudier l’influence des facteurs endogènes à la Côte d’Ivoire et le second, d’évaluer l’impact à court terme sur notre variable d’intérêt de facteurs exogènes tels que le taux de change et les cours de l’essence. A la fin de cela, nous avons fait le choix d’un modèle de prévision des prix locaux à court terme. Nous arrivons à justifier que l’évolution des cours de l’essence et celle du taux de change peuvent être perçues comme des indicateurs avancés des fluctuations futures des prix de l’hévéa. En outre, nous aboutissons à une explication de la période haussière des prix qu’a connu l’évolution des cours du latex naturel durant la période 2009-2011. Nous remarquons alors qu’il existe une dynamique adaptative entre prix de l’huile de palme et prix du latex.

Abstract

The purposes of this report is studies of the natural rubber prices dynamics, arrived at the end of this paper we should be able to firstly describe the factors which can influence the rubber price evolution, and secondly give the possibility to make some short-term forecasting, to reach that we estimate two models were, the first allowed us to study the short term dynamics between our variable of interest that is here the growth rate of the prices and theother variables which can influence the evolution of it, the second model is a simple form for forecasting, in this models a big consideration will be given to gasoil as an exogenous variable. At end of this investigation, we justify that the evolution of the gasoil courses and the one of the exchange rate can be discerned like advanced indicators of the future fluctuations of the rubber prices, we also justify the transient character of the period of high price that the evolution of the rubber prices knew.

(11)

Introduction Générale

1

I NTRODUCTION GENERALE

I

ndispensable dans de nombreuses applications industrielles, le caoutchouc est irremplaçable pour ses propriétés d’élasticité et d’imperméabilité. La place de l’Afrique dans sa production devient de plus en plus importante. L’on doit ceci aux pays comme la Côte d’Ivoire et le Nigeria. Cependant, le cas de la Côte d’Ivoire est particulièrement intéressant.

Elle est classée première en Afrique dans la production de caoutchouc naturel et septième dans le monde. Ce classement montre l’intérêt accordé au développement de cette filière agricole.

La période 2009-2011a été une période prospère pour la filière hévéa. Cette période fut caractérisée par un embellissement des cours internationaux, ce qui a suscité un engouement pour la filière et a conduit, dans certains cas, à l’abandon d’autres cultures de rente à son profit.

Mais, en 2012, la tendance s’est brutalement inversée : les cours ont connu une chute drastique.

Cette chute est estimée à une moyenne de 20% par an ; les prix sont passés de 1.625 FCFA /Kg en 2012 à 825 FCFA /Kg de janvier à octobre 2015 sur la scène internationale, soit une baisse de 62,12%. Les prix payés aux producteurs étant indexés aux cours internationaux, le prix moyen bord champ a suivi les mêmes tendances en passant de 766 FCFA /kg en 2011 à 288 FCFA /kg en novembre 2015, soit une baisse de 62,40%. A cela s’ajoutent des impôts qui deviennent de plus en plus insupportables. En effet, la structure des impôts ne s’est pas adaptée à la chute des prix, ce pourquoi les impôts ont eu tendance à peser un peu plus sur le revenu de l’ensemble de la chaine de production. La filière présente aujourd’hui une augmentation de la production pour une baisse de la rentabilité. En outre, la Côte d’Ivoire n’utilise pas plus du tiers de sa production dans son industrie, la majeure partie de sa production étant exportée. Les fluctuations observées à l’international se répercutent donc automatiquement sur les prix locaux. Cela a pour effet de rendre la situation de la filière de moins en moins viable, en l’occurrence pour les petits producteurs.

La situation de la filière ivoirienne d’hévéa est de moins en moins viable à cause de la baisse récente des prix. C’est donc la baisse de la rémunération de la chaine productive qui motive notre étude de la dynamique des prix. La question qui pourra être d’intérêt est celle de savoir quel outil adéquat peut être mis à la disposition du secteur de l’hévéa pour améliorer son comportement adaptatif face à un environnement caractérisé par une instabilité des prix.

(12)

Introduction Générale

2 Objectifs

Nous nous fixons donc, comme objectif général, l’étude de la dynamique des prix de l’hévéa en Côte d’Ivoire. Spécifiquement, il s’agira tout d’abord de :

 présenter la filière hévéa en Côte d’Ivoire ;

 présenter des facteurs non seulement endogènes, mais aussi exogènes à la Côte d’Ivoire, qui auraient une influence sur la fixation des prix du latex naturel ;

 développer un outil de prévision pour améliorer le comportement adaptatif du secteur hévéa en Côte d’Ivoire face aux fluctuations internationales.

Pour ce faire, il sera question d’enrichir, en premier lieu, notre culture sur la thématique. Nous commencerons ainsi par une présentation de la filière hévéa en Côte d’Ivoire, ensuite nous ferons une documentation en ce qui concerne la théorie de la formation des prix et les études faites sur l’évolution des prix temps. Dans un second volet, nous ferons une analyse exploratoire de la filière. Cette analyse débouchera sur le choix d’une méthodologie adaptée à l’étude qui sera formalisée dans la suite. Enfin, les résultats obtenus seront présentés et bénéficieront d’une analyse.

Hypothèses de Recherche

H1 : La fixation des prix du latex est soumise à un risque de change. En effet, le prix est fixé en USD sur la scène internationale ; par contre il l’est en FCFA au niveau de la Côte d’Ivoire.

H2 : Il existe une relation entre les cours du pétrole et ceux du latex naturel, ce qui pourrait être à l’origine d’un transfert de volatilité du pétrole au prix du caoutchouc. En effet, le latex synthétique est un dérivé du pétrole brut qui, lui-même, est très volatile. Accepter une relation entre ces cours, c’est donc envisager une possible influence des chocs pétroliers sur les prix du latex naturel fixé en Côte d’Ivoire.

(13)

Cadre Théorique

3

C HAPITRE 1

CADRE THEORIQUE

I. LA FILIERE HEVEA EN COTE D’IVOIRE A. Qu’est-ce que l’hévéa

i. Le latex naturel dérivé de la sève d’hévéa

L’Hévéa est un arbre qui se développe en milieu intertropical humide. Son cycle de vie est de 40 ans. Il est prisé pour sa sève, car elle contient une substance appelée latex. Cette dernière est considérée comme une matière première dans plusieurs industries. La sève est obtenue par une opération de saignée consistant à faire une entaille soigneuse sur le tronc de l’hévéa pour en faire couler de la sève. Ainsi, durant son cycle de vie, la saignée est impropre non seulement durant les 5 à 10 premières années d’exploitation, mais aussi en saison sèche, période pendant laquelle l’arbre se régénère difficilement.

ii. Formes du latex et débouchés

Le latex issu de l’hévéa est qualifié de naturel. Cette précision est nécessaire vu qu’il existe aussi une forme de latex dite synthétique. Celle-ci est beaucoup plus répandue dans l’utilisation.

