NATURALISTE CANADIEN BULLETIN DE RECHERCHES, OBSERVATIONS ET DÉCOUVERTES SE
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(9) NATURALISTE CANADIEN BULLETIN DE RECHERCHES, OBSERVATIONS ET DÉCOUVERTES SE. RAPPORTANT À. L'. HISTOIRE NATURELLE DU CANADA. o*. TOME QUARANTIÈME (vingtième DE LA DEUXIÈME SÉRIE]. o*-. L'abbé V.-A.. HUABD,. directeur-propriétaire. -^^^^Ç-. QUÉBEC ImP. lyAFLAMME. 1913-14. &. PrOULX.
(10) l'i-^d^qX, '-^û.^^.
(11) LE. NATURALISTE CANADIEN Québec, Juillet 19/3 VOL. XL (VOL.. XX DE LA DEUXIEME. Directeup-Proppiétaipe. LA. 40e. :. No. SERIE). L'abbé V.-A. Huapd. ANNEE. Le Naturaliste canadien change aujourd'hui de. .déun peu comme les vieux Grecs, et il affiche à son titre le chiffre 40. Le fait est réjouissant, .. cade, pour parler. puisque. les. Revues. se plaisent à être très âgées.. Cet anniversaire, nous nous contentons de. le signaler,. sans y appuyer par des considérations quelconques.. Tout. ce que nous voulons dire, c'est que notre publication se le plus longtemps possible. y a bien le point de vue financier, dont nous avons souvent dit un mot au recommencement des années. Et, ces derniers temps, nous notions que le « déficit » était enfin venu s'installer dans la caisse du Naturaliste. Mais. propose de continuer à vivre Il. quelle joie de n'avoir pas aujourd'hui à parler de ce sujet,. pour l'année qui commence, ni pour celle qui l'a préC'est que nous avons trouvé un excellent moyen. ni. cédée. !. —. dans notre bilan celui de ne en résulte que nous n'avons pas à. de ne pas constater de. déficit. pas établir de bilan. Il. !. :. nous désoler de ce que nos recettes seraient inférieures à nous n'en savons rien du tout Et le. nos dépenses I. —^Juillet. 1912.. ;. !.
(12) LE NATURALISTE CANADIEN. 2. Naturaliste n'en. marche pas moins, pour. cela,. à. son. ordinaire.. Le. donc manqué, depuis deux ans, pour Il ne nous a pas plus été possible, depuis deux ans, de dresser et d'expédier des comptes d'abonnement. Le grand nombre de nos abonnés loisir. nous. a. établir notre situation financière.. n'ayant pas pensé, de leur part, à nous envoyer. l'abonnement annuel,. le. prix de. en est résulté que notre « caissier a parfaitement évité, tout ce temps, et le surmenage, et la neurasthénie,. et. il. leurs. j). conséquences.. De. ce. chef,. la. situation de caissier, au Naturaliste^ doit avoir été classée,. compagnies d'Assurances, comme l'une des plus soit. Voilà donc une famille heureuse notre caissier qui dort sur les deux oreilles, et nos abonnés qui jouissent d'une paix profonde. Nous aussi, nous vivons dans la paix mais dans une paix qui n'est pas profonde du tout. Car nous avons lieu de soupçonner que, l'automne p''ochain, quand nous aurons enfin le temps dans. les. hygiéniques qui. :. —. —. d'expédier. d'établir notre position financière, d'écrire et. d'innombrables factures à nos abonnés, nous nous trouverons. en face de quelque abîme financier. En attendant, et pour que ledit abîme soit moins profond et que nous en puissions mieux sortir, et pour que nous ayons à perdre moins de séries de jours au travail fastidieux de faire et d'expédier des comptes d'abonnement, nous souhaitons que beaucoup de nos abonnés se décident C'est que la circonsà nous envoyer quelque argent. tance est admirable, pour cela, en ce renouvellement Ils n'ont pas à se préoccuper, en effet, de savoir d'année. le paiement s'ils ont, ou non, payé leur abonnement .. .. —. —. d'avance étant d'ailleurs «théoriquement)) obligatoire. —. pour l'année qui commence avec cette livraison car aucun d'entre eux, croyons-nous, ne s'est mis dans ce cas étonPar conséquent, tous peuvent nous envoyer, sans nant. :.
(13) FEU MGR. T.-E.. HAMEL. inquiétude, la petite piastre d'abonnement. 3. :. est infiniment. il. probable que, pour un bon nombre d'entre eux, elle servira à payer quelque arrérage. Cela dit nous, avec. — nous voudrions le. dire: cela fait. programme accoutumé, dans. —. le. ,. engageons-. quarantième. volume. :oo. FEU Mgr. :. T.-E.. HAMEL. Nous devons enregistrer dans nos pages, et avec les plus sympathiques regrets, la mort de Mgr T.-E. Hamel, V. G., ancien recteur de l'Université Laval. rares savants canadiens-français.. Il. a. décédé. est. Il. été le. l'un. 23. des. juillet,. après avoir atteint l'âge avancé de 82 3^ ans. Notre ancien supérieur et professeur a enseigné longtemps, à l'Université Laval, les ^Mathématiques, l'Astro-. nomie,. un. et surtout la. certain temps,. il. Mécanique et donné. a aussi. et de Géologie, et c'est par quoi. restreint de naturalistes.. il. Physique.. la les. Pendant. cours de Minéralogie. appartint à notre groupe. beaucoup inténous avons, dès nos débuts en ces sciences, reçu ses encouragements. Lorsque, à une certaine époque, l'abbé Provancher fonda à Québec une société d'histoire naturelle, îui et Mgr Hamel ne si. ressé. aux études. Il. s'est. aussi. d'histoire naturelle, et. purent s'entendre en cette organisation, et Mgr Hamel de son côté, ou s'occupa d'établir une association. établit,. scientifique plus vaste et qui comprendrait aussi des sections d'histoire naturelle.. giature. Nous. écrivons ceci en cours de villé-. — loin de toute documentation. souvenirs.En tout longtemps,. et. il. cas, les. ne. s'est. et d'après. nos seuls. deux projets ne vécurent guère plus isit à Québec, depuis ce. temps, d'autres tentatives d'organisation strictement scientifique..
(14) LE NATURALISTE CANADIEN. 4. Mgr Hainel fondation. membre de. était. même, appartenant. la. Société royale depuis sa. à la Section III qui. comprend. les sciences exactes.. Nous nous. rappelons, et non sans émotion, que. défunt, qui était un le. en. célébrant à la. le. prélat. fut (en 1892). de ses funérailles, qui eurent lieu. l'office. église. petite. ami de l'abbé Provancher,. du Cap-Rouge, où reposent. ses restes. mortels.. ORNITHOLOGIE DE BELLE-ISLE Avant de. faire. l'énutnération des. d'oiseaux qui fréquentent Belle-Isle,. sans intérêt de dire un. de son étendue. et. mot de. espèces. différentes. il. n'est peut-être pas. sa position géographique,. de son aspect en généra!.. Je tiens la plupart des renseignements qui vont suivre. de l'obligeance d'un. ami, M. Jean Thibaudeau, décédé. du phare Ouest de Belle-Isle pendant trois ans (1907-10), ainsi qu'à un de ses fils, tous deux grands amateurs d'histoire naturelle. Belle-Isle, comme on le sait, est située à l'entrée du Sa golfe Saint-Laurent, et du détroit qui porte son nom.. depuis,. qui. fut. gardien. plus grande longueur est d'environ quatorze milles;. et. sa. largeur, de quatre milles.. Cette île est distante de quinze milles environ de la côte. nord. et à. Comme. peu près autant de l'île de Terre-Neuve. toutes les îles de formation laurentienne,. elle est. de forme très irrégulière, et hérissée sur ses bords de rochers qui atteignent parfois une hauteur de 600 pieds, ce qui en rend les abords impraticables presque partout, à l'exception assez facile.. toutefois. de. plusieurs. Ces baies ne peuvent. petites. baies. cependant. d'accès offrir. de.
