S ÉMINAIRE N. B OURBAKI
J ACQUES T ITS
Les groupes simples de Suzuki et de Ree
Séminaire N. Bourbaki, 1961, exp. n
o210, p. 65-82
<
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65
LES GROUPES SIMPLES DE SUZUKI ET DE REE par
Jacques
TITS1. Le s groupes
B*2 , G* e t ....;le (1 ) .
On commencera par
rappeler,
à titre decomparaison,
leprincipe
de la construc- tion des formes non normales(1.
e. non dutype I1TShoku")
de groupessimples,
àpartir
des formes normales.Soient K un corps de
caractéristique
p( = ou ~ 0 ) ~ ~
unealgèbre
deLie
complexe semi-simple,
E unsystème
de racinessimples de ~ ~ ~
leschéma
de
Dynkin
de 9(dans lequel
on supposequ’on peut
discerner les racines de lon- gueursdifférentes) ,
G le"groupe
duTôhoku" [3]
detype 9
surK ,
et soientx (t) , X = {x (t) )
eth (~) définis
comme dans[3].
A toutautomorphisme
ytde ~ correspond
unepermutation isométrique
de Iqui s’étend
en unepermutation isométrique
de l’ensemble de toutes lesracines, laquelle
sera encoredésignée
par 03C0 . On notera
03B103C0 l’automorphisme
de Gdéfini
parPour toute racine a, cet
automorphisme
transforme en~03C0(a) .
Par abus delangage ,
lesautomorphismes
de Gqui
sont leproduit
d’un03B103C0
par unautomorphiaae intérieur
seront dits birationnels.A tout
endomorphisme
0 deK ~
onpeut
associer unendomorphisme
de Gdéfini
par( )
Ceparagraphe
et les deux suivantss’inspirent
directement de deux articlesencore
inédits
de R. REE[4]
et(5~~ qui
nous a aimablementpermis
de faire usage de ses manuscrits.(2)
Lesautomorphismes
de K sontnotés exponentiellement ;
àpart cela,
toutesles
applications (et
enparticulier
lesautomor phismes
deG ) opèrent
àgauche.
J TITS
Tout
endomorphisme, produit
d’unendomorphisme
birationnel paroce
sera ditpartdnir
à 8 .Si K est une extension
galoisienne
de groupe r d’un corpsL J
une L-formede G
peut être
définie comme le groupe deséléments
fixes d’un groupe d’ automor-phisme ~, ~’)
deG ~ image
de r par unmonomorphisme B
1 r a Aut(G) (groupe
des
automorphismes
deG )
tel queX(y) appartienne à y
pour touty
e r . Enparticulier ,
à toutmonomorphisnw p :
r .~ Aut(~) ~
onpeut
faire corres-pondre
une L-forme deG ~
à l’aide dumonomorphisme X défini
parLes formes de
D4
etE6 ’ qui
ontété considérées
par D.HERTZIG,
R. STEINBERG[8]
et l’auteur et[12],
sont de cetype.
Si on fait abstraction des
longaeore
desracines,
troisschémas
deDynkin acquiè-
rent un
automorphisme n d’ordre 2 ;
3 ce sont lesschémas
deGz
etF4 .
A cet
automorphisme, correspond
unepermutation
de Zqui
conserve lesangles
en-tre
paires
de racines(mais
non leslongueurs
decelles-ci) , laquelle s’étend
enune
permutation
de l’ensemble de toutes les racinesqui jouit
de lamême propriété,
et
qu’on désignera
encore par n . Dans certains casparticuliers,
onpeut
encorelui associer un
automorphisme,
ouplus généralement
unendomorphisme,
nonplus
"birationnel" mais "rationnel" de G . De
façon précise, si G
=B2
ouF4
(resp. G2)
et p = 2(resp. 3 ) ~
un calculsimple
montrequ’il
existe un endo-morphisme 03B103C0
de G défini paroù
t(a)
= 1 ou p selon que a est une racine"longue"
ou "courte". Il estclair ,
que03B1203C0
= a 9 où cp : kkp e et
le Frobenius de_1 K . Supposons
que Kpossède
unendomorphisme
a tel quea
= ~p . Alors a =a . a.
est un automor-phisme
involutif(â - 1 )
du groupe(a (G)
n a(G) ) . En particulier ,
siK est
parfait,
03C6 , 03C3 , 03C303C0 eta
sontsurjectifs,
et a est unautomorphisme
de G
( ).
Dans tous les cas, on noteraG* ( = B*2, G*
ouF*)
le groupe deséléments
g de G tels quea 7t (g)
=a 0 (g) (éléments
invariantspar a ).