Le latex synthétique est un dérivé du pétrole brut. Les deux latex possèdent ainsi des propriétés similaires dans la production de certains biens. Cependant, leur complémentarité est nécessaire pour la production d’autres biens. En effet, dans le cadre de l’industrie automobile, les deux formes de latex sont importantes pour la fabrication d’un pneu. Les propriétés élastiques du latex obtenus par vulcanisation et son étanchéité en font un produit d’intérêt pour certaines productions de masse. C’est ainsi que le marché le plus consommateur de latex est le marché automobile : il représente 70% de la consommation de latex naturel dans le monde en 2015 d’après LMC Rubber. Excepté cela, le latex est utilisé dans le domaine du textile, de la literie, pour les gants médicaux et aussi les préservatifs.

(14)

Cadre Théorique

4

iii. Niveau de commercialisation de l’hévéa

La filière hévéa en Côte d’Ivoire est régie par deux niveaux de commercialisation :

 Le premier niveau est interne et est relatif à la commercialisation de la sève d’hévéa. Il est géré par l’APROMAC en ce qui concerne la fixation des prix aux planteurs. Ce marché met en relation les planteurs d’hévéa avec des entreprises spécialisées dans sa transformation.

En effet, c’est sous une forme sèche fortement concentrée en latex que la commercialisation se fait à l’international.

 Le second niveau de commercialisation est international. Ici interagissent les entreprises transformatrices avec les différents partenaires commerciaux internationaux selon des prix fixés sur la scène internationale.

B. Les acteurs de la filière hévéa en Côte d’Ivoire

i.Structures d’encadrement de la filière hévéa en Côte d’Ivoire

Nous retrouvons ici un ensemble d’organes mis en place dans le but d’assurer le suivi de la filière. Cet ensemble est sous la coordination du ministère de l’agriculture et du développement rural. C’est ainsi que les plus importants d’entre eux sont :

Le FIRCA (Fonds Interprofessionnel pour la Recherche et le Conseil Agricoles) C’est un Fonds de Développement Agricole (FDA). Ses actions concernent le financement des programmes de l’ensemble du secteur primaire. Ainsi, il assure le financement des programmes de fourniture de services agricoles dans tous les secteurs de productions végétale, forestière et animale. Il bénéficie ainsi du financement des bailleurs de fonds tels que la BAD ou l’AFD. Il vise l’accroissement des productions, l’amélioration de la productivité des exploitations et l’augmentation des revenus des producteurs. Son champ d’action, assez large, concerne :

la recherche agronomique et forestière ;

la conduite d’expérimentations et de démonstrations pour la transmission du savoir entre la recherche et l’exploitation ;

la recherche technologique pour l’amélioration des produits agricoles et des produits transformés ;

(15)

Cadre Théorique

5

la diffusion des connaissances par l’information, la démonstration, la formation et le conseil technique et économique ;

la conduite d’études, d’expérimentation et d’expertises ;

l’appui à l’amélioration durable de la rentabilité économique des exploitations ;

le renforcement des capacités des OPA ;

la formation professionnelle des producteurs, des dirigeants des OPA et de leur personnel.

APROMAC (Association des Producteurs et Manufacturiers)

Elle s’occupe de la commercialisation intérieure de l’hévéa et organise les ventes de productions des planteurs villageois aux agro-industries. Elle regroupe l’ensemble des catégories professionnelles de la filière (usiniers, manufacturiers, chercheurs, planteurs non usiniers). Elle s’occupe, en outre, des questions relatives au pourcentage lié à La décote et au DRC (Dry Rubber Content of hevea rubber).

APROCANCI (Association des producteurs de Caoutchouc Naturel en Côte d’Ivoire) Ses objectifs s’inscrivent dans la :

 professionnalisation des planteurs ;

 définition d’une stratégie globale de développement de l’hévéaculture avec APROMAC ;

 représentation effective de tous les planteurs d’hévéa ;

 défense des intérêts matériels et moraux des planteurs d’hévéa.

Hormis ces grands organes, nous pouvons citer l’OPCN (L'organisation des producteurs de caoutchouc naturel). Créée en mai 2001, elle trouve son origine, d’une part, dans la volonté des planteurs d'hévéa de participer au développement agricole du pays et, d’autre part, dans la nécessité d'instituer un cadre de concertation crédible pour une mise en commun de leurs efforts. Comme autre organe, l’on peut citer Le Fonds de Développement Hévéa (FDH) qui s’occupe des candidats planteurs souhaitant bénéficier de la subvention de plants d'hévéas au titre de la campagne agricole. L’on peut aussi lui attribuer la mise à disposition de crédits agricoles aux planteurs pour les encadrer dans le développement de leurs plantations.

(16)

Cadre Théorique

6

ii.Les producteurs d’hévéa en Côte d’Ivoire

C’est un ensemble complexe, mais les éléments de cet ensemble ont en commun la recherche d’un profit et le payement des impôts liés à leurs activités et à leurs bénéfices. Lorsqu’on parle de producteurs d’hévéa en Côte d’Ivoire, l’on voit deux groupements majeurs. D’une part, nous avons les petits producteurs qui représentent les producteurs possédant de grandes plantations d’hévéa. Ils ont fait le choix d’une autonomie dans leur activité et sont, pour la plupart, affiliés à des coopératives. Leur affiliation leur offre des opportunités. Il s’agit notamment de l’obtention de crédits agricoles, de leur appartenance à des projets de développement de la filière où ils bénéficient de subventions et même de plants améliorés.