(15) ORNITHOUOGIE DE BELLE-ISLE du peu de profondeur de. lefuge, à cause. 5. qu'aux. l'eau,. barges de pêcheurs qui viennent chaque année de Terre-. Neuve pour y pêcher*la Morue. et le. Saumon.. Toutefois,. ces baies offrent assez de profondeur d'eau pour. deux de. permettre l'entrée de vaisseaux de fort tonnage mettre à. les. et. de l'action désastreuse de certains vents.. l'abri. La surface de. l'île. voit des vallées, des. est. monts. également. on y dont l'un, même,. très accidentée. et des rochers,. ;. une altitude de 900 pieds. Il y a dans l'île un grand nombre de petits lacs ou plutôt de grandes étendues d'eau sans issue. L'un de ces lacs mérite d'être signalé, puisqu'il atteint une longueur de deux milles sur une. dit-on, atteint. largeur d'un demi-mille, et sa profondeur. est, paraît-il,. de. 35 brasses d'eau.. Comme elle est. l'île. trouve située à l'embouchure du golfe,. se. nécessairement soumise à l'influence de. la. tempé-. rature de l'Atlantique, c'est-à-dire des grands vents qui y sont si fréquents et qui atteignent bien souvent une vitesse. Et puis un autre inconvénient, de 90 milles à l'heure. qui n'est pas le moindre, surtout pour ceux dont les. et. poumons et. sont faibles, ce sont ces temps de. humides, occasionnées également par. l'Atlantique.. Il. l'année, de voir la. n'est. jours consécutifs; ainsi la. brume. pas rare, en. brume envelopper. est. saisons. dit. qu'en 1908. interruption. moins. de. pendant plusieurs. M. Thibaudeau m'a. disait-il,. épaisses. voisinage de. certaines l'île. persista durant 23 jours sans. par contre l'hiver,. brumes le. ;. rigoureux. mais qu'à. Québec.. A. raison des vents continuels,. que. il. n'est. pas étonnant de. végétation y est en souffrance. Ainsi les essences ligneuses, telles que les Mélèzes, le Sapin, le Hêtre, constater-. le. la. Bouleau, et peut-être quelques autres, ont à peine un. pied et demi de haut aux endroits les plus exposés, tandis que, dans les lieux plus. abrités. des. vents,. ils. peuvent.
(16) LE NATURALISTE CANADIEN. 6. atteindre une hauteur de trois pieds.. Les plantes herbacées. croissent assez bien, et elles sont assez variées en espèces.. Les Mousses recouvrent en grande partie les montagnes et rochers, en compagnie des Airelles, des Canneberges,. les. des Genévriers,. etc.. La faune mammalogique indigène. est nulle dans l'île. roux font leur apparition en hiver, traversant de la terre ferme sur les glaces. On a aussi signalé quelquefois la présence de l'Ours polaire. Les Phoques se montrent parfois très nombreux autour de l'île on y remarque aussi la présence de quelques grands. Quelques Renards blancs. et. ;. cétacés.. La faune icthyologique seule espèce. :. Truite de. la. certains endroits. ;. réduit, dans. se. mais on constate qu'elle. greur désespérante, ce qui. est. les lacs, à. qui est très. lacs,. dû sans doute. une. commune. est. en. d'une mai-. à l'insuffisance. de sa nourriture. Voici maintenant la. liste aussi. complète que possible des. oiseaux qui fréquentent Belle-Isle. Le Plongeon à collier. " gorge rousse. " Le Le Grèbe à cou rouge. Le Macareux arctique. Le Guillemot noir. " ordinaire. Le " de Brunnick. Le Le Pingouin commun. Le Mergule nain. La Mouette blanche. " à trois doigts. La Le Goéland à manteau noir. " argenté. Le " de Bonaparte. Le. :.
(17) ORNITHOLOGIE DE BELLE-ISLE. La Sterne commune. " La arctique. " noire. La Le Fulmar. Le Grand Puffin. Le Pétrel de Leach. Le Fou de Bassan. Le Canard histrion. L'Eider du Nord. ". remarquable.. La Macreuse d'Amérique. " à large bec. La Le Phalarope roux. " hyperboréeu. Le Le Lagopède des saules. " rochers. " Le La Buse à queue rousse. La " pattue. Le Faucon noir. " blanc. Le Le Balbusard d'Amérique. Le Pic doré du Nord (un seul). Le Corbeau du Nord. Le Plectrophane de neige. " " Laponie. Le Le Sizerin à tête rouge. " de Holbœl. Le La Fauvette à tête cendrée (une La Farlouse de la Louisiane. L'Alouette ordinaire.. La Mésange à tête noire. " de la baie d'Hudson, La Le Merle d'Amérique (un seul). " " Le Traquet motteux. seule)..
(18) LE NATURALISTE CANADIEN. 8. On. y a VU aussi une Hirondelle, probablement celle des. granges ou à front blanc. Cette. liste doit être,. naturellement, bien incomplète.. Il. n'y a pas de doute qu'elle pourrait être plus que doublée des. encore.. Il. si. étaient faites pendant quelques années. observations. y avoir nécessairement d'autres Canards, Maubêches, des Passereaux, etc.. doit. et surtout des. C.-B.. DIONNE.. oo:. INSECTES NUISIBLES DANS LA PROVINCE LE «SAN JOSÉ SCALE». Nous avons. regret,. le. signaler ici la première. et. même. le. chagrin, d'avoir. à. occurrence, dans la province de. Québec, du Kermès San José (en anglais, San José Scale), Aspidiotus perniciosus^ l'un des grands fléaux qui, en. Amérique, ravagent les vergers et les forêts. Disons d'abord que les Kermès, ou Scale des hémiptères,. comme. des. de. poux de. la. famille. des. Insects^ sont. Coccides.. Ce. sont. petite taille, qui se fixent sur l'écorce. des plantes, y enfoncent leur suçoir pour se nourrir des sucs végétaux, et se couvrent d'une écaille persistante sous laquelle naissent les petits.. du San. Pour ce qui. José, sa femelle est vivipare.. période d'activité, durant laquelle. ils. est. en particulier. Les jeunes ont une cherchent l'endroit. demeure, subissent entre temps plusieurs mues, et s'accouplent, après quoi le mâle passe ce qui fait que, suivant la remarque du de vie à trépas. où. ils. s'établiront. à. —. Prof. Lochhead, les petits sont. comme. c'est d'ailleurs le cas. «. fatherless and posthumous », pour bien d'autres insectes..
(19) INSECTES NUISIBLES DANS LA PROVINCE. Quant à. femelle, elle perd à chaque. la. ses antennes, elle n'a. jamais eu. boule de vie ne. la. se. d'ailes,. il. reste,. mue quelque organe. Comme. ses yeux, ses pattes.. 9. après tout cela, une petite. grosseur d'une petite tête d'épingle, et dont manifestera. :. d'autre part. désormais par. les. seuls actes. la. de. l'alimentation et de la ponte. Voilà, en résumé, ce qu'il faut savoir des Scale Insects, en particulier du Kermès San José. Un jour ou l'autre nous traiterons plus au long de ces sujets. S'il n'y avait, sur un Pommier, qu'une douzaine de Kermès à se nourrir de ses sucs, le mal ne serait pas grand,. et. et l'arbre. ne s'en porterait pas plus mal.. doit nourrir,. aux dépens de. Mais quand. il. sa sève, qu'ils lui soutirent 24. heures par jour, des millions de ces insectes fixés partout sur son écorce L'arbre fruitier, sous l'action de cette multitude de parasites, dépérit plus ou moins rapidement !. et. meurt à la Ce peu de. fin.. pour faire voir combien il y a venue du Kermès San José dans notre. détails suffit. lieu de redouter la. Province.. On. regarde. Kermès, le fléau,. Japon. le. et des plants. comme. le. pays d'origine de ce. importés de ce pays auraient apporté. vers 1873, ^" Californie.. mologiste en chef des Etats-Unis,. Le Dr Howard, l'a. ento-. trouvé dans l'Est, en. Virginie, l'année 1893. En 1896, le fléau était reconnu dans 14 des Etats situés à l'est des montagnes Rocheuses; on constatait que, depuis sept ans, plusieurs pépinières. avaient distribué de tous côtés des plants infestés du San Il est connu que, par voie du New-Jersey, il s'est répandu dans les Etats du Maryland, de l'Indiana, de New-York, de l'Ohio, de l'Illinois, et enfin dans la. José.. province d'Ontario. le. Pour ce qui San José y. est. de. la. province ontarienne,. soit entré sur des plants. il. semble que. importés du New-.
(20) LK NATURALISTE CANADIEN. 10. Jersey, en 1895.. x\u mois de janvier 1897, feu M. t'^letcher,. entomologiste du Dominion,. le. reconnut scientifiquement. d'après des spécimens qu'on lui avait envoyés de la région. de Chatham, Ont.. — Enfin,. en cette année. 1913,. signalé pour la première fois dans la province de. En. il. Québec. est .. .. .. 1900, le ministère de l'Agriculture d'Ontario a publié. une brochure intitulé The San José and other Scale insects, W. Lochhead, alors professeur à Guelph. 11 y est dit que, à cette époque, on comptait environ 125 espèces de Kermès dans les Etats-Unis et au Canada. Au mois d'avril 1890, l'abbé Provancher avait traité. rédigée par M.. Faune eittomo logique du Caiiada^ Vol. III, les Hémiptères) de la famille des Coccides mais il n'avait mentionné, de tous les Kermès, qu'une espèce à^ Aspidiotus^ VA. nerii Bouché, et une espèce de Mytilaspis, le M. pomorum Bouché. Dès 1898, le gouvernement canadien promulguait une loi pour prohiber l'importation de toutes plantes de pépinière provenant de pays où existe le Kermès San José. A diverses époques, les gouvernements de Washington et ceux de divers Etats de la république des Etats-Unis ont promulgué des lois du même genre et publié des {Petite. ;. brochures et circulaires traitant de ce relative. au San José. Comme. le. faisait. fléau.. La. littérature. donc déjà assez considérable. remarquer l'abbé Provancher,. est. les. insectes nuisibles rachètent leur petitesse individuelle par. leur nombre. Et voici qui donnera une idée de l'alarme que doit causer la première constatation, dans un pays, de la présence d'un de ces fléaux entomologiques. Quarante jours, au plus, après sa naissance, une femelle de Kermès. —. San José produit. sa première génération, c'est-à-dire envi-. ron 400 petits. S'il y a seulement quatre générations durant une saison (dans l'Etat du Tennessee, par exemple, il. y a au moins cinq générations par année),. la. progéniture.
