Thesis
Reference
Biosynthesis, release, and possible transfer of glucose-derived carbohydrate intermediates and amino acids from mammalian glial
cells to photoreceptor-neurons
POITRY-YAMATE, Carole
Abstract
Ce travail explore la possibilité d'un transfert d'hydrates de carbone et d'acides aminés dérivés du glucose des cellules gliales vers les neurones, dans le système nerveux central du mammifère. Nous avons établi, par autoradiographie du ³H-2-désoxyglucose et par HPLC, que les cellules gliales de Müller dans la rétine intacte du cobaye, puis fraîchement isolées, sont un site prépondérant de phosphorylation du glucose. De même, les résultats quantitatifs obtenus sur les cellules de Müller encore attachées aux photorécepteurs plaident en faveur d'un transfert de lactate, de glutamine, et du glutamate neurotransmetteur entre les cellules de Müller et les photorécepteurs car la concentration et l'activité spécifique de marquage radioactif de ces substances sont modulées par l'illumination. En aval du glucose-6-phosphate, (le substrat ³H-2-désoxyglucose étant remplacé par ¹⁴C(U)glucose), les cellules gliales synthétisent et relâchent de fortes quantités de ¹⁴C-lactate ainsi que de nombreux ¹⁴C-métabolites dépendant d'une activité anaplérotique.
POITRY-YAMATE, Carole. Biosynthesis, release, and possible transfer of
glucose-derived carbohydrate intermediates and amino acids from mammalian glial cells to photoreceptor-neurons. Thèse de doctorat : Univ. Genève, 1994, no. Sc. 2661
DOI : 10.13097/archive-ouverte/unige:104644
Available at:
http://archive-ouverte.unige.ch/unige:104644
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UNIVERSITE DE GENEVE
Département
dePhysique Théorique Département de Biochimie
Département
d'Oto-Neuro-Ophtalmologie
FACULTE DES SCIENCES Professeur C. Enz
Professeur J.
DeshussesFACULTE DE MEDECINE Professeur M.
TsacoPoulosBIOSYNTHESIS, RELEASE, AND POSSIBLE TRANSFER OF GLUCOSE.DERIVED
CARBOHYDRATE INTERMEDIATES AND AMINO ACIDSFROMMAMMALIANGLIALCELLSTo
PH OTORECEPTOR-N EURONS
THESE
présentée
àla Facultê
des Sciencesde l'université de
Genèvepour obtenir
legrade
de docteur
ès Sciences,mention interdisciplinaire
par
Carole POITRY-YAMATE de Coppet (VD)
Thèse No
2661GENEVE
Editions Mêdecine et
HYgièner994
UNIVERSITE DE GENEVE FACULTE DES SCIENCES Professeur C. Enz
Professeur J.
DeshussesDépartement de Physique Théorique
Département
deBiochimie
FACULTE DE MEDECINE Département d'Oto-Neuro-Ophtalmologie Professeur M. Tsacopoulos
BIOSYNTHESIS, RELEASE, AND POSSIBLE TRANSFER OF GLUCOSE.DERIVED
CARBOHYDRATE INTERMEDIATES AND AMINO ACIDS FROM MAMMALIAN GLIAL CELLS TO
PHOTORECEPTOR-NEURONS
THESE
présentée
àla Faculté
des Sciences deI'Université de
Genèvepour obtenir
legrade
de docteur
ès Sciences,mention interdisciplinaire
par
Carole POITRY-YAMATE de Coppet (VD)
Thèse
No
2661GENEVE
Editions Médecine et Hygiène
1994UNIVERSITE DB GENÈVE
FACULTE DES SCXENCES
Doctorat ès sciences ment
ion
in'ferdi sc ipl
inaire
Thèse de lrladame Carol Lynn pOl'TRY YA4YIAT€.
intitulée
:'' BIOSYNTHESIS, RELEASE AND POSSIBLE TRANSFER
OF GLUCOSE.DERIVED CARBOHYDRATE.INTERMEDIATES AND AMINO ACIDS FROI\I MAMMALIAN GLIAL CBLLS
TO PHOTORECEPTOR-NEURONES.''
La Faculté des Sciences, sur le préavis de Messieurs M. TSACOPOULOS, professeur titulaire et directeur de thèse (Faculté de Médecine, Département
d'oto-neuro-opthalmologie), J. DESHUSSES, professeur ordinaire et codirecteur de thèse (Département de biochimie), C.P. ENZ, professeur ordinaire et répondant devant la Faculté des Sciences (Département
dephysique théorique) et P. MAGISTRETTI, professeur (Université de Lausanne
- Faculté de Médecine, Institut de physiologie), autorise I'impression de la présente thèse, sans exprimer d'opinion sur les propositions qui y sont énoncées.
Genève,
le 2l février
1994Thèse 2661.
Le Doyen, Pierre
MOESCHLER N.B.- La thèse doit porter la
déclaration rrécédenteet remplir les
conditions énuméréesdans
les
"lnformations relativesà la
présentationdes
thèsesde
doctoratà
I'Université de Genève".REMERCIEMENTS
Je
remercie tout particulièrement:
Marco
Tsacopoulos,pour m'avoir formé
commescientifique
indépendante avec beaucoup d'enthousiasme et encouragement,ainsi
quepour I'amitié qu'il m'a
témoignéetout
aulong
des ces années;Professeur
C. Enz, pour
sa patience,disponibilité,
etextrême
gentillessetout
aulong
de cetravaii;
Professeur
J.
Deshusses,pour
son enthousiasme à mefaire
partager Sesconnaissances en
biochimie;
Professeur
P. Magistretti, pour notre intérêt mutuel
au sujet des cellulesgliales
etpour avdir suivi
pendant ces dernières années montravail
de recherche;Madame Gertrude
Champendal,pour
sa présence et gentillessequi
nous décharge de nombre tâchesadministratives
ingrates;Serge, mon mari, pour
son aide précieuse, sescritiques et
ses encouragements;ainsi
que tous les amisqui, par
leurs encouragements,m'ont
accompagnéjusqu'ici.
