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Quatrième année. — N°s 1 «t 2 ^ M Mercredi 1 janvier 1890.
P r i x du numéro 10 centimes
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B u r e a u x : R u e Neuve, 19
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O r g a n e d e I a S o c i é t é i n t e r e a n t o n a l e d e e i n d u e t r i e e d u J u r a , d e s C h a m b r e s d e *©inmerce,~ d é s B u r e a u x d e c o n t r ô l e e t dem S y n d i c a l e i n d u n é r i e l e fjS^I*»
S o c i é t é i n t e r c a n t o n a l e des i n d u s t r i e s du J u r a . Le bureau de la Société intercantonale convoque une assemblée de son Comité central pour: mercredi 8 janvier courant, à 11 heures du matin, à l'Hôtel de ville de Neuchàtel.
A ce propos, il convient de rappeler que par sa circulaire du 1
erjanvier 1889, le bureau de l'Intercantonale, revenant à la première organisation intérieure de la société, donnait de nouvelles instructions à ses sections. Nous reproduisons les pas- sages suivants de cette circulaire :
« Nous prions nos sections de bien vou- loir :
« 1° Nous faire connaître le nom de leur délégué au comité central pour l'année 1889.
— Si ce délégué est empêché d'assister à une assemblée pendant l'année où il est en fonc- tions, il pourra se faire remplacer par un suppléant, qui sera accrédité p»r un pouvoir signé du comité de Ia section qu'il repré- sente ; κ
α 2° Donner chaque fois au délégué les ins- tructions nécessaires pour que les votes qu'il émettra sur les objets mis à l'«rdre du jour soient l'expression de Ia volonté de la section et que celle-ci soit dès lors engagée par le vote de son délégué ; »
f 3° Prendre note que la caisse centrale paiera une indemnité comprenant tous les frais du délégué ou de son suppléant pour chaque assemblée ou commission régulière- ment convoquée. La caisse centrale ne paiera qu'une seule indemnité par section, soit celle du délégué officiel, mais il est loisible aux sections d'envoyer autant de délégués qu'el- les le désirent; ces délégués supplémentaires seront aux frais des sections qui les envoient.
Le délégué officiel a seul droit de vote pour la section, laquelle n'a qu'une toix, quel que soit le nombre de ses délégués. »
« Le système que nous proposons diffère essentiellement de celui suivi dans ces der- nières années en ce qu'il rétablit un délégué officiel et responsable pour chaque section et met, comme antérieurement, ses frais de déplacement à la charge de la caisse cen- trale. Ge mode de faire aura pour consé-
quence heureuse de pouvoif^élargir l'initiai- tive de notre Société, en 'ayant un comité central homogène et sufiisaniment nombreux pour représenter toutes tes' fractions de notre collectivité horlogère.^
L'ordre du jour de l'assemblée du 8 courant est le suivant:
1° Renouvellement des traités de com- merce.
2o Programme d'actitfii#/ de la société pour 1890. Eventuellement, révision des statuts.
3° Discussion sur le projet de circu- laire soumis aux sections le 1
e rdécembre 1889.
4° Renouvellement du bureau du comité central.
5<>Rudgetpour 1890.
6" Communications diverses, demandes de subventions.
7° Divers.
L'importance de cette réunion n'échap- pera à aucun des intéressés, aussi faut- il espérer que toutes les sections enver- ront leur délégué officiel et qu'ainsi le comité cer.tral sera au complet.
Le rôle de l'Intercantonale est multi- ple. Cette société représente, auprès des autorités fédérales, l'ensemble des indus- tries du Jura, ou, pour parler plus exac- tement, l'industrie horlogère et les bran- ches qui s'y rattachent. Déplus, le bureau du comité, avait reçu comme mandai spécial, de former les syndicats patro- naux horlogers; or, ce mandat, que les circonstances ne lui ont pas permis de remplir complètement jusqu'ici, n'a pas été retiré; il s'agit donc de savoir si l'Intercantonale doit continuer, en le déve- loppant, son rôle dans notre ménage in- térieur ou si, revenant à sa mission pre- mière, elle doit limiter son activité aux seules questions qui intéressent notre in- dustrie dans ses rapports avec le com- merce étranger.
C'esL7"cfoyons-nous, à ce dernier point qufFse rattache la révision éventuelle des statuts qui figure à l'ordre du jour de la réunion de mercredi prochain.
S y n d i c a t
d e s f a b r i c a n t s d ' h o r l o g e r i e . L'ouganisation du Syndicat des fabri- cants d'horlogerie semble enfin sortir de la période d'incubation pour entrer dans une phase nouvelle qui paraît devoir mar- quer son organisation définitive, du moins dans les cantons de Berne et de Soleure.