(21) INSECTES NUISIBLES DANS LA PROVINCE. II. d'une seule Kermès'femelle, durant une seule^nnée, sera de 3,216,080,400 individus Aussi, d'après le Dr Howard il n'y a pas lieu d'être surpris, si un Pêcher attaqué par. —. !. ennemi succombe eu trois ans environ, et un Pommier à peu près en quatre ou cinq ans. Il faut en conclure que, lorsque ce fléau est constaté dans un pays, il faut. cet. n'épargner aucun soin pour l'arrêter aussitôt. ;. et cela est. occupe dès le commencement, de même qu'il est possible, par des mesures attentives, de l'empêcher de faire des ravages excessifs, quand il est établi quelque possible,. si. l'on s'en. part.. Pour ce qui est de la province de Québec, un élève du collège MacDonald, Sainte-i\nne de Bellevue, appela, le printemps dernier, l'attention du Prof. W. Lochhead sur présence de certains. la. Kermès. fixés. sur l'écorce d'un. ieuMQ Sordu s Aviericana Pursh (Cormier, Maskouabina), planté dans un jardin du village de Sainte-Anne de Bellevue. M. Lochhead, l'auteur d'un travail, mentionné plus haut, sur le San José, reconnut aussitôt dans ce Kermès l'insecte en notre en question, et nous en informa sans tarder qualité d'entomologiste du ministère de l'Agriculture. Sur les instructions du ministre de l'Agriculture, nous nous rendîmes aussitôt à Sainte-Anne de Bellevue, où. —. M. Lochhead nous indiqua lui-même. l'arbre infesté,. et. voulut bien, à notre demande, s'occuper de sa destruction immédiate sur l'engagement que nous avions pris, vis-à-. —. vis. le. propriétaire,. de. lui. fournir. un autre plant de. Cormier. Mais, en outre,. il. importait de savoir d'où était venu. ce plant de Cormier, afin de connaître tations, de. même. si. d'autres impor-. provenance, n'avaient pas déjà répandu. D'après les fléau en d'autres régions de la Province. renseignements que nous avons pu obtenir, il nous parut. le. que l'arbre en question provenait de l'une des pépinières de Rougemont, près Montréal. Nous allâmes aussitôt.
(22) LE NATURALISTE CANADIEN. 12. dans cette. avec. localité, et, accueilli. sement par. le. plus grand empres-. du lieu, nous fîmes l'inspection de leurs pépinières, où nous ne trouvâmes, à leur grande satisfaction et à la nôtre, aucun indice de la présence du les pépiniéristes. San José Scale. Cela mois de mai dernier,. A une. la fin. du. même. se passait. dans. les. premiers jours du. mois, passant à Montréal, nous fîmes. sorte d'enquête chez les. marchands de graines. et. de. plantes vivantes, pour tâcher de savoir d'où avait pu venir. Cormier infesté de Sainte- Anne de Bellevue. De toutes informations que nous avons pu recueillir, nous avons acquis la conviction que ce plant avait été importé d'une pépinière d'Ontario et cela n'est pas étonnant, puis que le le. les. :. fléau sévit depuis des. années dans. Nous craignons beaucoup, vince est entourée de et qu'il. que. s'importe. le fléau. ici. la. province ontarienne.. étant donné que notre Pro-. régions. infestées par. le. San José. tant de plants d'arbres de ces pays,. ne se soit déjà établi en quelques localités de sa. vaste étendue; d'autant plus qu'il faut être ((spécialiste». pour reconnaître les. spécialistes. l'insecte minu=!cule. sont rares dans. le. dont. pays.. il. s'agit, et. que. Aussi, partout. où nous avons l'occasion de nous trouver et chaque fois que nous en avons l'occasion, nous examinons surtout les arbres fruitiers au point de vue du San José Scale. En tout cas, nous avons établi, dans les pages que voilà, l'histoire du San José dans la province jusqu'à date de Québec. Nous voudrions croire que cette histoire est complète, et quelle n'offrira pas de développements ulté-. —. —. —. rieurs.. -:. oo:.
(23) A LA SOCIETE ROYALE DU CANADA. 13. A LA SOCIÉTÉ ROYALE DU Cx-YNADA Nos. lecteurs se. rappellent. peut-être que, dans. notre. —. du mois d'août 191 2, nous avons constaté en cours de polémique avec l'honorable M. P, Poirier que les Canadiens-Français étaient par trop oubliés ou inconnus dans les sections scientifiques de la Société royale: ils n'avaient, parmi la centaine de membres qui composent ces deux divisions, qu'un seul représentant, depuis longtemps malade et impotent nous voulons parler de Mgr Hamel, décédé au cours du présent mois. Si donc nous n'avions pas un peu forcé la porte d'entrée, il n'y aurait probablement plus un seul Canadien-Français dans les sections livraison. —. —. scientifiques. de. Société. la. pensé, enfin, voilà. un. royale!. — Nous. avons. doiic. du devoir de notre exclusion de nos compa-. an, qu'il était. Revue de réclamer contre cette membres de. triotes de la liste des. ces sections scientifiques.. Par exemple, nous nous disions convaincu qu'il ne fallait voir dans cette situation aucun esprit de malveillance de la part de nos concitoyens de langue anglaise, et qu'il suffisait. de. admissent. les. le. mettre au. fait. de. question pour qu'ils. la. bien fondé de notre réclamation.. L'événement n'a pas manqué de justifier la conviction que nous avions exprimée. Car, dès la session suivante de la Société royale, deux de nos compatriotes ont eu l'honneur d'être proposés comme candidats et élus comme. membres de bault,. la. Section. IV. naturelle). (histoire. de la Commission géologique du. directeur du Naturaliste canadien. .. .. .. :. M. Fari-. Canada,. et le. Nous reconnaissons. que, pour ce qui nous concerne, le geste de la Société était plein d'élégance,. après la position que. nous avions prise. quelques mois auparavant.. Nous sommes donc. entrés. deux du. même coup dans. cette.
(24) LE NATURALISTE CANADIEN. 14. Section IV, parmi les 50 alors. aucun. point. que, l'un. chacun par. MM.. titulaire. membres de. de. et l'autre,. trois. langue il. laquelle. il. française.. au. nous a fallu être proposés. membres de langue anglaise M. :. Drs Adams. n'y avait C'est. F'aribault,. Matthew, et M. L. Lambe, et nous-même, par MM. E.-E. Prince, commissaire des Pêcheries du Canada, le Dr Knight, professeur à la Queen's University, de Kingston, Ont., et Lawrence Lambe, de la Commission géologique du Canada. Comme on le voit, et comme nous le prévoyions, on par. s'est. les. et. empressé de tenir compte de notre réclamation de l'an Toutefois, nous. dernier aussitôt que cela a été possible.. ne pouvons et ne devons voir là qu'un commencement de nous comptons que justice complète nous sera rendue à l'occasion. — Il est évident, du reste, que nous. justice, et. ne pouvons plus faire publiquement aucune réclamation en cette matière nous ne pouvons plus nous plaindre en Mais, public d'une association dont nous faisons partie. par contre, nous y avons maintenant voix élective, et nous avons le ferme dessein d'y proposer, quand il y aura quelque élection nouvelle, tel et tel de nos compatriotes de ;. langue française que nous croirons éligibles. Malheureuliste de candidats sera vite épuisée, tant il y a peu des nôtres qui se livrent à l'étude des sciences sement, notre. naturelles et surtout qui écrivent sur les matières scientifiques.. Avant de remercier. quitter ce sujet,. ici. ont proposés soit. il. comme. candidats,. nos confrères de la. signalé notre élection.. nous. est agréable. de pouvoir. » qui nous nous-même, presse qui ont bieuveillamment. publiquement,. soit les. «. parrains. M. Faribault. et.
