Correction DM ROC
Présentez les critères d'appartenance à la lignée humaine. Justifiez l'appartenance des genres Australopithèque et Homo à cette lignée.
Introduction
L’homme actuel ou Homo sapiens est le seul représentant actuel de la lignée humaine (homininés) qui est constituée de notre espèce et de toutes les espèces, aujourd’hui fossiles, qui l’ont précédé.
Les scientifiques admettent que les espèces les plus apparentées sont celles qui présentent le plus grand nombre de caractères dérivés communs, ils ont alors établi que l'espèce actuelle la plus apparentée à Homo sapiens est le Chimpanzé. Leurs lignées se seraient séparées il ya ± 7 MA commen en témoigne notre plus lointain représentant actuellement connu Toumaï.
Cependant le groupe Australopithèque constitué uniquement d’espèces fossiles est considéré comme étant plus étroitement apparenté à l'Homme que le Chimpanzé.
Le genre Homo,lui, apparaît en Afrique il ya ± 2,5 MA, il est représenté par de nombreuses espèces présentant de nombreux caractères dérivés en commun avec l’Homme moderne.
Mais quels sont les caractères dérivés qui définissent l’appartenance à la lignée humaine et pourquoi peut-on classer les genre Australo et Homo à cette lignée ?
Lors de ce devoir nous préciserons les caractères dérivés qui définissent l’appartenance aux homininés, puis nous établirons l’appartenance des 2 genres proposés à cette lignée.
I. L’Homme possède des caractères dérivés anatomiques et morphologiques caractéristiques C’est la comparaison de l’Homme avec notre plus proche parent : le chimpanzé qui a permis de définir les caractères dérivés (provenant par mutation d’un caractère primitif = innovation évolutive) propres à notre lignée évolutive.
§Caractères dérivés en rapport avec une bipédie permanente et perfectionnée :
- colonne vertébrale à plusieurs courbures : quatre au lieu d'une seule chez le Chimpanzé ; - trou occipital en position avancée sous le crâne et non en arrière.
- bassin court, large et évasé alors qu'il est étroit et long chez le Chimpanzé ; - fémurs obliques, ce qui n'est pas le cas du Chimpanzé ;
- membres inférieurs plus longs que les membres supérieurs : c'est l'inverse chez le Chimpanzé quadrupède et à locomotion souvent arbiricole.
- pied avec voute plantaire et gros orteil non aopposé.
§ Caractères en rapport avec le développement considérable de l'encéphale :
- grande capacité de la boîte crânienne : 1400 cm3 en moyenne contre 400 cm3 chez le Chimpanzé.
§ Caractères liés à la réduction de la face
- face aplatie chez l’Homme (angle facial >>)mais prognathisme chez le chimpanzé - mâchoire inférieure en V au niveau de l'arcade dentaire, et non en U comme chez le chimpanzé.
- canines réduites ≠ chimpanzé (crocs)
§ Caractères liés à une culture
- outils, sépultures, art, habitat…
Tous ces caractères sont propres à Homo sapiens. Toute espèce fossile présentant au moins 1 de ces caractères est considéré comme appartenant à la lignée humaine.
Quels sont ceux que présentent les Australopithèques et les homos?
II. Des caractères dérivés sont partagés par les Australopithèques et les Hommes actuels Plusieurs espèces d’Australpithèques ont vécu en Afrique, entre -5 Ma et -1 Ma, par exemple Lucy.
Ces espèces présentent différents degrés d’évolution des caractères, mais toutes possèdent des caractères dérivés liés à une bipédie permanente bien que souvent imparfaite :
- une position du trou occipital beaucoup plus avancée que chez le Chimpanzé.
- un bassin court et large ;
- des fémurs disposés obliquement de la hanche au genou ;
- traces de pas indiquant une évolution de la structure mais incomplète (voute peu marquée, gros orteils en position intermédiaire)
En revanche, la capacité crânienne est relativement faible (même si elle varie d’une espèce à l’autre) et leur face est plutôt prognathe; par ailleurs, les caractéristiques des mâchoires et des dents varient suivant les espèces.
Le squeltte présente toujours les traces d’une locomotion arboricole et la bipédie semble imparfaite On admet que tout fossile présentant au moins un des caractères dérivés propres à l'Homme appartient à la lignée humaine. Donc on peut en déduire, si on considère ceux en relation avec la bipédie, que les Australopithèques appartiennent à la lignée humaine et qu’ils sont plus apparentés à l’homme que ne l’est le chimpanzé
III/ Le genre Homo
Le genre Homo apparaît en afrique il y a ± 2,5 MA. On considère l’appartenace à ce genre à partir d’une capacité crânienne > 600 cm3. La face se réduit de plus en plus et l’angle facial se redresse tandis que parallèlement le volume crânien augmente
Les espèces appartenant à ce genre présente une bipédie permanente et de plus en plus parfaite (à
aptitude à la course). La locomotion arboricole n’est plus prépondérante.
Avec Homo habilis, le genre Homo produit des outils (galets aménagés), plus tard Homo erectus maîtrise le feu, perfectionne les outils (bifaces) et quitte l’Afrique pour conquérir la ≅ totalité de la planète.
Homo néandertalensis est une espèce d’europe occidentale, avec une grande capacité crânienne, des outils élaborés et la réalisation de sépultures
Il y a ± 200 000 a au moyen orient apparaissent les premiers homo sapiens .
Toutes ces espèces présentent des caractères dérivés de plus en plus proches de l’Homme moderne.
Conclusion
L’homme présente des caractères dérivés communs avec d’autres espèces du règne animal mais c’est avec le chimpanzé qu’il en partage le plus ; c’est donc l’espèce actuelle la plus apparentée à l’Homme.
Les Australopithèques, espèces fossiles, présentent ces mêmes caractères dérivés mais ils ont en plus, par rapport au chimpanzé, des caractères liés à une démarche bipède permanente et cela suffit pour dire qu'ils présentent avec l'Homme actuel (Homo sapiens) une parenté plus proche que le
chimpanzé malgrè la persistance de nombreux caractères primitifs.
Le genre Homo regroupe de nombreuses espèces chez qui l’acquisition de la bipédie permenante va être de plus en plus perfectionnée ainsi que l’augmentation du volume crânien, la réduction de la face et maîtrise des indices culturels
Cependant on ne doit pas considérer que les Australopithèques sont à l’origine du genre Homo car certains sont contemporains des premiers représentants du genre Homo et ils possèdent des caractères dérivés très originaux ; Ils constitueraient une "autre expérience" des voies de l'évolution humaine. Ils formeraient un rameau de la lignée humaine détaché assez tôt de celui du genre homo.
La coexistence d’Homininés présentant des degrés différents d’évolution met en évidence le caractère buissonnant des premières étapes de la lignée humaine.
Aujourd’ hui la découverte de nouveaux fossiles comme Homo floresensis présentant des caratères homo mais une capacité crânienne tres faible peut remettre en question les critères d’appartenance à la lignée humaine.