RESUME
Ce travail explore la possibilité d'un transfert d'hydrates
decarbone et d'acides aminés dérivés du glucose des cellules gliales vers les neurones, dans le système nerveux cenral du mammifère. Nous avons établi par autoradiographie du 3U-Z-detoxyglucose et par HPLC, que les cellules gliales de Mûller dans la rétine intacte du cobaye, puis fraîchement isolées, sont un site prépondérant de phosphorylation du
glucose. En aval du glucose-6-phosphate, (le substrat 3U-Z'
désoxyglucose étant remplacé par 1aC(U)gtucose) les cellules gliales synthétisenr et relâchent de fortes quantités d. 14c-luctate ainsi que
denombreux 74c-^êtubolites dépendant d'une activité anaplérotique. De même, les résultats quantitatifs obtenus sur les cellules de Mûller encore aftachées aux photorécepteurs plaident en faveur d'un transfert
delactate, de glutamine, et du glutamate.neurotransmetteur entre
lescellules de Mûller et les photorécepteurs car la concentration et
I'activité spécifique de marquage radioactif de ces substances sont
modulés par I'illumination.
SUMMARY
This study explores the possible transfer of glucose-derived carbohydrate intermediates and amino acids from glial cells to neurones
in mammalian central nervous sysrem. We established by 3U-Z-
Deoxyglucose and HPLC that Mûller glial cells in situ and after
acuteisolation from guinea pig retina are a predominant cellular site of glucose phosphorylation. Downstream to glucose-6-phosphate
(thesubstrate 3H-2-D.oxyglucose being replaced by 1ac{u)gtucose) glial cells synthesize and release large quantities of L4c-luctate in addition to anaplerotic activity-dependent 14C--.rubolites.
Quantitative results
following the same experimental protocol using Mûller cells still
aftached to photoreceptors argue in favor of lactate, glutamine
andneurotransmifter glutamate transfer between glia to photoreceptors since
the pool concentrations and specific activity of these substances were
modulated in a light/dark-sensitive manner.
TABLE DES MATIERES
I. RESUME
II. INTRODUCTION
III. Gtial (Mûller ) cells take up and phosphorylate [3Hl2-deoxy-D-glucose in a mammalian retina
IV. Glucose metabolism in freshly isolated
Mtiller glial cells from a mammalian retina
V. Studies of metabolic interactions betryeen
glial cells and neurones using acutely isolated cells from mammalian retina
VI. CONCLUSION VII. BIBLIOGRAPHIE
VIII. APPENDICE I
I
I
t4
18
70 28
73
87
RRSUME
I-e
systèmenerveux central est
constituéde deux types cellulaires,
les neuroneset les cellules gliales, qui sont
étroitement mêléset
occupent chacunenviron
50Vodu volume tissulaire. Alors que les
neuronessont
électriquement excitables et ont pour fonction reconnue de transmettre des signaux électriques, les cellules gliales nele
sont paset
leurs fonctions ne sont pas encore complètement élucidées.Dans
la
rétine de mammifère comme dans le cerveau en général, I'histologie montrequ'il n'y
a pas de contact direct entre la paroi des vaisseaux sanguins et les neurones,mais que des cellules gliales
s'interposenttoujours. Cene
situation particulière des cellules gliales par rapportà la
circulation sanguine est àl'origine de I'idée
émisepar Golgi, il y a
prèsd'un
siècle, selon laquelle des substances pourraient être transférées des cellules gliales vers les neurones (notons que Golgifaisait
référenceau transfert de
substances sanstoutefois se prononcer sur
la possibilitê d'une transformation de ces substances par les cellules gliales). Cette idéeétait
séduisante,mais son exploration
expérimentale rigoureuses'est
longtemps heurteeà
unedifficulté
majeure,à savoir I'extrême
complexitéde
structure des tissus nerveux. Ce n'est enfait
que récemmentqu'un
pas important a pu êtrefait
dans ce sens grâce au développement de microtechniques de mesures biochimiques notamment, mais surtout grâce au
choix d'un
modèle de tissu dontla
structure est remarquablement simple, la rétine du faux bourdon (le mâle de I'abeille).La simplicité
de cette rétine d'insectetient
dansle fait qu'elle
ne contient qu'un type de neurone, les photorécepteurs, et que sa structure est quasi-cristalline:les photorécepteurs sont assemblés par groupe de
six qui
sont entourés de cellules glialeset
formentun
rêseau de faisceaux alignésà
intervalles réguliers.De
plus,cellules gliales et
photorécepteursmontrent une
compartimentation métaboliqueextrême: la
quasi-totalitédes
mitochondriesse trouve
dansles
photorécepteurs, alors que les réserves de substrat métabolique sous forme de glycogène se trouvent dans les cellules gliales.Notre
groupe atiré
avantagede
ce tissu modèlepour
étudier les relations métaboliquesentre
cellulesgliales et
neurones-photorécepteurs. Cestravaux
ont montré que, dans une tranche de rétine de faux bourdon isolée, les photorécepteurs continuentde
consommerde
I'oxygène pendant plusieurs heuresen
I'absence detout
substrat exogène.Pour
cefaire,
les photorécepteurs consommentun
substrat dérivédu
glycogène des cellules gliales. Par ailleurs, lorsquele
tissu est maintenu en présence de glucose exogène, ce glucose est phosphorylé en glucose-6-phosphate dans les cellules gliales exclusivement (dansla
mesure, entout
cas, où la détection par autoradiographie permet de se prononcer).Le
glucose-6-phosphate formé dansles cellules gliales à partir de
glucose exogèneou de
glycogèneest
ensuite transformé par la voie glycolytique en pyruvate (mais non en lactate)qui
est ensuite transaminé en alanine àpartir
de glutamate. Cette transamination permet, dans lescellules gliales, et si elle est
accompagnéede la
resynthèsede
glutamate, demaintenir le potentiel redox, et donc le flux glycolytique dont la
productiond'alanine dépend. L'alanine ainsi formée dans les cellules gliales est relâchée dans I'espace extracellulaire
et
pénètre dansles
photorécepteurspar un
mécanisme de transport dépendantdu Na*.