(25) LES SOURCIERS. I5. LES SOURCIERS M. l'abbé Paul Bessan, curé de la Couronne (Charente), le Messager de la paroisse de la Couronne la note suivante. France, publie dans. :. y a 20 ans, j'ai vu, pour la première fois, tourner la baguette des sourciers et, quelques minutes après, je savais Il. pourquoi. elle tournait.. Pour moi, le mystérieux problème était résolu, et d'une manière tout à fait scientifique comme on le demande aujourd'hui.. Aussi bien. M.. eu. ai-je. la hardiesse d'adresser. à la disposition de la commission la. le. i""®,. La. deux. directeur de l'Académie des Sciences pour. le. 19 février dernier, et la. nommée 2*^. le. lettres à. me. mettre. par l'Académie,. 15 avril.. solution toute scientifique du problème en question. donne. la certitude. qu'on peut recourir aux sourciers pour. trouver les cours d'eau souterrains, et cela sans crainte de se. tromper ou. d'hêtre. Sa divulgation l'intérêt. ma. public,. situation,. me. trompé.. est. donc. sans faire fais-je. très. importante.. attention. un devoir de. à. Aussi dans. mon. âge. et. à. la réaliser.. Alais je ne veux donner la solution et en faire la preuve que devant une commission officielle ou, à son défaut, devant une commission indépendante.. {Univers^ 29 mai 1913.). PUBLICATIONS REÇUES. —. Proceedings of ihe U. S. National 1912. 76 planches hors texte.. Muséum.. Vol. 42. Washington..
(26) LE NATURALISTE CANADIEN. l6. A. noter dans ce beau volume « Instructions for collecting and fixing bulk », by P. de Beauchamp. Avec l'ethnologie, les diverses branches des sciences naturelles, sur:. rotifers in. tout en ce travaux.. qui concerne l'Amérique,. sont traitées en. d'importants. —. Horm. Magnan, Monographies paroissiales. Esquisses des paroisses de colonisation de la province de Québec. 2e édition. Québec. 1913. Au point de vue historique, ce travail réunit et sauvera de l'oubli quantité de détails sur les commencements de nos paroisses. Quant à la colonisation, elle en tirera proiit par les renseignements de tout genre que Tony trouve sur chacune des localités qui y sont décrites, de façon sommaire, mais toujours intéressante. Et il souffle, à travers ces pages, un air patriotique qu'il fait bon de mentionner. —Proceedings of the Indiana Academy of Science. 1911. La plupart des sciences naturelles ont leur part dans ce volume. Nous mentionnerons seulement un travail de M. Van Hook sur les Champignons de rindiara, et celui de M. Osner sur certaines maladies du Ginseng. Vol. II. Report of the Coimnissioner of Education., 1911-1912.. —. Washington. 19 13. Ce volume, de près de 700 pages, ne contient guère que des colonnes de chiffres. Mais les chiffres sont parfois intéressants. C'est ainsi que, dans les statistiques relatives à l'enseignement élémentaire chez les diverses nations de l'univers, nous trouvons que le pourcentage le plus élevé du nombre des élèves des écoles élémentaires, par rapport à la population, est celui de la Nouvelle-Ecosse (22.27%). Notre province de Québec Ce n'est pas mal, pour un pays vient ensuite, avec le chiffre de iS.95%. qu'en certains quartiers on regarde comme si arriéré. La France n'obl'Angleterre, tient, en ce palmarès, que 14.24; 16.70; la Prusse, 36.36; Quant aux Etats-Unis, le chiffre est de 19.20, c'est-àl'Ontario, 18,22. dire entre ceux de la Nouvelle-Ecosse et de Québec (qui tient donc le troisième rang, en cette matière, parmi tous les pays de l'univers) Voilà un petit résumé que nos journaux devraient bien reproduire, pour éteindre à jamais la légende de l'infériorité de notre Province dans le domaine scolaire.. —. Boletin del Instituto Geologico de Mexico. Num. 29. Faunes jurassiques et crétaciques de S. Pedro del Galle, par le Dr C. Burckhardt.. Mexico. 1912. (Memoirs of the Amer. Muséum of Natural History. Nevp Séries, Vol. I, p. IV) IV. Ontogenetic and other variations in Muskoxen, with a systematic review of the Miiskox group, récent and extinct. By. —. A. Allen. 1913. Cette monographie du Bœuf musqué fixe de façon définitive, croyonsnous, l'histoire naturelle de cet animal des régions arctiques. C'est une brochure in-40 de plus de cent pages, avec illustrations. Actes de la Société linnéenne de Bordeaux. Tome LXVI. Bordeaux,. J.. —. 1912.. Grand nombre de mémoires, surtout sur d'entomologie.. :oo. :. les sujets. de botanique et.
(27) LE. NATIRALISTE CANADIEN Québec, Août 19/3 VOL. XL (VOL.. XX DE LA DEUXIEME. Dipecteup-Proppiétaipe. :. No. SERIE). 2. L'abbé V.-A. Huapd. L'ILLUSTRE ENTOMOLOGISTE FABRE AURA SA STATUE DE SON VIVANT On. commencement de ce mois, cour d'honneur de l'Ecole normale d'Avignon, du monument érigé au plus illustre de ses élèves l'entomo-. dans. a fait l'inauguration, au. la. :. logiste J.-H. Fabre.. De grande. fêtes ont. eu lieu à cette. occasion. * *. Jean-Henri Fabre est né à Saint-Léons, près de Vézins le 23 décembre 1823. ^^ donc présentement dans sa 90e année. Après quelques études au collège de Rodez, dont. (Averyron), et fut baptisé. fonctions de «clergeon» lui valaient la gratuité, l'Ecole normale d'Avignon en. Carpentras. 1841.. En. il. 1843,. ^st. ses. entra à il. était. temps après, ayant obtenu sa licence ès-sciences, il allait professer la chimie et la physique au lycée d'Ajaccio, puis au lycée d'Avignon. C'est là que prit fin sa carrière universitaire, et il se retira instituteur. 2. — Août. à. 1913.. ;. quelque.
(28) LE NATURALISTE CANADIEN. l8. il vit, en toute simplicité, dans amis préférés, les insectes des bois et. à Sérignan (Vaucluse), où. compagnie de des champs. la. Ces amis,. il. ses. a passé plus de soixante ans de son existence. à les étudier et à les décrire. ardeur, et. L'âge n'a pas attiédi son. continue, avec une patience infinie, à scruter la. il. vie intime et cachée de ces petits êtres dont nous ne con-. naissions guère, jusqu'à. lui,. que l'anatomie.. Et. le résultat. de ses observations et de ses recherches, le savant entomologiste l'a consigné en des livres nombreux et réputés, qui lui. ont valu une. langue chaude. renommée mondiale.. et. Ecrits dans. une. colorée, point embarrassée des termes. scientifiques, les récits de. M. J.-H. Fabre sont vraiment. intéressants.. «Aucun roman de. Jules Verne ou de Fenimore Cooper émouvant», a dit de ces œuvres le savant directeur du Muséum M. Edmond Perrier. Et on peut le Qu'on lise la série des œuvres du grand entomolocroire.. n'est plus. giste. :. Mœurs. Soîtveiîirs entomologiques ; la l^ie des insectes ; les. des. i7isectes.. La. lecture en est attrayante et l'on. rapidement pour ce monde d'êtres minuscules, plus fertile qu'aucune autre en incidents dramatiques. Fabre n'est pas seulement un grand savant. C'est aussi un croyant, el il l'est sincèrement. La science ne l'a pas. se passionne. éloigné de Dieu.. Elle l'aurait ramené plutôt à lui. avait été tenté de s'en détacher. il. se plaît à rendre. hommage. s'il. Partout, dans ses ouvrages,. à l'action providentielle de. Dieu qui se manifeste aussi bien dans infimes que dans les êtres supérieurs. Et. corpuscules. les c'est. a rejeté loin de lui la doctrine matérialiste. pourquoi. du. il. transfor-. Il a nié, à la lumière des faits, à peu près toutes que les théories de Darwin invoquent pour expliquer la formation des espèces. C'est qu'il n'a jamais craint de remonter des faits aux lois, des lois aux causes et des. misme.. les idées.
(29) PLAIDOYER EN FAVEUR DU MOINEAU. IÇ. Cause des causes », à la «Raison des raisons», à M. Edmond Perrier, il n'a pas même « la pédante faiblesse de marchander le nom de Dieu ». « L'animal, dit quelque part Fabre, sans se rendre compte Mais cette de ce qu'il fait, obéit à l'instinct qui le pousse. Pour moi, ce fut inspiration sublime, d'où vient-elle?. causes à la. «. laquelle, constate. l'une des plus éloquentes révélations de l'ineffable. qui régente. le. monde. et. guide l'inconscient par. Logique. les lois. de. Remué à fond par cet éclair de vérité, sous ma paupière une larme d'indéfinissable. son inspiration. je sentis rouler. émotion.. ». de J.-H. Fabre sont un hymne magnifique à la du Créateur. Cela nous permet de croire que si ce savant, qui est un grand esprit, n'est pas encore avec nous, il n'est pas loin de nous. Cela nous autorise aussi à espérer que Fabre fera, dans les dernières années d'une vie. Les. livres. gloire. féconde, qui fut. si. noble,. pas vers l'Eglise et vers. si. simple. le Christ,. et si sage, le. qui est. la. dernier. plus belle et la. plus souveraine manifestation du Dieu qu'il adore au fond. de son cœur. R. R.. PLAIDOYER EN FAVEUR DU MOINEAU M. André Barret a longuement et très énergiquement du moineau, et son travail a été apprécié et approuvé par la Société nationale (T acclimatation de France^ puisque cette dernière lui a décerné une médaille. Un aide naturaliste du muséum de Paris, M. Florent pris la défense. Prévost, a fait autrefois l'autopsie de plus de 2.000 oiseaux. de toutes sortes.. que. la. somme. Or,. de mal. il. fait. résulte de son important travail. par les oiseaux. — même par ceux.