( )
Seul ce cas estconsidéré
par R. REE. Certains desrésultats exposés
concer-nant le cas non
parfait
ont été vérifiéshâtivement
3 onespère qu’ils
sontnéan-
moins correots.Soient U
+
(resp. Il - )
le sous-groupe de Gengendré
par les lesX ) (a e Z ) , et U* = U n G* (resp. U* = U ~ G*) .
On a alors lethéorème
suivant :
THEOREME
K aplus
dep(=2 ~ 3) éléments, le
groupeengendré
parU*
etU* , qui
n’est autre que le groupedérivé G~’ ~ G ,
estsimple.
Deplus, F*4 = F*’4 , B*2/B*’2 ~ K*/K*03C3 (en particulier, B*2 = B*’2 si
K estparfait),
et M
est un sous-groupe de K* qui
contientK* (’).
La
partie
de cethéorème qui
concerne etG*
seradémontrée plus loin,
àpartir
d’unedéfinition
d’ailleursquelque
peudifférente
de ces groupes. Pour cequi
concerneF ,
on renverra à[5]’
2.
Décomposition cellulaire~
Les
notations étant celles duparagraphe 1 ,
soient W le groupe deWeyl
de9(=B~, F
oujJ(w) (V6W) défini
comme dans[3]y
H le groupeformé
par lesh(~) ,
Q le groupeengendré
par H elles03C9(w) ,
es : 03A9 ~ Wl’homomorphisme
de noyau H défini parLJ(w)
~~~ w ,W
le groupe deséléments
de Winvariants
par~, 0*=QnG*,
Il est clair que
c?(Q*)
cW* .
Enfait,
on a lethéorème
suivant :2. ~
cï(Q*) = c?~) = W* .
AutrementW* .
La démonstration se fait en construisant
explicitement
pour tout w ~W
un dansG*’ (les
trois cas,B~ ~ F ~ G ~
se traitantséparément).
Dansla
suite,
on supposera,toujours
que lesLJ(w) (w
eW*)
sont choisis de cette fa- çon.Quel
que soit w 6W ,
on poseraU
==U
noJ(w).U~.(J(w)" ~ et, lorsque
w ~
W* , U*w+
=U*
n03C9(w).U*.03C9(w)-1 .
Toutélément
g e Gpeut être mis,
d’uneet une seule
façon,
sous la forme d’unproduit u’.LJ.u ,
avec 03C9 ~ 03A9 et u eU03C9(03C9)+ (théorème
2 de[3]).
D’autrepart,
a x et a jenvoient chacun
desgroupes
H , U , U
et Q danslui-même (pour H ~ U
etU
c’estévident 3
pour
Q ,
celarésulte
de ce que Q est le normalisateur deH ~
et H le cen-tralisateur de
c_(H)
et de03B103C3(H)) ;
il s’ensuit que si g =appartient
(4)
Il pasimpossible
que M ==K* (d’où G*= G*’ ) quel
que soit K .J
TITSà
G* ,
il en est de méme de u, u’ et 03C9 . Parconséquent,
THEOREME
3. -
Toutélément
deG* (resp. G*’ ) peut être mis,
d’une et uneseule
façon,
sous la forme d’unproduit u’.~.u ~ avec
u EU+ ~
c~ E~* (resp.
03A9
*)
etU*03C9(03C9)+.
-
Nous donnerons encore, pour chacun des groupes
H*2 , G*
etF*4 , quelques
indications sur la structure de
W ~ U ~ H*
etSoit ~ ~
Bz (resp. Gz ) . W*
se compose alors del’identité
et de l’opéra-
tion
qui
transformechaque
racine en sonopposée. échange U*
etU* ~
doncG* = U+.H*.
u vertu duthéorème 3.
Il enrésulte
queG*
est doublement transitif surl’espace
r =G*~U*.H* ~
des classeslaté-
rales à
gauche
deU+.H*
dansG*.
Eneffet,
onpeut
identifiercanoniquement
r à la
réunion U+
u deU+
et d’unpoint 00, image
del’élément neutre,
et le sous-groupe
U* +
deG* opère
transitivement surlui-même
et conserve 00.Nous retrouverons
plus
loin(paragraphes 4~ 5, 6)
cettereprésentation
doublementtransitive de
G*.
Le sous-groupeH*
estisomorphe
au groupemultiplicatif K*
deK ;
Jl’isomorphisme peut être établi
de tellefaçon
queH*0 corresponde
ausous-groupe
K* (resp.
à un sous-groupe M satisfaisant aux conditions duthéorème 1). U*
estnilpotent
de classe 2(resp. 3)
et lesquotients
de sasérie
centrale ascendante sont tousisomorphes
au groupe additifK+ (la
struc-ture
précise
deU+
seradonnée
auparagraphe 6).