Le second groupement est fait d’entreprises. Dans un premier volet, nous avons des entreprises spécialisées dans la transformation. Elles font l’acquisition de fond de tasse auprès de petits producteurs. La sève d’hévéa est ainsi transformée en feuille de latex pour la commercialisation internationale. Le second volet est celui des agroindustriels comme OLAM et SAPH qui sont aussi des entreprises de transformations. Elles se différentient des premières par la possession de plantations qui leurs sont propres. Ainsi, un suivi est accordé à leurs plantations depuis leur organisation en pépinières, passant par des plantations pour enfin, à maturité, être propre à la saignée. Elles établissent de nombreux partenariats avec les petits producteurs. Ceux-ci bénéficient ainsi de la prise en charge des questions de nettoyage de pistes et de pesticides.

iii. L’Etat

L’Etat ivoirien s’est récemment retiré de la gestion de la filière. Une autonomie leur est donnée dans leur gestion. Ainsi, l’Etat y assure surtout une fonction régalienne. Elle perçoit des versements de la part de certains acteurs : il s’agit d’impôts liés à leurs activités et à leurs bénéfices.

C. La structure des prix de l’hévéa en Côte d’Ivoire

Les prix sont fixés au niveau local par l’APROMAC et sont construits sur la base des prix fixés sur la scène internationale. Ainsi, ils sont constitués d’une partie variable et d’une partie fixe essentiellement faites de cotisations forfaitaires.

Pour formaliser cela, nous vous présentons le tableau suivant qui fait état des composantes qui entrent dans la structure des prix au niveau local. Pour faciliter la compréhension, nous prendrons un exemple. Alors, supposons que le prix international soit fixé à 127,6 US cents

(17)

Cadre Théorique

7 comme en juillet 2016, période pendant laquelle le cours moyen du dollar était de 584,17 FCFA.

Nous obtenons donc le tableau suivant :

Tableau 1: Formation des prix de l'hévéa en Côte d'Ivoire

Source : APROMAC

La construction du prix repose sur le prix fixé au niveau international par le marché de référence du caoutchouc sec (SICOM à Singapour). C’est un prix qualifié de FOB, car il n’inclut ni frais ni assurance concernant son transport. Le prix fixé à l’international subit une décote : il prend donc en compte le différentiel entre sa valeur actuelle et sa valeur de marché.

L’on fait comme remarque l’application du DRC (Dry Rubber Content of hévéa rubber). En effet, il existe une distinction entre la forme humide et la forme sèche (la forme sèche,

Sec Humide DRC 60%

Partie variable

Cours moyen cotation FCFA 127.6*584.17=745,40 127.6*584.17*60%=447,24 Décote 3 % : FCFA 745,40 *3%=22,36 447,24 *3%*60%=13,42

Prix FOB après décote FCFA

745,40 -

22,36 =723,04 447,24 -13,42 = 433,82 Prix d’achat au planteur FCFA

61 % du prix FOB 723,04*61%=441,05 433,82 *61%=264,63 Rétrocession de la décote aux

planteurs 2,43 1,46

Prix au planteur avant retenues F CFA 441,05+2,43=443,48 264,63 +1,46=266,09

Partie fixe

Retenues au kilo de caoutchouc FCFA :

Cotisation APROMAC 0,45 0,27

Cotisation APROCANCI - -

Cotisation OPCN - -

Cotisation FIRCA 10 6

Total Retenues FCFA 0,45+10=10,45 0,27+6=6,27

Prix d’achat net au planteur du kilo de caoutchouc FCFA

443,48 -

10,45=433,03 266,09 -6,27= 259,82≈ 260

(18)

Cadre Théorique

8 débarrassée de l’eau, est essentiellement constituée de latex et donc plus raffinée ; par contre la forme humide est moins valorisée et c’est elle qui est vendue par les planteurs d’hévéa (fond de tasse)). En outre, le prix fixé est sous l’influence du niveau du change du dollar Américain pour sa partie variable et, pour sa partie fixe, sous l’influence de facteurs structurels propres à la Côte d’Ivoire.

II. L’OFFRE ET LA DEMANDE DU LATEX NATUREL A. L’Offre de latex naturel

Le marché dont il est question ici est celui du latex naturel. L’observation de l’offre actuelle montre qu’elle est très concurrentielle avec une dominance asiatique comme nous pouvons le voir sur la figure 1. L’Asie assure, depuis les cinq dernières années, une moyenne de 90% de la production mondiale de latex naturel. Cette production est tirée par des géants tels que la Thaïlande et l’Indonésie qui représentent respectivement 37 % et 26% de la production mondiale de latex naturel.

Figure 1: Répartition de la production mondiale de latex naturel

Source : LMC Rubber

L’on note, malgré la qualité de sa production, une faible représentation de l’Afrique avec une contribution à hauteur de 5 %.

0%

5%

10%

15%

20%

25%

30%

35%

40%

(19)

Cadre Théorique

9 La structure de l’offre de latex naturel en Afrique montre une forte domination de la Côte d’Ivoire avec 60% de la production Africaine de latex naturel, ce qui fait d’elle, pour notre part, un sujet d’intérêt.

Figure 2:Répartition de la production Africaine de latex naturel

Source : LMC Rubber

Il est important de prendre en compte le caoutchouc synthétique avec qui il se partage le marché. C’est ainsi qu’en 2015, LMC Rubber présente une structure mondiale de consommation de ces élastomères avec une dominance de sa forme synthétique à hauteur de 56% contre 44% pour sa forme naturelle. Cela fait du latex synthétique la forme la plus utilisée.

Cependant, il est possible que cette structure change ; en effet, sa forme synthétique est un dérivé du pétrole avec lequel l’évolution des cours est couplée. Ainsi, une tendance haussiere des cours du pétrole entrainerait la hausse des prix du latex synthétique. Ce qui serait, dans une certaine mesure, à l’origine d’une redirection de la demande vers le latex naturel. Un renchérissement progressif des cours du latex naturel s’en suivrait.

B. La demande de latex naturel

60%

15%

10% 8% 7%

0%

10%

20%

30%

40%

50%

60%

70%

Côte d'Ivoire Liberia Cameroun Nigéria Autre

(20)

Cadre Théorique

10 Du côté de la consommation, comme nous pouvons le constater sur la figure 3, elle a connu une chute en 2009. Après la crise financiere de 2008, la conjoncture économique était pessimiste.

L’incertidude était présente sur tous les marchés internationaux. L’on a pu observer, après cette crise, une perte de valeur de l’ensemble des matières premières. L’après 2009 a été une période de forte croissance : d’après SIPH, l’on enregistre une croissance moyenne annuelle de 2.8%

depuis dix ans.

Figure 3: Evolution de la consommation mondiale de caoutchouc naturel

Source : LMC Rubber 2015

La figure 4 nous montre une dynamique de la demande impulsée par la Chine. En effet, depuis 2009, le secteur automobile chinois est en pleine expansion. Il assure aujourd’hui 70% de la consommation mondiale de latex naturel (LMC Rubber). Ainsi, nous pouvons considérer la Chine comme un élément clé de la demande sur le marché du latex naturel.