Nous avons tenu nos lecteurs au cou- rant de tout ce qui a été fait dans le but de grouper les fabricants, nous n'y revien- drons pas aujourd'hui. Nous nous borne- rons à constater que les hausses de prix qui ont été imposées aux fabricants d'hor- logerie par la plupart des autres syndi- cats patronaux et ouvriers ont puissam- ment contribué à les faire sortir de l'alti- tude expectante qu'ils avaient conservée jusqu'ici; nécessité fait loi.
Nous publions plus loin, un projet de statuts pour le syndicat, proposé par le comité d'organisation aux deux cents fabricants qui avaient signé, il y a plus d'un an, l'adhésion éventuelle au syndi- cat, et autour duquel se rallieront, nous l'espérons du moins, la grande majorité de leurs confrères.
Si les dispositions manifestées lors de l'assemblée générale des fabricants ber- nois et soleurois du mois d'octobre se sont maintenues, un premier groupement·
pourra être promptement formé et les fabricants neuchàlelois qui, jusqu'ici, sont restés dans une prudente réserve, y pui- seront peut-être un motif à se grouper à leur tour.
Ainsi serait réalisé le plus important
des syndicats horlogers.
'
LA FÉDÉRATION HORLOGÈRE SUISSE T A R I F D E S É B A U C H E S
Nous avons publié divers articles et correspondances critiquant ou approu- vant l'élévation de prix prévue par le nou- veau tarif des ébauches et ncus avons mentionné, au moment où elle s'est pro- duite, la démarche faite auprès de la Chambre syndicale du Syndicat des fa- briques d'ébauches, par une délégation de la Société des fabricants d'horlogerie de Bienne.
Les réclamations des fabricants d'hor- logerie, dont les délégués se sont fait l'écho, ne portaient pas seulement sur l'augmen- tation des prix du tarif; elles portaient aussi sur les diverses parties d'avancement que les fabriques ont adaptées à l'ébau- che, dont un certain nombre sont con- sidérées comme faisant partie de ce que l'on est convenu d'appeler l'ébauche sim- ple et dont d'autres, exécutées seulement sur la demande spéciale des fabricants d'horlogerie, sont facturées à part et d'après un tarif spécial.
Hy a quelques années, les ébauches et fmissagesétaientlivrésparlafabriqueàleur état le plus simple; mais quelques éta- blissements ayant avancé l'ébauche par l'exécution de certaines parties qui incom- baient antérieurement à i'ouviier repas- seur, l'exemple a été suivi et les fabriques sont arrivées à livrer des ébauches et fi- nissages où le repassage en blanc est cen- sé être complètement exécuté.
Les fabricants d'horlogerie sont loin d'être unanimes dans l'appréciation qu'ils font des parties d'avancement exécutées par les fabriques d'ébauches. Tandis que quelques-uns en font un certain cas, d'au- tres, ceux qui fabriquent des genres d'une bonne qualité moye'ine principalement, prétendent que leur exécution laisse, en général, beaucoup à désirer, qu'il y a de grandes inégalités dans la qualité d'une fabrique à l'autre, enfin qu'il est impos- sible de les utiliser telles quelles.
Parmi les avancements qui font partie des ébauches et finissages, il en est qui n'ont d'autre but que celui de donner meilleure apparence au mouvement fini;
tels sont, par exemple, les gouges au ro- chet et à la couronne, les œils de perdrix aux aciers, les roues anglées, les contre- fraisures aux trous des têtes de vis, etc.
Les fabricants sont généralement d'ac- cord pour envisager que les mouvements terminés en qualité très courante et mis dans des boîtes métal, n'ont pas besoin de ces avancements qui leur donnent une apparence pareille à celle des mouve-
ments plus soigneusement, terminés.
La question est donc de donner une définition précise et détaillée de l'avan- cement que doit comporter le mouve- ment de base du tarif des fabriques syn- diquées ; une fois celle définition faite et admise de part et d'autre, tous les autres avancements seraient facturés à part et d'après un tarif à établir.
Celte définition a été demandée au Syndicat des fabricants d'horlogerie par la Chambre syndicale du Syndicat des fabriques d'ébauches; les fabricants d'hor- logerie espèrent qu'une fois admise, elle pourra servir de motif à un remaniement du dernier tarif dans un sens favorable à leurs intérêts.