Si ondésigne
par a et b les racinessimples,
a étant laplus courte,
on a, pour une normalisation convenable desr (t) ,
Soit 9 =
F4 . W*
est alors un groupediédrique
d’ordre16. lest
isomorphe à K*
xK*
. Deplus (5),
il existe des sous-groupesXi
et(5)
Lespropriétés
suivantes ne sont pasénoncées
par R.REE,
mais sedédui-
sent assez
aisément
de sesrésultats.
yi (i
=+ 1 , + 2 ,
+3 , + 4) , respectivement isomorphes
àK+
et à1"’unipo-
tent"
U*+
deB*2 , et jouissant
depropriétés
tout à faitanalogues
à celle$ desdes groupes du
T8hoku,
telles que, parexemple : Xi et y i
sontinvariants
parles automorphismes intérieurs correspondant
auxéléments de 03A9 permutent
lesXi
et
les y i
de lamême façon
que lesautomorphismes
euclidiens de lafigure
1 per-mutent les demi-droites
qui
la c om-posent (on
voit quele"schéma
deDynkin"
deF*
est un traitsextuple,
ce
qui rompt
un peu lamonotonie J ) ; si J
. groupes ... fchoisis
parmi Yi’
corres-pondent
à toutes les demi-droites de lafigure
1 contenues dans unangle aigu convexe’) 0 ~
toutélé-
ment du groupe
Ue qu’ils engendrent peut
êtremis,
d’une et une seulefaçon,
sous la forme d’unproduit
zl.z2...Zj ,avec
si 0et 0398’ t
désignent
deuxangles aigus,
U0398~0398’ = U0398~ U0398’ ;
U+
estengendré
par(i
>0)
,;pour tout
i ~ X~ et i (resp. ~ engendrent
un groupeisomorphe
à
(resp.
àB*’2 ) ,
1-1Si
G~ (resp. G) désigne
le groupeengendré
par Uet X . J ~
les ensembles et
G*/G* constituent,
avec la relationd’incidence
usuelle[10]~
unoctogone généralisé (cf. [12]~ Appendice) ;
on a ainsi une"interprétation géométrique"
deF*
comme grouped’automorphismes
de cetoctogone ;
etc.3.
Groupes
finis.Soit K le corps fini de q
= ~ (resp. 3~) éléments.
On voitaisément
que leFrobenius
x ~~x (resp. x") possède
une racinecarrée ,
d’ailleursunique,
siet seulement si n = 2m + 1 . Dans ce cas, on
peut définir
les groupes finisB*
J
~r~set
F* (resp. qui sont simples des que
m >0 ,
en vertu duthéorème
3(dans
le cas de il faut remarquer que, en raison de
l’hypothèse
faite sur n , - 1 n’est pas uncarré
dansK ~
d’où ilrésulte
que - 1 etK*2 engendrent K*) .
Les ordres
o (G*)
de ces groupes se calculent aisément àpartir
desrésultats
du
paragraphe 2,
et on trouveOn constate que
o(B*2) n’ est
pasdivisible
par3 , propriété qui
n’estparta-
gée
par aucun autre groupe finisimple
connu. R. REE notequ’on peut
montrer que lesGz
sont aussi de nouveaux groupessimples
en utilisant le fait queo ~G*
est divisible par 8 et non par 16 ,
Enfin,
onpeut
s’attendre à ce que lamé-
thode d’Artin donne unrésultat analogue
pourF* .
LesHz
sont les groupes de SUZUKI[9] (cf.
lenuméro 4.3 ) .
4.
Une définition géométrique
des groupesBz .
4.1. - Dualité
dans les"complexes linéaires"
encaractéristique
2. - Onemploie-
ra à
plusieurs reprises
la notationabrégée
suivante : "Un espaceproj ectif ... )
" = "Un espaceprojectif S
danslequel
on se donne unsystème
de coordonnées
homogènes 03BE 0 ,
1 , ... " . D’autrepart,
unevariété quelconque
sera
touj ours assimilée
à l’ensemble de sespoints
rationnels sur K .Soient K un corps de
caractéristique
p etE(x~ ~ xj)
un espaceprojectif
à3
dimensions sur K .Les
droites de Epeuvent être repérées
au mo-yen de leurs
"coordonnées
dePlücker"
p..
satisfaisant à la relationp03’p12 = 0 . Considérons
l’ensemble("complexe linéaire")
Ldes droites telles que
p23 .