6 7 8 9 10 11 12 13

Millions de tonnes

(21)

Cadre Théorique

11 Figure 4:Evolution de la consommation de latex naturel de 2005 à 2015

Source : LMC Rubber 2015

III. LA THEORIE DE LA FORMATION DES PRIX A. La place du marché dans la détermination du prix

i. Le concept de marché

Un bien ou un service en circulation défini un marché, en ce sens il existe autant de marchés que de biens ; le marché oppose ainsi une offre et une demande relative à un bien. Le marché est donc un régulateur. Un marché est un lieu pas forcément physique. En effet, il peut être réel comme pour le cas des marchés de la rue ou le marché d’enchère mais, il peut aussi prendre une forme virtuelle c’est le cas des cybers marchés, des marchés financiers et du marché du travail. En outre, il peut être concurrentiels ou non. Dans un marché concurrentiel les consommateurs et les producteurs sont si nombreux qu’ils n’exercent aucune influence sur les prix. Le prix du marché est alors considéré comme unique (on dit que les entreprises sont Price taker), mais il peut exister des monopoles (un seul vendeur) ou des oligopoles. Dans ce cas, les entreprises déterminent le prix librement on dit qu’elles sont Price maker.

ii. Marché et incertitude

C’est l’existence d’incertitude sur le marché et le caractère spéculateur des agents économiques qui expliquent en grande partie l’existence du risque. En effet s’il y a quelque chose de commun

0 1 2 3 4 5

Millions de tonne

chine autre Asie autre Europe

(22)

Cadre Théorique

12 à tous les marchés, c’est bien l’incertitude. Celle-ci évolue avec la vitesse de convergence sur des marchés et leur niveau d’intégration.

Ainsi, dans un marché il existe plusieurs types de risque. Le premier et le plus important est le risque de marché ou risque de cour. Il intervient lorsque l’on observe une éventuelle chute des prix sur un marché ; il peut être propre à un bien, l’origine étant dans ce cas un déséquilibre entre l’offre et la demande ; ou encore, il peut toucher un ensemble de biens, ce qui est le plus souvent dû à la conjoncture économique. D’autre part l’on peut citer le risque de taux de change : il intervient beaucoup sur la scène internationale. En effet, un achat fait dans une devise internalise de manière implicite la position relative entre les monnaies, ainsi un contrat d’achat ou de vente peut à l’échéance, concourir à renchérir ou à dévaloriser le sous-jacent sur lequel on a réalisé une plus-value sur le cours. Par ailleurs, nous avons un risque de contrepartie : il concerne surtout la crédibilité ou même la capacité des parties contractantes à honorer le contrat passé autour du prix ; il est beaucoup lié à l’aléa moral. Il existe en outre d’autres risques qui ne touchent pas directement le prix mais des actifs financiers qui leurs sont dérivés. Il s’agit par exemple du risque de liquidité et du risque de dividende.

B. Analyse du prix d’un bien

Le prix est la grandeur qui donne au marché son caractère de régulateur. Il nous renseigne en partie sur les modifications structurelles du marché. Ainsi, le marché se régule plus facilement s’il existe une flexibilité des prix. En outre, le prix est le moyen le plus simple de valoriser un bien, il est également un outil de compétition autour duquel se définit des stratégies, et fait par ailleurs l’objet de spéculation.

i. Distinction, détermination et formation du prix

Au niveau théorique, l’analyse de la tradition néoclassique établie une dichotomie entre détermination des prix relatif et détermination du niveau générale. Ainsi équilibre général concurrentiel présenté par Walras, défini un ensemble de prix relatif ceci pour un système de marché et la théorie monétariste définie un niveau de prix général.

En outre, le modèle Walrasien et le modèle classico-marxien ont le mérite de dégager les deux principes élémentaires d’analyse des prix, l’analyse de la détermination des prix et l’analyse de la formation des prix. L’analyse des prix a donc deux volets distincts. De manière générale, la distinction faite est le niveau de détail de chacun des volets. L’analyse de la détermination du prix se fait à un niveau de détail plus faible.

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Cadre Théorique

13 L’étude de la détermination des prix consiste à repérer les déterminants (utilité du bien, valeur de ses substituts, etc) du prix, à la suite de cela établir une relation entre ceux-ci et les prix.

C’est aussi faire une analyse des effets de ceux-ci et des relations prioritaires de ces déterminants sur le prix. De quantifier à l’aide d’analyse statique, comparative ou dynamique les effets de chacun de ces déterminants. Il s’agit donc non seulement de savoir si leurs actions se sommes ou se compenses, mais aussi de savoir qui des déterminants peut être qualifiés de principaux et qui sont ceux qui peuvent être qualifiés de secondaires.

L’étude de la formation du prix quant à elle consiste non seulement à leur détermination mais aussi à préciser les mécanismes à travers lesquels se matérialisent les prix, elle introduit donc les acteurs qui fixent ou influent sur les prix, leur comportements et l’interaction de ces comportements, les révisions et changements qui interviennent, les étapes intermédiaires à la formation. Les questions qui sont posées ici s’appuies sur le mode de fixation (marché, réglementée, etc.) pour établir la logique du mouvement des prix (sont-ils rigides ou au contraire flexibles). Il apparait donc que l’étude de la formation des prix est donc plus que celle de leur seule détermination. Celle-ci se limitant à l’établissement des relations, le mécanisme de transmission de ces relations étant une boîte noire.

ii. Formation du prix en concurrence pure et parfaite

L’analyse du prix ici nécessite un préalable, c’est la définition d’un cadre conceptuel. Le cadre présenté ici est la vision classique d’un marché, celui du régulateur par excellence. Pour des besoins propres à la formalisation de leurs théories, les classiques définissent un marché qu’il qualifie de concurrentiel. La concurrence ici présenté à un caractère particulier, elle est pure et parfaite1.

Dans ces conditions aucun acteur sur le marché ne peut influer sur le prix. Aucune entreprise n’a l’avantage à pratiquer un prix différent du marché, avec un prix plus élevé, elle perdrait sa clientèle, et avec un prix plus faible elle ne pourrait répondre à la demande en raison de sa petite taille. Le prix est donc une contrainte et pour maximiser son profit l’entreprise ne peut agir que sur les coûts de production. D’autre part il n’existe aucune rigidité des prix. Les prix étant donc

1 La concurrence pure et parfaite repose sur le respect de certains postulats. Il s’agit de l’atomicité, la libre entrée sur le marché, la transparence, l’homogénéité des produits et la mobilité des facteurs de production.