(30) LE NATURALISTE CANADIEN. 20. que nous regardons comme les plus nuisibles parce qu'ils mangent du grain à l'époque des moissons est largement. —. dépassée par. la. somme. de bien qu'ils font en détruisant les. insectes pendant le leste de l'année.. Et. alors,. si. nous acceptons une évaluation remontant. à 50 ans et fixant à près de 300 millions les ravages des insectes nuisibles, chiffre qui n'a pu que s'augmenter en raison de la guerre faite sans discernement à tous les oi-. seaux, nous donnerons certainement notre approbation au saisissant tableau tracé par. M.. le. président Bonjean à pro-. pos des insectes, dans un rapport qu'il 27 juin 1861 «. faisait. au Sénat. le. :. D'en haut, d'en bas, à droite, à gauche, leurs innombrables légions. Dans. se succèdent, se relayent, sans trêve ni repos.. cette indestructible. armée, qui marche à la conquête de l'œuvre de l'homme, chacun a son mois, son jour, sa saison, son arbre, sa plante chacun connaît son poste de combat et nul ne s'y trompe jamais. Devant ces myriades d'insectes qui, de tous les points de l'horizon, viennent s'abattre sur les champs cultivés avec tant de succès, la force de l'homme n'est que faiblesse, son œil n'est pas assez perçant pour apercevoir seulement la plupart d'entre eux, sa main est trop lente pour les frapper, et, d'ailleurs, quand il les écraserait par milliers, ils renaitraient par milliards ». ;. C'est. André. donc. très. justement que notre collaborateur, M.. Barret, rappelait dernièrement qu'un ornithologiste. français avait calculé que. si les. terre deviendrait inhabitable. oiseaux disparaissaient. ,. la. pour l'homme au bout de. neuf années.. *. Je veux serrer la question de un livre très intéressant, Nos par un élève de l'Ecole centrale.. Je n'en ai pas encore fini. plus près en m'appuyant sur alliés,. nos ennemis, écrit. Ce jeune homme,. atteint d'une blessure au genou, dut pendant plusieurs années s'abstenir de tout travail de tête et.
(31) PLAIDOYER KX FAVEUR DU MOINEAU rester étendu sur sirs,. une chaise longue. Pour occuper que dans sa prime jeunesse il. ses loi-. se rappelant. adonné à l'étude de les. 21. mœurs. l'histoire naturelle. des oiseaux.. A. cet effet,. il. s'était. il. résolut d'étudier. fit. établir. une plan-. che spéciale servant de table à la gent ailée, et, armé soit à proximité de cette planche, soit d'une jumelle dans un parc, il suivit chaque jour, attentivement et. — —. avec persévérance,. des oiseaux, des insectes et. les actes. d'une façon générale de tous. les êtres. influence quelconque sur les récoltes.. pouvant avoir une Cette longue et pa-. tiente étude lui permit de recueillir des observations. breuses et précises livre très. et,. avec ces matériaux,. il. nomun. écrivit. documenté.. Voici, en ce qui concerne le moineau, le. résumé de. ses. observations.. Tant que. le. grain est dans. l'épi, les. enveloppes coriaces. qui l'entourent font que l'oiseau peut difficilement en enlever quelques-un'=.. cher l'insecte.. S'il s'en. S'il suit les. approche, c'est pour recher-. mouvements du moissonneur,. est encore l'insecte qui fuit devant la faux et va rechercher dans la partie désertée du champ un lieu où il pense ne pas être troublé. Quand on jette du grain ou du son aux habitants d'un Tous les oiseaux affamés se poulailler, que se passe-t-il ?. son objectif. précipitent sur la nourriture. quand. repus,. ils. ils. impatiemment attendue.. vont se reposer de ce. travail,. Puis,. abandon-. nant quelques restes bientôt couverts d'insectes. C'est à moment qu'intervient le moineau qui dédaigne le grain. ce. pour. saisir. Dans. la. une mouche appétissante. qu'il portera à ses petits.. grange, en hiver, lorsque le moineau peut se. faufiler entre les chevrons, pressé par la faim,. il. ne se fera. Mais, en été, pas scrupule de prendre quelques grains. il vole sous la toiture toujours à la recherche suivez-le ;. de l'insecte sa nourriture favorite..
(32) LE NATURALISTE CANADIEN. 22. Suivez-le encore dans la rue où familièrement. il. vient se. poser à quelques pas de vous lorsqu'il aperçoit du crottin. de cheval.. Il. à peine à terre que. est. le. Qn'a-t-il pris? Est-ce de la cosse d'avoine?. tance indigeste n'a aucun charme pour lui. voici. reparti.. Non, cette subsmais dans ce ;. y a des œstres et croyez qu'il n'en fait pas fi. Revenons encore au grain. Notre observateur, ayant mis. crottin. il. du blé sur. en Pourquoi. sa planche, voyait les oiseaux se jeter dessus,. enlever une partie et ne plus toucher au reste.. Question qui paraissait devoir rester sans. cette sélection?. réponse. si le. hasard ne. tion cherchée.. Un. s'était. chargé de fournir l'explica-. jour, à la suite. d'une pluie d'orage,. la. planche garnie de rebords se couvrit d'une couche d'eau. Notre observateur constata qu'une partie du grain surnageait tandis que le reste se maintenait au fond.. Et, s'atta-. rapidement démontré que tous les grains légers renfermaient une larve. Poursuivant alors son expérience il reconnut que c'était. chant à en rechercher. sur. la. il. lui. fut. graine habitée que se portait. Mais. les fruits, les. friands? truite. la cause,. Voyons. si. le choix des oiseaux. maudits pierrots n'en sont-ils pas très cette inculpation ne peut pas être dé-. au moins en partie.. Le moineau ne touche jamais aux qu'aux. fruits. fruits aigres pas plus. renfermant de l'acide prussique.. Il. respecte. (pommes, poires, etc.), et ce n'est que lorsque la guêpe a donné le premier coup qu'il se laisse entraîner par le mauvais exemple. Quant aux cerises douces, faut-il lui faire un gros grief aussi les gros fruits entiers. les porte? Discutons toujours d'après remarques de notre élève de l'Ecole centrale. Très souvent les personnes qui cueillent des cerises montent dans l'arbre avec des sabots et lui font des blessures d'oii suinte de la gomme qui attire une multitude de larves. Si l'oiseau ne purgeait pas ces plaies, la vie de Par-. de visiter l'arbre qui les.
(33) PLAIDOYER EN FAVEUR DU MOINEAU bre serait de courte durée.. un. C'est. là,. vous. le. 23. reconnaîtrez,. service appréciable.. moineau au moment où. Mrfis observons le fruits.. Vous. le. il. voyez donner du bec contre une. y a des. cerise.. Il. mangée, ce n'est pas douteux. Vous êtes bien loin peut-être, mais votre conviction est faite elle l'était déjà avant l'acte reproché. Eh bien, si vous aviez été plus près, vous auriez vu que la victime était un veut. la. manger,. il l'a. ;. insecte qui s'était fixé sur le fruit au jus savoureux.. Notre auteur affirme qu'un cerisier muni d'un épouvandonne moins de fruits qu'un arbre ne portant aucun. tail. des objets grotesques dont on se plaît à l'orner, et voici. Pendant quelques jours. l'explication qu'il en donne.. seau effrayé n'ose approcher du cerisier et laisse libre à l'insecte qui se. le. l'oi-. champ. préoccupe peu d'un vieux manne-. le vent fait tourner. Et moineau prudent a compris qu'il peut sans danger approcher de l'arbre, le mal est déjà fait en partie. Si au contraire il a pu en tout temps visiter le cerisier, les infiniment petits, décimés à chaque instant, ont fait moins. quin ou des lorsque. ailes. d'un moulin que. le. de ravages.. Le moineau aime. le raisin,. surtout lorsque la grappe, ar-. rivée à complète maturité, présente cet aspect tentateur. auquel l'homme ne résiste pas.. Mais il y a d'autres gourque plus nombreux. Ce Notre observateur, toujours avec sa mésont les guêpes. thode et sa persévérance, a pu établir qu'une guêpe à elle seule faisait plus de dégât que 11 oiseaux. Le moineau ne touche aux plantes potagères que pour les écheniller, fait confirmé par notre confrère, M. Bazerd, qui admet tout au plus qu'en grattant la terre le moineau. mands beaucoup plus. peut bouleverser. les. actifs parce. jeunes plantations..
