A NNALES SCIENTIFIQUES
DE L ’U NIVERSITÉ DE C LERMONT -F ERRAND 2 Série Mathématiques
P. F ARJOT
Existence et unicité du maximum d’une forme linéaire sur un ensemble de matrices diagonales
Annales scientifiques de l’Université de Clermont-Ferrand 2, tome 58, série Mathéma- tiques, n
o12 (1976), p. 184-194
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184-
EXISTENCE ET UNICITE DU MAXIMUM D’UNE FORME LINEAIRE SUR UN ENSEMBLE DE MATRICES DIAGONALES
P. FARJOT , Université de Clermont
Introduction
Nous nous proposons de donner dans cet article une
démonstration simplifiée
d’unrésultat énoncé
parMonique HAKIM,
Eric Olivier LOCHARD, Jean-Pierre OLIVIER et Eric TEROUANNE deMontpellier,
dans unpapier intitulé
"sur les traces deSpearman
I"([3]).
Si A est une matricen x n
symétrique semi-définie positive,
nous lui associons l’ensembleGI (A)
des matricesdiagonales
D à termespositifs
ou nuls telles que A - D soitsemi-définie positives,
et nous montrons que toute formelinéaire
T surM n
strictementpositive
surm+n
atteint son maximumsur
GI (A)
en unpoint
et un seul. Notredémonstration permet
aussid’étendre
cerésultat
à une formelinéaire
ne s’annulant sur aucun des vecteurs de la basecanonique de [R n
Nous tenons à remercier le Professeur
Gérard
LETACqui
nous asignalé [3]
et nous aguidé
par ses conseils.Notations et
Définitions
Dans toute la suite nous
noterons 1
l’ensemble11, 2,
...,n ,
P
(respectivement P*_)
l’ensemble des matrices n x nréelles symétriques,
I I
semi-définies positives (respectivement définies positives).
L’ensemble 0
(respectivement 0;)
des matrices n x nréelles,
dia-gonales (respectivement diagonales
àtermes > 0),
seraidentifié
à.mI
(respectivement
à un sous-ensemble de[RI).
Nousécrirons indifféremment
185-
!P
ou[R~
et nous noterons.,*" en
les vecteurs de la basecanonique
de
[R n
Nous noterons A
(i, j)
les éléments d’une matrice A dePI
«i,
1 xI)
et D(i)
ceux d’une matrice D de Di(1 e Il . )j) désignera
le nombred’éléments
d’un ensemble J.Définition
Une forme
linéaire
T surDI
sera ditestrictement positive
si+
°
pour tout 0 de
DI
nonnul,
on a 0.Un
élément
A dePI
et une formelinéaire
Tsur étant donnés.
nous leur
associerons
les deux ensembles suivants :Remarque
Avec les notations
ci-dessus,
lerésultat
que nous nous proposons de démontrers’énonce :
"si A est dansPI
et si T est une formelinéaire
sur strictement
positive,
alorsSr (A)
est un ensembleréduit
àun
élément".
§ 1 -
Résultats préliminaires
Dans tout
ce § ,
Adésignera
unélément
dePI
et T une forme,linéaire
sur(RI.
Proposition
1.1G
(A)
est unepartie compacte
convexe non vide de~I .
-186-
Preuve.
Gr (A)
est non videpuisqu’il
contient 0.1°)
Montrons queG (A)
estun , fermé
detR .
Si J est un sous-ensemble non vide de I, notons
fJ l’application
continue
définie
surDI
parf J
=dét
mineurprincipal
d’ordre J de A - D. Avec ces
notations,
on a(~2~ ~ :
set
Gr (A)
est donc unfermé
dem~.
2°)
Montrons ueGr (A)
est unborné
de .Pour tout i de
1,
D( i ) >,
0 et Aii, i ) -
D(i) =det 0 1
donc
et par suite
.
GI (A)
estborné.
3 ° ) On déduit immédiatement
de1 ° )
et2° )
queGI (A)
uncompact
deIRI.
4° )
P i est un cone convexe, donc G i( A) = {o
E0; J
iD A}
est convexe,avec la re lation
définie
surPI
parA ~ B
si eu seulement si B - A EPI .