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Cadre Théorique

14 flexibles les forces du marché se mettent en place, ceci conditionne le prix à s’établir selon la célèbre loi classique de l’offre et de la demande.

a) La formation de prix

Les travaux des classiques ont été d’un grand apport à la théorie relative au prix. Les deux approches marquantes furent l’approche macroéconomique avec la théorie monétariste du niveau du prix général, et l’approche microéconomique du prix relatif. L’approche monétariste avec la théorie quantitative de la monnaie s’est limité à la détermination d’un niveau général des prix. Elles considèrent ainsi les mécanismes de transitions comme complexe, elle accorde alors une plus grande importance à la notion de délai. Par la suite la théorie libérale des prix a pris des formes beaucoup plus raffinées en terme de détails. Les modèles que nous présenterons le justifie. Ces modèles peuvent être divisés en deux blocs, le premier est relatif à l’idée d’un prix norme comme fondement de l’analyse, il s’agit du modèle walrasien et du modèle présenté par Edgeworth. Le second bloc est relatif au modèle de prix naturel, ce modèle d’origine classico-marxien élimine l’idée d’un prix norme tout en redonnant son épaisseur au processus de formation des prix.

La formation de prix en économie de marchande

La théorie classique se limité ici à la détermination du prix relatif, le marché y occupe une place importante. Les néoclassiques utilisent deux conceptions fort différentes du mécanisme de marché, la conception walrasienne du marché d’enchère et la conception d’Edgeworth des transactions marchandes.

La conception Walrasienne

La conception walrasienne a été la plus utilisée bien qu’elle se révèle incapable de permettre l’étude des situations transitoires de son équilibre. Cette conception permet à la fois d’aboutir à un équilibre et de définir un prix norme et un vecteur de prix relatifs normes. Les prix y sont la synthèse entre raretés et préférences à ce titre, des indicateurs de raretés relatives objectives.

La rareté est définie pour la technologie et les dotations naturelles. Les préférences qui sont définie ici sont subjectives. Comme le prix norme est antérieur au processus d’échange sur le marché, le chemin qui mène à l’équilibre n’a aucune importance. Dans ces conditions, le système est parfaitement déterminé et le modèle permet de déterminer les prix, le mécanisme d’ajustement est neutre, le résultat unique et indépendant du chemin parcouru et du hasard des

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Cadre Théorique

15 échanges. Les débats soulevés par les théoriciens du déséquilibre et de l’information, notamment Clower et Leionhufvud ont montré que ce modèle ne pouvait éclairer que le fonctionnement statique de marchés d’enchères parfaitement centralisés et dans lesquels des mécanismes organisationnels qui est sous le contrôle du commissaire-priseur définie par Walras assure la fourniture d’une information parfaite, gratuite et instantanée.

La conception d’Edgeworth

Pour Edgeworth, les prix résultent de la succession de transactions entre individus, transaction donnant lieu à un marchandage, à prix différenciés selon le pouvoir de négociation des co- contractants, et à des transferts réels de biens avant d’avoir obtenu ce qui ressemblerait à des prix d’équilibre. Ici le processus de formation, le cheminement opéré par la mise en confrontation des offreurs et demandeurs ont un rôle central. Une place importante est ici donnée à l’existence d’un équilibre des prix et sa stabilité. Le résultat n’est plus prédéterminé, les normes à priori disparaissent, la formation des prix ne s’efface plus derrière leur détermination. Il n’est plus possible de comparer simplement deux situations différentes de la statique comparative puisque, selon les processus d’ajustement, chaque situation peut aboutir à des résultats différentiés. Ce modèle inspire encore les rares analyses de la formation des prix en concurrence imparfaite.

b) La formation de prix en économie Capitaliste

Les classiques donnent ici une grande importance aux éléments structurels du prix tels que le coût et le profit. L’ensemble de leurs pensées est connu sous le nom de théorie de la valeur.

Lorsqu’on parle de théorie de la valeur l’on voit premièrement les travaux du physiocrate Quesnay. Dans son article ‘’Grain’’, il mesure la valeur des productions à partir de la quantité de travail nécessaire pour les produire. Il a été suivi dans ses travaux par les classiques et les néoclassiques avec un raisonnement à la marge reposant sur utilité du consommateur.

La valeur chez Adam Smith

Les économistes classiques britanniques privilégiaient une approche macro-économique. Adam Smith pose de nouveau la distinction qui deviendra fondamentale : toute marchandise possède une valeur d’usage et une valeur d'échange. Le plus souvent, ces deux valeurs sont extrêmement différentes pour une même marchandise, comme il l'explique dans cet extrait célèbre où il

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Cadre Théorique

16 compare les valeurs d'usage et d'échange respectives de l'eau et du diamant : « rien n'est plus utile que l'eau, mais on ne peut presque rien obtenir en échange de celle-ci. Un diamant, au contraire, n'a presque pas de valeur d'usage, mais on peut souvent obtenir une très grande quantité d'autres biens en échange ». Après avoir définie les concepts de valeur d'usage et valeur d'échange, Adam Smith cherchera à déterminer en quoi consiste le véritable prix de toutes les marchandises. Ils analysent les phénomènes de production et met en avant la « valeur- travail ». Pour lui le prix d'un bien dépend de la rémunération du travail fourni par l'ouvrier qui le fabrique. Il arrive à la conclusion que le travail est un étalon fiable et invariable. C'est même, selon lui : « le seul étalon fondamental et réel avec lequel on peut en tout temps et en tout lieu estimer et comparer la valeur de toutes les marchandises ». Il écrit aussi : « Le prix réel de toute chose, ce que toute chose coûte réellement à l'homme qui veut l'obtenir, c'est la peine et le mal qu'il a pour l'obtenir. ».

La valeur chez David Ricardo

Dans sa suite David Ricardo, affiné cette analyse en développant la notion de travail incorporé se rapprochant ainsi de la pensé actuelle de Karl Max, il englobe ainsi non seulement le travail de l'ouvrier, mais également le travail nécessaire pour produire les machines et les outils qu'il utilise. Il en arrive à la définition une proportionnalité des prix aux quantités de travail, pour se faire il emploie le terme de prix normal pour désigner le prix naturel. Le prix normal d'un produit est déterminé donc par la quantité de travail nécessaire à sa production. Ainsi écrit-il :

"Toute augmentation dans la quantité de travail doit nécessairement augmenter la valeur de l'objet auquel ce travail a été employé ; et de même toute diminution dans la quantité de travail doit en diminuer le prix". Cependant, cette approche est limitée parce qu’elle ne s'applique qu'aux biens qui sont à la fois productibles et reproductibles.