(34) LE NATURALISTE CANADIEN. 24. Pour. être complet,. il. faudrait que je reproduise les cal-. Nos alliés^ nos mathématiquement les ravages causés par les insectes. Mais ce serait beaucoup trop long, car il consacre de nombreuses pages à ce travail de précision. Aussi ne donnerai-je que sa conclusion. Pour lui un moineau vaut au moins 15 francs, c'est-à-dire que si vous le culs compliqués qui ont servi à l'auteur de. ennemis à. établir. tuez les êtres nuisibles qu'il aurait fait disparaître, et qui. vivront parce qu'il n'est plus là pour les dévorer, causeront aux cultivateurs une perte de 15 francs.. Ne. regret-. donc pas les vingt sous de blé que Bufïon l'accuse de manger chaque année. Je crois en avoir assez dit pour le moment. J'ai tenu, en prenant la défense du moineau, à appuyer mon opinion Ces faits ne sont pas insur un faisceau de faits précis. discutables il se trouvera toujours quelqu'un pour en nier l'exactitude, et ce quelqu'un sera, je n'en doute pas, de la plus entière bonne foi. Il ne faut pas oublier que nos sens nous tiompent souvent et que souvent nous nous meublons. tez. ;. l'esprit d'idées indéracinables faits vus,. La. mais mal vus. et. parce qu'elles reposent sur des. acceptés avec trop de légèreté.. discussion reste ouverte et je prends l'engagement de. signaler aux lecteurs de la tions qu'on vérité.. Ce. me. fera,. qui, en ce. l'expérience du passé.. après avoir détruit. Revue. toutes les. communica-. n'ayant qu'un but, celui d'établir la. le. moment,. fortifie. ma. conviction, c'est. Puisque, dans plusieurs contrées,. moineau, on. s'est. vu contraint de. l'importer et que cette importation a réparé les désastres. causés par sa disparition, c'est la preuve la meilleure que le. moineau. est. un oiseau. utile.. Ch. IvE. {Revue. scieiitifique dit. Limousin.). Gendre..
(35) l'entomologie a panama. 25. LA PROPHYLAXIE DU PALUDISME ET DE LA FIEVRE JAUNE, A PANAMA, PAR LA DESTRUCTION DES MOUSTIQUES Au moment à ouvrir au. que. les. où. les. États-Unis d'Amérique se préparent. canal de Panama,. trafic le. il. est juste. de rappeler. gigantesques efforts des ingénieurs américains n'au-. raient jamais abouti sans l'organisation intelligente et le. fonctionnement persévérant du service d'hygiène, destiné à enrayer le paludisme et la fièvre jaune (i). Cette dernière affection a pour agent un microbe invisible qui est transporté et inoculé à l'homme par la piqûre d'un moustique. comme. dénommé. Stegoinyia fasciata. paludéenne ou malaria,. est transporté et inoculé à. par des moustiques du genre Anophèles. En et. (2J,. tout. l'hématozoaire de Laveran, agent direct de la fièvre. l'homme. (3).. i85i,dès. la. construction du chemin de fer entre Colon. Panama, on. fit. venir 1000 travailleurs nègres de la côte. occidentale d'Afrique, toujours résistants et habitués aux tous moururent dans les six premiers mois de leur arrivée. On s'émut la Chine n'était pas loin, 1000 Chinois arrivèrent sur les chantiers six mois après, tous étaient morts, et le nom de Matachin donné au village rappelle aujourd'hui l'endroit oii ces malheureux tombèrent. rigueurs tropicales. ;. :. ;. presque tous.. Vers 188 1,. les. PVançais arrivèrent, et l'ingénieur en chef. des travaux du canal de Panama,. 1.. les. Dr. P.. FerreyrollES, La. tropiques. ;. !M.. Digler, vit mourir. destruction pratique des nioustiqties sous. l'organisation sanitaire de. Panama {Gazettedes Hôpitaux,. 4 mars 1913) 2.. A. PoEY, Les moustiques et la fièvre jaune à la. XLVII, 3.. 11°. Havane. 914, p. 151, et n° 915, p. 168).. Cosmos,. t.. XL, n°. 729, p. 49. ;. t.. XLI, n°. 774, p. 681.. (^Cosmos,. t..
(36) LE NATURALISTE CANADIEN. 26. rapidement de. Un. reux de. fièvre jaune sa. femme. et ses trois enfants.. antre ingénieur arriva avec 70 jeunes gens, tous vigou;. le. premier mois de leur arrivée, tous furent victimes. la fièvre jaune.. Sur 25 religieuses, 24 meurent rapidement, et cette liste lugubre va tous les jours en s'allongeant. Résumons-la en disant seulement qu'avec une armée de 10,300 travailleurs. par an,. les. Français perdirent en neuf ans 22,169 ouvriers,. une moyenne de 240 pour 1,000 et par an !.. Pouvions-nous déjà faire mieux à cette époque? Peutbien que les grandes découvertes de Laveran, Marêtre chou, Salimbeni, Simon, en médecine tropicale, aient surce qui fait. .. ;. tout été faites entre l'occupation française et l'occupation. américaine.. Mais, enfin, lors de leur arrivée à Panama,. Américains avaient une mortalité de près de 50 pour 1,000 et par an, de 820 malades de malaria pour 1,000 et par an; ils sont actuellement tombés à 187. En neuf ans, avec 33,000 hommes par an, ils en perdaient seulement les. Et 4,000, réduisant ainsi la mortalité à 7,5 pour 1,000. pourtant, la tâche à accomplir était difficile, et il a fallu la science, le. dévouement. et l'énergie. du médecin en. chef,. pour mener à bien cette belle œuvre qu'est l'organisation sanitaire à Panama. Tout le. colonel W.-C. Gorgas. était contre lui,. toutes conditions. (i),. climat, température,. éminemment. ment des moustiques. A Panama, il fait très chaud, tante toute l'année, et. il. terrain,. la. température est cons-. pleut quatre mois par an, pluies. de peu de durée, mais extrêmement abondantes (lu trajet. du canal. est. voisinage,. favorables au développe-. en pleins marécages,. et. ;. on. un. tiers. a vrai-. I. Le Dr Gorgas pouvait profiter de l'expérience concluante acquise en 1901 dans la prophylaxie de la fièvre jaune à la Havane {Cosmos, t. XLVI, n° 900, p. 511)..
(37) l'entomologie a panama nient l'impression, dans l'on traverse la. le trajet. 27. de Colon à Panama, que. région la plus favorable aux développe-. ments des Anophèles. Stegomyia. et des". région montagneuse du canal,. Dans. fasciata.. la. y a tellement de ruisseaux et de rivières à courant lent que, si l'on n'est plus surpris de l'effrayante mortalité qui a. il. donné à. cette région sa triste. réputation sanitaire, on reste néanmoins étonné de voir. 5,000 travailleurs, répartis en quarante camps ou villages, si. bien protégés contre Il. la. malaria et. la fièvre. jaune.. a fallu détruire l'habitation des moustiques à. pé-. la. riode larvaire, détruire tout ce qui pourrait servir à abriter. moustique adulte, protéger l'habitant contre ses atteinDes mesures, basées sur la connaissance des mœurs des moustiques, ont été appliquées par le colonel Gorgas le. tes.. et ses assistants,. mœurs. dont l'un s'occupe surtout de. la vie et des. des moustiques, l'autre est un ingénieur technique,. et le troisième est. chargé de. la surveillance et de l'exécuLes 500 milles carrés représentant la superficie du canal ont été divisés en 17 districts, et chaque. tion des travaux.. district a à sa tête. un inspecteur avec 40 ou 50 ouvriers. cantonniers, charpentiers ou menuisiers. ;. i. :. à 2 dispensa-. teurs de quinine, qui s'occupent de la distribution à tous. ceux qui en font. la. demande d'une dose prophylactique, une provision dans Chaque jour, le chef du. veillent à ce qu'il y en ait toujours. camps trict. et les. mess ouvriers.. envoie un rapport sur. cription.. l'état. sanitaire de sa. Ces rapports sont centralisés,. d'une enquête. faite sur les causes. et. si,. et les. dis-. circons-. à la suite. de l'augmentation de. la. morbidité dans une région, un chef de district est reconnu coupable de négligence, il est puni. Les mesures sanitaires sont, comme on va le voir, en somme assez simples.. Tout. est. dans. la. façon de les exécuter.. d'abord supprimer tout milieu favorable au développement des larves de moustiques. Pour cela, on a dû Il a fallu.