On
déduit immédiatement
de cequi précède,
laproposition
suivantequi représente
en f ait lapremière partie
durésultat
que nous nous pro- posons dedémontrer (existence
d’au moins un maximum pour T surGI iAl l ,
et
q ui
est vraie pour une formelinéaire
T arbitraire surM
l(non néces-
sairement strictementpositive) :
-187-
Proposition
1.2ST (A)
est un ensemble non vide.Ppeuve.
T étant une formelinéaire
sur estcontinue;
deplus,
étantune fonction
numérique
continue sur lecompact
non videGI CA) ,
elle yest
bornée
et atteint sesbornes,
d’où laproposition.
Remarque
1.1La
proposition
1.2peut
aussis’exprimer
sous laforme:"l’hyperplan
H (AJ
=1 D E IRI ;
J TD = sup Td}
est unhyperplan d’appui ( [1] )
dedEG I CA)
Gr CA) ".
Notons une autre
propriété
de l’ensembleST (A) associé
à une formelinéaire
arbitraire T surER
:Proposition
1.3S T (A)
est un convexecompact
deOR
Preuve.
S T (A)
estconvexe compact
car intersection du convexecompact
Gr (A)
parl’hyperplan HT (A) défini
dans la remarque 1.1.Les deux
propositions qui
suivent sontétablies
sous deshypothèses beaucoup plus
restrictives pourT , puisque
nous choisissons dans cequi
suit T strictementpositive.
Proposition
1.4Si T est une forme
linéaire
surmI
strictementpositive,
alors touté lément D
deST (A) vérifie
la relationdét C A - 0)
= 0.Preuve.
PosonsGx (A)
=0
EO~
J A - D cP[1 .
Avec les notations de laproposition 1.1,
on a([2]) :
188-
donc
G* (A)
est la trace sur+
d’un ouvert del
donc
I CA)
est la trace surI
ouvert °Soit D dans
Sr (A) ;
ilvérifie dét (A -
0puisque
A - D est dans P .Supposons dét (A - 0)
>0, c’est-à-dire
D dansG* (A) ;
onpeut
I . I
alors trouver un
élément
non nul D’ deDI
tel que D + D’ soit dansGr (A) ;
donc
puisque
T est strictementpositive,
on a :ce
qui
est en contradiction avec le fait que D + D’ est dansGI (A)
et Ddans
ST (A) (et
parconséquent que T (0 + 01) ,
TD).
°L’hypothèse
dét (A -
0 est doncfausse,
d’où laproposition.
Proposition
1.5Si T est une forme
linéaire
surmI
strictementpositive,
il existepartie
J non vide de I telle que laprojection canonique
deST (A)
sur
(R i
soitréduite
à unpoint.
Remarque
1.5La
proposition
1.5peut s’exprimer
aussi sous la forme : il existeau moins un indice i de I tel que, pour tous D et D’ de
ST (A),
D(i)
=D’(i).
La preuve de la
proposition
1.5découle immédiatement
de laconvexité
deST (A)
et des deux lemmes suïvants :Lemme 1.1
°
Si T est une forme
linéaire
sur(RI
strictementpositive,
alorsdeux
quelconques
deséléments
deST (A)
ont au moins une mêmecoordonnée.
Ppeuve.
Soient 0 et D’ dansST (A).
Montronsqu’il
existe i dans I telque D
(i)
= D’(i). ST (A) étant
convexe,0À
= ÀO +(1-X)
D’ estélément
189-
de
Sr (A)
pour tout À dansdonc, d’après
laproposition 1.4,
dét (A - D )
= 0 pour tout X de,Or dét (A - D )
est unpolynôme
en a; donc le coefficient de son terme de
plus
hautdegré
en À estnul ;
¡par
conséquent
fi(D’ (i) -
D(i))
=0,
et par suite ilexiste
aui~I -
moins un indice i tel que D’
( i )
= D( i) .
Lemme 1.2
Si S est un convexe non vide de
rn l
tel que deuxquelconques
de seséléments
ont au moins une mêmecoordonnée,
il existe unepartie
J nonvide de I telle que la
projection canonique
de Ssur
soitréduite
à unpoint.
Preuve.
Etantdonnés
deuxéléments
s = et SI(s:i.)1EI
deS,
20132013’ 11~1 iiE1 E
nous noterons
Par
hypothèse,
on a k > 0. Soients (1)
ets (2)
dans S tels que k =J (s (1) ~ s (2) )1 J
nous noterons p ar J l’ensemble J(s (1) ~ sl
pour
simplifier.