Dans les photorécepteurs, I'alanine est retransforméeen
pyruvatepar
une transamination inversede celle qui a lieu
dansles
cellulesgliales, et ce
pyruvate sert de substratpour le cycle de
Krebs mitochondrial. Laproline
exogène,un
acide aminéqui
n'est pas synthétiséà partir
de glucose, peut également servir de substrat au cycle de Krebs: elle est tout d'abord transformée englutamate, lequel est ensuite désaminé
en
a-cêlo-glutarate dans les mitochondries.Cette double source de substrat, en plus de garantir
un
apport adéquat de substrat aux mitochondries, est peut-être nécessaire au maintien dela
production d'alaninepar les cellules gliales: en effet, la
resynthèsede
glutamate dansces
cellules consommede I'ammoniac, alors que la
désaminationdu
glutamatedans
les mitochondries des photorécepteurs en produit.Ainsi,
les résultats obtenus surla
rétine de faux bourdon montrent que des cellules gliales peuventjouer un rôle
métabolique essentiel au fonctionnement de neurones.Il
nous a donc paru important de tester la généralité de cene découverteen étudiant le
mêtabolismedu
glucose dans descellules gliales de
mammifère.Notre
choix
de modèle cellulaire s'est porté sur les cellules deMûller, qui
sont les cellules gliales de la rétine de vertébrê. Les raisons de ce choix sont principalement que ces cellules sont detaille
importante (environ 150 ,um de longueur) et que leurforme
caractéristiquepermet de les identifier
aisémentsous microscope.
Par ailleurs, sile
métabolisme du glucose a déjà étê étudié dans la rétine de mammifère complète,ce
métabolismen'a
pas encoreété
étudiéau
niveau desdivers
typescellulaires (cinq
typesde
neuroneset un type principal de cellule gliale) qui
la composent.Pour
cette étude,nous
avonschoisi
comme modèle expérimental larétine de
cobayejuvénile, non
seulement parcequ'il s'agit là d'un animal
de laboratoire facilement disponible, mais aussi parce quele
volume de ses cellules deMùller
est particulièrement remarquable pour un mammifère.Ce
travail
de thèse comporte essentiellementtrois
volets.Tout
d'abord,j'ai
démontré
sur la rétine
entièreque les
cellulesde Mùller
contiennentde
grandes quantitésde
glycogèneet
phosphorylent rapidementle
glucoseen
glucose-6- phosphate(premier article). Ensuite, j'ai
développéune méthode
perrnettantI'isolation et la purification d'une
population de cellules deMûller,
etj'ai
montréque ces cellules
isolêes contiennentdu
glycogèneet sont
encore capables dephosphoryler
le
glucose (deuxièmearticle).
Finalement,j'ai
êtudiéle
devenir du glucose métabolisé dans une populationde
cellulesde Mûller purifiée, ainsi
quedans une population mixte comportant des photorécepteurs attachés aux cellules de
Mûller
(manuscrit proposé).I-es
expériences présentéesdans le premier article m'ont permis
non seulementde montrer que,
dansla rétine entière, les cellules de Mûller
sont probablementle type cellulaire dans lequel le
glucoseest le plus
intensément phosphorylé, mais aussi de confirmer notre impression première,à
savoir que les études effectuées dans ces conditions sont rapidement limitéespar la
complexité structurelle du tissu.' Pour
ces expériences,j'ai tout d'abord repris
une méthode histochimique pennettant de révéler la .présence de glycogène sur des coupes histologiques etI'ai
adaptée à nos conditions (coupes semi-fines,
et
non pas ultra-fines comme dans la méthodeoriginale).
[æs résultats obtenusont fait
apparaîtreque les
cellules deMùller
étaient coloréesde
manière relativement intensepar
cette méthode'et que leur coloration était particulièrement prononcée du côté vitréen. Enfait,
ce type decoloration s'est révélé excellent
pour
marquer les cellules deMùller et
pour faireressortir les fines ramifications qu'elles projettent de part et d'autre du
colps cellulaire.En plus de montrer que les cellules de
Mtjller
contiennentla
majeure partie des stocksde
glycogènede la rétine,
ces résultats qualitatifs suggéraient que ces cellulesont
un métabolisme du glucose important. Pourvoir si
tel était bien le cas, nous avons employéla
méthode d'autoradiographie par 2-déoxy-glucosetritié
(3H-2DG).
Cette méthode repose sur lefait
que te3u-zoc
est un analoguedu glucose
qui
penètre dans les celluleset
est phosphorylé commele
glucose, maisqui
n,estpas métabolisé au delà du
2-dêoxy-glucose-6-phosphate(3U_ZnC_Op);
en conséquence,Ie 3g-zoc-op s'accumule dans les cellules (en l,absence
detransporteur
spêcifique, les produits
phosphorylésne peuvent pas franchir
les membranes cellulaires) et peut ainsi impressionner une émulsion photographique ou être détecté dans un compteur de radiations B.Pour ces expériences,
la
rétine isolée était panagée en quatre quadrants, et chaque quadrantétait incubé
séparémentà 37oC,
pendantune heure et
dansI'obscurité,
dans une solutionde
Ringer oxygénée contenant3 pM ae 3H-zoG.
,dprès
incubation, les
quadrantsde rétine
étaientrincés
pendantau moins
uneminute
avec unesolution de Ringer
normale (sans3H-2DG) et ils
étaient alors preparés pour I'analyse biochimique ou pour I'autoradiographie (congélation rapideet
séchage sousvide).