Elles sontreprésentées,
dans un espaceprojec-
tif à 4 dimensions
p02 ’ pi 2 ’ P3l) ,
par le spoints
d’unehyperquadrique V ~ d’équation
Supposons
àprésent
que 1acaractéristique
p de K soitégale
à 2.Les
hyperplans tangents
à V secoupent
alors en unpoint,
decoordonnées
P02 = Po3 = P12
=p31 = 0 ,ce qui permet
dedéfinir (par "proj
ection" àpartir de
cepoint) ,
uneinjection
"rationnelle" de V dans un espaceprojectif
Y3 ) ~
parLes
coordonnées
dePlücker
des droites de F serontnotées q...
A l’ensemble des droites de Lqui
contiennent unpoint donné (xo,
... , de E corres-pond
une droite deV ~
donc une droite de F dont lescoordonnées
dePlücker sont, d’après
un calculélémentaire,
et
qui,
enparticulier, appartient
à l’ensemble de droites Md’équation
q23 .
Ainsi est établie entre(E, L)
et(F , M)
une sorte dedualité,
constituée par deux
injections
telles que si.x
et ddésignent respectivement
unpoint
de E et une droiteappartenant
àL ~
les
propriétés x e
d eto (d)
Eb t ~
soientéquivalentes.
Désigner
parG(E , L) (resp. G(F , M) )
le groupe,isomorphe
àP rsp 4 (K) = B 2
du
Tôhoku,
desprojectivités
de E conservant L(resp.
desprojectivités
de Fconservant
M ) .
La"dualité"
entre(E , L)
et(F, M)
"induit" unnxmomorphis-
me
03B4* : G(E, L)
9G(F , M) , défini
par03B4*(g) (03B4’(d)) = 03B4’(g(d)) ,
pour toutg e
G (E ~ L)
et toute droite d e L .4.2. - La
"polarité"
f . -Supposons
àprésent
que,le Frobenius
de Kpossède
une racine carrée 0, et
considérons l’application semi-linéaire
f : E a Fdéfinie
parDu numéro
4.1,
ilrésulte immédiatement
que six
et~
sont despoints
deE ,
la relation "
f(x) appartient
à la droite 03B4’(x’) " estsymétrique ;
fapparaît
ainsi comme une sorte de
polarité.
Ondésignera
par r l’ensemble despoints
xte ls que
f ( x) appar tie nne
à sa"polaire" ô’(x) .
Introduisons
àprésent,
dans Eprivé
duplan
= 0("plan
àl~infini") ~
desJ
TITScoordonnées
nonhomogènes
x = y = z == Un calculélé-
mentaire montre que r se compose dupoint xG = x~ == xj
=0 , qu’on désignera par ~ , et de
l’ensemble r -{~} , entièrement
"à distancefinie",
d’éqùation
(4.2.1) )
.4.3.
Les groupesG*
etG;. -
On voitaisément qu’il
existe unmonomorphisme
f* : G(E , L)
-G(F , M) défini
parf*(g) (f ~ ) = f ( g ~ ) ~
pour tousx e E et
g E G .
On
désignera
parG*(f)
le groupe des éléments g EG (E , L)
tels quef* (g) - b *(g) (groupe
desprojectivités
"conservant f" ) ;
3G* (f)
n’est au-tre que le groupe
B; (le
lien entre les deuxdéfinitions
estapparent).
Il estclair que
G (f)
est contenu dans le groupe de toutes lesprojectivités
de Equi
conservent l’ensembler ~ lequel
seradésigné
parG* (en fait, G*(f) = G* :
voir
plus loin).
Le groupe deséléments
deG* ~
dont ledéterminant
est unepuis-
sance
4e,
sera notéG~ .
Les
proj ectivités
appartiennent
àG* .
Pourta b
et,cela résulte
d’un calculfacile; quant
à la
projectivité w ,
il est immédiatqu’ elle appartient
àG*(f) ~) .
Deplus, ta,b et w
e tandis quehk
cG* 0
si etseulement
si k EK* ~ Enfin,
onvé-
rifie
aisément
queb~
=T*
et{ hk}
=H*
sont des groupes*LEMME
1 . - Si
Ka plus
dedeux éléments,
leshk
sont les seuls éléments deG*
conservant les deuxpoints ~
et x = y = z = 0 .DEMONSTRATION. - Une
projectivité
conservant 00 et r conserve leplan x0
=0 ,
qui
est en effet le seulplan contenant °°
dont l’intersection avec r se réduit à cepoint.