La valeur chez Karl Marx

Par la suite, les travaux de Karl Marx et de Alfred Marshall ont été d’un grand apport. Karl Marx bien qu’ayant été critiqués apportent un complément à la théorie de la valeur travail. Il définit la revendication capitaliste. Ainsi, le prix fixer pour un bien en plus de prendre en compte la valeur travail2 présenté précédemment, internalise aussi le profit et une plus-value. Le profit

2« En tant que valeurs toutes les marchandises ne sont que du travail humain cristallisé. »

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Cadre Théorique

17 serait donc une rémunération du facteur capital incorporé à la production et la plus-value une sorte de bénéfice.

La théorie unificatrice d’Alfred Marshall

De son côté, Alfred Marshall défend à l’opposé de Walras l’idée d’un équilibre partiel dans un système de marché. Pour lui, le prix d'un bien dépend du coût des facteurs de production et de la valeur que le consommateur est prêt à lui accorder, et il ne faut pas privilégier une approche plutôt qu'une autre. Pour résoudre ce dilemme, il a introduit la notion de temps dans l'analyse des mécanismes économiques, ceci lui permet de concilier la théorie classique et la théorie marginaliste :

Sur le court terme, l'utilité l'emporte dans le phénomène de fixation du prix, par la recherche de l'équilibre entre l'offre et la demande, lequel s'établit à un prix qui exprime la « valeur- utilité ». Lors de l'introduction d'un produit sur le marché, l'entreprise adapte ses prix en fonction de la demande.

Sur le long terme, les coûts de production deviennent déterminants, car l'entreprise est obligée d'en tenir compte, et un prix d'équilibre qui se situe entre ce que le marché est prêt à payer au maximum et le prix auquel l'entreprise doit vendre son produit au minimum, va correspondre au « prix naturel » tel qu'il a été défini par les économistes classiques en se fondant sur la valeur-travail.

Les critiques avaient souligné que le concept d'utilité n'était guère opérationnel en entreprise, beaucoup moins que celui de la « valeur-travail », car la satisfaction du consommateur était difficile à mesurer. Mais, selon Alfred Marshall, ce n'est pas parce que les outils d'analyse n'existent pas qu'il faut faire l'impasse sur la « valeur-utilité », car dans la réalité une entreprise ne se lance pas dans la production d'un bien, si elle ne pense pas raisonnablement qu'il ne trouvera pas preneur, soit parce qu'il est trop cher, soit parce qu'il ne correspond pas à un besoin exprimé ou latent.

iii. Formation du prix en concurrence imparfaite

La transition entre concurrence parfaite et imparfaite est fine. En effet, Alfred Marshall pense comme tout autre classique, qu’à long terme les prix pratiqués en concurrence déloyale convergent vers les prix concurrentiels. C’est donc le différentiel conjoncturel entre ces deux

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Cadre Théorique

18 prix qui explique le caractère plus profitable de ces formes de marché. Ces formes naissent de stratégie d’entreprise, cela au prix d’un coût supplémentaire qui peut être la recherche technologique, des segmentations du marché ou le développement de l’image de marque.

Il y a concurrence imparfaite quand il y a atteinte à l’un des postulats relatifs à la concurrence pure et parfaite. En effet, les acteurs du marché développent des stratégies de plus en plus remarquable. Celle-ci tendent à peser sur l’établissement de conditions de concurrences. C’est ainsi que l’on observe des regroupements d’acteurs qui influent sur l’atomicité, une absence de transparence liée à une asymétrie de l’information. En outre, une différenciation des produits mettant son instigateur dans une situation de monopole. D’autre part, il existe des barrières (technique, juridique, économie) à la libre entrée mais aussi des tendances protectionnistes empêchant la mobilité de certains facteurs de production. Dans tous les cas de concurrences imparfaite, l’entreprise exerce un certain degré de contrôle sur son prix, toute fois le prix le plus élevé possible n’est pas le meilleur car la demande diminue lorsque le prix augmente.

La détermination des prix en monopole

Le monopoleur profite d’une situation qui lui est favorable. La rente trouve son origine dans la différence entre le prix en situation de monopole et le prix en situation de CCP. Le monopoleur a donc un profit supérieur à celui d’un offreur en situation de CPP. En effet, le monopoleur à la maitrise de ces quantités et donc du prix, ce prix ne lui est plus imposé par le marché, il peut alors décider du niveau des prix qui maximisera son profit. Le prix agit ainsi positivement sur la recette et négativement sur la demande. La situation d’un monopole est d’autant plus forte que les produits substitués sont éloignés ou il existe des barrières existantes à l’entrée qui peuvent être de nature réglementaire, technique, ou financière (brevets et licence).

Il existe plusieurs formes de monopole, le monopole peut être le résultat d’une situation économique avantageuse. Comme exemple nous avons le monopole légal (défini par la loi) : (transport aérien) ou monopole naturel : résulte d’une situation économique particulière et / ou de raisons techniques. Il se caractérise par un coût d’entrée important. D’autre part, il peut être dû à la détention d’une technologie qui le distingue des autres, c’est un monopole d’innovation (nouveaux produits). Il peut aussi être un monopoleur discriminant : il ne va pas appliquer le même prix à l’ensemble de sa clientèle.

La fixation du prix en situation d’oligopole

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Cadre Théorique

19 Dans cette situation il manque l’atomicité (quelques offreurs pour beaucoup de demandeurs) et quelques fois la transparence. Les décisions de chaque entreprise sont influencées par celle des autres et on distingue deux situations :

- La rivalité, on parle des oligopoles de guerre (chacun décide sans consulter les autres) et s’il y a capacité on peut assister à une guerre des prix ou des quantités.

- L’entente, on parle des oligopoles de paix, c’est une situation qui peut converger vers un monopole. Dans le cadre de la stratégie des firmes, les ententes sont un outil précieux. Il s’agit de fixer des quotas de production à chaque entreprise de façon à limiter l’offre total et à maintenant le prix à un niveau sein de celui du monopole, on parle alors de prix administré (l’Europe est les USA interdise les ententes).