L'analyse biochimiquepar HPLC ("high
pressure liquid chromatography") des quadrantsde rétine, m'a tout d'abord
permisd'établir
que plus de 95Vo de la radioactivité encore présente dans le tissu après rinçage provenaitde 3H-znG-6P.
Ensuitede quoi, j'ai
examinépar
autoradiographie des coupes semi-fines faites sur ces quadrants de rétine. Après 2 à 3 semaines d,exposition,j,ai pu
visualiser au niveau cellulairela
distribution de grains révélantla
présence dematériel radioactif (c'est-à-dire, ici,
Oe3U-2OG-6P). [æ
marquage observé setrouvait préférentiellement dans les cellules de
Mùller,
en parriculier au niveau de la rétineinterne; par contre, le
marquage dans des neurones identifiésde la
rétine interneétait très faible voire
absent.Un point
essentielde la
technique quej,ai
utilisée pour I'autoradiographie était que, de la
fixation
du tissu jusqu'à I'apposition des coupes semi-fines contre lefilm
d'émulsion photographique, le tissu n'était plus en contact avecde I'eau.
Cette manièrede faire, qui a
été mise aupoint par
E.Bûchner, de Wûrzburg, permet
d'éviter
que letritium du
3g-ZOG-6p soit échangé avecun 1H
p.ouanantde l'eau, et
des tests préliminaires nousont
amplement convaincu de son bien-fondé.'
Ces résultats indiquaient que les cellulesde Mùller
peuventjouer un
rôlemajeur dans le
métabolismedu glucose dans la rétine.
Cependant,ils
nepermettaient pas de savoir si les cellules de
Mûller
transforment le glucose pour un transfert éventuel aux neurones.Un
problème majeur avec I'autoradiographie par 3H-ZDC estqu'elle
ne perïnet pas de distinguer les voies métaboliques en aval du glucose-6-phosphate dans différents types cellulaires. De plus, Ies cellules de Mi.iller insin
enveloppent de manière extrême tous les types de neurones de la rétine. pour ces raisons, nous avons décidé de développer une méthode d'isolation de cellules deMûller
qui nous perrnette d'explorer le devenir du glucose dans ces cellules seules et dans des conditions expérimentales bien contrôlées.Le
développementde cette
méthode constituele
deuxièmevolet de
cetravail. La
méthoded'isolation
quej'ai
finalement mise au point consiste à exposer la rétine successivement et pendant de courres durées (5 minutes pour chaque étape) à différentsmilieux.
Tout d'abord, la rétine isolêe est exposée à la collagénase dansle but
de digérer les restes devitré qui
adhèrent encore au tissu et diminuent ainsil'efficacité
des changements de solutions opêrés;la
rétine est ensuite rincée dans lasolution
physiologique standard,puis
exposéeà une solution
physiologique ne contenantni
calciumni
magnésium; ceci apour effet
de défaire très lentement lesjonctions entre cellules;
cesjonctions sont
ensuite rompuespar
expositionà
lapapaine
en milieu acide; finalement, la rétine est rincée
plusieursfois
dans unmilieu
physiologique standard contenantdu BSA
(dansle but de créer un film
protecteur autour des cellules) et de la DNAase (pour digêrer les débris cellulaires).Toutes ces étapes sont contrôlées visuellement sous microscope
et, normalement,la
rétine reste complète pendant toute cettepanie de la
procédure.Elle est alors triturée mécaniquement par étapes de sorte
qu'elle
se défait en certains de ses constituants cellulaires, puis en d'autres. Les premières cellules libérées parla trituration
sontles
photorécepteurs. Ensuite apparaissent les cellulesde Mûller
attachées
à des
photorécepteursainsi que
certainstypes de
neurones,puis
des cellules deMûller
seules et d'autres neurones, et finalement quelques débris de tissu insuffisamment digéré.Pour
I'isolation d'une
population quasiment pure de cellules deMùller,
les aliquotsde
suspensions contenant ces cellules sont ensuite passéssur un
gradientdifférentiel de Percoll. Ce
gradient,qui
est obtenupar
centrifugation, permet la séparation des différents types de cellules présents enfonction
deleur taille et
deleur densité, chaque type formant finalement une bande bien distincte dans le tube contenant le Percoll.
[,es cellules de
Mûller
sont ainsi obtenues en grand nombre(environ
2xr05 cellules pour deux rétines) et leurs caractéristiques morphologiques sont semblables à celles observéesin
situ sur des coupes semi-fines colorées.L'identification
de cescellules est d'ordinaire
baséesur des critères
molphologiques. Cependant,j,ai
confirméI'identité
de ces cellules en montrant qu'elles ont une immunoréaction à Ia vimentine (une protéine présente uniquement dans les cellules deMùller,
dans la rétine) et qu'elles contiennent du glycogène. Pour révéler la présence de glycogène,la
techniqueque j'ai utilisée était dans son principe similaire à celle
utilisée auparavantsur le tissu entier, avec
quelques aménagementstoutefois afin
de s'adapter au marquage de cellules isolées.Le
résultat de ce marquage a montré la présence de glycogènetout le
long de lacellule, et le
marquage disparaissait après digestion du glycogène par I'amylase.Ayant ainsi confirmé I'identité de ces cellules de
Mûller, j'ai
vérifié que leur capacité à phosphoryler le glucose subsistait aprèsI'isolation.
pour cela, les cellules ont été incubées dans une solution physiologique contenant du3H-2DG.
par analyse chimiquesur
des cellules ainsi incubées,j'ai pu établir
queplus
des g1Vo de cetanalogue étaient phosphorylés en 3H-zoc-op. La distribution de
cettephosphorylation
a
été examinée par autoradiographie,et la distribution
des grains recouvrait la forme des cellules.Ces
expériencesont
ensuiteété
répétéesen
présence d'iodoacétate, un inhibiteur dela
glycolyse, etle
contenu enATP
et en glycogène des cellules a été mesuré enzymatiquement de manière à montrer qu'elles ont encore un métabolismenormal
aprè1isolation'
Ces mesuresont fait
apparaîtreune forte
baissed'ATp
(85Vo) et de 3H-2DG-6P (90Vo), et
cene baisse érait accompagnée d,une diminution importante du nombre de grains sur les autoradiographies, de sorte que I'image des
cellules
ne
sedistinguait plus du bruit de fond. Par contre,
ces différences ne s'accompagnaientpas de
différences significatives dansIa
quantitéde
3H-2OGrestant, ce qui semblait exclure la possibilité que I'entrée ae
3H-zoG
dans Ia cellulesoit affectée par I'iodoacétate. Nous avons
égalementmesuré le contenu
de glycogène dans ces conditions (en absence de glucose externe) et nous avons trouvé quele
contenuen
glycogène des cellulesdiminuait en fonction du temps.