Il ne faut sans doute pas s'attendre à ce que les fabriques d'ébauches en re- viennent à la production de l'ébauche et finissage réduite à sa plus simple expres- sion. Un certain nombre de degrés d'a- vancement continueront à être considé- rés comme faisant partie du mouvement type servant de base au tarif; exiger plus, serait condamner les fabriques d'ébauches à avoir en provision un stock considéra- ble de mouvements de tous genres et de toutes grandeurs à des degrés d'avancement différents, ou à supprimer complètement tous les avancements au risque d'immobiliser un outillage coûteux.
Aussi s'agira-t-il de tenir la balance égale entre les désirs des fabricants d'horlo- gerie et les inlérêts des fabriques d'ébau- ches.
Le comité du Syndicat des fabricants d'horlogerie, dans le but d'arriver à l'expression la plus complète possible des vœux des fabricant
0, a soumis le ques- tionnaire des fabriques d'ébauches à l'exa- men des fabricants des diverses localités horlogères.
Il y a lieu d'espérer qu'une entente ne manquera pas d'intervenir, le Syndi- cat des fabriques d'ébauches ayant témoi- gné de son désir de donner satisfaction, dans la mesure du possible aux vœux des fabricants d'horlogerie, en modifiant, dans un sens avantageux pour eux, le taux de l'escompte sur les paiements.
En effet, le tarif du 29 octobre, déter- minait comme suit les conditions de règlement:
3 % pour paiement au 15 du mois suivant le mois de livraison.
2 % pour paiement au 15 du second mois suivant le mois de livraison.
4 % pour paiement au 15 du troisième mois suivant le mois de livraison.
Un circulaire de la Chambre syndicale, en date du 16 décembre écoulé, fixe l'escompte comme suit:
4% pour paiement au 10 du mois suivant le mois de livraison.
3 % pour paiement à fin du mois sui- vant le mois de livraison.
2o/
0pour paiement à fin du deuxième mois suivant le mois de livraison.
Quant à la prime de fidélité, qui sera versée en espèces, à la fin de chaque année et à partir du 31 décembre 1890, aux clients fidèles au syndicat, soit qui n'auront acheté d'ébauches et de finis- sages, durant toute l'année, que chez les fabricants syndiqués, elle est fixée comme suit — nous supposons qu'il sera fait exception en faveur des fabricants qui utilisent aussi des ébauches et finissages
d'un« qualité ou d'un genre que les fabriques syndiquées ne seraient pas en mesure de livrer —:
Fr. Fr.
2 % pour chiffre annuel de l à 6000 3 » » » » » 6001 »12000 4 » » » » » 12001 » 20000 5 » » » » » 20001 » 40000 6 » » » » au delà de 40000
Si, à ces avantages, vient s'ajouter une modification du tarif, dans un sens favo- rable aux réclamations des fabricants, le Syndical des fabriques d'ébauches aura fait la meilleure réponse à ceux qui ont manifesté l'intention de fonder de nou- velles fabriques.
Esho de la grève des typographes.
Oi écrit de Zurich : Le Comité central des Sociétés ouvrières et du Grutli zuricois a dé- cidé de réclamer au Grand Conseil contre le Conseil d'Etat, ensuite de l'autorisation ac- cordée aux imprimeries bloquées de travail- ler au-delà de la journée normale, avec le mo;if: Grève des typographes. Une pareille plainte, aurait, dit-ôn, aussi été adressée au Conseil fédéral.
Cette démarche est platonique, et les gré- vistes trouvent que des subsides en argent feraient mieux leur affaire. Mais les autres corporations d'ouvriers ont des salaires infé- rieurs et les sympathies se bornent à des dis- cours et à des réunions.
La grève n'a pas été bien populaire, chacun dit que par le temps qui court 5 à 8 francs par jour sont un beau denier ; l'interruption des journaux a mécontenté bon nombre de gens; carie public n'aime pas qu'on le dé- range dans ses habitudes — et c'en est une de recevoir la feuille quotidienne à heure fixe.
Amis et ennemis ont été atteints, même Ia Zùriclier-Post, socialiste et philouvrière, n'a pu paraître : Tu quoque, Brulus !... Les pa- trons additionnent les sommes que leur coûte le remplacement des ouvriers, et la perte causée par le chômage ; enfin, les grévistes comptent leurs morts, c'est-à-dire leurs ca- marades actuellement sur le pavé. Ceux-ci ont la perspective mélancolique de reprendre le bâton de voyage et le havresac... et d'aller en Allemagne, où l'on paie moins qu'en Suisse.
Voilà les impressions recueillies dans le public.