(38) LE NATURALISTE CANADIEN. 28. niveler le terrain, le dessécher par tous les procédés de. drainage. On a employé successivement les fossés ouverts, auxquels on a dû vite renoncer sur les bords, la végéta;. tion poussait d'une façon tellement intense que, rapidement, ils. le. étaient. encombrés d'algues. et d'herbes, qui ralentissaient. courant de l'eau, abritaient ainsi merveilleusement les. larves et rendaient à peu près inutiles les poissons chargés. de leur destruction. vent et. le. On. coûteux. le. ciment. Il fallait. nettoyer ces fossés très sou-. procédé devenait par cela. même extrêmement. tenta les canaux cimentés, plus pratiques, mais. se fendille. ;. après les orages, la terre s'y dépose. fond, les algues et les herbes y poussent, on retombe dans les inconvénients des fossés ouverts le nettoyage doit. dans. le. ;. chaque quinzaine, et, si l'on songe au nombre de ces canaux et à leur longueur, l'entretien reste coûteux. Le seul procédé adopté actuellement, chaque fois que cela en être. fait. drainage du sous-sol par des canalisa-. est possible, est le. tions en briques ou en tuiles recouvertes de pierres et de. cailloux permettant à l'eau de s'infiltrer jusqu'à eux, sans. Les résultats. être en contact avec la partie supérieure.. prix de revient minime.. Lorsque, pour une raison ou pour une autre, ce procédé de drainage n'est pas possible, on utilise les précédents on brûle alors les herbes et les algues, ou on les arrose de sulfate de cuivre ou de larvicide, en tâchant de détruire le moins pos-. sont excellents et. le. ;. sible dans les. Dans. les. grande. rivières le petit poisson. régions tropicales,. facilité et a. il. donné dans. appelé. la. «. million. avec. se reproduit. la. destruction des larves. d'insectes les meilleurs résultats, mais là seulement oii. ne peut employer ment.. Pour. le larvicide,. «,. plus. beaucoup plus. actif. on. évidem-. on a Sur les. les étangs, les mares, les flaques d'eau,. d'abord employé les huiles grasses et. le. pétrole.. bords des routes, des réservoirs sont installés,. et. les. can-. tonniers, chargés également des travaux sanitaires, portent.
(39) l'entomologie a panama sur. le. 29. dos un appareil analogue à celui employé par nos ils en versent dans le soufrage des vignes. paysans pour. ;. tous les endroits où la femelle est susceptible de déposer ses œufs.. .Cliaque mare, chaque poche d'eau stagnante est exami-. née au moins une. fois. par semaine et recouverte à nouveau. du larvicide, si nécessaire. Pour les ruisseaux ou les étangs, un tonneau d'arrosage ordinaire est traîné par un cheval, et le larvicide est, par un tuyau, déversé immédiatement dans la partie où l'on veut détruire les larves. Le larvicide qui donne les meilleurs résultats est un mélange de résine, d'acide phénique et de soude caustique. Son action antiseptique est telle qu'il suffit de l'employer à. I. pour 5,000.. On. aux. et. infiltrations. prudemment, du reste change souvent il faut. l'utilise. bas, le cours des ruisseaux. ;. ;. ne pas souiller. les. car, là-. veiller. réservoirs d'eau. potable.. Les résultats de cette méthode prophylactique, compléla destruction du moustique adulte, ont justifié Hangars, wagons en cours de route, toutes les espérances. tée par. la poudre de pyrèthre Autour de chaque camp, on brûle. sont désinfectés par la fumigation est la plus. employée.. ;. les algues, les herbes, les plantes à larges feuilles qui,. en. temps de pluie, peuvent être d'excellents petits réservoirs où la femelle viendrait pondre. Si l'on doit faire au camp un séjour prolongé, on nivèle le terrain, on sème du gazon que l'on maintient tondu très ras, et l'on construit ensuite Les plans de chaque village, de chaque le futur village. maison doivent être approuvés par l'autorité sanitaire. Les maisons seront élevées sur pilotis, à 40 centimètres au-dessus du sol ainsi, pas de rats par-dessous (prophylaxie contre la peste) pas de flaques d'eau ménagère possibles, ;. ;. sans attirer l'attention de la police, qui dresse immédiate-. ment une contravention.. Cette maison en bois n'est pas.
(40) LE NATURALISTE CANADIEN. 30. inélégante, elle est économique et confortable. complètement à. air,. l'abri. ;. c'est. une. au grand de V Anophèles^ alors que, dans. vaste moustiquaire dans laquelle on peut. vivre. nos colonies, l'habitation indigène est une maison aux portes et aux fenêtres closes, avec moustiquaire indispensable à l'intérieur.. Toute. toile métallique qui. en interdit l'entrée aux moustiques.. la. maison. est. entourée d'une. Les agents charpentiers surveillent l'état des treillis qui, avec un peu d'entretien, durent facilement cinq ou six ans. Enfin, les malheureux moustiques sont encore pris, soit à la main, soit au piège.. Pour. les. prendre à. la. main, on. de tubes de verre contenant un peu de coton imbibé de chloroforme, que l'on pose sur le moustique endormi, ou de simples filets à papillons ordinaires. Dans les treillis, près des ouvertures, on installe des pièges à moustise sert. ques, sortes de tubes contenant. un antiseptique, permet-. tant de prendre les Anophèles^ soit à l'entrée, soit à la sortie. de l'habitation.. Ces mesures sont complétées par une lutte journalière Depuis mai 1906, pas un seul cas. contre la fièvre jaune.. de fièvre jaune n'a été signalé à Panama, et, actuellement, un Stegoniyia adulte est considéré comme une curiosité, et l'on voit très. rarement des larves de Stegomyia dans. la. zone du canal et, pourtant, il y a constamment des cas de fièvre jaune dans les régions voisines, au Venezuela, en ;. Colombie et à l'Equateur. Pour compléter cet aperçu de l'organisation sanitaire de Panama, mentionnons brièvement îes mesures efiicaces prises contre diverses autres affections épidémiques.. A du. quatre jours de Bilbao, port d'entrée du canal du côté. Pacifique, se trouve la ville de Guayaquil,. où. la peste. endémique. Panama en est préservé par l'application stricte des mesures de quarantaine et par une constante On fait usage pour cela de pièges et destruction des rats. est.
(41) l'entomologie a panama de. poisons.. Les. changés souvent,. les. car,. pièges doivent être. employé. est la pâte. nettoyés. les. et. sans cela, les rats les reconnaissent. Comme. ne se laissent plus prendre.. et. donnent. ordinaires. pièges-cages. meilleurs résultats;. 31. Tous. phosphorée.. poison, le plus. les. produits biolo-. giques ont donné des mécomptes.. Puis les. empoisonnés, sont plongés dans. bain de larvicide à 3. pour 100. et. alors, s'il. y a. le. rats,. pris. ou. envoyés au laboratoire pour être examinés lieu, on renforce les mesures de destruction.. ;. Une. des dernières mesures adoptées contre eux est. l'élé-. vation des bords des puits pour les empêcher d'y pénétrer les. maisons sont,. vation du. comme nous. sol, et ainsi. Si l'on ajoute à cela. ;. l'avons dit, bâties en surélé-. aucun abri ne leur est laissé. un examen fréquent de l'eau potable,. on ne sera pas surpris des bons résultats obtenus dans la lutte contre la dysenterie et la fièvre typhoïde à Panama. Et tout cela n'a pas coûté très cher, 20 centimes environ Mais ces dépenses n'ont-elles par jour et par habitant. pas été largement compensées par les résultats que nous donnons au début de cette étude? En 1906, le nombre de malades était de 6,83 pour roo par mois, ce qui faisait environ 3,237 malades constamment par mois. En 1910, la morbidité était descendue à 1,55, c'est-à-dire à 734 cas par mois, avec une diminution de 2 503 par mois sur l'année Si l'on estime à cinq jours le degré d'incapacité de pour chaque individu, nous avons un gain annuel de 150 180 journées de travail, à 3 dollars par jour en moyenne, un bénéfice de 450 540 dollars Le problème sanitaire qui a été résolu en quelques années dans l'isthme de Panama est le même qui se pose dans certaines de nos colonies. Des solutions analogues pourraient bien souvent intervenir là aussi. La preuve est faite que les Européens pourraient parfaitement vivre sous les tropiques sans courir beaucoup plus de danger qu'en Europe au point de vue sanitaire. (Cosfnos.) B. L.. 1906.. travail. !.