Cettediminution était
ralentiede
36Voen
présence d'iodoacétate,ce qui indiquait
que dans les conditions de contrôle le^glycogène était métaboliséet
permettait ainsi le maintien de la phosphorylation Oe 3U-ZOG.Ces résultats nous ont permis d'envisager l'étude du devenir métabolique du glucose en hydrates de carbone
et
en acides aminés sur une populationpurifiée
de cellulesde Mûller' En outre,
nous avonspu
commencerd'explorer la
possibilité d'interactions métaboliques entre cellules deMùller
et photorécepteurs en profitant dufait
qu'àla
suite de la dissociation enzymatique dela
rétine,il
est possible avecquelques
modifications et un peu de doiglé d'obtenir de
beaux photorécepteurs encore attachés aux cellules deMùller.
Ce troisièmevolet
de montravail
a fournides
résultats biochimiques quantitatifsqui montrent que les
cellulesde Mûller
synthétisent
et
relâchentdu
lactate et des acides aminés tels quele
glutamateou
laglutamine. La
présencedes
photorécepteursmodifie les
quantités totaleset
laradioactivité des
métabolites extracellulaires,notammeni le lactate, et ceci
enfonction de
I'illumination.
Pour ces expériences, les cellules étaient incubées dans I'obscurité
ou à
la lumière pendant30
minutesà 37"C
dansun
Ringer standard contenant environ 5mM de
1aC{u)-gtucose comme substratunique. Après 30
minutes,elles
étaient rapidement refroidies, séparées du bain par centrifugation, puis rincées et congelées.Le bain
étaittout
de suite congelé puis évaporé sousvide.
Après préparation, les échantillons étaient analyséspar HPLC
de manière à permettrela
séparationet
la mesuresoit des
hydratesde
carbone,soit des
acidesaminés. La
radioactivité incorporée dans les métabolites était mesurée parun
compteur Bsur
les fractions collectéesà la sortie de la colonne HPLC. Quant aux
quantitéstotales
des métabolitesen
question,elles
étaient mesurées grâceà un
détecteurd'indice
de réfraction (pour les hydrates de carbone), ou par un détecteur mesurant I'absorbance ultraviolette del'éluat
après dérivatisation (pour les acides aminés).Dans
les
cellulesde Mûller,
Ies résultats obtenuspour
les concentrations intracellulairesd'acides
aminés s'accordentbien avec celles
mesurées dans descellules gliales
du
cerveau. En cequi
concerne les hydrates de carbone formés àpartir de l4c-glu.or., le 14c-tu.tut" était le principal (environ
50Vode
la radioactivité totale intracellulaire); enoutre,
Ia majeure paniedu
14c-lactateétait trouvée dans
le
bain (près de 50fois
plus que dans les cellules) où elle contribuaitpour plus de
80Vode la
radioactivitétotale.
Læ lactate extracellulaireavait
un pourcentagede
radioactivité nettement plus élevé quele
lactate intracellulaire, cequi fait
p€nser quele
lactate sortant des cellulesétait formé
préférentiellement àpartir d,
14c-glucose fourni.En
présencedes
photorécepteurset sous lumière, le l4c-glr"ore
étaitincolporé en quantité similaire dans les cellules, mais sa répartition était différente:
près de la moitié était incorporée alors en 14c-acides
aminés. En ce qui concerne le lactate,
il
représentait encore une pan importante bien que légèrement plus faible de la radioactivité totale intracellulaire, mais par contre sa radioactivité baissait
de Z0%odans
le
bain. De plus, lorsque cellules deMiiller
et photorécepteurs étaient incubésdans I'obscurité, les valeurs de
14C-lactateintracellulaire et
extracellulaire ne représentaient plus respectivement qu'environ 60Voet
70Vo des valeurs mesurées àla lumière. A ce propos, il faut rappeler que le
métabolismeoxydatif
des photorécepteurs est activé dans l'obscurité dufait
que les canaux ioniques sont alors ouverts:14c-lu"tut*
dans ces estqu'il
conditions, estutilisé
une comme substrat explication possible desdu
métabolisme variationsoxydatif
observées dans sur lesle photorécepteurs.Iinalement,
la valeur sur laquelleI'illumination
avait le plusd'effet
est cellede la l4C-glutu-ine
intracellulaire: elle était environ 80 fois plus
grande dans I'obscuritéqu'à
lalumière.