Ce n'est pis que les ouvriers soient mal vus de la popitation, bien au contraire. Il n'y a pas une vile qui fasse autant que Zurich pour leur aider et leur faciliter la vie. Parmi les établissements d'instruction, citons l'éco- le industrielle, où. en 1888, été et hiver, 5 à 600 ouvriers et apprentis de 20 à 30 commu- nes voisines, appartenant à 60 métiers envi- ron, ont reçu le soir des jours ouvriers et le dimanche matin, vingt-cinq cours d'instruc- tion techniq«e et industrielle. Les institu- teurs étaient au nombre de 22; quelques cours ont été subdivisés. Les frais ont été d'environ 18,000 francs, y compris une subvention du canton (4,000 fr.) et de la Confédération (5000 francs.)
Un déficit de 3,500 fr. n'a pu être évité, et c'est la ville qui devra le couvrir. Il y a là de quoi encourager la population ouvrière, et lui faire connaître que si l'ouvrier ne connaît pas son métier et ne gagne pas sa vie, la faute n'en est pas à l'administration locale.
• > • » « * • —
P R O J E T D E S T A T U T S du Syndicat des fabricants d'horlogerie.
Bat, siège et durée du syndicat.
ARTICLE PREMIER.
Le but du syndicat est. de grouper tous les fabricants d'horlogerie, pour travailler en commun à la prospérité de l'industrie et du commerc3 de l'horlogerie, et à.Ja sauvegarde de leurs intérêts particuliers et edlectit's.
ART. '->.
L'association syndicale a son siège à Bienne.
ART. 3.
L'association syndicale aura une durée indéfinie; elle sera renouvelée tacitement d'année en année, sous réserve des disposi- tions de l'articlell des présents statuts, con- cernant la dissolution.
Composition, organisation et
\administration.
ART. 4.
Le syndicat comprend tous les fabricants d'horlogerie régulièrement reçus, qui adhé- rent aux présents statuts.
Dans les localités où le nombre des mem- bres le permettra, les fabricants se constitue- ront en section du syndicat.
ART. 5.
Les organes du syndicat sont : a) L'assemblée générale ; b) La chambre syndicale.
A. A s s e m b l é e g é n é r a l e .
ART. 6.
L'assemblée générale se réunit :
Ordinairement et obligatoirement dans la seconde quinzaine des mois de janvier et âe juillet de chaque année ;
Extraordinairement, chaque fois que la Chambre syndicale le jugera nécessaire, ou que la demande lui en sera faite, dans un but indiqué par écrit, par vingt membres du syndicat.
Les attributions de l'assemblée générale sont les suivantes ;
o) Réception, approbation ou rejet du rap- port annuel et des comptes, présentés à l'as- semblée générale du mois de janvier.
b) Nomination, à l'assemblée du mois de
»; janvier du président et de huit membres de la Chambre syndicale ; fixation des honorai- res.
c) Adoption du budget annuel présenté par la Chambre syndicale et fixation des cotisa- tions annuelles.
d) Nomination d'une commission de véri- fication des comptes de trois membres.
e) Discussion et votation des propositions figurant à l'ordre du jour des assemblées, notamment les conventions à passer avec d'autres syndicats, les tarifs, etc. etc.
f) Mesures à prendre concernant la disso- lution du syndicat.
Toutes les votations auront lieu à main levée; les nominations auront lieu au scrutin secret, à la majorité absolu-· pour le premier tour de secrutin et à la majorité relative si une seconde votation devient nécessaire.
B . C h a m b r e s y n d i c a l e .
ART. 7.
La Chambre syndicale complète elle-même son bureau, par la nomination d'un vice-pré- sident, d'un secrétaire et d'un caissier, le Président étant nommé par l'assemblée gé- nérale. La Chambre syndicale détermine les attributions des membres de son bureau, auquel elle peut déléguer, dans certains |cas spéciaux, partie de ses pouvoirs.
Les membres du bureau doivent habiter la localité où e«t le siège du syndicat.·»
Les attributions de la Chambre syndicale sont les suivuntes:
a) Elle veille à l'exécution des présents statuts, des conventions passées avec d'au- tres syndicats et des décisions valablement prises.
b) Elle étudie toutes les questions soumi- ses à son examen «t donne son préavis sur les différenls points de l'ordre du jour des assemblées généra les.
c) Elle représente l'association partout où besoin es», notamment auprès des autorités fédérales, cantonales et communales, des congrès industriels et professionnels, etc.
d) Elle reçoit les nouveaux membres.
e) Elle désignera, d'après entente avec les intéressés, un membre correspondant, dans chaque localité ou le syndicat a des membres.
ART. 8.
Chaque fois qu'un fabricant d'horlogerie membre du syndicat, sera en conflit avec ses ouvriers, il remettra ses intérêts en mains de 'a Chambre syndicale après avoir fait une première tentative directe d'arrangement avec ses ouvriers.