Nous allons montrer que pour tout i de J et tout s deS , s i
= ceq ui impliquera
a fortiori le lemme. Raisonnons ar l’ebsurde : , si cerésultat était faux,
il existerait 1 dans J ets (0)
dans S tels ue q s
si ;
nsi
i . Posons alors :Comme S est convexe, pour tout
À
dans[0, l]
À(1)
+(1-X) s
est danss
S et par
conséquent JJI ;
d’autrepart, quelque
soit Xdans
[D, 1] , io n’est
pas dansi À ;
parconséquent,
pourtout
X deCol il,
-190-
on
peut
trouver au moins unélément,
soiti~ ,
dansJ~ , J ; c’est-à-dire,
en revenant aux
définitions (~)
et pourtout À
de~0, ~
onpeut
trouver un
élément i~
deI1
=1 B
J tel que Àappartienne
àEi s
autre-ment dit
(E ) i
constitue un recouvrement de[0, 1] .
On endéduit
l’existence d’au moins un élément de
I1.
soiti1’
tel queEi 1 possède
aumoins 2
points
À et À’ distincts ; mais alors ,ce
qui
entraîne =s(2) , c’est-à-dire
i estélément
de J. On arrive à une contradictionpuisque i1
est dans IB
J. Le lemme 1.2 est donc vrai.Remarque
1.6Le lemme 1.2 est faux si l’on ne suppose pas S convexe.
Exemple :
I =11, 2, 31 ;
S =f(1,0,0) , (0,1,0) , (0,0,1)1.
9 2 - Le
théorème
Dans tout ce
paragraphe,
Adésignera
encore unélément
dePI et
Tune forme
linéaire
surIRI.
Deplus,
si J est unepartie non
vide deI,
nous identifierons
tp
à un sous-espace defp (nous
noterons de la mêmefaçon
unélément
de~J
etl’élément
deIRI
construit en attribuant la"aleur
zéro
à toutes lescoordonnées
d’ indice dans IB J ) ;
demôme,
nous identifierons
PJ
à un sous-ensemble dePI (et
nous noterons de lam§me
façon
unélément
B dePJ
etl’élément
dePI
construit enposant
B
(i, j) =
0 si(i, j)
n’est pas dans J xJ) ;
nous utiliserons enfin les notations suivantes :Notation
1 : si 0 est unélément
deo* , nJ (0) désignera
saprojection
canonique
sur(Ri.
191-
Notation 2 : si B est un
élémen,t
dedésignera l’élément
de
P
tel que, pour tout xde gà
où. Bz,
z >désigne
la valeur aupoint
z deER
de la formequadra- tique associée
à B.~
Remarque
2.1Il est facile de voir que
(1) définit
bien une matricesemi-définie positive ItJ (8) qui
est la bornesupérieure (pour
larelation
intro- .duite dans la preuve de la
proposition 1.1),
de l’ensembleP ; C
Remarque
2.2+
Les notations 1 et 2 coincident pour un élément de
DI (compte
tenude l’identification de
D+
avec un sous-ensemble deNotation 3 : si J est une
partie
non vide deI,
nous noteronsTJ
la res-triction de T à l’ensemble
IRJ.
Avec ces
notations,
nous pouvonsénoncer
le lemmesuivant,
valable pour une formelinéaire
arbitraire T sur :Lemme 2.1
Soit
(J, K)
unepartition de
l’ensemble Isupposé
decardinal ~2.
Alors
i)
si D est dansG I (A),
la section deG I (A)
aupoint n1 (0) (suivant tRK)
est
égale
àGK (il K (A - n- (0)))
J192-
ii)
si 0 est dansS,
.
(A),
la section deST (A)
aupoint
fi J(D)(suivant
(RK)
est contenue dans(II K ( A - lI ( D) ) ) .
°Preuve.
i )
Soit F =(
â E(RK ; l1
+H 1 (0)
EG~
la section deGr ( A)
aupoint
H1 ( 0) .
Montrons d’ abord que F est inclus dansGK (II K ( A - H 1 (0))).