Cette observation est particulièrement intéressantesi
onla
rapprochedu fait que
certains auteursont
proposé I'existenced'une
navette glutamate-glutamine entre neurones et cellules gliales(voir
schéma) et que, commeon le sait, les
photorécepteurs relâchentdu
glutamate comme neurotransmetteur dans I'obscurité.En
conclusion,j'aimerais
simplement remarquerque,
mêmes'ils ne
nous permettent pas de nous prononcer tout de suite quant à un transfert de substrat entrecellules de Mùller et
photorécepteurs,ces résultats, par leur
richesseet
leur complexité, me paraissent extrêmement prometteurs pour la suite de nos recherches.g
t
luc-6p
p|,u"o,"
g lucose
K rebs cyc le
og lutorole
I
f--Nt-ts
lJro,"note'I
lJrqmine
.glulomole g
g
!
g lu'c o re
INTRODUCTION
This project aims
to
explorein
a mammalian preparationof
central nervous system tissue thenutritive
roleof glial cells (e.g. Kuffler & Nicholls
1966, 1976;Lasansky 1965; 7971). The specific question being addressed is whether
glial
cells transform blood-borne glucose, other thanfor
storagein
theform of
glycogen, and transfera different
substrateof
energy metabolismwhich
neurones needbut
maynot
synthesize themselves.The test of this working
hypothesisis original
in vertebratestudies; it should be
acknowledgedthat it has been
developed and continually shaped by quantitative experimental results obtainedin
a "simple'L modelof brain
tissue--the retinaof
the honeybee drone (Tsacopouloset
al.,
1988; 1992;1994)-- and
for
which this project is a direct testof
the generalityof
those findings.Central nervous system (CNS) tissue is basically composed
of
neurones andglial cells which
together operate as metabolically andfunctionally
coupled units(e.g. Varon &
Somjen
1979).Glial cells
are as numerous asthe
neurones they surround (Palay&
Chan-Palay 1977), and are "electrically nonexcitable', cells in the brainfor which
agrowing
numberof
roles have been proposedin
vertebrates (see Barresfor
review 1991), but rvhose precise function(s) haveyet to
becritically
putto
rigorous experimental testing(c.f. Hubel
1979; Bradford 1986).Within
the past 20 years, 3 proposed functionsof glial
cells have received wide attention: a functionin K+
homeostasis (Coles&
Tsacopoulos 1979; Coles 19g9; Gardner-Medwin etal.,
1981; Karwoskiet al.,
1989); a functionin
synaptic transmission (Hertzet
al., 1983; Brew& Affwell
1987; Szatkowski etal.,
1990;Barbouret al.,
1991; Bouvier etal.,
1992) and a functionin
nourishing neurones (Tsacopoulos etal.,
1988, 1993, t994).A
fundamental questionin
neuroscience has been whether glycogenolysis inglial
cells servesto
nourish neurones (Varron&
Somjen 1979;Kuffler &
Nicholls 1966;Wolfe
and Nicholls 1967). This notionof
"storage and release" is conceptuallydifferent from that formulated in
1904by Golgi (cited in Kuffler and
Nicholls 1966),who
had proposed,on the
basisof
theglial
enshearhingof blood
vessels, thatglia
were inert channelsfor
the shuttlingof
nutrientsfrom
bloodto
neurones.It
is known that stored glycogen is labile and thatit
can be mobilizedduring
ischemia(towry et
at.,
19641,however it was not
possibleto
determinewhether
this carbohydrateis
consumedby the glial cells
themselvesor is
made available to neurones. Oneof the first
indications thatglial
glycogenis'available to
neurones comesfrom
studiesin
this laboratoryin
the honeybee drone retina (Tsacopoulos etal., L987,1988). However,
glycogenper se is not
transferredfrom
onecell
to another, and nowhereprior to
thework in
drone retina wasit
demonstrated that aproduct of glycogen metabolism is transferred from glia to
neurones. This correspondsto
the notionof
"storage, transformation and release" (Tsacopoulos etal.,1994).
The objectivês and rationaleof
the present project have been therefore alogical extension
of
thework
carried outin
insect retina.The mammalian retina is an appropriate CNS preparation
in
which to test thenutritive function of glia
because(1)
glycolysis,which
has been exploredat
great lengthsin
this tissue (Cohen& Noell
1960; Catanzaro eral.,
1962; Graymore 1969;Starr 1975; Mojaria & Voaden
7979;Winkler lg82), is
essentialto
maintaining normal retinalfunction;
and (2) and theMùller glial
cells contain the predominant storesof
glycogen (Kuwabara and Cogan 1961). Glucose metabolism hasnot
yet been explored at the cellular and molecular levelin this
tissue, so the specific roleof
glucose metabolismin individual
retinalcell
typesis
unknown. The solution to this question is significant, however, towards determining how glucose metabolismin
eachcell
type contributesto
the functioningof
the retina as awhole. This is
aconsiderable challenge technically, owing
to
the extreme cellular heterogeneity andfunctional complexity of this
tissue(Figure 1). This is confirmed by the
work presented in thefirst
article.The
work
presentedin
this thesis may be divided into three logicalphases/parts, coresponding to
2
articles and 1 manuscript.Briefly,
we began this study using freshly dissected retina from the juvenile guineapig in
aneffort
toidentify
which cells intensively metabolise glucose. This part corresponds to phase 1or
"the identificationof
cellular sitesof
retinal glucose phosphorylation."
The resultsof
that paper raised the question as to whetherMùller
cells transform glucosefor
storage principally in theform of
glycogenfor
their cellular functions, or to transform glucosefor
transfer to other retinal cells, or both. The major drawbackof
retinal studiesof
this kind usinglight
microscopic autoradiography was theimpossibility to differentiate metabolic pathrvays occurring
in
any one particular cellTpe. In
particular, the resolution provided by the histochemical techniques used were impaired by the differencesin
size betweenMiller
cells and notably photoreceptors. Moreover;Mûller
cells in sîtu interdigitate befweenall
retinal neuronesfrom
the inner to outer retina.A
method, therefore,for
the acute isolationof
a purified populationof Mùller
cells from the same preparation was developed and the metabolism of these cells tested. This corresponds to phasez or
,,the development and metabolic testof
acutely isoratedMûller
cells."
Lastly, themetabolic fate
of l4c-glu.ore
was determined in this cell model and thebiosynthesis and release
of
glucose-derived carbohydrate intermediates and amino acids quantified.A
possible metabolic transfer of these metabolites was tested in asecond cell model comprising
Mûller
cellsstill
attached to photoreceptors. This is the subjectof
the last phase correspondingto
"the applicationof
models to study metabolic interactions between glia and neuronesLegend
for Figure 1.