Il s’ensuitqu’une projectivité
conservant etx=y=z=0
(6)
Onpeut
aussivérifier
par un calcul direct que 03C9 EG* . Le
seulpoint quelque
peu
délicat
de ladémonstration
consiste à établir que, surr ~ z =
0implique
x = y =
0 ,
or cela résulte immédiatement de la relationy°+1
=xz~
+z (x
+y) ,
conséquence
de4*2.1.
est une transformation
linéaire représentée
par une substitutionlinéaire
et ho-mogène
sur x , y , z . Tenantcompte
du fait que r et ~ sontconservés,
on voit que si on effectue cette substitution dans la fonction
+y ~
celle-ci doit être
multipliée
par uneconstante,
mais il en est alors de même deses
"composantes homogènes"
z, xy ,x03C3+2 , y03C3 ,
en vertu del’indépendance
linéaire
desendomorphismes multiplicatifs
de K(cf. ~2~ ~ paragraphe 7,
n°5) (on
utilise ici le fait queK* ~ F2
rpuisqu’il
faut supposer que lesendomorphis-
mes
1 , 2 ~ ~
et or + 2 sont tous différents entreeux).
Parconséquente
laprojectivité
enquestion
est de la forme(x ,
y,z)
..."~(kl
x ,k~
y ,k~ z ) ~
et la
démonstration s’achève
par unsimple
calcul.THEOREME 4. - Le groupe
G* (et
a fortioriG* )
est doublement transitif surr .
Si
K aplus
de deuxéléments, G* (resp.
estengendré par les projec-
tivités
t , (a ~
b EK) , g (k
EK*) (resp. K*~)
et w(S) .
Toutélément
de
G peut être mis,
d’une et une seulefaçon,
sous l’une des deux formesta,b.hk ou
(a ,
yb ,
c , d eK ,
k eK*). Enfin, J.
DEMONSTRATION. - Le groupe
engendré
par les lesh- (k
EK*)
et west doublement transitif sur
r ;
3 eneffet,
le sous-groupeT* , qui
conserve ce ,est transitif sur
"bouge"
Lethéorème
est alors uneconsé-
quence
immédiate
du lemme 1 et du fait queT*
estsimplement
transitif surr -
COROLLAIRE. -
G*(f)
=G* .
Il
suffit devérifier
que et wappartiennent
àG*(f) .
REMARQUE. -
On notera que lethéorème
4 aété établi
sur la base de la seuledéfinition analytique (4.2.1)
der ,
sans même faire intervenir f(si
on tientcompte
de la note(7) .
4.4.
Propriétés
de r . Calottes. -L’équation (4.2.1)
montre que toute droitepassant
par ce et non contenue dans leplan x0
= 0 recoupe r en un et un seulpoint.
Tenantcompte
de1"’homogénéité"
de r(théorème 4) ~
on en déduit im-médiatement
laPROPOSITION 1. - Toute droite de E coupe
r ~ en 0 ~
1ou 2 points.
Lesdroites passant par un
point
donné de l’ensemble r etqui
ne lerecoupent
pas( )
C’ e st essentiellement ladéfinition
de SUZUKI[9]
du groupeB*.
’
J. TITS
ailleurs
(tangentes)
forment unplan.
COROLLAIRE. -
Lorsque
K = F est le corps fini de q =2~~ éléments ,
r estformé
de q ~ +1points.
q 201420142014201420142014201420142014201420142014~~. 20142014_2014__2014~ 20142014
Désignons
parE~
,ql’espace projectif
à r dimensions sur Fq
(q
=P~
Pquelconque).
Un ensemble de Npoints
de cet espace estappelé
une N-calotte sitoute droite le rencontre en
0 ~
1 ou 2points. Les
ensembles de cetype
ontété
abondammentétudiés
par B. SEGRE et sonécole (cf.
notamment[1], [6], [7]).
Onleur doit en
particulier
leTHÉORÈME
5 (SEGRE-BARLOTTI). - Si p ~ 2 , une (q
+1)-calotte
dans E estune conique, une (q2 + 1)-calotte dans E3,q est une quadrique,
pas de (q "
+1)-calotte
dans E r ,q- pour
r>3
eEn
caractéristique 2,
la situation estplus compliquée.
Dans il existedes
(q
+1)-calottes qui
ne sont pas desconiques (par exemple
l’ensembleformé
de qpoints
d’uneconique
et dupoint
de rencontre destangentes
decelle-ci).
de F montre
qu’il
existeaussi,
dansE3, q ,
des(q2
+1)-calottes
qui
ne sont pas desquadriques (l’exemple donné
par B. SEGRE dans[7]
pour q = 8 est un casparticulier
de celui-ci( )).