Dès qu'un fabricant d'horlogerie membre du syndicat est attaqué par un autre syndicat ou par une autre société, au nom de ses pro- pres ouvriers, il remettra ses intérêts à la Chambre syndicale afin que la discussion ait lieu de syndicat à syndicat.
Arbitrages.
ART. 9.
Les membres du syndicat pourront sou- mettre à un tribunal arbitral, choisi parmi les membres du syndicat, toutes contestations
de nature commerciale ou industrielle qu'ils n'auraient pu régler directement et à l'amia- ble. Ce tribunal arbitral sera composé d'un arbitre nommé par chaque partie et d'un sur-arbitre nommé par les deux arbitres. Il fonctionnera sous la'direction de la Chambre syndicale, les frais seront à la charge des parties.
ART. 10.
Les contraventions aux présents statuts, aux conventions passées avec d'autres syn- dicats, aux tarifs éventuellement admis, ainsi qu'aux décisions régulièrement prises par l'assemblée générale ou par la Chambre syn- dicale agissant dans les limites de leurs com- pétences respectives, seront jugées par trois arbitres nommés un par la Chambre syndi- cale, un par le partie en cause et le troisième par les deux arbitres.
Sortie du Syndicat, révision des statuts, dissolution.
ART. 11.
Tout membre peut se retirer, en donnant sa démission par lettre adressée au Prési- dent, au moins six mois avant la fin de l'an- née. S'il ne remplit pas cette formalité, il coptinue à faire partie du syndicat pour l'an- née suivante.
ART. 12.
Les présents statuts pourront être revisés par une assemblée générale, à la majorité absolue des membres présents et sur la de- mande écrite a la Chambre syndicale par Ii quart dès membres du syndicat.
ART. 13.
La dissolution du syndicat pourra êlre pro- noncée, sur la demande da la moitié des sociétaires, présentée par écrit à la Chambre syndicale, trois mois avant la fin d'une année, et à la majorité das deux tiers des membres présents à l'assemblée générale qui en déci- dera.
En cas de dissolution du Syndicat, l'actif sera déposé dans une banque, sous la sur- veillance du bureau de la dernière Chambre syndicale, qui devra, cas échéant, le remet- tre à un nouveau syndicat de fabricants poursuivant la même but et. adoptant l-s présents statuts.
Dispositions g é n é r a l e s .
ART. 14.
Il est expressément réservé Ii conclusion de conventions spéciales ou d'alliances avec d'autres syndicats industriels. Ces conven- tions seront soumises, par la Chambre syn- dicale, à l'examen et à la ratification d'une assemblée générale.
Le présent projet de statuts a été adopté, en premier débat, par le comité d'organisa- tion du syndicat, dans sa séance du 27 dé- cembre 1889 et sera soumis à l'examen et à la sanction d'une assemblée générale des intéressés, fixée au dimanche 19 janvier cou- rant.
Au nom du Comité,
Le Secrétaire, Le Président, F r i t z H n g u e n i n . H . Tlialinann.
Le Caissier,
Ii. e i r a r d i n - B o u r g e o i e .
Observation de la loi sur les fabriques.
M. Wyss, imprimeur à Bâle, avait dé- posé une plainte contre six de ses ou- vriers qui avaient quitté le travail sans avertir au préalable leur patron dans les délais prévus par la loi. Les typographes ont été condamnés chacun à 40 francs d'amende. S'ils ne peuvent payer cette somme, ils devront subir six jouis de prison.
Ce jugement confirme ce que nous disions dans notre dernier numéro, con- cernant l'erreur commise par Ia Gazette suisse du commerce, qui prétendait que les articles 8 et 49 de la loi s'opposaient à une condamnation des ouvriers quittant leurs patrons sans avertissement. Ainsi que nous l'avons fait remarquer, c'est l'article 9 qui est applicable, en cas de rupture de contrat survenant sans l'aver- tissement préalable de 14 jours; or cet article concerne aussi bien les ouvriers que les patrons.
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Chronique industrielle.
Le baromètre Lebret. — Un horloger ingé- nieux, M. A. Lebret, a présenté à la Société d'encouragement une variante du baromètre ordinaire qui aura des amateurs. Il y a tant de gens sensés qui se passionnent pour le baromètre ! Tout le monde connaît le baromè- tre métallique, un petit cadran divisé et une aiguille qui se promène lentement de gauche à droite et de droite à gauche, depuis l'indi- cation «tempête, grande pluie» jusqu'à l'in- dication «beau, beau fixe». C'est bien vieux jeu. M. Lebret a changé tout cela. Plus de cadran, plus d'aiguille? A la place du cadran apparaît un joli paysage ; au-dessus, un ciel, tantôt pur et clair, tantôt triste et brumeux.