Micrographof
semi-thin section of juvenile guinea pig retina showing major cell types.Mû: Mûller glial
cells; G=
ganglion cells; AC=
amacinecells;
BC= bipolar cells;
HC=
horizontalceils;
pH-
photoreceptors; IS=
innersegments
of
photoreceptors;OS=
outer segmentsof
photoreceptors;RpE=
retinalpigment epithelium. Light
penetratesthe retina at its inner limiting
membrane(ILM)
and traverses the entire thicknessof
the retinato
photoreceptors where thelight
signal is transformedinto
an electrical signal. Thetwo
layers where neurones make synapses are indicatedby
asteriks.Mùller glial
cells extendfrom
theILM
to past the outerlimiting
membrane(OLM),
envelop synapsesin thç
inner and outer retina, andin
this preparation are particularly large. The thicknessof
the retina is approximately 720 microns..\euroscience Letters, 122 (1991) 241-244 Elsevier Scientific Publishers Ireland Ltd.
NSL 07509
The pioneering histochemical studies undertaken by Kuwabara and Cogan [8, 9] revealed the importance of Mûller cells. the principal glia in the retina, as nutritional supporting cells
in
the mammalian retina. As Mûller cells extend radially across the neural retina, from the inner limiting membrane(ILM) to
at leasr the outer limiting membrane (OLM), and possess an active glyco- gen metabolism [8], it is reasonable to suggest that they may also play a key role in the metabolism of glucose in the mammalian retina.Glial cells of the central nervous system (CNS) are u'ell situated to perform the transformation and transfer of substances to neurones as they intervene between the neurones and the blood vessels (hypothesis formulated by Golgi. cited in ref. 7). The inner retina is no exception [5]. While this morphological evidence is undeniable, the role of glia in supporting neurones by transforming glu- cose and transferring to neurones a glycolytic substrate, as previously shown in the honeybee drone retina [15J, lacks direct experimental support
in
the mammalian CNS (but see refs. 6, l0 for contrasting views). For these reasons we initiated a study to identify the cellular site(s)of glucose phosphorylation in the retina of the juvenile guinea pi_e. Although this retina is pseudoangiotic Il l],
the retinal glial cells are large and easily identified in his- tological sections and in autoradiographs it was possible to assess their capacity to phosphorylate glucose.
As glucose is the principal metabolic substrate for the Correspondence. C. Poitry-yamate, Experimental Ophthalmology Laboratorv. 22 rue Alcide-Jentzer, l2l I Ceneva 4, Switzerland.
24t
retina in mammals [4] our strategy was to load isolated retinas in vitro with the radiolabeled glucose analogue, [3H]2-deoxy-o-glucose (PH]2DG), and
to
follow its metabolic fate by light microscopic autoradiography.If
retinal glial (Mûller) cells phosphorylare glucose rhen
2DG will be phosphorylated by a hexokinase to 2DG-6- phosphate (2DG-6P), a metabolic end-producr rhat ac- cumulates in the cell [2j.
The experimental procedures we used have been pre- viously described [2,
3, l5].
Briefly, under dim white light, eyes from juvenile (postnatal days!6)
guinea pigs(Cavia coba.r-a porcelus), not previously dark-adapted, were enucleated alter decapitation and the retina dis- sected free in substrate-free oxygcnated Ringer solution.
For each eye, the retina was cut into quarters. and each quarter incubated alone but in parallel (in 4 identical 200
pl
chambers)for
60 minin
the darkin
oxygenated Ringer solution (in mM: NaCl 124, KCI 5, CaCll 2, KH2PO4 1.25, NaHCO3 20, MgSOa 2, pH 7.4 ar 37"C) carrying 3tM
[3H]2DG (spec. âcr.:
42 Ci/mmol).Thereafter, the 4 retinal quarters were washed
(l
or 45min) in substrate-free oxygenated Ringer solution in or- der to
(l)
remove nonphosphorylated fHl2DG and (2)assess, indirectly, glucose-6-phosphatase activity [15].
For any one given retina
(n=8),2 of
the4
retinal quarters were subsequently frozen in liquid nitrogen for HPLC analysis of [3H]2DG-6p and [3H]2DG ro derer- mine the identityof
silver grainsin
autoradiographs (ARG$ (e.g. ref. l5). The 2 remaining quarrers were fro- zen in isopentane cooled in liquid nitrogen for autora- diography. At all stages from fixation to autoradiogra-Glial (Mûller) cells take up and phosphorylate 13U12-Aeoxy-D-glucose in
a mammalian retina
Carol Poitry-Yamate and Marcos Tsacopoulos
Experimental ophthalmology Laboratory. lJn.iversitv of Geneva. Geneva ( s*.ir:erlandl (Received 8 June 1990; Revised version received l9 October 1990; Accepted 26 October 1990)
Ke.t u'ords; Mûller (glial) cells; Glycolysis; [3H]2-Deoxy-o-glucose; Autoradiography; [rH]2-Deoxy_o-glucose-6-pOrl Mammalian retina; Neuroglia [rH]2-Deoxy-o'glucose-6-POa (PHI2DG-6P) was visualised at the level ol single cells in freeze-dried guinea pig retinal sections by in vitro lighr rnicroscopic autoradiography after incubation with IrH]2-deoxy-o-glucose ([]H]2DG). In the dark, autoradiographs revealed heterogeneous labeling tçithin individual retinal layers. Labeling, representing PHI2DG-6P, was prelerentially located over Mùller (glial) cells. Labelling over identified neurones in the inner nuclear layer, in contrast. was scatce and over ganglion cells was exceptional. Our observations indicate that Mûller cells in the mammalian retina phosphorylate []HJ2DG to []Hl2DG-6p, the first step in glycolysis.
0304-3940 9l S 03.50 e l99l Elsevier Scientific publishers Ireland Ltd.