Mentionnons encore lerésultat suivante
(non publié)~
dû. à l’auteur :PROPOSITION 2. - **2014~ Soit r
une (q~
+1)-calotte
’ dans E(q
=2~) . Supposons
’qu’il
existesur
r unpoint ce tel
que le groupe desprojectivités
conservantr et ce
point possède
un sous-groupe invariantsimplement
transitif sur r -et
au moins un sous-groupecyclique d’ordre
q - 1 . Alors r = 2 ou3 .
Sir =
2 ~
rest)
dans unsystème
decoordonnées affines
x ~ y convenablementchoisi,
une "courbe"d’équation
y =x03C3 complétée
par le"point
à l’infini surl’un des axes de
coordonnées" ;
odésignant n’importe quel automorphisme de
Kayant
1 pour seulpoint
fixe. Si r =3 ~
r est soit unequadrique,
soit l’en-semble défini au numéro 4..2.
5- Une définition
géométrique
deG*o
On
peut
donner pourG
ancaractéristique
3 des résultats tout à faitparallèles
à ceux des numéros 4.1 à 4*3. On se bornera à en
indiquer
lesgrandes lignes.
Tout cequi
suitrésulte
d’ailleurs de calculsélémentaires.
Soient K un corps de
caractéristique 3, p(x* , x0 , x1, x2 ,x0’, x1’ , x2’)
un( ) Remarque communiquée
à l’auteur par KLle FELIEGARA.espace
projectif
à 6 dimensions surK ~
El’hyperquadrique dl équation
2 2
x + . ~ x..x..
t ==0 ~
L l’ensemble de droites(appartenant
toutes àE j défini
*
par les
équations
G(E , L)
le groupe desproj ectivités
de P conservant L(donc
aussiE ) (groupe G2
duTôhoku
surK )
et V lavariété
à5
dimensionsreprésentant
L13
p.., (Xp.., =0))~
Sur
V , p3*i , p
i* etp ,,
sont despolynômes
en lespij’ (i ~ j)
etp00’ - p11’ (= p11’ - P22’
=...) , lesquels
satisfont d’autrepart
à la relationCela
permet
de définir uneinjection
"rationnelle"("projection"
àpartir
de lavariété linéaire
A ~pij , = pl l ~ - 0 ~i . ~ j ~ )
de V dans une
hyperquadrique
F ~yz
* + 03A3y,.y, _
1 i~0 ,
d’un espace Pprojectif
P~’ JQ (y* , yi , yi’) à 6
dimensions. On parq*i , q*i’ , etc.,
lesdonnées
dePlücker
des droites de Q . Si(x* , xi , xi’)
est unpoint
deE ,
l’ ensemble des droites de L
qui passent
par cepoint
a pourimage
dansQ (par
termédiaire
de(5.2) )
une droiteappartenant
à l’ensemble Mdéfini
par les rela-tions
(5.1)
où onremplace
p par q ~ et telle .queAinsi se trouvent à nouveau
définies
deuxinjections
6: L .~ F E -~ Métablissant
une sorte de dualité entre(E , L)
et(F, M) .
Onpeut alors,
J
Trrsexactement comme au
paragraphe 4,
définir le groupeG(F ~ M) ,
lemonomorphisme
ô* : G(E , L)
~G(F , M) (dont
l’existence résulteimmédiatement
dufiait,
ai-sément vérifiable ,
que lesprojectivités
de D induites par leséléments
deG (E , L)
laissentinvariantes ~ ) ~ et,
si le Frobenius de Kpossède
une ra-cine carrée o y la
"polarité"
le
monomorphisme f* : G (E ~ L)
-~G(F ,
y l’ensembler ,
les groupesG*(f)
etG*. Le point
~ de coordonnéesx* = x0 = x1 = xi’ = 0 appartient
à r et l’ ensemble r -
{~} , qui
est entièrementdisj oint
del’hyperplan x2’
=0 ,
a pour
équations,
en coordonnées nonhomogènes
Les
projectivités
suivantesappartiennent
à G 1(on
laisse au lecteur le soin decompléter
ladéfinition
enexprimant
que(5.3)
est
conservé)
etonale
THEOREME 6...
G*
est doublement transitif sur K aplus
de troiséléments,
il estengendré par
les ch- (k E K*)
et LJ.Tout élément de
G* peut
êtremis,
d’une et une seulefaçon,
sous l’une des deuxformes ta
be’~
K "’ outa
b Kb c .
COROLLAIRE. -
G*(f) = G* .
REMARQUES.
1. - Les déterminants de
hk
et w sont despuissances 7e,
doneG*
est un sous-groupe de ce
qui
est d’ailleursdéjà
vrai(et
bienconnu)
pour
L) .