(42) LE NATURALISTE CANADIEN. 32. PUBLICATIONS REÇUES. —. (Smithsonian Institution.) Synopsis oj the Rotatoria, by Harry K. Harring, Washington. 1913. Ce volume de 226 pages contient seulement la classification et la liste des Rotifères, mais avec références aux ouvrages divers où les genres et les espèces ont été décrits. Report of the Coniinissioner of Education, 1911-12. Vol. I, Washing,. —. ton. 1913.. Tous les sujets relatifs à l'état de l'Instruction publique sont répartis en 26 chapitres. Nous signalons l'un d'eux qui a pour titre « Roman Catholic Schools», et un autre intitulé « Educational Activities in Canada». Le premier a pour auteur M. H. -F. Wright, professeur à l'unile second, Anna Tolman Smith, du versité catholique de Washington Bureau of Education. (Commission de la Conservation. Canada). L'Elevage des animaux à fourrures au Canada, par J.-Walter Jones. Montréal. 1913. Vol. :. :. ;. —. in-8«, illustré, 186 pages.. Ouvrage précieux, aux points de vue industriel. me. et. commercial,. et. mê-. scientifique.. — Proceedings of the. ton,. U.S. National 3hiseuni.. Vol. 43.. Washing-. 1913,. L'un des mémoires contenus dans ce volume, et qui intéresse parti« Bryozoa from Labrala science canadienne, a pour titre dor, Newfoundland and Nova Scotia, coUected |by Dr. Owen Bryant, » par M. Raym.-C. Osburn. Economie Minerais and Mining Industries of Canada, Ottavs^a. (Mines Branch.) 1913. Ce titre donne le sujet de cette publication et en indique tout l'intérêt. culièrement. :. —. L'illustration est abondante.. — Proceedings of the Acadeniy of Naiural. Vol.. LXV,. p. 2.. Sciences of Philadelphia.. 1913.. Parmi les mémoires composant ce volume, nous remarquons celui de M. J. C. Thompson, « Notes on serpents in the Family Colubridae ». —Annuaire du Séminaire de Chicoutimi. Année académique 1912-13.. A. remarquer, dans cette belle brochure, la gravure de l'ancien sémile 24 juin 1912, et celle du splendide collège actuellement. naire incendié. en construction..
(43) LE. NATIRALISTE CANADIE^ Québec, Septembre 1915 VOL. XL (VOL.. XX DE LA DEUXIEME. Dipecteup-Ppoppiétaipe. :. SERIE). No. 3. L'abbé V.-A. Huapd. LA TRANSMISSION DES MALADIES PAR LES MOUCHES Les mouches ont, de tout temps, constitué un fléau des lieux habités. :. elles figurent. parmi. les sept plaies d'Ég>'pte.. mouche domestique peut être le véhicule d'un certain nombre de maladies contagieuses parmi les pins répandues. Aussi, en Angleterre, en Amérique du Nord, C'est que la. les autorités sanitaires se préoccupent-elles. beaucoup de. la. question des mouches; aux États-Unis, une véritable croi-. sade a été entreprise avec un entrain admirable. En France, l'indifférence paraissait dominer jusqu'à présent, bien que la presse quotidienne ait plusieurs fois. moyens usuels de défense contre les mouches. vœu émis par la Commission d'hygiène du XVIIe arrondissement de Paris, sur la proposition du Dr. vulgarisé les. A. la suite. d'un. Hitier, le Conseil d'hygiène publique et de salubrité de la. Dr Vaillard de faire une étude complète Nous résumerons ici son rapport et les discussions qui ont accompagné sa lecture. En outre, depuis l'ouverture du Musée d'hygiène de la Ville de Paris Seine a chargé. de. 3. le. la question.. — Septembre. 1913..
(44) LE NATURALISTE CANADIEN. 34 (il. novembre. une. visite faite par les. écoles.. Il. y. M.. 1912),. Juillerat y dirige,. chaque. jeudi,. premières classes de deux ou trois. insiste particulièrement sur le rôle. important. des mouches dans la dissémination des maladies contagieuse et les moyens possibles de les détruire.. Cinq espèces de mouches fréquentent. les. habitations. :. La mouche domestique, Miisca domestica^ la plus connue elle représente 97 pour 100 des mouches des 1°. :. maisons 2" laris^. ;. La. petite. mouche domestique, Honialomyia. distingue par ses moindres dimensions 3°. canicu-. apparaissant plus tôt que la précédente, dont elle se. La. grosse. mouche bleue de. vomitoria^ qui flaire la viande de. la. si. * ;. viande,. Calliphoria^. loin et qu'on a tant de. peine à l'en éloigner; 4° La. mouche d'un beau. vert doré, Lucilia. Cœsar^ tou-. jours en quête des matières en décomposition. où. elle se. complaît;. La mouche rayée, vivipare, que l'on voit voltiger à campagne et déposer des vers tout formés sur les matières. 5° la. en putréfaction. Toutes ces mouches sont inermes,. dépourvues de poils microscopiques, comporte ài^s palettes ou semelles dont la face inférieure est recouverte de poils très ténus se terminant par une sorte de cupule faisant ventouse ce sont d'organes piquants. ;. l'extrémité. c'est-à-dire. des. pattes,. hérissée. ;. ces ventouses qui permettent à objets sur lesquels. il. l'insecte. d'adhérer aux. se pose.. Toutes ces mouches ont bien résumées, ainsi qu'il. les. suit,. mêmes mœurs, qui par le Dr Vaillard. La mouche domestique, qui nous. ont été. :. intéresse particulière-. ment, recherche le voisinage de l'homme; elle vit à son entour, passe alternativement de l'intérieur à l'extérieur des habitations, en quête d'une nourriture, et s'éloigne.
(45) LA TRANSMISSION DES MALADIES PAR LES MOUCHES. Au. facilement de 700 à 800 mètres.. 35. cours de ses migra-. tions, l'insecte s'arrête sur toutes les substances qui le sollicitent,. butinant successivement. sur. déjections,. les. les. fumiers, les détritus de ménage, les ordures de la rue, la. fange des ruiseaux, puis sur nos aliments, qu'il souille aux étalages de la rue et des marchés ou à l'intérieur des mai-. On. sons.. suppose aisément ce qui peut résulter du va-et-. vient continuel de ces. malpropres.. Les selles beaucoup plus que les leur avidité est plus grande selles anciennes et sèches encore pour les segments de verts plats qu'ils peuvent y. fraîches et. humides. insectes. les. attirent ;. rencontrer.. Les femelles sont particulièrement attirées par les odeurs le substratum favorable à la ponte. La mouche domestique affectionne, dans ce de putréfaction, qui leur signalent but,. les. surtout. fumiers,. étables et porcheries. dépôts d'ordures. et,. celui. de. cheval,. les. écuries,. mal tenues, les fosses d'aisance, d'une manière générale, toutes. matières en décomposition. c'est là qu'elle. ;. les. les. dépose ses œufs,. car les larves y seront assurées de leur nourriture. On trouve aussi des œufs de mouche dans la vieille paille en. fermentation, les vieux papiers et larve présente la forme bien. chiffons. connue de. 10 à 12 millimètres, de teinte blanche ci. devient. nymphe. millimètres),. puis,. o\x picpe^. enfin,. il. insecte. s'écoule. ailé.. Entre. jours. que,. ;. La. sans pattes; celle-. la. Chaque mouche ponte. et l'éclosion. un intervalle moyen de huit. jours dans les circonstances favorables. huit à vingt-quatre heures. et. etc.. longue de. de couleur rouge foncé (5 à 6. peut pondre plus de 100 œnfs. de l'insecte parfait,. ,. l'asticot,. :. éclosion de l'œnf^. stade larvaire, quatre à cinq. stade nymphal, trois à cinq jours. De telle sorte du début de l'été aux premiers froids de l'automne, ;. une seule mouche peut. La mouche. vit. faire. souche de millions d'individus.. de six semaines à quatre mois.. Si elle.
(46) LE NATURALISTE CANADIEN. •. 2,6. devient rare en hiver, elle ne meurt pas à cette saison celles. ;. que l'on capture en hiver sont plus résistantes et. présentent une plus grande longévité que celles capturées. en. été.. Les mœurs des mouches expliquent comment elles peuvent disséminer certaines maladies en véhiculant les œufs de certains parasites ou des microbes recueillis sur les matières oii elles se posent pour s'en nourrir. Ce transport s'effectue, soit par les pattes, les ailes et les pièces buccales. de. l'insecte, soit. En. par. contenu de son tube. le. 1883, Grassi a montré que la. œufs de vers parasites. digestif.. mouche ingère. et les rejette ensuite sans. passage à travers l'intestin ait altéré leur structure.. mouche. seuls parasites que la. des. que ce. Les. puisse ainsi transmettre à. l'homme sont ceux qui n'exigent pas un hôte intermédiaire et. dont l'œuf n'excède pas. la. dimension des particules. susceptibles d'être ingérées par Miisca domestica^ soit 0,045. mm.. Les œufs de l'oxyure, du trichocéphale, du Tœnia du chien, du Tœnia nana rentrent précisément. echinococcîis. dans ce. cas.. Les mouches peuvent aussi disséminer les œufs d'autres Dypylidium catiimim ; Tœma marginata^ cestodes :. Tœnia serrata ; mais. ce sont là des parasites qui n'inté-. ressent pas l'homme.. Dès 1853, pendant une épidémie cholérique qui. sévissait. en Angleterre, Moore avait remarqué un rapport étroit entre la marche de la maladie et l'apparition ou la disparition des sité. mouches,. et avait attiré l'attention sur la néces-. de protéger les aliments contre ces diptères.. En. 1886, Tizzoni et Cattani obtinrent des cultures carac-. téristiques de bacille virgule en opérant sur des. mouches. capturées dans des chambres de cholériques.. En. Hambourg, Simmonds vibrion cholérique de mouches capturées dans. extrait le. pendant. le. choléra de. 1892,. les salles.
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