242
phy
aqueous phases were avoided: freeze-drying, osmium vapour fixation and epon.embedding were per- formed under vacuum [2, 3]. Sections,34
pm thick. cuton dry giass knives at high cutting speeds, were mounted on microscopic slides and then apposed to L4 nuclear emulsion (ILFORD) coated slides in order to prevent
exposing the retinas to water and therefore loss and dis- placement
of
[3H]2DG-6P. Autoradiographic'sand- wiches' were exposed for 2-3 weeks in the dark at 4"C.Coated slides were developed in Kodak
Dl9
and sec-tions were stained with Toluidine blue/borax. Sections and ARGs were photographed separately using phase
contrast and lightidark field illumination at the same magnification under oil immersion ( x 40 objective) using a Zeiss Axiophot light microscope.
HPLC analysis, scintillation counting of retinal ho-
mogenates (see ref. l5), and integration of [3H]2DG-6P and [3H]2DG peaks in chromatograms revealed at least
30 times more [3H]2DG-6P than [3H]2DG
(n:16,
8 eyes), indicating that pUIZOC-ee would represent more than 90% of the silver grains in ARGs. Not only was the quanriry of [3H]2DG-6P (cpm/mg dry weight tissue) suf- ficient for their detection as silver grains in a typical mi- crograph of a section of guinea pig retina, butif
only localized to Mûller cells (Mùller cell surface area was 20- 25% of total tissue surface area from weight measure-ments
of
paper cut-outs), would 'blacken' more than 50% of the cell surface (ref. l5 for penetration capability of 3H and conversion of disintegration of [lH] to silver grains), As differences in washing time(l
vs 45 min) didnot appreciably alter, and
in
no case diminish, the amount of PHI2DG-6P detected we concluded that glu-{
'i
tu t1itriç;fi;
rb
' rt:
".I.
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.., i.'..i.
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I
Fig. l. Guinea pig retina. a: topogaphic Epon+mbedded section cut and processed for ARG in the absencc of water for high retentiod and localiza- tion of []Hl2DG-6p. Vitreous ir
"i ttt. top in this and all other frgures. Arrows outline 2 Mùller cells. Toluidine blueiborax, phase contrast' b: accom- pan5,ing autoradiograph of retina shown in a, after exposure to [3H]2DG for 60 min in the dark. Silver grains due to radioactivity appear as white spots and are mainly concentrated over Mûller cells. Neurone cell bodies are sparsely labeled. Scale = 50 pm. c: detail ol a. Mûller cell endfeet
(lar_se (*). delimited by two small arrows, and smaller (*)) and cell body (large arrows). Four neurone cell bodies in INL indicated by (t) are flanked b1 Mûller cells, d: detail of b. Note intense labeling of Mùller cell endfeet and cell body and absence of labeling over neurone cell bodies at the Ievel ollNL. At upper right labeling ol 2 Mûller cell endfeet (left one is delimited by small arrows). Symbols are those from c. Top vertical black
bar at right indicates IPL. Lower bar indicates OPL. Scale
:
20 pm'213
Lr(
ILM
IPL
v.
- INL
1
ONL
Fig. 2. Guinea pig retina showing. a: 5 ganglion cell bodies (arrows) at top. b: ARG of a. Absence of labcl over ganglion cell bodies. Neighboring packets of silver grains. representing [rH]2DG-6P, overlie Mùller cell endfeet. Scale = 50 tm.
Fig. 3. Guinea pig retina demonstrating. a: Epon-embedded section following incubation in periodic acid-thiosemicarbazide silver proteinate solu- tions [14], indicating sites of glycogen in Mûller cells. Note lamination ol their lateral ramifications in IPL and extent of staining of I Mûller cell from the ILM to INL (r); inset, different section showing glycogen staining in Mùller cells at the level of INL, OPL and ONL. Digestion of glycogen
with r-amylase in control sections removed the staining in Mùller cells (not shown). Scale: 20 gm.
,
cose-6-phosphatase activity was negligible in catalyzing the dephosphorylation of 2DG-6P in this retina (Nelson et al., quoted in l5).
The structural preservation of the guinea pig retina following freeze-drying was satisfactory for the identifi- cation of all retinal layers and cells in light micrographs.
Mùller cells (Fig. la,c) could be traced from their irregu- lar polygonally-shaped cell body located in the inner nu- clear layer (INL), to their long vertical process given off lrom the cell body in the inner plexiform layer (IPL) to their endfeet at the inner limiting membrane (ILM). The corresponding [3H]2DG ARG (Fig. lb,d) revealed a
nonuniform distribution
of
silver grains, representing fHl2DG-6P, in the inner retina of the juvenile guinea pig and no spreading of label around the edges of the section, Silver grains were localized over regions corre- sponding to Mùller cells, particularly at the level of the endfoot. cell body, and vertical process. The intense la- beling over Mûller cells rapidly fell offat the boundaries of the cell body. Outside this boundary weak/no label-ling over neighboring
INL
neurone cell bodies was observed. Of the 35 ARGs examined (from 5 eyes) 3showed singular cases of labelling ovcr nonglial cells in addition to labeled Mùller cells:
I
horizontal cell and 2 tentatively identified amacrine cells bordering the IPL and ganglion cell layer (GCL). We cannot presently offer an explanationfor
this occurrence. Grains were also heterogeneously distributedin
the innermost retina. 5 large ganglion cells in Fig. 2a showed no labeling beyond background levels within the boundaries of the cell body (Fig. 2b). In sharp contrast, the Mùller cell cytoplasm surrounding ganglion cells was intensely labeled (Fig.2b).
At the level of the IPL the lateral processes of Mûller cells and neurone processes are too small for identifica- tion in Toluidine blueiborax-stained semi-thin secrions by light microscopy. However, in semi-thin sections his- tochemically treated to reveal glycogen [14j, the organi- zation .of fine lateial processes of Mùller cells, which stained positively for glycogen (Fig. 3), were reminiscent