Le ciel remplace l'aiguille. Par beau temps, le paysage s'éclaire, il est tout ensoleillé, le
4 LA FÉDÉRATION HOKLOGERE SUISSE
ciel est un bleu d'azur ; par temps variable, l'horizon se rembrunit ; par mauvais temps, tout devient noir, les nuages roulent dans l'espace, la pluie tombe serrée. Le baromètre de M. Lebret parle aux yeux. C'est une sorte de miroir dans lequel, en jetant un regard rapide, on doit voir de sa chambre l'état atmosphérique.
Le mécanisme est facile à saisir. Le verre, qui habituellement sert de fermeture à l'ins- trument, est ici peint sur la face intérieure ; on dessine le paysage en ayant soin de laisser, à la partie supérieure, un petit espace vide, et, par suite, transparent." En dedans, à la place de l'aiguille, on dispose un disque léger, en mince carton, par exemple. A la partie supérieure du disque, celle qui sera vue au- dessus du paysage, on peint un ciel très nua- geux avec pluie, plus loin un ciel avec nuages, plus loin un ciel d'un bleu pur. Il est évident que le disque cheminera comme se déplaçait elle-même l'aiguille sous l'influence des varia- tions de la pression atmosphérique ; il tour- nera de façon à montrer, selon le temps, par î'ouverturelibre du paysage, tantôt les nuages
et la pluie, tantôt le bleu du ciel. Le disque porte en outre des divisions barométriques ordinaires. Ce sont les divisions qui se dépla- cent devant un index, tandis que d'habitude c'est l'aiguille qui passe devant les divisions.
L'aspect de,ce petit paysage, avec ses change- ments à vue, ne manque pas de piquer la curiosité des personnes qui ne connaissent pas le secret de ce nouveau baromètre.
Strictement, ce baromètre devrait repro- duire l'état du ciel tel qu'il se montre dehors.
Mais on sait bien que l'état du ciel ne corres- pond pas toujours aux indications des baro- mètres.
Les indications ne sont que grossièrement approximatives; de même, ici, il peut arriver aussi quelquefois qu'il pleuve et que le ciel apparaisse superbe ; il ne faudra pas plus en vouloir au nouveau baromètre qu'aux anciens.
L'inconvénient est inhérent à la manie que nous avons de persister à croire, malgré tous les avertissements, que l'aiguille d'un baro- mètre doit toujours s'arrêter à des indications absolument fixes, selon le temps qu'il fait. Il peut très bien pleuvoir, alors que l'aiguille est au-dessus de 765, à la graduation «beau», et réciproquement faire beau quand l'aiguille est à 750, à la graduation «pluie». Ce sont des exceptions, mais elles se pésentent encore assez souvent. Les pronostics baro- métriques sont moins simples ; il faut exa- miner surtout avec ',quelle rapidité monte et descend l'instrument, remarquer l'étendue de la variation, en un mot, apprendre à le consulter; il convient aussi de voir si sa marche et inverse de celle du thermomètre et de l'hydromètre, etc.
Le baromètre de M. Lebret est très sensi- ble; le disque qui remplace l'aiguille est assez léger pour ne pas augmenter les frotte- ments, et il présente un avantage qui est passé inaperçu, semble-t-il. Le disque fait volant, répartit également les pressions sur l'axe de rotation, en sorte qu'au plus petit mouvement de bascule il prend plus vite qu'un autre sa nouvelle position d'équilibre, et, par cela même, ses indications sont souvent un peu en avance sur celles des autres baromètres simplement destinés à la prévision du temps.
H. DE PARVILLE.
Le baromètre de M. Lebret est, en effet, fort ingénieux et même pittoresque ; mais il nous semble que, quelle que soit la légèreté du disque, il dépassera de beaucoup le poids d'une aiguille très effilée. Relativement, il y a là une masse à mouvoir, inconvénient que
M. Redier a su habilement éviter dans son baromètre enregistreur.
(Revue chronomélrique.}
é i ' « Î » —
* L'art de vendre.
The Art ofSelling, tel est le titre d'un livre qu'un Américain, M. F.-B. Gottard, vient de faire paraître.
Ce livre est plein de détails curieux ; quel- ques-uns on trait plus particulièrement aux échanges du nouveau monde dont les usages diffèrent essentiellement des nôtres.
Néanmoins, nous en faisons connaître les extraits suivants :
« Il y a peu de personnes dont l'habileté à vendre des effets est si remarquable et si supérieure qu'on doive l'appeler proprement génie. Comme les poètes ces personnes « nais- sent mais ne se font pas » et elles ne dépen- dent d'aucune règle ou loi mais d'elles-mêmes.