Soità dans F ; à +
II J (0)
est dansGI (A) ,
donc A 4 A -IIJ ( D) . D’ après
laremarque
2.1,
on aIIK (A - H1
cequi signifie
quel’élément
l1 de
D+ K appartient
àG K (A - TIJ (0))).
Montrons maintenant que
GK (TIK (A - IIJ (0)))
est inclus dans F. Soit ô dansGK (IIK ( A - II J (0))) c’ est-à-dire à + IIK ( A - II J ( D) ) ; d’après
la remarque
2.1, ITK (A -
A -IIJ (0), donc 6
A -nJ (0)
etp ar suite 6 est un
élément
de/
IRK
tel queô
+TIJ (0)
est dansGr (A) ,
donc ô est dans F.
ii)
Soit à dans la section deST (A)
aupoint 1IJ (D) ;
donc à est dansGK (TIK (A - TIJ (0))).
Pour tout 6 deGK (TIK (A - TIJ (0))).
6 +H 1 (0)
estdans
GI (A) d’après i),
et comme à +TIJ (D)
est dansS~ (A),
on a :et par
conséquent :
L’élément
A deGK (IT (A - TIJ (Dl l l
est donc dans(TIK (A - TIJ (0))).
Théorème 2.1
Si T est une forme
linéaire
surIRI
strictementpositive,
pour toutélément
A dePI
l’ensembleST (A)
despoints où
T atteint son maximum surGr (A)
estréduit
à unpoint.
193-
Preuve.
Procédons
parrécurrence
sur la taille n deI,
enremarquant
que lethéorème
est trivialement vrai pour n = 1 et ensupposant (hypothèse
de
récurrence)
que, pour K de taille n~ nonvide,
toute formelinéaire
T surIRK
strictementpositive,
et toutélément
A deP . l’ensemble
K K K
Sr K (AK)
estréduit à
unpoint.
.D’après
laproposition 1.5,
il existe unepartie
finie non vide Jde I telle que
n- (Sr (A))
estréduit
à unpoint ;
soitDo
cepoint ;
posons K = I
B
J etAK
=TIK (A - Do).
Si K est non vide(le
cas K= ~
donne aussitôt le
théorème), d’après l’hypothèse
derécurrence,
l’ensembleSr
K(AK)
estréduit
à unpoint ;
or,d’après
le lemme2.1, Sr (AK)
con-tient la section de
K K
ST (A)
aupoint Do
=IIJ (D) (suivant
cettesection est
égale d’après
ladéfinition
deD,
o àS
T(A) - (D )
0qui
estnon
vide
J par suiteS
T(A) -
o estréduit
à unpoint
et doncS
T(A)
aussi.Corollaire
2.1Si T est une forme
linéaire
surrn l
ne s’annulant sur aucun des vecteurs de la basecanonique
dernn,
pour toutélément
A deP I
l’en-semble
Sr (A)
despoints
où T atteint son maximum surGI (A)
estréduit
à un
point.
Preuve, Soit I’ =
{i
EI ;
T(ej 0}
et I" =1 B
I’.1er cas : l’ = ~ ° Alors
Sr (A) -
En effet soit D dansSr (A)
etsupposons non vide l’ensemble
{i
E1 j
J D(i)
> comme 0 est dansce
qui
estimpossible ;
donc(1.e I ;
J D(i)
>01
estvide,
c’est-à-dire D - 0.2eme
cas : Il = 0. Alors T est strictementpositive :
c’est lethéorème
2.1.194-
3ème cas :
(Il, I")
est unepartition
de I.D’après
lethéorème 2.1,
ST I" (III" (A))
estréduit
à unpoint,
soit A. Nous allons montrer queS T (A)
=~.
Soit D arbitraire dansST (A) (que
l’on sait nonvide ) ;
alors on a :a) Rit (D)
= 0 ; eneffet, d’après
le lemme2.1, n (D)
est dansST
I ~(H
IF(A -
TI ln (D))),
ensemblequi, d’après
l’étude dupremier
casest
égal
à{0 ~ .
b) (D)
=à ;
eneffet, toujours
en utilisant le lemme2.1, II I" (D)
est dans
Par
conséquent,
on a bienST (A) -
REFERENCES
[1]
N.BOURBAKI, Espaces
vectorielstopologiques,
Hermann(1966)
2ème