2. - Il n’est pas douteux que, comme
B*2
etG*2 , F*4 peut être défini
commele groupe des
éléments
deF4 (du T8hoku) qui
"conservent" une~~polarité~’
de lagéométrie associée
à celui-ci(cf. ~10~’
notamment leparagraphe 11~’
et que leséléments
de lagéométrie
incidente à leur"polaire"
constituentl’ octogone géné-
ralisé
dont il aété question
auparagraphe
2.6. Une classe de groupes doublement transitifs.
Soient G un groupe doublement transitif de
permutations
d’un ensemble r tel que le sous-groupe laissant fixe unpoint ~
de rpossède
un sous-groupe inva- riantU+ ’ simplement
transitif surr - ~ ~ } ’
0 et e deuxpoints
de r -{ ~~ ~
H le groupe des
éléments
de G conservant ~ et0 ,
U -le
conjugué
deU +
qui
a 0 pourpoint fixe, GO
le groupeengendré
parU+
etU- ~ HO
=t
l’élément
deU+ qui
transforme e en0 , t l’élément
deU- qui
transformece en e , t’
l’élément
de U+
qui
transf orme 0 ent 1 (~) ,
et 03C9 la transformation Equi échange
0 et ce .Le groupe
GO
est manifestement transitif surr ;
il contient donc tous lesconjugués
deU+
dans G. C’est parconséquent
leplus petit
sous-groupe inva- riant de G contenant U .+
U+ étant simplement
transitif sur l’ensemble r -{~}~
onpeut
munir celui-ci d’une structure de groupe "abstrait" U(qui
seranotée additivement) ayant
0pour
élément
neutre et telle que U ={ta ~
a cU} ~
avec(on
pose a= ce) . Les, éléments
de H sont desautomorphismes
deU ; l’action
de H sur U sera notée
multiplicativement (i.
e. on posera hx =h (x) ) .
On voitaisément
que G(resp. G~)
se compose destransformations
J
~r~savec h e H
H ) .
La transformationc ~ -
eappartient
à et onpeut
doncécrire
Si on
désigne
parfi
le transformé de h E H par w, on aReprenant
ladéf inition
det , t
et t’ 1, on voit que t =t e ! t
=~-~,
wet t’ =
te~ ~
avec e’ = w _i(- c~(e)) .
Tenantcompte
de-
t.t.t’ _
=w ~
on trouve alors la relation =t e~ .W. te ~ .
Defaçon générale, considérons,
pour touta les transformations
03C9.ta.03C9
et avec a’ =(- w (a) ) ;
ellestransforment toutes deux ~ en w
(a)
et 0 en0 , donc
leurquotient
est unélément
Pa
deHD ,
cequ’ on peut écrire
en
particulier,
Notons encore
qu’on posant
x =W~1 (a)
dans(6.6) ~
il vientSoit
H.
le groupeengendré
par lesles 03C1a
et e.Il est clair que H1 ~ H...
D’autre
part,
onvérifie aisément
que les transformations(6.2)
et(6.3)~
avech ~ forment un groupe
qui
contientévidemment
U+ et
U ~ donc G...
Ils’ensuit que
H-= H..
Un calcul
élémentaire
montre que les résultatsprécédents
admettent unerécipro-
que. De
façon précise ,
on a le~ ~
THEOREME 7. - Soient U un groupe noté
additivement,
H un groupe d’automor-phismes
de Uet
Gj unepermutation
de U -t0} . Supposons qu’il
existe une per- mutation h ~~~ hde H ,
uneapplication
p : U -(o)
9 H et des élémentseeH et eeU-(0}~
telsqu’on
ait les identités(6.4.) y (6.5)~ (6.6)
et(6.7)
pour tous
10 1 (a ~ - ~(x)) y
et soitH..
le sous-groupede
Hengendré
par les p , lesp’ (a
e U -{0}) et
e .Désignons
encore parr = U u
(ce)
l’ensemble obtenu enadjoignant
unpoint
ce à et posonsa + ce = h 00=
(jj(0)
=00 = 0 .Alors,
les transformations~
F définies par(6.2)
et(6.3) ,
avec heH(resp. BL)
forment un groupedoublement transitif. Les transformations
(6.1)
forment un sous-groupe invariantU
du groupe deséléments
de Gqui
conservent ~ .G..
est leplus petit
sous-groupe invariant de G
qui
contientU
3 il estengendré
par deuxquelconques
des
conjugués
deU
dans G.H~
est un sous-groupe invariant de Het Enfin, on peut
obtenir de cettefaçon
tout groupe doublement tran-sitif,
tel que le sous-groupe obtenu en fixant unpoint possède
un sous-groupe invariantsimplement
transitif sur l’ensemble oùopère
le groupe, moins lepoint
en
question.