Il y a quelque chose dans leur personne qui
« attire l'attention . Elles peuvent aussitôt se faire à toutes sortes de gens et paraissent capables de plaire à tous ceux qu'elles ren- contrent, quels que soient leurs différents caractères, de les convaincre et de les per- suader. Cette facilité d'influencer les autres n'est pas, à proprement parler, dépendante des facultés intellectuelles et encore moins d'une excellence morale, elle existe en vertu de quelque qualité innée soit mentale, soit physique, unie à une prompte connaissance de la nature humaine"et de ses désirs.
« Les hommes ainsi doués scrutent les replis de l'esprit des autres, suivent ses goûts et lui exposent clairement les considérations spéciales qui l'amèneront au but qu'ils veu- lent atteindre. Ils évitent toute discussion qui pourrait amener une controverse en surmon- tant tranquillement les objections par des faits pertinents ; et en quelques mots ils don- nent à des généralités abstraites l'à-propos et la force d'arguments concrets en faveur de la proposition principale.
» Toutefois la possession de ces qualités à un degré marqué est quelquefois contreba- lancée par un manque d'autres qualités né- cessaires à un homme d'affaires sérieux, posé et à idées larges.
« A part ces hommes de génie, la différence dans l'abileté à vendre paraît reposer moins sur une grande sagesse que dans le sens com- mun, l'énergie, la courtoisie, la patience et le tact.
« Nous avons l'habitude de croire», disait un des principaux marchands de Chicago,
« qu'un marchand devait être bon parleur avec un esprit brillant et prompt, mais nous avons appris par expérience que l'assiduité, le bon sens et des qualités certaines valent encore mieux. »
« Il est évident qu'un marchand réussira mieux dans une ligne de commerce pour la- quelle il a des capacités et des goûts natu- rels. Par exemple, un homme ayant des dis- positions pour la mécanique est mieux disposé
pour la vente des machines que pour la con- fection d'objets de bonneterie, et quelqu'un qui aurait beaucoup de goût pour la littéra- ture ou les arts,-devra nécessairement, il est évident, apporter plus de goût à la vente des livres, des objets de peinture ou d'art qu'à celle des poêles ou du bois.
« Un épicier en gros important de Chicago dit : « Nous avons souvent pris des hommes que nous avions sur la route pour les mettre dans nos bureaux, et d'autres qui étaient dans les bureaux ont été également transfé- rés avec avantage sur la route. »
« Les hommes sont souvent classifiés par types, mais personne ne sait où commence ou finit une classification et personne n'est semblable en tout à un autre.
« Un homme apprit un jour qu'il avait mauvaise halaine ; il courut chez lui et repro- cha à sa jeune femme qu'il aimait de ne pas lui avoir parlé de cela et lui avoir épargné par là même une humiliation. « Quoi, dit-elle,
je supposais que tous les hommes avaient cette même haleine ! » La petite femme avait tiré une mauvaise conclusion d'une chose qui lui paraissait évidente prima facie. Des per- sonnes peuvent paraître à un observateur ordinaire, avoir une grande ressemblance comme les deux Dromios, et cependant diffé- rer encore en tempérament, en intelligence et en caractère. Ce n'est donc que d'une m i - nière générale et éloignée que l'o.i peut dire que des personnes sont semblables. Legenre humain respire le même air mais avec des variations innombrables.
« Le marchand rarement achète de prime abord quand on le sollicite de le faire, alors même qu'il peut être porté secrètement à donner un ordre ; il attend qu'on lui offre des avantages et qu'on les lui démontre clai- rement. Si, sous de telles circonstances, ces avantages ne sont pas bien expliqués, si les paroles sont légères et pleines de vent, l'argu- ment faible ou illogique, le marchand, à moins toutefois que des faits soient évidents, ou que la marchandise parle par elle-même, ou qu'il en ait réellement besoin, sera porté à conclure que la cause que l'on plaide est mauvaise ou bien elle aurait été mieux pré- sentée.
s Le vendeur est cependant justifiable de faire tous ses efforts et d'employer tous les moyens honnêtes pour opérer une vente.
C'est là sa besogne personnelle. Il est payé comme agent par celui qui l'emploie et c'est autant son devoir de vendre ses marchandi- ses que pour un avocat de gagner la cause de son client. »
Nos lecteurs pourront juger par ces extraits du caractère de l'ouvrage de M. Goddard. Il est très intéressant et peut rendre de grands services aux marchands en général.
CORRESPONDANCE PARTICULIERE
Bienne, le 30 décembre 1889.