La concurrence monopolistique

La concurrence monopolistique trouve son origine dans les différences des produits qui peuvent être obtenue par l’innovation. Dans ce type de marché l’atomicité et la transparence sont respectés. Il existe une grande diversité de marchés. Les situations de marché sont temporaires, cela tient à la concurrence, la rivalité. Les situations sont donc révocables.

IV. TRAVAUX EMPIRIQUE RELATIF A LA PREVISION

Nous présenterons de manière succincte les évolutions majeures faites dans le domaine de la prévision (en particulier celui des prix). Ces développements seront soutenus par des travaux de certains auteurs et des applications empiriques.

Les travaux relatifs à la prévision montrent une dichotomie simple entre la moyenne d’un processus et sa variance. C’est ainsi que les premiers travaux dans la prévision des phénomènes postulaient une constance dans le temps des variances conditionnelles et la linéarité des variances des processus. Ce faisant, ils formalisaient ainsi la moyenne. Par la suite, avec l’accroissement de l’interactivité des marchés et de leurs incertitudes, la volatilité des processus étudiés a gagné en intérêt.

i. Modèles autorégressifs dans la prévision

Les modèles autorégressifs ont fait leur preuve dans la prévision. Ils font partie d’un ensemble de modèles postulant une stabilité de la variance. Une classe très importante de cette typologie

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Cadre Théorique

20 de modèles sont les Modèles Autorégressifs Moyenne Mobile (ARMA). Le développement des ARMA découle d’un résultat fondamental dû à Wold (1938)3, mais ils ont été rendu célèbres par Box et Jenkins. Ces modèles reposent sur le fait que les informations sur un processus générateur peuvent être obtenues des réalisations passées de celui-ci, et de l’information contenue dans l’évolution des erreurs passées faites dans son essai d’estimation. La simplicité dans la conceptualisation des ARMA et dans leurs estimations ont permis qu’ils soient utilisés dans la prévision du prix de certaines matières premières et aliments de base. Déjà en 1994, P.

Geoffrey Allen les met en œuvre pour la prévision du prix de certaines denrées alimentaires en Amérique. De manière plus récente (2016), Gurudeo Anand Tularam dans son article compare l'exactitude des prévisions proposées par trois modèles pour les prix du pétrole brut. Les modèles considérés étaient un lissage exponentiel (ES), un filtre de Holt-winters (HW) et un modèle ARIMA. Pour déterminer le meilleur modèle, Gurudeo (2016) se base sur les critères de précision des modèles dans l’exactitude de leurs prédictions. La comparaison a indiqué que le modèle HW à de meilleurs prédictions que le lissage exponentiel pour un intervalle de confiance de 95%. Cependant, la précision des prédictions du modèle ARIMA (2, 1, 2) reste la meilleure.

A la suite de cela, l’existence de modifications structurelles dans la relation entre deux variables a motivé le développement des modèles dits à changement de régime. Ils reposent sur la fixation de seuils sur une variable ; cette variable est qualifiée de variable de transition. Ce concept est à l’origine des modèles TAR et des modèles autorégressifs à changement de régime Markovien.

L’application des modèles à changement de régime n’était pas aussi récente que ça, si l’on se réfère aux travaux de Jens Weidmann en 1999, dans le cadre de l'économie allemande. Il reprend l'analyse de la relation de Fisher entre taux intérêt nominal et le taux d’inflation à l’aide d’un modèle à seuil. Il a pour but de mettre en exergue des propriétés non prises en compte par la relation traditionnelle de Fisher dans le contexte allemand. Pour ce faire, il met en relation les taux d'intérêt nominaux et les taux d'inflation dans un modèle de cointégration à seuil. Ses travaux permettent d'accepter l'hypothèse de Fisher (au sens strict ou corrigée des effets de fiscalité). En outre, il démontre une sous-estimation des coefficients ainsi que la sensibilité des résultats relativement aux pays et aux périodes considérés dans les études antérieures.

3 Wold présente la possibilité pour tout processus “purement non déterministe”, stationnaire et d’espérance nulle, d’admettre une écriture moyenne mobile infinie.

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Cadre Théorique

21 L’on remarque que le problème a toujours été la recherche d’informations. Ainsi, l’ajout de variables exogènes dans une modélisation a été à l’origine d’autres travaux. En effet, lorsque l’on étudie la dynamique d’un ensemble de variables il est important de faire certains examens préalables hormis la stationnarité4 des variables. Il s’agit de la cointégration et l’endogénéité des variables pour le système étudié.

Pour pallier à la non stationnarité, l’on observe la relation à court terme entre les variables.

Cependant, il peut exister une relation équilibrée dans le temps entre plusieurs variables, l’on qualifie cela de cointégration. Dans ce cas, se limiter à la seule relation de court terme pourrait être à l’origine de perte d’information relative à leur dynamique de long terme commune. C’est ainsi que certaines approches de la cointégration ont été proposées. Nous pouvons prendre en exemple les travaux de Johanssen et ceux de Pesaran et al (2001). Ici nous étudions la cointégration entre plusieurs variables relatives à la dynamique d’un système. Dans le cas où elles sont cointégrées il devient nécessaire d’ajouter à leur dynamique de court terme une composante en correction d’erreur ; l’on parle dans ce cas de modèle à correction d’erreurs (MCE). Un autre volet dans l’étude de la dynamique d’un système de variables est la simultanéité. En effet, l’interaction entre plusieurs phénomènes peut cacher des effets récursifs en terme de causalité. Les travaux de Granger dans le domaine de la causalité ont été d’un réel apport. Il définit une relation causale entre deux variables comme l’effet qu’à la connaissance des réalisations passées d’une variable sur l’amélioration de la prédictibilité de l’autre. Il aboutit à quelque chose d’important ; c’est l’existence possible de causalité récursive entre deux variables (feed back). La classe des modèles dits à équations simultanées internalise parfaitement ce concept. Ces modèles permettent aussi de se rassurer de l’exogénéité ou de l’endogénéité des variables impliquées dans le système. Ces modèles prennent aussi en compte un équilibre simultané dans l’estimation des effets de plusieurs variables interagissant entre elles ; c’est le cas des modèles VAR mais aussi des modèles VECM (vecteur à correction d’erreurs). La pertinence de ces approches a motivé des travaux, nous prenons en exemple le travail d’Ahmed Hammadache (2011) qui en a fait usage. Son objectif était d’identifier les différentes variables qui affectent la dynamique des prix du pétrole. La technique d’analyse par la cointégration, permet d’appréhender l’aspect dynamique de l’analyse, à travers la distinction entre une dynamique de court terme et une dynamique de long terme entre les variables

4Observer la stationnarité est très importante, les travaux de Granger Newbold (1974) ont montré que des régressions obtenues à partir de variables économiques prises à niveau, pouvaient aboutir à des conclusions dépourvues de sens si celles-ci étaient non stationnaires à la base. L’on qualifie ces relations de spirous regression ou régressions fallacieuses.