EXEMPLES.
1. - Soient K un corps, U =
K~ (groupe additif) ,
H =K* (opérant
de lafaçon
évidente surH )
etu(k)
= -k"~ ~
d’oùE
=k"~ ~ p
=k~
et EL =K ~ .
.Alors,
G =PGL2(K)
etG~
=~ °
2.-Soient K un corps de
caractéristique
2 dont le Frobeniuspossède
une racinecarrée o ~ U =
t(x ~ y) lx,
y eK}
avec la loi de groupe(x , y)
+(x’ , y’) = (x + x’ , y + yi +x~x’) ~
H =
K* , opérant
sur U de lafaçon
suivante :k.(x, y)
=(kx, k03C3+1 y) ,
et, en posant (x , y)
p= (z(a)2-03C3
== a , 03C9(a)(9) et
=(y z(a) , H0 = K*2-03C3 =K*03C3. x z(a))
avecz (a)
Alors défini G et parG0 (4.2.1),
sontles groupes G*(=B*2) et G*0 du paragraphe 4.
3 -
Soient K un corps decaractéristique 3
dont le Frobeniuspossède
une ra-carrée 03C3 ,
U ={(x ,
y ,z) |x ,
y , z eK}
avec la loi du groupeH ~
K * ~ opérant
sur U de lafaçon suivante,
~
( ) pa
se calculeaisément
enégalant
les z des deux membres de(6.8) ,
et unfaisant usage des identités
suivantes,
faciles àétablir : z(- a)
=zfa) .
=z(a)~ , z(ka) =k~z(a)B
’J
~r~sv (a)
etW (a) définis
par(5.3),
d’oùk
=k-~’ ~ p a
=w(a)
z-o(10) ’ HO =
où M
désigne
le sous-groupe deK* engendré
par tous lesw (a) . Alors,
G estle groupe
G~ (= Gz~
duparagraphe 5.
Enremarquant
que2 - o
est unautomorphis-
me de
K* (puisque (2 - Q ) (2
+a)
=1) ,
~ on voit queG/GO rg H/HO N K*/M .
REMARQUE. -
Lethéorème
7 et les donnéesprécédentes
fournissent unedéfinition
tout à faitélémentaire
des groupesBz
et mais pour montrer l’existence des groupesdéfinis
de cettefaçon,
il fautvérifier
que les conditions(6.4)
à(6.7)
sontsatisfaites,
cequi
est fortlong.
PROPOSITION
3. -
Si unsous-groupe invariant
deGD
contientU+ ,
ilcoïncide
avec
GO .
Cela
résulte
du fait que,GO
étant transitif surF ,
lesconjugués
deU
dans
GO
sont tous lesconjugués
deU +
dans G .PROPOSITION
4. - Si
H estcommutatif, HD
contient tous leséléments
de la f ormeh. h-1 .
En
effet, puisque H/HO
estcommutatif, GO
contient le groupedérivé
de
G.,
orhh - -1
n’est autre que le commutateur de W et h .THEOREME 8. -
Si HO
est commutatif et s’ il existe au moins unélément
h EHO
tel que
1’ équation
x -Fi.h-1.x
= a ait une solution pour tout a alorsG0
estsimple.
Si en outre H estcommutatif, GO
est le groupedérivé
de G.DEMONSTRATION. - Soit J un sous-groupe invariant non trivial de G . Celui-ci étant doublement
transitif,
J renferme au moins une transformation transformant 0 en ~ , soit x a +hl.ca(x) (h1 E Ho) .
SiRO
estcommutatif,
le commu-tateur de x ~ hx
(h
eHO)
et de cette transf ormation est de la formex ~~~.-> b +
~.h 1.x .
Si h satisfait à la condition del’énoncé,
cettedernière
transformation
possède
au moins unpoint
fixe en dehors de et elle est trans- formée enh.h 1 s
x ~ par toute transformation deG 0 qui
conservece et
qui amène
cepoint
fixe en 0 .Enfin,
le commutateur deii.h-1
et det (cf. (6.1))
estt- ~
avec d = c -Mais,
en vertu del’hypothèse
faite sur
h, lorsque
cparcourt U ,
il en est de même de d . Parconséquent,
J contient
U+
et J =GO
en vertu de laproposition
3. La secondepartie
de l’énoncé résulte de lasimplicité
deGO
et de la relationG/GO R/HO .
(10)
Onégale
leszdes deux membres de(6.8)
et on fait usage desidentités :
2 t- a) - - z (a) 11 (- a) =. (a), z(lA{a)= - z (a) .,,(a)-l ,
z =