Monsieur le rédacteur,
Depuis quelque temps, l'Ouvrier horloger s'applique à jeter le discrédit sur la place de Bienne. Un jour, ce sont les fabricants d'hor- logerie de la place qui sont accusés d'avoir mis peu de loyauté dans l'impression du tarif de la commission mixte; un autre jour, c'est l'un d'eux qui est accusé d'exploiter ses pau- vres diables d'ouvriers de trois ou quatre ma- nières dans le paiement de leur maigre salaire gagné péniblement, accusation que ledit journal est obligé de rectifier ensuite.
Mais aujourd'hui, c'est bien une autre af- faire, le dit journal publie le communiqué suivant :
« Le bruit court à Bienne que plusieurs
« fabricants de la localité ont décidé d'offrir
« un repas d'ètrennes aux ouvriers travail-
« lant dans leurs comptoirs. Ce sera là cer-
« tainement une vraie surprise pour un grand
« nombre d'ouvriers qui ne mangent durant
« l'année entière que du café et du pain. Il
« paraît que MM. les fabricants commencent
« à comprendre quelesoleil luit pour chacun.»
Nous ne voulons certes pas nous donner la peine de protester contre ces affirmations ridicules et calomnieuses, qui se réfutent d'elles-mêmes, et dont le bon sens public a déjà fait justice ; mais nous ne pouvons nous empêcher de signaler ce qu'il y a d'étrange, pour ne pas dire plus, dans l'attitude prise par une feuille qui semble avoir été créée tout exprès pour dénigrer la localité dans la- quelle elle s'imprime.
Quant aux fabricants qui ont offert à leurs ouvriers un repas d'ètrennes, ils seront à coup sûr ravis de l'aimable façon dont l'or- gane ouvrier signale leur initiative. Veuillez agréer, etc. Quelques fabricants.
NOUVKLLhS DIVERSES
B e r n e . — Nous apprenons de source très sûre que samedi dernier, M. de Bûlow, le ministre d'Allemagne, s'est plaint, samedi, auprès de M. Hammer, président de la Con- fédération, que les typographes appelés d'Allemagne pour remplacer les grévistes, ont été l'objet de violences à Berne.
On assure que sept typographes impliqués par la plainte de M de Bûlow sent arrêtés et que d'autres seront cités devant les tribunaux.
(Il ne manquait plus que cela, que la diplo- ' matie allemande se mêle de cette malheu- reuse grève ! Rëd.)
E x p o e î t i o n e . — Dans.la dernière séance du Tchesky club, M. Jahn a constaté le nom- bre considérable d'adhésions pour l'exposi- tion de Bohême en 1891, dont l'apportunité a été unanimement reconnue. L'orateur a assuré que la réalisation de l'exposition était désormais assurée, malgré l'abstention des allemands.
A l i m e n t a t i o n . — La société des maî- tres de pensions alimentaires de Bienne, vient d'élever de 10 centimes par jour les prix de pension. Cette décision est motivée par la cherté actuelle des denrées
l i é e s c i e n c e s s o c i a l e s d e l ' U n i v e r - s i t é d e B r u x e l l e s . — M. van der Rest, recteur de l'Université de Bruxelles, a pro- noncé un intéressant discours relatif à «l'en- seignement des sciences sociales » dans cet établissement.
Il résulte de ce document que l'Université de Bruxelles est en train d'organiser dans son sein un enseignement spécial des sciences sociales comprenant, entre autres : la métho- dologie des sciences sociales, la science poli-
tique, la démographie et l'ethnographie, l'histoire des sciences, les sciences naturelles étudiées dans leurs rapports avec les sciences sociales, les systèmes sociaux et la sociologie.
Naturellement l'économie politique, la géo- graphie commerciale et plusieurs desbranches du droit sont appelées à entrer dans le sycle de cet enseignement, qui a été inauguré, dès cette année même, au moins en partie, et qui se complétera graduellement.
Il y aura peut-être un certain intérêt à faire remarquer qu'avant l'Université de Bruxelles, celle de Genève était entrée dans la même voie en inscrivant dans la nouvelle loi scolaire un enseignement des sciences sociales parmi les branches déclarées obligatoires. Mais, cette fois, l'Université de Bruxelles prend l'avance et c'est une véritable école des sciences sociales et politiques qu'elle va s'an- nexer.
Renouvellement d'abonnement.
Prière d'adresser les communi- cations à la Rédaction de Ia FKMK- KATIOV JIlOKIiOCiKKK SIJISSK, à Bienne.
Nous rappelons à nos lecteurs, et au public en général, que l'abonne- ment à la FÉDÉRATION HORIiO-
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