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Cadre Théorique

22 (physiques et financières) du modèle, considérées toutes comme endogènes. Un premier modèle vectoriel à correction d’erreur (VECM) identifie une relation de cointégration entre les prix du pétrole, l’offre mondiale de pétrole, la demande mondiale de pétrole, le taux de change effectif réel du dollar, les stocks et l’exploration mondiale du pétrole. Un deuxième modèle avec introduction des variables prix futurs à maturités 2, 3 et 4 mois cherche à capter l’effet de la spéculation sur la dynamique des prix du pétrole, il montre quelles sont les variables réelles (offre, demande...) et/ou spéculatives qui affectent le plus la dynamique des prix. Les résultats de ses travaux montrent une faible corrélation entre l’offre et la demande par rapport aux prix du pétrole à court terme, mais une forte corrélation à long terme. L’introduction des prix futurs à 2, 3 et 4 mois montre que la spéculation affecte la dynamique des prix à long terme, mais pas autant que l’offre et la demande de pétrole. En outre, Dembele (2010) estime un VAR et effectue une analyse de causalité au sens de Granger. Il évalue alors empiriquement la relation entre le développement du marché boursier et l’évolution de l’activité économique en Côte d’Ivoire. Il conclut à une influence significative du développement du marché boursier sur l’évolution de l’activité économique en Côte d’Ivoire.

ii. Modèles non linéaires à volatilité conditionnellement hétéroscédastique

La littérature présente certains faits stylisés en ce qui concerne les prix, en l’occurrence ceux définis pour des périodicités courtes. Il s’agit notamment des faits propres à leur volatilité.

L’étude de ces faits a motivé l’abandon de l’hypothèse de la stabilité de la variance de certains phénomènes. La forte variabilité des prix rend parfois leur modélisation par les processus de la classe ARMA difficile, surtout parce qu’ils reposent sur des hypothèses parfois incompatibles avec ces faits stylisés.

En effet, les travaux de Spathes (‘‘GARCH Time-Séries Model : An Application to Retail Live stock Prices’’,1988) exposent la pertinence des modèles non linéaires dans des prévisions de prix de certaines matières premières. Spathes présente également des limites du modèle ARMA déjà observées dans le passé. Il est suivi dans cette lancée par Latife Ghalayini (2014), qui étudie l’évolution du taux de change du Dollar relativement à l’Euro. L’objectif de Latife est de prouver la pertinence de la théorie relative à l’évolution du taux de change d’une monnaie (la valeur d’une monnaie gravite au cours du temps dans la direction de son équilibre de long terme). Pour ce faire, il formalise dans un premier temps la volatilité de ce taux de change à l’aide d’un modèle ARIMA, puis il estime un vecteur à correction d’erreurs mettant en relation

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Cadre Théorique

23 ce taux de change avec le différentiel du niveau d’inflation entre l’Amérique et l’Europe. Il arrive à montrer l’incapacité des modèles ARIMA à capter la forte volatilité des taux de change et leur incapacité à expliquer sa causalité. Il conclut enfin sur la véracité de la théorie économique sur les taux de change concernant la dynamique de long terme qu’elle suit et définit comme variable la plus importante pour expliquer cette évolution, le différentiel de niveau d’inflation entre les deux pays.

Nous introduisons donc ici une classe importante de modèles qui a été développée pour prendre en compte la forte volatilité de certains processus, ils sont qualifiés de modèles à hétéroscédasticité conditionnelle. Cette qualification est dû au fait qu’il rejette à la base, l’idée d’une variance conditionnelle constante ; en plus de cela il postule une liaison non linéaire (multiplicative) entre le processus et sa variance. Ils ont été introduits par Engle (1982) pour les modèles ARCH (autorégressifs conditionnellement hétéroscédastiques), et leur extension GARCH (ARCH généralisé) est due à Bollerslev (1986). Ces modèles permettent de capturer la majeure partie des faits stylisés présentés plus haut. Leurs applications sont multiples dans l’analyse de l’évolution des prix en finance et pour le prix de certaines matières premières. L’on peut citer en exemple les travaux de Nop Sopipan (2012) et son équipe. Il compare un modèle GARCH simple à un modèle GARCH associé à un changement de régime Markovien

pour la prévision de la volatilité des prix de l’or. Il obtient comme résultat une précision acceptable pour le modèle GARCH simple. Cependant il obtient de meilleurs résultats en prenant en compte l’existence d’une variable de transition inobservable avec le modèle GARCH à changement de régime Markovien.

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Analyse exploratoire et méthodologie

24

C hapitre 2

ANALYSE EXPLORATOIRE ET METHODOLOGIE I. ANALYSE DESCRIPTIVE

A. Présentation des données

Le marché du latex naturel, au niveau local, est soumis à un risque de marché important. Pour en expliquer les origines, nous considérons l’évolution de plusieurs variables pouvant modifier son évolution au regard de la revue de littérature. Nous vous présentons donc ici un tableau récapitulatif des données dont nous allons faire usage.

Tableau 2 : Description des variables d'études

variables Unité source fréquence période

cours international du

latex naturel USD la feuille séché

IMF prices

commodity mensuelle

octobre 1996 - août 2016 prix de la serve d'hévéa

en Côte d'Ivoire F CFA/Kilogramme APROMAC mensuelle

octobre 1996 - août 2016

cours du pétrole brent USD/Baril

IMF prices

commodity mensuelle

octobre 1996 - juillet 2016

cours de l'huile de palme USD par tonne métrique

IMF prices

commodity mensuelle

octobre 1996 - juillet 2016 cours essence au niveau

international Pound sterling por Gallon Index mundi mensuelle

octobre 1996 - juillet 2016

Cours du café robusta US cent la livre Index mundi mensuelle

octobre 1996 - juillet 2016

Cours cacao

US cent par tonne

métrique Index mundi mensuelle

octobre 1996 - juillet 2016

Change XOF/USD - Forex Top mensuelle

octobre 1996 - juillet 2016 Source : Nos recherches

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