M ATHÉMATIQUES ET SCIENCES HUMAINES
B. M ATALON
Le goulot d’étranglement
Mathématiques et sciences humaines, tome 1 (1962), p. 34-35
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34
LE GOULOT D’ETRANGLEMENT
De nombreux chercheurs ou praticiens se sont
probablement déjà
trouvés dansla situation suivante : ayant
posé
unproblème
d’unefaçon
qui leur sembleméthodologi-
quement correcte, ils ne
disposatient
pas deté-,chniques statistiques,
ouplus généralement mathématiques,
pouranalyser
leurs résultats et vérifier leurshypothèses.
Celapeut-être
dû soit au fait que la
technique
utile n’a pas encore été élaborée par les mathématicienssoit au manque de conna,issance du
psychologue,
qui n’a souvent ni lapossibilité
maté-rielle ni les connaissances nécessaires pour rechercher des informations en-dehors des
quelques
manuelsauxquels
il est habitué. Rares sont les chercheurscapables,
dans detels cas, d’élaborer eux-mêmes les méthodes qui
s’appl,iqueront
exa ctement à leur pro- blème. Engénéra~,
on s’en tire soit en modifiant 1 eplus d’expériences,
et en se rabat-tant sur un
plan
moins bienadapté
ouplus coûteux,
soit en traitant les résultats de fa-çon peu
rigoureuse.
Connaître de tels cas serait évidemment important pour savoir
quels
sont lesbesoins réels en
techniques
statistique.Certes,
ils sont difficiles à recenser : on sait bienqu’on
a tendance à poser lesproblèmes
en fonction des moyensd’analyse
dont onsaiit
disposer.
Un effort pour les mettre en évidence nous semble d’autantplus
important, afin de pouvoir soit foire connaître certainestechniques lorsqu’elles
existent dans despublications spécialisées,
souvent peuaccessibles,
soit même poursuggérer
des direc-tives de recherche à des mathématiciens.
Ces considérations nous ont amenés à ouvnir dans le bulletin une
rubrique qui
devrait tenir à la fois de
l’enquête
permanente et de «courrier des lecteurs». Nous deman- dons à tous les intéressés de nous envoyer ladescription
de cas où ils se sont heurtéset nous les
publierons.
Nous les soumettronségalement
à des personnescompétents,
qui pourront éventuellement donner la solutioncherchée,
ou du moins faire dessuggestions
utiles. Mais nous pensons que lapublication
de tels cas pourra servir, même si aucuneréponse
nepeut-être
immédiatementapportée.
Il est évident que les cas
publiées
dans cetterubrique
resteront anonymes. Tousles lecteurs de
mathématiques
et sciences humaines sont invités à apporter leur contri-bution,
soit sous forme de carsproposés,
soit sous forme de solutions ou desuggestions.
B,. MATALON
CA S N° 1
Ayant
« mesur’ sur les mêmes individus deux variablesordinales,
en fatisantl’hypothèse
d’une relation monotone entre lesdeux,
on a constaté que la courbeprésen-
talif un maximum visuellement très net. La vérification de
l’hypothèse
de monotonie par une corré-lation par rangs
(Kendall~
a amené à larépéter.
En taissant de.côté lesproblèmes posés
par35
la